Baisser les impôts de 110 milliards par an, c’est possible

Magie de l’internet et des petites infographies animées et colorées, on découvrait récemment dans un article du Figaro que les deux années et demi passées sous la férule de Hollande avaient permis aux impôts de gonfler d’un peu plus de 90 milliards d’euros, qui seront supportés par une base contribuable à la fois moins large et plus pauvre, ponctions obligent.

hollande poids de l'impôt

Eh oui, mine de rien, une petite hausse de la TVA par ci, une augmentation de l’impôt sur les sociétés par là, et, de petits milliards en petits milliards, on parvient à une somme rondelette d’augmentations tous azimuts, de l’ordre de 126 milliards d’euros. Cette hausse n’est même pas compensée par les petites baisses et les crédits d’impôts saupoudrés sur différents secteurs pour donner le change : lorsqu’on retire ces 36 milliards de baisses, il reste une ardoise de plus de 90 milliards. Finalement, l’austérité dont on nous rebat les oreilles se traduit essentiellement par cette averse de ponctions sans que s’amenuise le train de vie de l’État et notamment sa prodigalité à redistribuer l’argent des autres.

Devant un tel montant, on serait en droit de demander, alors que la situation française est particulièrement mauvaise, un effort de la part des institutions françaises, et notamment de Bercy, pour faire un peu mieux que ces 36 milliards.

Il y a une solution. Mieux : il est possible de rendre 110 milliards d’euros aux Français qui payent des impôts. Et là encore, même de nos jours où les billets sont photocopiés à un rythme démentiel par la BCE, 110 milliards, ce n’est pas rien.

Et pour y parvenir, l’idée, simple mais efficace, serait de supprimer, purement et simplement, toutes aides, directes et indirectes, de l’État envers les entreprises. Certes, sucrer ainsi les 6000 aides référencées aboutirait probablement à quelques neurasthénies chez les fonctionnaires chargés de les calculer, de les distribuer, de les suivre et d’en tenir scrupuleusement le compte comme on peut l’attendre des institutions républicaines gérées avec la rigueur que l’on sait. Mais 110 milliards, tout de même ! Difficile de passer à côté d’une telle aubaine !

Ainsi, c’en serait aussi fini de tout ce que l’État compte d’institutions diverses, variées et généralement « catastrogènes » qui investissent les petits sous des contribuables dans des opérations financières douteuses que l’État adoube. Fini, la BPI dont les bilans sont, pour le dire pudiquement, ouverts à débat. Fini l’État stratège qui a montré, comme dernièrement avec Areva et sa perte record de 4,8 milliards d’euros, qu’il fourre aussi souvent les doigts dans son œil que dans les pots de confitures des contribuables.

Pour les contribuables, à la joie de retrouver ces 110 milliards d’euros ponctionnés s’ajouterait le bonheur de voir enfin l’État se désengager complètement des entreprises dans lesquelles il n’a normalement plus rien à faire, comme GDF, EDF, France Telecom qui ont fait régulièrement l’objet d’entrefilets dans la presse pour des subventions diverses et cossues.

crony capitalism

Bien sûr, avec cette disparition complète des subventions d’État aux entreprises disparaîtraient aussi toutes les niches fiscales afférentes, à commencer par le crédits d’impôt recherche dont le fonctionnement, pour le moins complexe pour ne pas dire opaque, aura entraîné un nombre assez conséquent de gabegies et d’utilisations douteuses, sans même évoquer, à l’autre bout du spectre, les innombrables contrôles fiscaux qui tabassent ceux qui osent bénéficier de ce fameux crédit.

Et puis, comment ne pas se réjouir de la disparition de toutes les aides aux entreprises de presse et de média, depuis les journaux jusqu’aux télévisions ? Bien sûr, pour certains, cette nouvelle indépendance financière se traduirait à l’évidence par une faillite retentissante, mais peu nombreux seraient les Français à regretter perdre certains éléments les plus subventionnés de leur « patrimoine journalistique » …

corporations in bed with governmentDu reste, ce qui est vrai au niveau des médias l’est bien sûr au niveau de toutes les entreprises en général, dont un nombre un peu trop grand a appris à ne plus se passer de ces aides, subventions et autres niches, et la fermeture de ce généreux robinet serait pour elles comme la signature d’un arrêt de mort inéluctable. Peut-on vraiment regretter que les entreprises les plus faibles disparaissent ? En regard de ce que cette suppression promettrait, je n’en suis pas sûr. En effet, si une entreprise va bien, pourquoi la subventionner ? Et si elle va mal, pourquoi mobiliser l’argent des contribuables dans un tel projet ? Ne peut-on plutôt trouver des actionnaires, des investisseurs dont c’est, justement, le métier, pour reprendre, aider et porter ces entreprises en difficultés, en dehors du giron public où tant de milliards furent dépensés en pure perte, tant de fois ? En plus, si la France a bien besoin d’entreprises actuellement pour absorber un chômage galopant, elle a surtout besoin d’entreprises fortes et indépendantes d’un État devenu omniprésent, cacochyme et fiscalement obèse.

D’ailleurs, une suppression des aides d’État aux entreprises, cela veut aussi dire une fiscalité nettement plus lisible et prévisible et, par voie de conséquence, une plus grande difficulté pour certains, politiciens en tête, à camoufler leurs intérêts lorsqu’ils passent des lois. En effet, comment oublier que derrière beaucoup de subventions se cachent en réalité des aides déguisées aux entreprises dans lesquelles ces politiciens ont, hasard et coïncidences heureuses, lourdement investi ?

Enfin, sur le plan médiatique, ces suppressions auraient le mérite évident de rasséréner l’électorat normalement acquis à la cause hollandiste et à tous les suiveurs mélancho-filochistes qui hurlent depuis bien trop longtemps au scandale que peuvent représenter de telles sommes ponctionnés sur les Français pour leurs entreprises. Voilà qui devrait faire réfléchir un président dont les sondages post-charlesques ne sont redevenus banalement médiocres.

Et ça, couper l’herbe sous le pied des gauchistes qui réclament la disparition de ces aides depuis si longtemps, après tout, ça n’a pas de prix.
—-
Ce billet a servi de chronique pour les Enquêtes du Contribuable

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Commentaires42

  1. Semaphore

    C’est peu de dire que les sondages présidentiels sont médiocres… Il bat tous les records à la baisse, y compris ceux de Sarko….

    1. Le Gnôme

      Il n’y a que les sondages qui baissent, les ponctions continuent leur petit bonhomme de chemin, comme le stationnement gênant qui passe de 35 à 135 euros.

      Ce vendredi fut une journée faste pour les interdictions, les oreillettes, fumer avec des moins de 18 ans en voiture (ceux de 16 auront ils le droit ?), les mannequins trop maigres, le soda dans les fast-food, ça tombe pire qu’à Gravelotte.

        1. Kekoresin

          C’est une nouvelle taxe tous les jours y compris le dimanche, le jour du sAigneur! Mais bon tout va bien, c’est pas de l’impôt, OUF!

      1. Kekoresin

        Elles sont nombreuses les petites manettes qui permettent à nos petits Kroutchev de salon de piloter d’une main moite mais ferme cette petite dictature exagonale. Pour occuper les esprits étroits du troupeau bêlant, on fait mine d’égratigner les petits croutons de soit disant avantages corporatistes pour mieux passer les nombreuses lois liberticides et infantilisantes. Ainsi, les béliers les plus fougeux foncent à cornes et à couilles rabatues sur les chimères Holandesques, pendant que les petites mains Elyséennes s’affairent fébrilement à nous pourir l’existence!

        1. Dominique

          Ah..la casse-Croûte chef!
          « A couilles rabattues »..Jack Nicholson dans vol au-dessus d’un nid de coucou ?
          Les notes d’humour de vos comms sont toujours un plaisir a lire Kekoresin 😀

  2. hop hup

    Et ça, couper l’herbe sous le pied des gauchistes qui réclament la disparition de ces aides depuis si longtemps, après tout, ça n’a pas de prix.

    vous etes sur ? parce-que c’est les mêmes gauchistes qui réclames a corps et a cris des subventions étatiques pour eux

      1. gameover

        Oui supprimer les aides aux entreprises c’est nécessaire mais ce serait se tirer une balle dans le… pied si en vis-a-vis on conserve la sécurité sociale QLMENE… et le salaire minimum et le droit du travail et les 35 heures et…

        Parce que dans ces 110Mds il y a plus de 30Mds d’éxonération des charges sociales sur les bas salaires (jusqu’à 1.6 smic) qui permettent d’abaisser le coût du travail non qualifié… et de maintenir à flot et directement plus de 800,000 emplois (rapport du CPO) et certainement autant indirectement…

        Ce truc est juste un chateau de cartes et la carte des 110 milliards est à la base… vous l’enlevez, tout se casse la gueule en vrac.

        Alors qu’il vaudrait bien déconstruire le chateau de cartes par le haut…

        1. Disons que le problème de la Sécu reste entier, mais
          a/ la non ponction correspondante à 110 milliards, même si il y a 40 Mds d’exonérations, ça fait 70 milliards de plus dans l’économie. Ca doit avoir un petit effet, tout de même (notamment sur l’emploi)
          b/ les gens qui se retrouveraient alors exclus parce que non exonérés seraient d’excellents leviers pour, justement, faire sauter le SMIC et le carcan de la protection sociale à la française QLMENE.

    1. Deres

      Il est certain que si ils supprimaient ces 110 milliards de subventions, cela ne voudrait pas dire autant d’économie dans le budget de l’Etat … Déjà, toutes les administrations resteraient en place pour 10 ou 20 ans, car les seuls départs se font pour la retraite ou sur la base du volontariat. Ensuite, il est certain qu’une telle bouffée d’air frais permettrait de prendre tout plein de mesures clientélistes réclamés à grand cri par les frondeurs de tout bord. Donc, vu l’état d’esprit du pays, une telle suppression mènerait surtout à augmenter de fait l’emprise de l’Etat sur le pays via un clientélisme acharnée et une augmentation de fait eds impôts des entreprises de 110 milliards …

  3. Brian

    Non, mais vous n’y pensez même pas ! Comment L’Humanité ferait-elle pour survivre sans les gracieuses subventions de l’Etat ?!?

      1. Pheldge

        Rassure-toi, on annonce le retour au premier plan de Robert Hue, le sénateur et communiste et de gôche 😉 ancien judoka, Mélenchon n’a qu’à bien se tenir 🙂

  4. Theo31

    À Toulouse, la mairie à été déclarée en faillite cette après cinq années de socialisme authentique. Les impôts vont donc augmenter comme jamais parce que l austérité c est mal pour gagner les élections régionales. Pour autant, le maire socialiste honteux veut aider la télé locale que personne ne regarde créée par Baudis elle aussi en faillite avec deux millions dette pour 30 salariés.

  5. Bonsaï

    Ceux qui ont pu voir l’interview de la pseudo-écologiste Barbara Pompili hier soir dans ONPC auront vu le mécanisme du système socialiste dans ses oeuvres.
    A la question « quelle est votre profession de base ? », elle répond, un rien surprise qu’on puisse le lui demander : « attachée parlementaire ».
    L’interviewer insiste donc lourdement « mais avez-vous un métier de base, une formation ? ».
    Réponse : « Oui, attachée parlementaire ».
    Et voilà la clé de ce système dévoilée en plein jour de même que son appétit insatiable pour l’impôt. Il faut bien entretenir tous ces inutiles qui font profession de pondre des lois.

        1. Aristarkke

          Attachée parlementaire sous entend l’ attachement à un honorable représentant du Peuple. Nous en sommes donc bénéficiaires au travers de sa personne mais comme il prend tout…

  6. Kekoresin

    Et oui, ces clowns malfaisants votent des loi contre l’anorexie (pourquoi pas contre le cancer…) ou l’obésité, tout en condamnant les petites entreprises à la famine et les administrations à la boulimie insatiable.

    Décidément, c’est le free-refill et buffet à volonté dans la poche des con-tribuables. La punition: 2 ans ferme jusqu’en 2017 + 5 ans de sursis minimum!!!

  7. Before

    « sans même évoquer, à l’autre bout du spectre, les innombrables contrôles fiscaux qui tabassent ceux qui osent bénéficier de ce fameux crédit.  » : je confirme !! (100 000 € de remboursement pour mon entreprise !)

    1. Kekoresin

      T’as pas compris, ce genre de sucrerie est destinée à Vinci (vidi vici) Bouygues ou La Poste. Les PME ont plutôt intérêt à faire profil bas et à ne pas recevoir quoique ce soit de la main de cet état Stalinien qui redistribue moins qu’elle corrige sévèrement ses ouailles. Très vite on s’aperçoit que la punition peut être sévère, d’autant que les petits kapos de la république méprisent avec un zèle enjoué, toute véléité de rémunération du cacapital odorant qui pourtant constitue le fumier sur lequel pousse leur salaire de fixes-pendules!

      1. Pheldge

        Ah, Vinci ! pour reprendre une chanson célèbre : « dans le panier de crabes il ne jouepas les homards … » Eh oui, ils sont connus, les homards de Vinci 😉 🙂

          1. Pheldge

            Yo man ! 🙂 le Mickey c’est un rapeur , awouais , il est Géant ( pas Guéant …)
            Chez ouame dans le 97-4 , on la pèle le « Mickey Maousse » 🙂 🙂

  8. Dr Slump

    Dans un état intelligent, l’idée est simple et intelligente. Mais en république bananière française, se priver d’un levier de contrôle, ça me paraît un voeu pieux. Tant que les entreprises ne font pas grève, tant qu’elles collaborent, l’état n’a pas besoin de changer quoi que ce soit.

  9. Higgins

    J’ai cru être en face d’une publicité pour une banque où un « amuseur » (première mouture avec Gad Elmaleh) est censé nous faire rire avec un « rêve ». Dans ce rêve, la banque répond instantanément aux désidératas du client. Bon, la pub est nulle mais le contexte est identique sauf que là, c’est l’État qui est nul.

  10. Liesse oui Clown

    Tout ça est fort bien dit
    Nous avons cependant quelques contre exemples. Je pense notamment à General Motors, voire Airbus.
    Bien sur qu’il faut foutre la paix à de jeunes entreprises et à minima les laisser se développer, je pense à Free. Mieux encore, favoriser (Et protéger) la recherche. Mais si la « Puissance » public trouve à s’employer ça n’est pas en soi un mal. Par ailleurs s’agissant des domaines « catastrophogène » (beau néologisme! Si, si) on peut souhaiter que des considération économiques et de rendement soient secondaires, je pense à l’Union Carbide mais plus près de nous on peut prendre Tepco. A contrario, la gestion par l’état de la centrale « Lenine » à Tchernobyl est en quelque sorte et pour différentes raisons, responsable de l’accident (De façon « amusante » pour des raisons « performantielles » que l’on trouve plutôt dans le « privé »)

  11. Aristarkke

    H16, une telle baisse de 70Mds reste néanmoins un voeu pieux quoi qu’ il soit de sa faisabilité. Derrière cette masse de dépenses se cachent des cohortes de bidules ponctionnaires qui font semblant d’ occuper du monde à brasser de l’ air en mode nuisible. Ces bidules soutenant volontiers les grands ordonnateurs Soces dans le renouvellement de leurs prébendes, il n’y a aucun espoir que cela cesse : confer le barouf récent au sujet des cadeaux qui vont être faits aux entreprises qui investiront « rapidement » ?… Je ne savais pas qu’ en dehors du crony capitalisme, une entreprise puisse investir pour faire plaisir à l’ Etat. On en met de nouveaux sur orbite plutôt qu’ en faire atterrir sur le tarmac…

  12. yoananda

    Sur le principe je serais totalement d’accord, si les 110 miyards avaient une chance de revenir vers les entreprises en question … hors, ils n’en ont aucune : ils partirons en Allemagne, en Chine ou ailleurs.
    Ce serait une catastrophe pour l’économie Française et il ne faudrait pas bien longtemps avec que le chômage ou les salaires ne s’alignent avec le pouvoir d’achat réel, et on rentrerait dans une spirale déflationniste absolument catastrophique.
    Bien sûr, je parle de le faire d’un coup dans le cadre de l’euro.
    Dans un autre contexte, ça reste une très bonne idée pour purger « de force » la France sous compétitive.
    Mais avec une immigration bac -12 pléthorique, il ne faut s’illusionner sur la capacité de rebond du pays non plus.
    Nous avons choisi il y a bien longtemps la voie du déclassement, la voie de la tiers-mondisation, et chaque gouvernement successif s’y applique de manière méthodique et persévérante.

  13. bibi

    Je pense que n’importe quel social-démocrate candidat en France peut avoir un plan réaliste de baisse de la dépense publique de 9% par an pendant 5 ans (ce qui nous amènerait à 36% de dépense publique donc largement de quoi faire du bon gros clientélisme) tout en conservant la sacro-sainte SS, en instaurant un régime inique égalitaire pour tous (salarié du privé, fonctionnaire, indépendant).
    Ce qui à la louche devrait se traduire grosso-modo par une baisse en volume sur 5 ans, en tablant sur une croissance à 3% par an, de seulement 350G ce qui fait qu’un tiers des efforts se feraient sur la seule première année et donc permettre ce que vise n’importe quel politichien à savoir sa réélection.

    Le problème c’est qu’on a même pas un social démocrate en Grance, on a que des socialistes, sauf d’après nos médias pour qui nous n’avons que des libéraux vendus au marché à la mondialisation et au pacte de stabilité entre la gauche le centre et la droite.

  14. Aristarkke

    Un petit site découvert par hasard qui peut s’avérer instructif.

    Par hasard, si vous avez envoyé un courrier à votre connaissance à Vic-Fezensac en début de semaine, ne soyez pas étonné(e) qu’elle ne l’ait pas encore reçu…

    http://www.cestlagreve.fr/

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