Bitcoin : une règlementation (heureusement) impossible

La guerre contre le cash est déclarée depuis un moment : entre les appels à la suppression pure et simple des pièces et des billets, et les récentes déclarations d’officiels de la Banque Centrale Européenne envisageant sérieusement la suppression du billet de 500€ au motif que seuls les méchants et les vilains les utilisent, les autorités ont bel et bien décidé de se débarrasser d’une énième relique barbare.

Cela n’a rien d’étonnant. Derrière les arguments plus ou moins vasouillards de fraude fiscale, d’utilisation par les terroristes, par ceux qui vendent de l’alcool des médicaments de la drogue et des armes, on trouve toujours le même souci des thuriféraires de l’Etat : il faut, absolument, contrôler toutes les transactions commerciales. Ceci permet de contrôler directement ce que font les citoyens et les contribuables, pour vérifier qu’ils se soumettent bien à la tonte que les institutions organisent pour eux. Et cela permet aussi de museler très efficacement toute opposition, toute contestation : ceux qui possèdent quelques richesses, quelque épargne sont toujours plus dociles lorsqu’ils peuvent tout perdre sur décision arbitraire du pouvoir en place. Et piocher dans un compte, lorsqu’il est numérique, est singulièrement plus simple que pour un compte physique, qu’il soit en banque ou, encore plus problématique, sous forme de coupures dans un coffre dans un lieu tenu secret.

C’est dans ce contexte de traque des transactions financières de tout un chacun et de guerre larvée permanente contre l’argent liquide que s’inscrit une directive européenne que la Commission entend présenter au second semestre 2016 et qui tentera de réguler tous les moyens que les vilains & les méchants de par le monde osent utiliser pour faire des vilénies et des méchancetés. Et au delà des cartes de paiement prépayées, on retrouve bien sûr les plateformes d’échange de monnaies numériques. Autrement dit, l’idée est bien de forcer Bitcoin à rentrer dans le rang des monnaies sur lesquelles les États ont le dernier mot.

bitcoin coins and bars

Comme d’habitude et pour ne pas changer, c’est avant tout le bon gros argument du terrorisme qui est employé pour y aller du petit couplet régulateur : comme les terroristes utilisent du cash, des bitcoins et des cartes prépayées, alors il faut trouver un moyen de les en empêcher. Notez le parfait sophisme employé ici et qui pourrait aussi se construire ainsi : comme les terroristes mangent ou louent des voitures, il faut trouver un moyen de  les en empêcher. Bien sûr, ce dernier sophisme est trop gros pour passer dans l’opinion, mais le second, martelé avec assez de conviction, finira par emporter les suffrages d’une bonne partie des citoyens, s’ils sont suffisamment « conscientisés » à la nécessité de a/ lutter contre le terrorisme, b/ lutter contre le blanchiment et la fraude fiscale, c/ lutter contre les riches trop riches et les pauvres trop pauvres, d/ lutter contre ceux qui ont plus qu’eux.

Ici, peu importe qu’aucune preuve n’existe que Bitcoin, dont chaque transaction est de surcroît publique, ait un jour servi pour ces terroristes. Peu importe que des milliers d’utilisateurs honnêtes de cette technologie existent, de même pour les cartes prépayées qui dépannent tous les jours des milliers de personnes. Non, peu importe tout ça : l’idée générale de la proposition de directive est de placer les échanges de monnaies virtuelles sous le contrôle des autorités compétentes, comme pour les autres transactions bancaires. Et de façon moins cryptique, cela revient à réclamer une sorte de « TRACFIN » sur les opérations en Bitcoin signalant aux autorités tous les échanges qui correspondent à certaines caractéristiques choisies arbitrairement par les autorités en question.

gifa panda oh no facepalmC’est parfaitement grotesque, et, encore une fois, montre le décalage et la méconnaissance par les institutions des mécanismes technologiques qui sont en jeu : d’une part, le réseau étant totalement décentralisé, les plateformes d’échange entre monnaies numériques et monnaies étatiques, actuellement visées, seront simplement gênées par ces régulations. Une concurrence s’établira naturellement entre celles qui devront les suivre et celles qui pourront s’en affranchir. Rapidement, les consommateurs passeront par les plateformes les moins chères et les plus rapides, et donc les moins vérolées, le coût du changement de plateforme avoisinant zéro. D’autre part, toutes les transactions exclusivement en Bitcoin continueront à échapper à tout contrôle. À la limite, ce genre de gesticulations pourrait même hâter la prise de conscience des citoyens qu’ils sont de plus en plus fliqués…

En tout cas, le monde financier, en contraste frappant à ces contorsions législatives, a bien compris l’ampleur des enjeux. Des startups se créent, des institutions bancaires vénérables se penchent sur la question, des milliers d’individus investissent leur temps, leur argent (et pas qu’un peu : pour Blockstream, on parle de 76 millions de dollars) et leur savoir dans cette technologie pour, justement, s’affranchir à la fois des intermédiaires et surtout de la tutelle étouffante des États.

Les banquiers centraux sont certes puissamment armés : à n’importe quel moment, une banque centrale peut décider d’intervenir sur les marchés (en changeant les taux, en achetant ou vendant n’importe quoi, n’importe comment), de faire fermer les banques commerciales pour empêcher les fuites de capitaux, d’interdire l’un ou l’autre type de transaction dans une monnaie, voire supprimer unilatéralement une monnaie ou une partie de celle-ci (l’exemple des billets de 500€ est ici d’actualité), rendant instantanément pénible la vie de ceux qui comptaient se passer de ses services.  Et si ces moyens semblent extrêmes, si la naïveté pousse encore certains à s’écrier « Mais enfin, voyons, vous savez bien qu’une banque centrale n’a pas le droit de faire ça ! », rappelez-vous que, derrière ces institutions faussement privées se trouvent toujours des États, que force reste toujours à la loi, et que la loi, c’est toujours l’État, le plus fort, qui la définit en dernier ressort.

Mais ces armes sont à double tranchant : moyens de dissuasion tant qu’elles restent dans les cartons, elles fournissent une incroyable motivation à adopter rapidement d’autres concepts, d’autres idées et à utiliser d’autres moyens quand on sent qu’on risque d’y perdre sa chemise. Autrement dit : oui, bien sûr, les banques centrales peuvent instantanément décider d’interdire purement et simplement les billets de 500€, la possession d’or ou toutes transactions en Bitcoin (ou mieux encore, les transactions impliquant or et bitcoin ensemble). Mais tout aussi instantanément, elles envoient un signal clair que l’or va devenir rare (donc cher) ou que le Bitcoin constitue une vraie menace pour elle et en est donc d’autant plus attractif : après tout, une banque centrale ne risque pas de se protéger d’une technologie qui ne fonctionne pas et ne présente aucune menace, non ?

Pour ceux qui en doutent encore, il faut le redire clairement : c’est précisément parce que les autorités font tout pour mettre main basse sur toutes les transactions financières des uns et des autres, soit pour espionner, soit pour prélever l’une ou l’autre taxe plus ou moins inique, que le principe décentralisé de Bitcoin s’impose de plus en plus comme une évidence.

Cette évidence pousse alors directement ces autorités à tenter de réguler ces transactions, et c’est précisément parce que ces autorités tentent de réguler Bitcoin qu’elles en valident, implicitement, le modèle.

En fait, tout montre que le système centralisé a vécu et il est en train de mourir, assez rapidement, sous vos yeux. La désintermédiation est en route, et le bénéfice apporté au consommateur final est tel qu’elle ne pourra pas être arrêtée.

Maintenant, en toute lucidité, il faut comprendre que dans certains pays, souples, jeunes et adaptables, cela produira quand même des remous sociétaux. Et bien sûr, pour des pays sclérosés comme la France, cela ne pourra pas se passer sans casse.

gifa stock epic fail

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Commentaires73

  1. Calvin

    J’ai vu des allemands régler un péage en Italie avec un billet de 500€. Ce n’est pas un moyen illégal, c’est une réserve d’argent de petite taille.
    Si les élus veulent supprimer les grosses coupures, ce n’est pas parce que la corruption n’existe plus mais parce qu’ils ont trouvé un autre moyen que les valises.

    1. Aristarkke

      Dans les années 60, la Grance utilisait le billet de 500F qui avait un énorme pouvoir d’ achat, AMHA , supérieur à celui de l’ actuel billet de 500€. Or le banditisme et la corruption existaient déjà voire le terrorisme éventuellement. Personne ne parlait alors de le supprimer pour lutter contre cela (peut-être que les corrompus politiques l’ utilisaient déjà bien trop pour y penser???)…

  2. Nomi

    S’il y a du Bitcoin adossé à de l’or physique, je veux savoir qui-que-quoi, je veux savoir où signe!

    Quant à l’abolition des espèces, je considère maintenant cela comme acquis: cela sera fait, préparons-nous dès maintenant. Salopards!

  3. seldoon182

    Bitcoin est le meilleur investissement de toute l’histoire de l’humanité avec une croissance de 449% en 7 ans !

    Bitcoin est vulnérable à l’attaque des 51%. C’est à dire q’un groupe de nœud du réseau qui aurait des mauvaises intentions pourraient modifier les données financières contenu dans la base de donnée ouverte si ils détenaient 50% voir plus de la puissance totale du réseau. Avec un hashrate de 1,2 exahash/s, cela coutera 5 milliards de dollars à un Etat pour le faire et l’attaque ne fonctionnerait que pendant 10 minutes.

    Même avec Ethereum qui culmine à seulement 500 gigahash/s une telle attaque (qui coûterait moins chère à un Etat) est inutile : un simple patch et redémarrage des nœuds du réseau suffirait.

    Aujourd’hui j’ai plus confiance dans la gouvernance d’un consensus décentralisé arbitrer par des algorithmes cryptographiques que par une clique de vieux corrompu jusqu’au trou du cul ! Juncker et cie..

    Les Etats sont dans la même situation que les églises d’il y a 1000 ans!

  4. Gerldam

    Les « chefs » ont beau répéter tous les jours que les terroristes sont les seuls (avec les dealers de drogue) à utiliser les coupures de 500€, il n’en demure pas moins que c’est archi-faux. Les dealers utilisent toutes les coupures avec lesquelles les clients paient leur dose de poison: cela va du 20€ au 100€, en général jamais plus. Quand aux terroristes, ils ne sont pas assez cons pour se faire remarquer, non seulemnt avec une grosse barbe mais en plus avec une grosse coupure. Les terroristes ne dépassent jamais le billet de 50€.
    Finalement, qui utilise les billets de 500€? D’abord les allemands, qui adorent le cash et ce, depuis longtemps. Ensuite les luxembourgeois, qui aiment bien frimer avec des grosses voitures et des grosses coupures. Et piuis tous ceux qui veulent transférer des sommes un peu conséquentes d’un compte à un autre, sans laisser la trace d’un virement.
    Avant (mais c’était avant) aussi ceux qui voulaient mettre de l’argent de côté en Suisse ou au Luxembourg, mais depuis que a) les comptes de ces messieurs ont été fermés d’office b) la transaction est immédiatement signalée au fisc où réside le déposant, cela ne se fait plus du tout.
    Bref, l’histoire de la coupure de 500€ est du pipeau à 100%.

    1. Aristarkke

      Je n’avais pas remarqué que les gros bétails dormant sur les parkings des cités émotives étaient immatriculés dans le Grand Duché… AMHA, les Luxembourgeois ont de la concurrence dans les amateurs…

  5. Pat

    Pour mes deux derniers transferts d’argent de France en Angleterre (où je travaille, mais je suis payé en France), j’ai eu droit à un coup de téléphone de mon directeur d’agence bancaire me demandant de justifier ces transferts.
    Non, non, nous ne sommes pas fliqués !

      1. Aristarkke

        C’est quoi cette interrogation??? Qui les imprime donc ces billets pour ainsi émouvoir de si sensibles (belles) âmes??? Des faux-monnayeurs hors de contrôle???

  6. Aristarkke

    Patron, dans vos commandements en quatre points du bon citoyen à la mode de Caen, vous oubliâtes un cinquième:

    e/ de ne pas lutter contre tes bourreaux et kapos.

    Comme toujours, ce qui va sans dire, va mieux en le disant…

  7. kekoresin

    Les terroristes, les dealers et autres marchands d’armes non enregistrés par la sainte préfecture ne se servent pas de coupures de 500, trop ostentatoires pour une activité qui se doit de rester discrète. Le Bitcoin laisse des traces numériques trop surveillées et l’unité de valeur est là encore trop grande et donc peu souple.

    Nan! Les états surjouent la menace pour effrayer les ruminants. Les petits escamoteurs du dimanche qui ont quelques réserves bien planquées devront sortir du bois et deviendront des proies faciles pour les autorités trop contentes de s’offrir de menus tableaux de chasse à moindre frais, paradant devant l’électeur jaloux et avide de vindicte populaire. Une fois cette petite encoche réalisée, la voie sera grande ouverte pour les autres billets avec les mêmes arguments recyclés. Le flicage se fera avec un maillage de plus en plus serré, et les bouseux approuvant ce carcan sécuritaire en hochant ce qui leur sert de contrôle moteur devant le 13h00, se réveilleront avec une belle gueule de bois.

    La stratégie de contrôle de l’épargne pour appuyer la dette finira par un contrôle total des guichets bancaires physiques ou virtuels, avec distribution d’argent de poche et tickets de rationnement. L’argent « sale » quant à lui perdurera pour les vrais malfrats et les politiques, habitués à naviguer sous les radars. Caviar pour les salauds, jambon beurre pour les blaireaux!

  8. Matthias Ruot

    L’interdiction du Cash me paraît une offensive radicale contre les pauvres. Le Cash peut servir au travail au noir, et est une monnaie d’échange facile pour un petit service. Lorsque que l’on fait partie des classes moyennes, on paie avec une CB. Cela ne change pas grand chose. Lorsque que l’on est pauvre et que l’on essaie de s’en sortir, on ne passe pas par les banques pour l’essentiel de ses transactions. Cela a commencé par la lutte contre la fraude confondue avec l’évasion fiscale, la lutte contre le secret bancaire, et désormais la lutte contre le cash pour que les pauvres n’aient plus de secret. Un gouvernement totalitaire s’il prend le pouvoir, ce sera du billard.

    1. Oui, voilà. La lutte contre le cash, c’est la guerre ouverte contre les pauvres, pour les obliger à rentrer dans le rang, à tout déclarer, et à devenir les esclaves parfaits du système bancaire étatique actuel.

    2. Nomi

      Voilà une conséquence que je n’avais pas perçu. Et tout cela prôné par de grandes âmes qui se posent en défenseurs du pauvre et de l’exclu contre l’exploitation ultra-libérale.

    3. Aristarkke

      Il est déjà totalitaire à au moins 57% du PIB mais encore bien davantage dans les aspects non financiers. Le seul détail qui empêche de le qualifier ainsi complètement est qu’il n’a pas encore ouvert ou réouvert des camps (qualification au choix selon tendance), disons de rééducation.
      Par le biais d’un contrôle total possible des finances des citoyens, il rendra très difficile la vie des rebelles qui lui résisteront.
      La prochaine étape significative sera l’ obligation de recourir à la carte de paiement électronique associée à une technique de reconnaissance du porteur, façon contrôle de l’ empreinte digitale ou de l’ iris. Ceci dès le premier centime d’euro à payer. Un élément de preuve de ce que j’avance est que les paiements par CB où le commerçant posait une obligation d’achat minimal de 100F/15 € en raison du mode de calcul de la comm’ bancaire pas intégralement proportionnelle disparaissent à la vitesse grand V, le paiement à partir du minimum d’un euro, devenant la norme générale.
      A moins de faire partie d’un réseau structuré, il sera très difficile aux rebelles de se fondre longtemps dans le décor en raison puisqu’ils devront compter sur leurs proches qui pourront être surveillés, bien évidemment…

  9. theo31

    Les débiles de l’EU prennent les terroristes et accessoirement le reste de la population pour des quiches. il y a toujours une alternative à la chiasse étatique qui s’appelle le marché.

  10. Higgins

    L’argument de la lutte contre le terrorisme est assez pitoyable. C’est en son nom qu’on emm…. des braves gens lorsqu’ils ont l’outrecuidance d’ouvrir une assurance-vie. À côté, les pires trafics continuent sans que ça émeuve un seul instant les autorites (ex: les recours à des travailleurs non-déclarés sur des grands chantiers publics).
    Pour côtoyer de près le monde de l’assurance et des mutuelles, je constate qu’on assiste actuellement à une mise en coupe réglée des organismes indépendants (ca concerne directement les petites et moyennes mutuelles) par les grosses institutions financières via les bras armés mis en place par les états et Bruxelles (structures soi-disantes de contrôle et de régulation très liées à ces institutions, les grosses banques étant furieusement exemptes, cf les billets de JP Chevallier), privant de ce fait les adhérents (propriétaires dans le cas des mutuelles) de leur droit de regard et de contrôle sur la bonne marche de l’organisation concernée (et in fine de leur argent au besoin). C’est assez impressionnant à observer car terriblement efficace. Quand la Finance s’allie avec le Léviathan, ça dépote sec.

  11. Aloux

    C’est exactement ce que j’ai expliqué à un collègue qui me demandait quel était l’intérêt de Bitcoin par rapport à l’€ : si c’est pour payer ta mousse aujourd’hui, aucun intérêt, continue avec l’euro ; quand ta banque commencera à taxer tes dépôts, que l’inflation atteindra deux chiffres et que l’Etat essaiera de se servir directement sur ton compte, tu comprendras que c’est l’une des inventions les plus géniales de ces dernières années.

  12. MCA

    Il y a une autre invention qui pourrait jeter un pavé dans la mare, il s’agit de la Veracarte.

    Une carte style carte bleue mais dont l’intégralité des fonds en regard est stockée sous forme d’or, le tout stocké hors du circuit bancaire (Brinks Canada je crois me souvenir).

    Si je charge mon compte avec des Euros, la quantité d’Or équivalente est achetée et créditée sur mon compte.

    Si j’achète ma baguette de pain avec cette carte en euros, x (milli ou micro)grammes d’or sont vendus et la contrepartie en Euros sert à payer ma baguette.

    L’inconvénient étant que la contrepartie Euros détenue sur mon compte varie suivant la parité Or/Euro.

    L’histoire ne dit pas ce qu’il arrive si les gestionnaires se sauvent avec les lingots un beau matin, et si l’or est stocké sous forme d’Or papier ou d’Or physique.

    Cela dit, merci à H16 d’avoir traité le sujet de la disparition du cash que j’évoquais plusieurs billets en arrière.

    Si l’état ne peut rien contre l’apparition du Bitcoin, Veracarte et autres astuces de contournement; ayant le monopole de la violence tous azimuts, il a toujours la possibilité de criminaliser l’utilisation de tels moyens de paiement et d’agir en conséquence, car JAMAIS il n’acceptera de se laisser déposséder de ses rentes.

    Et quand je parle d’état, je parle des politiques et des structures qui gouvernent.

    Deux cas possibles:

    1 – Il arrive à dompter le circuit et continue de se servir comme actuellement
    2 – le circuit lui échappe (et ses recettes par la même occasion) et il réagit immédiatement en le criminalisant avec toutes les sanctions associées dont il a le secret.

    Non, je ne vois pas de solution pour échapper aux « ponctionnaires » : on reste pour se faire racketter sur place ou on part pour se faire racketter ailleurs.

    1. « il a toujours la possibilité de criminaliser l’utilisation de tels moyens de paiement »
      Certes oui, mais le souci étant qu’en faisant ainsi, il indique immédiatement que ces moyens sont efficaces (on ne criminalise pas un truc qui ne gêne pas). Et sur le plan pratique, il ne peut même pas garantir que ce faisant, il en diminue effectivement l’usage. Mieux : BTC, par construction, peut même assurer que l’État ne peut pas en interdire l’usage. Magique.

      1. robert

        Je n’ai pas trouvé d’info sur la méthode d’accès au données stockés sous forme de blockchain.

        Le volume des transactions est appelé à croitre naturellement, et j’ai peur que cela devienne un problème important qui freinera l’adoption du bitcoin et de ses variantes.

        La question, en posant que tous les autres aspects sont effectivement réglés de façon satisfaisantes, est : Comment faire d’un point de vue pratique pour accéder à une info spécifique dans la blockchain sans avoir un délai rapidement insupportable ?

        Cela revient à dire que cette technique uni l’avantage du décentralisé et du centralisé en même temps, mais n’évite pas, malheureusement, les inconvénients ce cette union : le délai d’accès aux données lié au volume centralisé et à la capacité de calcul décentralisé quI ne sont pas en adéquation.

          1. robert

            Le billet auquel vous faites référence note l’existence du problème et considère qu’on finira bien pas trouver une solution, ce qui laisse le problème entier à ce jour.
            En ce qui concerne le délai pour retrouver un bloc validé, si je me souviens bien de mes études, si les blocs ont une relation d’ordre vous êtes en log(n) avec n le nombre de blocs, mais le vrai problème est que pour l’insertion vous êtes en n*log(n) ce qui revient à dire que vous êtes dépendant du nombre de blocs, et comme l’augmentation en volume est sans rapport avec la puissance de machine de stockage et que vous devez, en plus, refaire cette indexation après chaque transaction, vous avez mécaniquement un problème important qui vous attend.
            Bien sur, ce problème est invisible sur une petite volumétrie, ce qui n’est pas l’ambition de bitcoin et les autres.

            1. « on finira bien pas trouver une solution »
              Non, pas tout à fait.
              On trouvera une solution parce qu’elle existe déjà sur le plan technique (augmentation de la taille des blocs, utilisations de validations locales, etc…) ; l’utilisation d’une de ces solutions ou d’autres ne pose aucun souci technique, exclusivement « politique » dans la mesure où il faut faire des choix. Or, pour cette partie, l’investissement des acteurs dans le projet est suffisant pour affirmer que cet obstacle sera surmonté.

              Pour la partie délai : autant pour la recherche c’est log(n), autant pour l’insertion, c’est une quasi-constante, indépendante du nombre de blocs avant (le temps d’insertion est lié non au nombre de blocs ou au nombre de pairs, mais à un calcul de hash, dont la difficulté est construite pour assurer un temps moyen d’insertion de l’ordre de 10 minutes). Il n’y a qu’un ajout à la fin, il n’y a pas d’ajouts au milieu.

              1. robert

                « mais à un calcul de hash, »

                Il y a toujours un problème de gestion des débordements de la clef de hashage, sauf si vous êtes constant et pas quasi-constant, ce qui revient à dire que la clef est dépendante du nombre de bloc (d’ou les solutions qui consistent à augmenter la taille des blocs ou à faire du local en validation).

                Quant à l’ajout à la fin, depuis les gestions hiérarchiques en dur d’IBM (ma jeunesse) c’est la norme et cela n’apporte rien a l’énoncé du problème.

                De mon point de vue, le problème reste entier.

                Mais avec un nom tel que le votre, je pense que vous en êtes conscient 😉

                Amicalement.

                1. Hein ? Vous vous rendez compte que ce que vous venez d’écrire n’a aucun sens dans le cas qui nous occupe ?

                  Je vous encourage ou bien à préciser grandement ce que vous racontez, ou alors à bien vous renseigner sur la technologie BTC, parce que ce qui est écrit ci-dessus ne veut rien dire. Il n’y a pas de « débordement » pour le calcul du hash (la clé n’est PAS dépendante du nombre de bloc, c’est absolument certain) et l’ajout en fin prend un temps fini indépendant du nombre de bloc, c’est absolument certain aussi.

      2. MCA

        Moi état, vous pensez me coincer car je n’ai plus de moyens de vérifier ce que vous faites avec votre argent, mauvaise nouvelle pour vous, je vais gagner en décrétant les mesures suivantes:

        Vous gagnez 3000 E par mois, je considère que vous les dépensez (même si ce n’est pas vrai entièrement) et je prélève à la source les impôts sur le revenu, puis je taxe à la source 20% du restant au titre de la TVA que j’aurai plus ou moins touchée lors de vos dépenses. Libre à vous de faire ce que vous voulez du reste. Tout aussi Magique….

        Je cherche bien évidemment à avoir raison, mais ce style de mesure en représailles à votre choix personnel d’utiliser le Bitcoin sera très efficace et l’état peut la mettre en œuvre à tout moment… une loi suffit….

        L’utilisation du Bitcoin ne touchera (au moins au début) qu’une minorité d’individus, raison de plus pour les matraquer à titre d’exemple pour les autres.

        Et ce n’est pas tout, moi état oblige votre employeur à verser ce qui vous reste de vos revenus sur un compte bancaire, libre à vous ensuite de les virer sur un compte Bitcoin. Un détail cependant, si entre temps votre banque décide d’appliquer la loi de résolution bancaire, ainsi elle le pourra et en tant pis pour vous également.

        Autre question qui se posera immanquablement, comment acheter avec des Bitcoin chez un commerçant qui ne les accepte pas? (que ce soit par choix du commerçant ou interdiction de l’état)

        Tout ça pour dire que face à un état aux abois et décidé à vous coincer, je ne vois pas de solution d’y échapper car un état par définition a tous les droits, alors que nous, hélas, n’avons bien souvent que tous les devoirs.

        D’autre part, même si pour le « fun » on aime bien se moquer d’eux, mais il ne faut pas sous-estimer Bercy et ses têtes pensantes, ils on très bien compris le danger et phosphorent certainement en ce moment même pour contrer la menace. J’ai lu que la Caisse des Dépôts associée à un groupe de banques en faisait de même.

        La seule réelle alternative qui s’offre à nous est de se soumettre ou se démettre, c’est à dire partir.

        1. Vous n’y êtes pas.
          L’intérêt du BTC ne se situe pas dans le fait de faire échapper une partie à la ponction, mais de protéger la partie déjà ponctionnée de toute confiscation. Comme l’or.

          Un autre souci de raisonnement se lit ici : « L’utilisation du Bitcoin ne touchera (au moins au début) qu’une minorité d’individus » ; le très gros souci, c’est que ces individus même peu nombreux sont répartis sur toute la planète. Obtenir des pays concernés la même envie de matraquage que la France (p. ex) est impossible (pour plein de raisons logiques, psychologiques et géopolitiques notamment).

          Dans vos remarques, remplacez BTC par or. Et vous comprendrez le souci de raisonnement. Exemple :
          « comment acheter avec de l’or chez un commerçant qui ne l’accepte pas? « 

          Aucun état n’est jamais parvenu à interdire l’or et l’or dispose de contraintes que le BTC n’a pas. Je vous laisse conclure.

          1. gameover

            J’ajouterai un autre argument.
            MCA raisonne par rapport à une relation employeur-salarié alors que tout indique que l’on se dirige vers la désalarialisation de l’économie.
            A ceux qui diraient que les contrôleurs vont veiller, je dirais qu’il va se passer exactement ce qui se passe au niveau de l’emploi à domicile ou l’emploi dans la restauration : un nombre d’heures déclarées pour pouvoir être en règle lors d’un contrôle et bénéficier de la protection sociale et le reste de la main à la main… Main à la main qui deviendra compte bitcoin à compte bitcoin : une économie souterraine intraçable.

            1. MCA

              @GO

              Oui, mon raisonnement était basé sur la relation employeur-salarié, il n’était pas exhaustif loin de là, ce n’était qu’un cas.

              Dans le futur je verrais bien une société où les gens seront incités à devenir leur propre employeur (pour ceux qui le peuvent) vendant leurs services à qui veut bien les acheter, dans ce cadre, pensez vous que l’état restera les bras ballants regardant ses recettes fondre comme neige au soleil suite au paiement compte bitcoin à compte bitcoin?

              Le Bitcoin est comparable à un cataclysme dans le fonctionnement de la société car il tapera l’état au tiroir caisse, autant dire à la partie la plus sensible de son anatomie. Il n’est déjà plus très solvable actuellement, qu’en sera t’il avec le Bitcoin montant en puissance si ce n’est un effondrement inéluctable?

              Maintenant il y a une variable qui n’a pas été envisagée : la disparition pure et simple de l’état à long terme.

              Est-ce que l’avènement du Bitcoin ne risque pas d’accélérer la fin de l’état (par son insolvabilité) avec la bénédiction des instances européennes qui ne demandent que ça en ce qui nous concerne?

              @H16

              En me répondant vous avez évoqué l’OR.

              Quelle est votre vision du rôle que pourrait jouer l’OR dans les temps à venir?

              1. gameover

                « ..pensez vous que l’état restera les bras ballants regardant ses recettes fondre comme neige au soleil suite au paiement compte bitcoin à compte bitcoin? »

                C’est bien pour étayer cette impuissance que j’ai mis les cas de l’emploi à domicile et la restauration.
                D’ailleurs il n’aura échappé à personne dans ces secteurs que le coup du CDD mini de 24 heures avait uniquement pour but d’empêcher les contrats de 4 heures fait aux femmes de ménage ou d’une douzaine d’heures fait au personnel de la restauration : le contrôleur n’avait aucune possibilité de ré-évaluer le contrat.

    2. Aloux

      Non, au contraire, la solution est très simple : leurs conneries auront pour conséquence de réduire encore davantage l’activité et donc la richesse produite, ils ne peuvent ponctionner que des richesses que créent les individus par leur travail et leurs échanges. A la fin, ils perdent, quoiqu’il arrive, comme l’URSS et comme tous les régimes de merde qu’on a vu au XXe siècle. La question, c’est combien de vie ils peuvent détruire avant d’être foutu dehors.

      Quant à Bitcoin, si aucun gouvernement ne peut le contrôler, il y a bien en revanche un moyen d’en interdire l’utilisation: couper internet pour tout le monde. Je pense que même les crânes d’oeuf au pouvoir comprennent bien que ce ne serait pas du tout une sage décision de leur part.

      1. MCA

        Il ne vous aura pas échappé que la France ce n’est pas tout à fait la Suisse et que si en Suisse les citoyens peuvent contrecarrer un projet qu’ils jugent néfaste, ici ce n’est pas vraiment la même chose… souvenez vous du référendum de 2005.

        1. Jiff

          Il vous aura sûrement échappé qu’il ne suffit que de quelques minutes et quelques euros|dollars|livres pour ouvrir une société dans des pays qui se foutent de vos activités tant qu’elles ne se passent pas sur leur sol, et qu’il est encore plus facile à ces sociétés d’ouvrir un compte dans un autre pays pour y transférer leurs avoirs (au hasard, des pays qui permettent d’obtenir des moyens de paiement non-nomminatifs – CàD seulement au nom de ladite société et aucunement de l’individu porteur.)
          Souvenez-vous que le postulat de base, non infirmé et, qui plus est, se confirmant tous les jours, est le leit-motiv de notre taulier: CPEF.

  13. Dubois

    Ne faites s’il vous plaît pas l’erreur de prendre l’ennemi pour un con. Les gouverneurs des BC savent ce qu’ils/elles font. C’est juste qu’ils poursuivent un objectif qui n’est pas le nôtre et qui implique ces décisions-là. La seule monnaie qui ne laisse pas de trace, sauf dans ma mémoire, mais hélas elle flanche si souvent, c’est le liquide.

    1. gameover

      « Les gouverneurs des BC savent ce qu’ils/elles font. »

      MDR. Tout et son contraire.
      Certains pensent encore que Hollande sait ce qu’il fait aussi en se disant que ce n’est pas possible d’être si con… bah si en fait !

      1. Calvin

        Si. Hollande s’est arrêté à 39 ministres pour éviter qu’on appelle l’exécutif : Ali Baba et les 40 voleurs.
        Il est pas con, hein ?

  14. Ethereum

    @seldoon182

    Le hashrate Ethereum fait 938.75 GH/s et pas 500 GH/s.
    Ce qui représente en gros 50K GPU de très bon niveau.
    Une attaque sur le network Ethereum ne serait pas des plus simple à mettre en place.

  15. Yrr

    Mais dites-moi, les politiciens ne sont-ils pas les plus gros utilisateurs d’argent liquide ? (confirmé par tous les commerçants et artisans qui ont affaire à eux)
    Il seront les premiers à être gênés pour dépenser l’argent qu’ils ne peuvent justifier.
    Ils vont bien faire exprès de laisser une porte ouverte quelque part, le liquide arrange trop de monde de leur entourage…

  16. Anarcho Asperger

    Tout comme vous je suis un fervent défenseur de Bitcoin, j’ai d’ailleurs écrit quelques articles sur le sujet qui vous plairaient beaucoup, j’en suis persuadé. http://bitconseil.fr/bitcoin-et-le-terrorisme/
    http://bitconseil.fr/l-angoisse-de-satoshi/
    (Ok c’est une petite pub j’avoue, mais ça me ferait tellement plaisir que vous y jetiez un œil, que je n’ai pas pu m’en empêcher)

    Pour en revenir au sujet, je ne suis pas persuadé qu’une décision étatique bête et méchante à l’égard de Bitcoin en renforcerait l’attrait… Dans le cas d’une décision française, cela ne serait pas forcément dramatique étant donné la taille relativement modeste de ce marché. Mais ça serait quand même pénible pour tous les adeptes de Bitcoin qui vivent en France… Dans le cadre d’une législation Européenne, ce serait déjà plus fâcheux.. Dans tous les cas la valeur de Bitcoin sera affectée par la législation, et si cette dernière est hostile, je ne parierais pas que ce soit à la hausse.

    Bref dans le long terme vous avez absolument raison, les technologies libres et décentralisées vaincront, c’est une évidence.
    En attendant, on va dérouiller un max, parce que ça m’étonnerait beaucoup que les vieux schnocks qui nous gouvernent aient très envie de partager leurs privilèges…

    1. Jiff

      « j’ai d’ailleurs écrit quelques articles sur le sujet »

      Sans flagornerie aucune, ce sont d’excellents articles que je viens de forwarder à plusieurs personnes qui ne comprennent pas vraiment les concepts de Bitcoin – mais par contre sont munis d’un cerveau et d’une sensibilité épidermique au sujet de l’interventionnisme étatique.

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