Du pétrole toujours plus abondant, et encore moins cher

En l’espace de quelques semaines, le prix du pétrole a chuté, passant de plus de 100$ le baril au cours du mois d’août à un petit 80$ actuellement. Comme on va le voir, cette baisse entraîne quelques remarques économiques fort intéressantes.

Plusieurs facteurs expliquent cette dégringolade des cours. Comme on peut le lire assez facilement à droite ou à gauche, il y a d’abord la forte diminution de la demande, liée à un ralentissement économique mondial. Tout particulièrement, la Chine demande maintenant nettement moins d’énergie (tant du côté du pétrole que du charbon, dont les prix baissent aussi) alors que son économie se ralentit notoirement. En Europe, la récession entraîne aussi une baisse de consommation : tant les industries qui produisent moins pour s’adapter à une baisse de la demande que les consommateurs individuels qui font des efforts d’économies poussent effectivement à une diminution marquée de la demande en produits pétroliers.

D’un autre côté, on note aussi une hausse de l’offre, de plusieurs façons. Si certains pays (comme le Venezuela) cherchent à réduire la production — et il faut bien dire que le socialisme a un talent certain pour générer, voire provoquer de la pénurie — d’autres en revanche n’ont aucun souci à l’augmenter, les États-Unis en tête avec le gaz et l’huile de schiste, suivis de l’Arabie Saoudite qui n’hésite pas à conserver ses robinets grands ouverts. Aux producteurs traditionnels se sont en outre ajoutés la Russie, qui n’a pas de souci de production, et l’Iran, qui n’est plus encombrée de l’embargo sur son pétrole.

world-oil-and-other-liquids-production

Mécaniquement, cette offre abondante alors que l’économie marque nettement une pause, qui entraîne une demande plus faible, aboutit déjà à un prix tendu vers le bas. À présent, les perspectives de croissance ayant été revues à la baisse, il n’est dans l’intérêt d’aucun producteur de pétrole actuel de noyer le marché dans une offre trop abondante, au risque de voir encore les prix descendre bien plus bas. La baisse actuellement constatée devrait, de ce point de vue, favoriser la mise en suspens de nouvelles exploitations, tant aux États-Unis (dans le pétrole conventionnel ou de schiste) qu’ailleurs — je pense ici aux gisements énormes récemment trouvés en Arctique par les Russes de Rosneft.

À ceci s’ajoute le désir du principal producteur et membre le plus influent de l’OPEP, l’Arabie saoudite, de limiter la prise de parts de marché de la part de ses concurrents (américains notamment). Comme les coûts de production de l’or noir ne sont pas partout les mêmes, l’Arabie joue ici surtout sur le fait que l’exploitation de son pétrole est bien plus facile à rentabiliser à 80$ ou même 70$ le baril que l’exploitation des schistes, ou des gisements iraniens ou russes qui ont besoin d’un prix du baril supérieur à 100$ (l’Arabie peut ainsi se satisfaire d’un prix du baril très bas, quitte à couper dans ses subventions publiques généreuses le temps que la situation s’apure). En outre, géopolitiquement, l’Arabie saoudite tient toujours à faire tomber le régime syrien, actuellement soutenu par les Russes, et ne voit vraiment pas d’un bon œil un régime iranien qui disposerait de l’arme atomique. Un prix du baril bas frappe donc, indirectement, les capacités des iraniens à parvenir à leurs fins nucléaires et, en même temps, les soutiens de Bachar el Assad. Poutine doit ainsi composer avec une réalité économique défavorable tant que les prix sont maintenus aussi bas.

Enfin, les pays du Golfe ont un autre adversaire à faire tomber, et il nécessitera un prix du pétrole durablement bas, qu’ils sont seuls en mesure de fournir de façon durable : il s’agit des énergies renouvelables dont les coûts de production apparaissent de plus en plus exorbitants à mesure que les prix du barils descendent. En effet, on ne doit pas perdre de vue que si le gaz et l’huile de schistes ne sont exploitables qu’à partir d’un baril raisonnablement et durablement au-dessus de 70$ (le « break-even » moyen aux États-Unis se situant autour de 68$), les énergies vertes, éco-conscientes et Gaïa compatibles sont réalistes économiquement avec un baril bien au-dessus de 100$ (et plus sûrement 150). En substance, les producteurs de l’OPEP sont en train de tuer leurs concurrents « renouvelables » et leurs errements écologistes rigolos mais totalement irréalistes.

break even point - shale gaz and oil US

Mieux : avec de tels prix, les baisses de profits entraînent des rationalisations, une recherche de tous les instants pour réduire les coûts du côté des producteurs. C’est à force de ces rationalisations que les exploitations de gaz et huile de schiste ont fini par être rentables bien en dessous de 100$ le baril. En revanche, la baisse des subventions dans les énergies renouvelables entraîne la faillite pure et simple des entreprises qui les fournissent, tout simplement parce qu’elles ne peuvent pas, en l’état actuel des techniques, rationaliser à ce point là. Tant que les rendements éoliens ou photovoltaïques sont aussi faibles, il ne faut pas espérer voir se développer ce genre d’offre alternative alors que leur coût, in fine, se situe à plus du double des énergies non renouvelables actuelles. Il faut se rendre à l’évidence : non seulement, on ne manque pas assez de pétrole pour que les moulins à vent et les panneaux solaires soient rentables, mais en plus, le pétrole est actuellement si abondant et la demande suffisamment faible pour que la perspective d’en manquer dans les dix ou vingt ou même trente prochaines années semble parfaitement ridicule.

us field production of crude oil

Enfin, cette baisse du prix du pétrole s’inscrit dans un contexte assez particulier puisque le pétrole n’est pas le seul produit dont le prix baisse. Eh oui : la déflation bat son plein ! La création de crédit s’effondre, les individus et les entreprises ont maintenant compris que l’épargne redevient nécessaire et souhaitable. À ceci, on doit ajouter la baisse des cours de bourses correspondant à une sortie très importante d’actifs boursiers : on parle en centaines de milliards voire en milliers de milliards de dollars qui se sont retirés des principales places de marché sur la semaine écoulée. La baisse des cours du pétrole s’ajoute donc à une baisse de prix assez générale.

Or, la déflation, ça a du bon : selon Brean Capital, 10$ de baisse sur le prix du baril de pétrole est l’équivalent d’un stimulus de 0.4% sur le PIB mondial, dont l’effet est nettement plus palpable que les milliards de dollars injectés récemment par les économies occidentales. Cette baisse du prix du baril, c’est en réalité un gain net de pouvoir d’achat estimée à 1.8 milliards de dollars journaliers (660 milliards à l’année). Et pour le moment, en Europe, qui récupère ces gains journaliers, le prix à la pompe n’ayant pas changé ?

Vous l’avez compris : non seulement, le consommateur européen va continuer à payer pour des moyens de production énergétiques très très loin d’être rentables comme l’éolien et le photovoltaïque, mais il va de surcroît continuer à payer le carburant au même prix alors que son prix de marché réel, lui, chute. En substance, on prive maintenant les foyers et les entreprises d’importants gains de pouvoir d’achat et de gains de productivité, pour rien.

Réjouissez-vous : l’écologie punitive, c’est maintenant.

peak oil shortage

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Commentaires109

  1. Aristarque

    Notre cher gouvernement a clairement indiqué qu’il profiterait de la baisse des cours pour nous coller des taxounettes supplémentaires sur les carburants dont l’effet sera, sur le moment, « invisible ». Toutefois, il ne semble même pas que la baisse des prix actuelle soutienne vraiment la consommation puisque le pouvoir d’achat des Grançais est attaqué de multiples autres parts…

  2. Quiet Desperation

    Votre dernière illustration semble établir que le Plug fait des adeptes partout… but I just hope no fool will pull same….

  3. Le Gnôme

    Tout est dit. La baisse du prix du pétrole se traduira chez nous par une hausse des taxes destinées à financer un Etat impécunieux au travers de lavages de cerveau continus destinés à « conscientiser » le bon peuple aux maléfices du CO2. Le bénéfice pour les entreprises et particuliers sera chez nous proche de zéro.

    Comme disait le regretté Jean Amadou, une forte hausse du prix du pétrole entraîne une forte hausse du prix à la pompe, alors qu’une forte baisse entraîne une hausse légère du tarif payé par l’automobiliste.

  4. douar

    Les prix à la pompe ont quand même tendance à baisser.
    Mais vu le niveau de taxes, l’impact de la baisse de la matière première sur le produit final est limité.
    On a le même phénomène par exemple pour le pain: la matière première, le blé est à un niveau très bas (du à des récoltes excellentes, ce qui contredit d’ailleurs les prévisions apocalyptiques de certains spécialistes, après les hausses des prix des années 2007/2008), et le prix du pain, qui ne baisse pas pour autant.

    1. Aristarque

      Et comme le pétrole est importé, cela réduira un peu le besoin, plutôt les sommes à débourser et fera croire à une réduction du déficit commercial de la Grance, si toutes autres choses restent égales par ailleurs, ce dont je doute au delà de quelques semaines, tout au plus…

      1. Aristarque

        Effectivement! Actuellement, en IDF et aux pompes self services des hypers ou Total Access, le gazole est aux alentours d’1,22 €/L contre 1,30/1,32€/L il y a encore quelques semaines. Au mieux, nous avons eu 10% de baisse. Il faut cependant envisager que le pétrole actuellement en vente a été acheté il y a déjà un certain temps puisqu’il faut l’amener, le raffiner, etc… Je ne connais pas le délai exact moyen mais je l’estimerai à trois mois.

      2. Adrien

        D’après l’observatoire des prix des carburants, il est observé environ -9% sur le cours du baril de brut (en dollars ou en euros, c’est kif kif) entre août 2013 et août 2014, et entre -3% et -4% sur le prix TTC à la pompe en France, respectivement pour le SP95 et le gazole. La baisse n’est donc répercutée qu’entre un tiers et une petite moitié.

        1. jan

          Il faut faire attention avec ce genre de conclusion. En fait il y a plusieurs type de taxes sur les carburants dont une qui est fixe et pas un pourcentage donc même si toute la baisse est répercutée on n’aura pas 20% de baisse sur les prix à la pompe…

          1. gameover

            Euh la TIPCE (ex TIPP) est même FIXE !

            60.69cts sur l’essence et 42.84cts sur le gazoil en 2014.
            (les prix dans le lien qui suit sont en E/hl donc en cts/l.)

            Même la taxe régionale jusqu’à 2.5cts/l suivant les régions est fixe / litre (seuls les régions Corse et Poitou ne l’appliquent pas). La TVA à 20% est la seule partie variable… et elle s’applique aussi sur la TIPCE (TGCM!) mais…
            … l’euro/$ a chuté de 1.37 à 1.27 soit 7.3%, ce qui veut dire que la baisse de près de 20% du pétrole en dollar n’est que de 12.7% en euro…. (20-7.3=12.7)
            … et comme le prix du pétrole ne représente qu’environ et en moyenne que 50% du prix HTT (hors toutes taxes) la baisse TTC à la pompe ne sera que de 12.7% x 50% = 6.35%.
            C’est une moyenne car les taxes représentaient (avant la baisse) 54% du prix à la pompe pour l’essence et 47% sur le gazoil.
            En appliquant ces coeff la baisse devrait donc être de 12.7% x (100-54)% = 5.85% pour l’essence et de 12.7% x (100-47)% = 6.73% pour le gazoil.
            Donc en gros le prix à la pompe de l’essence aurait dû baisser à 1.50*(100%-5.85%) = 1.412 E/l et pour le gazoil à 1.32*(100%-6.73%) = 1.231 E/l.
            Il me semble qu’on soit dans les clous. On ne verra guère la baisse plus que ça à cause des taxes mais aussi de la baisse de l’euro.
            Rappelons qu’en sortie de raffinerie le prix de l’essence et du gazoil est le même à 1 centime près. C’est la TIPCE qui n’est pas la même.

            Lien suit.

                1. gameover

                  L’air de rien, tu soulèves un problème intéressant.

                  Ce n’est pas le premier site qui ait changé de nom et ça participe au lavage de cerveau.

                  Imagine que le site des impôts s’appelle redistribution-citoyenne.com et celui de la sécu santé-pour-tous.com

                    1. yp

                      Oui, mais à Oceania, ils n’avaient pas de minicul (sans compter qu’il n’y avait pas non plus le maxi-plug qui va avec.)

                      Amateurs !

  5. Aristarque

    D’un autre côté, on note aussi une hausse de l’offre, de plusieurs façons. Si certains pays (comme le Venezuela) cherchent à réduire la production — et il faut bien dire que le socialisme a un talent certain pour générer, voire provoquer de la pénurie Le Venezuela est dans un effet ciseau. D’une part, sa logique de producteur est effectivement de baisser sa production pour éviter que trop de pétrole se retrouve sur un marché atone et provoque encore une baisse des cours mais sa logique de socialiste en désarroi financier lui conseille de maintenir sa production car c’est seul le pétrole qui permet à ce pays de tenir encore un peu debout bien qu’il suffise de moins en moins à la tâche en raison de la baisse des cours. Le Vénezuela de Maduro pourrait donc bien être le premier pays pétrolier à faire faillite, ce qui serait une nouveauté sous le soleil…

    1. yp

      Personne ne connaît le vrai prix du pétrole dans un marché libre : d’une part, le cours est principalement le résultat d’une manipulation par un cartel mafieux et d’autre part, c’est un actif stratégique dont la production est très concentrée, ce qui le rends en plus extrêmement sensible aux objectifs géopolitiques des uns et des autres.

      Quoi qu’il en soit, pour vous et moi qui n’avons pas d’arbre de Noël (*) dans notre jardin, plus son prix est bas, mieux c’est.

      (*) Une tête de puit, pas un plug anal gonflable.

      1. LM

        Je dis juste que l OPEP aurait surement fermé les vannes suite à une telle chute des cours et ne l’a pas fait, probablement parce que les ricains leur ont demandé.

        1. Calvin

          L’OPEP… cela ne veut plus dire grand-chose…
          C’est un Cartel de pays qui ne rament pas dans le même sens…
          Les USA n’ont probablement rien demandé, pas plus qu’ils n’ont rien demandé à personne pour partager leurs dettes.
          L’Arabie ne peut plus se permettre de baisser sa production, prix bas ou pas, et c’est pareil pour d’autres pays, que cela plaise ou non aux Ricains.
          En période de crise, tout le monde cherche son petit bout de soleil…

          1. yp

            La meilleure chose qui puisse arriver au consomateur, c’est que OPEP se dissove et que l’offre et la demande régulent le marché (et on dirait que le Maduro a demandé une réunion d’urgence… Accordée fin Novembre… Bref, il y a de l’eau dans le gaz !)

            1. Calvin

              Dissolution de l’OPEP, certes, mais réduction du périmètre des états, ce serait mieux…
              C’est d’ailleurs un Cartel des Pays, pas des entreprises pétrolifères.

  6. yoananda

    Les volumes augmentent, les prix baissent … et les coût de production explosent !!!
    Tout ça ressemble fort au pic pétrolier à l’inverse de ce qui est dit dans l’article : la déflation, c’est quand la demande ne peut plus se payer assez de pétrole cher.

    Il y a 2 explications à ce phénomène. La première, vous venez de la lire dans l’article, la seconde dans ce commentaire. Le temps tranchera qui a raison. Il faut voir que le dans le volume de pétrole, on compte aujourd’hui ce qui hier n’était pas compté comme pétrole. Sinon, ça n’augmenterais pas. Quand au coût de production des huiles de schistes qui baissent, oui un peu, mais tout ça était possible grâce au QE. La capitalisation des entreprises de fracking est en pleine déconfiture, c’est la berezina ! Et je peux multiplier les arguments (la Russie et l’Iran vont se retrouver en slip avec de tels prix du pétrole, etc…).

    1. « la déflation, c’est quand la demande ne peut plus se payer assez de pétrole cher »
      Heu. Non. La déflation, c’est une baisse des prix. Et si le pétrole baisse, c’est parce qu’il le peut. Désolé.

      « on compte aujourd’hui ce qui hier n’était pas compté comme pétrole. Sinon, ça n’augmenterais pas. »
      Les graphiques sont pourtant limpides. Le « crude oil » augmente (55 Mb/j en 80, 75 en 2010). Désolé.

      « Quand au coût de production des huiles de schistes qui baissent, oui un peu, »
      Break-even à 68$ en moyenne. Prix du baril à 84, c’est donc rentable. Désolé.

  7. La Rédac des News du Système

    ••• Martine Aubry lance la quinzaine commerciale de la gauche frondeuse

    (publi-rédactionnel) Avec une petite journée d’avance sur le calendrier, Martine Aubry vient de lancer en fanfare la Quinzaine de la gauche frondeuse, qui se tiendra cette année du 20 au 31 octobre, hors dimanche. Vous en avez forcément déjà entendu parler ! C’est le grand rendez-vous incontournable de la démagogie politicienne, qui se pare à cette occasion de ses plus beaux atours dans un feu d’artifice de mesures inefficaces mais qui feront beaucoup parler. Médias, experts en tous genres, parlementaires de la majorité et de l’opposition, membres du gouvernement… ils seront tous présents lors de cet événement, véritable rencontre de ce que le pays compte de gens qui savent bien mieux que vous et qui décident à votre place. Profitez-en, tous vos députés frondeurs se mettent en quatre pour vous promettre absolument n’importe quoi, avec votre argent !

    -> la suite sur http://wp.me/p55j1d-5f

            1. petit-chat

              Merci pour les titres, j’ai farfouillé un peu, j’ai bien aimé ça :
              « Quand on meurt de faim, il se trouve toujours un ami pour vous offrir à boire. »

              1. Quiet Desperation

                Pour qui connaît Blondin, c’était une évidence… ceci étant, l’Antoine fut une des meilleures plumes classiques du XX° siècle…

  8. Flo

    La moto étant déjà pourvue d’un pot d’échappement la photo aurait eu plus de classe avec une ouvre d’art verte à la place du cône.
    Il me semble que le prix des carburants est quand même assez faible en ce moment et que la France n’est pas la plus à plaindre dans ce domaine (allez faire une tour en Italie pour vérifier).
    Ce qui est plus « étonnant » est le prix du gaz qui continue à augmenter alors qu’on nous raconte habituellement que « même si le prix du gaz sur le marché est en baisse c’est à cause de la méthode de calcul qui prend en compte le prix du pétrole ».

    1. bob razovski

      « (…) alors qu’on nous raconte habituellement (…) »

      Tout est là : habituellement, on nous raconte n’importe quoi 😉

      1. Caton

        Tiens, ça me fait penser… à l’infirmière qui a été hospitalisée à Begin jeudi dernier. Vendredi les premiers tests pour Ebola étaient négatifs, mais il fallait attendre le résultat de tests pratiqués 24 heures plus tard. Depuis… rien. Ah, si:
        « Comme la ministre [de la Santé] s’y est engagée, si un cas d’Ebola était avéré sur le territoire, le ministère en informerait immédiatement la population. »

        La France n’en est pas à un nuage de Tchernobyl près, certes, mais le mépris affiché par la classe jacassante devient impossible à ignorer.

        1. Jga

          Ah non, le nuage est passé partout en europe mais pas au dessus de la France, non mais. Il avait pas ses papiers et de toutes façons il aurait été renvoyé chez lui en charter Pasqua. C’est impossible, ils l’ont dit à la radio. On m’aurait menti ?

        2. petit-chat

          C’est encore un peu tôt, mais une « bonne » petite épidémie distrairait l’attention du farouche peuple français de l’incontinence législative spoliatrice de biens et de libertés.
          Et peut-être aussi l’occasion de s’en mettre plein les fouilles, ça c’est déjà vu (ailleurs, bien sûr).

    2. yp

      La proportion de gaz acheté sur le marché spot (qui ne cooncerne que le gaz liquéfié) est assez faible ; les contrats d’approvisionnement comportent des prix négociés à long terme entre les entités productrices et consommatrices. De plus, à cela s’ajoutent les frais et les royalties de transit pour le gaz livré par gazoduc, ou les frais de liquéfaction/regazéification et transport pour le GNL ; des frais qui au final sont loin d’être négligeables (presque aussi cher que le gaz lui-même…)

    1. pi31416

      En effet. Tissu de conneries digne de Charlie Hebdo.

      Il aurait ete tellement plus facile de publier le texte de ce pamphlet. Mais bien sur, quand on a un texte sous le nez on en voit aisement les absurdites. Quand a la place on a des petits mickeys les couleuvres passent comme une lettre a la poste.

  9. Calvin

    Je profite de cet article pour expliquer une nouvelle fois que je suis contre l’exploitation du gaz de schiste en France.
    En effet, imaginez que nous ayons commencé, avec des dizaines de milliers d’emplois à la clé, que ce serait il passé avec cette baisse du pétrole ?
    Le GdS devenu moins rentable, on aurait traité socialement les emplois à coup de subventions.
    De sorte que les bénéficiaires initiaux auraient fondus…
    Pas comme ailleurs, où on peut fermer temporairement une industrie non rentable jusqu’à ce qu’elle le redevienne.

    1. Aristarque

      Complètement d’accord surtout qu’outre cet aspect, la manne qui en résulterait servirait immédiatement à entretenir la gabegie permanente de l’état, faire du clientélisme électoral à donf, sans aucun souci de l’avenir…

  10. Caton

    Article intéressant. Un point qui manque, c’est le « fiscal break-even » par pays, c’est-à-dire le prix du baril nécessaire, pays par pays, pour financer complètement l’état. Il y a un graphique intéressant lié à cet article: http://www.ft.com/intl/cms/s/0/73c0ff90-5546-11e4-89e8-00144feab7de.html

    Dans le cas de l’Arabie Saoudite, le prix actuel du baril est en-dessous du break-even, ce qui implique que le budget est en déficit. En fait, seuls le sultanat d’Oman, les Émirats Arabes Unis, le Koweït et le Qatar ne sont pas en déficit au niveau de prix actuel. Bien sûr, les Saoudiens ont accumulé des réserves ces cinquante dernières années, mais ces réserves ne sont pas infinies, et sont en fait plus faibles qu’on ne peut le penser.

    1. Sauf que ce fiscal break even est à situation fiscale inchangée. Un avantage des dictatures, c’est qu’on peut facilement faire taire les masses : si la redistribution de la manne pétrolière n’est plus possible, elle s’arrêtera, et puis c’est tout. En regard, tant que le coût d’exploitation est inférieur au prix vendu, les monarchies du Golfe continuent d’engranger. Qu’elles choisissent ou non de redistribuer, c’est une autre question.

      1. Caton

        L’inconvénient des dictatures, c’est qu’elles ont un point de rupture. Les programmes sociaux mis en place par les Saoudiens ont permis de diminuer l’influence des Frères musulmans, qui sont le principal danger intérieur. Si ces programmes doivent être réduits ça risque de mal se passer pour la famille royale.

        Quand il s’agit du prix du pétrole, entre la présence d’un cartel, les manipulations de cours par certains « investisseurs », les tentatives de stabilisation et déstabilisation des pays producteurs par d’autres pays, etc., j’ai l’impression de ne pas avoir toutes les informations nécessaires pour comprendre tout ce qu’il se passe.

        1. Quiet Desperation

          « Si ces programmes doivent être réduits, ça risque de mal se passer pour la famille royale »….

          Ah vouui, ça me rappelle quelque chose : « s’ils n’ont plus de Brent, qu’ils boivent du Dubaï Light »….

  11. max

    Inflation de ce qui est produit en France, mais largement compensée par la déflation des imports :

    Le prix du gaz (administré), qui a baissé de 2,4 %, celui des carburants (qui pèse lourd dans l’indice), moins 3,2 %, celui des fruits et légumes, moins 9,5 %, des café, thé, cacao, moins 2,8 %, celui des équipements téléphoniques, moins 14,1 %, celui de équipements numériques, moins 7 % (dont moins 13,3 % sur les appareils photo et moins 10,9 % sur les télévisions) et des appareils ménagers, moins 1,7 %.

    http://www.cepii.fr/BLOG/bi/post.asp?IDcommunique=336

    1. gameover

      Ce qui me fait doucement sourire Bonsaï c’est que tu fustiges gentiment (au sens de niais hein) sur ton blog les blogueurs et les commentateurs no life, tous en quête de reconnaissance et citoyens de l’éphémère mais que tu viennes ici pour justement et uniquement pour augmenter ton audimat.
      Sans rancune.
      Bisous.

      1. Bonsaï

        Bien dommage que tu ne suives pas mes nombreuses interventions, fussent-elles frivolités, plaisanteries (parfois avec Calvin), voire mes joutes verbales, sur ce site.
        Je dirai donc, la critique ok, quand tu veux, mais l’inexactitude et la médisance je m’y oppose.
        La pratique dont tu parles, si certains blogueurs s’y adonnent, ce n’est pas mon cas. Tu n’as qu’à relire les commentaires de ce site en les comparant avec la date de parution de mes articles.
        Etrange d’ailleurs que ton commentaire ne vise que moi et pas le blogueur qui est venu annoncer la parution d’un article avec lien vers son site, moins d’une heure avant moi !

        1. gameover

          Il semble que dès que plus d’une idée est exprimée dans un commentaire tu ne retiennes et commentes que la dernière partie.

          Une femme monotâche c’est étonnant.

          1. Bonsaï

            Encore faudrait-il que je sois vraiment une femme. Mais qui peut en être sûr ?
            Evitons donc les jugements primaires et simplets, autant que faire se peut.
            Vous nous aviez parfois habitués à plus de virtuosité, monsieur Gameover. Une petite méforme, aujourd’hui ?

            1. Bonsaï

              Quand à la 1ère partie de ton apostrophe, qui supposément doit être considérée comme thème central de ton propos cinglant, voici ma réponse. Je pratique à l’ancienne, comme les alchimistes : j’expérimente moi-même et je ne délègue pas. Ainsi quand je rédige un article sur les commentateurs de blog, je deviens vraiment commentateur. La question subséquente que tu pourrais me poser, c’est quelle limite à ces expériences ?
              Me la poseras-tu ?

                  1. Calvin

                    H16 n’est pas notre maître !

                    Nous les libéraux, on refuse les maîtres pour ne pas, soi-même, s’en imposer.

                    Il est juste quelqu’un qui a le talent pour dire ce que l’on appréhende instinctivement, pour mettre le doigt sur ces anomalies qui paraissent pourtant normales à bien des gens.

                    1. Nyamba

                      Quand on se surnomme soi-même « Yoda »… je me demande qui veut se faire maître, dans l’histoire, finalement ? (hat tip Dr Slump)

                    1. gameover

                      wah… je ne l’avais pas vu celle-là. Merci Nyamba.
                      Une femme pourtant… bah y a des exceptions alors !

                  1. Quiet Desperation

                    mais ce « c’est pas joli, joli, tout ça! » ne laisse pas que de m’inquiéter… est-ce un hareng rouge, pour nous faire penser à une jeune tortue des isles, qui l’utilise souvent, ou bien le vrai Mac Coy ?

                    1. Nyamba

                      Ah non, de grâce, pas d’association de ce genre. J’ai d’autres choses à faire que tricoter des gaufres, ou commenter sur les commentateurs…

                    2. Quiet Desperation

                      Je suis donc rassuré : cette Schreyer est vraiment une Barbara….
                      Mais note bien que je n’irai jamais manger de gaufres chez toi, jeune Nyamba… je gage qu’elles sont filandreuses…

  12. lolo

    Je ne pense pas que pour une fois les us soient derrière l’ouverture en grand des vannes saoudiennes, qui semblent agir seules pour affaiblir l’iran, la syrie et la russie.

    D’autant que ce n’est pas bon du tout pour la rentabilité du pétrole non conventionnel.

    d’ou le revirement US qui a cessé de pilonner les positions Kurdes et leur a même fourni des armes, au grand dam des saoudiens…

    1. gameover

      « …d’ou le revirement US qui a cessé de pilonner les positions Kurdes… »

      Tu as vu ça où que les US bombardaient les positions kurdes ?

      Le gouvernement régional du Kurdistan (KRG) est reconnu depuis un moment déjà (post-Saddam) et dispose même d’une vingtaine de % dans le budget de l’IRAK.

      1. lolo

        Je ne sais plus ou, mais ça a été relayé, ainsi que les turcs qui préfèrent soigner les ei et fermer leurs frontières aux kurdes qu’ils ne peuvent toujours pas encadrer.

        1. Caton

          Ce sont les turcs qui ont allègrement bombardé quelques sites dans le kurdistan… turc.

          Et, oui, il semble que les relations entre turcs et kurdes ne soient pas toujours au beau fixe.

          1. lolo

            « allègrement bombardé quelques sites dans le kurdistan » avec des avions américains, d’ailleurs.

            Ils ont dû changer de position, et en deux jours kobané est pratiquement repris

            1. Caton

              La Turquie a en effet changé de position et autorise des renforts en provenance du kurdistan irakien à transiter par leur territoire. J’ignore la raison de ce revirement.

              1. gameover

                Comme d’hab, les combats se rapprochaient un peu trop de leur frontière et à choisir il est préférable que ce soit les kurdes qui aillent se faire tuer au combat plutôt que les turcs. Les kurdes servent de force d’interposition.

                Un appui par les airs ne coûte en général pas de vies humaines mais ce n’est pas très efficient.

                1. Caton

                  Le seul changement dans la situation, c’est que suite à un parachutage d’armes et munitions (en particulier anti-tank), les Peshmerga ont réussi à repousser les takfiri. Les combats se sont plutôt éloignés de la frontière turque.

                  1. lolo

                    C’est peut être bien pour emmerder les saoudiens, l’EI faisait son boulot de pourrir Assad, et également en réponse aux vannes pétrolières ouverte à fond.

                    Le tout sous directives US

                    1. gameover

                      Lolo tu parlais en premier de bombardement US sur les Kurdes. Nada.

                      Maintenant d’après toi c’est un interventionnisme US : oui, il y a eu parachutage d’armes et de vivres, mais pas plus que la france ou l’Australie. Le but étant de contenir l’EI et de soutenir les Kurdes plutôt que d’y envoyer ses propres soldats.

                      L’autre problème à mon sens c’est qu’armer les Kurdes ça va se retourner contre les turcs… faudrait leur donner des armes à obsolescence programmée :mrgreen: avec une DLC !

                      N’oublions pas qu’il y a 2 fronts : 1 avec la Syrie à l’ouest du Kurdistan et 1 au nord près de la frontière turque.

                      J’ai mis un lien plus bas en début d’aprem sur la US policy dans cette région depuis 1945 mais va falloir attendre que h16 ait fini sa sieste 🙂

                    2. lolo

                      « Lolo tu parlais en premier de bombardement US sur les Kurdes. Nada. »

                      Je persiste et signe. Les US ont fait plus de morts chez les kurdes que chez les ei, et ils en ont profité pour peter les rafineries d’assad, d’une pierre deux coups, ils ont toujours en travers de la gorge leur echec de l’année derniere

        2. gameover

          Les Kurdes sont présents dans le sud de la Turquie et la région Nord de l’Irak, la Syrie, l’Iran (plusieurs dizaines de millions en tout).

          La position des US a toujours été claire sur les Kurdes de Turquie qualifiés de terroristes (PKK) mais cela est plus dû à de la géopolitique au sein de l’OTAN (survol de la Turquie). Mais les autres kurdes seraient plutôt des alliés ou de la neutralité suivant les intérêts stratégiques du moment.

          A study of US policy towards Kurds of Iraq and Turkey
          http://www.ekurd.net/mismas/articles/misc2012/4/turkey3901.htm

          The Kurds and US Foreign Policy: International Relations in the Middle East since 1945
          http://www.insightturkey.com/the-kurds-and-us-foreign-policy-international-relations-in-the-middle-east-since-1945/book-reviews/70

          Quand on voit l’éradication par les turcs de tout ce qui rappelle la culture kurde (prénoms, noms de villes etc…) on se croirait revenu au temps de la Bretagne avec le plastiquage des émetteurs TDF mais aussi de tout ce qui représente l’état même aujourd’hui : incendie des perceptions. Les Bretons seraient-ils des terroristes ?

  13. MXI

     » et l’Iran, qui n’est plus encombrée de l’embargo sur son pétrole. »
    J’aurais dit que Iran était masculin?

    La conclusion sera interpétée par beaucoup comme « les vilains pétroliers s’en mettent plein les poches ». J’ai googlé rapidement mais je n’ai rien trouvé de bien récent concernant la répartition taxes vs privé. Une idée ?

    Je sais que cela a été mentionne dans ces colonnes, mais enseigner est répéter 🙂

      1. Calvin

        J’ai l’impression que c’est encore les mêmes qui ont piqué ma part de cadeaux…
        Faut qu’on arrête les chèques en euros comme cadeau de Noël.
        C’est toujours un socialiste qui les ramasse…

  14. Kami

    « En France, le vrai problème c’est l’État. »

    Une citation qui résume la relation particulière de Total vis-à-vis de l’Etat. Aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le 6 juillet 2013, le PDG avait lancé : « 55 % du PIB est dans les mains de l’État, qui au passage a du mal à le gérer, et on ne s’occupe pas de l’entreprise, on est encore à papa-maman, à demander à l’État qu’il s’occupe de nous ! »

    1. gameover

      C’est assez marrant comme quelques entrepreneurs prennent les politiques pour des billes qu’ils sont :

      Par devant ils encensent le gouvernement, d’ailleurs tous les politiques disent du bien de CdM (sauf Filoche oh!), et par derrière ils délocalisent les activités financières à Londres et s’arrangent pour ne pas payer d’impôts en france (bien leur en fasse, ça affame la bête) en jouant sur des prix de transferts et Bercy se fait enfumer comme un bleu.

      Dans le même style bernard Arnault avec lequel FH était hier à la fondation Louis Vuitton. Niel prend le même chemin, tout sourire par devant.

  15. Christophe

    Sans-Dent a parfaitement compris et intégré le calendrier.

    Voilà pourquoi la hausse de la taxe sur le diesel est passée comme une lettre à la poste…

    Pour le con-sommateur, ce sera transparent (c’est à dire il se sentira toujours AUSSI tondu, ni plus, ni moins, normal quoi)… mais Sans-Dent et ses complices rempliront les caisses.

    On peut même penser que si la baisse du pétrole s’intensifie, ils trouveront le moyen de rajouter une taxounette (ne serait-ce que pour compenser la baisse… du rendement de la TVA sur les produits pétroliers).

    Enfin, bref, comme le dit Sans-Dent : « c’est difficile », sous entendu c’est compliqué, ça fait mal à la tête tous ces chiffres.
    😉

  16. PINPON34

    le photovoltaique et l’éolien ça produit de l’électricité!
    le pétrole ça sert à faire tourner les bagnoles
    le gaz c’est pour le chauffage, l’industrie et quelques centrales élec (aux usa)
    donc la baisse du pétrole, ça concernent essentiellement …….les autres fournisseurs de pétrole, donc pan! sur les us, le canada, la russie et quelques autres
    très drôle de voir les pétroles de schistes se casser la gueule!

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