And speaking about instruction …

Décidément, il se passe des choses au Sénat, actuellement. Au contraire d’une Assemblée Nationale très intéressée par son propre sort et dont l’intérêt de la production laisse perplexe, le Sénat, lui, justifie chaque centime gobé en alignant les propositions de lois polémiques dont la médiatisation semble inévitable. Après le syndicalisme, les sénateurs s’attaquent à l’Éducation Nationale. Aux explosifs.

Et pour continuer ce travail dont on se demande si le but ultime n’est pas de créer un immense chaos coloré, les sénateurs nous proposent de bricoler un peu la législation sur l’éducation universitaire, et notamment en ce qui concerne la présence d’étudiants étrangers au sein des établissements français. On découvre ainsi l’article 6 de la proposition de loi n°348 :

« Art. L. 761-2 – Par dérogation à l’article L. 121-3, la langue de l’enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires, dans les établissements d’enseignement supérieur, peut être une autre langue que le français. Pour les étudiants ne justifiant pas d’une connaissance suffisante du français, lorsqu’ils suivent une formation dispensée dans une langue étrangère, cette dérogation est soumise à l’obligation de suivre un cursus d’apprentissage de la langue et de la culture françaises. Un décret précise les modalités d’application du présent article. »

Oui, vous avez bien lu : l’idée générale de cette loi est donc d’assouplir dans des proportions sensibles les facilités des étudiants étrangers à suivre des cours dans leur langue ou dans une langue commode (par exemple au hasard : le swahili ou l’anglais, au choix). C’est quelque part tout à l’honneur des bouillants sénateurs qui ont pondu le texte d’arriver à faire passer ça comme une extension des libertés des directeurs d’établissements universitaires. D’un certain point de vue, c’est effectivement de nouvelles possibilités qui s’offrent aux établissements français, leur permettant ainsi d’accroître leur attractivité pour les étudiants étrangers (ce qui est mentionné dans l’exposé des motifs, une lecture roborative s’il en est).

Education

Cependant, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi, au XXIème siècle, la loi impose, jusqu’au moindre détail, la façon dont sont dispensés les enseignements dans le parcours universitaire. On a le droit à une certaine surprise (mêlée de consternation lorsqu’on a deux sous de bon sens) lorsqu’on constate que, finalement, la loi Toubon est encore rigoureusement appliquée dans un monde où toute information parcourt plusieurs fois la planète, dans différentes langues et dans différents pays, dans le temps où il vous faut pour lire ces lignes. On a même plus que le droit, on a le devoir de se demander si une université ne devrait pas avoir plutôt le droit d’organiser ses cours, ses enseignements, ses cursus et ses diplômes comme bon lui semble, dans la langue de son choix, voire dans un ensemble de langues idoines pour les matières parcourues.

En effet, alors que chaque jour qui passe permet à de nouvelles vidéos de s’accumuler dans l’une ou l’autre langue au sein de — par exemple — la Khan Academy (anglaise ici, française là), alors que tera-octets d’informations scientifiques, universitaires, en diverses langues parlées et écrites de la planète se rendent accessibles sur Internet, on a bien du mal à comprendre ce qui justifie même de loin une obligation quelconque imposée, sensément, par des Sénateurs (dont l’âge moyen écarte toute possibilité de souplesse intellectuelle vis-à-vis des nouvelles technologies) à un corps enseignant qui n’a d’autre choix que d’être, par définition, à la pointe de ce qui se fait dans le domaine.

Ici, constater que le français n’est plus la langue choisie pour bien des publications ne rentre même pas en ligne de compte. Le pragmatisme voudrait par exemple que les universités proches de l’Allemagne aient toutes latitudes pour distribuer des cours aussi bien en Français qu’en Allemand par exemple ; que celles à proximité de la frontière espagnole jouissent des mêmes facilités, et qu’aucune ne puisse se retrouver en difficulté juridique pour avoir choisi de présenter des cours en anglais si tel est son choix. Là, les universités françaises pourraient rivaliser et rayonner réellement ce qui, par effet d’entraînement, rendrait bien plus facile d’attirer des talents, de les former (sur base volontaire) à la langue française et de dispenser leurs cours dans la langue de Voltaire. En clair, il importe de placer la charrue après les bœufs, d’attirer les talents en leur offrant la souplesse d’un environnement adapté, puis de profiter de leur présence pour tirer la langue française vers le haut. Faire le contraire place irrémédiablement les bœufs hors de toute portée de la charrue, quelque part à brouter dans un champ où l’herbe est plus verte pendant que la charrue dévale, seule, les pentes poudreuses et caillouteuses vers le ravin.

Finalement, s’il y a bien une raison de s’opposer à cette nouvelle proposition de loi, c’est sur le principe évident qu’il faille encore une nom d’une pipe de nouvelle loi pour donner un tant soit peu de liberté dans ce pays. On en est arrivé à un point où tout est interdit par défaut sauf ce qui a été âprement négocié, article par article, alinéa par alinéa, dans l’une de ces milliers de lois excrétées par l’orifice nauséabond de la représentation nationale en pleine législorrhée. Il est ahurissant que tout soit ainsi millimétré, dans l’enseignement ou ailleurs.

Pire encore : pour chaque loi qui desserre un peu l’étau de contraintes administratives, on produira l’une ou l’autre loi qui créera sa kyrielle de nouvelles obligations. Et je n’exagère pas puisqu’en parallèle à ce morceau de bravoure, on en découvre un autre, pondu par le même Sénat et toujours dans le domaine de l’éducation, visant cette fois à obliger tous les étudiants à suivre une formation de type CAP ou BEP en plus de leur cursus normal.

Fuck university, i'll be a juggler

L’idée des sénateurs qui ont déposé cette proposition (peut-être dans un grand moment d’éthylisme expérimental, allez savoir) est de, je cite l’exposé des motifs, « préparer chacun à une connaissance théorique doublée d’une formation pratique, dans un domaine qui peut être très éloigné de sa formation initiale », parce que comprenez-vous mes petits amis, avoir un CAP ou un BEP en plus de son master II de sociologie, « c’est ouvrir son domaine de connaissance et ses possibilités d’insertion »

Bien évidemment, c’est une façon sympathique d’admettre que l’Université française forme une imposante masse d’idiots savants dont les apprentissages sont grossièrement inadaptées à la vie réelle et aux besoins du marché, ce truc infâme et ignoble dont l’État n’arrive malgré tout pas à se passer. C’est, en creux, un constat d’échec cuisant sur la capacité des université à donner un métier plutôt qu’un diplôme.

Et comme d’habitude, en partant des meilleurs intentions du monde (faire de gens aux têtes très pleines des gens aux mains adroites), nos élus, d’ailleurs issus de ces mêmes universités qui produisent tant d’inadaptés et de cas sociaux désespérés, veulent imposer une production soutenue de BEP et de CAP « universitaires » bien plus cultivés que les autres. Un chef d’entreprise, voulant embaucher un apprenti, aura donc le choix entre un modèle standard, sorti avec un BEP, et le modèle luxe, au même prix, inutilisable sur son segment de marché original (psycho, socio, histoire de l’art, arts plastiques, que sais-je encore) mais prêt à tout pour sortir de la spirale des stages photocopieuses / RSA / giron familial gluant.

Si le sentiment de déclassement de ceux qui ont — par exemple — une maîtrise en Histoire et se retrouvent postiers est parfois grand (et en poussent certains à des extrémités dramatiques), on imagine sans mal l’état psychologique déplorable dans lequel vont se retrouver ceux qui ont un doctorat de sociologie et se retrouveront à faire de la plomberie. Et je ne parle pas de ceux qui ont toujours voulu faire de la plomberie et se retrouveront à tailler le bout de gras avec Paul Employ, leur place ayant disparu au profit des précédents.

Une myriade de situations perdants-perdants, voilà qui constitue une vraie bonne idée pour l’avenir des étudiants français !

Ces deux propositions illustrent parfaitement le problème universitaire français (et de l’instruction en général) : là où devrait régner la souplesse et l’adaptation, on impose des parcours, on place sur des rails, on trace des chemins rigides et on impose à tous des solutions généralistes. Chaque liberté sera très soigneusement encadrée, pour qu’aucun chef d’établissement, aucun maître de conférence, aucun chargé de TD ou aucun professeur ne déborde des petites cases et des autorisations administratives distribuées parcimonieusement par une bureaucratie aussi pointilleuse que rigoureusement inutile.

Là où la liberté la plus large permettrait à chaque étudiant, à chaque établissement, de s’adapter aux contraintes absolument inévitables du marché, le Sénat propose une panoplie de bricolages législatifs qui viendront s’empiler aux milliers de lois déjà produites, ajouteront une couche de problèmes sur ceux déjà existant et ne résoudront en rien ceux dont ils entendaient s’occuper en premier lieu.

Le Sénat français réalise donc encore un Epic Fail.

Epic Fail

J'accepte les Bitcoins !

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires73

  1. Typhon

    De toute façon, d’ici dix ans, on pourra supprimer l’université, étant donné que l’enseignement secondaire ne produira plus un seul élève capable d’en suivre les cours.

    « Si le sentiment de déclassement de ceux qui ont — par exemple — une maîtrise en Histoire et se retrouvent postiers est parfois grand (et en poussent certains à des extrémités dramatiques) »

    Heureusement, Besancenot n’a qu’une licence. S’il était Bac+5, sa street-credibility en aurait pris un sacré coup, déjà qu’il a pas fait de taule.

    « on imagine sans mal l’état psychologique déplorable dans lequel vont se retrouver ceux qui ont un doctorat de sociologie et se retrouveront à faire de la plomberie. Et je ne parle pas de ceux qui ont toujours voulu faire de la plomberie »

    J’ai la très nette impression que les gens qui font des études de sociologie font en fait des études de gauchisme idéaliste. Peut-être que ça leur mettrait un peu de plomb dans la tête.

    Typhon

  2. Pere Collateur

    C’est vrai que ces lois, c’est du grand n’importe quoi, pas parce qu’elles seraient totalement crétines, mais plutôt, parce que sur le terrain, ce sont des situations qui ont cours depuis des lustres. Je m’explique:

    Tout d’abord, les langues pour l’enseignement supérieur:

    Il y a plus de 20 ans, j’ai eu de nombreux cours en Français plus qu’approximatif dans le supérieur, de la part de profs de math et physique qui venaient d’Autriche, de Russie, de Chine, d’Algérie etc… Leur Français était parfois si peu crédible, que les cours ont finalement été fait en Anglais ou en Allemand.
    C’est là d’ailleurs que vous étiez vachement content de parler le patois Alsacien nativement et d’avoir été assidu aux cours d’anglais au collège…
    En prépa, était même institutionnalisé des cours de 8 heures de maths par semaine, entièrement en Anglais, et ceci, une fois par semaine.
    On a même eu droit à des colles entièrement en Anglais.
    J’ai trouvé ça formateur. Pas évident les premières fois, mais après on prend le pli.
    Et je ne parle même pas du monde du travail, ou ne pas savoir se débrouiller en Anglais est éliminatoire de nos jours. Ça fait bien longtemps que les boites françaises qui bossent à l’international se sont adaptées à ce qui se passe sur le terrain. Elles n’ont pas attendu 2013 et nos braves sénateurs…

    En ce qui concerne les CAP/BEP obligatoires en parallèle d’un cursus universitaire. Là aussi, le réel n’a pas attendu 2013 et nos sénateurs:

    Je ne compte plus le nombre de cas de gens ayant fait des études menant à …. Pas grand chose, mais pas vers l’emploi en tout cas…, qui n’hésitent plus à aller vers des BTS/IUT/BEP/CAP/BAC pro, dans le but de se former à de vrai métiers.
    Et ça marche. Passer d’un bac+5 histoire du lard et du cochon au CAP boucher charcutier, ca paye! ^^

    Il y a même un autre phénomène que je vois de plus en plus se développer:

    Des gens, possédant des diplômes de très grande valeur (Ingénieurs mines, X, ENIM de tout poil etc…), qui ont actuellement des situations en or massif, et qui balancent tout ça à la poubelle et vont faire des CAP de Pâtisserie par exemple; Un autre ira vers l’agriculture; J’ai aussi un cas, ou le mec plaque tout pour aller bosser dans la forêt et faire du débardage… Pour ceux qui connaissent pas, imaginez que ce type de 60 kilos tout mouillé va passer de journées bien au chaud au bureau, à un travail hyper physique par tous les temps en forêt.
    Je me dit que sa détestation de son travail intellectuel doit être vraiment extrême.

    Enfin bref, ils ont bien sentit un truc qui se passait sans eux, les sénateurs, mais juste 30 ans trop tard. Comme d’hab.

    1. Istvan

      Je constate aussi ce phénomène dans mon entourage. Un camarade de « l’ESC Jouy En Josas » a décidé de passer un CAP cuisinier une fois son diplôme obtenu…

      Vous dîtes : « Je me dit que sa détestation de son travail intellectuel doit être vraiment extrême. »
      A mon sens, c’est peut-être davantage une quête d’utilité concrète et tangible. Passer sa journée en réunion à faire des powerpoint pour la direction marketing de PSA (au hasard) est en effet clairement moins porteur de sens que nourrir des gens (exemple du cuisinier) ou contribuer à créer de la matière première exploitable (cf débardage).

    2. channy

      « Et ça marche. Passer d’un bac+5 histoire du lard et du cochon au CAP boucher charcutier, ca paye! »
      Non cela ne marche pas pour tout le monde,j’ai eu au rayon boucherie du supermarché ou je bosse un bac +3 en histoire qui voulait se reconvertir..résultat? il n’a pas fait 4 mois..le problème c’est que souvent ce genre de diplômés vont dans filières par désespoirs de cause et souvent ils ne savent pas mettre leur fierté dans leur poche ,car de bac+3 histoire du cochon à boucher-charcutier(et encore tous les bouchers ne sont pas des charcutiers) il faut repartir de zéro..
      Souvent les reconversions qui marchent se font sur des coups de coeur, en clair devient pâtissier(et réussi dans ce domaine) celui qui a une véritable attirance pour ce métier très exigeant, celles qui se font en désespoir de cause ne mènent à rien et le type lâchera au bout de quelques mois

  3. JoS

    Pathétique….faut vraiment qu’ils arrêtent de s’occuper de trucs auquel ils ne comprennent rien !

    Au sujet du lent et sûr déclin de l’EdNat lire Philippe Nemo.

  4. JB7756

    Je trouve que faire un BEP/CAP pendant des études supérieures, c’est pas idiot. Tant de jeunes s’engagent dans des formations sans débouchées et se plaignent : « BAC+5 et serveur au Mac Do ».

    Il n’y a pas qu’en France, aux US aussi les prêts étudiants servent à financer des études bidons avec des conséquences plus graves (petit boulots voire chômage à la sortie + énormes dettes à rembourser).

    La réalité est que les gens refusent de se reconnaître comme ils sont. Incapables de faire des études supérieures « haut de gamme » et donc sélectives, ils se lancent dans des études longues bidons pour essayer de se convaincre de leur valeur.

    C’est le « drame » des sociétés libérales. Dans l’ancien régime c’est la naissance qui faisait pratiquement tout, un débile pouvait devenir roi. Maintenant si on est au bas de l’échelle, c’est qu’on est nul. C’est bien plus dur pour l’amour propre.

    1. « Je trouve que faire un BEP/CAP pendant des études supérieures, c’est pas idiot » : ça ne l’est pas. L’imposer, c’est ça qui est complètement con.

      1. JB7756

        Si on veut une éducation « efficace » (en limitant les gaspillages financiers et en temps des formations inutiles) il faut calibrer le nombre de diplômes en fonction des débouchés. Donc mettre des numerus clausus partout. Mais des gens vont se sentir frustré et l’adéquation ne sera pas toujours évidente (sans compter les poussées corporatistes).

        Le système de prêt étudiants est peut être le meilleur à condition qu’il ne soit pas subventionné et distribué n’importe comme c’est le cas aux US en ce moment. Ce seraient les banques qui jugeraient au cas par cas la viabilité d’un projet de formation comme une entreprise qui fait un entretient d’embauche. Mais c’est un système dur qui place les gens face à leur responsabilité et leur capacité réel.

        En fait ce projet de CAP/BEP dans les FAC n’est pas viable car les études avec beaucoup de travaux pratiques sont beaucoup plus coûteuses que les études théoriques.

        1. Aristarque

          Votre remarque sur le coût est pertinente mais j’espère que vous n’imaginez pas que c’est ce genre de préoccupation triviale qui soit à même de freiner le n’importe-quoi-du-moment-qu’on-parle-de-moi qui tient lieu de travail pour cette gérontocratie de kleptomanes…

        2. Docludo

          Instaurer de numerus clausus partout ne me semble pas non plus une bonne solution. Il faudrait plutôt remettre les diplômes à niveau. Alors certes, en france les études sont gratuite mais lorsque l’on sort de l’université le diplôme obtenu à moins de valeur que lorsque l’on sort d’une grande école à niveau d’étude équivalent. Ceci tiens au fait que les écoles pratique une sélection sur dossier et, ou concours d’entrée. Les étudiants qui sortent de ces écoles n’ont pas seulement un diplôme mais également une certaine maîtrise de ce qu’ils ont étudié. Les études universitaires en France sont gratuite ou presque mais elles délivrent des diplômes qui ne valent rien ou presque. Accepter tout le monde à l’université même les mediocres ce n’est qu’une distribution de bisous supplémentaire qui coûte un pognon fou et qui fait perdre du temps aux individus susnommés.

          1. YP

            Ben oui, laisser les gens qui ont le savoir pour obtenir un diplôme, obtenir ce diplôme, c’est d’un vieux jeu… C’est tellement plus marrant de recaler une année des gens qui avaient le niveau mais qui ne l’auront pas faute de places suffisantes… Et dix ans plus tard de distribuer le diplôme à n’importe qui sous prétexte qu’on est en situation de pénurie de ladite compétence.

            La preuve : Il suffit de jeter un oeuil a la profession de médecin, le résultat obtenu grace au numerus closette est juste brillant !

          2. Jeanpierre

            Il y a aussi le fait que certaines professions médicales ne sont plus rentables. Exemple : dentiste. J’ai discuté avec un dentiste sur Thouars, ville de quinze mille habitants, vingt mille avec la banlieue proche. Il y a vingt ans, il y avait quinze dentistes pour cette ville. Il en reste 4 ou 5, dont 1 ou 2 en instance de fermer. Tout ça pour l’unique raison qu’ils ne gagnent pas leur vie. Les consultations courantes leur permettent de payer les charges et ce sont les prothèses sur lesquelles ils peuvent faire des dépassements d’honoraires qui les font vivre (pas trop mal quand même mais c’est plus ce que c’était). J’ai aussi fait un stage aux urgences. La nuit, vers quatre ou cinq heure du matin, le flot de patients s’arrête. C’est la nuit quoi. Donc, les infirmiers et médecins causent. Dans la salle de garde infirmier (ils sont souvent syndiqués mais je ne vous apprend rien), quand ça parle de fric, c’et toujours les médecins à qui ont donne tout. Dans la salle de garde des médecins, quand ils parlent de fric (moins souvent, peut être parce qu’ils ont moins le temps de se poser), le discours est : « mais où est l’argent? ». Là où je veux en venir est que le numerus clausus n’a rien arrangé mais il y a aussi que médecin est devenu un métier de merde, où on est en permanence exposé, judiciairement en particulier, et où on est assez mal payé, sauf quelques « niches », particulièrement difficile à atteindre. Parallèlement, il y avait énormément de médecins étrangers, qui avaient le statut d’interne mais qui ont parfois leur diplôme de leur pays d’origine (c’était pas mal l’Europe de l’est dans mon cas). Il n’y a pas que les numerus clausus qui fait tout déconner. Rembourser des médecins sur des tarifs de 1990, ça tue le métier.

          3. YP

            Jeanpierre > On est bien d’accord que le numerus clausus n’est pas seul en cause. Mais il y a eu une époque ou il y avait des vocation qu’on a « brisé » par le numerus clausus : Désormais, non seulement on a moins de toubibs, mais en plus, ils sont « vieux » et souhaiteraient prendre leur retraite : on a un trou dans la pyramide des ages des médecins et en plus le métier est moins attractif (et sans doute encore moins pour les dentistes, secteur que je ne connait pas.)

            A un moment donné, on va avoir droit a l’effet ciseau : couic.

          4. Higgins

            Deux raisons principales à l’instauration du numerus clausus: 1) préserver la sécu (raison officielle. Toujours cette vieille et inepte antienne française de « réguler »), 2) préserver les situations de certains mandarins (pour moi la plus crédible des deux). Bilan: échec sur toute la ligne. De moins en moins de médecins veulent exercer en libéral et l’accès à la profession devient ubuesque. Le recours aux médecins (dentistes également) étrangers est de plus en plus de rigueur (une récente émission de radio consacrée aux urgences était particulièrement édifiante sur ce point) alors qu’on déclare que ces derniers ont une formation faible aux regards des critères franco-français (pas pour traiter les urgences entre minuit et 6h00 du matin!!!). Ubu roi, quoi. Je crains pour l’avenir (il nous restera les médecins cubains en dernier ressort).

          5. Jeanpierre

            Maintenant, il y a une chose qui me préoccupe. La formation que j’ai reçu est intégralement libre. Vu le peu de temps que j’exerce et les résultats que j’obtiens, j’en conclus que la formation en question est efficace. Mais dans un domaine très voisin du mien (je suis étiopathe), les ostéopathes, on assiste à une dérive hallucinante : 70 fac en France (je ne sais plus si c’était avant ou après la reconnaissance par l’état), 26 mille ostéos de tout poil (des ostéo « pur » aux kiné-ostéo en passant par les médecins- et infirmiers-ostéo) ce qui nous amène à une surpopulation dramatique d’ostéo français. En comparaison, les anglais ont moins d’une dizaine de fac (le chiffre qu’on m’a donné est 4) et moins de 10 mille praticiens (le chiffre exact était 6 mille je crois : par sécurité, j’ai arrondi largement). Le secteur était indépendant de l’état et on assiste à un grand n’importe quoi. Cette surpopulation est un vrai problème. Certains praticiens ont beaucoup de mal à vivre. Exemple : dans la région de Nantes, il faut trois ou quatre ans avant de pouvoir commencer à en vivre. Quelles solutions pourrait-on mettre en place pour éviter ce genre de dérive? Le quota avancé de « rentabilité » est minimum de 1 praticien pour 5000 habitants. Dans certaines régions, ils sont à 1 pour 3 mille quand c’est pas 2. J’espère que je ne froisse pas d’ostéopathe mais ils constatent probablement la même chose que moi : trop d’ostéopathe ont été formé ces dernières années. D’un certain côté, ça tombe plutôt bien car on arrive dans période de carence médicale, notamment en campagne. Mais ce genre de dérive pourrait arriver dans n’importe quel domaine. Là, les études sont payantes et la liberté a un prix. C’est cher, surtout quand il devient difficile de pratiquer du fait d’une trop forte concurrence. Les théories libérales sont très séduisantes. Mais en pratique, comment faire pour éviter ce genre de problème.

            1. Comment faire ? Rien.

              Pour le moment, c’est un déversoir pour le trop-plein de gens qui veulent faire du médical mais n’arrivent pas à se placer dans les filières existantes pour différentes raisons. Le trop-plein d’ostéos va simplement rendre leurs prestations peu chères, au point que certains quitteront la profession et que les nouveaux étudiants tentés verront qu’il y a trop-plein / perspectives de carrières moins bonnes.

              Il faudra encore quelques années, et ça va se réguler tout seul. Heureusement, l’Etat va intervenir et foutre un bazar sans nom. Gagez que cela va donc durer 10 ans de plus.

      2. Maximilien

        D’ailleurs, moi et mon doctorat (qui m’a donné un travail très bien rémunéré qui plus est dans un secteur protégé par un numerus clausus), je vais reprendre des études universitaires pour le plaisir d’étudier et de me cultiver.
        Vous croyez que je vais être obligé de me taper un BEP en parallèle ????
        Pays de cons.

    2. Nocte

      En République Française on peut faire une carriére politique et même arriver au sommet en étant un crétin aveuglé par son idéologie.

      alors ancien régime… on a rebadgé c’est tout.

      1. JB7756

        Attention être élu et gouverner demande des qualités différentes. Le problème, c’est que pour gouverner, il faut déjà être élu.

        1. Nocte

          la voix du peuple (enfin d’une partie) ou la loi du sang, pour ma part, en France, je ne vois pas la différence : Mauvais pour gouverner on peut arriver à la tête de l’Etat.

    3. gillib

      « C’est le « drame » des sociétés libérales. »

      Ouarfff vach’ment libérale en effet.
      On serait dans une société libérale, les études supérieures seraient payantes et soit c’est papa-maman qui payent et tant pis pour eux, soit le d’neuz débile prendrait un prêt auprès d’une banque qui serait refusé.
      C’est sûr avant c’était vachement mieux, t’avais du sang bleu tu pouvais bastonner les gueux :) tout se perd ma pov dame.

  5. lille est très

    d’un autre coté, un gus qui a étudié pour entrer dans « l’éducation » nationale, je ne verrai pas d’un mauvais oeil qu’il soit contraint pour commencer sa carrière, d’exercer un métier dans la « vraie vie », cela lui éviterait de passer sa vie à donner des leçons à la marmaille sans savoir de quoi il parle…
    de même pour les candidats à l’ANE, euh pardon, à l’ENA…

  6. Stephane

    « Le drame des sociétés libérales »? Interrogez les jeunes bacheliers, ils sont plus de la moitié à s’ inquiéter de leurs retraites, à 18 ans!! Plus de la moitié à vouloir être fonctionnaire pour assurer leurs vies et leurs retraites, à 18 ans!! Vous appelez ça une société libérale?

    1. Higgins

      Oui. C’est bien la drame de notre société gangrenée par le socialisme et l’étatisme: inculquer dans l’esprit des gens l’idée que la vraie et unique vie commence à la retraite, les trente ou quarante années précédentes n’étant qu’une longue, inutile et insupportable épreuve. C’est proprement terrifiant.

      1. Aristarque

        Que dîtes-vous là, malheureux !
        Ce sont les soixante premières années qui sont une longue, pas inutile (il faut cotiser pour les retraités qui nous précédent ainsi que pour les sénateurs) et (in)supportable épreuve…
        D’où l’idée populaire en France d’avancer constamment l’âge de départ en retraite…

        1. Higgins

          Non, j’ai eu une enfance heureuse (parents unis -c’est toujours le cas-, école privée avec une vraie mixité sociale, enseignants de qualité, environnement sain, éducation traditionnelle qui m’empêche d’adhérer au FN, loisirs classiques comme la chasse, lecture saine et attrayante, etc,…). J’ai parfois honte d’autant que j’essaie de reproduire ce modèle auprès de mes enfants avec l’aide de mon épouse (dois-je ajouter que nous sommes mariés religieusement avant de l’être devant l’état-civil). J’implore par avance la pitié du jury.

          1. Aristarque

            PS : vous comprendrez que je demande doublement la clémence du jury en ce sens que j’ai fait toutes mes études du CP au bac C dans l’Ed Nat de l’époque 1961 à 1974.
            Mais c’était une toute autre époque que les moins de 45 ans (peut-être plus) ne peuvent pas avoir connue, avec des profs fonctionnaires- »missionnaires » qui se dévouaient au milieu de classes de 34 élèves minimum avec des arrêts maladie uniquement au stade de quasi-mort(e) et qui cherchaient à produire des élèves au bagage élevé, pas à faire garderie.

          2. Jeanpierre

            Bon, je suis comme vous, à part qu’à vingt cinq ans pas marié, je cherche pas encore à reproduire le modèle. En revanche, est-ce que je dois implorer la clémence du jury si je suis content d’aller travailler? En plus c’est un travail affreusement pas bisou. Je suis en libéral.

    2. channy

      c’est un truc qui m’a toujours choqué, en Asie être fonctionnaire pour un (e)diplômé(e) brillant est le pire des avenirs car il vous dira qu’il sera bien moins payé que dans privé,qu’il devra supporter un(e) vieux fossile incompétent(e) en guise de supérieur(e) hiérarchique,et souvent bosser avec des moyens réduits
      la sécurité de l’emploi, la pension de retraite(misérable) du gouvernement ils s’en tamponnent , la bas faire carrière dans l’administration c’est pour les paresseux ou les incompétent.

      1. Peste et coryza

        ça dépend des pays…
        Au japon, c’est bien vu de faire carrière dans l’administration, finances en particulier…

  7. Théo31

    Les sacs à merde qui veulent obliger les étudiants à faire des BEP/CAP sont les mêmes qui se sont attribué d’être avocat sans avoir à passer la formation et le concours.

    Ce pays part en couilles.

  8. Higgins

    On peut être certain que s’il y a un truc débile à sortir, nos politocards vont répondre présents. Problème identique avec les stages obligatoires pour les étudiants: rien n’oblige (heureusement) une entreprise à prendre un stagiaire pour faire plaisir aux maîtres de ce pays (et ce, même si je suis convaincu de l’utilité du stage pour faire découvrir à l’apprenant les réalités de la vie économique en dehors des manuels du PS) . Ma main à couper qu’une loi foireuse va bientôt sortir pour imposer aux entreprises de prendre des stagiaires dont on peut être certain que les 2/3 glanderont car ils ne savent pas faire autre chose (et oui, au pays des Bisournous, on apprend osbISOUNOURS . L’alternance est une super formule, encore faut-il qu’au sein de l’organisation concernée les personnels présents soient conscients de son utilité et que de la qualité du suivie de l’alternant dépend la qualité de ce dernier.

  9. Higgins

    Suite (faute de clavier)
    (et oui, au pays des Bisournous, on apprend avant tout à glander) . L’alternance est une super formule, encore faut-il qu’au sein de l’organisation concernée les personnels présents soient conscients de son utilité et que de la qualité du suivie de l’alternant dépend ce que deviendra l’aternant (à l’armée, on dit toujours: une troupe est à l’image de son chef).

  10. Tracotel

    Certes, certes, ces constats de H16 sont malheureusement on ne peut plus vrais, mais l’absurdité me semble se trouver des deux côtés. Car bon nombre d’entreprises publient des offres d’emplois irréalistes, trop spécifiques, trop spécialisées, trop « sur mesure » (avec de surcroît une expérience de deux années, voire cinq pour le même genre de fonction!…); elles ne trouvent évidemment pas ce qu’elles cherchent et refusent de consacrer trop de marge et de temps à former le nouvel arrivant potentiel! Bigre, c’est à lui à être auto-compétent et à se former!!! L’absurdité du privé augmente d’autant plus, elle aussi, que beaucoup de boîtes font appel à des psychologues-sociologues de pacotille, précisément ces « bobos » parasitaires inutiles (mais pas tant que ça pour le privé apparemment…) ; ce qu’on appelle les « ressources humaines » qui confrontent des porteurs de doctorats en chimie ou en physique à des interviews non pas sur leurs compétences propres (eh oui, vous dit-on, « vos diplômes »ne valent « plus » grand chose aujourd’hui…????…) et se voient confrontés à des questions du genre: « préférez-vous votre père ou votre mère? », « si vous avez 20.000€, allez-vous acheter une voiture de 10.000, 15.000 ou 20.000€? » ou bien à remplir des questionnaires sur le cours de la banane et du cacao en Amérique du Sud… (tout ce que je relate ici est parfaitement authentique!) « Mais, mais, le poste concerne la recherche pharmaceutique?!?… » ; « Euh, mais je postule pour un emploi dans la chimie organique et la recherche sur les plastiques recyclables??… »

    En effet: *euh*???…

    1. DiasW

      Tracotel, ceci est tout bonnement la conséquence du droit du travail qui rend la rupture de contrat de travail très difficile (contrairement aux gaucho qui disent qu’au contraire c’est facile, ils ont vraiment des peaux de saucissons sur les yeux)

      1. Pascale

        Oui, ils essayent ainsi de détecter, en dehors de ses capacités professionnelles, si le gars est un « tordu » qui ne pourrait pas s’intégrer à l’équipe et qui se trouverait invirable.

    2. Aristarque

      Vous trouverez toujours des gens qui cherchent à avoir de la brioche ou du kouglof pour le prix du pain ordinaire…
      De même la recherche d’un élément de moins de 40 ans mais avec trente ans minimum d’expérience professionnelle à la clef…
      Ce que vous relatez ne date pas de cette année mais de bien plus longtemps, en fait du jour où a été rendu difficile le licenciement d’un salarié, ce qui impose d’essayer de vérifier à priori s’il peut convenir autrement que par ses seules capacités professionnelles. ..

    1. YP

      « Les Français sont plus « subversifs » que les Japonais qui n’ont jamais pris une seule Bastille. »

      Non mais ! Quels connards ces japonnais, quand même ! Vous ne trouvez pas ? On a pris la Bastille, nous ! Il y a quand même de quoi être fier d’être français, non ? T’as vu comment qu’on est mieux qu’eux ?

      Les cons ça ose tout… Mais là, il semble qu’on ait affaire à un spécimen de la taille du Monde. Dites vous que ce genre de polyopathe a une tribune dans « le plus grand journal de la plus belle presse que le monde entier nous envie ». Vertigineux.

  11. Crétin des alpes

    Z’avez pas compris le problème du CAP. D’un côté on a des lycées professionnels z’avec des prof zèles et une ribambelle de gamins pas ou mal torches. De l’autre côté vous z’avez des étudiants en philo qui ne trouvent pas de boulots. Et un peu plus loin une armada de PME qui ne trouvent personne pour travailler honnêtement ….. Les zautes zautorites ont décidé de faire quelque choses car ils sont payés pour cela!
    Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que pour être artisan, il faut maîtriser une gestuelle, une technique de modification de la matière par un geste parfait!.. La matrise de l’outil, c’est la même chose que la maîtrise de la raquette pour le tennis. Pour faire un bon tennisman, votre gosse il commence son apprentissage à 22ans ou à 6 ans? Pour l’idée du CAP, l’application va foirer car faire tenir un outils à un jeune de 21 ans c’est tout simplement pas la peine. À mon avis l’objectif premier doit être de remplir les lycées technique  » de force » pour éviter à nos valeureux prof le chômage technique……avec le centralisme démocratique, plus c’est con, et plus les gens gobent!!!!!

    1. Jeanpierre

      Je suis pas tout à fait d’accord. Je connais plusieurs personnes qui ont fait une réorientation vers un CAP à tous niveaux (BAC ou etudes supérieures). Ils ne sont pas débiles et ont très vite appris. C’est l’utilité d’une formation professionnelle. De plus, ils ont un bagage intellectuel, une culture supérieure à un jeune de 16 ans parti directement en CAP. D’ailleurs, ils montent souvent leur propre boite. Ils ne réussissent pas tous, mais ça leur donne un bagage général. Ce n’est jamais inutile. Je me serai arrêté en 3eme, j’aurai du mal à comprendre tout ce qui se dit ici.

  12. Aristarque

    @ H16 !
    Il me semble que vous avez omis une possibilité à ce soudain engouement des sénateurs pour le travail manuel, eux qui en général ne savent rien faire de leurs dix doigts (en dehors de la manipulation sans scrupule de l’argent des autres) puisqu’ils sont de plus en plus des « purs » produits de l’Ednat.
    C’est tout bonnement un corporatisme basique pour justifier le recrutement d’encore plus de profs et enseignants que ce qu’il a été prévu par ce petit bras de Normal 1er de façon à augmenter par la bande le nombre d’obligés du système et donc assurer sa perpétuation…
    A 20 / 25 élèves par classe ainsi créée, cela va en faire des postes de profs + tout le personnel backoffice correspondant puisque dans les conditions actuelles, rappelons que les enseignants ne sont pas les plus nombreux au sein de l’Ed Nat…

    1. Higgins

      Pas idiot du tout. Des personnes qui ont lu Bastiat mais qui ont tout compris de travers. Je n’ose imaginer que ce genre d’idée soit le fruit d’une réflexion intelligent et raisonnée.

  13. Robert Marchenoir

    En même temps, l’université française est faite d’abord et avant tout pour les Français. Il ne faudrait pas l’oublier.

    L’université est en train de devenir une filière d’immigration de plus, y compris d’immigration clandestine. On n’a vraiment pas besoin de ça.

  14. Stephane

    En Suisse, il me semble que les professeurs ( d’ état) ont l’ obligation d’ effectuer des formes de stages de 6 mois dans des secteurs de leur choix, afin de sortir du cocon de l’ école et de goûter à la vie réelle, celle qui pique quoi. En France, nos hommes politiques n’ ont jamais travaillé de leur vie, et nos professeurs ( pour une majorité d’ entre eux) n’ ont jamais quitté l’ école.
    C’ est vrai que plutôt que de faciliter l’ embauche par la simplification des contrats ( ce qui n’ est pas non plus obligatoire entre un patron et un employé) et donc d’ une certaine façon de faire confiance en l’ humain, à la promotion interne, à la formation sur le tard, à l’ autodidacte, on fout des rails histoire de justifier la branlitude ( je ségolènise) et peut-être la contemplation de ce qui marche encore un peu dans cet univers hyper balisé. Oula j’ arrête je me paume là.

    1. peste et coryza

      Accessoirement, je prépare les concours de l’ednat… en candidat libre.
      La première question que les examinateurs, en admission, posent est « vous n’êtes pas trop vieux ? » (j’ai 28 ans).
      La plupart des recrutés ont 23 ou 24 ans, et n’ont connu que la fac. De mon coté, j’ai connu le chômage, la rue, les petits boulots, les postes manuels comme intellectuels.

      @crétin des alpes.
      Non seulement se former à un métier manuel quand on est un pur intellectuel est très difficile, mais en plus il faut être humble et accepter qu’un type qui a arrêté ses études au collège puisse donner des ordres à vous, le master/docteur/licencié, etc…
      C’est un coup porté à l’orgueil, gonflé par la propagande de l’ednat encore une fois, mais il faut avoir l’ouverture d’esprit nécessaire pour s’en défaire et admettre qu’on est pas une soit disant élite, mais juste un gis comme les autres.

      Ce serait une bonne chose que favoriser le recrutement d’enseignements qui ont entre 30 et 50 ans… bref, qui ont connu la vie et le boulot autrement que par la propagande de la fac et les livres. Peut être que ça ferait moins de gamins envoyés chez Paul employ ou dans des cursus bidons.
      Note : je ne sais pas pour le privé…

      Remarque, dans mon labo, c’est pareil. Je suis « l’exception statistique » (comprendre : le gus avec un bac pro, qui est en thèse)(sachant que pour moi, la thèse est un boulot comme un autre, et encore, je connais pas d’autre boulots où vous avez un cdd d’ingé payé comme un technicien, et où vous pouvez être viré au bout de 6 mois, 1 an ou 2 ans, sans avoir fait de faute méritant le renvoi ou par incompétence, mais juste par un « en fait, ça ne va pas le faire »)

      J’ai juste l’impression qu’en France, dans le privé comme dans le public, on n’aime pas les gens qui ont des profils atypiques..

      1. Aloux

        « La première question que les examinateurs, en admission, posent est « vous n’êtes pas trop vieux ? » (j’ai 28 ans). »

        Tiens celle-la c’est mon frère qui y a eu droit, après le bac il est sorti du système pendant 2 ans (commencer des études de droit qu’il a abandonné, puis parti en Australie pour travailler et apprendre un peu la vie), il a passé des entretiens pour une école de commerce, à 20-21 ans donc, « vous n’avez pas l’impression d’être trop vieux pour commencer des études de commerce ? ».

        En RSSF, sortir des rails bien balisés, c’est échoué, et tout échec est définitif.

    2. JS

      A l’exception du technique où les profs sont généralement des anciens pro finissant leur carrières dans l’enseignement.

      Perso c’est les cours où j’aie le plus appris en 15ans de scolarité…

    3. channy

      Deux cas concrets: ou je bosse nous avons eu un « Cap vente » et en ce moment un bts pour être » manager de rayon » dans les deux cas: un seul a eu un prof qui a bossé dans le monde de l’entreprise .
      Autodidactes,formation interne , relation de confiance patrons/employés etc on a presque oublié le sens de ces mots depuis des années dans les entreprises françaises.

  15. Mominette

    Moi, je trouve ces propositions de loi drôlement cool et respectueuses de chacun.
    Chaque université pourrait faire son marketing, et dispenser des formations à des cibles linguistiques comme le basque, le breton, ou l’araméen, avec diplômes assortis, sachant que ces spécificités sont mondialement demandées. Et le rayonnement de la France sera d’autant plus radieux que les monolingues pathétiques inscrits à ces cours auront reçu en outre quelques notions de français. Oh, pas assez pour faire des mots croisés ni demander son chemin, mais ce sera écrit sur leur diplôme !

    Pour les formations pratiques parallèles aux puissantes études théorique proposées par les Universités, le problème est résolu à peu près partout : minerval élevé, peu de bourses, tous les étudiants doivent se trouver des jobs. Il est même fréquent, dans les universités anglo-saxonnes, que les étudiants alternent une année d’étude et une année de travail plein temps.

    Tiens, voila une idée qui mettrait de la joie sur les campus français ! :-)

  16. PhD

    Les études en alternance sont très développées en Allemagne, où ils forment près de la moitié de leurs ingénieurs de cette façon.
    J’ai entendu à la radio un lors d’un débat à ce sujet un intervenant affirmer que les Allemands manquaient d’ingés de haut niveau à cause de cette méthode de formation.
    Bon, quand je regarde une Porsche ou une Audi et une Peugeot, je n’en suis pas vraiment convaincu

  17. Martin-Lothar

    Si je comprends bien, nos gras gérontes sont en train de déterrer — mine de rien — le bon vieux CPE de guerre et des familles hein ?
    Cela étant, c’est une loi de plus, inutile et liberticide, lubrifiée au bisou (c’est pour mieux te sodomiser, mon enfant). Le fait de savoir qu’il y a dans ce pays un « ministre des universités » me fait encore plus gerber que leur « ministre de la Justice » voire « de la culture ». C’est vous dire si je suis colère.
    L’indépendance des universités et de la justice sont les ressorts des meilleures civilisations. Au moyen-âge, il y eut plus d’étudiants et de professeurs d’université morts en prison ou sur l’échafaud pour l’indépendance de leur institution que de la peste ou du choléra. Le roi de France ou l’archevêque primat des Gaules (et leurs sbires) n’avaient pas le droit de fouler le sol de la Sorbonne — ce qu’ils n’ont jamais admis, bien entendu et ça s’est souvent très mal passé, parce qu’outrepassé.
    On raconte que le général de la garde impériale romaine avait pour instruction — en cas de pépin — de ne protéger que deux personnes : l’empereur (imperator, princeps et pontife), Néron par exemple, ET son mentor (Sénèque dans ce cas) et que s’il ne pouvait sauver les deux, il devait IMPERATIVEMENT abandonner l’empereur au profit du professeur car la sagesse antique voulait qu’il est plus facile de remplacer un roi qu’un philosophe (scientifique).
    J’ai lu aussi que Philippe de Macédoine (qui n’était pas la dernière des tapettes, à ce qu’on dit) a dû publiquement s’excuser (ce qui lui coûta sans doute bonbon) pour avoir critiqué un tant soit peu l’enseignement qu’un certain Aristote prodiguait à son jeune fils Alexandre dit Le Grand.
    Bon, c’est sûr que transposer tout ça avec BHL et Hollande, il n’y a pas photo hein !
    Nos parlementaires sont des salopards incultes ; ce sont des aliénés ; ce sont même des aliens qu’il faudrait un jour renvoyer sur leur planète pour qu’enfin ils redescendent sur terre. Ce pays sera foutu jusqu’alors.

  18. purf

    Traduction de la proposition de loi : « Nous avons un si beau système d’éducation (et non instruction) nationale que nos très jolis M2 et L3 (ceux sur du papier épais cartonné et plein de jolies bordures et couleurs, faut pas déconner, on est le modèle du monde entier quand même) mènent au chômage. C’est chouette de filer un diplôme qui vaut pas plus que le bout de carton en question mais le soucis c’est les jeunes à Pôle Emploi qui font chier dans nos statistiques (qu’on commence à avoir bien du mal à truquer malgré plein de graphiques aux jolies couleurs !).

    Si un mec avec un master en sociologie trouve pas de taff, on pourra par exemple l’obliger à être plombier (dans ta gueule les polonais) ! Et ouais, il aura du faire le CAP et il sera donc qualifié pour le poste et obligé d’accepter si il veut manger autre chose que des pâtes une fois par jour (oholala, rendez vous compte ma p’tite dame, il a pas ses 10 fruits et légumes frais et son verre de lait).

    C’est tip top en plus, depuis qu’on veut sauver notre fleuron et ambition pour l’avenir de la Fraônce qu’est l’industrie lourde (qui a fait le succès retentissant de l’URSS comme chacun le sait) et être attractifs/compétitifs/bourrés de taxes (rayez les mentions inutiles), on va pouvoir dire au monde entier que nous aussi on a nos chinois de l’industrie lourde payés au smic mais qu’ils ont bac+5, il fera moins le malin le patron de Titan ! »

  19. M.Shadok

    « La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne… et personne ne sait pourquoi ! »
    Albert Einstein

    fort à propos…

  20. Jesrad

    La France fait un pas de plus sur la route de la servitude. Planification de vos études, et bientôt planification de votre emploi.

  21. Le Gnôme

    Ayant passé un CAP et un BEP de boucherie à 47 ans, j’ai été effaré de voir qu’on apprenait l’anglais à des mômes de 16 ans qui ne savaient qu’à peine lire et encore moins écrire notre langue. Dieu merci, j’étais dispensé de ces matières, ayant plus que le bac, parce que les cours de français dispensés à l’aide de BD, très peu pour moi.

  22. gnarf

    Il me semble que cette loi vise a donner aux etudiants francais la possibilite de suivre en France des cursus entierement en anglais par exemple. C’est tres pratique ca permet de pratiquer enormement la langue et de connaitre automatiquement tout le vocabulaire lie aux matieres enseignees.
    Ca se fait beaucoup dans d’autres pays d’Europe on met par exemple les enfants au lycee americain ou la plupart des cours sont en anglais.
    Et pour eviter que cette loi soit utilisee pour dispenser des cours en langue etrangere a des immigres ne maitrisant pas le francais, il est demande de savoir parler le francais ou de suivre des cours de francais.

    1. gnarf

      J’ai l’impression que pour ceux qui ne peuvent pas quitter la France, pouvoir suivre un cursus en anglais est la garantie d’avoir des profs etrangers, non formattes par l’ednat. C’est peut-etre le seul salut, la seule possibilite de soutenir un memoire sans avoir a se plier a la doxa socialiste. Ptetre je me trompe completement.

      1. Peste et coryza

        En sciences, pas vraiment…
        Et en lettres… les nominations aux postes sont en partie politiques. Bienpensance et bisous de rigueur pour choper les bons plans.

        Le seul moyen fiable est donc d’aller étudier à l’étranger.
        Et pour le prof qui n’a pas envie de faire ingurgiter à ses élèves les délires de la hiérarchie de l’ednat, de se tirer aussi. Mais ça c’est beaucoup plus dur…

  23. Lord Jordan C. Black-Mohr

    Imposer ça, sachant que malgré l’usine à débiles qu’est l’enseignement supérieur les diplômes restent carrément hard à obtenir quand on arrive vers le niveau ingé, c’est de la connerie. Le faire après si on le souhaite, oui, nickel, pas de problème, si une formation à un métier concret est envisagée fortement et de plein gré par la personne. Sinon, quand les étudiants vont-ils s’y consacrer? La nuit? Je parle en connaissance de cause, étant encore pour quelques mois dans le système (préparation d’un master en biologie/immunologie et travaillant depuis trois ans en labo de recherche), n’excluant pourtant pas de me former aux arts de la forge par la suite, par passion pour la discipline Il est matériellement impossible de faire les deux en même temps.
    Sinon, concernant les langues, ils sont à la bourre, comme toujours. Ils se rendent compte seulement maintenant que parler au moins deux langues différentes est une nécessité absolue! On croit rêver! Pas étonnant dès lors que notre pays soit celui où les habitants ne bitent rien d’autre que leur patois local ou leur baragouin ultracommunaurtaire!

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