Pourquoi la droite n’arrive-t-elle pas à se reconstruire ?

En politique, rare est l’unanimité. Et pourtant, Hollande réussit le pari de se mettre à peu près tout le monde à dos, tant du côté de ses opposants traditionnels que du côté de ses alliés. On ne compte plus les éditos, les chroniques, les articles d’opinion de grands « penseurs » et autres journalistes autant de gauche que de droite qui constatent que la politique de Hollande se résume à une augmentation des impôts tous azimuts et une totale indigence d’objectifs clairs.

Et si l’on se rafraîchit la mémoire, cette absence dramatique de cap était annoncée depuis le départ puisque le candidat Hollande souhaitait essentiellement le changement, sans jamais préciser en quoi, ni comment. Avec un capitaine de pédalo dont le cap est le changement, on comprend que le bateau France fasse des ronds dans une eau de plus en plus tumultueuse. À cette lacune décontractée d’objectifs, il faut ajouter une inexpérience évidente du pouvoir, visible jusque dans le choix d’un premier ministre qui a tout du gaz inerte : incolore, inodore et sans saveur. Non seulement, le gouvernement de Jean-Marc Azote ne semble en rien tenu par une quelconque discipline, les saillies problématiques des uns se succédant aux boulettes tragi-comiques des autres, mais en plus, absolument aucune action d’ampleur significative ne peut être versée à son crédit, à l’exception notable mais ô combien dilatoire des bricolages sociétaux dont — il faut bien le dire — le peuple aurait très bien pu se passer encore quelques années devant les urgences économiques qui s’accumulent.

Devant cette débâcle, on aurait pu s’attendre à un déferlement d’attaques de la droite, et surtout, à un rassemblement large et cohérent de l’opposition.

Force est de constater qu’il n’en est rien. Je passe rapidement sur l’affrontement aussi pathétique qu’illustratif entre Jean-François Copé et François Fillon, deux petits coqs avides de devenir calife à la place du calife alors que ce dernier, justement, est en tournée mondiale de branlouillage festif pour arrondir ses fins de mois et n’a, à l’évidence, plus rien à carrer du microcosme politique parisiano-parisien. Je ne m’étendrai pas non plus sur les chamailleries d’enfants gâtés de l’opposition pour la mairie de Paris, et les déchirements internes de l’UMP, la création de l’UDI par un Borloo illisible, ou les pleurnicheries à présent inaudibles d’un Bayrou dont, je vous le rappelle, il fut un jour considéré comme dans l’opposition aux socialistes (ce qu’il est réellement maintenant est probablement l’objet d’une demi-douzaine de thèses en sciences politiques de l’extrêmement-petit, mais n’intéresse plus personne d’autre).

Eh oui : bien que les socialistes actuels puissent maintenant revendiquer sans risquer la moindre usurpation le titre de la Plus Belle Bande De Clowns Inopérants Jamais Parvenue Au Pouvoir, la droite et le centre n’en ont absolument pas profité pour proposer une alternative crédible. On peut se demander pourquoi. Et on peut aussi observer que pour exister, une opposition devrait, par définition, s’opposer.

Or, s’il y a bien une chose que ni Bayrou, ni Borloo, ni Fillon, ni Copé, ni NKM, ni Estrosi ni aucun autre ténor de la « droite » ne fait, c’est s’opposer.

Quand on voit qu’il semble parfaitement admis qu’un type comme Christian Estrosi puisse prétendre être à droite alors qu’il distribue exactement la même purée que celle qu’on trouve à gauche, on commence à comprendre le problème.

Quand on voit ce que fit NKM pour l’écologie (les fameuses PM10 ne sont qu’un exemple) et le réchauffisme climatique, on a du mal à voir une quelconque ligne de démarcation d’une Batho ou d’une Duflot. Cécile, Delphine et Nathalie sont d’ailleurs parfaitement interchangeables dans leurs analyses écologiques et les « solutions » qu’elles proposent aux problèmes qu’elles se sont acharnées à trouver. Du reste, cette remarque est si évidente qu’elle n’a pas échappé à Marine Le Pen.

Quand on voit que Bayrou ne se réveille de sa léthargie centriste que pour sortir une énorme connerie égalitariste typiquement gauchiste, on peine à voir la différence avec les discours d’un Mélenchon, une fois la fièvre et la passion du vieux communiste évacuées pour s’adapter au contenant mollasse du patron du Modem. Qui d’autre qu’un collectiviste à la petite semaine peut parler d’égalité réelle sans frémir en se commémorant toutes les abominations qui furent mises en place précisément pour cette notion délétère ?

La faillite, ce n'est pas par hasardCollectif Antigone

Je pourrai continuer facilement la litanie. Les cinq années précédentes de sarkozysme ne laissent absolument aucun doute sur la valeur exacte des ténors de la droite lorsqu’il s’agit de faire quelque chose de concret, lorsqu’ils ont le pouvoir : on retrouve exactement le même matraquage fiscal, des déficits budgétaires records, une attitude vis-à-vis des (petites et moyennes) entreprises aussi ambiguë voire destructrice, et une méconnaissance aussi compacte de l’économie et des finances.

La réalité est claire : si la droite n’arrive pas à former un bloc cohérent d’opposition à la gauche, c’est parce qu’elle n’en est qu’un avatar édulcoré. Il n’y a plus, en France, qu’une seule coloration politique, plus ou moins diluée dans, au choix, du corporatisme ou du populisme. Le placement des uns et des autres à droite ou à gauche sur l’échiquier politique est aussi arbitraire qu’artificiel. D’ailleurs, le peuple français n’a jamais été aussi peu investi dans la politique et aussi peu en accord avec ses élites : il sait, pour le voir, le lire et l’entendre tous les jours dans tous les médias, qu’on pourrait à loisir interchanger l’un ou l’autre politicien actuellement en poste par un autre du bord opposé sans que le discours prononcé ne choque dans la bouche du nouveau venu.

Et les extrêmes des deux bords n’offrent en terme de différenciation qu’un packaging plus criard sur des idées de la même eau : s’il y a toujours un ou deux thèmes qui différencient un Mélenchon d’une Le Pen, le corpus central (économique notamment) est extrêmement proche l’un de l’autre et aussi peu différent des « recettes » que proposent in fine tant l’UMP que le PS.

Ainsi, aucun parti en France n’a clairement compris que l’austérité n’a jamais été mise en place ; l’avalanche d’impôts, elle, s’est effectivement abattue sur les Français. Mais ça, ce n’est pas de l’austérité, c’est juste de la bêtise keynésienne et socialiste. L’austérité, c’est exactement le contraire : très concrètement, c’est la coupe franche et massive des services publics non régaliens, la diminution drastique de la taille et de l’emprise de l’État. Cette simple remarque, aucun parti en France ne la fait, … à l’exception du Parti Libéral Démocrate, dont on ne peut pas dire que les médias s’emparent franchement des idées.

Regardons les choses en face : à une microscopique exception près, les partis pensent tous la même purée, les médias relaient religieusement cette pensée unique et y ajoutent leur propre couche de politiquement correct pour éliminer tout ce qui pourrait saillir encore un peu. La droite n’est finalement qu’un parfum alternatif de gauche dépensière et collectiviste. Ne pouvant se démarquer par ses idées, elle tente la différenciation sur des détails, des broutilles qu’on monte en épingle pour attirer l’électeur. Pas étonnant, dès lors, qu’elle ne puisse constituer une opposition crédible : elle ne s’oppose pas.

tout le monde finit par penser comme tout le monde

Et encore une fois, la conclusion est sans appel : sans opposition, le pays est destiné à continuer sur la même route, celle qui le conduit directement au précipice, et peu importe les petits détours rigolos que le capitaine de pédalo peut bien tenter ici ou là. Quoi qu’il arrive, ce pays est foutu.

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Commentaires111

  1. NoName

    Encore un excellent billet H16.
    Rien de mieux que se ruer sur ma barre de favoris, un jour de semaine, à 09h00 pétantes pour bien commencer la journée =D

  2. Zendog

    Vous avez hélas mille fois raison, H16, mais qu’attendre d’un pays où un président (Chirac) avait dit que le libéralisme était pire que le communisme ?

  3. Marco33

    J’avais effectivement remarqué cette étrange sémantique où l’austérité signifie hausse des impôts. Ces derniers jours, du fait du recadrage du PIB, politiques et journalistes nous parlent d’un manque de recettes. JAMAIS d’une diminution des dépenses à réaliser.
    Et là, sous couvert de santé, on avance la taxation du gazole.
    Toujours sous couvert d’égalité, d’augmentation de la CSG des retraités.
    Toutes les excuses sont bonnes.
    AUCUN politique ou journaliste pour réclamer une cure d’amaigrissement de l’Etat (ou alors de manière cosmétique et/ou comique de politiques ayant été aux manettes il y a quelques mois).

    1. Deres

      Le grosse différence avec le gouvernement précédent est qu’il augmentait les impôts beaucoup plus discrètement. Et le tout avec un optimisme de façade souvent décrié par H16 en particulier pour Baroin et Lagarde. Ils arrivaient même à conserver la réputation de faire « des cadeaux aux riches » alors qu’ils faisaient l’inverse. Au contraire, le gouvernement de Hollande met en permanence en avant ses hausses d’impôts passés et futurs. Les français en ont bien conscience et arrivent à comprendre à travers l’écran de fumée de la justice sociale que cela n’est pas destiné qu’à leurs voisins … De plus, les couacs permanents créent sur le sujets des taxes un insécurité ficsale comme on n’en a jamais connu en France. C’est complètement irresponsables de leur part.

      Pour mémoire, deux mois après le début d’une année 2013 d’explosion fiscale, où ils continuent à promettre aucune hausse d’impôts sur 2014, ils discourent à longueur de journée sur les sujets contradictoires suivants :
      - hausse plus importante que prévu de la TVA
      - fin de la demi-part étudiante
      - prolongation des taxes exceptionnels
      - hausse de la taxation du diesel
      - CSG sur les retraites
      - intégration des allocations familiales dans le revenu
      - plafond de ressources sur les allocations familales

      C’est comme si dans une entreprise on dissertait en permanence devant les clients des problèmes qualités et des modifications que notre produit allait subir …

  4. Sisyphe

    D’accord sur le diagnostic et, pour rester littéraire, l’austérité c’est les autres. Mais pas d’accord sur la conclusion : ce pays n’est pas foutu, il n’existe plus.

  5. Gelin

    Comme je me tiens le même raisonnement que vous depuis quelques décennies, je suis en train de devenir partisan de la théorie du chaos. Continuer à voter pour les pires (c’est à dire pour ceux qui vont nous entrainer le plus rapidement vers les abysses), en l’occurrence les actuels bouffons égotiques qui nous servent quotidiennement leur logorrhée pseudo humaniste, égalitariste vers les tréfonds des égouts. Vous avez raison, c’est la pensée de gauche qui mène la danse depuis tellement longtemps que chacun de nos neurones a été formaté à la naissance, puis à la maternelle, au primaire, au lycée, à la fac, et enfin, pour les plus méritants, généralement fifils de profs,les grandes écoles, Sciences Popo, l’ ENA, la Magistrature, etc… Avec un service après vente , bâti autour d’un dispositif de veille d’une redoutable efficacité, que constituent les associations, les médias, les syndicats et les Grands Inquisiteurs de la foi socialiste. Je me surprend parfois à avoir des « attitudes » gauchistes face à certaines réalités, tellement que « c’est bien fait ». Bon, je me ressaisi. De Gaulle porte une lourde responsabilité dans l’affaire, qui a laissé le « culturel » entre les mains des dictateurs d’aujourd’hui.

    1. ODE

      tout à fait d’accord sur le diagnostic, en lien avec le dessin en bas de l’article: tout le problème vient de l’absence totale, absolue, du moindre embryon de pensée. Mort de la pensée liée à mon sens à la mort des lettres, qu’on peu dater peu ou prou des réformes ayant suivi 1968. Aujourd’hui que la filière littéraire est devenue un bac L-bac poubelle, qui se rend compte que le fait de savoir réciter du Cicéron par coeur à 10 ans garantissait plus tard une pensée intelligente et « sauvage », je veux dire libre?
      On a tellement perdu en termes de culture, de vraie culture, qu’en effet je ne sais plus qu’attendre et je finis par me dire moi aussi que ce pays est foutu.

      1. Pandora

        Quand tout le monde pense la même chose, j’ai tendance à penser que personne ne pense…

        La mort des lettres n’en est pas vraiment la responsable : c’est plutôt la massification de l’enseignement. Cet objectif louable d’un point de vue socialiste est inapproprié d’un point de vue économique (il faut de tout pour faire un monde, y compris des petites mains) et dangereux d’un point de vue pratique : pour y parvenir, il faut baisser le niveau demandé (y compris du côté des formateurs). Et quand on y est parvenu, les bacheliers ne savent pas travailler et se retrouvent sans occupation. Quel gâchis !
        D’accord avec vous, cette politique a commencé après mai 68.

        1. Ladioss

          Il reste encore possible, à notre époque, de discuter avec des gens qui ont des opinions très différentes et les unes des autres, et par rapport à cette pâtée tiède qui représente la pensée politique publique de nos jours. Donc l’enseignement, même s’il reste blâmable sur de nombreux points (je regrette aussi le quasi-coma des humanités), ne me semble pas totalement en cause.

          Le souçi d’avoir l’image la plus rassembleuse possible dans un microcosme politique post-Seguela obsédé par l’idée d’être le moins clivant possible et où Hollande me semble l’ultime aboutissement de cette logique, par contre…

          1. Pandora

            L’enseignement est totalement en cause : il permet l’endoctrinement dès le plus jeune âge dans la pensée unique socialisante. Je suis totalement consternée par le contenu des programmes de mes enfants et surtout des sous-entendus idéologiques.

  6. Higgins

    C’est terrible mais on en vient à espérer que la situation économique ne s’améliore pas d’un iota. Dans le cas contraire, le plus petit frémissement positif sera pris pour un encouragement et les clowns continueront à faire perdurer les errements actuels. Du coup, la purge indispensable ne se fera pas et comme l’a écrit Frédéric Bastiat: « Les abus iront toujours croissants et on en recalculera le redressement d’année en année, comme c’est l’usage jusqu’à ce que vienne le jour d’une explosion. »
    En ce qui concerne l’absence d’opposition crédible dans ce pays, quoi attendre de personnes qui, au nom d’un très douteux politiquement correct, ont fait supprimer le terme « mademoiselle » des imprimés administratifs (http://www.service-public.fr/actualites/002371.html). Nous devons cette importante et indispensable avancée à un certain François Fillon. On pourra me rétorquer que c’est un détail mais il me paraît emblématique de l’infâme brouet qu’est devenu la paysage politique français. Que nos clowns ne soient donc pas étonnés de voir le parti de l’abstention grandir.

    1. NoName

      « quoi attendre de personnes qui, au nom d’un très douteux politiquement correct, ont fait supprimer le terme « mademoiselle » des imprimés administratifs ? »

      Quoi, ils ont osés le faire ?
      Mother of God :O
      CPEF

    1. Higgins

      Oui, il est totalement neutre comme un gaz parfait. Disons que son efficacité tient plus de l’homéopathie qu’autre chose.

          1. NoName

            Topaz: +1

            Moi, je suis très Old Regime; parler de « Normal 1er » dans une conversation ça me fait toujours des paillettes dans les yeux :D

    2. RTP

      Pas d’accord.
      Vu la nocivité du gaz en question, je dirais plutôt Jean Marc Monoxyde de Carbone. C’est parfaitement inodore, incolore et sans saveur, mais ça tue.

  7. Peste et coryza

    Voyons…

    Parce ce sont les enfants des mêmes familles, qu’il sont reçus la même éducation, que ce sont les mêmes pantins incompétents pour le pays mais très compétents pour eux mêmes, et qu’ils sont au service des mêmes maitres ?

  8. Benquoi

    Tous ensembles, Yeah Yeah, Tous ensembles, tous ensembles, Yea.

    C’est beau le National Suicide Collectif.

    PS: Le paul entreprise recrute. à mort…

  9. mominette

    L’Europe, qui poursuit si joyeusement les situation de monopole, devrait s’intéresser à ce monopole typiquement français, fruit d’une éducation « soignée », qui fait qu’il n’y a dans ce pays que des « diverses gauches », certaines baptisées sans aucun rapport avec la réalité, de « droite » ou ‘d’extrême droite », pour faire joli, style biodiversité !

    Finalement, c’est très reposant, pusque chacun peut entendre Marine Le Pen ou Mélanchon, un UMP ou un Holandouille dirent la même chose, dans un effet stéréo tout à fait rassurant.

    Après avoir bidouillé les Codes, pour en retirer des mots infâmes pour « père » ou « mère », il faut s’attaquer aux dictionnaires qui mentionnent encore des mots comme « liberté’, « courage », « sens des responsabilité » « gestion parcimonieuse » et autres abominations.

    Et bien entendu banir les Fables de La Fontaine, comme « les animaux malades de la peste » qui pourraient faire croire que la responsabilité de la crise n’est pas extérieure, ou « le loup et le chien » que ne peuvent assimiler des citoyens dont le cou est largement marqué par le collier …

    Le abatreau coule, mais qu’importe, les gens se noieront dans la bien-pensance …

  10. JS

    Et pendant ce temps-là le reste du Monde avance, courre même !

    L’image que ce pays donne de lui-même à l’étranger est pitoyable…

    Les seuls secteurs économique qui marchent encore vraiment étant en grande partie basés sur l’image (passée) de la France (secteur du luxe etc), à l’avenir ces secteurs couleront également. Plus personnes à l’étranger ne voudra acheter l’image d’un pays aussi dégradé et dégradante..

  11. Yrreiht

    C’est à dire, vu le niveau des dépenses sociales et vu l’excellente intégration de millions de « jeunes », qu’il est fort probable qu’une quelconque diminution des dépenses ou des impôts qui y sont liés signifiera explosion sociale et émeutes révolutionnaires.

    Ils ne peuvent rien faire d’autre que continuer, sachant que tôt ou tard, CPEF.

    1. Jeanpierre

      je suis d’accord. A force de louer la diversité et la mixité des cultures contre tout bon sens, ils ont mis en place le décor de troubles à venir qui iront des émeutes aux guerres communautaires. Je parie sur la deuxième option.

  12. Marco33

    Pour débuter une amorce de changement, il suffirait d’une seule mesure, révolutionnaire et qui ne verra JAMAIS le jour (vous allez vite comprendre pourquoi) : interdire à tout fonctionnaire de pouvoir se présenter à quelques élections que ce soit, ainsi qu’accéder à des responsabilités directement issues d’élections (pour éviter d’être nommé ministre).
    En prenant la situation actuelle, devinez combien d’élus il resterait, juste au niveau de l’exécutif !!!!

    1. Théo31

      Solution plus simple : supprimer le statut. Et pour ceux qui travailleraient ensuite pour l’Etat, interdiction de voter, de se présenter à une élection et de faire grève, histoire de rappeler que les agents de l’Etat sont nos serviteurs et non l’inverse.

      1. gem

        en fait moi j’attendais plutôt pire. De àa à dire que je suis agréablement surpris et heureux, il y a un pas que je ne franchirai pas :-)

        1. Théo31

          Le pire, c’est maintenant. Comme les femmes, il fallait 9 mois à Molle Glande pour accoucher d’une politique.

          Si vous trouvez que les clowns sont rigolos, vous n’allez pas être déçus par ceux qui gouvernent. Moi, ils ne m’ont jamais faire rire.

  13. douar

    Je confirme que ce n’est pas évident: je suis dans l’opposition (non élu) dans ma commune menée par des vrais socialos, dirigiste en diable. Bien sûr, je côtoie des UMPistes qui ont encore un mal fou à admettre qu’il faudra sabrer dans les dépenses: genre « attaché au développement durable », subventions à des assos, autres festivités. Ce sont d’ailleurs, les non membres des partis qui réclament le plus ces efforts.

  14. Le Gnôme

    Nous n’avons qu’une couleur sur l’échiquier politique, le rose décliné en une foutitude de nuances, le rose. Qu’il soit vif tendance Mélanchon, soutenu façon PS officiel, un peu délavé comme l’UMP ou un peu brunâtre marine, nous sommes toujours dans la même couleur, les mêmes recettes politiques quelque soit le parti avec des changements cosmétiques.

    Et je n’aime pas le rose.

  15. Tea Party

    Bel article, tellement réaliste, et bien rédigé, comme d’habitude.

    Toute notre classe politique, tous les élus sont à gauche depuis de Gaulle. Comme cela ne suffisait pas, notre vraie gauche elle, est trotskiste, ou d’extrême pour changer.

    S’il ne fallait qu’un exemple Laurent Obertone, auteur comme nous en avons parlé ici, de  » La France Orange Mécanique » fut comparé clairement à Hitler, par le chroniqueur A. Caron, dans la dernière émission de Ruquier, qui le  »titilla » sans arrêt. Comme toutes nos télévisions sont les fers de lance de la pensée unique, ils ont coupé au montage, une réponse cinglante de l’auteur qui leur rappela, qu’Hitler aussi, comme eux, se réclamait du socialisme. ( Tous les invités  » vedettes » bien sur, étaient contre les monceaux d’horreurs, et les chiffres relatés dans le livre aux relents d’extrême droite ! ). Cela ne fait sourciller personne.

    Par contre que les Républicains ont obligé Obama, à sabrer 85 milliards de $, dans ses folies dépensières socialisantes, là c’est motus et bouche cousue.

    Chirac, fit croire qu’il était à droite, tous les français l’ont crut, et ne font donc pas remarquer que N.K.M, Raffarin, Fillon, voire toute l’ UMP, sont, comme lui, d’authentiques sociaux démocrates, avec de très légères variantes, pour nous faire croire qu’ils existent et qu’ils ont une utilité quelconque.

    Ha ! Oui ! Nous avons parait il un parti libéral ! à l’avenant ! bien au sein de l’usine à gaz centriste, décentrée à gauche, encore plus à gauche que l’UMP ! Ils ont pris une claque, dans leur première mouture, pour leur apprendre à se moquer ouvertement du monde, lorsqu’ils appelèrent à voter pour le benêt du Béarn ! le grand méchant mou sans aucun charisme, le même qui à l’élection suivante appela à voter  »Moi-président » !
    Vous admettrez que lorsque l’on est adhérant aux Tea Party, les suivant autant faire se peut, on se sent sur une toute autre planète ?

    C’est aux français à se réveiller. Qui sont les plus cons ? ceux qui leurs mentent sans arrêt, ouvertement, perpétuellement, ou ceux qui en toute sécurité, dans le secret de l’isoloir, heureux d’ être cocufiés, votent pour eux ?

    Nous sommes foutus.

    1. Lord Jordan C. Black-Mohr

      Je plussoie fermement, bien que ne m’étant jamais vraiment penché sur ce que regroupe l’appellation Tea Party, que les médias mainstream nous dépeignent souvent comme une éminence du mouvement américain composé selon eux de fanatiques des armes sur des tracteurs au milieu de leur champs de patate, c’est à dire sans aucune analyse préalable du contenu réel, comme d’hab. Bref, n’y connaissant rien sur ce point précis, j’aurai la décence de fermer ma g… .

      Les lus cons sont ceux qui râlent et défèquent sur la France, le monde et son système, tout e gobant les insultes à peine dissimulées et le foutre parlementaire nauséabond de ceux qu’ils ont élu et qu’ils conspuent à présent, avant de se liquéfier en une purée immonde aux relents de bile et de fond d’intestin en pleine tourista au moment de passer dans l’isoloir.
      Pour rester dans le thème, nous somme dans la merde.

      1. Tea Party

        Les Tea Party, sont en fait une mozaique de petits partis au summum de la pensée libérale, eux sont vraiment ultra-néo-hyper-turbos libéraux. Ils ont le vent en poupe, et aiguillonnent les Républicains, qui considèrent pourtant le plus à droite de nos partis, pour ce qu’il est : des gauchistes primaires décébrés, d’ailleurs aux USA:  »Socialiste » est synonyme de communiste, et, est une réelle insulte ! ha ! le pragmatisme anglo-saxon !)

        Je ne donne qu’un exemple, pour choquer les bien-pensants, mais j’ai assisté à des réunions champêtres du Tea Party, où il y avait des gens ouvertement du K.K.K, des bikers avec insignes et tatouages nazis. Et oui ! messieurs les libéraux à la mode de Caen, du P.L.D, le vrai libéralisme, c’est la LIBERTE pour tous, et non l’Europe, qui ne vous gêne pas !! et d’accepter des gens aux idées nauséeuses, auxquelles nous n’adhérons pas !

        C’est sur, quand des journaleux de gauche français pour les amoureux des pléonasmes, voient cela ! ont est obligé de les mettre sur respiration artificielle, pour après qu’ils puissent rédiger des articles purulents, mensongers, tronqués ….. Obertone, est déjà nazi !! le reste est à l’avenant.

        1. Lord Jordan C. Black-Mohr

          De toute façon, pour un socialiste, tout ce qui n’est pas dûment estampillé PS est nazi, et tous les autres sont d’infâmes ordures antiparlementaires et antidémocratiques. Soit. Appliquons la technique ancestrale du « ‘Nafout’! J’fais ce que j’veux! » ;)
          Je trouve que le principe de laisser tout le monde s’exprimer est au contraire le fondement de la démocratie, que les plésiosaures grabataires abusivement détenteurs d’un pouvoir que seuls 20% des français (au regard de l’abstention), soit une population de débiles profonds, ont élus la bouche en coeur et la plume dans le c*l, prétendent nous coller dans la face à grand coup de cette batte de baise-ball rose fluo constituée d’imposition et d’ultra contrôle de tout et tous, le tout dans la gueule pourvu que ça saigne.
          Laisser parler les gens n’a jamais tué personne, et si une andouille vomit des idées débiles et des concepts ineptes, une attitude intelligente revient à se dire que gugusse premier précité est un blairot avant d’ignorer ses conneries. J’approuve autant que possible. Cette façon de réagir aurait déjà dû être le principe de fonctionnement de base de notre société, mais cela implique de considérer que les gens réfléchissent. Et soudain, c’est le drame! On se rend compte que nos con-citoyens sont gavés de foot, de star-ac’, de télé-réalifake et de gras au sucre, se réjouissant de n’être toujours pas plus désastreusement débiles (mais au moins autant!) que les cas sociaux alcooliques et consanguins présentés dans « confessions intimes » ou « c’est ma vie » sur les merdias d’Etat ultra-orientés sur la lobotomie et l’aliénation de masse. OK, CPEF.

          Une dernière question: Quel rapport avec le thé? XD

    2. Brice

      Dans « On n’est pas couché » hier, Obertone a confirmé qu’il pensait que Marine Le Pen avait un discours de gauchiste. Immédiatement, le Caron a laissé entendre que, naturellement, Obertone était par conséquent d’extrême extrême droite ! Ces guignols à la télé ne réfléchissent plus que par « droite-gauche » sans jamais d’ailleurs définir ce que sont pour eux la droite et la gauche… Je suis partagé entre la tristesse et la colère, surtout quand je lis que l’émission a été coupée au moment le plus important (d’ailleurs Tea Party, d’où tenez-vous cette info ?).

      1. Tea Party

        Par radio FN ! http://www.fdesouche.com/
        Je ne suis vraiment pas fana de ce parti, surtout pas la mouture bleue Marine, mais il faut avouer, que c’est le seul, qui ose dire quelques vérités, et pour mettre un coup de pied dans la fourmilière politique française, non par adhésion, mais pour se défouler un peu, comme nous n’avons pas d’autres choix ! cela peut faire du bien.

        1. Sylvain JUTTEAU

          Extrait du programme de MLP :

          « L’Etat fort, fer de lance de la réindustrialisation de la France :

          • Mise en place d’une Planification Stratégique de la Réindustralisation directement rattachée au Premier ministre, associant établissements universitaires et grandes écoles, filières industrielles et représentants de l’Etat. Elle organisera la réindustralisation de la France. »

          Tout est du même jus. Le programme est beaucoup plus socialiste que celui du PS. Je crois qu’il est salutaire d’aller voir sur leur site comment l’association du nationalisme et du socialisme a re-trouvé sa cohérence diabolique.

          La complaisance à l’égard de ce parti dans sa formulation actuelle est un piège.

          1. Tea Party

            Ne me faites pas un aficionado du FN ! j’ai toujours employé l’adjectif de  » mélenchonnesque » pour son programme social communiste, concocté par la nouvelle garde anciennement chevènementiste et énarque ! de Marine, pour les intimes.

            Les anciens se rappellent peut être du C.E.R.E.S, l’ancien mouvement de Chevenement ! copié/collé.

            J’ai souvent pris cet exemple, un candidat à la candidature Républicaine, avait proposé une double barrière entre le Mexique et les USA, avec entre les deux des alligators ! Il fut éjecté non pas pour  » racisme, hitlérisme …  » mais car il n’était pas un exemple de fidélité, même si partit de rien, il était milliardaire.

            Imaginez, chez ancien collègue ! que le FN, propose la même chose ? ! Que n’entendrons nous pas ? il serait d’ailleurs grillé à vie de la vie politique française.

            Il est urgent d’ailleurs qu’ils inventent d’autres adjectifs, pour qualifier les vrais libéraux !!

            Par contre je le reconnais, ne pliant pas sur les offres libérales, les vraies, utile de me torturer pour me faire avouer, que par dépit, je n’ai jamais voté pour eux.

      2. ODE

        il semble qu’un livre de Simone Weil sur les partis politiques ait récemment été réédité. Sa thèse, semble-t-il, consiste à dire qu’à partir du moment où il y a des partis il n’y a plus de pensée politique: en effet, toute la « pensée » consistera à être « à droite » ou « à gauche ». ça évite d’aller plus loin, d’inventer, de chercher, de regarder la réalité, etc.
        Mieux vaut donc mettre Obertone dans un catalogue plutôt que de se fatiguer à essayer de réfléchir à partir de ce qu’il dit.

        1. Higgins

          Sur Simone Weil et son oeuvre: « Les partis sont un merveilleux mécanisme, par la vertu duquel, dans toute l’étendue d’un pays, pas un esprit ne donne son attention à l’effort de discerner, dans les affaires publiques, le bien, la justice, la vérité (…) Si on confiait au diable l’organisation de la vie publique, il ne pourrait rien imaginer de plus ingénieux. » et  » La suppression des partis serait du bien presque pur. Elle est éminemment légitime en principe et ne paraît susceptible pratiquement que de bons effets (…) Toutes les fois qu’un milieu tenterait de se cristalliser en donnant un caractère défini à la qualité de membre, il y aurait répression pénale quand le fait serait établi. » et surtout « Le véritable esprit de 1789 consiste à penser, non pas qu’une chose est juste parce que le peuple la veut mais qu’à certaines conditions le vouloir du peuple a plus de chances qu’aucun autre vouloir d’être conforme à la justice. » Beau sujet de réflexion pour une dissertation à rappeler aux clowns politiques de ce pays (dans « Note sur la suppression générale des partis politiques. » cf http://www.enquete-debat.fr/archives/les-partis-politiques-un-scandale-et-un-danger-49113)

  16. Lord Jordan C. Black-Mohr

    Je lisais il y a quelques minutes un article sur les déçus de « moi-fromage à pâte molle », et je suis chaque fois surpris par les mathématiques qui sous-tendent les conclusions des instituts de sondages… François Mimolette ne cesse de se vautrer la tronche dans l’opinion publique, perd un nombre grandissant de points, et chaque semaine , son altesse Mou De La Nouille Premier flotte tranquillou entre deux eaux à environ 30% d’opinions favorables… Alors qu’à force de descendre ainsi on devrait trouver une cote quasiment négative, en exagérant un petit, tout petit peu je vous le concède. En même temps, ayant touché du bout du doigt les stat’ il y a quelques années, les formules m’ont toujours fait vomir par leur complexité abstruse, ce qui me fait vaguement penser que les calculateurs ne sont ni plus ni moins que des adeptes des jeux de rôles lançant des dés à 20 faces pour savoir quelle fraction de pouillème de pourcentage va varier sur un intervalle compris entre 25% et 45%. « Et là, ton mage se bouffe une boule de feu: jette un dé pour savoir à quel point il prend cher! »
    Bref leurs sondages, si je comprends bien, revêtent plus souvent l’aspect du sondage médical à grand coup de doigt dans l’échantillon (ouïe!), comme lorsque nous remplissons notre feuille de réquisition de toutes nos possessions… heu… nos feuilles d’impôts! Pardon, je… je me suis égaré un court instant! Hum.
    Reprenons.
    Quant à l’austérité, elle consiste selon les politiques en vigueur en Europe du « sud », à fabriquer de la misère et des morts de faim pour engraisser trois mille couillons qui prétendent les gouverner, utilisant leur argent en organisation de symposiums, séminaires, « séjours de travail », et autres orgies au cours desquelles, à l’image de DSK, nos « élites » (putain je saigne des doigts à les appeler « élites »! mais c’est un truc de fou comme ça m’écorche la face!) consomment vins et spiritueux hors de prix, cocaïne, et autres joyeusetés ainsi que de fringantes jeunes filles court-vêtues fournies par de douteuses connaissances entourées de porte-flingues caractériels.
    Ok, je sais , j’enfonce des portes ouvertes, mais ça fait du bien! En tout cas tant que la police politique de la pensée unique et de la lobotomie de masse ne vient pas enfoncer la mienne… >_<

    1. Deres

      Les sondages sont surtout truqué par le fait que les gens savent que leurs réponses serviront pour un sondage politique. C’est pour cela que les côtes descendent difficilement en dessous de 30%, seuil auquel est déjà arrivé mimolette. Un véritable militant pour son parti ne répondra jamais qu’il n’est pas satisfait même si il le pense. Un tel réponse serait une traîtrise, une aide pour l’opposition et reconnaître ses propres erreurs, ce dont est incapable la plupart des gens. On lave donc le linge sale en famille et on répond que l’on est satisfait.

      De plus, la plupart des sondages utilisent 4 réponses et agglomèrent les 2 positives et les 2 négatives pour obtenir la côte. Cette méthode est assez tendancieuse car elle ne prend pas en compte les transferts entre les 2 catégories positives ou négatives … Dans le dernier sondage par exemple, Hollande fait 3/27/30/36 et on annonce 30% de satisfaits ! En réalité, on voit bien que PERSONNE n’est complètement satisfait !

      1. Lord Jordan C. Black-Mohr

        Ah oui, en effet… Quoi qu’il arrive, un adhérant à un parti quelconque peut quasiment être comparé à un adepte d’une secte. C’est affreux de voir comme une personne initialement assez intelligente, capable de penser par elle-même, devient un mouton connaissant son catéchisme par coeur, le servant de façon automatique et presque sans aucun contrôle, au discours débilitant, dont la seule raison de vivre est de contaminer d’autres humanoïdes, etc… Et ceux-ci de psalmodier d’une voix atone un incantatoire « Prend ta caarte au partiii! » En plus quand ce sont des socialauds, je vous raconte pas comme c’est flippant!
        Donc un militant ne chiera jamais dans les bottes de son chef.
        CPEF.

    2. channy

      ah oui? on n’a pas le même cas de conscience quand sous couvert du Fmi les pays occidentaux au travers du FMI ont mis en coupe réglé les pays asiatiques, africains…pour soi disant en faire des pays vertueux.
      Maintenant c’est chacun son tour d’en prendre plein la tronche.

      « les appeler « élites »! mais c’est un truc de fou comme ça m’écorche la face!) consomment vins et spiritueux hors de prix, cocaïne, et autres joyeusetés »
      Vous pensiez encore que nos Zélites étaient de gentils Bisounours proche des gens, intéressés par l’avenir du pays..le fait est que nos Zélites se sont mis au niveau de celle du tiers monde..rappellez vous dans les années 90 la télé faisait des micro trottoirs avec les politocards qui na savaient jamais combien coutait une baguette de pain, un ticket de métro..vous pensez que cela donnerait quoi maintenant?

      1. Lord Jordan C. Black-Mohr

        Arf, le FMI est un vampire à l’échelle mondiale et comme tout organisme avide de la thune des autres, il vaut mieux aller chercher le flouze chez les pauvres: ils n’ont pas les moyens de payer une armée d’avocats internationaux capables de défendre éhontément l’indéfendable.

        Sinon, vous savez, ça fait bien longtemps que j’ai perdu mes illusions, mais pas ma nature révoltée. Donc je râle. Je me rappelle très bien de tout cela, de cette déconnexion flagrante des rentiers dépositaires du pouvoir de nous faire chier, bien qu’étant assez jeune à l’époque. La sodomie généralisée était déjà codifiée et institutionnalisée, mais se pratiquait moins ouvertement qu’aujourd’hui.

  17. Franciskus

    La droite n’est plus la droite : économie keynésienne, valeurs morales de gauche, en plus soft.

    En France on a le choix entre du socialisme (UMP-UDF), du socialo-communisme (PS), ou du national socialisme (FN).

    Quand à ce pauvre Obertone, il est officiellement déclaré valet d’Hitler, donc de Le pen, donc de Satan. On reprocher beaucoup de chose aux fronteux, notamment en économie (Keynes powa !), mais certainement pas du laxisme judiciaire. Et ça, ce sera fatal à l’UMP à moyen terme.

  18. gem

    A la réflexion, H16, je pense que ta réflexion est basée sur un malentendu. Il me semblerait plus juste de dire que c’est la gauche qui est devenu de droite (et même carrément fasciste) !
    Désolé mais je vais être un peu long je le crains.

    Qu’est que la droite ? Les moralistes conservateurs réactionnaires, qui
    1) soutiennent le pouvoir, et bien sur le pouvoir central, le plus central possible, avec un Homme Providentiel (TM) à sa tête (idéalement un roi)
    2) comptent sur le pouvoir pour remettre de l’harmonie (de l’ordre, de la justice, etc. ) là où elle a disparue, soi-disant sous l’effet des forces du désordre, de l’immoralité, de l’argent, et de l’étranger.
    3) et dans ce but font des lois pour imposer leur morale, selon eux LA morale, la seule, l’unique : la morale « publique ».
    4) ont une conception élitiste de la société, avec une élite qui guide le peuple qui ne peut que suivre.
    L’archétype du politicien de droite c’est le Démocrate Chrétien, et notamment sur les questions « sociales » le paternaliste, qui octroie (de haut en bas) ce qu’il estime juste

    Qu’est que la gauche ? grosso modo l’opposé, c’est à dire un ensemble divers et inhomogène de gens qui adopte l’une ou l’autre des propositions suivante
    1) l’opposition, qui n’attend du pouvoir que des ennuis, d’autant plus d’ennuis qu’il est plus fort et plus central
    2) les gens qui tolèrent bien le désordre, l’étrange et l’étranger, la souplesse morale, voire le vice, ou qui au moins soutiennent que « les vices ne sont pas des crimes »
    4) ont une conception égalitaire de la société, ou chacun suit sa propre voie (seul ou à plusieurs)
    L’archétype du politicien de gauche c’est le tribun qui dénonce, et le syndicaliste, qui organise (horizontalement) et qui « arrache » (de bas en haut) au niveau local.

    par exemple :
    la prostitution ou la drogue : le type de droite veut les faire disparaitre, par tout moyens, et n’hésitera pas à taper sur tous les acteurs : fournisseurs (mac, pute, dealer), client ; le type de gauche veut améliorer le sort des prostitués, des drogués, s’assurer que ce métier est fait librement, que les drogues ne sont pas frelatées et utilisées dans des conditions aussi saines que possibles pour les autres, mais il n’a rien contre le métier en lui même ou du moins il n’est pas prêt à user de la force (et encore moins de la force publique) pour essayer d’y mettre fin.

    Il est bien clair qu’un Peillon ou une NVB, et plus généralement le PS, n’ont de la gauche que la partie dite « sociale », mais dans la mise en œuvre ils sont typiquement dans la pensée de droite. A ce compte ils sont autant de gauche que Bismarck et Pétain. Ce qui met la puce à l’oreille, c’est la trajectoire des

    Donc il me semble que la prétendue gauche n’est plus de gauche, elle est dans le pire de la droite ; elle a juste remplacer la morale traditionnelle à fondation chrétienne par une Morale nouvelle, démagogique, syncrétique, qui tient du paganisme écolo (culte de Gaia), du christianisme (heureux les pauvres, les pauvres sont le sel de la terre) et du messianisme marxiste (dictature du prolétariat). C’est une morale un poil différente de la morale « de droite », mais ce n’est pas la morale qui fait la gauche, c’est sa relation au pouvoir et la façon qu’elle a d’en user, ou plutôt de n’en pas user.

    1. ODE

      Vous, vous avez eu un prof d’histoire gauchiste.
      « l’homme providentiel » n’est en rien une idée de droite.
      la morale publique n’est en rien une idée de droite.
      le pouvoir fort n’est en rien une idée de droite.
      les communistes de 1917 se prenaient eux-mêmes pour une élite qui devait diriger le peuple, lui enlever ses superstititons (par des massacres éventuellement, ou des mensonges), l’éduquer: voilà de l’élitisme. Staline, Trostky, Lénine, une droite qui s’ignore? Allons donc!!

      Vous raisonnez tellement en termes de « droite » et « gauche » que vous faites fi de l’intelligence humaine. S’il y a une idée qui est totalement de droite, c’est bien la liberté et l’usage libre de la raison.

      1. gem

        Evidemment que j’ai eu un prof d’histoire gauchiste. En fait, je ne crois pas avoir croisé un prof d’histoire géo qui aurait été autre chose, de toute ma scolarité, et tous se seraient étranglé d’indignation à ce que je viens d’écrire, comme vous.

    2. Sylvain JUTTEAU

      @ gem

      Votre grille de lecture me parait inadéquate, ce qui conduit à des erreurs.

      Sur le cas particulier de la prostitution, vous écrivez : « le type de gauche veut améliorer le sort des prostitués, [...] s’assurer que ce métier est fait librement ».

      - Or la gauche protestante (Rocard, Jospin) ou « républicaine » (Chevènement) est du côté des rigoristes moraux, prenant respectivement racine dans la « morale protestante » de Luther ou Calvin, et dans la « morale républicaine » des instituteurs de la III° République.

      « Toute passion dont on triomphe laisse l’impression joyeuse d’une victoire gagnée » peut-on lire dans le livre scolaire intitulé « Leçon de Morale à l’usage de l’enseignement primaire » de Ferninand Buisson, édité en 1926.

      D’ailleurs, en pratique, c’est la Révolution qui a lancé la charge contre une prostitution associée à la prétendue déliquescence des moeurs de l’Ancien Régime, et c’est le Directoire qui en fit un délit.

      Pour être juste, précisons toutefois que Louis IX avait fait une tentative ponctuelle et infructueuse d’interdiction. Mais au total, l’intolérance du pouvoir politique à l’égard de la prostitution est le fait de la gauche républicaine.

      Vous écrivez aussi :  » le type de droite veut [la] faire disparaitre, par tout moyen, et n’hésitera pas à taper sur tous les acteurs »

      - Or l’Ancien Régime, regardé avec glamour par certains conservateurs de droite et même regretté par d’autres, a encadré la prostitution et reconnu son rôle. En témoigne par exemple le vitrail de la cathédrale de Chartres offert par les prostituées, au même titre que ceux offerts par les corporations de métiers.

      - A cela il faut ajouter que les libertariens, les « anarchistes de droite » sont eux aussi favorables au libre commerce de la prostitution.

      Pour la prostitution, votre critère de discernement droite/gauche entre le rigorisme moral et la permissivité se trouve mis à mal par une observation attentive des faits.

      Pour la drogue, vous pourrez aussi observer que votre critère de discernement droite/gauche entre le rigorisme moral et la permissivité, s’avère aussi inopérant. Il suffit de citer la position d’Alain Madelin qui se prononce pour « La distribution réglementée de l’ensemble des drogues ». Comme toute distribution en France est déjà réglementée, cela revient à se prononcer pour le commerce de la drogue à l’instar du commerce des autres produits et services.

      Au total, ce manque de critère efficace de discernement entre la gauche et la droite, vous fait affirmer que la gauche est un « ensemble divers et inhomogène ». Je crois que c’est inexact. Je crois que la gauche est homogène.

      D’abord, je ferai une remarque historique, et ensuite je ferai une proposition pour un criète de discernement.

      D’abord la remarque.

      La distinction gauche droite a été brouillée assez bêtement par le fait d’avoir classé le socialisme national allemand à « droite ». Pourtant, son athéisme de principe, sa doctrine de l’Homme Nouveau, son goût pour la force de la masse, et son interventionnisme économique n’auraient pas dû laisser la place au doute.

      Mais l’Histoire a laissé sa marque. Le pacte Molotov-Ribbentrop était un héritage inavouable pour les socialistes, et il a fallu toute la force de la propagande pour éloigner au maximum le frère socialiste allemand sur l’échiquier politique virtuel. Hitler se réclamait lui-même du socialisme, mais ses compagnons, pourtant plus efficaces en termes de massacres, ont fait la moue.

      Aujourd’hui, il est temps d’écarter les miasmes de la propagande, et de retrouver de la lucidité. C’est certes un grand travail, et pour beaucoup un inconfort, que de se remettre à penser par soi-même.

      Voilà le critère que je propose à votre jugement critique :

      —-> A gauche, l’application de l’idéal.

      Est à gauche un parti qui croit incarner une vérité bâtie par la raison humaine. Il n’y a rien au delà de la Raison. Tout doit se conformer au modèle idéal inventé par le génie humain. Le socialisme, par exemple, c’est la prévalence d’un idéal de société, au besoin en tuant les Hommes. Lénine écrit : « Pas de Révolution sans bain de sang ».

      —-> A droite, la recherche de l’efficience

      Un parti de droite accepte qu’il y ait quelquechose au-delà de la Raison : Dieu, une transcendance quelconque, un facteur « x », ou bien encore au plan économique une « main invisible ». Un parti de droite donc trouver des solutions efficientes pour gérer cette réalité dont une part le dépasse.

      Remarquons que dans sa construction mentale, la gauche est plus affirmative. Sa nature affirmative lui permet de mieux utiliser les outils de la propagande. La droite de son côté a pour elle la force du réel, qui finit toujours par ressurgir.

      En poussant l’analyse dans des retranchements plus profonds, le fondement est que la gauche représente la vanité diabolique et en cela incarne le Mal, et la droite représente l’humilité face à la Création, et en cela incarne le Bien.

      Ce sont des fondements qu’il faut nuancer car ces repères eux-mêmes sont troublés lorsque la droite adore le veau d’or, et lorsque que la gauche le honnit.

      Au fond, lorsque la droite aura enfon compris qu’elle doit se débarasser de son adoration du veau d’or, elle aura retrouvé sa vraie nature et fera disparaitre la gauche dans la gehenne, qui est son habitat naturel.

      Grosses Bises.

      1. gem

        En fait je suis assez d’accord. C’est juste que pour moi la gauche « rigoriste » ou « républicaine » n’appartient déjà plus à la gauche : tant dans ses idéaux que dans ces méthodes, elle tient de Bismarck et de Pétain, et pour moi ce n’est pas un hasard si Jospin est le fils d’un Collaborateur de 40-44. Parce que la distinction gauche-droite est brouillée depuis plus longtemps que ça : on peut trouver qu’il n’aurait pas fallu classé le NSDAP à droite, mais si ça été fait c’est pour des raisons qui remonte à longtemps. Peut-être à l’émergence de la gauche marxiste, la gauche « de droite » en me permettant un oxymore apparent. Autrement dit, je dirais que les mencheviks sont de gauche (sous toute réserve, je les connais mal), et les bolcheviks sont de droite ; comme le NSDAP, son cousin.
        Coluche et l’abbé Pierre sont de gauche. le PS est de droite.

        Votre critère « —-> A gauche, l’application de l’idéal » me semble inopérant : toute force politique a un idéal, et raconte une histoire avec un passé, un présent et un futur (radieux si on la suit, noir dans le cas contraire).  » donc à moins de classer comme « à gauche » toute force politique … ce qui n’est peut-être pas idiot, au fond : serait à alors « à droite » ce qui ne s’organise pas en force politique, ou ce qui y résiste ; la « majorité silencieuse », en somme.

        —-> A droite, la recherche de l’efficience » me semble insuffisant aussi ; tout le onde recherche une certaine efficience, mais pas sur les même sujet.

        Mais au fond tout cela est assez vain est inutile. Pour moi il n’y a que deux classes politiques
        * ceux pour qui la fin justifie les moyens
        * ceux qui s’impose, et impose aux autres, des limites limites strictes aux moyens autorisés.
        Alors que le classement traditionnel est plutôt sur les objectifs, ce qui est inepte AMHA : pour un même objectif, que j’approuve ou pas, je peux être admiratif de l’un et révolté par un autre.

        1. Sylvain JUTTEAU

          @ gem

          Merci pour votre réponse.

          Notre dialogue est la démoonstration que, même sur internet, il est possible de savourer le temps de la réflexion.

          Vous écrivez :

          ****
          Votre critère « —-> A gauche, l’application de l’idéal » me semble inopérant : toute force politique a un idéal, et raconte une histoire avec un passé, un présent et un futur (radieux si on la suit, noir dans le cas contraire). » donc à moins de classer comme « à gauche » toute force politique … ce qui n’est peut-être pas idiot, au fond : serait à alors « à droite » ce qui ne s’organise pas en force politique, ou ce qui y résiste ; la « majorité silencieuse », en somme.

          ****

          Si vous me faites cette réponse, c’est que je me suis mal exprimé.
          J’ai choisi à tort d’employer le terme « idéal ». Pour moi, le terme « idéal » se réfère à l’ »idôlatrie » d’un modèle de société créé par l’Homme.

          J’observe d’abord que cette idôlatrie est condamnée par les religions abrahamiques.

          Dans le Décalogue, Exode 20:4, il est commandé « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre »

          .לֹא תַעֲשֶׂה־לְךָ פֶסֶל ׀ וְכָל־תְּמוּנָה אֲשֶׁר בַּשָּׁמַיִם ׀ מִמַּעַל וַאֲשֶׁר בָּאָרֶץ מִתַָּחַת וַאֲשֶׁר בַּמַּיִם ׀ מִתַּחַת לָאָרֶץ

          En Islam, c’est la profession de foi elle-même qui proscrit l’idôlatrie. Les musulmans l’appellent la « Chahada ». « Je témoigne qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et que Mahomet est son messager. »

          اشهد ان لآ اِلَـهَ اِلا الله و أشهد ان محمدا رسول الله

          Dans l’organisation traditionnelle de la société, chacun sa sphère de compétence. L’autorité spirituelle tourne son regard vers Dieu et son domaine est atemporel. Le monde temporel, qui est celui du pouvoir politique, n’a pas à créer des idoles pour se les approprier à des fins de domination.

          La technique qui consiste à créer un idéal de société pour l’imposer est contraire à l’ordre naturel, et est germe de destruction. D’ailleurs, à l’inverse, lorsque l’autorité spirituelle se mêle du domaine temporel, c’est aussi un désordre destructeur.

          Pour imposer cet idôlatrie d’un modèle de société, quoi de plus efficient que de carrément nier l’existence d’une quelconque transcendance. C’est ce que vous rappelez en écrivant « la fin justifie les moyens ». La fin, c’est la domination politique; le moyen, c’est la négation de toute transcendance.

          Pour imposer cette idôlatrie, on survalorise en effet la Raison, et l’on prétend qu’il n’y a rien au delà de la Raison.

          Ensuite, au delà même de la question religieuse, on peut voir que cette séparation entre ceux qui nient la transcendance et ceux qui l’acceptent, s’étend au domaine philosophique.

          Platon distingue deux mondes :

          1- le monde sensible, le monde des sens
          2- le monde intelligible, le monde de l’intelligence

          Chacun de ces deux mondes est lui même distingué en deux parties.

          1- Le monde sensible est distingué entre d’une part les objets, et d’autre part l’image des objets.

          D’une part l’existence même des objets relève de la croyance. Je crois que cet ordinateur existe.

          D’autre part, la vision des objets relève de l’imagination. Je peux me faire une image de cet ordinateur car je vois de façon tangible son image.

          Dans ce monde sensible, il y a déjà une séparation et un débat entre deux tendances. L’ »Homme de gauche », socratique, se base sur l’image tangible qu’il voit et refuse tout autre existence. L’ »Homme de droite », platonicien, a la foi en l’existence de l’objet : il sait que l’image n’est qu’une image.

          Cette séparation entre ces deux tendances se retrouvera ensuite dans tous les débats du moyen âge.

          2- Le monde intelligible est distingué entre d’une part les Idées préexistantes à l’Homme, et d’autre part les objets démontrables tels que les hypothèses mathématiques.

          D’une part, le monde des Idées ( appelé monde « anhypothétique ») est appréhendé par la connaissance intuitive.

          D’autre part, le monde des objets démontrables (appelé « monde hypothétique ») est appréhendé par la connaissance discursive.

          Dans ce monde intelligible, il y a aussi une séparation et un débat entre deux tendances. L’ »Homme de gauche », socratique, se base sur ce qui est démontrable. L’ »Homme de gauche » est enfermé dans l’illusion qu’il est le créateur des Idées. L’ »Homme de droite », platonicien, a directement la foi en l’existence des Idées : il développe sa connaissance intuitive pour capter les Idées.

          Cette séparation entre ces deux tendances se retrouvera aussi dans les débats du moyen âge.

          Au XVII° siècle, René Descartes exige une démonstration de sa propre existence : « Je pense, donc je suis ». Il refuse de croire sans hypothèse démontrable à sa propre existence. La pensée cartésienne est typique de la connaissance restreinte propre à l’ »Homme de gauche ».

          Au plan religieux, comme au plan philosophique, la séparation entre la gauche est la droite est nette.

          Cette ligne de fracture traverse les siècles.

          L’Homme de gauche idolâtre un objet qu’il crée. Il se libère de façon illusoire de la contrainte d’un objet extérieur. Cette libération lui permet d’affirmer en effet que la fin justifie les moyens, et en ce sens je vous rejoins dans vos conclusions.

          L’Homme de droite accepte que l’Idée lui préexiste et cherche le chemin le plus efficient pour administrer les affaires de la Cité en sachant que l’Idée lui préexiste. Il accepte une limite extérieure, et en ce sens, je vous rejoins par ce chemin dans vos conclusions.

          Grosses bises.

      2. Capol

        Je pensais que la Raison c’était l’observation et l’analyse des faits et des forces de la nature et que de ces observations en decouler un systeme social et donc que la Raison etait une valeur libérale. À l’opposé le socialisme imaginait une société et essayer de plier la nature et au passage les gens à sa vision.

        1. Sylvain JUTTEAU

          @ Capol

          En effet, l’analyse des faits et des forces de la nature, est faite par une connaissance rationnelle discursive.

          Mais cette analyse des faits et des forces de la nature peut être plus profonde et réalisée aussi par une connaissance rationnelle intuitive.

          Le libéral prendra en compte les deux moyens de la connaissance. D’ailleurs, en descendant au niveau des applications économiques, Bastiat dira « il y a ce qui ce voit et ce qui ne se voit pas », ou Adam Smith parlera de la « main invisible ».

          En revanche, à gauche la Raison se limite à la raison discursive. Et cette Raison partielle est idôlatrée. Cette idôlatrie est le syndrome d’un manque.

          A droite, la Raison complète, à gauche, l’idolâtrie de la Raison limitée.

  19. Higgins

    Ce billet complète parfaitement celui de notre hôte. Il explique, entre autres choses, pourquoi la Droite française n’en est plus une et ce qui la condamne indéniablement (en plus d’expliquer certains choix curieux qu’elle a pu faire): « En accusant, jour après jour, mois après mois, François Hollande d’ »improvisation », la droite française commet une erreur stratégique majeure. Car le pouvoir en place est obsédé par l’idéologie. Que ce soit dans l’économie, dans les mœurs, dans la culture, il s’efforce de naviguer au plus près du socialisme le plus pur. Le contexte n’y est certes pas favorable – pour gaspiller comme ils en rêvent, il faudrait être plus riche que nous ne le sommes -, mais l’entreprise d’idéologisation de la France existe bel et bien, ample, profonde et dynamique. » (http://www.enquete-debat.fr/archives/de-quel-mal-hollande-est-il-le-nom-83103)

    1. Emma

      Très juste. La gauche agit par idéologie, elle n’improvise pas du tout. Toutes les strates de la société sont infestées par elle à commencer par l’éducation nationale qui la distille depuis tant d’années quel que soit la couleur du gouvernement en place.

  20. Sylvain JUTTEAU

    Si on me demandait comment s’armer face à la force de l’ennemi, je recommanderais quatre lectures de classiques du XX° siècle:

    1) « La route de la servitude », Friedrich Hayek, paru en 1944

    2) « Le phénomène bureaucratique », Michel Crozier, paru en 1964

    3) « La crise du monde moderne », René Guénon, paru en 1927

    4) « Le système totalitaire », Hannah Arendt, paru en 1951

    Chacun de ces ouvrages touche un domaine spécifique :

    1) « La route de la servitude », de Friedrich Hayek, montre comment le peuple s’enferme lui-même dans l’illusion et se bâtit une rude prison. La démonstration est d’autant plus facile qu’elle se base sur l’observation directe des faits.

    2) « Le phénomène bureaucratique ». Michel Crozier est un sociologue. Il part d’un cas pratique analysé sur le terrain, et décrit les mécanismes de prolifération de l’administration.

    3) « La crise du monde moderne », de René Guénon, est un regard métaphysique, qui traite des causes profondes des dérives modernes. C’est un regard frais et décapant pour ceux qui veulent bien faire l’effort de prendre de la hauteur de vue.

    4) « Le système totalitaire », de Hannah Arendt, montre ce qu’est la nature profonde du socialisme, à travers les expériences pratiques du socialisme soviétique et du socialisme national.

    Lorsque je créerai un journal, je crois que je demanderai aux journalistes de lire ces quatre livres avant d’écrire quoi que ce soit, de façon à renforcer leur discernement, hors la pensée pré-mâchée qui leur a servi jusqu’alors de nourriture.

    Aucun de ces auteurs n’a jamais été considéré comme un excité. Seule la qualité de leur travail en a fait des ouvrages de portée mondiale.

    Et pour comprendre l’ennemi, je crois qu’il faut lire « La révolution permanente » de Léon Trotsky, publié en 1928.

    1. Higgins

      On peut y rajouter les trois suivants qui expliquent comment tout cela se met en place: le premier est « Propaganda » (http://www.huyghe.fr/actu_469.htm et par ailleurs publié chez Zones) d’Edward Bernays (http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Bernays), celui sans qui rien ne serait arrivé. Le second est « Storytelling » de Christian Salmon chez La Découverte et enfin, le dernier, « Neuro-Esclaves » de Marco Della Luna et Paolo Cioni chez Macroéditions.
      Bonne lecture.

      1. Sylvain JUTTEAU

        @Higgins

        Ces ouvrages sont intéressants comme exemples pratiques et tentatives de théorisation sur le sujet particulier de la méthode de manipulation des masses. Bernays parait pertinent comme témoin direct.

        Mais je recommenderais – pour les afficionados – d’aller plus en amont dans le déroulé de la pensée, avec le double ouvrage suivant :

        - Psychologie des foules et analyse du moi – Sigmund Freud, qui s’appuie explicitement sur :
        - Psychologie des foules – Gustave Le Bon

        Ces deux monographies sont regroupées dans un même tome de la « Petite Bibliothèque Payot », et sont d’un style clair.

        Mais pour comprendre encore plus en amont les forces en arrière plan, et redresser au passage les errements du freudisme, il me semble difficile de dépasser « La crise du monde moderne » de René Guénon cité plus haut.

  21. Mominette

    Trop long pour répondre, mais je prends le cas de la drogue.

    Le libéral – cet odieux électron libre qui dispose d’un cerveau – constate que si la drogue connait le succès qu’elle a, c’est parce que c’est un marché juteux (exceptionnellement même).

    Alors apparait l’alternative : la vente libre d’une drogue ultra bon marché ! En pharmacie, pour éviter les contre-façons dangereuses.

    Dès lors :
    - le marché s’effondre
    - les cultivateurs repassent au maïs ou au manioc
    - les dealers se recyclent dans les vieux pneus
    - les polices cessent de devoir contrôler les voitures
    - les Parquets ont la paix, et des places de prison se libèrent
    - les drogués n’égorgent plus les vieilles pour voler leur billet de 20 euros dans leur jupon
    - on ne démarche plus les gosses au sortir de l’école.
    - les derniers drogués crèvent lentement à leur gré
    et la mode passe.

    Bref, le libéral sait que la prohibition est un véritable outil de marketing.

    1. Tea Party

      Effectivement depuis ce matin, leur nouveau dada, c’est l’alcoolisme ! Vous allez tous finir par mourir en bonne santé ! avec toutes ces multiples interdictions. Au fait, vous en êtes où, avec les stickers sur vos bouteilles de vins, pour avertir les femmes enceintes ? c’est l’exemple idiot au possible, parfaitement inutile, car les femmes assez idiotes pour continuer à boire, sont irrécupérables, avertissement ou pas. Double faute, car après, leurs enfants complètement tarés, au cerveau cuit par l’alcool, voteront à gauche !! bon, OK, je sors.

      1. NeBu

        Non ne sortez pas c’est ce qu’on appelle du darwinisme.
        Et c’est bien ça le malheur du 21ème siècle, le darwinisme n’est plus car tout le monde est sous perfusion.

  22. Deres

    La droite n’a rien à proposer car en fait, Hollande fait exactement la même chose qu’eux, avec juste une nouvelle présentation sémantique, une complexité accrue et un an de retard supplémentaire.

    Le meilleur exemple est la TVA social. C’est exactement la même chose (hausse de TVA en échange de baisse des charges) mais en plus compliqué et beaucoup plus tard. Au lieu de se faire directement, cela se fait par un crédit d’impôts, formidable source de travail administratif. De plus, au lieu d’arriver en 2013, cela ne se fera plus qu’en 2014. Un an de perdu !

    Idem pour la retraite. Après avoir baisser l’âge de la retraite pour une partie des français, il a suffit de 6 mois pour que le sujet revienne sur le tapis avec une augmentation de l’âge de la retraite similaire à celui prévu par la droite …

    On a l’impression que Hollande a annulé toutes les mesures de Sarkozy sauf celles de hausse des impôts et d’augmentation de complexité administratives mais que celles-ci reviennent progressivement. La différence est que cela nous aura fait perdre au moins un an. Quand on sait que la plupart des mesures économiques mettent souvent plus d’un an à faire effet, on se rend compte du désastre pour le pays. Et encore, en faisant l’hypothèse que ces mesures vont dans le bon sens, ce qui prête largement à débat …

  23. Artur

    Mais avec un tel contexte de crise et de desillusion envers les partis habituels, pourquoi est-ce que les liberaux ne sont pas foutus de se faire entendre? Comme on peut le voir dans les commentaires, H16 & co. prechent des convaincus. Je suis naif, mais quand je vois avec la refiscalisation des heures sup’ que finalement les gens avaient integre le « travailler plus pour gagner plus », que par ailleurs les jeunes sont impregnes de l’esprit peer2peer/crowdfunding, on pourrait croire que le terreau est pret a un message proposant + de liberte, non? Dites-moi, proposer aux Francais de toucher leur salaire complet ca envoie au bucher ou ca passe? (c’est pas une question rhetorique)

  24. NOURATIN

    Je ne vois pas grand chose à ajouter à une analyse frappée au coin du bon sens qui aboutit à un constat parfaitement incontestable. Ce pays est foutu,
    en effet, c’est bien dommage mais on ne voit pas ce qui pourrait le sortir du
    marasme. Deux gauches, dont une qui se prétend à droite et deux partis communistes dont un que la bien-pensance qualifie de fasciste.
    Nous ferons date dans l’histoire des idées politiques, c’est sûr!

  25. Pascale

    On lit tous les journalistes commenter les cris d’orfraie que pousserait la population européenne qui en aurait marre de « l’austérité ». À chaque fois, cela me fait bondir car, comme vous le dites si bien, cher H16, et comme ne cessent de le répéter tous les libéraux il n’y a pas l’ombre d’une politique d’austérité mise en place en France. Les journaleux, comme d’hab, racontent n’importe quoi, mais ils sont dangereux. Là est le problème.
    Car l’austérité cela signifierait ; coupes franches dans les aides sociales, et « redistributions » en tout genre, suppression des subventions diverses et variées accordées aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises, arrêt des travaux pharaoniques de type de ceux que Delanoë prépare à Paris, réforme en profondeur de tout le fonctionnement de notre administration gaspilleuse avec réduction drastique du nombre de fonctionnaires etc…
    On en est loin
    Nos journaleux sont-ils de mauvaise foi ou complètement abrutis ?

    1. Deres

      En France, il n’y a pas de diminution d’effectifs des fonctionnaires au global. Dans ceux devant compenser les embauches d’enseignants, cela se fait uniquement par des embauches moindres et des dépars en retraite. Repousser l’âge de la retraite serait d’ailleurs un problème pour le gouvernement car cela rendait ces petites baisses plus douloureuses … Les économies ne se font pas sur le budget de fonctionnement mais sur le budget d’intervention/investissement. Idem pour la futur Modernisation de l’Action Publique (MAP). Elle consiste juste à supprimer des niches fiscales ou des allocations diverses. Il n’est aucunement prévu de s’attaquer aux administrations inutiles et à la complexité administratives et réglementaire …

  26. christo

    Ce qui est étonnant… c’est votre étonnement.

    Car enfin, notre classe politique, de « gôche » à « droâte », n’est que le reflet fidèle de… nous-mêmes.

    Terrible miroir de notre médiocrité, de notre veulerie, de notre lâcheté.

    Ca fait 30 ans que ça dure.

    Où est le problème ?

    Ce qui me gêne dans le discours « eux versus nous », c’est le côté absolution. Hop ! Ca lave plus blanc (quoi que…) que blanc.

    Les Français (?) sont leurs propres bourreaux, et absolument pas des victimes.

    Alors bien entendu : il y a nous. Les quelques centaines, allez soyons fous, les milliers de pékins qui lisent H16 (avec bonheur).

    Mais, nous n’allons pas déclencher la révolution, ni même réveiller les veaux. On ne réveille pas un mec dans le coma.

    Alors que faire ?

    Rien justement.

    Enfin si : juste se barrer.

    On reviendra après l’effondrement, pour reprendre la main.

    Mais d’ici là : sit back, relax, and enjoy the show !

    C’est jouissif.

  27. Pascale

    «  » »le gouvernement de Jean-Marc Azote ne semble en rien tenu par une quelconque discipline, » » »
    Ils sont à l’image de leur chef : sans structure, voguant au gré du vent, se laissant porter par le courant, incompétents, inconsistants, vains et vaniteux.
    On leur reproche de ne rien faire pour sortir la France du marasme. Perso, je préfère qu’ils s’abstiennent de faire quoi que ce soit, car à chaque fois qu’ils bougent le petit doigt une autre catastrophe s’abat sur la France.

  28. Alexandrov

    Bonjour tous,

    Côté UMP, Bruno le Maire ne vous paraît-il pas un peu moins catastrophique que les autres ? Bon, c’est pas le libertarien pur sucre, c’est sûr, mais quand j’entends réduction du nombre de députés à 400, interdiction de faire plus de 3 mandats consécutifs, ou des choses du type :

    « J’insiste, l’Etat doit redéfinir son rôle et sortir de son intervention tous azimuts pour se concentrer sur l’essentiel : à cette condition, il retrouvera sa force et son efficacité »

    ça me paraît moins catastrophique que ce que j’entends habituellement pas les étatistes de tous bords.

    Je serai curieux de savoir ce que les libéraux que vous êtes pensent de ce garçon.

    http://www.brunolemaire.fr/

    1. Bof. En gros, c’est toujours la même chose : le plat semble sympa sur la photo, et quand l’assiette arrive, les haricots sont trop cuits, la viande est immangeable et le dessert est inexistant.

    2. Aristarque

      Bruno Le Maire qui a de l’ ambition se cherche un positionnement politique qui pourrait passer pour dextrocompatible.
      Sous Sarkozy, il ne se distinguait pas particulièrement de la tendance du Patron.
      Comme elle n’a pas été efficace, il en cherche une amélioration.

  29. hussardbleu

    L’austérité ? …. Louis XIV, face à la crise financière de la fin de son règne, prit plusieurs édits somptuaires, prescrivant l’envoi à la fonte de toute l’orfèvrerie de Versailles (dont le merveilleux mobilier d’argent venu de Vaux) : toute la noblesse suivit l’exemple et la haute bourgeoisie de même (et c’est pourquoi on ne trouve pratiquement plus de « pièces de forme » antérieures à 1700).

    Peut-on espérer que nos « élites » républicaines accepteront de « retrancher », qui sur ses pharamineux revenus (Mme Taubira a dans les 300 Keuros par an, lisais-je ?), qui sur ses « avantages en nature » (genre appartements somptueux qui pourraient être cédés, ou luxueuses voitures de fonction pour tout pékin détenteur d’une parcelle d’autorité publique, quand on voit que le libéral, lui, est fiscalement astreint à un voiture ne dépassant 7cv… mais qu’il paie de ses deniers et non pas avec de l’argent gratuit), les exemples de « retranchement » possibles sont innombrables… n’en déplaise à Melle Batho…

    Mais j’oubliais… Louis XIV n’était ni socialiste ni démocrate…

  30. Derezzed

    Chapeau ! De loin le meilleur article écrit sur le paysage politique français, qui rime avec désertique. Je suis également content de vor que quelqu’un replace le FN là où il est vraiment sans hurler au racisme, ce qui à la longue n’est plus crédible surtout en 2012 : le FN n’est qu’un parti national-socialiste et qui dit socialisme dit forcément ruine. Donc ça ne va pas chercher très loin, d’autant que le FN a de plus en plus tendance à se gauchiser avec Marine Le Pen en bourgeoise endimanchée. Non décidément et c’est sans doute ça le plus triste, il n’y a rien d’intéressant dans ces partis politiques, rien qui me donnent envie d’aller voter, mais plutôt envie de tout casser. Pas de doute, ce pays est complètement, tout bonnement, définitivement foutu.

  31. Brainrunner

    Malheureusement nos (étonnement ) « élus » sont exponentiellement, car proportionnellement à l’accroissement elle même exponentielle de leur médiatisation, préoccupés par le pouvoir, et dans sa quête par la recherche d’un consensus éphémère; La démagogie est en effet un art fondamentalement différent de celui de la recherche de la vérité et d’idées objectives.

  32. le_duff

    Bonne analyse. Aujourd’hui les libéraux s’attaquent enfin aux politiques… Le billet de Charles Gave m’a fait hurler de rire, sauf à la fin, quand j’ai repris mon esprit en me souvenant que mon pays était gouverné politiquement et intellectuellement par ce que Gave appelle cette fois ci les ODS.

    Les citations sur la page fr de wikipédia de Thomas Sowell valent le détour!

  33. Jacques

    100% de votre avis, Mr H16. Cela fait des décennies (j’ai les cheveux gris) que je dis que, d’une part, il n’y a qu’un parti en France: le « Parti Etatique », composé lui-même de « courants » qui défendent des corporatismes aveugles et que, d’autre part, la France est un pays foutu.
    La raison en est bien simple : les français sont les premiers coupables car, après tout, les racailles qui les gouvernent ne sont pas arrivées au pouvoir par un putsch. Le peuple français est un peuple fatigué qui attend la mort en l’espérant la plus douce possible…et il ne voit pas que c’est une grossière erreur.

  34. M.Shadok

    SCOOP !!!
    ————–
    François Le Batave va gagner son pari de faire baisser le chômage à la fin 2013 !

    Mais, en mauvais magicien qu’il est, il nous a dévoilé son truc : la mise en « formation » obligatoire des chômeurs. Tant qu’ils seront en « formation », ils n’apparaîtront enfin plus dans les (odieuses) statistiques officielles.

    Cetipabô, ça ?

    Dans la chute, tant qu’on tombe, ça va. C’est juste l’impact qui est mortel… La France est bel et bien foutue :(

    1. Théo31

      On nage en pleine schizophrénie : on interdit à ceux qui bossent de bosser et on veut obliger ceux qui glandent à ne plus glander.

      1. Tea Party

        Nous sommes en socialie, avec une idée du même acabit : cela va foirer de tous cotés comme d’habitude.

        Certains  » employés d’avenir » se sont fait déjà virer, 6 ! de la CAF du Var, (oui, il faut le faire ! même RMC en a parlé ! http://www.rmc.fr/editorial/335032/les-premieres-desillusions-des-emplois-d-avenir/).

        Mis en place avec flonflons, directeur et présence du préfet !! et au moins un, a déjà instruit un dossier aux prud’hommes ! on se marre, et malgré la chape de plomb habituelle, on va continuer, a regarder le désastre, coûteux, inutile, socialiste en un mot.

        Bourrins, comment peuvent-ils, croire qu’ils vont transformer des gens non qualifiés, qui ont déserté l’école, souvent allergiques au travail, et à toutes obligations, en employés d’avenir ?

  35. oht

    Ce pays est foutu mais pour la droite n’est pas la gauche. Effectivement les actes et le discours de la gauche et la droite sont proches, mais pour moi c’est parce qu’elles sont sous contraintes : la gauche joue pour ses clients sous contrainte de ne pas faire faillite dans les cinq ans, la droite joue pour le secteur privé sous contrainte des réactions corporatistes et surtout des réactions émotives d’un électorat sous emprise de la propagande.

    1. La droite ne roule pas pour le privé. Elle roule pour d’autres lobbyes que la gauche, et encore, c’est vraiment pastel comme différence.

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