En 2005, j’ai commencé à écrire des chroniques sur la lente décomposition de la France.
C’était il y a plus de vingt ans, la décomposition est devenue de plus en plus rapide et sur toutes ces années, j’ai à de nombreuses reprises écrit, de façon claire et sans ambiguïté, que ce pays était foutu. Par « Pays », j’entends bien sûr l’État providence et son système social. Et par « foutu », je veux dire que tout ceci va inévitablement finir, mal.
Je sais déjà que nombreux sont les jeunes qui, lisant ces premières lignes, feront un bond en se disant : « oh, zut, quel pessimiste ! » Mais voilà : les nouveaux citoyens d’aujourd’hui, frétillant à l’idée d’étrenner leurs 18 ans tout neufs dans la première urne à proximité, n’étaient même pas en projet lorsque j’ai commencé mes chroniques, et il y a peu de chance qu’ils m’aient suivi depuis tout ce temps et aient pu se former une opinion solide étayée par les faits que j’ai rapportés dans cette période. Leur étonnement est donc pardonnable.
Cependant et de façon plus inquiétante, je sais qu’on trouvera aussi pas mal de personnes plus âgées voire mûres qui se diront que j’exagère et que j’ai ce biais caractéristique des prêcheurs de catastrophes qui font leur beurre sur le malheur des foules. En réalité, non seulement je ne m’enrichirai pas dans le processus, mais l’observation de cette décrépitude et de son caractère inéluctable m’ont, plus souvent qu’à mon tour, valu des remarques acides.
Oui, la France est foutue, complètement corrompue par idéologies étatistes et anti-libérales qui ont de véritables boulevards sur les ondes et dans la presse : regardez, des communistes voire des fascistes (généralement anti-fascistes autoproclamés) ont régulièrement les plus belles tribunes, sans la moindre honte pour les catastrophes dont leurs idéologies mortifères sont responsables. Et sans surprise, le peuple, les médias et les gouvernants en redemandent.
Oui, la France est foutue à cause de sa caste politique lamentable, totalement étrangère à ce que subissent ceux qui l’ont élue. Cette caste jacassante ne connaît pas le peuple. Elle se gargarise de ce mot dans ses discours, mais elle ne le fréquente pas, n’a jamais eu ses problèmes (ou plus depuis si longtemps qu’elle les a totalement oubliés), vit sur un autre monde. Pire : elle est conseillée par des imbéciles et des larbins (cumul possible et fréquent) qui n’ont jamais été du peuple ou nieraient de toute leur âme en avoir jamais fait partie. N’entendant qu’un seul son de cloches (les leurs), cette caste jacassante n’a jamais remis en question ni sa façon de penser, ni sa façon d’agir.
Oui, la France est foutue, confite dans un anti-libéralisme incohérent et assumé.
Car c’est bien joli de cogner comme des sourds sur le libéralisme, sur la liberté d’entreprendre, de créer, mais comme absolument tous les leaders politiques, tous les syndicalistes, tous les artistes, tous les journalistes, tous les chroniqueurs et même une partie des grands patrons eux-mêmes honnissent le libéralisme, on se demande exactement où il est passé. Tout le monde sait que le libéralisme est la pensée dominante, à tel point que tout le monde le fustige.
Et dans le même temps, pas un candidat ne s’en réclame. Pas un journaliste. Pas un artiste. Pas un chroniqueur. Pas un syndicaliste. Zut. Pour un truc qui domine, c’est tout de même fort. Alors qu’a contrario, des gens qui se réclament du socialisme, de la sociale-démocratie, du communisme, du trotskisme, du corporatisme, là, on en trouve des pelletées aussi joyeuses que frétillantes.
Oui, la France est foutue, ayant trouvé dans le méchant libéralisme (ultra, néo ou débridé) la cause de tous ses maux.
Car c’est bien joli d’accuser les riches et les producteurs de richesses, les patrons. Mais à force, ils trouvent un peu lassant de constater que créer une entreprise leur attire surtout la jalousie, la convoitise, le mépris et une longue suite d’emmerdes supplémentaires. Bizarrement, ils finissent par se lasser et s’en aller, fermer boutique, ou laisser tomber. Un nombre croissant d’individus qui auraient pu créer leur propre emploi avant d’en créer d’autres préfère n’en rien faire : trop de risques, vraiment trop peu de gloire.
Et puis, du côté des politiciens, si on ne veut surtout pas cliver lorsqu’il s’agit de syndicalistes qui paralysent le pays, si on ne veut surtout pas stigmatiser les uns ou les autres, parce que « cliver c’est mal » voyez-vous, en revanche, lorsqu’il s’agit de montrer un bouc émissaire et que celui-ci s’appelle Patron ou Riche, alors là, c’est open bar et tournée générale.
Oui la France est foutue. Et bien sûr, la question qui taraude aussi bien les jeunes (qui tremblent à l’idée d’aller voter pour la première fois) que les vieux (qui ont déjà bien trop voté sans jamais obtenir le bonheur sur Terre), c’est : « Y a-t-il un moyen de sauver la France, malgré tout ça ? »
Ma réponse : non. Non, vous ne sauverez pas cette France là, celle de l’État Providence. Vous n’arriverez pas à sauver la sociale-démocrassie franchouille. Il est impossible de réformer ce pays.
Mais surtout, pourquoi ? Pourquoi voulez-vous sauver ça ?
Qu’y a-t-il à sauver ?
Un système d’assurance santé qui vous rembourse quelques euros pour des lunettes ou rien du tout pour des implants dentaires, à moins de vous imposer une mutuelle, démontrant l’impotence d’un système de base à bout de souffle ? Ce même système qui cherche par tous les moyens à taxer les trop gros, les trop faibles, les trop ceci ou les pas assez cela ? Qui vous prend 15% de votre superbrut et vous culpabilise pour avoir mangé gras, salé, sucré ? Qui n’est pas foutu de sauver des vieux quand il fait trop chaud en été, des jeunes quand il fait trop froid en hiver ? Qui dégringole dans tous les classements et qui n’offre pas plus d’IRM par habitant que la Turquie ? Qui, tous les ans, crée des trous par dizaines de milliards d’euros, passant ainsi sur les générations futures avec un bulldozer aux chenilles cloutées ?
Un système de retraite qui vous prend 22% de votre superbrut sans aucune garantie de pension future ? Qui distribue malgré ça des pensions misérables à des milliers de vieux travailleurs qui se retrouvent dans la misère ? Qui creuse, lui aussi, le déficit par milliards tous les ans, là aussi au détriment total des générations futures ?
Un système d’assurance chômage qui n’a jamais permis de recaser les millions de laissés pour compte ? Qui n’a jamais réussi à mettre en face les demandeurs d’emplois et les entreprises qui recrutent ? Un système qui dépense maintenant des milliards d’euros pour… échouer à ce que le privé réalise sans coût pour la collectivité ? Un système qui, lui aussi, creuse le déficit et danse la polka sur la bouillie de générations futures ?
Un magnifique enseignement normalisé, standardisé, produisant une purée intellectuelle toujours mieux moulinée et toujours plus facilement digérée par une cohorte toujours plus grosse d’illettrés béats et incultes ? Une magnifique démocratie qui permet à des tanches diplômées d’user leurs fonds de pantalons dans les administrations ou dans l’Hémicycle, aux salaires qu’on connaît, sans avoir jamais prouvé qu’ils étaient capables de créer de la richesse (que du contraire, même) ?
Vous voulez sauver ça ? Et, mieux encore, avec davantage de collectivisme ? Davantage de socialisme ? Encore plus de gentille redistribution forcée des richesses qu’on ne crée plus et qu’on punit ?
Mais ma parole, c’est de la folie !




J’ouvre le bal ?
Le libéralisme est l’antichambre du fascisme.
Ce sont des influenceurs LFI (paduteam et ribo dans la sauce) qui l’ont dit.
Oui, ils ont plein d’abonnés.
Leur argument ? Demandes à un bourgeois ce qu’il préfère sacrifier entre les libertés publiques et sa propriété privée. Il choisira toujours de conserver sa propriété privée.
Les libertés « publiques », quel curieux concept. Par opposition à libertés privées ? Je ne sais même pas ce que ça veut dire.
Liberté d’expression, d’association, de circulation, droit à un procès, droit à ne pas être puni sans motif, protection de la vie privée, droit de contester une décision de l’administration…
C’est quoi un bourgeois ?
P&C en donne déjà la définition selon LFI, qui est ma foi la même que celle des communistes et gauchistes
Un homme de biens. Au sens où il possède des biens.
A la base, c’est un roturier exerçant une activité de marchand, entrepreneur, banquier, ou profession libérale, et qui possède du capital mobilier.
Il s’oppose à la noblesse guerrière, qui tire sa richesse du capital immobilier.
Tu as une lutte des classes violente au moyen âge entre noblesse et bourgeoisie. Sous Charles 5, les bourgeois de paris dirigés par le prévôt des marchands Étienne Marcel tenteront même une pseudo révolution.
Ca devient compliqué si l’entrepreneur exerçant une activité de marchand est un épicier marocain.
Selon le code LFI, est il un salaud de bourgeois libéral ou reste t il un pauvre maghrébin victime du colonialisme ?
« En réalité, non seulement je ne m’enrichirai pas dans le processus »
Et comment on va pouvoir saisir vos avoirs ?
Parce que l’expulsion du territoire, c’est jouable, mais faut être un minimum solvable pour que l’expulsion rapporte.
Constat hélas d’une grande lucidité.
Oui, excellent billet.
Pour illustrer le billet du jour:
contrepoints.org/exode-des-grandes-fortunes-le-probleme-francais/
Qui y a-t-il à sauver?
Mais nous-mêmes Monseigneur! Nos familles et amis! Nos biens!
Enervé ce matin le taulier!
Rien.
Se débrouiller pour se sauver soi même, les siens.
Trouver un peu de terreau dans les interstices les no mans lands.
Cultiver son jardin, la nostalgie.
Diminuer au maximum sa surface de prédation…faire la grève randienne.
Quoi d’autre ?
Fuir ?
Pour aller ou, rejoindre qui ?