Quelques peillonnades scolaires pour une éducation encore plus bisou

Cela fait quelques jours maintenant que Peillon est sorti de ses petites lubies sexuello-dégenrées qu’il a eu la présence d’esprit de laisser à Najat Valleau-Belkacem dont le rôle de porte-parole du gouvernement n’occupait manifestement pas tout l’emploi du temps. Peillon, quant à lui, s’occupe donc d’Éducation Nationale, et comme tous ses prédécesseurs qui y avaient fait leurs petits besoins pour marquer leur territoire, le brave Vincent entend faire pareil avec l’une de ces énièmes réformes revigorantes qui vont « remettre l’école au cœur des préoccupations gnagnagna ».

Oui, gnagnagna : il faut lire la prose pénible du Ministre, étalée sur trois longues pages dont on peut entendre le papier gémir « Pipeau ! Pipeauuu ! Piiiipeeaaaaaauuuu ! » sous l’avalanche de phrases indigestes, pour bien comprendre que les cohortes d’enseignants et de personnels éducatifs ne sont pas sortis de l’auberge avec cette nouvelle mouture de purée politicienne navrante.

Pourtant, le constat, renouvelé avec la constance et la régularité d’un coucou suisse, est accablant : le niveau scolaire moyen continue de s’affaisser mollement sur le bas-côté de la route de la servitude que les troupes socialistes tentent pourtant de suivre avec acharnement. D’ailleurs, pas plus tard qu’en début de semaine, le Haut Conseil de l’Éducation (Vous ne saviez pas que ça existait ? Vous n’avez pas reçu le mémo ?) s’inquiétait d’un échec scolaire croissant, façon fort polie d’exprimer la consternation devant le niveau catastrophique que la brochette d’experts qui président ce Haut Comité aura constaté (notez au passage la qualité des membres dont pas un n’est prof en exercice).

On comprend, devant ces atermoiements, que Peillon n’ait pas tardé à riposter avec les canons de 105, à savoir la bonne grosse réforme avec de la loi de programmation et d’orientation qui tache (et qui sanctuarise pour cinq ans les moyens nouveaux pour bâtir l’école de demain gnagnagloria alléluia, ne l’oublions pas). Concrètement, une fois qu’on ventile un peu ces phrases poussiéreuses, cela veut dire que l’institution républicaine va embaucher à tour de bras. Dans un pays en faillite (même plus virtuelle), c’est comique. Je dis ça, parce que si les données disponibles actuellement montrent quelque chose, c’est de façon limpide que ce n’est pas de moyens dont l’Education Nationale manque cruellement.

statistiques sur l'enseignement en EuropeCliquez pour agrandir

Car si l’on peut constater que, certes, les dépenses pour les élèves du primaire en France sont plus faibles que d’autres pays de l’OCDE, le taux d’encadrement est lui très confortable. On est fort loin des 35 élèves par classe, tant dans le primaire que le secondaire. L’absentéisme (dont j’avais déjà parlé) joue un rôle clef pour expliquer le delta assez conséquent entre le taux calculé et le réel. Mais tant que ceux qui sont effectivement sur le terrain acceptent d’être ainsi moins payés pour que d’autres n’y soient pas, les classes seront toujours aussi bondées et les salaires … toujours aussi médiocres (notoirement plus faibles qu’en Allemagne, par exemple). La différence salariale est encore plus acide lorsqu’on regarde le nombre d’heures prestées — jolies barres mauves — en regard des salaires distribués — les barres oranges — (26€ de l’heure contre 57 en Allemagne) ce qui place gentiment nos instituteurs dans une case mitoyenne des stagiaires en office beverages & staples management.

Et en plus de ce niveau général qui plonge, de l’ambiance générale de foutoir qui filtre dès qu’on lit les lourdes peillonnades épistolaires, et des salaires rikikis, l’étude des performances de l’Éducation Nationale en termes d’impact sur la société laissent pantois. Tout indique que l’institution républicaine n’est plus capable que de reproduire fidèlement les classes sociales de la société française, sans la moindre innovation, sans mobilité. De plus, on serait en droit de demander à ce qu’elle permette, au moins, de donner à ses clients élèves quelques clefs indispensables pour décrocher un emploi ou parvenir à créer le leur.

Or, les statistiques INSEE ne laissent guère de doute : plus on reste longtemps au chaud dans le cursus scolaire, moins on est autonome, moins on est capable de créer sa propre entreprise. En substance, l’université forme des universitaires et les grandes écoles forment de grands écoliers prêts à trouver une place confortable dans une grande entreprise. L’esprit d’aventure, la prise de risque aura été consciencieusement étouffée au fur et à mesure d’un parcours scolaire duquel toute velléité d’individualisme et de différenciation auront été gommés.

Profil des créateurs d'entreprise

Peillon, comme les autres bricoleurs du dimanche qui le précédèrent et s’empressèrent de réformer à la pelleteuse mécanique, froufroute et s’agite pour ajouter son lot de marques indispensables, sa kyrielle de circulaires encombrantes et ses nouveaux programmes pleins de refondation pédagogique baveuse dont l’évident mérite sera de porter son nom et laisser ainsi une trace à la postérité. Les élèves qui subiront cette nouvelle avalanche de changements dilatoires ne s’en porteront certainement pas mieux. En effet, ne reculant devant aucun sacrifice des autres, les nuées de pédagolos ont réussi à introduire toujours plus de matières amusantes pour l’édification de l’élève dont la capacité de raisonnement, sans cesse amoindrie par de nouvelles activités intempestives à besoin de concentration méticuleusement dosé, tend rapidement vers zéro.

Transformé en gerbille épileptique du savoir mousseux, le frétillant apprenant touche à tout, tripote des mathématiques, bricole du français, bidouille de l’histoire, traficote de la géographie, tâtouille des sciences, tente les découvertes vertes, expérimente la poterie, le macramé ou le yoga, et devient un gros cador qui pwned tout le monde à Call Of Duty mais ne sait pas faire une division euclidienne et l’écrit « divizion euklidiène ». Le bourrage de crâne est saisissant ; les élèves ne sont plus formés à rien, ils ne font plus que gober, religieusement, la purée qu’on leur fournit. Pas étonnant, du reste, que les campagnes dégoulinantes de niaiserie agressive comme celle sur le mangibougisme et autres trucs idiots marchent aussi bien. D’un autre côté, il faut bien comprendre qu’un peuple non éduqué est certainement plus facile à manipuler, et il n’y a même pas besoin d’ourdir un complot pour comprendre que la sociale-démocrassie tend naturellement vers ce résultat à mesure que le confort douillet, acheté à crédit, s’installe dans les esprits : comme on te répète qu’on te doit un téton nourricier, puis un job sympa, un logement cossu, un repas roboratif, puis un cercueil capitonné, tu finis par le croire, et la quantité d’effort pour les obtenir diminue jusqu’à nullité.

C’est d’ailleurs le constat dressé par Marion (le prénom n’a pas été changé), une de mes lectrices, professeur de philosophie en terminale, qui explique :

« Je n’ai pas besoin de moyens supplémentaires. J’ai surtout besoin d’avoir des élèves capables de capter ce que je raconte, en fait, et pas d’élèves qui m’écrivent : « Quand tu doutes, c’est que t’es certain. » »

Mais le plus préoccupant, dans le véritable troll qu’à ainsi lancé un Peillon en pleine déroute mentale, c’est que bien rares et timides sont les tentatives de prise en compte des tendances d’avenir et du véritable tsunami qui pointe à l’horizon de l’éducation. En effet, pendant que le ministre et sa batterie de conseillers pédagogiques font avancer l’EdNat et les petits scolonautes festifs sur la pente glissante d’un edutainment toujours plus creux, le reste du monde prend conscience qu’avec les nouvelles technologies, la façon même d’enseigner est profondément bouleversée. Pour donner le change, Peillon propose bien d’assouplir l’obligation scolaire dans certains cas précis afin de laisser la porte ouverte à un enseignement numérique et à distance. Rassurez-vous : le contrôle du contenu sera toujours laissé à la charge de l’institution séculaire qui vérifiera qu’on a bien fait son quota de découpages, de collages de gommettes colorées, de poterie, de visites de musée, d’activités théâtrales, d’expression corporelle, de jardinage, de chaudronnerie pour filles et de couture pour gars (dégenrage oblige). Mais à part ça, le recentrage de l’école sur ses missions essentielles, l’apprentissage de bases solides, on n’en parle pas.

Le reste du monde, lui, se contentera des cours de Harvard en ligne, ceux du MIT, de la Khan Academy (qui se développe à présent en Français), et des expériences de Sugata Mitra dont j’avais déjà parlé ici et dont je remets la vidéo ci-dessous parce qu’elle est fun :

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Commentaires100

  1. infraniouzes

    Le but de Peillon nest pas de former des têtes bien faites – ou au mieux bien pleines – mais de recruter de gros bataillons d’électeurs du PS. Tout le monde le sait, mais personne n’ose le dire sur les plateaux TV ou ailleurs. Le but ultime c’est… 51 %. La majorité, même infime, à n’importe quelle élection. Comme nous sommes des démocrates nous nous inclinons bêtement et les « gagnants » hurlent de rire dans la coulisse, se tapent sur les cuisses et vont fêter ça dans leur brasserie favorite. Donc, une bonne louche de fonctionnaires, une pincée d’émigrés fraichement naturalisés, quelques intellectuels perdus et en mal de reconnaissance, une armée de glandus qui n’ont rien compris au système électoral et… hop, passez muscade. Et si ça ne suffit pas, on va donner le droit de vote aux émigrés en transit. Avec ça, ça devrait le faire… pour longtemps.

  2. cyril

    Archi d’accord avec tout, sauf l’interprétation des jolies barres de création d’entreprise. Si je ne remets pas en doute le fait que la longueur du cursus scolaire est inversement proportionnelle à l’envie de se faire caillasser par les services fiscaux et le RSI, je pense tout de même que certaines classes de population n’ont d’autres choix que de créer leur boite, tant le taux d’embauche pour ces mêmes classes doit être misérable. De là, la kyrielle d’auto-entrepreneurs sympas. Il faudrait aussi calculer la pérénnité desdites boites en fonction du cursus scolaire pour se faire un avis…

    1. Les auto-entrepreneurs sont sont séparés dans les données du tableau, donc la remarque ne tient pas. Quant à la pérennité, elle n’indique pas grand chose : un type peut très bien faire trois sociétés coup sur coup, se planter à chaque fois, puis en faire une quatrième et réussir… Ce que le graphique montre est exclusivement ce qui en est dit : moins on est allé à l’école, plus on crée de boîte. Et l’interprétation (l’EdNat étouffe la créativité) est visible dans le fait que justement, faire sa boîte représente un risque moindre quand on a un cursus plus long, mais c’est surtout moins rentable que de se salarier.

      1. Crucol

        Si je peux me permettre, Plus le temps passé à étudier est long, plus on a de chances de se faire des « amis » bien placés, par l’intermédiaire de stages ou de collègues de promotion.

        On peut aussi ajouter que l’on devient meilleur pour passer les concours d’entrée dans la fonction publique, qui comme chacun sait est l’alpha et l’oméga de l’EdNat.

    2. gem

      +1.
      Tu t’es planté, H.

      Ce graphique montre la proportion de tel type de profil scolaire parmi les entrepreneurs (le total des barres de même couleur fait 100, j’ai vérifié). Or cette proportion est évidemment dépendante de la population concerné en nombre absolu. Pour prendre un exemple : si pour avoir 100 entrepreneurs (composée de 60 bac et -, et 40 + que le bac) il faut une population de 1000 : si cette population de 1000 est composée de 400 bac et – et 600 +que le bac, le niveau d’étude s’oppose à la création ; alors que si la population est composée de 800 bac et – et 200 +que le bac, alors le niveau d’étude est corrélé positivement à la création

      Pour conclure sur la créativité des profils scolaires, il faut le graphique réciproque, celui de la proportion de créateur d’entreprises dans chaque profil scolaire.

        1. Simon

          Donc s’il y a 2x ou 3x moins de hauts diplomés que de faibles diplomés (et à priori ça doit être le cas, voire plus), on obtient le résultat inverse de tes arguments.

          « Or, les statistiques INSEE ne laissent guère de doute : plus on reste longtemps au chaud dans le cursus scolaire, moins on est autonome, moins on est capable de créer sa propre entreprise. »

          Les chiffres ne montrent pas cela, et je ne pense pas que ce soit vrai.

          S’il est vrai que notre beau système tue une bonne part de l’esprit d’autonomie et d’entreprise, il ne faut pas oublier que les personnes faisant de hautes études :
          - sont aussi pour une large part les plus brillantes et donc susceptibles de créer leur entreprise,
          - connaissent mieux le système et sont donc plus à même de créer une entreprise.

      1. Simon

        +1

        Ce dont tu parles H16 c’est la proportion d’entrepreneurs par niveau d’enseignement.

        Là c’est manifestement la proportion de personnes d’un certain niveau d’enseignement par type de création d’entreprise.

        Par exemple la première barre bleu veut dire que 17% des créateurs en 2012 étaient des personnes avec le brevet.

        Donc ce graph ne veut rien dire vu qu’on a pas les proportions de chaque population de niveau d’enseignement …

  3. PapyPihi

    Sans oublier l’excellent Coursera, fait par des professeurs de Stanford, et dont une bonne dizaine d’universites proposent au total plus d’une centaine de cours differents gratuitement.

  4. Josselin

    J’entends bien que la population s’abrutit et je déplore ce constat, étant un fervent défenseur de la langue française (je ne vais pas jusqu’à dire des expressions oubliées, mais plutôt de l’orthographe/grammaire/conjugaison).
    Etant de la dernière génération qui a reçu des coups de règle et a vu des brosses voler à travers une salle de classe, je ne peux qu’être reconnaissant envers ces maîtres (aujourd’hui professeurs des écoles, après être passés par la case instituteurs sans gagner 20000 francs)/professeurs de collège, même si à l’époque je ne l’entendais pas de cette oreille.

    Cependant, cette époque étant révolue, je me suis demandé sans trouver de réponse, donc je vous demande : quelles pourraient être les réformes à adopter pour améliorer les résultats de nos chers chérubins ?

    1. - Autonomie complète des établissements (programme, budget, recrutement, sélection ou pas à l’entrée)
      - Libéralisation totale du marché : n’importe qui peut ouvrir une école.
      - Retour aux fondamentaux : français, math, histoire, géographie, sciences de base et rien d’autre. Fini tout le fatras culturello-bordélique de poterie et de bricolage qu’on trouve partout.

      1. Josselin

        Il me semble que le problème est aussi un problème de société. L’évolution de notre société a fait que les professeurs sont brimés par les parents eux-mêmes, que les enfants sont devenus enfants-rois et qu’il ne faut surtout pas toucher à leur belle tronche mignonette sous peine d’avoir de sérieux problèmes juridiques.

        Donc réformer le marché et les matières enseignées, à mon sens n’est pas suffisant (bien qu’évidemment nécessaire, on reste d’accord). C’est le problème de société auquel je n’ai pas trouvé de solution.

        1. gem

          Si, c’est suffisant. Les parents et les enseignants « modèle 69″ (par rapport à la vignette en lien) existent encore, et demandent une école qui fonctionne, et l’autonomie des établissements leur permettra de la faire fonctionner. Quant aux parents « modèle 2009″, ils auront aussi l’école qu’ils demandent. Les résultats ne seront juste pas les mêmes…

        2. Elphyr

          La solution à ce proble est relativement simple : plus de pouvoirs aux enseignants. Laissez-les faire leur boulot et si leur boulot consiste à apprendre la vie à trois ou quatre garnements bah tant mieux.

          Et si les parents ne sont pas contents, ils vont voir le directeur. Si le directeur estime que le professeur a eu raison (il faut un minimum de bon sens et donc pas un communiste…), il donne le choix aux parents : restez ou dégagez.

          Alors la réponse à ce que je viens de dire est évidente : « mais voyons tu es fou, un élève c’est avant tout des crédits pour l’établissement, on ne peut pas le jeter comme ca ». C’est cette logique que j’abhorre, car après l’enfant roi, il y a l’élève client. Et il y a deux réactions : soit tu es une école solide et réputée et la perte d’un élève n’aura aucune conséquence ; soit tu es une petite école qui galère un peu et tu as besoin de cet élève comme tous les autres et donc tu plies aux désirs des élèves/parents.

          D’où donner plus de pouvoir aux enseignants. Pas des pouvoirs juridiques, pas plus de moyens. Juste leur donner autorité suprême dans leur établissement. Ne pas faire de l’école un service comme un autre dépendant de sa clientèle d’année en année corrompue par une société bien trop laxiste.

          Comprenez-moi, je ne suis pas du tout conservateur (j’ai même cru comprendre que libéral de gauche signifiait « libéral progressiste » contrairement à la droite conservatrice) et je n’ai pas vécu les coups de doigts sur les règles (ou l’inverse !), mais au-moins à l’époque ca avait le mérite de fonctionner.
          Des systêmes comme ceux de l’école de Tersac (pas sûr du nom… c’était un reportage à la sauce TF1/M6, les internats débilement strictes en somme) sont pour moi les pires possibles, dominés par une bande de connards élitistes (je n’aime pas les coco, les keynesiens ou le FN, mais cette engeance est juste mille fois plus détestable et je ne trouve pas d’autre mot) qui inhibent les jeunes et se font un paquet de thune grâce à un overreacting légendaire de la part de parents plein aux as et un peu cons.

          Bref, un intervenant de ce blog résumait la situation dans un autre article de Peillonaderies par ceci (en gros) : l’EdNat a évolué, c’est bien, tester de nouveaux modèles est une bonne chose ; mais si cette évolution conduit à une régression et non à un progrès alors vite il faut faire marche arrière !
          Or, en France, on n’a toujours pas fait marche arrière. On n’y a même pas pensé.

        3. Josselin

          @gem : Il n’en reste pas moins que la société étant ce qu’elle est devenue, beaucoup de parents choisiront le modèle « 2009″ au lieu du modèle « 1969″, et même si on aura quelques écoles qui instruiront correctement les élèves, le pourcentage d’illettrés continuera d’augmenter. Ca ne résout pas le problème, ça ne fait que marquer les différences entre les parents qui ont du bon sens et les autres.

          @Elphyr : Pour en arriver à donner ou redonner plus de pouvoirs aux enseignants, il faut arriver à réformer la société elle-même. Et il me semble que c’est loin d’être la direction choisie par nos gouvernants.

        4. PF

          Je crois que les parents sont toujours les mêmes. Je ne suis pas sur qu il y ait plus d enfants rois qu avant. On a juste donné la possibilité, à ces parents qui préfèrent rejeter leur responsabilité sur les autres, d apparaitre moins minables qu il ne le sont vraiment. Au lieu de considérer leur éducation comme un échec et les pousser à s améliorer, on les considère comme des victimes.

        5. gem

          @Josselin.
          Je pense que les gens en général reconnaissent ce qui marche même quand ça s’oppose à ce qu’ils pensent. Qui ne connait pas Tartempion, militant PS, bouffeur de curé, enseignant du public … qui finalement a mis son gamin à l’école catho du coin parce que c’était la seule solution potable ? Il l’a fait la mort dans l’âme, fou de rage si jamais on évoque le sujet devant lui, certes, mais il l’a fait, toute honte bue. L’école modèle 2009 n’existe que parce que c’est la seule (quasiment) que le mammouth a mis sur le marché, et l’école modèle 1996 n’a disparu que sur instruction ministérielle. Supprime les ordres d’en haut et le bon sens reprendra ses droits.

        6. eheime

          « soit tu es une petite école qui galère un peu et tu as besoin de cet élève comme tous les autres et donc tu plies aux désirs des élèves/parents. »

          > c’est vrai que la limite c’est l’intelligence des parents. Gageons toutefois que les parents choisiront les écoles en fonction de leur réputation/réussite et se plieront à leur exigence.

          Mais bien sur il y aura les 5% de parents débiles qui mettront leurs enfants dans l’école ad hoc et ce serait un probleme.

          Mais bon serait-ce tellement pire qu’aujourd’hui ? Ce n’est meme pas certain.
          Et les services sociaux chargés de veiller à l’enfance pourraient avoir le pouvoir de forcer les parents à choisir entre telle et telle école dans l’intéret de l’enfant, voire à choisir pour eux s’ils ne le font pas si manifestement l’école choisie est nulle de chez nulle.

        7. gem

          @Josselin
          *) le privé est quasiment intégralement sous contrat, donc soumis aux diktats pédogogols de la rue de Varenne. Il s’en sort mieux que le public, c’est vrai, mais pas encore aussi bien qu’il le pourrait sans cette camisole
          *) il y a un truc qui empêche les parents de mettre leurs enfants dans le privé : le manque de places. Car c’est le ministère qui décide des ouvertures de classes privés. Si l’enseignement était libre c’est le privé qui occuperait 90% du marché, le public serait réduit aux établissements prestigieux

        8. Mominette

          Toput cela vient de la confusion « école pour tous » et « école pour n’importe qui ».

          J’en connais une où, à l’inscription, les parents doivent prendre connéaissance de la charte, qui décrit les grands principes intangibles, admet que les parents peuvent s’entretenir avec le corps enseignant, mais uniquement sur rendez-vous et hors de la présence de l’élève, et donne le tarif détaillé des sanctions. Pas d’inscription si les parents ne signent pas.Bizarre, une école où tout roule parfaitement.

          Pour les écoles, d’accord : un chèque enseignement pour chaque élève, valable dans toute la France, et autonomie totale des écoles, publiques ou privées, aussi bien dans l’entretien des bâtiments que dans le choix des profs, etc.

      2. eheime

        Ok pour l’autonomie et la libéralisation.

        Je pense aussi qu’un socle fondamentale est necessaire et il pourrait être la contrepartie d’un « chèque scolarité » ( égal à ce que coute l’éducation nationale par élève actuellement) qui permettrait à chaque élève/parents de choisir son école librement sans contrainte de sectorisation et en fonction de ses besoins personnels (difficultés en français, education deja avancée, intello, sportifs, ..).

        Je trouve qu’il serait bon d’ajouter des matières optionnelles choisies par l’élève selon ses centres d’intérêts de telle sorte qu’il puisse découvrir de nouveaux horizons, comprendre tôt que telle matière le passionne et que telle autre en définitive n’est pas si intéressante qu’il le pensait. Ces matières pourraient en plus être en relation avec les besoins de la région (viticulture dans le sud ouest, aviation pres de toulouse, etc ..).
        Certaines écoles choisiraient cependant de renforcer le socle fondamental.
        Ici chaque école ferait sa sauce et les eleves/parents choisiraient en fonction

      3. ODE

        Bonjour, il y a une association qui actuellement s’emploie très exactement à mettre en place les réformes que vous suggérez. Elle s’appelle la Fondation pour l’Ecole, elle est dirigée par une Normalienne agrégée (eh oui), et mérite d’être connue et soutenue. Notamment, la Fondation:
        - aide les parents qui le souhaitent à créer leur école (dédales administratifs, recrutements, programmes), sans obligation de pédagogie ou de confession: beaucoup d’écoles créées sont catholiques, mais beaucoup aussi sont laïques; beaucoup mettent en oeuvre la pédagogie Montessori, etc: liberté.
        - permet aux parents de trouver l’école indépendante la plus proche de chez eux (www.fondationpourlecole.org)
        - intervient dans les media et administrations pour promouvoir son idée de l’enseignement et publie le « Bulletin de la Fondation », 8 pages très intéressantes dont je me ferai un plaisir de vous procurer un scan si cela vous intéresse.
        - s’appuie sur la connaissance des exemples étrangers pour faire des propositions cohérentes et claires, comme le chèque scolaire par exemple
        - défend l’élitisme pour que tous soient tirés vers le haut en lieu et place du nivellement par le bas
        - organise chaque année un concours de langue et d’expression françaises pour des élèves de CM1 ou CM2, avec de très beaux résultats
        - a fondé un ILFM (institut libre de formation des maîtres) qui forme une centaine d’instituteurs libres par an, avec des méthodes éprouvées, du sérieux et de la rigueur

        Bref… La Fondation pour l’école, c’est l’avenir de l’école. (et comme quoi, on peut sortir de l’ENS et être entrepreneur, cf votre plus récent billet!)

        S’il y a une association de bien être public à soutenir, à mon avis c’est celle-ci.

      4. Florian

        « - Retour aux fondamentaux : français, math, histoire, géographie, sciences de base et rien d’autre. Fini tout le fatras culturello-bordélique de poterie et de bricolage qu’on trouve partout. »

        Et l’Anglais ? Vu le niveau générale des Français en langue…
        Je rajouterais de l’éducation physique quand même… pour pas avoir une tonne de jeunes en mauvaise forme…

        Concernant l’histoire, tout dépends comment elle est traité…

      5. kiwala

        Je suis maman d’élève « en grande difficulté », traduire : qui ne lit toujours pas couramment en 5e… après n’avoir quasi rien appris au primaire, sauf les migrations de populations sub-sahariennes sans avoir jamais appris où est le Sahara, la vie des enfants des rues de Bogota qui sniffent à qui mieux mieux sur les photos et l’évolution de la place des femmes au cours de la Première Guerre mondiale, question que se posaient une majorité de gosses de 10 ans en 2010.
        Ah oui ! J’oubliais : il a aussi « appris » les « différents niveaux de langage » (pour moi, dans mon enfance, c’était vite vu : si je parlais à mes parents comme je parlais dans la cour de récré, les niveaux de langage, on me les rappelait promptement, pas besoin d’école pour en prendre conscience !), et aussi le machin illocutoire, dont seuls nos enfants du primaire auront jamais entendu parler : je demande un sondage national…
        Mais de sujet, verbe et complément, point, de pronom relatif ou d’adjectif possesssif, encore moins, de division avant le CM 1 pas davantage, quant à l’histoire racontée comme une histoire, parce que, petit, on aime les histoires, ou la géographie physique qui vous permet de mettre des noms sur le paysage autour de votre maison, bien sûr, point : trop ringard !

        Aussi… je rêverais que vous deveniez ministre de l’Education nationale !!!!!!!

        Parce que, pour le moment, on s’occupe d’une foule de « victimes », sauf des plus innocentes qui soient : les enfants du primaire, à l’avenir massacré… et qu’on finira par découvrir « violents », mais de qui se moque-t-on ?

        Je suis effarée, moi, de l’immonde violence qui leur est imposée… 5 ans de prétendue « école primaire » où on se traîne sans joie, sans plaisir et sans curiosité, pour se découvrir, « collégien » n’en ayant que le nom, « nul »… quelle honte pour notre école primaire ! 40% de « nuls » : soit l’humanité a beaucoup régressé, soit c’est notre école primaire qui leurre les parents !

    2. monoi

      Les anglais sont en train d’expérimenter dans ce sens avec les academys, école publique devenant autonome en tout, et les free schools, école créées par des parents, ouvertes à tous sans conditions mais dont l’éthique, le programme, etc… sont définis par ces mêmes parents.

      Évidemment, il y a une opposition gigantesque de la part des syndicats mais ça avance et les 1ères écoles ont ouvert cette année.

      L’idée est de donner un vrai choix aux parents, et de forcer les écoles en général à élever leur jeu. Le financement suit l’élève.

      HS, mais H16, avez vous vu que les anglais ont aujourd’hui finalement approuvé l’extraction du gaz de schistes après l’histoire de tremblements de terre il y a 18 mois. Avec les écoles, c’est peut être la meilleure décision de ce gouvernement de minables.

      1. miniTAX

        monoi : « avez vous vu que les anglais ont aujourd’hui finalement approuvé l’extraction du gaz de schistes après l’histoire de tremblements de terre il y a 18 mois »
        —————————–
        Les Anglais ont approuvé « l’exploration », pas « l’exploitation » du gaz de schiste, c’est bon à préciser.

  5. kelevra

    Enseigner est donc éduquer, mais éduquer n’est pas forcément enseigner. Il est du devoir des parents d’éduquer leurs enfants et de l’enseignant d’instruire.

    tant que on appellera ca l’education nationale et non l instruction nationale, nous aurons les resultats que l on connait.

    1. infraniouzes

      Il fut un temps, avant le Front populaire, on appelait ça l’ Instruction publique. Ça marchait foutrement mieux qu’aujourd’hui. Mais ce n’était pas un nid de scorpions formatés au marxisme et au maoïsme 68′.

  6. Daniel

    Je suis actuellement jeune diplômé depuis maintenant un an passé, j’ai suivi un BTS puis une licence professionnelle d’un an. J’ai choisi ce cursus plutôt qu’un Bac S nécessitant sans doute une surenchère d’étude du genre école d’ingénieur pour pouvoir enfin proposer mon CV à une entreprise.

    Dans celle-ci j’évolue et vois passer des dizaine de candidatures. Des Ingénieurs fraîchement diplômés y sont testés pour rejoindre nos rangs, mais ceux-ci ont obtenu cette chance uniquement grâce au fameux « Crédit Impôt Recherche ». Malheureusement, mon entreprise n’y voit qu’une façon de trouver une personne capable de blablater pour fournir un dossier vide de sens réel mais paraissant complexe à l’œil de la personne qui validera ce dossier et n’ayant pas la moindre connaissance dans le domaine.

    J’ai pu m’apercevoir que le peu de personne retenues, même étant diplômées d’un Bac+X largement supérieur au mien sont rarement capables de se rappeler de la base de leur scolarité. je suis loin, très loin d’être l’élève modèle révisant ses cours tous les soirs et capable de tenir un discours long et somnolant, mais j’ai toujours tenu à comprendre mes cours.

    J’ai eu la chance d’avoir des professeurs connaissant leur matière et sachant l’expliquer et non la narrer comme un politocard. Aujourd’hui avec mon Bac+2.5 (oui la licence n’est pas reconnu par tout le monde évidemment…), j’apprends une nuée de bases de notre métier à des ingénieurs qui soit disant devraient remonter le niveau de l’entreprise.

    J’entends souvent des « les jeunes d’aujourd’hui ne valent plus rien », « un diplôme avant, ça valait quelque-chose ».
    Aujourd’hui, une amie à moi va passer son agrégation dans le but de devenir Professeur de mathématique, aucun cours pédagogique ne lui ai enseigné. Ses évaluations? Narrer un cours le plus complet possible devant un jury, sans la moindre note concernant sa façon de s’y prendre, son seul but? connaître sa leçon par cœur, sans avoir de but concret.

    Mon avis? Rien ne sert de multiplier nos armes, si nous nous battons avec des pistolets à eau. Commençons par donner une raison d’apprendre au lieu de gaver le canard de leçons vides de sens pour ensuite le lâcher dans la nature et le mettre face à une évidence –> « Chômage des jeunes : les politiciens en roue libre ».

    1. Crucol

      Bonjour,

      je rebondis, étant moi-même jeune ingénieur, je suis complètement effaré par le niveau et le manque de bon sens de nombre toujours plus important d’ingénieur. Dans mon service, on en vient à parler de vrai/faux ou de bon/mauvais ingénieur, pour séparer le bon grain de l’ivraie.

      Je remarque aussi une évolution étymologique notable, un grand nombre d’ingénieurs d’aujourd’hui, n’ont d’ingénieur que le nom. A l’image des anciens balayeurs renommés techniciens de surface, vidant le mot technicien de son sens, ces faux-ingénieurs vident le mot ingénieur de son sens. Au point que je prévois que l’on renommera bientôt le technicien de surface, en ingénieur espace 2D – horizontal, pour continuer dans la Novlangue.

      bonne journée,

      Crucol

      1. peste et coryza

        Tu m’étonnes…

        Les profils diffèrent grandement entre :
        - les ingés des universités, formés aux sciences (les anciens DESS et DEA)
        - les ingés des écoles, formés à la gestion des couts et au management.
        - ceux issus de filières techniques
        - ceux issus de filières générales
        - ceux des grandes écoles genre ENS
        - les disciplines maitrisées, genre l’instrumentation
        - les compétences transversales
        - le réseau

        Cela en fait des ingénieurs, de niveau et de compétences très divers.

        @H16

        Les seuls cours que j’ai pu voir pour la création d’entreprise sont des séminaires… en thèse, de 3 jours… je vais quand même les faire, mais quelle misère…
        L’enseignement du management, de la gestion des couts et de l’entreprise est désolante en université.
        Sinon, il y a des forums genre doctoriales (qui ont l’air très bien soit dit en passant, du moins si votre directeur vous laisse y aller).

        Se faire du réseau, c’est bien en école d’ingé, mais pas à la fac, où on apprend plutôt à être humble…
        Sans compter que l’absence de sélection ne permet pas de former de bonnes camaraderies, et que la poisse pour trouver un boulot empêche votre réseau de potes de fac de vous aider, puisqu’ils sont eux même en galère.

        1. Mominette

          Je me souviens avec délices d’un séminaire que j’ai donné à de futurs créateurs d’entreprises qui partaient en stage au Canada.

          Organisé par une hydre gouvernementale quelconque, on m’avait fourgué un genre de surveillant doctrinalement engagé …

          Un moment, je dis à mon auditoire : « ne perdez jamais de vue que le premier devoir d’une entreprise est de gagner de l’argent » …

          Mon gestapiste bondit hors de sa torpeur, et bafouille : « pourquoi gagner de l’argent, ce qui compte, c’est de créer de l’emploi ».

          Avec un beau sourire, je lui ai fait remarquer que pas un emploi ne pouvait précéder les moyens de le rétribuer :-)

          La salle, sympa a éclaté de rire : nous étions sur la même longueur d’ondes :-)

  7. gem

    L’instruction ne sert plus à rien de toute façon. Je savais manipuler un Hamiltonien, mais l’outil mathématique le plus élaboré que j’utilise c’est la règle de trois. Comme Daniel l’exprime, il faut savoir remplir des dossiers qui présentent bien, et c’est tout.

    Ce pays est foutu et je vais exfiltrer mes enfants, en commençant par leur faire faire des études à l’étranger, où ils pourront s’installer.

  8. Before

    Sans rapport direct avec le sujet, mais pour illustrer le passage :
    « la sociale-démocrassie tend naturellement vers ce résultat à mesure que le confort douillet, acheté à crédit, s’installe dans les esprits : comme on te répète qu’on te doit un téton nourricier, puis un job sympa, un logement cossu, un repas roborratif, puis un cercueil capitonné, tu finis par le croire, et la quantité d’effort pour les obtenir diminue jusqu’à nullité.  »

    http://poitou-charentes.france3.fr/2012/12/10/escalade-le-mur-de-la-polemique-niort-161827.html

    Il y a tout dans cet exemple : l’équipement sportif utilisé par quelques uns mais payé par tous, la société d’économie mixte qui se prend le mur de la réalité dans la gueule, la complainte de l’usager sur le mode « les autres y ont droit alors moi aussi »…
    Et personne pour se demander s’il est bien normal qu’un mur d’escalade utilisé par quelques centaines de personnes soit payé par la collectivité entière (à mon sens, ça vaut aussi pour les autres équipements, mais on n’est pas dans le même volume d’utilisateurs pour un gymnase une piscine ou un stade).

  9. max

    En France, ce qui compte c’est le classement du diplôme et le cirage de bottes pas ce que le diplômé produit concrètement, ce qui est tout de même assez facile à évaluer dans le cas d’un métier technico-scientique.

    Il n’y a aucune reconnaissance des résultats. Un exemple, 3 mois après mon arrivée dans une boite, je conçois une méthode de test de produits qui me permet de découvrir qu’ils ont un gros bug que je signale. On me dit a bon, boh pas grave. J’insiste pas. 3 mois plus tard des clients US relèvent le même problème et annulent les commandes. Alors là grosses sueurs froides du DG. Je propose une solution, on me dit, bah ça marchera pas. Je réponds testons. Quelques mois plus tard d’essais, ma solution est un succès complet. Récompense, un avertissement écrit parce que la présentation des résultats finaux n’était pas comme l’aurait faite le directeur du site à qui j’ai répondu qu’il était ridicule. A ce moment, je me suis dit, ras le bol de la France. Car de la connerie en barre, j’en avais vu ailleurs avant. Faut pas trop s’étonner qu’avec des dirigeants pareils les boites se prennent les pieds dans le tapis.

    1. peste et coryza

      Pourquoi est ce qu’il y aurait une ?

      Tu n’as pas assez ciré les bottes de ton DG, voilà tout…

      La France forme 10000 docteurs et 30000 ingénieurs par an, toutes disciplines confondues. Ne parlons même pas des techniciens.
      Cela fait beaucoup de juniors à essorer…

      J’ai entendu parler d’un jeune ingé dans ce cas. Son dirlo lui a juste piqué ses résultats pour le mettre dans sa présentation, sans le prévenir ni le remercier, et en plus l’a pourri.
      Résultat : le mec finit pas son stage, 1 an de chomdu, reconversion en tant que prof des écoles.

      Pour revenir sur l’éducNaze, regardez bien les concours :

      - Prof des écoles : le concours fait le plein. Le fait qu’on reste dans l’académie où on passe le concours aide beaucoup.
      - CAPES : dur de recruter, peu de candidats, souvent peu motivés
      - Aggreg : pas de problèmes de recrutement, malgré le concours très dur.

      Les gens qui passent les capet sont souvent des ingénieurs déclassés. Pourquoi ? parce que personne n’a envie d’enseigner au collège, ni dans certains lycée techno de la région parisienne.
      Cela joue aussi… personne n’a envie de supporter les wesh pour 1700 nets par mois.

  10. Acrithène

    Attention h16, votre statistique sur la création d’entreprise et le diplôme est très très biaisée, et très probablement fausse.

    Les gens peu qualifiés ont un coût d’opportunité beaucoup plus faible à créer une entreprise. Ils n’en créent pas davantage parce qu’ils sont de meilleurs entrepreneurs, mais parce que cela ne les fait pas renoncer à un bon salaire.

    La création d’entreprise est assez liée aux opportunités d’emplois.

    De plus, il faudrait corriger sur le taux de survie et la réussite des entreprises en question. Dans votre graphique, une entreprise de ramassage de feuilles qui va vivre 2 mois compte autant qu’un labo pharma.

    D’ailleurs, on voit assez bien sur le graphique que la dégradation du marché du travail pour les « hauts diplômés » les ont déversé du salariat vers l’entrepreneuriat entre 2006 et 2010.

    Vous confondez renoncer à son confort, et ne pas en avoir.

  11. Acrithène

    Et puis le graphique ne corrige pas par la taille des différentes populations. La part des gens ayant un master dans la population française est bien en dessous de 17%. Cela laisse donc apparaître une représentation de ce groupe.

    N’oubliez pas P(A|B)=P(A inter B)/P(B) !!!

  12. pb

    Les socialistes font n’importe quoi avec le système scolaire, c’est vrai.
    Et comme les bloggeurs de droite proposent des solutions qui n’en sont pas (*) à de faux problèmes (**), personne ne répare les erreurs commises lors de leurs mandats.

    (*) le seul marché appliqué à l’enseignement, alors que comme d’autres l’ont remarqué l’évolution des mentalités est en partie responsable de la dégradation du système éducatif.
    (**) les coûts par élève, qui se compensent entre primaire et secondaire ; la création d’entreprise, comme si on pouvait comparer une entreprise de plomberie ou de distribution avec une PME/PMI innovante à plusieurs salariés.

    1. Brice

      Ça tombe bien, le blogueur h16 n’est pas de droite mais libéral.

      Maintenant que les questions d’étiquette sont écartées, pouvez-vous nous préciser ce qu’est l’ »évolution des mentalités » et pourquoi on ne peut pas s’interroger sur le « coût par élève » ?

      1. miniTAX

        « pouvez-vous nous préciser ce qu’est l’ »évolution des mentalités » »
        ——————————
        Bah c’est la même « évolution des mentalités » qui donnent de meilleurs foies gras et de meilleures bagnoles. Mais bizarrement, de pires élèves.
        Va comprendre Charles…

  13. Jules

    Je suis tombé sur un débat entre 2 professeurs concernant la semaine de 4 ou 5 jours pour nos chères têtes blondes.
    N’ayant personnellement pas d’avis sur la question, je n’ai fait qu’écouter … jusqu’au moment où ces 2 personnes sont tombé d’accord sur le fait que cette 5eme journée d’école doit être le samedi.
    Je suis intervenu en expliquant qu’il était beaucoup plus logique de la mettre le mercredi, car lorsque les 2 parents travaillent, ça évite d’avoir à gérer un mode de garde le mercredi et que ça permet de passer plus de temps avec ses enfants le week-end pour leur éducation, les activités « extra scolaire » etc …
    Réponse enflammé : « Ah non, c’est hors de question, on a besoin du mercredi pour se reposer. Le mardi soir, c’est le soir où on est le plus fatigué et ça nous permet de faire les courses et autre démarche administrative »
    J’ai essayé de les rassurer en leur expliquant qu’avec une semaine de travail de 5 jours, la grosse fatigue sera pour le jeudi soir, et que leur bon plaisir d’amégement de travail n’est pas forcément prioritaire sur « l’interet général ».
    Bref une discution de sourd qui me faisait penser en mon fort intérieur « CPEF »

  14. Pascale

    «  » »comme on te répète qu’on te doit un téton nourricier, puis un job sympa, un logement cossu, un repas roborratif, puis un cercueil capitonné, tu finis par le croire, et la quantité d’effort pour les obtenir diminue jusqu’à nullité. «  » »
    Plus le fait que ce maternage sert aussi à rendre le citoyen complètement prisonnier de l’État qui lui rappellera, si jamais l’envie lui prend d’aller respirer un air moins étouffant hors des frontières, « comment ? tu me quittes ? avec tout ce que j’ai fait pour toi ? minable, va ! »
    La route de la servitude dans son aboutissement le plus pervers. Ou comment l’État joue le jeu malsain de la mère abusive avec les gens.

  15. La Coupe Est Pleine

    « plus on reste longtemps au chaud dans le cursus scolaire, moins on est autonome, moins on est capable de créer sa propre entreprise. »

    Je me permet de corriger la suite : en substance cela montre qu’il faut vraiment être un crétin qui ne foutait rien à l’école pour oser se lancer dans l’entrepreneuriat sous quelques formes que ce soit dans ce pays. Ceux qui ont étudié le savent bien, être son propre patron en France c’est pas viable !

  16. gnarf

    Je ne suis pas sur que les ingenieurs soient moins autonomes. Le choix de carriere vient surtout du fait que dans les grandes entreprises l’argent coule a flot pour tous les pipoteurs, les consultants en consultologie…
    Les grandes entreprises occidentales ont pete un cable depuis 20 ans question frais de fonctionnement…je les vois a l’oeuvre, tout passe en frais, le forfait de mobile individuel a 500 euros le mois (alors que la boite pourrait prendre un forfait flotte), ca loue les plus grosses BM au moindre deplacement, les seminaires a Majorque…etc.

    Le sport national etant de quitter son poste, se mettre a son compte en tant qu’independant, et revenir occuper le meme poste mais cette-fois ci avec un salaire triple.

    Forcement, a cote de ca galerer pour fonder son entreprise est beaucoup moins bandant. Les cadres des grandes entreprises, tout comme les fonctionnaires de Bruxelles, sont completement deconnectes de la realite, de la valeur de l’argent et de la difficulte a creer de la valeur.

    1. gnarf

      Si les grandes entreprises n’offraient pas ce genre de derives, il y aurait beaucoup plus d’ingenieurs qui creeraient leur boite puisque ce serait le seul moyen de vraiment reussir.

  17. hipparchia

    Je ne sais pas si laisser les rènes de l’école aux parents est une bonne idée, dans le sens où beaucoup de parents ont des idées complètements stupides – les réformes pédago’ sont aussi mises en place parce que l’on s’imagine que c’est ce que l’opinion veut et c’est loin d’être totalement faux. Les parents ont applaudi des deux mains la mise en place de l’AP, avant de s’apercevoir que personnalisé n’avait jamais signifié individuel. Et d’autres part, beaucoup de parents – heureusement pas tous – restent persuadés qu’un prof est une sous merde, uniquement intéressée par les vacances (je bosse durant mes vacances, personnellement, et je ne pense pas être la seule, simplement je ne vois pas les élèves) et que si l’élève est en situation d’échec, ce n’est absolument pas parce qu’il n’en branle pas une, encore moins parce qu’on l’a laissé passer alors qu’il n’avait pas le niveau, mais bien parce que le prof est mauvais. Alors, les parents, plus ils sont loin de moi, mieux je me porte, les parents étant comme leurs enfants endoctrinés et dans la croyance du manger-bouger c’est important, persuadés qu’il existe réellement une épidémie d’obésité contre laquelle il est urgent de s’élever.
    Passons.
    J’insiste sur un point qui m’apparaît important, ce qui change fondamentalement la donne ce n’est pas la nature du gouvernement – droite comme gauche ne sont pas avares de pédagogie bon cru – c’est simplement que quand la réforme vient de gauche, les syndicats étant de gauche (merci Snes, mon amour, si je pouvais je te bifflerais violemment) en bons arrivistes ils ne disent rien. Alors, que c’est bon, si ça vient de la droite, il faut sortir les banderoles et les thermos de café. Et, le tout, indépendamment de la nature de la réforme mise en oeuvre. Globalement, je ne me sens pas représentée par ces euh organismes qui font tout pour expliquer à l’opinion que tout ce que l’on souhaite c’est une augmentation de salaire et toujours plus assurés de nos privilèges. Fondamentalement, les profs ne veulent pas ça, ils veulent en finir avec les réformes toutes plus stupides les unes que les autres, qui s’enchaînent avec frénésie, dans le but, non de former des esprits libres, mais des artistes de la bien-pensance unique, pour garantir leurs privilèges d’élus. A commencer par la suppression de la loi Jospin de 89.
    Enfin, de base, c’est pas ce que je voulais dire, je viens d’avoir l’e-mail en direct : on me propose d’organiser une séance de deux heures, en collaboration avec je ne sais qui, prises sur mes heures d’enseignement sinon c’est pas rigolo, pour les sensibiliser au don d’organe. C’est cool, non ? Personnellement, je les sensibiliserai plus à la pratique d’un français correct, mais je comprends, il faut donner ses organes, c’est plus important.
    Quant à savoir ce qu’il faudrait faire, c’est simple, ce serait tout l’inverse. Je suis prof en terminale, mais je pense qu’à ce rythme, dans cinq ans, mes élèves je les moucherai et je leur torcherai le cul.

    1. Pascale

      Endoctrinés aussi les parents, par le calamiteux « il est interdit d’interdire » de 68 qui a fait des ravages dans les consciences.
      Endoctrinés et déresponsabilisés par l’État maman-nounou qui s’occupe de tout, supprime les risques, et veille sur eux comme un ange-gardien.

    2. monoi

      Ce sont quand meme les parents qui payent alors si c’est ce qu’ils veulent, c’est quand même le moins qu’on puisse faire. Ceci dit, si les parents avaient vraiment le choix, je ne pense pas qu’ils choisiraient les mauvaises solutions nécessairement. Je ne crois pas par exemple que les écoles privées en France aient du mal à remplir leurs classes?

      Je me répète mais j’espère vraiment que l’exemple anglais va marcher parce que c’est le système le plus proche d’un système libéral acceptable et possible (dans le sens de susceptible d’être accepté) qu’on pourrait avoir.

  18. scaletrans

    « qui y avaient fait leurs petits besoins pour marquer leur territoire » :lol:
    Bref, mon premier éclat de rire de la journée, et sans doute le dernier.
    Il me semble que la première réforme serait de rendre la méthode syllabique obligatoire pour l’enseignement de la lecture. On passerait en quelques années de 40% d’illetrés à l’entrée en sixième à 10%, ce qui était la moyenne il y a seulement 30 ans. Et… et rien finalement :)

  19. Emma

    Des enfants de 10 ans en CM2 à l’école Rivotte de Besançon (Doubs) sont soumis à l’intervention de SOS Homophobie à l’intérieur de l’école malgré une décision de justice annulant l’agrément de cette association.

    Mais le ministre ‘réaffirme sa détermination à faire progresser la lutte contre l’homophobie’. http://www.education.gouv.fr/cid66444/decision-de-justice-annulant-l-agrement-de-sos-homophobie.html

    C’est sans doute plus facile que d’apprendre aux élèves à lire et à compter…

  20. le désabusé

    Au vu des réformes mises en oeuvre et visant à détruire toute forme d’enseignement et d’instruction au sens je suis instruit je réfléchis et je suis capable de choisir, je me pose sincèrement a question de savoir si nos politiques ne le font pas exprès de former des cohortes de crétins pour les garder sous leur coupe de manière à profiter aux mieux des largesses financières que leur accorde la « Mère Patrie »

    C’est simple : plus il y a des gens instruits moins il peuvent les gruger or ça ne va pas du tout dans leur intérêt d’où le massacre en règle de l’école des années 50-60-70 qui formait des adultes et non des enfants attardés

    L’idée est effarante mais me parait de plus en plus plausible.

    c’est la nomenkaltura soviétique avec un avilissement du mental des gens.

    Le seul salut = la fuite

  21. le désabusé

    A mes yeux les profs ont une part de responsabilité dans ce désastre. En tous cas ceux qui ne profitent pas du système.

    il leur reste encore suffisamment de poids pour s’opposer à la broyeuse. Par exemple : pourquoi accepter de noter correctement un élève et de lui donner le bac alors qu’il met 3 fautes d’orthographe par ligne et ce quelque soit la matière. c’est pourtant le cas tous les ans on donne le bac à des chenapans qui ne savent ni lire ni écrire correctement.

    Si un jour une rébellion des correcteurs se manifeste par 60% d’échecs au bac il en résulterait un tsunami qui permettra peut-être de renverser la vapeur

    Après tout ils sont libres de leurs notations et ne sont pas obligés d’obéir aux ordres de l’académie

    1. hipparchia

      C’est plus compliqué que cela, parce que personnellement, je n’hésite pas à mettre des notes pourries quand la copie est un torchon constipé de fautes. Et je connais des profs de français, qui le font pour le bac de français. Mais je n’ai entre les mains que 120 copies par ans. De plus, exception faite peut-être des Tl, tout cela n’a pas beaucoup d’importance, surtout quand on voit le nombre d’options rigolotes qui sont rajoutées pour la seule raison que nous – profs de vraies matières – ne soyons plus en mesure d’avoir d’influence réelle. J’ai des élèves cette année qui ont eu 3/20 à l’écrit du bac de français, mais ne t’inquiète pas : ils auront leur bac S.
      J’ajoute que les gens, moi y compris d’ailleurs, n’ont pas nécessairement envie d’être traînés en justice pour cause de note vraiment pas trop sympa à l’examen.
      Et plus radicalement, et c’est là où je me sens parfaitement sereine et détachée, à un moment donné c’est trop tard. L’illetrisme c’est pas l’année du bac que ça doit se régler, c’est avant. Sauf que visiblement, la chouette bonne solution, c’est l’interdiction du redoublement. Dans cette logique parallèle, un élève n’ayant pas acquis les bases du CP, passera en CE1, mais il réussira parce qu’il y aura plus de profs. Quand on essaie de faire redoubler un élève, c’est le parcours du combattant pour convaincre l’élève et les parents, qui de toute façon, espèrent ou estime que ça ira mieux l’année prochaine. Mais une fois ce précieux accord conquis, le chef d’établissement impose le passage parce que, merde, oh, ses statistiques et sa prime n’ont pas été prises en compte. Alors, bon, dans ces conditions, je pense pas que le problème se situe au niveau du bac et je ne vois pas où Vincent Peillon compte faire des économies pour embaucher ses étudiants-profs.

      Je te rejoins sur ton premier commentaire.

  22. something

    Il est très intéressant ce M. Sugata Mitra. Aucun doute qu’il serait méprisé en France. Au passage, j’ai l’impression que la France n’aime pas beaucoup les Indiens. Ça doit être un vieux fonds de rivalité franco-anglaise.

  23. kolokotronis

    Savez vous que d’ignobles capitalistes buveurs de sang voulaient faire concurrence au monopole sacré de l’état Français en matière d’éducation ? Heureusement que notre gouvernement prend des mesures appropriées pour renvoyer ces créature hors de nos frontières.

    http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2012/12/13/l-ouverture-de-l-antenne-d-une-universite-portugaise-fait-polemique_1806307_1473692.html

    On y apprend que « les établissements d’enseignement supérieur privés ne peuvent en aucun cas prendre le titre d’université. » Des fois qu’ils feraient concurrence à nos si prisée universités.

    Mais le gratin du gratin, c’est notre ami présidant de l’association nationale des étudiant en pharmacie (c’est quoi ce bidule ?) qui ajoute « cela créera un précédent et dans dix ou vingt ans, des dizaines d’universités privées s’implanteront avec des enseignements pas contrôlés », invoquant même un danger pour « la santé des Français »

    Car tout le monde sait que sans contrôle étatique,les autres universités vont enseigner n’importe quoi, surement qu’ils vont introduire des cours de créationnisme.

    Remarque, moi je pense que l’état Français devrais aller au bout de sa logique, et ne pas reconnaitre les diplômes des étudiant qui viennent en Belgique. Ça nous ferait du bien de plus payer pour les milliers d’étudiant en médecine, vétérinaire et autre qui remplissent nos auditoires.

    1. Waren

      La santé en France, c’est vraiment une obsession. D’ailleurs maintenant que notre Gégé est parti s’exiler en Belgique, tout le monde se demande où il va bien pouvoir désormais se soigner.

  24. Sisyphe

    Quelques pistes pour tenter de freiner la dégringolade et qui reprennent des arguments probablement déjà cités.
    - Sanctuariser l’école, lieu d’apprentissage et d’enseignement et pas lieu de vie, de par son aspect transitoire.
    - L’école c’est l’instruction, l’éducation c’est les parents.
    - Corollaire au précédent : virer les parents d’élèves (il n’y a pas plus de parents d’élèves que de parents d’abonnés au gaz ! Il y a des parents d’enfants, c’est tout, pas d’amalgame).
    - Laisser le prof faire son boulot comme il l’entend : sa liberté s’arrêtera aux résultats (ça c’est pour les éventuels débordements de quelques tarés)
    - Faire fusiller/sodomiser/emprisonner/noyer/etc…(rayer la mention inutile) Meyrieu and co : mais si, vous savez, celui qui affirme doctement « qu’on n’apprend rien à l’enfant qu’il ne sache déjà ». Et quand il ne sait pas grand chose, voilà ce que ça donne.
    - Ne pas tenir compte des éructations des syndicats qui, de plus en plus, ne représentent que les syndiqués, de plus en plus minoritaires.
    - Etablir, et s’y tenir, des fondamentaux de connaissance et de buts.
    J’en ai douze mille comme ça et dès que je serai Ministre de l’Instruction Publique, je sais que je serai disséminé façon puzzle. On ne va quand même pas laisser ce pays ne pas être foutu, non ?
    PS. J’oubliais : je suis parent et prof.

  25. peste et coryza

    J’ajouterai (de par mon écourtée expérience de pion) :

    - rétablir l’autorité du maitre et du prof, y compris quand il s’agit d’envoyer des baffes.
    Cela calmera les caïds en culottes courtes qui se croient tout permis.
    - permettre l’expulsion des élèves fouteurs de bordel,et leur expulsion définitive passé 18 ans. Si à ce tage, ils n’ont pas compris que leur intérêt réside en partie dans l’apprentissage, c’est leur problème, pas celui du prof.
    - uniforme, comme au Japon.

  26. LuciusT

    C’est amusant tout ces débats sur l’EdNat. On arrive toujours aux mêmes conclusions : les jeunes sont des bons à rien, y a plus de discipline, les profs font pas leur boulot, etc…

    Chose intéressante, si on relit les philosophes antiques, ils exprimaient exactement les mêmes inquiétudes quant à l’avenir de leurs enfants.

    Pour ma part, je reste persuadé que toute société a l’éducation qu’elle mérite et que, présentement, la société française ne mérite pas grand chose. Ce n’est pas avec une quelconque réforme ou un « retour de la discipline » que quoi que ce soit va s’arranger. Augmenter le pouvoir des enseignants sans libéraliser l’enseignement ne fera qu’augmenter l’arbitraire. Toute forme de « théorie éducative » appliquée à une population, qu’elle soit d’ordre disciplinaire ou laxiste, n’est qu’un autre outil de planisme social avec tous les résultats merveilleux et féériques qu’on connait. Alors que faire ?

    1 – Comme le dit très justement H16 : libéraliser l’éducation/enseignement et permettre aux parents de choisir le modèle éducatif qui leur convient.

    2 – Poser des examens réguliers (1 tous les 3 ans par exemple) afin de vérifier le niveau des élèves.

    Tout le reste, c’est de la littérature. L’école ne doit servir qu’à une seule chose : enseigner à l’enfant des moyens de communications (français, mathématiques) et lui montrer une partie du monde (histoire, géographie, sciences). Si ces bases sont saines, on peut envisager de rajouter d’autres « trucs », mais sans ces bases, le reste ne sert juste à rien.

    Quant à la « discipline », il ne faut pas oublier que les enfants appartiennent aux parents et non à la société ou à l’école. C’est donc aux parents de déterminer (par le biais du choix du modèle éeducatif) quel type et quel niveau de discipline ils souhaitent pour leur enfant. Si la majorité souhaite avoir des enfants idiots et médiocres (mais euphoriques), elle doit pouvoir satisfaire cette envie. Toutefois, ceci ne doit pas empêcher les autres de bénéficier d’une éducation différente (avec uniforme si ça en excite certains).

  27. artesan

    Je suis enseignant en SES dans un lycée public. En classe de 2nde, depuis la « dernière » réforme, nous ne sommes plus autorisés à noter les élèves. Aucun moyen de récompenser les efforts de ceux qui travaillent. Les classes( 34-36 élèves) sont ingérables. Devant l’échec de la « méthode », la direction du lycée ferme les yeux, impose « les textes », à la lettre.
    En classe de terminale, le programme est imposible a traiter, à moins de considérer les élèves comme des oies que nous devons gaver. Il est clair que l’on ne me demande pas de leur apprendre l’économie. Je dois juste « traiter » le programme. Les élèves feront semblant d’apprendre et nous leur donnerons un semblant de diplôme. Et je ne parle pas du contenu des SES (en terminale mais aussi en 1ère), qui n’est en réalité qu’une Ode à l’Etat, et jamais un enseignement qui valorise la liberté, l’initiative, le risque, le courage. Jamais un enseignement qui présente l’aventure entrepreneuriale. Une véritable machine à conditionner des milliers d’élèves, pour leur faire admettre que l’Etat est le maître des horloges, et que sans lui, pas de salut. Il est urgent de libérer la France des effets ravageurs d’un tel système éducatif.

    1. Sarah Palin

      J’ai adoré aussi votre témoignage, qui malheureusement résume parfaitement la situation, au demeurant qui ne pourra pas s’améliorer avant plusieurs générations, dans la mesure où il n’y aura pas un grand chamboulement total, ce qui est loin d’être le cas, avec les ‘’peillanades’’.

      Quelques témoignages aussi, vus de l’extérieur :

      - Le fils d’un neveu, c’est fait reprocher, à Rennes, comme à toute sa classe lors du premier tour des dernières présidentielles, a six ans ! : ‘’ Que leurs parents avaient trop voté pour Le Pen !! ’’ ( En plus, 7 % pour le FN, beaucoup moins que la moyenne nationale, 70 % pour toutes les gauches Bayrou compris).

      - Si vous saviez comme c’est usant, quand on est élève, issu de parents votant à droite, s’intéressant et sachant parler de politique à la maison, où, durant toute sa scolarité, on est obligé de ne surtout pas dire la vérité, et pire que tout, lors de discutions normales, avec les copains, dans les rédactions, les ‘’disertes’’, d’aller dans le sens du prof, donc contre ses idées, pour avoir une bonne note ?

      Je vous avoue humblement, que l’on finit par avoir une certaine rancœur envers votre profession ! d’autant que la roue tourne, qu’après nous devenons père, et même grand père et que rien ne s’améliore au niveau de la ‘’déontologie ’’ de l’E.Nat.

      - Comme cela ne me suffisait pas ! entre quelques divorces, j’ai fait un bout de chemin avec une agrégée. C’est une époque, où plusieurs fois, par mois, je voyageais la nuit, dormais dans les avions, entre les USA, et la France pour reprendre le travail, dès l’arrivée, car la politique commerciale de la société était à chambouler entièrement au plus vite. J’avais des cernes sous les yeux, avais maigris, je n’en pouvais plus.
      Les rares fois, où je croisais ma compagne, ses seules paroles étaient pour se plaindre sans arrêt, de son travail harassant !! Au début, je croyais que c’était du second degré, mais me rappelant que ce n’était pas, vous m’en excuserez, l’apanage de votre corporation ! un jour plus fatigué que d’autres, décalage horaire aidant, je lui ai demandé de reprendre au plus vite sa brosse à dent, avant que le toit, ne se soulève à cause de mes hurlements.

      Tout ceci pour vous dire, qu’il y a un fossé infranchissable entre votre corporation (en général), et les gens du privé. Nous vivons sur deux planètes différentes, inconciliables. Aucun métier quel qu’il soit, n’est pas de tout repos, mais quand même ! d’autant que comble de bonheur, certes à des adultes, je faisais aussi des cours ! que j’avais ingurgité, potassé, que quelques jours avant, et non revus durant vingt ans.
      Par contre, fréquentant, certains de ses collègues, lors de retour d’invitation, j’avais droit à des réflexions aigres douces, sur ma voiture de fonction, la villa dont le loyer était en partie payé, mon train de vie, hors qu’ils connaissaient mon cursus, quasiment identique au leur, du moins dans la durée ! J’avais même eu l’outrecuidance face à un prof tout aussi agrégé de maths, de faire le ratio, entre mes heures de travail, et le salaire, avantages compris, et le sien. Lui aussi, n’a pas compris, qu’il était quasiment plus payé que moi, il aurait dû aller jusqu’au doctorat !

      C’est ce point, qui est le plus insupportable, si vous me permettez. Nous faisons tous, des choix de carrière, en pleine connaissance, de tous leurs avantages, leurs inconvénients, mais nous n’avons pas le droit, de vouloir tout est son contraire, sachant que le fonctionnariat, n’est pas l’endroit rêvé, où l’on peut prétendre à des revenus de cadre du privé.

      - Et pour finir, je l’ai déjà dit sur le présent site, mon dernier en FAC aux USA, vient de travailler trois week-ends d’affilés, où bien entendu, tous les élèves et les profs étaient présents, tout simplement car il y avait un retard au programme, à combler. Quand, l’éducation nationale française, en sera là, elle ira mieux ! nous en sommes là aussi très loin.

  28. raimverd

    exact h16
    le salut viendra de l’imitation de l’extérieur (ta fin d’article)
    mais il ne faut pas être impatient
    lire gustave le bon : psychologie de l’éducation
    écrit fin 19ème siècle, on se croirair aujourd’hui

  29. Xanthe

    L’absentéisme peut difficilement expliquer à lui tout seul la différence entre le taux d’encadrement du tableau -12,3- et la réalité (entre 22 et 28 élèves dans le secondaire). Il faudrait alors que cet absentéisme frise les 50% ! D’ailleurs, j’aimerais bien savoir d’où vient ce chiffre de 12,3 car j’ai vu quelque part – j’avoue ne plus savoir où – un chiffre entre 22 et 23.

    1. En réalité, il y a l’absentéisme d’un côté, et le fait que pas mal des enseignants embauchés ne sont pas (pour différentes raisons) en classe et ne sont pas comptés comme absent. Le chiffre indiqué est la simple division arithmétique du nombre d’élèves par le nombre d’enseignants.

  30. Xanthe

    Le tableau sur le rapport entre le niveau d’étude et la création d’entreprise, présenté seul, ne nous dit finalement pas grand chose. Les détenteurs d’un Bep ou d’un CAP créent deux fois plus d’entreprises que des diplômés de deuxième cycle. Et alors ? Il est sans doute assez répandu qu’un ouvrier boulanger finisse par créer sa propre entreprise. C’est sans doute une évolution logique dans sa vie. Beaucoup de fleuristes, d’artisans peintres, de bouchers vont ouvrir de « petites » entreprises. Que leur nombre soit plus conséquent que les entreprises créer par des ingénieurs n’est-il pas normal ?

      1. Xanthe

        Soit mon « normal » est trop expéditif. Développons : dans votre dernier paragraphe, vous écrivez : « plus on reste longtemps au chaud dans le cursus scolaire, moins on est autonome, moins on est capable de créer sa propre entreprise. » La preuve ? Le tableau ci-dessous. Or,ce tableau ne montre qu’ un nombre brute de créations d’entreprises. Il faudrait mettre en regard le pourcentage d’élèves de chaque catégorie, la taille moyenne des entreprises créées. Il faudrait également tenir compte des postes à fortes responsabilités et/ou bons salaires : en effet, qu’un cadre supérieur ait choisi de s’intégrer dans une très grosse entreprise ne prouve pas à priori qu’il n’était pas « capable » d’en créer une petite.

        1. Xanthe

          Désolé, je ne découvre que maintenant les nombreux commentaires sur ce tableau très contreversé. Gem, Simon et Cyril ont clos l’affaire. Mes remarques n’apportent rien de plus.

          1. Je n’ai pas eu le temps de revenir dessus. Mais le graphique est un simple revamping d’un graphique fait par l’INSEE, qui a redressé les populations et fait ça dans les règles de l’art. J’ai donc tendance à le considérer comme valide et pertinent. Malheureusement, comme je n’ai plus le lien du graphique en question (je suis infoutu de le retrouver), je m’abstiendrai de commenter plus avant.

  31. Marc Aurèle

    @H16

    Petite digression:

    « On comprend, devant ces atermoiements, que Peillon n’ait pas tardé à riposter avec les canons de 105″. Moi aussi j’aime bien le canon de 105.

    Bon, quand même le 105 c’est bien, mais la portée n’est pas terrible et produit des effets, nous dirons juste adéquats, un peu comme notre Prem-Min (j’ai pas dit Viet-Min): je tire, je regarde, mouais, allez, on se casse, on va aller jouer et faire du bruit ailleurs.

    Je préfère de loin le 155 en 52 calibres. La France en produit d’excellents. Du moins tant que les crétins professionnels affidés Verts de l’Europe n’insisterons pas suffisamment pour que notre Armée tire des obus « planet-éco-friendly », par exemple en papier maché. Le 155, ça tonne au départ, et à 40KM, vaut mieux pas être là. Un peu comme Margaret ou Ronald. Paix à leurs âmes. Et vive la Sainte Barbe!

  32. julie

    qaund on connait son cv …
    Vincent Peillon – Ministre de l’Education Nationale : Issu d’une famille alsacienne par sa mère ( , son père fut banquier (directeur général de la Banque Commerciale d’Europe du Nord). Marié à la journaliste Nathalie Bensahel. Militant trotskyste à ses débuts. Soutien de Dominique Strauss-Kahn en 2011, il se rallie ensuite à François Hollande. il est Franc-Maçon membre du Grand Orient de France. Il prône une « république spirituelle », considérant « la Franc-Maçonnerie et la laïcité » comme « religions de la république ». Il soutient la ratification du Traité de Lisbonne par la France, et milite pour le fédéralisme européen, et « une harmonisation politique, économique et fiscale au sein de l’Europe ». Au Parlement Européen, il collabore activement au projet de déstabilisation de la Syrie .
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Peillon

  33. remi

    Je me permet de corriger une affirmation que fait h16 dans à la fin de son papier, et qui ne sont a priori que la reprise de ce qu’a dit Peillon.
    Il ne peut pas être question « d’aménagement de l’obligation scolaire » puisqu’il n’y a pas d’obligation scolaire en France! he oui, ça surprend mais la propagande « l’école est gratuite et obligatoire » est doublement mensongère puisqu’elle n’est ni gratuite (ça ne choquera probablement personne ici) ni obligatoire. il y a une obligation d’instruction, le contenu étant étant laissés au jugement des tuteurs légaux des enfant (don a priori aux parents) il ne peut donc pas non plus être question de remplir un cotât de collage par jour en dehors de notre chère bétaillère républicaine, auquel je me permet d’assimiler les établissements « privés » sous contrat tant ils sont subordonnés a l’état. Si cela vous tente et si vous avez l’occasion d’élever vos enfant a plein temps, il suffit (si je me rappel bien, ce qui n’est pas garanti…) de faire une déclaration en mairie, qui pourra organiser un entretient qui ne doit théoriquement pas porter sur le domaine de la pédagogie. et d’une déclaration a l’académie.

    On pardonne h16 d’ignorer ces subtilités du droit français, les mairies et les académies sont les premier a s’étonner de leur existence (allez lire les témoignages sur les divers sites « d’école a la maison » « homeschooling » « non-sco » « unschooling » il y a des perles). Il est même probable que Peillon lui même ignore tout de la situation tant nos hommes politiques ultra jacobin son persuadé d’avoir déjà propagé l’état a toute l’éducation.

    Il y a encore quelques poches de liberté qui subsistes en France, tachons de les connaitre et de les faire subsister. Si j’ai l’occasion de profiter de celle la, je compte bien le faire!

    1. Non non, je suis au courant de l’obligation d’éducation mais pas de l’obligation d’aller à l’école républicaine. Cependant, ici, il s’agit bien d’obligation d’avoir une éducation scolaire (et non l’obligation d’aller à l’école). Or, en France, éduquer et instruire les enfants est bien obligatoire. Et c’est de ça que Peillon parle lorsqu’il « assouplit » avec l’autorisation d’utiliser internet (enfin !) pour certains cas.

  34. remi

    A la relecture, votre papier ne parle ni ne sous entend d’obligation d’attendance scolaire. Mais je trouve que cette partie « Rassurez-vous : le contrôle du contenu sera toujours laissé à la charge de l’institution séculaire qui vérifiera qu’on a bien fait son quota de découpages, de collages de gommettes colorées, de poterie, de visites de musée, d’activités théâtrales, d’expression corporelle, de jardinage, de chaudronnerie pour filles et de couture pour gars (dégenrage oblige).  » Sous entend que l’on est soumis au programme de l’EN même si l’on y est pas inscrit. Or c’est faux, un parent choisissant d’instruire lui même son enfant n’est « même » pas soumis au « socle commun » de Sarkozy. Les entretient avec le personnel de mairie sont purement administratif et l’on ne doit théoriquement justifier auprès de l’académie que d’une méthode pédagogique et d’un objectif pédagogique, a savoir que les pédagogies les plus originales sont théoriquement tolérés (unscholling par exemple), je précise théoriquement car il est courant que les inspecteurs d’académie (voir le personnel de mairie) outrepasse largement leurs droits…

    si je suis complètement a coté de la plaque et que vous saviez très bien tout ça avant que je vous en parle, veuillez m’excuser. Je voulais juste clarifier une méconseption terriblement banales même dans notre famille libérale.

    1.  » Or c’est faux, un parent choisissant d’instruire lui même son enfant n’est « même » pas soumis au « socle commun » de Sarkozy.  »
      Disons que c’est en partie faux. Dans les textes, effectivement, on est à peu près libre de la base instructive qu’on peut lui fournir. Dans la pratique, si vous déviez un peu trop, vous aurez le Juge des Affaires Familiales et les assistantes sociales qui vont vous tomber sur le dos pour maltraitances et autres.

      « il est courant que les inspecteurs d’académie (voir le personnel de mairie) outrepasse largement leurs droits… »
      Oui, voilà, c’est exactement ça.

      Mais sur le plan légal, vous avez parfaitement raison.

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