BPI : Règlement de compte à OK Royal

L’histoire était destinée à la gaudriole dès le départ : créée pour des raisons purement politiques avec un but aussi vague que possible, la Banque Publique d’Investissement se sera en plus vue affublée d’une vice-présidente aussi médiatique qu’improbable en la personne de Ségolène Royal. Avec un tel attelage, la cascade dans le fossé était inévitable.

Depuis maintenant 40 ans, les gouvernements successifs s’emploient à intervenir dans l’économie française, de plus en plus fort, de plus en plus longtemps, et avec de plus en plus d’argent public. L’État, rapidement devenu un acteur majeur sur tous les marchés un peu importants, parvient à les déformer durablement. Et dans ces quatre décennies d’essais successifs, le constat est difficile à cacher : le tissu industriel français ne s’est jamais autant étiolé, les PME dépérissent, les grandes industries nous quittent, le chômage continue de grimper. La réaction des socialistes de gauche, arrivant au pouvoir, aura été d’une effrayante banalité : puisque toutes les tentatives précédentes d’interventionnisme massif ont échoué, remettons-en une nouvelle couche.

Le 31 décembre 2012, Ayrault créait la Banque Publique d’Investissement, énième avatar des ateliers nationaux. Le 20 février 2013, Ségolène Royal en était nommée vice-présidente et porte-parole. Le 21 février, elle loupait son train pour son premier conseil d’administration.

sego c'est plus fort que tot

L’histoire commençait fort.

Quelques semaines plus tard, c’est donc en l’absence de toute surprise qu’on apprend qu’une bordée de tacles s’échange entre le directeur de la nouvelle structure épandeuse de pognon républicain et sa vice-présidente / porte-parole, dont le rôle est devenu, semble-t-il, de contredire son patron. Il faut dire que ce dernier, un certain Nicolas Dufourcq, n’est pas à proprement parler un politicien pur beurre de moraline puisqu’au contraire de Royal, il a pas mal trempé dans le privé plusieurs années (pouah !) et s’est donc assez bêtement imaginé que la Banque Publique d’Investissement aurait pour but d’aider des projets porteurs d’avenir.

Il s’en était d’ailleurs ouvert la semaine dernière en expliquant à ce sujet que sauver l’aciérie de Florange n’aurait pas été un bon business, qu’on y aurait perdu beaucoup d’argent, et que l’étude du cas Pétroplus révélait qu’il ne rentrait pas dans la définition de la France de 2030 qu’entend façonner la BPI. Après tout, le directeur de la BPI ne faisait là que reprendre l’idée maîtresse de Jean-Pierre Jouyet lorsque le projet de la Banque n’était encore qu’à son début : « Nous financerons les bons projets, pas les canards boiteux. »

La réaction n’a pas tardé.

Dès le lendemain sur RTL, Sa Grande Frétillance Arnaud Montebourg, ministre du Dressement Reproductif, a immédiatement expliqué qu’il avait remis Nicolas Dufourcq à sa place en lui rappelant que l’objectif de cette banque n’est pas de faire du business, hein, faut pas déconner non plus :

J’ai réprimandé le directeur général en lui faisant observer qu’il n’a pas à déclarer cela, que la banque est une œuvre collective, une banque pas comme les autres, qui doit justement essayer de financer là où le secteur financier ne veut pas financer.

Eh oui, mon brave Nicolas, ta banque machin-truc, là, c’est comme une grande fresque de maternelle, avec d’amusantes petites mains potelées peintes par appositions gluantes et colorées : c’est une « œuvre collective » et tout indique qu’il ne faudra surtout pas en attendre des résultats positifs sur le plan financier. On peut, au mieux, demander vaguement l’équilibre, mais si cette banque perd de gros wagons de pognon frais, ce serait assez chouette ! Une œuvre collective qui réalise des bénéfices, ce serait, comprends-tu mon brave Nicolas, une entreprise capitalistique. Et ça, ça ne se fait pas alors que le pays est en crise, enfin, voyons !

Sa Grande Frétillance ayant remis les choses au clair, on aurait pu s’attendre à ce que la pression retombe sur le pauvre directeur. C’était sans compter sur les désirs d’avenir de certaine qui n’a évidemment pas réussi à empêcher des sons de sortir de sa bouche : Ségolène Royal, porte-parlote officielle de la Banque, s’est donc directement exprimée contre son Nicolas de directeur en lui mettant une volée de points sur ses i :

« Les déclarations du directeur général de la BPI sont un grave dérapage, déjà condamné par le ministre du Redressement productif, qui n’ont aucune raison d’être et qui ne se reproduiront pas »

Voilà, c’est dit : demander à une institution publique d’examiner avec attention les dossiers dans lesquels le contribuable injectera son argent, afin d’en minimiser les pertes voire d’en maximiser les effets bénéfiques, c’est, de toute évidence, un « grave dérapage ». Et a contrario, le fait que s’exprime ainsi une vice-présidente et porte-parlote, dont le titre et la fonction laissent penser à la subordination au directeur de l’institution, ce n’est pas un dérapage. Le fait que cette même subordonnée indique à son Nicolas de directeur de se tenir à carreau est parfaitement normal, tout comme le fut sa propre nomination alors que notre Ségolène nationale n’a jamais eu la moindre compétence financière, bancaire ou même économique, et que les performances de la région actuellement sous sa responsabilité indiquent sans ambiguïté qu’une incompétente avec un pouvoir de coercition est largement suffisant pour déchaîner de graves dérapages budgétaires.

royal : la crisitude

Comme on le voit, la priorité de nos politiciens n’a finalement rien à voir avec un projet industriel ou financier : la BPI n’est qu’un nouvel instrument politique pour briller en société, ou, plus tristement, le prétexte pour des individus bouffis de suffisance et d’amour d’eux-mêmes à ramener leur fraise dans les médias, quitte à proférer des insanités économiques alors que tout le pays ploie sous les coups d’une crise économique sans précédent.

Et, ironie d’une actualité qui fournit au méchant chroniqueur que je suis plus de sujets par jour que je ne peux en traiter, pendant que Royal et Montebourg fustigeaient dans un beau duo d’incapables économiques les malheureuses tentatives du patron de la BPI à limiter la gabegie étatique, le président Hollande, toujours aussi pertinent et affûté dans ses décisions politiques, décidait d’ajouter une « Commission d’Innovation 2030«  aux bricolages publics déjà lancés.

Joie, bonheur et petites saucisses apéritives ! On va enfin avoir une Commission qui va se pencher sur l’innovation en France ! Et puis, ce n’est pas comme si ce genre de commission, on n’en trouvait dans chaque chambre de commerce et d’industrie régionale depuis des années ! Ce n’est pas non pus comme si la France avait tant de commissions que ça ! Et dans cette Nouvelle Commission Qui Fera Date, on trouve, au milieu d’une poignée de chefs d’entreprise, le nuage habituel de courtisans, de députés, de journalistes et de piposophes, d’économistes de combat et de fonctionnaires recasés dans des grandes sociétés d’état. La banalité de la sélection parmi l’éternel « vivier » des habituels grouillots républicains permet d’affirmer que cette Commission, après avoir lâché son petit prout livre blanc ou son rapport en 170 pages avec des graphiques en couleur, sera bien vite oubliée.

Mais le plus troublant est qu’une telle commission devrait être l’appendice obligé d’une banque d’investissement qui se veut tournée vers la France de 2030. Cette Commission n’aurait-elle pas, en effet, toute sa place dans le staff de la BPI, auquel cas, sa direction par Lauvergeon semble grotesquement empiéter sur les prérogatives du directeur de la BPI ? En mettant ce dernier parmi les membres de la première, n’a-t-on pas encore inversé les rôles (comme la Ségolène et son Nicolas de directeur) ?

Et surtout, comment imaginer sans sourire que ces inversions de rôle vont bénéficier aux Français ?

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Commentaires122

  1. YP

    Cela prouve s’il en était encore besoin, que le bateau France n’aurait pas pu être sauvé sans un gros coup de dératisation.

  2. Fwh

    Merci H16, j’avais raté cette sortie de Ségo. C’est à se demander s’il n’aurait pas mieux valu le lui donner, son perchoir, pour réduire son pouvoir de nuisance à 1/577ème d’assemblée (son vote), et aux oreilles des députés composant ladite assemblée.

    Concernant Anne Lauvergeon, je conseille à tous cette vidéo où elle démontre, à sa manière, que la discrimination positive pour les uns est forcément négative pour les autres : http://www.youtube.com/watch?v=BMP-O6fcw08

    L’exercice pour le lecteur consiste à imaginer les réactions si on remplace « mâle blanc » par, disons, quoi que ce soit d’autre : de quoi surpasser médiatiquement l’affaire cahuzac.

    Mais casser du mâle blanc, c’est socialo-compatible, bien sûr, donc la seule réaction imaginable serait : « C’est beau ce qu’elle dit, elle veut donner leur chance aux minorités ».

    1. Pere Collateur

      Tiens, ils ont réussi à recaser Lauvergeon. J’avais loupé l’info.

      Balèze les socialistes. La tâche n’était pas évidente, car sa sortie sur le « Mâle Blanc » est la raison principale de sa chute.
      Etonnant que les « mâles blancs » socialistes aient laissé passé ca.

      1. gem

        Lauvergeon qui doit être bien contente de n’être finalement pas ministre : déjà que c’est payé 3 cacahouètes par rapport à ce qu’elle touche d’habitude et considère comme normal, si en plus il avait fallu publié son patrimoine …

    2. aristarque

      Houlà, houlà!!!
      Comment Normal 1er lui-même aurait-il pu légalement et moralement, bien entendu : honni soit qui mal y pense, faire et agir pour que le perchoir échoit à, certes une ex, une retamée du suffrage électoral à la députation ???

    3. ANT1

      Les socialistes ont pris Lauvergeon et Gallois pour trouver le Apple de demain en France. Autant qu’ils n’ont aucune chance de le trouver vu qu’aucun d’eux n’est entrepreneur ou visionnaire…
      Mais en reflechissant, mieux vaut qu’ils ne le trouvent pas! Si ils le trouvent et lui filent des subventions, placent des amis aux postes clefs, autant dire que la pauvre start up seraient condamnee!

      1. PAK

        Quand je pense qu’il y a trente ans Steve Jobs avait proposé au gouvernement français d’installer une usine en France si on équipait les étudiants de matériel Apple, proposition refusée au profit du génialissime T07 de thomson…Et leurs successeurs et héritiers recherchent le nouvel Apple français. Snif

    4. Curieux

      C’est pourtant bien un « mâle blanc », qui plus est bedonant, joufflu et policoncubin qui lui a créé de toute pièce une agréable sinécure. Selon que, etc…

  3. Galuel

    Le problème monétaire rester entier et BPI ou pas BPI, la question de comment la monnaie se créer arbitrairement reste entière. Et la crise n’est pas Française mais mondiale.

    Or donc on ferait mieux de chercher les causes que de s’intéresser à des effets sans intérêt et relativement auxquels on ne peut rien, de la même façon qu’on arrête pas un 36 tonnes lancé à pleine vitesse.

    On peut se poser des questions plutôt sur ce qui fait qu’on a un 36 tonnes lancé à pleine vitesse pour éviter que ça se renouvelle.

    Or ça a eu lieu en 1929, en 1973 et désormais en 2013, soit tous les 40 ans.

    Quel genre de pédale d’accélérateur a été à l’oeuvre pour que l’homme s’aperçoive que tous les 40 ans, il y a visiblement quelque chose qui ne tourne pas rond ?

    Le momentané n’est pas l’intégrale.

    http://www.creationmonetaire.info/2011/05/le-flux-lhomme-la-monnaie.html

      1. Calvin

        Ce qu’il semble vouloir indiquer, c’est l’existence d’un cycle hors de portée des décisions humaines. Une sorte de cycle astrologique, en fait. Y qu’à attendre 2014, et tout ira bien jusqu’en 2053. Ca m’arrange : je pourrais prendre tranquillement ma retraite par répartition… Euh… wait….

  4. infraniouzes

    Ne soyons pas surpris. Ce qui se passe à la BPI a été exactement dépeint par Zoé Shepard dans ses deux ouvrages; dans une collectivité territoriale on fout l’argent en l’air sans s’occuper du bien fondé de la chose. Quand elle décrit la bande de pignoufs de haut-vol qui l’entoure dans sa mairie (pardon son CR) on retrouve exactement les mêmes à la BPI. Ces gens, en dehors d’être des crétins, n’ont aucune pudeur, aucun scrupule, aucun remords… La haute idée qu’ils ont d’eux-mêmes est égale à leur inutilité élevée au carré de leur soif de pouvoir. Contribuables, craignez, grave, pour votre porte-monnaie.

    1. Pascale

      «  » »n’ont aucune pudeur, aucun scrupule, aucun remords… «  » »
      C’est une des caractéristiques du psychopathe selon le FBI qui a établi une liste de 10 éléments propres à ce type de malade. Il paraîtrait qu’avec 3 de ces caractéristiques(sur les 10) on est psychopathe.
      Une des autres caractéristiques de cette pathologie c’est le fait de se comporter en parasite.
      On voit que nos politocards ne sont pas loin de la psychopathie …

      1. Théo31

        Pas loin ? Mais ce sont des malades mentaux et des handicapés sociaux. Hormis faire la pute hontectomisée et mentir, ils sont pour la plupart incapables d’exercer un vrai métier (utile, c’est en option tellement le défi est grand) dans la vie.

      2. hussarbleu

        Psychopaths, as seen by John D. Macdonald :

        « They are very likable, plausible people. They make superb impostors, until they lose interest in the game of the moment. They form few lasting attachments. As a rule, they are liars, petty thieves, sometimes brawlers, but seldom are they killers.

        I can explain why they are so dangerous, the ones willing to kill : because they are immune to polygraph tests. The polygraph measures fear, guilt, shame, anxiety.

        They don’t experience these emotions. They can fake them by imitating the way the rest of us act under stress. But it is only an imitation. When the only thing in the world that concerns you is not getting caught, you would kill for very small reasons. In fact, murder is the result of irritation, plus casual impulse plus an elementary slyness”.

        Vous fait penser à quelqu’un ?

  5. Etienne

    Si Nicolas Dufourcq avait un tant soit peu de dignité, il virerait la folle du Poitou, ou alors il démissionnerait. Mais comme c’est plus agréable de prendre un morceau du fromage BPI, il ne fera probablement rien de tout cela.

    1. Calvin

      En même temps, les saillies de Sego visent sans doute à ce qu’il démissionne et qu’elle prenne sa place !
      S’il a pris son travail à coeur (mais je suis d’accord aussi pour le fait que la place est bonne et juteuse), il attend peut-être un remplaçant qui ne soit pas une psychopathe hystérique.

        1. Si elle perd aux prochaines élections la concernant, alors
          a/ la BPI se défera d’elle (chouette)
          b/ les électeurs se déferont d’elle (chouette)
          c/ les médias se déferont d’elle (chouette)
          et on n’entendra plus parler de cette pouffe.

          1. Istvan

            @h16 : je vous trouve bien optimiste. Elle s’est déjà tarté tellement de fois que je pense sincèrement qu’elle est immortelle. De petite envergure, de relativement grand pouvoir de nuisance financière (pour le contribuable), mais immortelle pour de bon.

  6. Le Gnôme

    Ce gouvernement a réussi à flinguer les business-angels en les taxant massivement de sorte que ceux qui ont un projet innovant sont contraints soit de renoncer, soit de s’exiler pour le faire.

    Ils ont crée une banque dirigée majoritairement pas des gens qui n’ont jamais vu une entreprise autrement qu’au travers de leur canard favori, et qui n’en parlent que dans les meetings politiques, et dont le I d’investissement va servir uniquement à mettre les entreprises moribondes sous perfusion en attendant l’euthanasie finale.

    Bref, des monceaux de brouzoufs pour soutenir hier au détriment de demain. J’appelle ça jouer à la roulette russe avec un automatique, on perd à tous les coups.

    1. Baichette

      Pour préciser au sujet de la roulette russe c’est plutôt à la roulette belge qu’on joue en ce moment: 1 pistolet et 6 balles dans le barillet!

      1. aristarque

        Sont vraiment péciales les armes de poing chez les Belges.
        Le barillet est la réserve de balles d’ un revolver alors que c’ est le chargeur pour un pistolet automatique… 🙂

        1. tn

          Oui, c’est une invention de la FN de Herstal : le pistovolver.
          C’est une arme qui est approvisionnée par un barillet que l’on introduit dans la crosse.

          1. tn

            @Aristarque
            Ben c’est que c’est pas si simple à mettre au point. Un problème, notamment ,était le volume du barillet, qu’il a fallu profondément modifier. La solution fut finalement de l’allonger et l’aplatir, de façon à ce que les balles soient les unes au dessus des autres. Depuis, ça marche bien.
            Notons également qu’ils planchent actuellement sur le concept du relvostolet, qui est une arme dont le chargeur sert de chambre. Le point butoir est la forme du chargeur qui n’est pas appropriée. La solution semble de le rendre plus cylindrique, ce qui permet de présenter les balles les unes après les autres devant la percuteur.

  7. Fwh

    Et je tombe là-dessus : comme par hasard, le 19 mars, Nicolas annonce que la BPI va soutenir Heuliez (quelques jours avant le dépôt de bilan) : http://www.challenges.fr/entreprise/20130321.CHA7521/automobiles-la-banque-publique-d-investissement-bpi-france-va-soutenir-heuliez-en-toute-independance.html

    Notez le « en toute indépendance ». C’est aussi crédible que de dire que le mari de Najat, qui vient d’être nommé directeur de cabinet de Montebourg, l’a été pour ses seules compétences à la suite d’entretiens d’embauches rigoureux de 200 candidats, dont aucun n’avait les compétences requises, à part M. Vallaud.

    En fait, en plaçant son ex à la BPI, Hollande savait qu’il ne pouvait pas la nommer directement à la direction, car ça se verrait trop. Mais de toute évidence, tout est fait pour faire partir l’actuel DG de la BPI par dégoût, pour que son ex puisse « légitimement » se retrouver DG à la place du DG.

    1. aristarque

      Les parties de billard à quinze bandes sont appréciées de Normal 1er, Pépère la Morale, qui non seulement doit gérer 67 M de sujets sans compter ceux de mécontentement, mais doit aussi gérer les rivalités dans son harem. C’est peut-être là que c’est le plus dur!

  8. Emma

    Merci H16 pour cet excellent billet. « La BPI n’est qu’un nouvel instrument politique » c’est l’évidence même et que la Dame du Poitou s’insurge contre les propos de son propre patron montre bien l’état de déliquescence de ceux qui sont supposés être notre élite. C’est tout simplement tragique.

    1. aristarque

      Ce n’ est pas vice-présidente qu’il fallait nommer Marie -Ségolène mais ministre…
      Il y avait du potentiel pour la jurisprudence Chevènement.

  9. LeRus

    Afin de participer à l’effort national, je propose que la BPI investisse (bcp d’argent si possible) dans ces projets d’avenir:
    – Industrie: Le façonnage de silex
    – IT: La roue, l’avenir de la recherche en France
    – Chimie: le sucre, cette incroyable trouvaille qui va tôt ou tard remplacer le miel
    – La banque: Ah non, ce sont que des méchants.
    – L’agriculture: La pomme de terre, cette innovation qui nous vient d’Amérique.
    – L’éducation: Projet 2030, un écolier de sixième sur deux sait lire et écrire. Osons!
    – Mode & Textile: Les rubans et perruques poudrées, la nouvelle tendance au sommet de l’État.
    – Transport: le tramway, solution à tous les problèmes (zut, c’est déjà un projet d’avenir)
    – Écologie: Les toilettes sèches, comment ch*er écolo au 21è siècle.
    – Énergie: contre le nucléaire, une innovation qui va faire du bruit (et de la suie), le boulet de charbon!

    D’autres idées? Faites une commission et envoyez votre rapport à la BPI. N’oubliez pas d’y joindre vos honoraires, les défraiements et le salaire de la secrétaire de votre maitresse.

    1. Pascale

      Mode et textile : c’est quasiment le seul domaine où l’état n’a pas encore été fourrer ses gros doigts boudinés en réglementant à tout va.

      1. Caton

        En fait, pour le textile, il l’a fait par les accords multifibre de 1974, qui fixaient des quotas d’exportations, par pays et par produits. C’est pas pour rien que l’industrie textile est sinistrée en France.

    2. aristarque

      Les montres suisses à la française pour que Juju la Tocante, Dahudanlesac et tant d’ autres puissent succomber à leur passion sans creuser le déficit franco-suisse… 🙂

  10. Jesrad

    « Les déclarations du directeur général de la BPI sont un grave dérapage, déjà condamné par le ministre du Redressement productif, qui n’ont aucune raison d’être et qui ne se reproduiront pas »

    Punaise, un subordonné qui dit ça de son patron… mais c’est le siège éjectable activé avec mise en orbite sur le champ ! Quelle suffisance, quelle ingérence et surtout quel culot ! Plus que jamais, la politique c’est en premier lieu la hontectomie complète.

  11. CinéPhil

    Wikipedia me dit que La Banque Publique d’Investissement « est présidée par Jean-Pierre Jouyet et dirigée par Nicolas Dufourcq ».
    Nicolas Dufourcq n’est donc pas le patron de Ségolitude.
    Quant à la BPI, c’est effectivement encore un bon gros machin collectiviste, un placard à copains grassement payés.
    Pour le fun, allez voir le site de la BPI : http://www.bpifrance.fr
    Et pour rigoler encore plus si vous connaissez un peu le langage du web – le HTML, explorez le code source de la page.
    Rarement vu un site web aussi pourri ! S’ils ont quelques milliers d’euros, je peux leur refaire… mais non, c’est vrai que quelques milliers d’euros, ce n’est probablement pas assez cher pour eux. Ils ont du choisir un bon copain qui à facturé à au moins 5 chiffres pour faire ça !

        1. Bon, j’ai corrigé. Ce n’est pas tout à fait parfait, mais ça tient compte des remarques. Merci à tous 🙂
          (dans le fond, évidemment, ça ne change rien : pourquoi une VP et surtout « porte-parole » vient tacler le DG en public et de façon aussi peu amène, ça, ça me dépasse)

          1. LNB

            Au delà du coté politique indéniablement au coeur du sujet, la culture du respect de l’autorité est morte depuis bien longtemps, par et pour les socialistes. Dans la vraie vie, si tu tacles ton n+1, même avec de très très bonnes raisons, tu gardes 3/4 de chances d’être viré. C’est la vie. Sans bisounours.

          2. aristarque

            Désolé, mais tu raisonnes à partir du schéma standard d’ une quelconque entreprise normale. La BPI n’ est pas une entreprise normale, fût -elle engendrée de Normal1er!
            C’est un machin où (re)caser les copains, les copines, les éclopés du suffrage et les amis des amis qui n’ envisagent pas de travailler sérieusement, juste d’avoir une paye.

          3. aristarque

            Attitude politique. Marie Ségolène se doit de montrer aux électeurs poitevino-charentais qu’ elle est honteusement barrée dans ses bonnes oeuvres de distribution du pognon gratuit des autres et qu’il ne faut pas lui compter cette soudaine défaillance de sa part à l’ égard d’ Heuliez. Ses revenus perso ont fondu nettement depuis 2012 et elle pense à un nouveau boulot pour 2014!

      1. Lib

        Non, il a raison.

        Le président c’est Jouyet. Dufourq est Directeur Général. Ca n’enlève rien au fond, mais juridiquement, les administrateurs sont dans leur rôle quand ils critiquent le DG.

        Bien sûr, s’ils étaient soucieux du bien de la BPI, ils ne le feraient pas en public.

        1. PAK

          Si la pintade est porte parole de la banque elle ne peut l’ouvrir sans l’aval du DG, si elle est porte parole du Président de la banque ou du Conseil d’administration là elle peut parler. Mais bon quel que soit ce qu’elle caquette c’est insupportable.

    1. Josselin

      Je trouve au contraire le code HTML plutôt bien fait, utilisant des éléments HTML5, le CDN GoogleApis pour jQuery, d’autres recommandations de HTML5 Boilerplate (comme les commentaires conditionnels pour l’élément html, l’absence de protocole pour charger les fichiers statics (protocole dynamique en cas d’utilisation SSL), etc).

      Où est le souci ?

      1. dede

        Le souci, c’est le resultat : si le code etait bien fait, le site ressemblerait a quelque chose. La, c’est du web -1.0 : le programmeur apprend en marchant (mais a ce niveau, il devrait reorienter sa carriere).
        On peut esperer qu’ils ont pris un stagiaire et su maitriser les couts mais cela ne donne pas vraiment l’impression qu’ils ont une quelconque idee de la maniere d’utiliser le CAPEX…

        1. Josselin

          « si le code etait bien fait, le site ressemblerait a quelque chose »
          Heu, le code et le design sont deux choses différentes hein.

      2. CinéPhil

        C’est notamment ça qui m’a fait rigoler dans le HTML du site :
        «  »
        «  »
        «  »

        Ça s’enlève ce genre de truc quand même !

        Et puis ce site est vraiment très moche, avec une navigation pas ergonomique.

        S’ils ont vraiment payé le logo 300 k€, j’espère qu’ils n’ont pas payé plus du 300ème pour le site !
        Au fait, il est où ce logo ? C’est le favicon en forme de carré jaune ?

          1. CinéPhil

            Je voulais citer les commentaires du « modèle » qui a servi à faire le site et qui n’ont pas été retirés par le « programmeur ».
            On a droit au BBCode dans les commentaires ?

  12. Phil aus Berlin

    Le site de Hashtable n’étant pas un site olé olé, adepte de la gaudriole, il convient de remplacer ’tissus’ par ’tissu’ (industriel) – 2ème paragraphe – Avé

  13. Kuing

    Nicolas Doze a justement fait sa chronique là-dessus aujourd’hui.
    La BPI n’a pas été faite pour devenir le jouet électoral de Ségolène Royal, de Montebourg ou d’autres politiciens incompétents.
    Ces politiques ont oublié ou n’ont jamais su ce qu’est l’économie, en aucun cas l’argent de la BPI ne doit devenir de la subvention publique et on ne gère pas la BPI comme on gère le conseil de Saône-et-Loire ou celui du Poitou-Charentes :
    –>

      1. Josselin

        A quel point pourrait-on caresser l’espoir que Royal ou Monte-et-bourre aient connaissance de votre article ou de cette vidéo ?

          1. Before

            J’ai entendu ce matin que notre cher président-des-bisous avait reçu Samedi une vingtaine de blogueurs, dont certains étaient critiques envers son « action ».
            Vous étiez invité, cher H16 ? 😀 😀 😀

  14. JS

    Ces histoires de BPI/commission 2030 sont de vrais cas d’ecole. L’exemple meme de ce qu’il ne faut pas faire !

    Il suffit de lire les noms des personnes impliquer pour savoir que ca va completement foirer et que ca va couter (tres) cher au contribuable.

    Lauvergeon…et dire qu’ils ont failli la coller a la tete d’EADS..

  15. max

    Ce qui est très comique dans ce nouveau comité Théodule, c’est qu’il n’y a quasiment aucun chercheur-innovateur du privé, à part Mathias Fink qui signale au passage que faire de la recherche publique ou privée, encore pire, en France, ça paye pas. Donc bizarrement, les chercheurs français sont tentés d’aller voir ailleurs, ne se nourrissant pas que d’amour et d’eau fraiche, étonnant non ? C’est exactement ce qui m’est arrivé, aller voir ailleurs.
    On n’attire pas les mouches avec du vinaigre…

    « DEPUIS quatre ou cinq ans, ce physicien, véritable star dans le monde des ondes et de l’acoustique, voit partir nombre de chercheurs à l’étranger. « Et ce phénomène a pris de l’ampleur. Les gens ont conscience du prix du marché : aux États-Unis ou en Asie, on leur propose de gagner trois fois plus qu’ici ! », résume Mathias Fink. Lui aussi s’est vu récemment offrir un pont d’or en Chine où on lui proposait de choisir son salaire… »

    http://www.lefigaro.fr/emploi/2006/10/16/01010-20061016ARTWWW90381-mathias_fink_a_choisi_de_rester.php

    1. gem

      on leur propose plus non seulement pour eux, mais aussi et surtout pour leur moyens : labos, main d’œuvre d’étudiants d’élite, etc.

  16. duff

    Louis Gallois lui aussi membre d’un comité Théodule fait lui aussi des préconisations pour l’industrie française parmi lesquelles il faudrait que l’euro soit un peu moins cher…

    Sachant que la réponse de mamie Merkel tient en 3 lettres et qu’elle ne changera pas de position, je sens que très vite le gouvernement va s’enfermer dans le « c’est notre faute, c’est les autres »

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE93K00Y20130421

  17. NOURATIN

    « Oeuvre collective » visant à volatiliser l’argent confisqué au contribuable moins futé que Cahuzac.
    C’est beau, la Démocratie, surtout quand ça engendre les Socialistes!

  18. daredevil2007

    Toujours aussi percutant et jouissif, mon cher Hash 😉
    Petites corrections : »les malheureuses tentatives du patron de la BPI à limiter la gabegie étatique = les malheureuses tentatives du patron de la BPI de limiter la gabegie étatique »
    et « Ce n’est pas non pus comme si la France avait tant de commissions que ça = Ce n’est pas non plus comme si la France avait tant de commissions que ça »
    En tout cas, un grand merci à vous qui avez égayé ma journée bien morne 😉

  19. Before

    Business as usual… dans notre France fantasmée de ces abrutis dangereux…
    J’admire le courage et la ténacité d’H16 pour relever jour après jour, heures après heures, et maintenant minutes après minutes les monceaux de stupidités émises par ces loghomaniaques mythomanes.
    « une banque pas comme les autres, qui doit justement essayer de financer là où le secteur financier ne veut pas financer. » : est-ce qu’elle se demande pourquoi le secteur financier ne veut pas financer ?
    Est-ce qu’elle met seulement en perspective les taxations sur les investisseurs et la frilosité de ceux-ci ?
    Comment peut-on être aussi con ?

  20. gem

    h16, tu te plantes : Direction et Présidence (et vice-) sont des organes séparés sans liens hiérarchique, avec des fonctions différentes, mais qui dans des structures bien organisée travaillent de concert : pas là, manifestement. Un vice-président n’est pas un subordonné du directeur. C’est un rang inférieur à celui du président (mais pas forcément un subordonné), sans pouvoir pratique au sens de la structure.

    La vice-présidence (et le ministre, aussi) tente d’intimider le directeur pour le mettre à sa botte. Le directeur, qui ne l’est pas devenu par hasard mais par des appui politiques puissants, n’en à que foutre, et si il garde son sang froid, les laissera pisser comme des merinos, et continuera de faire ce qu’il veut (qui ne sera pas forcément très bon non plus, hein…)

    1. « Direction et Présidence (et vice-) sont des organes séparés sans liens hiérarchique, »
      Tu n’as pas suivi le petit dialogue ci-dessus : au départ, j’avais collé Dufourcq à la présidence par erreur (et le lien hiérarchique était là). J’ai corrigé le texte ensuite, mais c’est imparfait.

      1. gem

        Ah OK je comprend mieux.
        L’important, c’est que dans une structure publique on ne vire pas les gens avec qui on est en désaccord ; parce qu’on ne peut pas. Et c’est vrai dans les deux sens : Sego ne peut pas faire virer le dirlo non plus ; même Montecourge ne peut pas virer le type qu’il critique publiquement .

        A la place, quand on veut se débarrasser de qelqu’un, on magouille salement pour créer un climat dans lequel le type devient indésirable et finit par se faire remplacer

  21. Olivier Vitri

    Et Dufourcq ? Il les met où, ses gonades ? Pas compliqué de coincer les zozocialistes qu’on lui a collé au train non ? Quelques arguments éco correctement étayés devraient être suffisants pour tacler ces incultes non ?

    1. Aloux

      Malheureux, le pauvre Nicolas va très mal en ce moment, d’ailleurs ses amis socialistes sont inquiets, ils craignent qu’il ne fasse une « bêtise ».

      1. aristarque

        A quand sa confession rédemptrice à la télé pour demander pardon à Monte-et-bourre ainsi que Ste Ségolène de n’avoir pas saisi que le discours de baptême de la BPI n’ engagerait à rien en matière orthodoxie bancaire traditionnelle?

    1. max

      Hem ahem… Allez je l’ose : Avec Fleur, c’est le bouquet bientôt fané.

      Et des cerises sur le gâteau, c’est de saison. Moi je sais qui j’inviterais si je voulais
      passer une bonne soirée dans la bonne humeur des plaisanteries, Fleur et Najat.
      En plus, elles ne sont pas désagréables regarder. Montebourg aussi, tiens, il est également amusant.

    1. calc80

      Suite au lien présenté par h16, j’ai regardé plusieurs de ses vidéos BFM business sur youtube (son émission « les Experts »).
      Il invite souvent des libéraux (dont Madelin par exemple) et se montre assez ouvertement critique vis-à-vis des pouvoirs ou de décisions purement politiques et/ou anti-entrepreneuriales. Il appelle souvent un chat un chat. Ce qui est rare.
      Sur la seule base de ses vidéos, je le trouve, comme ses émissions, intéressant.

      1. NoName

        C’est ce que j’avais pu voir plus ou moins, j’en avais regardé quelques unes de ses vidéos mais je ne le suis pas souvent.
        ça va peut-être changer.

    2. Il est, pour ce que j’en ai vu, plutôt libéral. En fait, il est surtout réaliste et ne fait pas de langue de bois ce qui le démarque furieusement du commentateur moyen.

  22. Nemrod

    Banque Publique D’investissement, Ministre du redressement productif.
    Il règne ici une atmosphère D’Atlas Shuggred.
    Un peu de Novlangue : le « dérapage »…
    D’après le Fig, Mechantcon se voit à Matignon.

    Tout ça me fout les jetons d’une force !

    Faut s’y faire, se préparer; la cabane va tomber sur le chien.
    J’espère que ça va tenir une paire d’année pour mon timing personnel mais c’est loin d’être certain.

  23. Eric

    Bonjour H16,

    Je tenais simplement a vous signaler que votre article est présent sur Google News par l’intermédiaire de Nouvelle de France! C’est bien la première fois que je vous y vois.
    De loin le meilleur moyen d’attirer une catégorie encore incertaine sur sa sensibilité politique, ainsi que toute la masse francophone!
    Un coup d’H16 et ca repart.

  24. Alex6

    Ca depasse tout ce que l’on avait pu imaginer… Le rythme de clowneries et de debilites qu’est capable de produire ce gouvernement est simplement hallucinant.
    Pour ceux qui ne payent pas leurs impots en France, c’est du petit lait ce qui se passe en ce moment, quel pied!

    1. channy

      C’est vrai que l’on a l’impression d’assister à « un diner de con « qui va encore durer 4 ans
      Effectivement je pensais que faire pire que Talonnette 1er c’était pas possible..mais Le gros mou à teinture et son équipe de clowns à roulettes c’est du Hors concours.

      1. bugbreeder

        En moins d’1 an Hollande a réussi l’exploit démentiel d’être encore plus impopulaire que Sarkozy après 4 ans, 25% contre 28% (http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/04/21/hollande-perd-six-points-de-popularite-record-des-mecontents_3163593_823448.html), et être plus impopulaire que Sarkozy quand on a toute la bien-pensance et la presse du pays avec soi pour se couvrir, c’est phénoménal.
        Dans les 6 mois plus personne ne respectera ni n’obéira à ce gouvernement.

      2. LeRus

        +1

        Le discours du PM Zéro hier était assez pathétique. Difficile de faire plus amateur, on aurait dit le discours d’ouverture de la Kermesse de Saint Locdu.

  25. Olivier M.

    Je reviens sur l’idée que Ségo serait aux ordres du directeur : c’est évidemment plutôt l’inverse. Le directeur sert le président (et par extensions ses vice-présidents), et pas l’inverse.

    1. Pas tout à fait. Normalement, le directeur s’occupe de faire tourner la boutique, et le Président et ses sous-fifres sont l’interface avec le monde extérieur. En tout état de cause, le discours de Ségo qui consiste à débiner le dirlo est assez lamentable et parfaitement anormal dans une structure bien gérée (et il n’y a pas de lien hiérarchique direct, sinon politique, entre les deux).

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