L’ampleur de l’État-maman et la santé de vos communes en quelques visualisations

Aujourd’hui, un billet un peu différent puisqu’il s’agit d’une visualisation de données, composée de deux parties.

La première consiste à faire un état des lieux de l’État-maman, composée de plusieurs graphiques pour comprendre comment la France vit sous perfusion et pourquoi ça ne marche pas. Cette série de graphiques est visible ici.

Et la seconde, alors que les élections municipales se rapprochent chaque jour, est une visualisation de différentes communes de votre choix, ce qui permet de comparer des communes, leurs politiques et les résultats obtenus. Pour ces informations, on se rendra ici.

Qu’y trouve-t-on ?

Dans la première visualisation concernant l’État-maman, on trouve plusieurs grandes rubriques, avec par exemple la carte de la dépendance.

Cette carte permet de répondre à la question « Où la France vit-elle le plus aux crochets de l’État » ? C’est une carte choroplèthe des 101 départements chacun coloré selon son ratio de dépendance, c’est-à-dire de la part des dotations et transferts étatiques dans les recettes totales des collectivités locales. En vert, les départements qui financent l’essentiel de leurs services par leurs propres recettes fiscales. En rouge, ceux dont les budgets ne tiennent debout que grâce au robinet étatiques nationaux.

Sans grande surprise, l’Île-de-France et les métropoles « dynamiques » tirent leur épingle du jeu. Les DOM et la diagonale du vide, eux, accumulent des ratios de dépendance. La méthodologie est détaillée sous la carte et est entièrement basée sur les données publiques.

Un autre onglet présente le mille-feuille administratif quantifié. Tout le monde parle du « mille-feuille territorial ». Personne ne le montre. C’est chose faite : un diagramme de Sankey trace les flux financiers de l’État vers les régions, les départements, les intercommunalités et les communes. On y voit les 11,9 milliards de la DGF couler vers les 35 000 communes de France et un menu déroulant permet de zoomer sur n’importe quel département pour découvrir quelles communes captent le plus de dotations par habitant.

Le résultat est visuellement saisissant et on comprend d’un coup d’œil pourquoi personne n’ose toucher à cet échafaudage : trop de bénéficiaires, trop de tuyaux, trop d’élus locaux accrochés au robinet.

Dans l’onglet suivant, on pourra aussi s’attarder sur l’indice Bastiat (avec deux graphiques).

Frédéric Bastiat écrivait que « l’État est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ». Deux nuages de points tentent de mesurer le prix de cette fiction.

Premier graphique : dans ce graphique, chaque bulle est un département (dont la taille est proportionnelle à la population). L’axe horizontal mesure le coût public par création d’entreprise (i.e. combien les communes du département dépensent-elles en euros pour chaque entreprise qui voit le jour), ce que Bastiat appellerait « ce qu’on voit », et l’axe vertical montre l’encours de dette par habitant, ce que Bastiat appellerait « ce qu’on ne voit pas ».

Second graphique : il s’agit du prix de la dépendance. En abscisse, le ratio de dépendance aux dotations étatiques. En ordonnée, le nombre de créations d’entreprises pour 1 000 habitants. La corrélation est nette (r = −0,66) : plus un département dépend de l’État, moins il crée d’entreprises. Les quintiles sont implacables puisqu’on passe de 17,9 créations pour 1 000 habitants dans les départements les plus autonomes à 10,5 dans les plus assistés. La ligne de tendance, rouge et pointillée, trace la pente d’un pays qui a confondu redistribution et sédation.

Les trois autres onglets évoquent le rapport entre la taxe foncière que vous payez et les investissements consentis par département par rapport aux charges salaires de ces entités, la dette des communes, et le nombre de fonctionnaires pour 1000 habitants ; pour cette dernière carte, on peut même voir l’évolution en comparant l’année 2016 à l’année 2022 pour constater que, quoi qu’en disent les affidés du gouvernement, le nombre de fonctionnaires par habitant ne fait globalement qu’augmenter.

Dans la seconde visualisation, il s’agit de comparer deux communes de votre choix, sur différents critères.

Après avoir choisi deux communes, vous pourrez ainsi voir l’état des lieux de l’une comparé à l’autre, depuis l’encours de dette jusqu’au taux de foncier bâti ou la capacité de désendettement en passant par les impôts locaux par habitant ou leurs charges financières. En outre, les différents indicateurs sont aussi comparés à la moyenne nationale ce qui permet de situer voracité fiscale la commune dans l’ensemble français.

Enfin, quelques éléments sociaux sont aussi visibles : taux de pauvreté, chômage, insécurité sont passés en revue, là encore pour comparer à une ville de votre choix et à la moyenne nationale.

Alors que les élections approchent, ce sont des éléments pertinents pour savoir, notamment, si on peut continuer à donner son blanc-seing à l’équipe actuellement en place ou, lorsque ses résultats ne sont pas bons, s’il n’est pas temps d’en changer vigoureusement…

Toutes les données sont publiques (DGFiP, INSEE, DGAFP). Les pages sont consultables ici et . Survolez, cliquez, explorez et tirez vos propres conclusions.

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Commentaires26

  1. Aristarkke

    La perfusion qui pompe les substances vitales du patient fonctionne rarement longtemps sans problème. Comme tout mécanisme soce…

  2. Gerldam

    C’est cela le socialime qui a réussi (momentannément du moins): obtenir qu’environ autant de gens profitent que ceux qui contribuent à la gabegie généralisée.
    On peut alors dormir tranquille: aucune élection ne viendra troubler la machine à traire…jusqu’à ce que la vache meure (longtemps après car une entité extérieure vient la ranimer périodiquement).

  3. Aristarkke

    « lorsque ses résultats ne sont pas bons, s’il n’est pas temps d’en changer vigoureusement… »
    Avec l’empilement de listes soces à plus ou moins fort degré mais néanmoins soce au minimum dans l’esprit, comment faire ?
    Six listes à Paris : quatre pures soces, une douce délayée et une seule de droite raisonnable mais annonçant de violents changements…
    Pour Lille, c’est du même niveau et il est hautement probable qu’on peut trouver des centaines de cas similaires. La jalousie latente fait supporter une taxation ahurissante, surtout si l’on est sûr que le voisin paiera davantage parce qu’il gagne un peu plus…

    1. Theo31

      Le PS contrôle le pays avec 2 % des voix aux présidentielles.
      Ses notables ont bien compris qu’il valait mieux être premier dans une grande ville que second a l’Élysée. Le meilleur exemple est celui de Freche qui se permettait d’insulter ses électeurs qui en redemandaient. Dans 15 jours, on pourra vérifier que c’est toujours aussi vrai.

  4. Theo31

    Il manque les anciennes colonies d’Afrique du Nord qui reçoivent encore pas mal de dotations venant des poches de Nicolas.

    Le Maroc reçoit des gros paquets de brouzoufs pour son agriculture.

    1. durru

      Probablement parce qu’il y avait des beaux restes…
      Montpellier aussi, ça affiche une « santé correcte », mais quand tu regardes l’évolution des dépenses sur les dernières années, ça fait peur. Et la sécurité, c’est plus que discutable…

    2. Aristarkke

      Lyon cumule capitale économique et capitale administrative de Rhône Alpes. De plus, selon les documents fournis, quasiment toute le région Rhône-Alpes est dans le vert. Disons que six ans de mandat ne sont pas suffisants pour mettre à terre. Après le premier mandat de Delanoë, Paris restait à un niveau convenable/ensemble. Mais depuis l’avènement d’Annihildalgo, la descente aux enfers est patenté et « normalement » si la réglementation était appliquée, Paris devrait être sous tutelle compte tenu des gabegies au stade de production industrielle. « Normalement »…

  5. durru

    J’ai cherché les DOM sur la carte, mais y’a pas de couleurs…
    Puis je suis allé dans les tableaux, et là, ça va mieux 🙂 Par contre, j’ai l’impression que les communes de la Guyane et de la Martinique sont inversées (du moins sur l’onglet « mille-feuille »).

  6. durru

    Pfiouuu… Si vous voulez vous faire soigner, sachez que parmi les départements où l’hôpital a le plus de poids dans les dépenses publiques il y a l’Orne, les Vosges, l’Allier, le Cantal et la Corrèze.

  7. Higgins

    Pour rajouter un clou au cercueil : bourse.blog/les-mandataires-judiciaires-de-nouveau-sur-le-banc-des-accuses-cest-pas-moi-qui-le-dit-helene-mais-challenges-article-challenges-postface-blog/

  8. Dom17

    Certains appellent ça le « mal français », d’autres « l’exception française ».
    Je dirais plutôt la « gabegie française » !
    Bravo et merci pour ce travail d’information…

  9. Manzoni

    Très intéressant ! Ces graphiques devraient être déclarés d’utilité publique. Merci pour cette compilation d’informations pertinentes.

  10. du

    Quand on voit ce qu’on voit … Le plus époustouflant , c’est que ça dure et perdure ! On ne voit pas le fond , peut-être n’y en a-t-il pas .

  11. CPB33

    en tout cas, les morts votent toujours à Marseille…
    bvoltaire.fr/satire-a-vue-marseille-eclosion-de-centenaires-sur-les-listes-electorales/

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