Les pages « obsèques » ne seront plus jamais les mêmes

C’est un scandale ! L’avis de décès de Nicole Boucheton ne pourra pas paraître dans Ouest-France. Pourtant, tout le monde sait que faire paraître un avis de décès dans la presse, et en particulier dans Ouest-France, est un droit inaliénable en République Française. Quelle abomination discriminatoire horrible se cache encore sous cette pénible affaire ?

Je pressens ici que le lecteur habitué de ces colonnes se demande à présent pourquoi diable je l’entretiens du décès de cette dame, par ailleurs assez peu connue, et pourquoi les démêlés de sa famille avec la rédaction de Ouest-France pourraient avoir un quelconque intérêt. Saine interrogation qui me permettra de fournir un peu de contexte.

De son vivant, Mme Boucheton était une fervente partisane de l’euthanasie et de la liberté de mourir dignement. Atteinte d’un cancer, elle a décidé lorsqu’il fut en phase terminale d’aller en Suisse pour joindre ses actes aux paroles et en finir avec la maladie qui la rongeait, ce pays – au contraire de la France – autorisant cette forme de suicide assisté. Ceci explique sans doute pourquoi la famille a voulu faire paraître dans Ouest-France un avis faisant part du décès de (je cite) « Mme Boucheton, vice-présidente de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), à l’âge de 64 ans, contrainte de s’exiler en Suisse, pays humaniste, pour y mourir selon sa volonté le 7 août 2014 ».

Devant la proposition, le premier quotidien régional français a décliné. Pour lui, les pages « obsèques » ne sont pas le lieu d’un débat sur l’euthanasie, d’autant que, comme l’explique François-Xavier Lefranc, rédacteur en chef de Ouest-France,

« On a donné la parole à Mme Boucheton, en publiant samedi un article citant des extraits de son texte posthume. Il y a des endroits dans le journal pour le débat, les points de vue. Ouest-France ne milite pas pour l’euthanasie mais est ouvert au débat et donne la parole à des opinions contradictoires. »

Et de façon parfaitement prévisible, cette petite anicroche qui aurait pu se résoudre si la famille avait transigé (en modifiant son texte) ou avait décidé de choisir un autre journal (avec une moindre diffusion) s’est immédiatement transformée en petite tornade fumigène. En l’espace de quelques heures, ce qui aurait dû rester cantonné, dans quelques obscurs journaux régionaux, à la pages Obsèques (ou « faits de sociétés » si l’on se contente de relater les faits) s’est retrouvé repris dans différents quotidien nationaux, du Figaro à Le Point en passant par 20 Minutes, Midi-Libre ou TF1 et en incluant même des journaux étrangers.

euthanasia

Il faut dire que Jean-Luc Romero, le président de l’association dont l’euthanasiée faisait partie, l’ADMD, n’a pas hésité à monter sur ses grands chevaux et, sabre au clair, s’apprête à saisir le Défenseur des Droits tout en rouspétant vertement de la décision du rédacteur en chef :

« Ce journal qui est largement subventionné par les aides à la presse (6 centimes par numéro) – donc par nos impôts ! – refuse de publier un faire-part « payant » comme il le propose habituellement à tous ses lecteurs. C’est une décision indigne, discriminatoire et peu républicaine de la direction de ce journal. C’est même une censure contre lequel ce journal est censé pourtant se battre. »

Voilà, tout les ingrédients sont donc réunis pour que cette histoire puisse correctement monter en mousse épaisse et que, de dépêche AFP en reportage frissonnant sur les chaînes généralistes en fin de 20H, on tienne ici une bon grosse affaire de société avec débat ridicule à la clef.

Je dis « ridicule » parce qu’ici, il n’y a qu’assez peu de chance qu’on évite les écueils évidents déjà dispersés dans le débat.

Ainsi, on passera rapidement sur la tirade des impôts subventionnant un journal qui, malgré cet argent public, refuse de dévier de sa ligne éditoriale. Il est piquant que Jean-Luc Romero découvre ainsi qu’en France, le fait de payer, de force, pour un journal, n’entraine pas immédiatement de droits imprescriptibles sur la parution d’un article (ou d’un faire-part dans le cas qui nous occupe). On peut s’amuser deux minutes en imaginant s’il en allait autrement ; quelle joie malicieuse ce serait alors pour les uns ou les autres de faire paraître, dans les colonnes d’un journal foncièrement opposé à leurs opinions politiques, des articles ou des faire-parts volontairement provocateurs !

Allons, M. Romero, nous sommes en France. Si le fait de payer des impôts donnait des droits quelconque sur les services ensuite rendus, ça se saurait. Plus prosaïquement, au lieu d’utiliser cet argument bancal, faites comme moi : réclamez enfin qu’on arrête de subventionner cette presse qui, finalement, ne rend pas les services qu’on lui demande et fait parfois, mine de rien, une propagande assez douteuse. Mais en tout cas, ne feignez pas de croire que ces subventions vous donnent le moindre droit de placer vos agendas sociétaux dans des faire-parts.

Maintenant, sur l’argument principal qui revient à qualifier de censure discriminatoire la décision du rédacteur en chef, permettez-moi de pouffer. Par nature, un journal n’est ni neutre, ni un espace où n’importe qui peut exprimer n’importe quelle opinion n’importe comment. Le faire-part proposé exprime bel et bien une opinion, de façon absolument limpide. Qu’on soit d’accord avec celle-ci est ici sans la moindre pertinence : par décision unilatérale du journal, la rédaction n’accepte pas les opinions ou les débats dans ses pages « obsèques », et c’est tout. Jusqu’à preuve du contraire, Ouest-France, tout subventionné qu’il est (ce que je regrette), reste une propriété privée dont le contenu ne dépend que du bon vouloir de ses propriétaires. Et non, il n’y a pas de droit imprescriptible à utiliser les faire-parts de décès comme tribunes.

Et là encore, s’il s’avérait qu’à la suite d’une hardie décision de justice, il en aille différemment (on n’est à l’abri de rien dans ce pays), il n’est pas interdit d’imaginer voir alors fleurir des avis de décès dans lesquels les uns, farouches militants politiques, enverront des tacles sévères et posthumes vers les autres, qui répondront de même. Les pages « Obsèques » ne seront plus jamais les mêmes.

faire part décès jules dubidon

Mais de façon encore plus importante, en s’agitant ainsi pour réclamer bruyamment le droit de passer de tels faire-parts, M. Romero s’expose à la possibilité, assez désagréable, de donner à son tour une tribune à tous ceux qui ne partagent absolument pas ses opinions en terme de fin de vie. On peut alors se demander comment lui, et l’ensemble des militants, réagiraient si une partie des faire-parts renvoyaient, eux aussi, à des opinions tranchées en la matière. Comment Romero et son association réagiraient-ils s’il devaient lire, régulièrement et dans les colonnes de Ouest-France, des avis dans lesquels on trouverait « Décédé par suicide sans l’assistance de personne » ou qu’untel s’est « ôté dignement la vie de façon indépendante », ou tous autres termes qui ne manqueront pas d’aviver la polémique ?

Non, décidément, ce n’est pas une horrible censure qu’ont subi Romero et la famille Boucheton. C’est, simplement, un petit rappel de décence, celle qui veut que les morts ne fassent plus ni politique, ni militantisme, un acte certes désagréable mais nécessaire du rédacteur en chef pour éviter que les pages obsèques des journaux français ne deviennent une vaste empoignade obscène. L’euthanasie est un sujet trop grave pour le laisser dans les mains des morts.

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Commentaires181

    1. Val

      Euh avec tout le respect que je vous dois , en êtes vous si sûr ? Les médecins belges qui la pratiquent ne sont pas tous de votre avis. Et avec l épaisseur microscopique d éthique qui couvre nos dirigeants , on peut être inquiets.

      1. Pere Collateur

        En effet, sans vouloir transformer le blog de notre hôte en debat pour ou contre l’euthanasie, faut vraiment vraiment prendre toutes les pincettes possibles avec ce sujet.

        Moi même à la base, sans réfléchir, j’y voyais pas d’inconvénients. Et j’envisageais que si j’étais eventuellement dans le cas, peut etre que je penserais aussi en finir plutot que de souffrir le martyre.

        Bref, présenté comme ca, on voit pas trop ou est le problème.

        Cependant, à partir du moment ou c’est les Socialistes assumés qui poussent ca, c’est qu’il y a un blem, et probablement pas un petit.
        Je dirais même la chose suivantes: Pour être sur et certain de ne pas se faire couiller, tout ce qui est avancé par un socialiste assumé doit etre systématiquement combattu et renvoyé dans les poubelles de l’histoire.
        C’est un coup de main à prendre, sachant que ces gens sont des boussoles qui donnent le sud. Tout ce qu’ils touchent, de près ou de loin, est systématiquement perverti, tordu, détourné, vicié.

        Suffit de se souvenir de l’épisode mariage machin bidule pour s’en convaincre.

        Et petit corrolaire, les effets les plus dévastateurs de leurs décisions débiles ne sont pas ceux que l’ont voit en premier.
        Parfois, c’est 20 ans plus tard que ca s’exprime. Et ca fait mal. Tres mal. Cf les conneries de 1981 qu’on déguste à plein régime depuis les années 2000.

        1. Calvin

          Saine attitude. Je suis désormais sur cette optique. La vision de ce qu’est devenu ce pays, c’est à dire l’application stricte du programme du PCF de l’après guerre au programme commun, reste un aiguillon.

        2. royaumont

          Je suis d’accord.
          On ne va pas transformer ce blog en foire d’empoigne sur ce dossier brûlant.
          Mais si un douteux personnage comme Romero se bat pour, il faut être prudent. Très prudent.

          1. Aristarque

            Mais ce blog n’ est pas une foire d’ empoigne sauf éventuellement pour quelques un(e)s qui ne maîtrisent ni leurs nerfs ni leur plume quand ils ne trollent pas volontairement pour provoquer les participants. Nous sommes plusieurs à constater que les soces ne restent pas indifférents à la question de l’ euthanasie et pour ma part, je crains qu’ elle ne ressurgisse d’ un coup pour bien passionner les foules afin qu’ elles oublient de regarder les prodiges économiques de Solexine Rex et de son équipage de pedalonautes…

          2. petit-chat

            Déjà si ce fumier d’Attali en a parlé avec sérieux (tout en s’exonérant d’en bénéficier lui même, ‘faut pas déconner non plus), ce n’est plus un loup mais un tyrannosaure rex.

              1. seulabre

                « La liberté fondamentale c’est le suicide » dans la logique socialiste
                Moi qui pensais bêtement que c’était la liberté de penser et de s’exprimer ….
                Sont forts les socialauds

                  1. gameover

                    Logique socialiste, d’aucuns penseraient que c’est un oxymore, mais non en fait :

                    La logique socialiste des deux poules
                    – Camarade, si tu avais deux maisons, en donnerais-tu une à la révolution ?
                    – Oui ! répond le camarade

                    – Et si tu avais deux voitures de luxe, en donnerais-tu une à la révolution ?
                    – Oui ! répond de nouveau le camarade.
                    – Et si tu avais un million d’euros sur ton compte en banque, en donnerais-tu la moitié à la révolution ?
                    – Bien sûr que je la donnerais! répond le fier camarade.
                    – Et si tu avais deux poules, en donnerais-tu une à la révolution ?
                    – Ah non ! répond le camarade.
                    – Mais…. pourquoi donnerais-tu une maison si tu en possédais deux, une voiture si tu en avais deux,
                    500’000 euros si tu disposais d’un million…. et ne donnerais-tu pas une poule si tu possédais plusieurs ?
                    – Mais parce que les poules, je les ai !
                    Moralité: il est toujours facile d’être socialiste avec la propriété et le travail des autres

                    (tiré de la page FB du Parti Libéral Démocrate)

                    1. Théo31

                      Il y a aussi aux USA une association qui recommande aux gens de se suicider mais dont aucun membre ne donne l’exemple ou des associations d’ecolos qui ne voient pas d’un mauvais oeil que 6 milliards d’êtres humains (eux exclus evidemment) puissent être exterminés pour assurer leur confort, malthusianisme oblige.

              2. gameover

                J’avais pas la même idée de LA liberté fondamentale !

                Le problème dans le débat de l’euthanasie que l’on a transformé en suicide assisté c’est le mot « assisté » comme dans la logique socialiste d’ailleurs.

                Chacun est libre de faire ce qu’il veut de son corps et dieu sait qu’il y a de multiples moyens propres ou moins propres pour quitter ce monde, mais leur problème c’est de trouver quelqu’un pour le faire à leur place… socialiste courageux c’est un oxymore.

                Sinon on n’a jamais vu quelqu’un se réveiller après une mort cérébrale complète… donc qu’on envoie la facture des soins à la famille.

              3. val

                Incroyable cette citation d Attali ! Ce qui prouve encore une fois que l on peut avoir une certaine aisance intellectuelle et être parfaitement con.
                Mais les soces ont tous en commun une chose : ils pondent des lois pour les autres mais jamais pour eux mêmes.

                1. yp

                  Le truc du socialisme c’est la perversion des mots. Une fois qu’un mot à été galvaudé par les socialiste (souvent en y associant une charge émotive), il est beaucoup plus difficile de contrer cette idéologie de merde.

                  Exemple : liberté, libéralisme, république, démocratie, et tant d’autres…

                  Une fois qu’un mot a perdu son sens, que plus personne dans le grand public ne peut en donner une définition exacte et que son cerveau à été conditionné à réagir à la charge émotive associé à ce mot, le socialisme à gagné la bataille idéologique et a étendu son territoire, car il n’est plus possible pour un opposant au socialisme de contre argumenter en s’appuyant sur un terrain rationnel…

                  1. yp

                    (Je veux dire qu’il est quasi-impossible de faire changer d’avis un esprit qui a été soumis par cette technique de manipulation mentale – une fois qu’un esprit à été conditionné à réagir à ses émotions et à réfuter toute analyse, c’est quasi irréversible…)

                2. pierre

                  Au contraire, Tatali a parfaitement raison : la seule liberté qu’il te reste en socialisme, c’est de te pendre (à condition d’avoir pu te procurer une corde et un tabouret au marché noir)…

    2. Aristarque

      Ben voyons! On commence par une juste compassion sur des cas de malades incurables, compassion se poursuivant naturellement (?) par la mise à mort digne ou non et on dérivera rapidement vers l’ élimination systématique des vieux ou des gêneurs comme le proposait aimablement et charitablement Attila J. il y a une trentaine d’années. Chose curieuse, depuis qu’il a atteint l’âge charnière vers ce grand basculement, sa mémoire est atteinte au point qu’il oublie, lui, de faire joindre l’ acte aux paroles pourtant écrites…

      1. Flash

        La Belgique est symptomatique de cette extension progressive.

        Les adultes incurables consentants.
        Puis les enfants incurables.
        Puis le consentement de moins en moins exigé (par compassion pour ceux qui souffrent, incapables de donner leur consentement, bien entendu).
        Puis les handicapés…

        Je m’accroche à une phrase très simple : un résultat n’est en rien conditionné par les bonnes intentions. Les meilleures intentions du monde peuvent produire des effets mortifères. L’euthanasie ou le suicide assisté, que je distingue, sont des sujets où il faut prendre garde : la charge de compassion est grande, ce qui peut obscurcir le jugement.

        Autre angle d’attaque : le rôle de l’Etat, ou de la médecine. C’est très intéressant, comme débat.

        1. Fred

          Sans compter que la médecine est loin d’être une science exacte.

          Il y a 6 ans, ma mère a découvert qu’elle avait un cancer du sein inflammatoire, l’un des plus graves qu’il soit, à un stade très avancé.

          Les oncologues ne lui donnaient que quelques mois à vivre.

          Ma mère, 6 ans après, est en rémission.

          Certes, il existe toujours l’angoisse d’une rechute possible.

          Mais elle est toujours en vie et n’a nullement envie de mourir.

          Comme quoi, il faut être très prudent en ce qui concerne ce sujet « sociétal » imposé par les socialauds.

        2. Toufou

          Il y a tout de même des critères qui permettent de distinguer une euthanasie d’un meurtre.
          Si l’euthanasié demande la mort (par une demarche active) et que c’est lui qui appuit sur le bouton, on ne peut pas pas parler d’un meurtre. On peut parler d’assistance au suicide. Dans ce cas il faut aussi condamner les vendeurs de matériel pouvant servir à se suicider (couteaux, …).
          Si une personne n’est plus capable d’exprimer quoi que ce soit, meme par un clignement d’oeil, que potentiellement elle décède immédiatement en quittant l’hôpital, et qu’elle s’y trouve depuis X mois, on peut parler d’acharnement thérapeutique, et débrancher le tuyau n’est pas un meutre mais une non assistance qui, à mes yeux, n’est non seulement pas condamnable mais , sain, au delà d’une certaine periode de quelques mois (disons 3 mois pour donner un chiffre).

          1. Toufou

            Pour moi le suicide est un droit, et l’acharnement terapeuthique n’est pas un devoir de la société envers le malade, bien au contraire.

            1. Calvin

              Ce n’est pas le débat ni le sujet du billet.
              Pour ma part j’espère que ceux qui nous ont gouvernés se rendent compte de leurs folies et se suicident.
              Chacun est libre de son corps.

            2. Flash

              Deux précisions :

              le suicide n’est pas un droit, c’est une liberté.

              Le droit est quelque chose de juridiquement sanctionné.
              Une liberté n’a pas à être juridiquement sanctionnée pour exister.

              Le suicide est d’ores et déjà libre en France.

              C’est la première précision.

              La seconde précision :

              Quant à l’acharnement thérapeutique, je vous cite la loi, tel qu’issue de la loi n°2005-370 du 22 avril 2005 :

              Article L.1111-10 du Code de la santé publique :

              « Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, décide de limiter ou d’arrêter tout traitement, le médecin respecte sa volonté après l’avoir informée des conséquences de son choix. La décision du malade est inscrite dans son dossier médical.

              Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins visés à l’article L. 1110-10. »

              Article L.1111-12 du Code de la santé publique :

              « Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause et hors d’état d’exprimer sa volonté, a désigné une personne de confiance en application de l’article L. 1111-6, l’avis de cette dernière, sauf urgence ou impossibilité, prévaut sur tout autre avis non médical, à l’exclusion des directives anticipées, dans les décisions d’investigation, d’intervention ou de traitement prises par le médecin. »

              Article L.1111-13 du Code de la santé publique :

              « Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, est hors d’état d’exprimer sa volonté, le médecin peut décider de limiter ou d’arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n’ayant d’autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie de cette personne, après avoir respecté la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et consulté la personne de confiance visée à l’article L. 1111-6, la famille ou, à défaut, un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne. Sa décision, motivée, est inscrite dans le dossier médical.

              Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins visés à l’article L. 1110-10. »

              Autrement dit, l’acharnement thérapeutique n’est plus un argument depuis 2005.

              Troisième précision, sous forme de questions :

              l’euthanasié demande la mort? A qui? A l’Etat, à la fonction publique hospitalière? En quoi ressort-il du rôle de l’Etat de donner suite à cette demande? En quoi son intervention dans ce domaine serait-elle légitime? Autrement dit, est-ce bien son rôle?
              Et surtout, faudra-t-il remplir des petits formulaires colorés, pour une mort festive et solidaire dans le vivre-ensemble et la dignité?

              1. gameover

                Plutôt que de s’encombrer avec un tas de lois il serait préférable de remplacer tout ça par l’obtention d’un consentement éclairé du patient sur les traitements proposés.

                Si on ne veut pas d’une opération on la refuse : point.

                Comme dans Dr House na !

                Au resto, ce n’est pas le serveur qui choisit à votre place. Faut en finir avec cette idée que la santé, ben c’est pas pareil…

                1. Flash

                  Bah c’est ce que fait la loi en quelques articles, que je peux résumer comme suit :

                  1/ si le malade a exprimé sa volonté, on la respecte
                  2/ si le malade n’a pas exprimé sa volonté mais a désigné un tiers de confiance, on l’écoute avec attention
                  3/ en tout état de cause, on ne s’acharne pas à le maintenir artificiellement en vie.

                  Ca me semble assez simple, pour le coup.

                  1. gameover

                    Non, le médecin propose, le patient dispose. Une acceptation ne se suppute pas parce que le patient n’a pas dit « non » mais parce qu’il a dit oui et connaît les risques.

                    La responsabilité doit être prise positivement par le patient pour TOUTE suggestion du médecin que ce soit prendre une pilule (là, l’acceptation du patient est non équivoque quand il se met la pilule dans la bouche) que pour une opération ou un traitement.

                    Ce qui fait que quand le patient dit non, ben c’est non. Une seule personne a pris la responsabilité : lui.

                    1. Flash

                      Si je lis bien la loi, le principe c’est que c’est le patient qui déclare sa volonté, et c’est le médecin qui prend acte (après avoir vérifié qu’il connaissait bien les implications de son choix).

                      Et pour les cas où le patient n’a pas pu exprimer sa volonté, ça me semble très équilibré. Oui, c’est mieux de s’en référer à la volonté du patient, mais quand on ne la connaît pas? Par exemple, un gars de 22 ans qui a un accident de voiture et devient un légume? Le type avait peut-être pas projeté de mourir à cet âge-là. Dans ce cas, pas d’acharnement thérapeutique.

                      Bref, pour le coup je vous trouve injuste. Pour une fois qu’on a une loi pouvant se résumer en 3 points, assez claire et compréhensible, c’est dommage de l’amalgamer à toute la merde pondue par ailleurs.

                    2. gameover

                      @ Flash,

                      La preuve que la loi ne se suffit pas à elle-même, même en 3 articles, c’est qu’actuellement elle ne règle pas le problème de l’euthanasie puisque on peut te soigner contre ton gré… et au cas où tu ne serais pas assez consentant la justice prendra une décision pour toi.

                      Si légume : voir les proches en instituant un ordre de préséance : conjoint, enfants, parents etc…

                    3. Flash

                      L’euthanasie ne concerne que les cas de maladies incurables ayant une issue fatale. Ces articles concernent cette hypothèse.

                      Dans les autres cas, on peut effectivement ne pas tenir compte d’un refus de soins (théoriquement, il doit en être tenu compte, en pratique, on ne peut pas sanctionner un médecin ayant sauvé la vie d’un patient, faute de pouvoir évaluer le préjudice de ce dernier (être vivant n’est pas un préjudice)).

                      Cela dit, lorsque l’issue n’est pas fatale ou la maladie pas incurable, cela ne concerne pas l’euthanasie.

                      Ainsi :

                      – Si un type veut mourir pour raison religieuse ==> suicide.
                      – Si un type refuse de prendre un traitement pouvant le soigner pour raisons spirituelles (genre : la chimie c’est caca, vive l’homéopathie) ==> suicide.
                      – Si un type refuse de se faire poser un anus artificiel parce qu’il trouve ça « trop dégradant » ==> suicide.

                      C’est là leur liberté. Rien ne leur interdit. Je ne vois donc pas où est le problème.

                      A moins que l’Etat ait l’obligation de mettre en place les moyens requis pour que les individus puissent mourir, après avoir rempli les cerfas nécessaires, de la main de professionnels?

                2. mario

                  Dr House n’ est que le triste reflet de la medecine américaine (nuance de commissération dans la voix) qui, comment dire… ne peut atteindre le niveau d’ excellence de la française QLMENESPLC! Na! Et je ne parle pas de notre innestimable SS…

                1. petit-chat

                  Il faut poursuivre ce Gouvernement pour « provocation au suicide d’autrui (article 223-13 du Code Pénal) »:
                  1/ ne serait-ce que pour tous les paysans décimés par la folie étatique de la vache folle qui ratatinait tout un troupeau pour une seule bête soupçonnée.
                  2/ pour cette pôvre Mme Nicole Boucheton à laquelle on aurait pu greffer un vrai rectum égalitaire, quand même.
                  3/ pour l’état anxiogène de la population d’être gouvernée par des branques pareils, ce qui conduit à une sur-médicamentisation amenant une dépression à l’issue fatale (les statistiques sont formelles : en France, tout le monde meurt !)

              2. Toufou

                @ Flash.

                J’ignorais l’existence de ces textes, un peu lourdeaux, mais malgré tout clairs et apportant des solutions. Ok avec vous.

                Pour le suicide assisté, j’estime qu’un malade qui souffre beaucoup ou qui est dans un état très handicapant, en état d’exprimer sa volonté, à qui on apporte des soins pour le faire vivre mais ne vivrait pas sinon, devrait pouvoir mettre fin à ses jours en étant aidé.

                Je pense aux paraplégiques qui peuvent à peine cligner des yeux ou remuer le bout d’une levre pour s’exprimer.

                Il m’est arrivé d’en croiser. Tous ne sont pas malheureux, mais certains le sont profondément. C’est du vécu.
                Mais personne ne les aidera à se flinguer par puribonderie et on incriminera les proches s’ils les aident.
                En revanche la société actuelle fera tout pour les faire survivre, alors que ce n’est pas à tous leur volonté.
                Il y a aussi les alzheimer qui se savent perdus et arrivent parfois à mettre fin à leurs jours eux-mêmes. Mais à un age très avancé ce n’est pas toujours possible, car l’air de rien ça n’a rien de simple matériellement, même si la volonté est claire et ferme.

                1. gameover

                  Alzheimer… faudrait déjà se rappeler où on a mis le flingue… et une fois qu’on l’a trouvé, pourquoi on le cherchait… c’est qui ce gars qui me regarde dans la glace….?

      2. Théo31

        L’eugénisme, et par extension l’euthanasie, est le corrolaire obligé du socialisme.

        Faudra qu’un socialiste m’explique un jour ce qu’il y a de digne à mourir de faim et de soif.

    1. petit-chat

      C’est du marketing cette histoire, d’un bout à l’autre, j’en veux pour possibilité le déroulement des « événements » :
      1/ Elle se fait suicider sans même tenter le remède africano-lyonnais de la quenelle dans le fion
      2/ Sa mort, médiatisée en diable par une Presse qui vole au secours d’un des leurs, que la cause soit juste ou non, sert de spot publicitaire : « Vu à la Télé »
      3/ Le fric rentre dans l’Assoce car forcément des gens seront touchés par des arguments qu’ils seraient bien en peine d’analyser. Qu’ils se rassurent, l’analyse a été faite par l’AFP.

  1. MadeInCH

    Je ne comprends pas vraiment le besoin de demander de l’aide à une assosciation pour quelque chose d’aussi personnel.

    Il y a tellement de moyens pour se terminer proprement…

    J’ai écrit un exemple ici, mais je l’ai efface. C’est peut-être pas l’endroit.

  2. Zendog

    Cette affaire est effectivement ridicule et ne devait pas devenir publique, Romero fait du mal à la cause qu’il prétend défendre.
    Et pourtant, je suis pour le suicide assisté.

      1. petit-chat

        C’est vrai, ils souffrent trop car ce n’est pas parce qu’ils se sont handicapés du ciboulot (le code barre indique qu’il n’a jamais servi…) qu’ils n’ont pas les mêmes besoins et envies que ceux qui se déchirent au boulot pour les entretenir sous les regards goguenards ce ceux qui ont tout compris.

  3. NOURATIN

    Désopilant, l’avis de décès…et pas la peine d’en dire beaucoup plus, la démonstration est faite. Même morts, ils seraient prêts à tout, ces braves gens, pour défrayer la chronique, enfin je veux dire faire le buzz, veuillez m’excuser

    1. Calvin

      J’envisage sérieusement d’avoir « don’t tread on me » comme épitaphe. Ou une formule dévastatrice de Churchill sur le socialisme.
      Si cette idéologie existe encore quand je serai à l’article de la mort.

      1. Aristarque

        Dis-moi, polisson : la formule don’t tread on me que je traduis par ne me marchez pas dessus est-elle, en ce cas, à prendre au sens littéral par le fait que les Anglo-saxons n’ utilisent guère de monuments funéraires, ayant ainsi des cimetières en vastes pelouses parsemées de croix, par un sens figuré de respectez ma sépulture, mon souvenir, etc… ou y-aurait-il encore un sens plus imagé que j’ ignore ?

  4. MadeInCH

    Pour moi, le suiscide assisté de devrait être possible que lorsque la personne a effectivement toute sa tête, mais pas les moyens physiques de prendre le depart tout seul.
    Un tetraplégique, par exemple.

    Sinon, que chacun le fasse par lui-même. Si quelqu’un qui a les moyens physiques pour se suicide et ne le fait pas, par manqué de courage, c’est que cette personne n’est pas « mûre » pour le derneir départ.

    Ou bien, mettre en place un bâtiment culturel important, tel le « Enjoy » de Zalem?

  5. kelevra

    suicide assiste = lopette assistee, je suis absolument contre le suicide assiste, il faut savoir prendre ses responsabilites dans la vie comme dans la mort. oblige d aller en suisse? pas besoin, il existe suffisamment de medicaments en france en vente libre pour passer de vie a trepas, une bonne corde marche tres bien aussi.

    1. Le Gnôme

      Il n’est pas facile pour un tétraplégique de se tirer une balle dans la tête ou de se passer une corde autour cou. Ce sont les seuls cas où l’aide extérieure est indispensable. Pour le reste, je suis d’accord.

    2. gameover

      Avec les medocs ça doit pas être si facile car depuis que l’europe ne veut plus vendre aux US les produits* pour tuer les condamnés à mort, ils n’arrivent pas à les tuer avec des produits de substitution… le dernier condamné avait mis plus d’une heure à mourir.

      Et pourtant ça doit pas être compliqué de tuer quelqu’un durant les 10 ou 20 ans qu’il passe dans le couloir de la mort, ni vu ni connu : en mangeant trop salé, trop sucré, le wifi… et vous ne lui donnez pas ses 5 fruits et légumes par jour…

      Bah justement, pour les légumes (ceux avec 2 yeux et une bouche qui ne servent plus à rien), déjà ils auraient dû mourir tout seul, ils l’ont dit sur mangerbouger.fr, donc, vous laissez discrètement un mobile en charge en mode 2G/3G/4G bluetooth et wifi sur la table de nuit à cote du futur défunt, je lui donne pas 3 mois, ils l’ont dit sur lesnumeriques.com.

      http://www.lesnumeriques.com/wi-fi-a-tuer-n26586.html

      Si l’infirmière vous demande quelque chose, vous lui dites que le téléphone c’est pour au cas ou la courgette se réveille…

      Bon, sinon pour l’article c’est exactement la réaction que j’ai eu en lisant cette nouvelle dimanche mais ta conclusion h16 en disant de laisser les morts tranquilles oublie que le débat pourrait se reporter dans les faire-parts de naissance :

      En ce jour du 28 Taximus de l’an Hollande II est née dans une clinique non conventionnée par la sécu mais par Amariz la petite HXVII qui pesait néanmoins 28 400E de dette à la naissance. Elle a pris son premier repas en mangeant à la pouponnière un bébé communiste suivant en cela la voie tracée par ses parents hétérosexuels eux.

  6. Flash

    Débattre sur le corps chaud d’une morte est indigne.

    A noter, pour éclairer les commentateurs de cet illustre blog, que :

    – elle n’entrait pas dans le cadre de l’euthanasie, l’euthanasie concernant les maladies incurables dont l’issue est fatale. Cette femme avait un cancer qui était curable par la pose d’un anus artificiel. Elle a refusé, certes, mais ça restait curable. Elle n’entrait donc pas dans le cadre de l’euthanasie.

    – elle n’entrait pas plus, à mon sens, dans le cadre du suicide assisté. Nous sommes libres de nous suicider, en France. Le suicide « assisté » devrait être limité à celles et ceux ne pouvant pas se suicider eux-mêmes. Je ne comprends pas pourquoi l’Etat devrait intervenir pour assister ceux qui peuvent exercer leur liberté eux-mêmes.

    Or, cette femme, malgré son problème anal, restait tout à fait en mesure de se suicider elle-même.

    Dès lors, sa mort n’est pas un argument et n’a pas vocation à le devenir pour des raisons très simples :

    – c’est inélégant,
    – et surtout, sa mort n’a rien à voir avec le schmilblick.

    1. Calvin

      C’est sérieux ? On connaît la maladie de cette dame ? C’est apporté au débat public ??
      Je croyais que seule la télé réalité était trash… je me trompais lourdement…

      1. Flash

        Le Point cite la dame :

        « Je suis atteinte d’un cancer du rectum. Lors du diagnostic, le seul traitement curatif était chimio, tomothérapie puis chirurgie : colostomie. J’ai refusé la chirurgie, car trop mutilante : l’anus artificiel qui me condamnait à une vie dans des conditions que je juge, pour moi-même, dégradées et inacceptables », écrit-elle. « Alors, j’ai pris contact avec une association suisse afin d’y pouvoir faire un autre choix, celui d’un départ rapide puisque ma seule issue était la mort. (…) Cela demande beaucoup d’argent : la prise en charge elle-même, le voyage, l’hébergement sur place lorsque l’on vient de loin. (…) L’engagement 21 du président Hollande, non tenu, qui s’enlise dans sa mise en place de missions et rapports successifs verra-t-il le jour ? J’aurais aimé en profiter et ne pas avoir à m’exiler en Suisse », conclut-elle. » »

        Elle a jeté son état de santé dans le débat public. La chose ne relève donc plus, à mon sens, de la sphère privée par sa volonté.

          1. Aristarque

            Si vous posez comme hypothèse qu’ elle était socialiste à donf [parler respectueusement voire religieusement de l’ engagement 21 de Solexine Rex (il me semblait que c’était des propositions)], cela se comprend. Toujours la volonté de la gratuité financière en tout (i.e. tout le monde paie pour que ma lubie ne me coûte rien directement), cela se comprend mieux. D’ autant qu’ elle est allée enrichir ces vilains pas beaux Helvètes qui font rien que de retenir nos riches pourtant désireux de venir payer les faibles taxes grançaises, obligeant ainsi nos soces, marris mais devant assumer leurs engagements et responsabilités de devoir augmenter les impôts et taxes de neuf français sur dix à rebours là encore de la proposition de Solexine Rex. Dans ce cas, parler d’ engagement reste du plus haut comique!

  7. Calvin

    L’irresponsabilité a créé des armées de zombies incapables de réfléchir de se poser des questions et Romero en profite pour faire son beurre.
    L’activisme s’il n’est pas individualiste est soupçonneux.

  8. Higgins

    La réponse du journal a été d’une grande justesse. Que Mme Macheprot aille se faire calancher où elle le souhaite sur cette terre est son droit le plus strict. Mais qu’elle ne vienne pas, elle et ses amis, nous polluer l’atmosphère au nom de théories plus ou moins fumeuses. Comme tu le dis, « L’euthanasie est un sujet trop grave pour le laisser dans les mains des morts. » (et j’ajouterai de certains vivants). Si un jour, j’en suis réduit à cette extrémité, je refuse que ce choix soit inféodé à un texte de loi mal torché. On peut partir avec panache, c’était d’ailleurs « avant », l’apanage des gens d’honneur. Aujourd’hui, la lâcheté est telle qu’il faudrait que ce soit remboursé par la Sécu. Pauvre Pays.

    1. Calvin

      Ta dernière phrase Higgins vient de faire mouche. Je me demande si le but n’est effectivement pas de rendre l’euthanasie remboursable…
      Tragique dans toutes ses implications.

        1. Othello

          En même temps, vu les économies en termes d’assurance retraite et de santé, la prise en charge par la CNAM me semble économiquement justifiée 🙂

            1. Flash

              Une citation pour vous appuyer :

              Henri Lepage : les « droits à » (dont le droit à la mort) ressortissent  » à une philosophie subjectiviste du droit, où chacun a en quelque sorte droit à tout ce qu’il désire pour autant qu’il réussit à en convaincre ceux qui maîtrisent l’agenda politique. Apparemment, on a droit à ce qu’on veut, et ce qu’on veut a droit d’être reconnu comme un droit universel de l’homme. « 

              1. Zendog

                Et on fait quoi du droit à l’avortement devenu tellement un droit de l »homme » (si on peut dire) que si le pape ou qui que ce soit d’autre marque des réserves, il passe pour un facho ? Soyons cohérents !

          1. Flash

            Vous me trollez, mon cher Othello !

            C’est peut-être économiquement justifié, mais je doute que sur le principe ce soit tenable.

            Je m’explique en bref :

            on distingue les « droits à » et les « droits de ».

            Les « droits de » impliquent très souvent une abstention de l’Etat. Par exemple, la liberté d’expression = absence de censure (en simplifié). Autrement dit, il s’agit de libertés de faire.

            Les « droits à » impliquent très souvent une intervention de l’Etat. Ce sont des droits-créances, le débiteur étant l’Etat. Ils impliquent une contrainte de l’Etat pour leur mise en place (droit à la sécurité sociale par exemple), ou la mise en place d’un service public, avec recours à l’impôt.

            Le « droit à la mort » ou le « droit à la reproduction » (pour la PMA sans lien avec une pathologie médicale) impliquent, à mon sens, la mise en place de services publics.

            Et je trouve cela effroyable, à titre personnel, un service public de la mort ou un service public de la reproduction.

            Ces questions sont fondamentales. Les droits-créances se multiplient et ils assassinent la France, la liberté, l’individu. Je pourrais écrire un roman dessus…

            1. Hibou

              La PMA « sans lien avec une pathologie médicale » ne requiert pas de droit créance, mais le droit de disposer de son corps, le droit d’échanger et de travailler librement.

                1. Hibou

                  @Flash
                  Le remboursement par la Sécu est un autre sujet…
                  Sauf erreur, les gens qui veulent une PMA « sans lien avec une pathologie médicale » vont en Belgique ou en Espagne, et la paient de leur poche. S’ils pouvaient la faire en France, même de leur poche, il est évident qu’ils le feraient. CQFD.

                  1. Flash

                    Les soins à l’étranger peuvent être pris en charge par la SS française…à condition de remplir certaines conditions (avec joli CERFA à la clé).

                    Cela fonctionne aussi pour la PMA, sous certaines conditions.

                    Et l’argument du coût est très loin d’être absent.

                    Analysez les arguments et les débats sur l’euthanasie ou la PMA, vous constaterez que la question financière est très loin d’être absente. Après tout, un « droit à mourir » ou un « droit à avoir un enfant » devrait être égal pour tous, sans que les questions de revenus n’empêchent les uns ou les autres d’y accéder. Seul l’Etat peut assurer l’égalité réelle, n’est-ce pas?

                    1. petit-chat

                      qui veut de l’égalité en tout ? Le branleur, l’assisté chronique, n’est pas égal du tout à celui qui a le courage d’entreprendre et de risquer tous ses biens il me semble. Cette égalité à tout bout de champ me ressort par l’anus, pour rester dans le ton du billet.

                    2. Flash

                      J’ironisais sur l’égal accès au « droit à mourir » ou « droit à avoir un enfant » 🙂

                    3. Hibou

                      Intéressant. Je n’avais pas noté cette « revendication » de subvention. La subvention de certaines PMA et pas d’autres crée un problème d’arbitraire. Les conservateurs s’en arrangent car ils aiment dire aux gens ce qui est bien ou mal, avec un flingue bien sûr. Mon propos est de dire qu’il ne faut pas qu’on se mêle à ces gens là, quand bien même nous aurions les socialistes officiels comme ennemis communs. Or vous semblez mettre la PMA subventionnée et la PMA non subventionnée dans le même panier…

                    4. royaumont

                      @petit-chat : je suis d’accord avec toi, il n’y a rien de pire que l’idéologie de l’égalitarisme. C’est parfait pour scléroser totalement une société en ôtant tout esprit de responsabilité ou d’initiative… et donc toute capacité de s’adapter et d’assurer sa propre pérennité.
                      Si j’osais, je dirais que l’égalitarisme est un crime contre l’humanité.

                    5. Flash

                      @ Hibou :

                      au contraire, je distingue soigneusement l’infertilité pathologique médicalement constatée de l’infertilité « sociale » (je laisse de côté le cas où une infertilité sociale se cumule à une infertilité médicale, par exemple une lesbienne sans ovaires).

                      La première, encore, je peux réussir à concevoir un remboursement par la SS (quoique je trouve que ça peut se discuter)

                      La seconde, je trouve qu’il s’agit d’une situation différente et que le principe du remboursement est très contestable.

                      Pourtant, j’ai pu lire en 2013 les propos de politiciens (notamment une sénatrice d’EELV il me semble) ne faisant pas la distinction entre ces deux cas, les amalgamant, et en tirant les mêmes conséquences pour des raisons d’égalité. J’hésite à me replonger dans les débats, ils sont très longs…

                      Et j’avoue que cela m’a fait grogner. L’argument de l’égalité pour nous faire financer les choix de vie ou de conception d’enfants des uns ou des autres m’horripile au plus haut point.

                      PS : pour tout vous dire, je pourrais encore pousser la distinction entre les différents types de PMA. Ainsi, il m’apparaît incompréhensible que les hôpitaux publics s’occupent des FIV avec donneur. En quoi l’Etat est-il légitime pour gérer et organiser une sorte de…marché du sperme et des ovules? Est-ce bien son rôle? Oui, je radote, mais ça me semble être une question fondamentale que celle du rôle de l’Etat, question trop rarement posée.

                    6. Hibou

                      @Flash
                      Si vous remboursez différemment la PMA selon certains critères arbitraires, cela me pose problème. Rembourser la PMA est déjà en soi arbitraire. Si nous voulons vivre en paix malgré nos différentes opinions, la solution est de privatiser la Sécu et les hôpitaux publics.

                      Ron Paul :
                      « Pour parvenir à la liberté et à la paix, deux puissantes émotions humaines doivent être surmontées. La première est l’envie, qui mène à la haine et à la lutte des classes. La seconde est l’intolérance, qui conduit à des politiques sectaires et moralisatrices. Ces émotions doit être remplacées par une bien meilleure compréhension de ce que sont l’amour, la compassion, la tolérance et l’économie de marché. La liberté, lorsqu’elle est bien comprise, rassemble les gens. Quand on l’essaie, la liberté emporte toutes les faveurs.

                      Le problème que nous avons connu au fil des années a été un interventionnisme économique motivé par l’envie, ainsi qu’un interventionnisme social influencé par l’intolérance des habitudes et des modes de vie différents. Pour beaucoup de gens, l’idée erronée que la tolérance revient à approuver certaines activités les motive à demander à incorporer dans la législation des normes morales qui ne devraient être du ressort que des individus eux-mêmes, effectuant leurs propres choix. Les deux types d’interventionnismes ont tous deux recours à la force pour gérer ces émotions déplacées. Tous les deux sont autoritaristes et ne souscrivent pas au volontarisme. Ces deux points de vue doivent être rejetés. »

  9. Rastapopoulos

    Ca me fatigue le mot républicain.
    Tout est républicain maintenant.
    Le matin je fais un caca républicain, je prends mon café républicain, à midi mon sandwich républicain, etc…
    Je sais même pas ce que ça veut dire.

    1. Before

      Pareil avec « citoyen ». ça me gonfle ces épithètes bien-pensants !
      (y a aussi « éco-citoyens », « durable », « éco-responsable », …)

      1. Calvin

        Le pire, c’est que « citoyen » n’est pas et n’a jamais été un adjectif. Ce le ne doit s’employer que pour des gens précis et non des actions, des associations, des lois, des mesures, des livres, des mouvement, etc…
        Ils massacrent l’histoire, la langue, les concepts, bref, la réalité.

    2. yp

      « Une république est un régime politique où les fonctions de chef de l’État ne sont pas héréditaires mais procèdent d’une élection. »

      Donc quand ils parlent de défendre la république contre le méchant FN qui réalisé un bon score aux élections : Une balle dans la tête me semble le remède le mieux approprié…

      Mais demandez donc autour de vous la définition de « république ». Vous serez surpris…

  10. Aristarque

    Avec l’ amour de nos soces pour tout ce qui fait société et le bonvivrensemble, je pense qu’ il y aura bientôt proposition d’ ouvrir des salles de shoot d’ un nouveau genre…

      1. Aristarque

        Ils pourront se réclamer des méthodes des sections spéciales des nazis sur le front de l’ Est et Sud Est qui éliminaient, en quelque sorte artisanalement avant la méthode industrielle à la Eichmann, tous les Untermenschen sur lesquels ils pouvaient mettre la main (le canon de pistolet, plutôt), sains ou handicapés, jeunes ou séniles, débiles, etc…

  11. Othello

    BTW, cher hôte, démêlées sans e.

    PS: Y a-t-il moyen de vous faire parvenir les typos sans que cela n’aparaisse sur votre blog?

  12. Before

    « Allons, M. Romero, nous sommes en France. Si le fait de payer des impôts donnait des droits quelconque sur les services ensuite rendus, ça se saurait. »
    J’adore ! C’est tellement vrai et tellement peu évident pour nos con-citoyens !
    Décidément, les vacances font le plus grand bien à votre plume – sans préjugé du reste !

  13. Jacques

    Je trouve l’hypocrisie de ce monde complétement écœurante. Je sais que l’euthanasie est déjà bien plus répandue que ne le prétendent les médias, par plusieurs exemples, dont celui de mon père, dans un coma provoqué (prétendument pour le soulager) et pour lequel le corps médical à choisit l’arrêt des médicaments lui permettant de survivre.
    A neuf heures du matin, je savais qu’il mourrai à 17h…
    Je suis ulcéré par la tournure que prend les choses, car pour moi, toute fin prématurée est un crime contre la Vie, que ce soit envers les vieillards, les malades ou même les enfants pas encore nés. Ma propre expérience fait que je sais que la vie ne s’arrête pas à la disparition du corps physique, et je sais, au-delà de toute la compassion que l’on doit à ceux qui souffrent, que le refus des épreuves dans ce monde ne peut et ne doit relever que d’un choix personnel, choix que tous, absolument tous, et de toute façon, regrettent, systématiquement, une fois de l’autre côté.
    Mais cela reste un choix personnel, ou alors cela n’a qu’un nom: meurtre.
    Tout le reste n’est pour moi que littérature, ou idéologie mortifère.
    Désolé pour ceux que je heurte par mes propos.

    1. royaumont

      Témoignage émouvant, dur mais pertinent.
      Personne n’a envie de se retrouver , pour soi ou pour un proche face à la souffrance, être rongé par le cancer ou humilié par Alzeimer.
      Mais être un Homme c’est assumer la vie, toute la vie.
      La culture de la mort de notre époque n’est pas un humanisme, mais une négation de ce que nous sommes.

    2. gameover

       » …ou même les enfants pas encore nés »… je vois le genre de monsieur… qui écrit la vie avec un V majuscule et qui est d’accord donc pour disposer du corps des autres mais qu’on ne dispose surtout pas du corps d’un des membres de sa famille.

      1. Aristarque

        Il me semble que mauvaise compréhension des termes de Jacques soit. Jacques regrette qu’il soit disposé d’autrui un peu trop facilement et sans permission. Dans l’ avortement, il me semble qu’il est disposé du fœtus sans qu’il puisse s’ exprimer à ce sujet…

        1. gameover

          Ca me rappelle une grosse soirée dans laquelle un couple était venu avec leur bébé de 2-3 mois qui n’arrêtait pas de pleurer même quand on le prenait dans les bras ou qu’on le penchait d’avant en arrière pour expulser un rot. Comme ça faisait certainement plus d’une heure ou deux on leur a dit qu’il faudrait peut-être consulter un médecin, ce à quoi le papa nous a répondu : ben non, il peut pas dire où il a mal…

          Si je me rappelle bien, après quelque temps on a appris qu’il avait un ongle incarné.

      2. Jacques

        Gameover vous faites un contre-sens: j’affirme le contraire dans mon message, nul n’est admis à disposer d’autrui, et le suicide, c’est disposer de soi-même, pas d’autrui, il me semble. Ce qui n’excuse pas l’auto-meurtre, dans mon propre système de croyance.
        J’ai mis un V majuscule à vie parce que je parle de la vie dans le sens universel, c’est juste symbolique, exemple : il y a l’homme, qui est juste un mammifère, et l’Homme, qui est un être conscient, voire même réalisé, ou l’expression de l’être humain dans tout ce qu’il a de grand.
        Quand à l’enfant à naître, j’estime pour ma part que la mère ne peut pas avoir tous les droits sur lui au delà d’un certain seuil, qui est celui où elle cesse d’héberger un tas de cellules pour héberger un être en tant que tel.
        La Vie est précieuse, je me répète…

        1. gameover

          « Quand à l’enfant à naître, j’estime pour ma part que la mère ne peut pas avoir tous les droits sur lui au delà d’un certain seuil, qui est celui où elle cesse d’héberger un tas de cellules pour héberger un être en tant que tel.

          Non, pas de contresens, vous ne souhaitiez pas que le corps médical dispose du corps de votre père mais vous souhaitez disposer du corps de la mère. Les « sauf si », « ça dépend » etc… sont des digressions inutiles pour masquer vos propres contradictions. Je suis sûr que si on vous demande si vous êtes pour ou contre la peine de mort, vous allez nous dire « je suis contre sauf… ». On est pour ou contre, pas entre les 2 : on ne vous a pas demandé de rendre un verdict.

          « Ma propre expérience fait que je sais que la vie ne s’arrête pas à la disparition du corps physique… »
          C’était comment ? Pourquoi vous êtes revenu ?

          1. Jacques

            Absurde, Gameover, vous êtes absurde. peut-être même tordu. Je ne parle pas d’un droit de disposer du corps d’une mère, je défends le droit d’un enfant à naître à le faire, simplement. Votre position vous permet donc le meurtre d’innocents pas encore nés ? Je ne peux vous laisser qu’avec votre conscience sur ce point. Pour ma part, j’estime qu’à environ 3 mois de grossesse, le fœtus devient un être à part entière, qui a autant le droit de préserver son existence que sa mère a le droit de disposer de son propre corps ( et non pas de celui de son enfant ), c’est tout.
            Je suis contre tout forme de suppression de la vie, en règle générale. Mais la vie elle-même n’est pas manichéenne. Certains se tuent pour sauver d’autres gens, et cela, pour moi, c’est plus que louable, c’est héroïque. D’autres tuent à qui mieux mieux, les arrêter, quitte à le faire en mettant en jeu leur propre vie de meurtrier, là aussi c’est louable, et même recommandable. Ensuite, la peine de mort est trop douce, à mon sens, pour certains, la peine de prison à perpétuité réelle, avec obligation de travailler pour rembourser tout ou partie des dégâts commis, je trouve cela un peu plus juste, et très franchement bien plus dur que la peine de mort…

            1. gameover

              « …meurtres d’innocents pas encore nés ? »
              Vous vous relisez parfois ?

              « Pour ma part, j’estime qu’à environ 3 mois de grossesse.. »
              Ah, la théorie du doigt mouillé (sans jeu de mots hein)

              « Je suis contre tout forme de suppression de la vie, en règle générale.  »
              Bah, comme je disais en fait : sauf, ça dépend… etc

              « Mais la vie elle-même n’est pas manichéenne »
              ah, elle pense la vie ?

              « Ensuite, la peine de mort est trop douce, à mon sens,.. »
              S’appuyer sur l’aspect économique et moral de la peine qui vient ainsi hors des logique précédentes protéger la position religieuse… chapeau.

              Sinon pour le reste votre conception de la vie c’est une vraie boucherie !

              1. Edouard

                Donc dans le monde de gameover, une mère qui tue son enfant à accouchement +1 jour commet un meurtre ; une mère qui tue son enfant à accouchement -1 jour dispose de son corps.

                1. gameover

                  Euh… ce n’est pas pas le monde de gameover… c’est comme ça dans la majorité des pays dont USA, France etc..
                  La naissance est constatée si le foetus a respiré au moins une fois par ses propres moyens et ça peut être constaté médicalement par la présence ou non de liquide dans les voies respiratoires.

                  Ca fait toute la différence entre une femme enceinte qui chute dans les escaliers et perd le bébé qu’elle attendait pour le jour même et celle qui chute dans l’escalier avec son bébé dans les bras. La dernière peut être accusée d’homicide involontaire, par imprudence etc… la 1ère non.

                  Il y a eu de tous temps en france ou ailleurs des procès intentés pour homicide par des mères ayant perdu leur foetus dans un accident causé par un tiers (accident de voiture, bousculade, sage femme etc). Ce genre d’affaires ne va jamais au pénal.

                  On considère souvent que l’accident a causé une perte de chance car ce qui n’a pas eu encore lieu n’est pas certain.

                  Quand à la mère qui se ferait du mal à J-1 à son foetus pour empêcher qu’il naisse, elle prendrait surtout beaucoup de risque pour sa propre vie.

                  Faut arrêter de vouloir légiférer sur des cas qui ne représentent que 0.00001% des gens car ainsi on emmerde 99,99999% des gens.

                  Je préfère 1 personne « moralement coupable »en liberté que 99999 innocents en prison, pas vous ?

                  1. Flash

                    Cela dit, il faut reconnaître que le statut du foetus ou de l’embryon n’a rien d’évident.

                    Un embryon ou un foetus, ce n’est pas rien, on peut approuver ce propos sans remettre en cause l’IVG. Ce n’est pas non plus une personne juridique, même si la chose peut se discuter (sur quels critères objectifs s’établit la personnalité juridique d’une personne? La conscience? La viabilité?…).

                    Au fond, le principe du « droit à la vie » n’est pas maniable. Oui, un ovule fécondé est vivant. Il constitue une virtualité d’êtres humains. Mais il ne saurait être titulaire de droits, car il n’est, de toute évidence, pas une personne. Mais pour un foetus à la veille de sa naissance? Par quelle magie l’accouchement peut-il conférer la personnalité juridique?

                    Tout ceci repose avant tout sur l’arbitraire, que ce soit le fait d’accorder l’IVG ou de l’interdire.

                    Sinon GameOver, ces affaires vont au pénal.
                    Prenez une femme enceinte qui reçoit un coup de couteau dans le ventre. Elle est blessée ; le foetus décède. Vous pensez que cela n’ira pas au pénal? Ca ira au pénal, la personne sera condamnée pour blessures volontaires sur la mère, et basta. Admettez que pour la mère ayant perdu le foetus, l’approche du droit niant toute existence au foetus qu’elle portait a quelque chose d’un peu irréel.

                    1. gameover

                      Flash, je parlais d’accidents (qui sont des faits involonataires et en citant des exemples), pas de coups portés volontairement qui plus est avec armes et auquel cas le pénal, dans la forme de la mise en accusation, concernera la mère, pas le foetus.

                      Sinon la personnalité juridique n’est pas une vague notion même si c’est une fiction juridique au même titre que la personne morale, l’adoption, le fonds de commerce etc…
                      Pour les personnes physiques elle s’acquiert par la déclaration de naissance et se termine par la déclaration de décès, tout cela étant constaté dans les registres d’état civil à partir desquels on peut obtenir des certificats.

                      Le droit ne nie pas l’inexistence du foetus : t’as vu ça où ?
                      En cas d’accident, c’est un préjudice partiellement avéré qui ouvre donc droit à indemnisation mais ce n’est pas indemnisé comme un préjudice certain, ni comme un préjudice futur.

                    2. gameover

                      Oops… vla que je fais de la double négation…
                      Lire :
                      « Le droit ne nie pas l’existence du foetus : t’as vu ça où ? » et non « l’inexistence. »

                    3. Flash

                      Le droit pénal nie toute existence juridique au foetus : ce n’est pas une personne, donc il n’y a pas d’homicide.
                      Cette négation-là n’est pas évidente.

                      Et comme tu le soulignes, et c’est ce que j’essayais de mettre en lumière : la personnalité juridique est une fiction juridique.

                      Or, les cas touchant à l’avortement ou à une mère poignardée perdant de ce fait le foetus mettent plus que jamais en relief le caractère « fictif » ou arbitraire de la personnalité juridique.

                      Pourquoi l’accouchement est-il la source de la personnalité? Parce que la loi en dispose ainsi? Mais pourquoi la loi choisit ce critère-là plutôt qu’un autre? Pourquoi ne pourrait-on pas proposer un autre critère (premier battement de coeur, première activité neurologique…)?

                      Bref, mon propos est simplement de dire ceci : je me fiche pas mal de l’avortement, je constate simplement que son assise juridique est fragile puisqu’elle repose :

                      – sur une notion (la personnalité juridique) aussi fondamentale que floue et arbitraire ;
                      – sur une liberté fondamentale (la liberté de disposer de son corps) dont le maniement est extrêmement malaisé : pourquoi cette liberté fondamentale est conditionnée à des délais? Sauf si le foetus est handicapé?

                      Et le fondement logique du remboursement de l’avortement est aussi ténu. La raison est avant tout politique, le simple usage d’une liberté ne suffisant pas, à mon sens, à ouvrir droit aux IJSS, et la grossesse ne pouvant pas être assimilée à une pathologie médicale.

                      Partir du principe que c’est acquis, c’est évident, c’est comme ça, c’est se fragiliser. Ne plus réfléchir, c’est laisser le terrain à d’autres.

                      Bref, on dérive.

                    4. gameover

                      Oui je conçois ce que tu veux dire mais tout couple (hétéro hein) ayant attendu un enfant sait que tant qu’il n’a pas poussé son cri il peut arriver un incident certainement naturel et dans la majorité des cas personne ne sera à blâmer, quand bien même le médecin aurait pu faire ça ou ça.

                      Donc ça ne m’a jamais posé aucun problème que ce soit ce moment là (le cri) qui soit retenu légalement.

                      Et la loi en dispose ainsi car LE FAIT EST CERTAIN.
                      C’est hyper logique. ce n’est pas une construction de l’esprit. Les mecs qui ont pris ce principe dans la majeure partie des législations (je ne les connais pas toutes) ne l’ont pas fait au hasard.

                      Si en allant faire mon loto (c’est une fiction hein) je suis renversé par une voiture et hospitalisé et qu’ainsi je ne peux pas aller faire mon loto, j’ai certes eu une perte de chance mais il y a très peu de chances que je sois indemnisé sur le chef de ce préjudice (a peu près aussi peu probable que de gagner au loto).

                      Sur le délai de l’IVG (V comme volontaire) il me semble que c’est sous-tendu par des raisons médicales car plus le foetus est avancé plus il y a de risques de complications (hémorragies etc..).

                      Mais une interruption de grossesse peut aussi être thérapeutique jusqu’au dernier moment si par exemple le bébé met en danger la mère. Là où l’on voit que la loi est logique c’est qu’elle permet de sauver la mère sans avoir besoin d’aller devant un tribunal : c’est bien reconnaître que c’est la mère qui peut elle-même faire son choix. CQFD.

                    5. gameover

                      Sur le délai de l’IVG : suite

                      Je ne vois bien sûr aucun inconvénient à ce qu’une femme se fasse avorter au bout de 8 mois. Je ne pense pas par contre qu’elle trouvera facilement un médecin pour le faire que ce soit pour des raisons médicales (risque) ou bien morales propre au médecin.

                      Et je vois mal une loi obliger un médecin à pratiquer un avortement bien qu’on a pu en faire une pour forcer les maires à célébrer des mariages homo en mettant leur conscience dans leur poche puisque c’est devenu un droit républicain. Tiens encore elle la république qui a bon dos.

    3. Jaybee

      Je vais vous dire, quels que soient vos avis aux uns et aux autres vous aurez peut être un jour à prendre une décision. Là vous aurez votre dernier avis et point de vue sur l’euthanasie. Pour le moment, en bonne santé on ne sait pas trop de quoi on parle.

      1. gameover

        C’est bien pour cela que c’est à la personne elle-même de prendre sa décision ou du moins à la faire connaître si des fois elle n’est plus en état.

        Quand à « tant qu’on n’est pas dedans on ne sait pas de quoi on parle » il faudrait donc que ce soit les chômeurs qui légifèrent sur le chômage, les meurtriers sur la peine de mort… et on ne devrait donc jamais critiquer les positions de ce qui ne concerne pas notre métier… à commencer donc par le gouvernement.

        Donc Jaybee c’était là ta dernière prestation ici ? :mrgreen:

        (bon j’attends les commentaires : ouais mais la santé c’est pas pareil)

    1. petit-chat

      La gRance, atteinte du cancer du socialisme, est en phase terminale, les cellules saines ont quitté, par scissiparité, l’amas moribond pour tenter de reconstruire ailleurs un organisme sain.

        1. petit-chat

          Oui, hélas ! (je parle aussi pour moi).
          Nous connaîtrons la même issue que des cellules saines dans un tissu malade, c’est l’organisme tout entier qui ira au paradis des socialauds, l’enfer de ceux-ci étant ici.

    2. Calvin

      Je m’y colle :


      Monsieur Hollande et Mme Royale Trierweiler Gayet Hidalgo Dugenou
      Messieurs Giscard, Sarkozy, Juppé, Fillon,
      Messieurs Valls, Cambadélis, Désir,
      Mesdames Lagarde, Taubira, Duflot et sa fille Térébentine,
      Plus de cinq millions de chômeurs,
      Près de 20 mille milliards de dettes qui cherchent à être remboursées,

      ont la douleur de vous faire part du décès de :

      Mlle FRANCE Marianne

      Fille Ainée de l’Eglise Catholique,
      Phare du Monde Entier,
      Créatrice des Droits de [ho/fe]mme et du Citoyen-ne,
      Modèle que le Monde Entier nous envie,
      Désireuse d’avenir,
      Drapée de ses trois couleurs (avec une tâche blanche laissée par DSK),
      Revendiquant sa devise : Jalousie, Egalité, Solidarité,
      Protégée par sa ligne Maginot face aux hordes barbares ultra-libérales,

      survenu le 31 décembre 2015 à la suite d’un suicide assisté réalisé par les millions d’assistés du pays,
      lors d’une énième revalorisation du SMIC, des minimas sociaux, du barème fiscal, des amendes et taxes de 250%, de la TIPP de 400%,
      en raison de son obésité étatique et de son régime socialiste qui a ponctionné toute son énergie et toutes ses richesses,
      et, enfin, suite à une indigestion de Flanby.

      Les obsèques auront lieu en la Cathédrale Notre-Dame, où officieront Quasimodo, la quasi-totalité du personnel politique et la Cour des Miracles.

      Seules les fleurs bio certifiées seront acceptées puis mangées avant sacrifice final.
      Les messages de doléances ne seront pas lus.
      Prière d’éteindre la lumière du Phare en sortant.

  14. Kékorésin

    « La mort, c’est un peu comme la connerie. Le mort, lui, il ne sait pas qu’il est mort… ce sont les autres qui sont tristes. Le con c’est pareil… »

    Le Chat (pas Petit Chat hein!)

        1. petit-chat

          Y’a BM aussi (initiales de Belle Minette, je crois…)
          ‘Tout’ façon, elle est pas là, elle est à Londres pour écouter WP parler anglais.

  15. JS

    Tres bon billet, merci !

    Moi j’ais pouffe en lisant le faire part bidon.

    Sinon l’histoire ne dit pas si l’association du Mr est subventionnee elle ?

  16. flak

    mouais, je suis pret a parier qu’un avis qui aurait dit que la fRance est plus humaniste que la Suisse serait passe sans probleme.

      1. petit-chat

        … du boulot, de la démocratie, une économie bien gérée, des élus temporaires, une Constitution sérieuse, des citoyens armés…

        1. Kékorésin

          …nos riches artistes, os riches sportifs, nos riches patrons, nos riches compatriotes qui en ont marre de se faire plumer par notre état voyou prompt à vindicte sociale et à la censure…

          1. petit-chat

            …rejointe par les frontaliers qui n’ont pas voulu de notre Monument (aux morts ?) Social, ah j’ai bien rigolé sur le coup ! C’est comme ça qu’on découvre le « bon » citoyen qui accepte de se faire racketter, et le « mauvais français » qui préfère l’assurance privée…

            1. vegeta

              les suisses se sont préparer militairement à être envahi par une France composé de jaloux et de frustré qui souhaitent détruire la suisse et tués les patrons

        1. Calvin

          Ils ont beau lire, ils « n’impriment pas ».
          Quand on est dans le déni, le cerveau refuse toute remise en question des préjugés.
          Les gourous verts disent que la Terre vit à crédit, donc la Terre vit à crédit. Et ils voient même une analogie avec le monde actuel.

          « Gaïa sortit de sa torpeur et, après avoir éteint la sonnerie de son réveil – la lancinante cloche de l’usine de Foxconn qui mettait au travail les équipes 12,13 et 14 – par un tremblement de terre de force 5, elle appela son courtier en ligne via sa communication subspatiale.
          – Mµ|ien, salut, dis-moi…, tu peux voir si les marchés financiers transgalactiques peuvent m’accorder une rallonge de 250 myars de Glubars au taux merkelien de 2% ?
          – ‘Tain, Gaïa, tu me prends de court ! Il se passe quoi, là ?
          – Rien, on est déjà à crédit, ici sur Terre. Ces petits crétins qui parcourent mon échine n’en font qu’a leur tête. Ils ont déjà bouffé toute la nourriture possible et toute les ressources du sous-sol, et ils attaquent déjà l’énergie qu’ils ont pas – d’autant plus qu’ils ont atteint le pic Oil depuis 20 ans, et le pic Charbon depuis… 125 ans.
          – C’est des conneries, Gaïa… Ça marche peut-être pour tes idiots d’humains, mais tu ne me feras pas avaler ça… et encore moins aux Banques Transgal’ qui sévissent sur tous les quadrants de l’Univers.
          – Hey, Mµ|ien, me laisse pas tomber. On a toujours fait comme ça sur Terre, une belle peur des familles, jouer la corde de la jalousie, une bonne raclée par la force légale, et ça repart comme après la 4° extinction.
          – Gaïa, tu te débrouilles. Tu as une population inventive, certes parasitées par plein de fainéants, mais c’est TON monde, tu assumes !
          – Assumer ? Moi ? Dame Nature, à qui tout est dû ? Je vais te dire, pendant des millions d’années, j’ai fait ce que j’ai voulu. Les bactéries, les animaux, ne faisaient que ce que leur atavisme leur disait de faire. Et quand je m’emmerdais, je toussais pour balayer ça. Depuis que ces petits vauriens ont pris le contrôle de leur vie, rien ne va plus. J’ai beau m’asperger de tsunamis, cracher des volutes de fumées noires, me secouer la surface de séismes, ces connards sont capables de s’en remettre. Je n’ai que les militants écologistes qui me donnent encore du crédit. A propos, alors, ce petit crédit ?
          – Bon, écoute, ton discours me fait pitié. Je vais appeler mon contact sur Zeltar-25-Béta, mais, à mon avis, tu vas te coltiner un taux à 15%.
          – Nom de Moi ! Je vais leur expliquer comment ? Comment on va pouvoir les racketter en impôts pour rembourser cette dette colossale ?
          – Ben… et ton arnaque dite « GIEC » ?
          – Ah ouais, ça peut marcher… Les bonnes vieilles ficelles… Et quand on a des idiots utiles, autant les utiliser jusqu’au bout…. A fond… »

          1. gameover

            Y avait une abrutie du WWF hier soir qui expliquait le concept de GAMEOVER avec en final un tableau qui montrait qu’on avait bouffé une journée de plus que l’année d’avant : p’tain super précis le calcul… 1/365 de différence ça fait 0.27%. Le réglage du TILT est vraiment fin.
            C’est au niveau des solutions que je me suis fait dessus… et le jeu qui repart à zéro tous les 1er janvier : SAME PLAYER SHOOT AGAIN. Bizarre cette règle du jeu car normalement après un tilt on perd l’EXTRA BALL.
            Et le journaliste je me demande comment il fait pour garder son sérieux.
            BULLSHIT

  17. Adolfo Ramirez Jr

    L’euthanasie: et si c’était LE moyen pour éviter de réformer les caisses de retraites, relancer la croissance avec les héritages tout en touchant le pactole avec des droits de successions??

    1. Calvin

      J’y crois pas, les plus gros patrimoines sont désormais aux mains de ceux qui font les lois. J’imagine mal (à mon regret) voir la clique d’incompétents pompeusement appelés politiciens s'(auto)euthanasier avec la même ferveur qu’ils se sont (auto)amnistiés.

    2. Jacques

      Pérenniser le paiement des retraites pourrait se faire, par exemple, en libérant l’âge de départ, en rendant obligatoire la cotisation à des fonds de pension non-taxables et en gardant un fond de répartition pour tous les cas particuliers ( accidents de la vie… )
      Bien sûr, pour nos dirigeants, éliminer les anciens ( les autres, pas eux ! ) serait plus simple

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