Le lobbyisme éhonté, cette autre mamelle de l’échec français

Hier, j’évoquais dans un court billet la première (en importance) des nombreuses mamelles que les Français aiment téter pour s’abonner à l’échec cuisant. Aujourd’hui, voici la seconde, qui va assez bien de paire avec la première : le lobbyisme éhonté.

Par lobbyisme éhonté, j’entends toutes les petites magouilles, les fortes pressions et les mouvements corporatistes éventuellement violents que certains vont entreprendre en direction de ceux qui ont le pouvoir. Cela va donc au-delà du principe de lobbying traditionnel, où des entreprises payent des professionnels pour aller démarcher le législateur afin de bien lui faire comprendre les tenants et aboutissants d’un projet de loi sur le domaine qu’ils représentent.

En France, ce lobbying étant officiellement interdit, il s’est rapidement adapté à la donne légale et mué en une multitude de mécanismes qui échappent au couperet de la loi tout en laissant s’exprimer l’énorme appétit des parlementaires pour des lois favorisant l’une ou l’autre corporation, société, cartel …

Et c’est donc de façon plus ou moins feutrée, cachée, que des groupes d’intérêts pousseront les députés, les ministres ou les sénateurs à proposer la plupart des lois qu’on voit débouler au cours des législatures. Techniquement, ce n’est pas exactement de la corruption, puisqu’il n’y a pas toujours (et même, de moins en moins) échange d’argent sonnant et trébuchant contre les efforts des parlementaires, mais ça y ressemble tout de même fort.

Corruption : j'en veux moins, ou plus d'opportunité pour en profiter

Pour illustrer un cas concret et récent, pas la peine de remonter bien loin : il y a quelques jours à peine, on apprenait ainsi l’arrivée de Jean-Noël Tronc à la tête de la direction générale de la SACEM ; c’est la société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique dont le but, pour situer, est de collecter les droits sur les diffusions des musiques et chansons écoutées partout en France. Manque de bol pour toute la clique politico-artistique, le nouveau DG n’est pas franchement chaud pour le projet à la mode : Tronc ne s’est pas déclaré joyeusement en faveur d’un nouveau Centre National de la Musique (CNM).

Et pourquoi donc ?

Simplement parce qu’il remet en cause à la fois l’idée même de CNM et le mode de financement de cette idée. Gasp ! Cette andouille, en s’opposant ainsi, va fermer le robinet à argent gratuit puisque ce CNM devait être financé via une dérivation d’une partie de la taxe perçue directement par le CNC (Centre National du Cinéma) auprès des distributeurs de services de télévision. Il déclare ainsi :

« Je suis favorable à l’implication de l’État sous forme de programme d’accompagnement à la numérisation pour la filière musicale sur plusieurs années, mais avec le lancement du CNM, je redoute une étatisation à travers la création d’un établissement qui serait une administration avec une centaine ou plus d’agents »

M’enfin Jean-No, tu avais bu pour sortir un truc comme ça, sans rail et sans prompteur ? Tu veux nous faire croire que tu étais sobre quand tu disais renoncer, peu ou prou, à une enveloppe de financement de 135 millions d’euros par an ? Allons.

Évidemment, la saillie de Jean-No a fait péter des douzaines de fusibles chez ceux qui se trouvent bien positionnés, juste en dessous des robinets à subventions, et qui n’entendent pas les voir ainsi se fermer sans réagir : pour eux, c’est limpide, s’il s’oppose à la création d’un machin qui pompe des thunes d’un côté pour en asperger de l’autre, et s’il émet des réserves contre la création d’un établissement qui sera une administration supplémentaire avec une centaine de nouveaux fonctionnaires dedans, c’est forcément parce que :

« Jean-Noël Tronc se fait le chevalier d’une idée personnelle, d’un conseiller de l’Élysée ou du ministère de la Culture »

Ben oui. Inversons la charge : lorsqu’on veut dépenser l’argent du contribuable, c’est qu’on est dans le mouvement naturel et généreux d’une République qui redistribue avec de grands moulinets joyeux. Il n’y a pas à se justifier, et l’idée même qu’on veuille gentiment doucher les acteurs d’une filière sous de l’argent gratuit des autres ne vient pas d’un lobbying préalable. Et a contrario, lorsqu’on trouve cette idée gênante, c’est qu’on subit les influences méphitiques d’un conseiller de l’Élysée.

C’est du plus haut comique, surtout lorsqu’on se rappelle qu’à l’Élysée, les conseillers et le patron ne sont pas spécialement réputés pour tenir les cordons de la bourse avec la plus grande rigueur, hein.

Cette micro-affaire n’est, en soi, qu’une goutte d’eau (à 135 millions par an tout de même) de plus dans le fleuve de dépenses idiotes et inutiles de l’État français pour faire plaisir aux petits marquis de sa cour. Mais elle illustre parfaitement l’habitude qui s’est prise dans le microcosme politico-médiatique français de recourir, partout, tout le temps, pour n’importe quelle raison, à la force publique pour assurer son mode de vie, ses financements et ses lubies.

La SACEM vit, normalement, de la collecte des taxes pour le droit d’auteur. Pourquoi ne finance-t-elle pas elle-même ce Centre National de la Musique ? Pourquoi ne trouve-t-elle pas les appuis auprès de ses sociétaires ? Après tout, ils sont directement intéressés à la manœuvre, non ? En tout cas, certainement plus que les contribuables du Lubéron ou de l’Ardèche spécialisés dans l’élevage, par exemple, mais qui, si l’on s’en tient à ce qui va se mettre en place à grand coup de lobbying, devront obligatoirement participer au travers de leurs impôts…

Et si cette SACEM et les autres acteurs ne trouvent pas les financements de ce Centre, peut-être — mais vraiment, là, je me lance dans une hypothèse hardie — peut-être, soyons fous et spéculons sans honte, peut-être est-ce parce que finalement, tout le monde, à part eux, n’en a rien à carrer de ce centre ? Peut-être qu’en réalité, c’est encore un nouveau montage administratif pour pomper du pognon ?

Comment le reste du monde fait-il, d’ailleurs, pour se passer de ce genre de structure ? Peut-être est-ce ici l’occasion à la SACEM et à toute la clique de fumistes dépensiers de se remettre en question, non ?

En attendant le moment où tout ce petit monde verra que les sprinklers à finances publiques sont asséchés, le lobbying continue de plus belle…

J'accepte les Bitcoins !

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires87

  1. Sanksion

    Trois entrepreneurs répondent à une offre de marché public.

    Le premier, de Lyon, propose 1M€.
    Le deuxième, de Lille, propose 2M€.
    Le troisième, de Paris, propose 3M€, 500k pour lui, 500k pour l’offreur, et on embauche le mec de Lille pour faire le travail.

    Le troisième remporte l’appel. :)

        1. nebukadnetsar

          Mais non.
          On prend le gars de Lille parce que le Parti du coin veut montrer aux roses gogos du coin qu’il défend l’emploi dans les Flandres

      1. vengeusemasquée

        D’accord avec Deres. Mais quand le mec de Paris fait faillite puis, on en trouve un encore plus cher. Vu et vécu.

    1. nebukadnetsar

      Ne serait-ce pas une illustration subliminale du marché du Grand Stade de LILLE ?

      En quelques lignes, toute la problématique du choix du gagnant plutôt surprenant puisque nettement plus cher, est posée…

  2. Jesrad

    Woah… On a donc dans cette historie un type qui est suffisamment introduit dans le monde politique pour être catapulté Président de la SACEM – un machin étatique qui brasse de l’argent dans l’opacité réglementaire habituelle des administrations françaises et régule à bras raccourcis…

    … et qui s’oppose publiquement au bureaucratisme et à la dépense publique.

    Chapeau bas, M. Tronc.

      1. Deres

        Je pense surtout qu’il redoute la création d’une nouvelle administration avec un autre parachuté à sa tête qui va chasser sur ses terres. De toute évidence, les CNM (Centre national de la variété) et Centre national du Cinéma (CNC) lui brise déjà les noisettes menues avec pleins de fonctionnaires qui se créent pleins de problèmes insurmontables afin d’être absolument débordés et réseauter à fond dans le milieu.

        On a beau dire, les subventions et l’argent gratuit, même si ils coulent à flot, ne sont pas illimités. Les associations se battent entre elles afin d’en récupérer la plus grosse part pour leur propre usage et avantage. Il faut voir cela comme une concurrence entre parasite. Un parasite bien installé au chaud n’a aucun intérêt à laisser s’installer un petit nouveau dans le nid car il faudra bien partager la bonne soupe avec lui …

        1. Théo31

          +1.

          C’est aussi que j’ai compris : il veut garder l’intégralité magot pour lui et ses affidés. L’argent, comme le pouvoir ne se partage pas.

    1. Pandora

      Opacité ?
      Pas du tout ! Seulement 5% des affilies (cotisation obligatoire, évidemment) touchent 80% des sommes reversées par la SACEM. Quels sont les critères ? On ne sait pas….

  3. gem

    Jean-Noël Tronc n’avait pas bu, il a été, selon lui, « piégé ». Le diagnostic est alors facile : c’était le syndrome gromicromou ! La gromicromolite est un virus associé à l’interviouvite, un mal en général bénin qui ne provoque qu’une mégalocéphalée passagère. Mais l’interviouvite frappe systématiquement les nouveaux DG fraichement nommé, le risque de gromicromolite est alors maximum. Surtout quand c’est une interviouvite mondex, malheureusement particulièrement propice à la gromicromolite.

  4. Calvin

    Le lobbyisme éhonté serait un mal français ?

    Ah bon ?

    Comme si, par exemple, on obligeait chaque conducteur à avoir un éthylotest dans son véhicule, et que l’on apprenait que le gars qui a poussé la loi en ce sens était salarié du plus grand fabricant français d’éthylotest ???

    Ah non, il n’y a pas de ça chez nous !

      1. Calvin

        Une interview entendue ce matin sur RTL vers 6h30…
        J’étais en voiture à ce moment.
        Ca doit se trouver en podcast… mais je ne peux pas le faire du boulot !!
        je me souviens formellement avoir entendu le gars parler d’emplois…

      2. BobbyBob

        C’est du réchauffé ça quand même.

        Même le Figaro en parle!

        http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/06/27/01016-20120627ARTFIG00496-soupcons-de-conflits-d-interets-sur-le-marche-des-ethylotests.php

        Alors que depuis le mois de mai, cela fait frémir la toire.

        Et là ou cette affaire devient, vraiment, mais alors, VRAIMENT cocasse, c’est quand on apprends que ce bon monsieur, qui à créé son association à but lobbyiste de type 1984, et qui est donc présentement missionné par le fabriquant d’éthylotest, à fait fortune… avec les radars automatiques!

        Vous savez, ces fameux radars, qui devaient être mis uniquement dans des lieux très dangereux, du style en bas d’une descente dans une graaaaaande ligne droite sur l’autoroute, et dont tous les bénéfices devaient aller à la sécurité routière et à l’aménagement des routes. Mais qui finalment sert aussi à aménager les poches des patrons des boites qui fabriquent, mettent en place et entretiennent ces fameux radars pour les rendre plus extensible pour engranger tous les sousous qui tombent dedans.

      1. BobbyBob

        Ben encore, quelque part, j’ai envie de dire que les détecteurs de fumée, ça peut sauver des vies.

        Le gilet jaune aussi, ça à un coté utile.

        L’éthylotest… ben si t’es du genre à conduire bourré, tu soufflera pas et tu conduiras quand même. Et l’éthylotest ne servira à rien.

        Et si tu es du genre à ne pas conduire bourré, ben ton éthylotest ne te servira à rien.

        Par contre, si tu es du genre tu sais pas trop si t’es bon pour la route ou pas, et que dans un élan de civisme, tu souffles dans ton éthylotest, que celui ci te réponds gentiment: « ok c’est bon Bobby, tu peut prendre la route » et que tu te fais arrêter par nos amis les forces de l’ordre, tu prendras une amende de 11€. Et ton éthylotest ne t’aura pas servi à grand chose non plus!

        1. nebukadnetsar

          Ce qui est encore plus croustillant, c’est qu’en pratique il ne faudra pas un mais deux éthylotests dans la bagnole puisqu’au cas où on en utilise un, il en faudra un autre tout neuf.
          Non seulement, on crée un marché à partir du néant mais en plus on le double immédiatement…
          Ah, le doux bruit des sous-sous de TVA « inattendue » qui va tomber dans les très proooofooooooondes caisses de l’Etat si viiiiiiiiiiiides….

        2. Calvin

          A la limite, tout est utile.
          Ce qui me gène, c’est le côté obligatoire.

          Au fait, pour l’histoire de l’éthylotest, il suffit d’en garder un usagé et prétendre avoir soufflé juste avant de prendre la route !

        3. Calvin

          Bon, OK, il suffit d’en avoir un, si on ne boit pas, et deux, si on compte se tester éventuellement un jour…
          Mais cela ne change rien au fait qu’il faut généralement en acheter 1 (ou 2 donc) sur 18 mois, puisque la date de péremption est généralement de 1 an et demi…
          Le pire, ce n’est pas le coût, c’est d’oublier d’en racheter à chaque date anniversaire et de se prendre une amende pour pas grand chose…

        4. vengeusemasquée

          Alors qu’à n’importe quel test d’alcoolémie des keufs, le résultat sera zéro pointé parce que t’es un conducteur responsable qui, tout simplement, ne boit pas avant de conduire… no comment.

  5. Le Gnome

    Il parait que l’obligation d’avoir des éthylotests dans les véhicules est le résultat d’un lobbying efficace du principal fabriquant français.

    Mais c’est encore probablement des personnes mal intentionnées qui véhiculent ces racontars.

    C’est pour votre sécurité qu’on vous dit…

    1. Deres

      Conclusion, après une période transitoire suite à la création du marché, on va être inondé d’éthylotest chinois beaucoup moins cher … Montebourg est content. Il pourra redresser tout cela quand l’usine française sera en faillite …

    2. Calvin

      Pire !
      J’ai entendu à la radio que la société en question était au bord du dépôt de bilan, et qu’aujourd’hui, elle a un carnet de commande de 5 millions d’unités/an !!
      Le gars responsable de ce lobbying a rajouté : « ben ça fait des emplois en plus ».
      Et toc, sécurité PLUS emploi !!

      Absurde !

      Pour paraphraser Frédéric B., il faudrait obliger chaque foyer français à avoir d’avance une vitre.
      Ce qui ferait du travail aux vitriers !
      Ah, et j’oubliais, une date de péremption de 5 ans, pour renouveler le parc.

      1. Deres

        Et subventionner la vente de ballons et de lance-pierre pour relancer l’économie de la vitre !

        Tout cela me semble logique. Une vitre cassée, cela fait des courants d’air donc une mauvaise isolation thermique. Donc avoir une vitre de rechange à mettre immédiatement éviterait des milliers de tonnes de CO2 créés par les chauffages en attendant la réparation de la vitre. C’est vraiment un chantier prioritaire pour sauver la planète, les gens ne se rendent pas compte à quel point !

        1. Calvin

          Mieux !
          Il faut une vitre pour chaque type de fenêtre différente par la forme et/ou la taille !
          Et en y ajoutant un pan de la baie vitrée, ça va en faire des achats forcés !!
          Bah, ça ou des impôts…

          Et puis, les gens seront contents de voir leurs fragiles vitres stockées.

          J’ai plein d’idées, aussi, par exemple, obliger les conducteurs de voitures décapotables à avoir un casque par nombre de places (4, 5) dans leur coffre.

        2. Alexandrov

          Moui, enfin à condition que les vitriers travaillent pour une entreprise publique, vous savez bien que si on laisse le privé s’en mêler les vitres produiront une mauvaise isolation thermique, les salariés seront oppressés et les coûts compressés, et ce pour générer toujours plus de rentabilité au profit des actionnaires !

          Ou éventuellement une coopérative de vitriers…

        3. Deres

          Un service publique de la vitre avec un tarif social de la vitre associé à un bonus/malus suivant les qualités de la vitre plus une prime à la casse des vieilles vitres ainsi qu’un crédit d’impôts sur le changement pour des vitres écologiques. Mon éco-conscience citoyenne durable va déjà beaucoup mieux !

      2. channy

        Alors la Calvin, je proteste vivement, moi je suis contre les vitriers et le vitrage, car le vitrage laisse passer la lumière du jour..et cela permet d’éclairer votre maison durant la journée pour rien pas un seul euro!!…les vitres mettent les fabricants de bougies au chômage, des milliers d’emplois sont perdus pour le plus grand profit d’une minorité de privilégié !
        Avouez Calvin que vous êtes vitrier ou travaillez dans ce secteur

        1. Calvin

          Après avoir été vendeur de chandelles ?
          Oui… je m’en excuse.

          Mais que voulez-vous, j’ai tenté de faire interdire le soleil sans succès.
          Depuis, je vends des vitres. Et des casques de motos.
          Mais j’espère que le gouvernement se rendra compte que les conducteurs et les passagers de voiture décapotable ont besoin de casques de motos.
          Pour leur sécurité.
          Pour l’emploi.
          Pour la République.

        2. Alx

          C’est aussi pour ce genre de dialogues que j’apprécie tellement ce blog! (Si quelqu’un connait, cet humour « absurde » me faut penser a la BD Dilbert). Il vaut mieux en rire maintenant avant qu’une de ces idees ou un avatar ne deviennent réalité dans quelques mois ou années…

      3. nebukadnetsar

        Il y a une vingtaine d’années si ce n’est plus (le temps passe vite), il y avait tout un mouvement pour expliquer que les automobilistes français avaient la mauvaise habitude de ne remplacer leurs ampoules qu’une fois grillées alors que dans leur vétusté préalable, elles avaient perdu du rendement et éclairaient de moins en moins bien.
        Et de sortir des statistiques à qui mieux mieux pour démontrer l’impérieuse nécessité de n’utiliser que des ampoules de moins de cinq ans avec date de fabrication en clair sur les culots…
        Cela a heureusement capoté pour diverses raisons comme les méchants fabricants qui après avoir salivé sur un tel marché avaient réalisé que la gestion de stocks à valeur marchande déclinante inexorable allait être un casse-tête coûtant plus chers que les gains et parce que les flics et autres pandores ne se voyaient démonter ou demander de démonter des phares au bord de la route pour vérifier les dates.
        Depuis, on a inventé le contrôle technique…

        1. vengeusemasquée

          Dans le même ordre d’idée, tu as le principe d’obsolescence programmée des équipements dans les bâtiments publics. Je m’explique : on estime à x années la durée de vie d’un truc quelconque (châssis vitré, sol PVC…) puis on le remplace, et ce quelque soit son état au moment d’atteindre le fameux stade d’obsolescence programmée. Bah oui, ne prenons pas le risque d’atteindre l’usure du truc. Du coup, ça donne pas envie de savoir comment sont attribués les marchés de remplacement desdits trucs. You don’t wanna know.

  6. Lib

    La meilleure façon de financer un truc inutile, c’est de diluer et d’éloigner le plus possible le paiement.

    C’est principalement à ça que sert l’endettement public. Si le maire d’une ville de 10000 habitants veut construire une piscine à 20 millions, il a 2 solutions.

    Soit il emprunte les 20 millions sur 15 ans ce qui donne à ses administrés le sentiment d’avoir eu une piscine gratos et garantit sa réélection.

    Soit il lève un impôt spécial de 20 millions.

    Dans quel scenario selon vous y a-t-il le plus de chance que les citoyens disent « mais finalement, a-t-on vraiment besoin d’une piscine? »

    1. Deres

      C’et pour cela que les impôts explosent après les élections. les politiciens savent que les gens ont la mémoire courte et s’habitue progressivement. Ils peuvent alors crier sur tous les toits qu’ils n’ont pas augmenter les impôts sur les 2 ou 3 dernières années, juste avant les élections suivantes. De toute façon, les hausses de début de mandat n’ont jamais rien à voir avec les dépenses fastueuses du nouvel arrivant. Elles sont toujours attribués à la gabegie du politicien précédent ou d’une autre entité administrative concurrente.

    2. Alexandrov

      Ajoutez à cela une banque qui lui vend une forme de remboursement avec un taux très bas les 5 premières années et un gros risque pris sur les 10 dernières, et vous avez une piscine, vraiment, gratos. Et la faillite 10 ans plus tard, mais tant pis, le maire sera parti, et avec un bon bilan en prime.

      1. vengeusemasquée

        Toute ressemblance avec un président de conseil général récemment promu au perchoir est totalement fortuite.

        1. Calvin

          Oui, c’est pour cela que je préfère les présidents de CG qui n’investissent pas dans du dur, mais dans l’intelligence.
          Par exemple, la fourniture d’IPad à chaque collégiens…..

          Ce qui est « rigolo », c’est que la faillite arrive très vite, mais en général, le politicien n’est même pas sanctionné.
          Y en a qui disent – vous l’avez entendu, vous aussi ? – y en a qui disent que, euh, ce genre de politicien peut même être élu à la présidence d’une collectivité plus grande (plus de 500K km²).

    3. johnny_rotten

      Tu aura beau tourner le problème dans tous les sens , à partir du mmoment où tu es élu maire et quelles que soient tes orientations politiques, tu chercheras à laisser une empreinte de ton passage par la construction, la modernisation ou l’aménagement d’un édifice public.
      C’est un comportement humain lié à la « peur du vide ».

    4. nebukadnetsar

      Il y en a même qui négocient (une collectivité locale ne peut théoriquement pas faire faillite – je sais, j’ai dit théoriquement) des emprunts à remboursement du principal différé.
      On lance les travaux à mi mandat pour que la piscine soit livrée et inaugurée au hasard 6 mois + 1 jour avant la fin de mandat (il est interdit pour un candidat à sa ré-élection de se vanter dans ses tracts des nouveautés de moins de six mois) avec de minuscules remboursements bisounours qui ne se voient pas dans les comptes de fin de mandat (Ho :le bon gestionnaire qui n’a pas augmenté les impôts depuis… depuis… depuis… un an) et qui se transformeront en remboursements Carabosse au lendemain du scrutin avec transfert dans les taxes locales.
      Cela gu..era peut-être dans le Landerneau mais son boulot aura été renouvelé pour six piges et comme les électeurs auront tout oublié au bout de deux ans….

      1. Deres

        Surtout qu’avec les sur-cotisation et l’absence de décote pour carrière incomplète, les députés accumulent rapidement des retraites intéressantes en peu d’année. Donc faire au moins un deuxième mandat est une priorité.

        1. nebukadnetsar

          Ils sont au maxi après 4 mandats, soit 20 ans seulement, soit un peu moins de la moitié des andouilles d’électeurs.
          Ah, la glorieuse incertitude du suffrage universel….

  7. Calvin

    Au fait, H16, je me permets une remarque générale sur vos deux « mamelles ».

    En fait, une vache (bonne image de la France qui aime ses petits veaux de citoyens) n’a qu’une mamelle !
    Dans notre cas, c’est, bien sûr, l’Etat.
    En revanche, cette mamelle qui contient un paquet d’argent gratuit, coule de différents pis (en général, 4) : l’allocation globale, l’interventionnisme (allocation ciblée venant d’en haut), le lobbyisme (allocation ciblée venant d’intérêts particuliers)et, sans doute, le protectionnisme (allocation ou retenue contre les méchants étrangers) !

    A noter aussi que la vache française n’a plus de corne pour chasser les brigands et les voleurs, plus de queue pour chasser les parasites et les mouches, et fabrique autant de lait (ie d’euros ou de rot, c’est selon) que de bouse (appelée également projet de loi ou décret).

    Bon, si vous avez besoin d’autres détails, je suis disponible !!

    1. Sansintérêt

      Cette vache digère très mal se qu’elle consomme, elle a donc un appétit monstrueux et défèque de grandes quantités de lois mais maigrit à vue d’œil !
      Va-t-il falloir l’abattre ?

      1. Flo

        Ah mais non. C’est bien là ce qui est curieux, bien qu’elle défèque abondamment et malgré les régimes drastiques auxquels elle prétend s’astreindre elle ne maigrit absolument pas.

        1. Calvin

          Exact !
          Elle maigrit, mais pas de la mamelle.
          Celle-ci est devenue tellement grosse, que cette vache ne peut plus se déplacer.
          Elle est couchée, n’a plus de muscles, ni de forces, mais reste là à nourrir ses veaux dont elle tire la substance pour alimenter sa mamelle …

        1. Calvin

          Ok, mais va-t-on abattre tout le troupeau de vaches européennes ? La Portugaise, l’Espagnole, l’Italienne, ne vont pas mieux…
          Evidemment, je n’ai pas parlé du Minotaure, qui bouffe les citoyens grecs, mais qui ne va plus rien donner en échange !

        2. Alexandrov

          Mais non voyons, cette vache est folle, tout simplement, elle en a tous les symptômes : déficit cognitif (incapable de comprendre qu’elle va dans le mur), troubles visuels (elle a tout sous les yeux mais ne voit rien), mouvements anormaux involontaires (on fait des trucs absurdes sans trop savoir pourquoi mais histoire de justifier son salaire/sa subvention) – source : wikipédia.

          Et comme pour Creutzfeldt-Jakob, on essaye de nous faire croire que le mal vient d’Angleterre…

    2. nebukadnetsar

      Pas d’accord ! la personnification de la bonne république française est Marianne (modèle réel choisi parmi les belles actrices du moment) qui a bien, jusqu’à présent deux mamelles qu’on nomme en général de tas d’autres noms que vous connaissez sûrement

        1. T-Buster

          Quoi Calvin s’acoquine avec les religieux de l’Ecologisme?

          Je vous rappelle que ce monstre à 4 pattes, plus proche de terminator que Du lolcat est entrain de détruire la planète! Non seulement il mange des tonnes de maïs (évidemment arraché de la bouche de pôvre p’tit nenfants mexicain) mais en plus ses pets et bouses détruisent la couche d’ozone…. Ou réchauffe la Terre, ou les deux, chais plus….
          Mais bref ce monstre ne peut pas être comparé à cet état tentaculaire et avide de taxe qu’est la noble et belle Repubilque Française.
          Plus que depuis que les pastèques gouvernent (vert dehors rouge dedans)

  8. CynAcidIronic

    je pensais en lisant le titre que vous nous parleriez du lobbyisme de shell qui a poussé Nicole Bricq vers la sortie. perdu!

    hs : dans le genre l’état n’aime pas qu’on se passe de lui cet exemple vous fera, j’espère, rire autant que moi :
    Dijon — la police déjoue un complot anarchiste ! http://tanneries.squat.net/

    1. Calvin

      En ce qui concerne Bricq, il me semble que c’est Ayrault qui n’a pas supporté que la Dame intervienne sans lui en parler.

      D’ailleurs, avant de parler du lobbying de Shell, il faudrait évoquer le lobbying le plus puissant de France, celui qui interdit OGM, Gaz de schiste, ou qui ruine la nation en subventions vertes (et pas mûres).

    1. Calvin

      Ils ont supprimé la Circulaire Guéant, faut croire que ça suffit !
      Et puis, la lutte contre l’immigration, c’est quand même un volet du protectionnisme. Donc, l’Etat, il aime bien ça !!

      On est bien en France à se tirer dans les pattes, à se jalouser, à se morfondre, qu’on n’a pas besoin d’autres crétins du Mondentier (qui d’ailleurs nous envient tellement !)

  9. Calvin

    H16, j’ai raté cette phase :
    « …des nombreuse mamelles que les Français aiment téter pour s’abonner à l’échec cuisant. Aujourd’hui, voici la seconde, »
    - nombreuses,
    - si c’est nombreux, y en a-t-il que deux ? et sinon, c’est la deuxième et non la seconde !!

  10. Alexandrov

    Y aurait-il lobbyisme sans interventionnisme ? J’ai l’impression que la mamelle du jour est une excroissance de celle d’hier, non ?

    En sus, la mamelle qui génère la moraline et les cerveaux lavés plus blancs serait à étudier. Pour rappel, 30% des français sont favorables à l’économie de marché contre entre 60% et 70% en UK, US, Allemagne ou Chine, et ce gap est constant depuis 10 ans au moins. Donc, tant que nous serons en démocratie, ce pays sera foutu.

  11. ph11

    Ils sont lourds les « artistes » avec leur assistanat.
    Ceux-ci le justifient la plupart du temps sous le prétexte que les artistes seraient des surhommes, faisant la réputation culturelle de leur pays et que sans les subsides, on se retrouverait dans une situation de vide culturel.
    Mouais, des surhommes… Quand je vois mes fréquentations d’artistes, je ne peux que pouffer.

    Les arguments ne tiennent pas. S’ils sont subventionnés, c’est parce que leurs activités ne sont pas rentables (sauf pour certains qui estiment mériter l’argent de poche du contribuable)
    Si les activités ne sont pas rentables, c’est soit:
    -qu’il n’y a pas suffisamment de demande et alors, cela rime à quoi de vouloir une forte réputation culturelle de la nation alors que la population se branle de l’art ?
    -qu’il y a trop d’offre, et alors il y a encore de la marge avant de se retrouver face à un abysse culturel.
    -que la qualité n’y est pas. Donc, on subventionnerait de la merde en boite ?
    -ou tout simplement, que les artistes ne font pas le nécessaire pour rentabiliser leur activité, notamment parce qu’ils se reposent sur les subsides.

    Non seulement, ça coûte cher, mais en plus, cela finit par nuire à la culture, qui perd son indépendance vis-à-vis de l’état et ses capacités d’initiatives.
    Et après, on s’étonne qu’il n’y a plus que de la merde…

    1. paf

      « S’ils sont subventionnés, c’est parce que leurs activités ne sont pas rentables »

      et alors? non a la recherche sans fin d’une rentabilite qui nous esclavagise! mon corps n’est pas une marchandise!

      1. Le Gnome

        Allons, paf, personne ne veut de votre corps, soyez raisonnable. L’Etat vous le piquera pour pas un rond avec une p’tite loi, quand vous n’en aurez plus l’usage.

      2. ph11

        Personne n’oblige personne à chercher la rentabilité.
        Cependant, si vous ne la cherchez pas, c’est à vous de l’assumer et pas aux autres.
        Les nécessites de la vie ne sont pas de l’esclavage.

        1. H.

          +1
          Un gorille qui se réveille ce matin et ne se sort pas les doigts pour bouffer aura faim ce soir. Il est l’esclave de son estomac? Non, nécessité de la vie.
          Encore faut-il qu’il trouve de la bouffe rentable. Pas de celle qui lui demande de gros efforts pour 3 petites calories ridicules. De la vraie qui tient au corps et qui engraisse.
          C’est valable pour tout le monde hors les assistés parasites socialopathes, cela va de soi.
          La subvention des artistes est pour moi la pire des horreurs: je suis O-BLI-GÉ d’acheter leur merde pour qu’ils continuent à déblatérer leur diarrhée verbale.
          C’est quand même un monde!

        2. vengeusemasquée

          Et après on retrouve leurs zoeuvres dans les bâtiments publics au titre du 1% artistique, ce qui permet de dépenser plusieurs dizaines de milliers voire de millions d’euros pour des grosses bouzes qui défigurent des bâtiments neufs. Toute ressemblance avec des collèges de Seine-Saint-Denis est encore une fois totalement fortuite.

    1. nebukadnetsar

      Le deuxième lien avec Mégèreweiler en gros plan est le meilleur.
      Pétrucchio percera-t-il sous Mimolette le conquérant ???

  12. Pascale

    Pour les mamelles de la France, j’en étais restée au labourage et au pâturage car ces mamelles là, elles ne servaient pas à empoisonner ceux qui tétaient …

  13. labolisbiotifool

    « voici la seconde qui va assez bien de paire « : de pair
    serait préférable non ? Je dis bien préférable, mon gout
    pour les paires m ‘ égare peut-être :)
    Quand à  » la saille de Jean-NoÊL « , je suis sûr que ce
    dernier préfère une bonne saillie :)

    Excellent article …

  14. Deres

    Fabuleux exemple de la logique française de l’investissement intelligent … Le nouveau stade de rugby va s’installer à Evry alors que le stade omnisport Robert Bodin de 19 000 places, actuellement le 4ème plus grand de la région parisienne se trouve à moins de 500 m, juste de l’autre côté de la N104.

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