Pourquoi la presse française n’aime pas du tout la cyber-jacquerie des Pigeons

Cela fait maintenant une bonne semaine qu’un groupe d’entrepreneurs, excédés de se faire tondre par l’État, a décidé de monter un groupe sur Facebook et de faire connaître son ras-le-bol. Et en l’espace de ces sept jours, il s’est passé suffisamment de choses pour que la presse aborde le sujet. À voir comment elle l’a fait, quelques remarques s’imposent.

Dès l’apparition du mouvement, c’est surtout l’étonnement qui a balayé les rédactions. Là où les seins nus de princesses people ou les soupçons de trucage de matchs ont été immédiatement relayés à grands renforts de Une plus ou moins tapageuses, le mouvement viral des pigeons aura dû attendre plusieurs jours pour déclencher des analyses journalistiques et de petits éditoriaux serrés comme des cafés de rédaction fiévreuse. Une exception notable fut celle du Monde qui aura réagi en fin de journée du lundi, au moment où la page Facebook des Pigeons Entrepreneurs enregistrait déjà plusieurs milliers de sympathisants.

On peut louer, ici, la saine prise de distance avec ce qui n’aurait pu être, après tout, qu’un feu de paille rapide et aussi vite fini que commencé. Mais lorsque les premiers articles parurent, cet a priori bienveillant s’est évaporé : dès qu’il s’est agi d’analyser vraiment le mouvement, très majoritairement, la presse se sera empressée de le présenter comme un épiphénomène intriguant, très certainement curieux, et, selon toute vraisemblance et après des enquêtes journalistiques super-pointues, pilotées par des gens dont l’obédience de droite ne laissait aucun doute et plongeait immédiatement l’ensemble des revendications dans un bain de suspicion forcément légitime.

Le traitement de l’affaire par les médias est fort révélateur, finalement, de la façon dont les journalistes et la presse française fonctionnent.

Dès qu’il s’agit de relayer les mouvements syndicaux, présentés systématiquement comme les combats de faibles et de petits contre un patronat de forts et de puissants, les articles et les unes se bousculent. Dès qu’il faut soutenir par un fort relais médiatique des manifestations pas du tout spontanées, là encore, la presse fait jouer à plein son levier de quatrième pouvoir. Lorsqu’une grogne monte depuis la rue, elle est là, frémissante, prête à tout dire, tout transmettre pour que le citoyen soit bien au courant de tous les enjeux et qu’enfin, les politiciens prennent la mesure des revendications, quoi, bon, zut à la fin !

Mais dès qu’il s’agit d’une jacquerie d’entrepreneurs, ces gueux de patrons, le relais se fait circonspect. On mesure chaque mot, on vérifie bien qu’il ne s’agit pas d’une opération purement politique préparée de longue date. Et peu importe que l’aspect parfaitement amateur et improvisé du mouvement des Pigeons transpire depuis la page Facebook jusqu’aux messages parfois contre-productifs qu’ils emploient. Peu importe que l’historique lui-même montre de façon limpide l’aspect particulièrement impulsif et presque irréfléchi de l’ensemble de l’opération.

Malgré ces éléments évidents, les premiers articles qui paraissent insistent aussi lourdement que possible sur l’évident fricotage des Pigeons avec la droite UMP, voire (horreur) les Libéraux ! La gauchosphère rentre en émoi, se déchaîne en cherchant d’obscures machinations et coupables aux consonances juives : comment, un mouvement spontané qui échapperait au schéma traditionnel ? Impossible ! Il ne peut s’agir que d’un coup de ces abominables gens de droite, des rétrogrades capitalistes et autres exploiteurs d’enfants communistes ! Et même lorsqu’il s’agit de relater l’historique (en repompant un peu de l’article de Kaplan, qui sait ?), on ne peut s’empêcher de glisser quelques lignes sur l’évidente récupération du mouvement par cette frange de la population qui sent du bec (honteuse, je vous le dis, honteuse, c’est un scandale ma bonne dame, des gens de droite, oui, des gens de droite, oh ! Mais dans quel monde vivons-nous ?!)

Oui, la stupeur passée, la résistance s’organise d’une presse soudainement toute acquise à bien noter toutes les erreurs de communication et les exagérations portées dans les messages des Pigeons. Ce travail journalistique est d’autant plus étonnant que pour une « étude » sur les OGM, remplie d’erreurs de méthodes et à la conclusion aussi ridicule que péremptoire, cette même presse aura oublié en 8 microsecondes toute éthique et tout travail de fond, et aura bruyamment fait Unes sur Unes ; pour une autre étude montrant que les malades soi-disant électrosensibles ne sont pas capables de déterminer si les antennes sont ou non en fonctionnement, là, a contrario, la presse n’aura à peu près rien relayé du tout. Pour un mouvement spontané qui fédère plusieurs dizaines de milliers de personnes, en revanche, là, on regarde bien si, par hasard, il n’y aurait pas un Copé, un Fillon ou n’importe quel type de droite qui se cacherait en coulisse.

Que voulez-vous, il y a manifestement des sujets qui titillent l’esprit journalistique plus que d’autres. Par exemple, si Arrêt Sur Images a tenté de comprendre les ressorts médiatiques derrière l’affaire Séralini et ses rats déformés, la même équipe aura ainsi rendu « gratuit » son précieux article d’analyse car déclaré « d’intérêt public », avec sa pédagogie vigilante et son ton partisan voire vindicatif. Même un journal comme La Croix, classable à droite au siècle précédent, n’hésite pas à voir dans les récriminations des Pigeons une posture choquante puisqu’après tout, ces entrepreneurs doivent beaucoup à la communauté (et doivent donc s’épuiser et se faire tondre sans couiner, merci) : c’est ça, la nouvelle charité catholique, et elle est tendrement proche de l’État.

Quant à Libération, qui a depuis longtemps abandonné toute prétention à la neutralité journalistique, elle accumule perles sur perles et Unes criardes sur enquêtes orientées. Il n’y a plus besoin d’autre chose qu’une image pour comprendre que la rédaction est tombée, sans désirer se relever, dans le gouffre d’une pensée partisane si caricaturale que le nom de Demorand sera maintenant synonyme de Tartufe.

une liberation pigeons

On ne peut qu’être amusé à la lecture de l’éditorial de cette fine équipe qui déclare, sobrement, que « L’ennemi n’est pas le risque, ni même l’argent du risque, mais la rente et ses prébendes. » Lorsqu’on sait que sans la rente des subventions, sans les prébendes accordées aux journalistes, Libération n’existerait plus depuis plusieurs années, on ne peut que pouffer.

Et ne croyez pas qu’après cette Une grotesque, Libération aura apporté quelque modération à sa charge anti-pigeons puisqu’elle aura aussi poussé le ridicule jusqu’à faire paraître dans ses colonnes un article de commande à un septuplet de patrons qui se déclarent eux-mêmes en faveur de la nouvelle pluie de taxes et d’impôts. L’analyse du texte et de la position réelle de ces audacieux « entrepreneurs », tous amoureusement acoquinés avec l’Etat, de près ou de loin, est réalisée par Stéphane Montabert et donne les clés qui permettent de comprendre cette position aussi étrange que partisane de la presse française.

Car si la liberté d’expression doit être défendue, si la démocratie suppose que le peuple, tout le peuple, puisse avoir son mot à dire, il y a des mots qui choquent la presse. Ces mots, ce sont ceux qui réclament la baisse des impôts, la fin d’un État aussi omniprésent qu’omni-impotent.

Que cette presse, comme le Monde ou Libération, pour n’en citer que les allusions les plus grossières, insiste sur une imaginaire récupération de la part des libéraux du mouvements des pigeons est parfaitement symptomatique de cette peur panique qu’elle développe à l’idée que la source de ses subventions puisse se tarir : des pigeons qui se révoltent, c’est impensable parce que c’est, de fil en aiguille, des salariés qui demanderont des comptes à l’État et aux myriades d’organismes sociaux pour ce qui leur est prélevé, ce sont des contribuables qui réclameront des explications sur les sommes dilapidées dans des institutions et opérations aussi nombreuses qu’inutiles.

En tant que presse, devenue d’État de facto lorsqu’on voit comment elle gagne sa croûte, laisser le mouvement s’installer, pire, l’aider en ne lui attribuant pas tous les sobriquets possibles et tous les ornements d’un poujadisme méprisable, c’est risquer de voir les politiciens acculés à prendre la mesure des coupes budgétaires à faire pour relever le pays. Et dans ces coupes, la presse sera aux premières loges : elle n’est plus guère écrite (ou avec si peu de talent), elle n’est plus lue, elle n’est plus que grassement payée. Si elle n’avait pas son évident pouvoir de manipulation, elle ne serait qu’un coût, un passif de plus dans les colonnes comptables de l’État. En période de disette, ce n’est pas confortable.

Si l’on ajoute que le mouvement des Pigeons a pris entièrement naissance sur internet, et devient, de fait, la première cyber-jacquerie française, que ce mouvement s’est donc totalement passé du pouvoir de la presse (montée contre lui) et a pourtant réuni près de 60.000 sympathisants, on comprend que non seulement la presse ne veut pas entendre parler des revendications de ces Pigeons, mais qu’elle a ici une mesure précise de sa propre inutilité.

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Commentaires73

  1. prunelle

    excellent billet : les journalistes ne digèrent pas qu’un mouvement de cette ampleur se soit développé en dehors de leur sphère et sur internet, leur concurrent direct en honnêteté et en réalité! Quand au mouvement des pigeons, il serait très bénéfique qu’il prenne de l’ampleur et qu’il s’organise en dehors de toute récupération politique, mais le problème c’est que les « plumés » ne sont par organisés, leurs syndicats sont inaudibles, ils ne manifestent pas (encore), l’exaspération n’est pas encore à son comble pour voir se donner la main les différentes corporations.

  2. Pere Collateur

    J’ai suivi tout ça des très près depuis presque le début.

    Avec le recul, il semble qu’il y ait dans ce phénomène, un point très important qui ait échappé à tout le monde:

    Ce mouvement a squeezé tous les « corps intermédiaires », comme ils disent au château.
    Comprenez que les syndicats (ici patronaux) n’ont même pas compris qu’il fallait reprendre la balle au bond et ne se sont vaguement exprimés qu’à la toute fin de partie. Et le constat est très amère, car et d’un, personne n’a accordé d’importance à leurs déclarations (à part la presse subventionné) et surtout, surtout, pas un seul tweet pour relever que le MEDEF avait fait une déclaration dans leur sens.

    En gros, ils se sont fait totalement ignorer, et snober par un mouvement auto-suffisant.

    Pour moi, c’est la partie intéressante à retenir, car imaginez que ce procédé soit itéré aux salariés du privé.
    Que ces méchants petits capitalistes se passent de nos gentils organisateurs fonctionnarisés de merguez party entre nation et bastille.

    Et baste, imaginons que ce mouvement et celui des entrepreneurs se rejoignent, car au fond, leurs intérêts sont strictement les mêmes…

    On aurait une concaténation de tout ceux qui financent le merdier français à l’insu de leur plein grès, se passant de tout intermédiaire foireux et inutile, face à un état dépassé et se rendant compte de sa dépendance vitale à ces « Jaques »…
    Ça, ça aurait de la gueule. Sans parler de l’efficacité redoutable de la chose.

    Car n’en doutez pas, pendant que ça roucoule et que ça taxe et sur taxe, les départs d’entrepreneurs, de jeunes diplômés, de cadres, et de tous les « Huguenot » potentiels que compte encore ce pays de con s’accentuent.

  3. Aristarque

    C’est une nouvelle antienne qui revient de façon insistante maintenant que,les patrons devant leurs succès financiers et autres aux Français pris comme clientèle, il devraient subir des ponctions spoliatrices de l’Etat en retour pour les en remercier en quelque sorte.
    Je ne sais pas si vous voyez ce que ce nouveau mode de pensée pourra avoir de dévastateur :
    les salariés du privé qui ont un emploi et travail de par leur patron, devront donc logiquement accepter d’être spoliés par reconnaissance minimale à ce bienfaiteur.
    la clientèle estimant que le patron risquant de s’enrichir du fait de leur travail pourra décréter à bon droit de ce fait, qu’un circuit court de retour à l’émetteur est préférable à l’usine à gaz de : je paye, le patron s’enrichit (quid des salariés ?), le gentil état remet de l’ordre dans cette pétaudière en prévaricant à qui mieux mieux et en nous rendant (très ultérieurement) l’argent par subventions et rentes de tous poils…
    Bref, on est en train de mettre en place un circuit organisé au seul profit des rentiers de l’Etat qui ne risqueront pas de voir leur paie remise en question par ce mécanisme…

    1. Deres

      C’est déjà un peu le cas, car l’Etat intervient fortement dans la détermination des salaires, via le SMIC, la grille publique qui donne des exemples de comparaison, les augmentations de SMIC qui donne des idées d’augmentations, la fixation de l’inflation par l’INSEE, les cotisation salariales et patronales obligatoires, les obligations d’intéressement, le contrôle des avantages indirects, … La marge de manœuvre dans la détermination des salaires par un entrepreneur est au final relativement faible, le marché du travail étant extrêmement régulé.

  4. V. Vodarevski

    La comparaison entre le traitement par la presse des pigeons et celui de l’étude Séralini est confondante. Cependant, c’est déjà une réussite pour les pigeons d’avoir été repris. Ils ont donc touché un point sensible. Mais les réactions montrent qu’ils se sont fourrés dans un guêpier. Ce ne sera pas facile pour eux. Ils risquent d’être conspués.

  5. Aristarque

    Déjà que la presse, en particulier celle avouée de gauche est subventionnée pour vivre et qu’en plus, par inclination personnelle de l’immense majorité de ses membres, elle est généralement très peu critique sur les élucubrations socialistes et autres, il ne fallait pas s’attendre à ce qu’elle présente un mouvement de facto anti conneries socialistes, sous un jour favorable.
    Pensez-donc! De vilains patrons organisant une protestation, par internet, qui plus est, à l’encontre de la Justice sociale réparatrice et spoliatrice d’une minorité!
    Courageuse contre les faibles, accommodante avec les Puissants du jour mais pas téméraire.
    CPETF

  6. El Gringo

    Les cyber-jacqueries (j’aime beaucoup ce néologisme) se développeront-elles et pourront-elles entraîner un véritable changement?
    Les printemps arabes doivent, parait-il, beaucoup aux réseaux sociaux mais jusqu’à un certain point à partir duquel il faut, malheureusement, que des jacqueries traditionnelles (c.a.d des émeutes) prennent le relais.

    1. pod

      Le problème est bien là : le péquin de base qui incarne le socle de la désinformation de ce pays est peu connecté, sous-(dés-)informé, se cantonnant au 20H de base du Sévice Public. Le relais c’est la rue et c’est là que les Geonpis se sont fait niq**er par les politiques, en annulant la manifestion qui aurait du se tenir ce jour. Déjà un dimanche, non seulement ce n’est pas nuisible et en plus ils la suppriment !… La gauchitude aurait quant à elle surperformé l’essai avec l’appui de leurs complices pisses-copies subventionnés.

      1. DoM P

        Ah… Il me semble qu’au contraire, le péquin moyen est très connecté à facebook, twitter, et autres réseaux sociaux, y étalant sa vie à qui mieux-mieux, et participant à toutes les chaînes possibles…

  7. Pandora

    Corr : mais qu’elle a ici une mesure…

    Quand on retrouve les mêmes phrases dans des journaux différents, on se doute que les journaleux se sont contentes de recopier la dépêche AFP, ce qui souligne au minimum leur fainéantise.

    1. JG2433

      En effet !
      J’ai souvenir de ce qui s’était produit en janvier 2009, suite à un « perle » commise par l’AFP qui, dans son communiqué, parlait de « rayons cosmétiques » (sic) – au-lieu de rayons cosmiques.
      Faute qui s’était ensuite retrouvée dans des articles de journaux qui s’étaient contentés de reprendre la dépêche in extenso. :-(

      Sur son site Pensée unique, J. Duran en avait parlé et avait attribué un « Bonnet d’âne » à l’AFP ! :-)

      http://www.pensee-unique.fr/bonnetdane.html

  8. Aristarque

    Instructif, le billet de Montabert, effectivement sur l’identité exacte des « entrepreneurs » amis des impôts confiscatoires : que des dévoués membres des partis au pouvoir lancés dans des entreprises biberonnant leur CA de leur collusion avec les Puissants dilapidant l’argent gratuit des autres plutôt que tirant leur CA en se frottant à la concurrence de ceux qui recherchent de la clientèle payant volontairement le travail fourni.
    Dans de telles conditions, on ne peut que chérir les impôts puisqu’on en dépend intégralement pour vivre et qu’à choisir entre le feu et la poêle à frire, on en reste à la poêle…
    L’appropriation de discours d’autrui est typiquement léniniste-communiste puisqu’on peut rappeler qu’une des premières décisions de Lénine arrivé au pouvoir avait été de supprimer les syndicats au motif que le gouvernement étant maintenant tenu par des amis de la classe ouvrière, ces syndicats n’avaient de facto plus la moindre utilité…
    J’espère que nous n’en avons pas pris pour 70 ans de socialisme depuis 81 parce que cela commence à faire long…

    1. Aristarque

      Ils se disent chef d’entreprise mais à voir leur nature d’affidés du Pouvoir, il est plus que vraisemblable qu’ils n’y ont pas investi le moindre kopeck de leur popoche.
      Et comme le CA de l’entreprise ne dépend que d’un seul client qui la pensionne, sa valorisation est en fait quasi-égale à zéro…

  9. Aristarque

    Qui ira expliquer aux artisans taxis parisiens (qu’on rigole un peu dans les rues d’IDF), qu’ils seront AUSSI concernés par ces élucubrations fiscales socialistes?
    Abandonneront-ils d’un coeur joyeux 62% du montant de leur licence ?
    Parce qu’il ne faut pas s’illusionner : la défiscalisation pour départ en retraite n’est qu’une douceur à durée de vie limitée à 2013.
    Soyons assurés que, pour lutter contre les inégalités entre retraités, nos Puissants y remettront bon ordre dès 1914 à la suite du rendement constaté de leurs conneries

  10. Aristarque

    Les Puissants qui luttaient contre déjà MICROSOFT, GOOGLE, et autres américaines entreprises vont devoir maintenant y ajouter FACEBOOK, TWITTER et autres du même tonneau comme corrupteurs potentiels de la belle jeunesse française.
    Pas très bisou, certes mais devenu indispensable pour faire rempart contre les cyber-jacqueries futures (ce ne sont pas les historiques du fameux « printemps arabe » qui vont les en dissuader)…

  11. Aristarque

    Dis-nous H16, toi qui est aux meilleures loges de l’information :
    il y a 5 à 6 semaines, la CGT annonçait des manifs si possible géantes vers le début octobre avec les revendications annuelles (défense de l’emploi, hausse des salaires, refus de la casse sociale, etc…)
    Depuis plus rien.
    La situation est-elle édenique à ce point qu’elles sont devenues superfétatoires ou bine il ne faut pas ajouter du désastre à la catastrophe gouvernementale ?

    1. Je pense que certains sont au courant que tout mouvement de foule brusque risque de faire s’effondrer la boutique. Je pense aussi que beaucoup n’ont pas compris que la France n’a jamais été aussi proche du désastre final et que ceux qui l’ont compris sont en train de mettre de l’huile dans les rouages par barils entiers.

        1. Deres

          Pour le moment, on est conforme aux prévision économiques car il n’y a aucune croissance en 2012 comme prévu … Cela va commencer à se dégrader dès le premier trimestre 2013. En effet, pour atteindre les 0.8% de croissance sur l’année, il faudra bien un peu de croissance dès le début de l’année. En son absence, on commencera à comprendre que le programme économique du gouvernement mène droit dans le mur. Après, c’est une question de politique. Il est fort probable que la gauche (y compris au PS) relance le débat sur les 3% contre l’austérité (qui n’existe pas en fait, puisque qu’il y a eu juste des hausses d’impôts …). Cela dépend également de nombreux facteurs exogènes. En particulier, si cela va mieux en Italie ou en Espagne, la France risque de perdre son statut de valeur refuge avec l’Allemagne avec des taux artificiellement bas.

      1. sam00

        +1

        Je trouve le silence actuel des syndicats et autres habitués du pavé assez étrange.

        J’ai comme l’impression que certains sont au courant de l’état d’avancement de la catastrophe, et sont aux ordres pour essayer de gagner du temps … histoire d’avoir le temps de garantir leurs avoirs en les transférant ailleurs et dans d’autres monnaies par exemple.

        Acheter de l’or et du plomb, c’est triste à dire, mais ça prend du temps si on veut éviter que cela se voit.

    2. Pandora

      Ben, tout va très bien, le parti socialIste est au pouvoir !
      Pourquoi manifester ?

      Les camps de Roms sont déménages ( les décisions de justice sont enfin appliquées), les réseaux d’intégristes islamistes sont démantelés dans le calme et la quiétude qui sied aux dénonciateurs de tous poils de l’action du gouvernement précédant.

      Circulez, tout va très bien, madame la marquise.

  12. Pascale

    Oui, mais il paraît qu’Hollande mène une politique ultra-libérale. Sans rire. Enfin c’est un commentaire lu sur un blog gauchiste, ce commentaire attribuant la détérioration de la situation économique actuelle à cette fameuse politique.

    CPEF

    1. Aristarque

      Ben oui qu’elle est ultra-libérale!
      Les geonpi ont encore le droit de se regrouper dans un site Facebook et surtout, osent en profiter pour s’exprimer avec des pensées peu bisounourso-compatibles….
      Tout cela tous les jours et plusieurs fois par jour, en plus.
      On n’aurait pas vu un tel laxisme sous les régimes socialistes sérieux type Cuba ou Corée du Nord…

    2. Deres

      Dans les pays communistes, tout ce qui était mauvais était un complot bourgeois contre-révolutionnaire. Chez nous, l’ultra-libéralisme tient le rôle du grand méchant loup. Il n’existe pas mais il fait peur aux petits enfants bien à l’abri dans leur chambre douillette. La peur est le meilleur moyen de contrôle. La plupart des français ne veulent pas changer le système ni partir car ils savent bien que les vampires ultra-libéraux suceurs de sang, tueurs d’enfants communistes, mangeurs de chatons mignons rôdent autour du pays.

  13. Homo-Orcus

    « dans des institutions et opérations aussi nombreux (ses) qu’inutiles. »
    Cyber-Jacquerie, effectivement, notons que c’est la première. Mais méfions-nous des victoires dans un régime collectiviste ! Cela me fait penser à la fête de la fédération qui a finalement radicalisé les jacobins…

  14. Super0

    Super !
    Mais attention…à ne pas être trop bon. En effet dans cette France les gens meprisent le talent. Enfin il y a un élan, une brise legere de liberalisme et plus on aura d h16 de contrepoints et autres pigeons et plus on aura d espoir de liberte.

  15. Martin T

    Merci pour cet excellent billet.

    2013 risque d’etre une annee tres interessante pour le gouvernement de bras casses avec a la cle croissance nulle, voire negative, chomage en forte hausse, bref que du bonheur pour essayer de fourguer tant bien que mal des OATs au 65% d’investisseurs etrangers detenteurs de ces merveilleux bons de creances ou plutot bons de mecreants j’hesite…

    Cordialement,

    Martin

  16. exiliado

    Ok l’état et ses médias ont réagi pour minimiser et juguler ce mouvement des pigeons.

    Mais la rapidité est plutôt surprenante, non ?

    Imaginons que ça ait trainé un peu plus.
    Le mouvement aurait enflé, serait devenu plus visible et bruyant. La manifestation aurait offert de belle image.
    La presse internationale se serait interressée de plus près à ce mouvement au caractère inédit, avec un traitement sans doute plus proche de ce qu’on peut lire ici que sur libéééé et consorts.

    Des médias non idéologues, non financés par l’état Français, plutôt bienveillants envers les entrepreneurs et lus dans le monde entier, qui s’intéresseraient d’un peu trop près à nos problèmes, ça peut faire mal !

    Notre état aurait il peur que la France passe plus vite que prévu du côté des pays qui puent officiellement pour les investisseurs ?

    Si c’est le cas, alors les pigeons ont un magnifique levier de pression, non ?

    1. Mais justement, la presse internationale s’est intéressée (FT notamment). Et paf, direct, les Pigeons ont été entendus…
      (mais pas écoutés, hein, faut pas déconner)

      1. exiliado

        En effet, et pour être vraiment écoutés Il faudrait sans doute un mouvement beaucoup plus solide :

        – conscient que l’ennemi c’est l’état, un état rusé et hautement expert en démantèlement d’opposition.
        – réclamant fermement une fiscalité simplifiée et à l’image des pays d’Europe ou la PME réussit, plutôt que de micro négociations.
        – Ne reculant pas au premier signe d’ouverture du camp adverse.
        – conscient du levier que représente un envenimement de la situation (perspective d’attirer des dossiers et des couvertures internationales plutôt que des brèves oubliées le lendemain), et prèt à jouer cette carte.

        Je m’emballe !
        Nous sommes très loin du compte. Trop de naiveté, pas assez de désespoir ou de désoeuvrement dans le tableau.
        CPEF

        1. sam00

          @exiliado

          Réclamer une fiscalité simplifiée est une ânerie de plus … il faut réclamer le recul de l’état et l’obtenir. Une fois ce recul acté, on pourra discuter de la simplification de la fiscalité … pas avant.

          Ne pas reculer au premier signe d’ouverture du camps adverse … parfaitement d’accord! il faut les obliger à de multiples reculades … mais qui est suffisamment déterminé dans ce pays pour tenir cette ligne?

          Pourquoi les entrepreneurs ne demandent-ils pas l’application des directives européennes qui permettent de s’assurer auprès de compagnies européennes; et cela depuis 94??

          C’est peut-être ce combat là qu’il faut mener??

        2. exiliado

          « mais qui est suffisamment déterminé dans ce pays pour tenir cette ligne? »

          Pour beaucoup comme moi, il est plus simple et préférable de s’envoler vers des terres plus clémentes que de mener ce combat. Et ceux qui restent sont sans doute déjà bien occupés à leur propre entreprise.

          Et puis un mouvement organique, informel, sans représentants officiels ni leader, ça a ses avantages comme englober toute le monde, minimiser les (soupçons de) récupérations , mais aussi des limites comme l’impossibilité de s’engager dans une direction claire et précise.

          Le flou artistique actuel du mouvement des pigeons embrasse toute la grogne des entrepreneurs.
          Mais qu’en sera t’il dès qu’il faudra aborder des points précis dont découleront divergences et divisions ?

        3. Crucol

          @ Sam00,

          la fiscalité simplifiée n’est pas une anerie, loin de là. si le code des impôts était simple que tout le monde savait ce qu’il paie à l’Etat et ses affidés et ce qu’il en récupère, il y aurait immédiatement des réclamations… d’où le fait qu’un fiscalité simple et lisible est un énorme progrès.

          En résumé, il est difficile de faire mentir un miroir simple, alors qu’une pléthore de vitraux s’agitant en tout sens ne donne pas un vision de la réalité.

          bonne journée,

  17. Higgins

    Que dire de plus? Nous sommes en soviétie française, ne l’oublions pas. Quant à la p(a)resse, elle ne mérite que de disparaître.
    Au sujet de la mainmise de l’état sur notre quotidien, ce fait divers est assez emblématique: http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20121007.FAP9876/le-proces-d-un-creche-clandestine-face-a-la-debrouille-marseillaise-en-matiere-de-places.html
    Le plus drôle de cette affaire, c’est que, comme le souligne l’article « … et les parents, issus d’un milieu plutôt « bobo », exerçant dans l’univers du spectacle ou de l’enseignement, qui ont invoqué la « débrouille », venaient parfois donner un coup de main ou animer un atelier. » C’est une resucée de l’arroseur arrosé. Des personnes réputées appartenir au « peuple » de gauche pris la main dans le sac!!!

    1. Flak

      j’ai ete plus choque par les commentaire des imbeciles au bas des articles trisomiques.Apres tout les journalistes de gauche sont des anes bates, c’est bien connu.La profusion d’imbeciles dans la population de leurs lecteurs est plus alarmante, et surtout les poncifs absolument pitoyables et caricaturaux qu’ils manipulent.

      1. pod

        Non, ils ne sont pas idiots, juste instrumentalisés, clientélisés, culturisés à la sauce étatique. Papa en était, maman aussi et ainsi de suite.
        Ces gens sont capables de scier la branche mais pas de mordre la main nourricière. Et c’est bien ce qu’on attend : qu’elle se tarisse pour que leurs gens montrent les crocs et coupent les têtes qu’ils ont porté au pouvoir depuis 81.
        C’est entre eux que ça se passera; nous, libéraux seront exclus de ce grand soir… tant mieux, qu’ils s’éventrent entre eux, c’est de leur faute et nous ne cautionnons pas leur aveuglement; ainsi le terrain aura brûlé mais sera par conséquent redevenu fertile. Le problème est que, une fois de plus le libéralisme se mettra en marche sur les ruines socialistes et que cela nécessitera plus d’efforts pour redresser nombre de pauvres gens qui auront tout perdu; parmi eux, les fonctionnaires seront légions; il faudra les remettre en route en leur expliquant enfin les bienfaits de la responsabilité individuelle et de l’auto-détermination.

  18. Mélina Lamie

    Excellent article et qui éclaire parfaitement le traitement fait à ce mouvement par cette presse dépassée et totalement à coté de la plaque.
    Le succès « des Pigeons », comme ils le disent eux mêmes, n’est qu’une conséquence au climat mortifère qui règne en France et au mépris dont fait preuve l’état pour leur rôle majeur/vital.
    Pas simple d’expliquer à un socialo-communiste près à en découdre qu’avant de partager des richesses il est nécessaire de les créer. Drôle aussi de les voir tous surpris de l’écoute faite aussi rapidement aux entrepreneurs et à leurs exaspérations. Bien oui les gars, si en commence à couper le robinet, ça va êtes compliqué de financer l’état obèse.
    Quant aux aides de l’état pour les entreprises, que l’on commence donc à tailler dans les dépenses et à simplifier et baisser les charges qui pèsent sur elles, on aura moins besoin de les subventionner. Parce qu’avec les énarques et leur usine à gaz fiscal, tout ce que tu ne payes pas finit toujours par te couter très cher.
    Au final, les entrepreneurs détestent les débats stériles et préfèrent l’action. Je crains que pour toute réponse, ceux qui n’avaient pas encore mis les voiles…ne tardent pas à lever l’ancre.
    Quant à ceux qui restent, pas sur qu’ils continuent encore à se faire plumer si facilement

    1. pod

      Non non : ni dépassés ni à côté de la plaque : ces gens savent parfaitement ce qu’ils font ! Quand aux entrepreneurs, c’est bien simple : ils n’ont pas le temps car le socialisme coûte 10% de pénalités pour le moindre retard. Et dès le lundi, il faut en mettre un coup !

  19. NOURATIN

    Bien vu.
    Dommage que notre soi-disant droite n’ait pas eu les couilles de fermer le robinet. Ces salauds-là ne servent plus à rien,
    pourquoi on les maintient sous perfusion du contribuable?

    1. exiliado

      Mais si ils servent !

      Ils donnent un goût sucré aux pilules amères et nous offrent des repaires sur qu’il est bon et mauvais de penser en société.
      Comment ferait-on autrement ??

      Celà dit, couper le robinet à ceux qui pétrissent l’opinion en sa faveur, (ou pas trop en sa défaveur) c’est pas des couilles qu’il faudrait, c’est une vision, un grand sens du sacrifice et peut être même une armée.

  20. Aristarque

    « et a pourtant réuni(t)-oh, la vilaine faute- près de 60.000 sympathisants »
    J’en suis évidemment et pourtant je n’ai pas de compte Facebook.
    Je ne pense pas être le seul dans ce cas si bien qu’il faut estimer qu’il y a encore nettement plus de sympathisants que celui qu’indique Facebook

    1. Mélina Lamie

      Merci pour cet article édifiant !CQFD Mais je croyais que Hollande/Ayrault avaient parlé d’un choc de compétitivité;)Pas pour tout de suite à priori.

    1. Robert Marchenoir

      « Pour Arnaud Montebourg, le gouvernement « doit aller chercher les secteurs abrités de l’économie, les secteurs qui font beaucoup d’argent sans finalement trop se fatiguer ».

      On croirait entendre Hugo Chavez. Il y a des secteurs qui font beaucoup d’argent sans trop se fatiguer ? Merci de nous donner quelques tuyaux, je suis sûr que cela pourra intéresser pas mal d’investisseurs.

      Parce que en dehors de la haute fonction publique, politiciens et assimilés, je ne vois pas.

    2. Aristarque

      Près de 50% de prélèvements obligatoires et il y aurait encore des secteurs économiques protégés ???
      Des noms!!! des noms!!! des noms!!! que je me reconvertisse fissa!!!

      Il devrait peut-être changer de voiture pour une VW…

    3. zecrocwhite

      Ah, Montebourg! Fallait-il vraiment l’inventer, avant même d’aller le chercher?

      L’intermittence du spectacle doit avoir quelques personnes qui « font beaucoup d’argent sans finalement trop se fatiguer »

  21. Super0

    Alors pendant ce temps, un mammouth se fait piquer une defense aux yeux et à la barbe du monde entier. Mais qui a volé cette defense ?
    A si l afp etait capable d aller au bout des infos pour une fois on ne resterait pas sur notre faim de pachiderme.

  22. Herstal

    On peut imaginer les manifestations géantes issues de cette cyberfarce ; mettons une manifestation par commune (36700 en 2012 cf wiki) soit une marée humaine de 2 personnes. Il doit y avoir plus de roumains devant chaque gare…

    Restons sérieux, payer des impôts c’est bon pour la piétaille ; et vu la note rondelette, on a pas fini de sortir les tondeuses.

    D’ailleurs si j’ai bien compris la manoeuvre, tout ce qui ne sera pas payé, sera liquéfié dans le goulp de l’inflation. Baisse du niveau de vie pour tous inside !

    Donc geonpi ou pas, c’est juste un pas de deux. Bien loin d’états généraux qui seraient bienvenu dans ce régime soit disant démocratique ; mais qui y crois encore ?

    1. Aristarque

      Halte là, Fifou !
      On ne va tout de même pas se préoccuper de commentaires triviaux de la part de la perfide Albion, repaire comme n’importe quel socialiste le sait de son bréviaire, des hyènes ultra-capitalistes et des loups ultra-libéraux du monde entier, à commencer par le bon Mittal Laksmi, suceur du sang de nos sidérurgistes….

  23. scaletrans

    Ah Demorand, je l’entends encore interrompre de sa voix métallique perçante un quelconque fasciste nous rappelant les HLPSDNH interviewé sur France Inter. J’avoue à ma grande honte n’avoir jamais souhaité autant de mal à quelqu’un qu’à cet ignoble personnage. Je me suis confessé depuis, et comme je ne lis pas l’Aberration, je ne risque pas de retomber dans ce grave péché.

  24. paf

    h16 n’a pas mentionne la confusion trisomique et systematique entre riches, patrons et entrepreneurs.
    Les gogochistes nagent dans une caricature pathetique digne de Les Miserables.

  25. Emma

    Excellent billet, cher h16.
    Votre formule de première cyber-jacquerie française est excellente de même que toute votre analyse sur la presse.

  26. jaimepasmonpseudo

    Le CV de l' »entrepreneur » co-signataire sur Libération Benoit Thieulen est priceless :

    « Diplômé de Sciences Po, Benoît Thieulin part en Asie en 1997. À l’ambassade de France à Jakarta, il est en charge des TIC et devient, après la chute de Soeharto, conseiller du ministre des investissements et des entreprises publiques, pour les nouvelles technologies. De retour en France en 2000, il dirige le département multimédia du Service d’information du Gouvernement (SIG). Au lendemain du référendum sur le Traité constitutionnel européen, il est nommé par la Commission européenne directeur du Centre d’information sur l’Europe ; il lance http://www.touteleurope.fr, un portail qui entreprend de tisser et « aménager » la toile européenne. En 2007, Benoît est nommé responsable de la campagne internet de Ségolène Royal pour la présidentielle. Avec son équipe, il pilote les sites de campagne, la veille, les actions des e-militants et l’organisation des débats participatifs : 6 500 réunions, 170 000 contributions postées, qui donnent lieu à la rédaction des Cahiers d’espérance.

    Benoît fonde La Netscouade en juin 2007, avec 4 associés »

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