Bitcoin : agitations en coulisses

Il y a quelques jours, le monde des cryptomonnaies et notamment de Bitcoin, déjà pas spécialement réputé pour être calme, est un peu plus entré en ébullition : le 2 mai, la BBC publiait une interview d’un certain Craig Wright, ce dernier prétendant être Satoshi Nakamoto.

Satoshi Nakamoto, c’est le fondateur de Bitcoin ou, plus exactement, le pseudonyme sous lequel celui ou ceux qui ont écrit le papier fondateur de Bitcoin, ainsi que la première mouture du protocole, se sont fait connaître sur internet. Utilisant moult précautions pour cacher son identité réelle pendant la création et les premières années de Bitcoin, Satoshi Nakamoto était jusqu’à présent resté introuvable. Seule l’utilisation de la cryptographie, lui permettant de signer numériquement ses messages sur les forums où il publiait très parcimonieusement, permettait aux autres acteurs des monnaies numériques de s’assurer son identité.

Avec la révélation de la BBC, c’est un peu du mythe Nakamoto qui semblait s’envoler. « Semble » parce qu’au fil des heures, la situation, qui paraissait claire après l’aveu de Craig Wright, est devenue bien plus confuse. Dans un premier temps, Craig Wright parvient en effet à convaincre des figures éminentes de Bitcoin de son identité : Gavin Andresen, le « chief scientist » de la fondation Bitcoin, ainsi que Jon Matonis, l’un des fondateurs de celle-ci.

Malheureusement, Wright s’avère ensuite incapable de prouver de façon claire qu’il est bel et bien celui qu’il prétend être : normalement, en tant que Satoshi Nakamoto, il lui suffit d’utiliser sa clef secrète pour signer ou chiffrer un message que n’importe qui, connaissant sa clé publique, sera à même de déchiffrer ou de vérifier. Alternativement, il peut aussi effectuer une transaction à partir des bitcoins actuellement possédés par le même Nakamoto, prouvant ainsi qu’il possède cette clé privée. Or, après avoir multiplié les procédés alambiqués pour tenter de prouver qu’il est bien celui qu’il prétend, sans jamais utiliser sa clé privée, Wright a finalement décidé de laisser tomber, purement et simplement.

Bref, si Craig Wright est une hypothèse raisonnable comme l’un des principaux créateurs du Bitcoin, il n’en reste pas moins toujours une hypothèse en attendant cette preuve mathématiquement solide.

Cette petite aventure, aussi croustillante puisse-t-elle être, n’en a pas moins marqué une partie des médias qui ont relayé ces péripéties avec gourmandise. Et, plus à propos, l’agitation autour de cette révélation et de son dégonflement étrange montre l’intérêt que portent de plus en plus de médias à Bitcoin.

Or, pour un concept informatique et mathématique, basé sur la cryptographie et l’échange pair-à-pair, s’attaquant à un domaine généralement mal maîtrisé des individus lambdas, c’était tout sauf gagné d’avance.

Peut-être l’engouement de l’homme de la rue (et, par voie de conséquence, des médias à sa suite) tient essentiellement à l’appréciation de la monnaie numérique (qui oscille autour de 460$/BTC au moment où ces lignes sont écrites), et au fait que cette appréciation semble à présent plus saine que le pic typiquement bullesque qui avait vu sa valorisation grimper à plus de 1000$ par BTC en décembre 2013 ?

bitcoin - may 2016

En tout cas, si l’intérêt des médias et de l’homme de la rue grandit, celui de la communauté financière ne s’est jamais démenti, elle qui a très vite senti l’effet de cassure particulièrement net qu’offrait cette nouvelle technologie. Et alors que les révélations de Craig Wright semblaient occuper le devant de la scène, c’est en coulisses que se passaient sans doute le plus de choses.

Ce même 2 mai, on apprenait en effet qu’au début du mois d’avril, plus d’une centaine de décideurs de la plupart des grandes institutions financières mondiales se réunissaient lors d’une réunion privée au sein des bureaux de Nasdaq Inc., à Times Square, non seulement pour discuter de « blockchain », la technologie sur laquelle est bâtie Bitcoin, mais aussi pour assister à une expérience grandeur réelle avec une application logicielle basée dessus.

Et quelle expérience ! Pour ces habitués du système financier actuel, où le déplacement de fonds est associé à des délais incompressibles, des risques d’erreurs humaines tout le long des chaînes de traitement, voir ainsi des dollars « numérisés » et transférés en quelques secondes à l’autre bout de la planète par l’intermédiaire de cette technologie a immédiatement piqué leur intérêt puisqu’elle permet de remplacer des transactions qui peuvent jusqu’à présent prendre des jours par des transactions presqu’instantanées, libérant ainsi bien plus rapidement des capitaux normalement bloqués pendant ce laps de temps.

Bref, la plupart des institutions financières qui gardent un œil attentif aux technologies modernes ont compris que la technologie de la blockchain peut leur offrir de nombreux avantages, et plusieurs s’en emparent donc joyeusement.

Pour rappel, la blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle, une base de données sécurisée et distribuée qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création, et dont chacun est à même de vérifier la bonne intégrité.

De cette définition, on comprend aisément que l’introduction de cette technologie dans les institutions financières actuelles permettrait notamment de résoudre certains problèmes (netting interbancaire par exemple) de façon moins coûteuse qu’avec des technologies plus traditionnelles. Cependant, on doit conserver un esprit critique devant l’intérêt de ces institutions, tant leur position semble précaire.

En effet, les technologies blockchain permettent intrinsèquement de réduire voire d’annihiler tout besoin d’intermédiaire, tant pour les transactions financières que pour les changements de propriétaires d’actifs, qu’ils soient physiques ou boursiers par exemple. Autrement dit, on ne peut s’empêcher de penser que toutes les institutions financières qui sautent actuellement sur cette nouvelle technologie le font avant tout pour sauver leur business. En substance, la stratégie qu’elles adoptent ressemble fort à une prise de position avant tout marketing leur permettant de proposer à leurs clients une solution estampillée « blockchain », ce qui leur permet de les conserver ainsi un peu plus longtemps, avant que l’idée même d’un intermédiaire financier se dissolve d’elle-même.

En somme, les firmes actuelles ont bien compris l’intérêt qu’elles pouvaient avoir à bondir sur cette technologie qui leur permettra, entre elles, d’échanger les actifs directement plutôt que les ordres de transactions (qui peuvent prendre des heures à voyager et des jours à être confirmés). Mais, ce faisant, elles renforcent encore l’attrait et la pertinence de ces blockchains … pour se passer d’elles.

Eh oui : rien n’interdit maintenant d’imaginer un monde où ceux qui veulent acheter les actions d’une société ne passent plus par aucun intermédiaire financier et peuvent, au travers d’une blockchain, en acheter directement auprès de la société elle-même ou des actionnaires qui en vendent. De la même façon, absolument tous les types de contrats ou d’actifs peuvent trouver leur pendant sur une blockchain, et être achetés ou vendus directement sans passer par aucune banque ou aucun broker spécialisé. Si l’on étend le concept, les courtiers et autres agents de change pourraient disparaître de même, entraînant la disparition des bourses et autres marchés d’actions tels qu’on les connaît actuellement.

L’intérêt démontré par les institutions financières pour la technologie blockchain n’est donc pas seulement un effet de mode. Mais tout montre qu’en se penchant sur celle-ci, ces institutions augmentent sensiblement la probabilité qu’elles disparaissent. Bien sûr, ce n’est pas parce qu’une probabilité existe qu’elle se matérialise forcément et il y a fort loin de notre monde aux intermédiaires financiers nombreux à cet avenir sans eux.

Néanmoins, la probabilité n’est maintenant plus nulle.

Commentaires79

  1. Karizoc

    Ben ça alors. Moi qui croyait bêtement que c’était les banques qui rajoutaient volontairement ces délais de transfert. Juste pour pouvoir disposer des fonds quelques jours du plus …

    1. Oui et non. Pour la gestion des chèques, c’est en partie vrai. Mais pour le netting interbancaire, c’est lié aux passages de batch la nuit. Tout est traité en batch, donc il y a des délais incompressibles, lié au passage des nuits d’une banque à une autre.

      1. balthazard

        C’est effectivement cela le pire. Le choix et surtout le maintien des batch(e)s et d’architectures peu passantes.
        Cet état de fait est de la responsabilité des CIO, souvent incultes en la matière bien que sortant de grandes écoles prestigieuses, et d’un management recruté directement auprès de prestataires de SSII ou d’éditeurs de solutions techniques dépassées (cf SAP, Oracle, Microsoft, etc.)… le management « politique/comptable » de ces institutions étant simplement responsables du choix de l’équipe.

        1. Pour le coup, non (pour info, le bancaire c’est un peu de SAP et Oracle, quelques jolis fronts en Java, mais beaucoup, beaucoup de DB2 et de Cobol pour le back et les batches). Si le bancaire maintient ces architectures vieillottes, c’est tout simplement parce qu’elles fonctionnent suffisamment bien pour le monde actuel, et qu’un changement coûterait extrêmement cher avec, outre une proba de plantage importante, un gain effectif médiocre ou nul tant que tout le monde ne suit pas le mouvement.

          Imaginer que tous les CIO des banques sont, en définitive, des cons, est un peu court.

          Et c’est pour ça que la techno blockchain réussit : parce qu’elle fait fi des technos existantes.

          1. Jiff

            Sans compter que le 1er commandement de l’informatique professionnelle est: « si ça fonctionne correctement, on ne touche plus à rien »…

  2. Bonsaï

    Quand nous aurons des colonies dans l’espace et des astronefs, la technologie du bitcoin aura sans doute bien évolué. Mais le principe lui-même en est un thème qui a de l’avenir, car dans un monde fini il est urgent d’apprendre à penser sur le mode « immatériel ».

  3. Dr Slump

    Et c’est donc à la vue de cette perte de pouvoir ultra-capitaliste libérale à la merci de tous les banditismes anonymes contre lequel l’état nous protège désespérément, que le même état va être conduit, forcément, à nous demander de déclarer tout achat et vente de bitcoin, et de verser la minisculeuse petite contribution indolore au passage.

    Sans oublier le cerfa en 5 pages à retourner rempli tous les ans. Ca s’appellera « contribution générale citoyenne à l’économie numérique décentralisée », et servira à financer un machin administratif pour pantoufleurs débiles, qui pondront des règles aussi stupides que celles qu’on peut observer pour les Uber.

      1. Dr Slump

        Comme dit Krikri juste en dessous, on peut avoir confiance en la créativité des développeurs pour parer les coups et esquiver les lubies étatiques. En même temps, je me méfie de l’état, qui sait se montrer très inventif aussi pour réguler, restreindre, et taxer tout ce qui pourrait échapper à son contrôle. On le voit avec Uber, non?

  4. Krikri

    L’Etat peut difficilement contrôler le Bitcoin. Il peut par contre sérieusement compliquer le transfert euro/Bitcoin et donc son achat. Mais s’il lui venait l’idée de vouloir fliquer le BTC, les utilisateurs migreraient vers d’autres solutions beaucoup moins transparentes (DashCoin, etc.)… L’industrie musicale et cinématographique n’a pas pu bloquer bittorrent. Et les solutions qu’ils inventèrent pour lutter contre le piratage rendit ce dernier encore plus redoutable.

  5. Bonsaï

    Déjà on peut dire que les agents marketing des Über ne sont pas des plus futés question discrétion. C’est un peu comme si le keum à Julie avait baptisé sa petite affaire « Scooters de Tulle »…

  6. Thiery William

    Bonjour. Et le onecoin ? Il paraît que c’est le nouvel eldorado ? Avez-vous des infos dessus ? Et toutes les autres crypmonnaies, vont-ils tous résister ou bien le virtuel restera le virtuel ?

      1. MadeInCH

        Le fair qu’une de mes connaissances me pousse dans ce sens, en me décrivant un truc qui ressemble asez à de l’avion ou du madoff, le tout mâtiné de ponzi, ben j’y met pas les doigts.
        (Donc, je ++ H16)

  7. Patrick

    Article très intéressant,

    Le Bitcoin sera plus convaincant quand des institutions financière proposeront des RFC pour l’améliorer. ça en prends le chemin.

    1. Je doute que ces institutions soient en mesure de proposer des trucs qui ne soient pas parfaitement antithétiques avec le mode de fonctionnement de Bitcoin.

    2. Jiff

      Si « les institutions financières » avaient apporté quoi que ce soit d’intéressant ou d’innovatif ou de réellement sécurisé au monde, ça se saurait…

  8. Patrick

    « En effet, les technologies blockchain permettent intrinsèquement de réduire voire d’annihiler tout besoin d’intermédiaire »

    Je suis TRES sceptique sur cette idée, le cœur du business des institutions financiaire c’est le crédit. et le credit on peut en faire que ce soit sur base or, argent, fiat, ou bitcoin, par contre ça pourrait bien réduire certains couts de transaction comme la compensation ou permettre l’émergeance de nouveaux services.

      1. patrick

        j’ai un raisonnement d’économiste de base, la finance c’est le temps appliqué aux échanges, donc prêt ou crédit.
        La en matière de bitcoin on est plutôt coté banque et production monétaire que dans le fond commun de placement.

  9. lafayette

    Ca ressemble à une commande en Chine, on ne sait pas plus lire le mandarin que le blockchain et au final on reçoit notre marchandise par bateau, c’est limpide.

  10. Aristarkke

    Je suis un peu sceptique (oui, comme dirait Fosse, Ô Pheldge) sur votre paragraphe des ventes d’actions directement par les firmes, d’elles-même au nouvel actionnaire ou d’ailleurs entre actionnaires.
    Ces actions sont depuis longtemps dématérialisées et sont stockées chez des teneurs de comptes d’actions agréés.
    A moins de les rematérialiser à la mode du XIXme/XXme siécle, je vois mal le bitcoin simplifier outrageusement les procédures comme vous paraissez l’imaginer.

    1. Pheldge

      Tu es sceptique, mon ami, comme le célèbre Lafosse , pas Fosse …. mais bon, vu ton grand âge, c’est déjà bien que tu t’en souviennes , et que tu n’aies pas pas dit « Osse » à la place. Ca prouve qu’il te reste encore un ou deux neurones actifs !

      1. Hang’em High

        J’avoue une certaine déception, voire une espèce de sentiment d’abandon, ou une sorte d’inquiétude navrée, en constatant que notre Ilien n’a pas bondi – comme le tigre de son île natale – sur l’occasion de faire une série de jeux de mots, à peu près, ou calembours à base de lubricité vanillée, dans le cadre d’un billet au titre aussi évocateur que « Bitcoin, agitations en coulisses »…

        On sent bien que la petite piqure dirigée envers Harry, quant à sa caducité, n’est lancée qu’à contrecœur, sans y croire…

        Hé quoi, Johnny Guitare, c’est une baisse de tension, un taedium vitae débarquant avec l’ incrémentation de 1 dans la course de ton âge ?… ou alors, une crainte révérencielle devant l’aspect ésotérique du problème soulevé par Monseigneur de Seize ?

        Mais il y a quelques jours encore, rien qu’avec Bit et Blockchain, tu nous pondais une encyclopédie du Sado-Masochisme virtuel ! et Bitaction t’ouvrait des horizons immenses…

        Ah! quelle tristesse …. et pourtant, M. de Talleyrand a écrit que « seul l’esprit rend la vieillesse aimable »….

        Courage, ami ! au moins… le gâteau était-il bon ?

        PS : une dernière hypothèse, à laquelle je ne puis vraiment croire : BDC t’aurait-elle signifié un PPC ? ah ! ces dernières déceptions sentimentales, à l’hiver de ton âge, sont les plus déchirantes…

            1. Hang’em High

              « gentleman »….“The term is pimp, but I don’t use it. I’m a professional gentleman of leisure. And I make more money than the president.”
              —Silky

                1. Pheldge

                  Non, c’est dans « Gentleman of Leisure: A Year in the Life of a Pimp » …
                  En France on dit un « proxo » (un « proc, sot » ? ) pour ta culture personnelle. C’est très flatteur de la part de HB, mais je ne suis qu’un modeste « conseiller en communications » (note le pluriel ).

                  Petite remarque : « le tigre de son île natale » , bin désolé, sur l’île de la Jatte à côté de l’hôpital qui m’a vu naître, y’a pas de tigres,sinon de papier 🙂

                  1. Aristarkke

                    Même pas encore né qu’il fallait déjà envisager de te réparer… Le mécano était de première bourre pour que tu puisses déjà aligner toutes ces années de survie…

          1. BDC

            C’est compliqué de se renouveler, il y a bien le hardware, mais en Belgique ils ont aussi les Tupperware et les suppositware, notre domaine à nous c’est de compter fleurette, pas la capacité d’un ninfocentre.

            1. Bonsaï

              Quelle responsabilité, n’est-ce pas ? Mais dites-vous que nous travaillons pour la postérité, nos écrits fugaces transiteront par la blockchain quantique pour atteindre des lecteurs encore lointains…

            2. Pheldge

              Mais vous êtes un nympho-centre à vous seule ô très bellissime … Vous donner la réplique est un plaisir et un honneur 😉

              1. BDC

                Il est vrai qu’il y a aussi des champs dans les bases de données, et des fermes de serveurs informatiques pour les traiter. Pheldge, c’est vous qui … enfin je veux dire vous et tant d’autres qui me faites l’honneur d’apprendre à vos côtés.

                  1. BDC

                    Qu’en savez-vous ? C’est agaçant votre façon de me prêter des intentions et d’interpréter sans cesse mes propos. Je suis réellement reconnaissante envers les ténors du blog, quoi que vous en pensiez.

                    1. Bonsaï

                      N’en perdez pas pour autant votre bonne humeur proverbiale !
                      Et n’est-ce pas vous-même qui disiez être dans un jeu de rôles ?

                    2. BDC

                      Oui, je vous concède bien volontiers que j’endosse avec plaisir le rôle de mon personnage, mais je suis sincère sur le fond.

        1. Dr Slump

          Vous me précédez dans cette déception, j’avoue aussi être assez désappointé par le manque de verve de nos collègues commentateurs.

          Serait-ce ce quasi-frimas en plein mois de mai qui engourdit leur mâle vaillance?? On sent comme une langueur, un engourdissement généralisé, bref… une débandade!

          Keko? Plouf plouf ? (il est mort ou quoi?) Somebody out there?

          1. MCA

            Ah Dr, …. Somebody out there?

            I’m back to the front just for a moment.

            Figurez vous qu’en ce moment je suis tout occupé à soigner amoureusement ma collection de tomates anciennes pour pouvoir en faire saliver d’envie Lady B lorsque le moment venu je les dégusterai en lui en commentant les saveurs.

            Je porte aussi une attention soutenue à mes salades « Reines des Glaces » actuellement en serre qui nécessitent une attention soutenue, que dis-je? amoureuse … pour que le moment venu elles craquent sous la dent en laissant une saveur sucrée au palais.

            Irais-je même jusqu’à évoquer les plans de poireaux de la race « Géants de Bulgarie » d’une hauteur de 5 cm actuellement et qui une fois adultes friseront les 1 mètre de haut et 1kg le pied pour une saveur fondante digne de la table des rois?

            J’avoue humblement que mes modestes talents d’éleveur de tomates anciennes ne sont peu de chose face à l’ingéniosité diabolique contenue dans le concept de blockchain et la révolution qu’il préfigure.

            Aussi, dès que mes plantations seront au mieux de leur forme et pourront s’affranchir de mes soins intensifs, c’est avec grand plaisir que je reviendrai ajouter mon grain de sel dans la cuisine Hseizienne qui elle également ne manque pas de saveur pour notre plus grand régal intellectuel quotidien.

            Merci à toutes et à tous de votre présence qui fait la richesse de ce blog.

            MCA

            1. Bonsaï

              Ah! mais voilà une missive aussi poétique que bucolique qui nous enchante…
              La préservation des légumes anciens est un véritable sacerdoce, alors que les goûts tendent à se neutraliser (de même que les esprits).
              Merci MCA pour ce commentaire inspirant !

            2. Dr Slump

              A l’énumération des noms qui composent votre jardin, vous n’avez en effet besoin d’aucun sauf-conduit, noblesse oblige! Et la préséance vous excuse bien sûr de toute assiduité pour le commentaire quotidien! Et avec la vigueur des Saints de Glace cette année, vous ne pourriez négliger de redoubler d’attention.

              Et pas de modestie mal placée devant la blockchain: le patrimoine génétique de ces plantes n’est-il pas une sorte de blockchain biologique et évolutive? Et qui ne se contente pas de valider et transmettre des informations, elle se reproduit et contient une part aléatoire qui lui assure une adaptabilité quasi-divine.

              Tudieu, la Reine des Glaces, Reine des feuilles! Allons, je suis sûr que vous connaissez quelques méthodes peu orthodoxes pour faire rougir vos tomates!

              1. MCA

                « quelques méthodes peu orthodoxes pour faire rougir vos tomates! »

                En effet, j’en connais une, apprise sur ce blog et qui a fait ses preuves :

                Quand elles sont rétives au changement de couleur, je leur raconte à l’oreille et avec tout le suspens digne d’un film de Hitchcock la Sam’s méthode de cirage de selle et ses effets sur la gente féminine; l’effet est garanti :

                elle en rougissent de confusion et en gloussent de plaisir !… :o)))))

            3. BDC

              Merci MCA pour cet intermède bucolique, humm l’odeur du jardin, la saveur des tomates gorgées de soleil … Ça réchauffe agréablement ce week-end !

              1. Pheldge

                Ouiiiii, bucolique est bien le mot, pour évoquer l’air humide, les carottes, les courgettes, sans oublier les poireaux et leur béchamel …

    2. sam player

      Justement Harry, l’intermédiaire dont tu parles joue le rôle d’intermédiaire de confiance et est rétribué pour cela, entre autres par l’impôt de bourse et/ou les frais de tenue de compte et de transaction.
      La blockchain permettrait de savoir sur quel compte sont les actions et même comment elles ont transité entre les différents acteurs, même si certains ont maintenant leur compte à zéro.
      Mieux même, depuis ce compte bitaction on pourrait même voter en assemblée générale.

  11. Eddie

    Questions de béotien:
    – Les fonctionnement du Bitcoin, est-ce un peu comme une lettre de crédit qui est gérée par un algorithme crypté?
    – Les transactions sont transparentes et chacun peut vérifier son intégrité. Cela veut-il dire que n’importe quel utilisateur Bitcoin a accès aux détails des transactions de tout le monde? Ça me parait un peu étonnant.

    Si un bon samaritain avait la bonté d’éclairer mes vessies …

    1. – non. L’ensemble des transactions permet d’établir qui a quoi et où. Il n’y a pas de crédit. Soit une transaction a eu lieu (dans ce cas A a donné à B, A dispose de moins de bitcoins, B de plus), soit elle n’a pas eu lieu. C’est tout.
      – oui. Mais savoir qui est qui est un peu complexe. Tout ce qu’on sait, c’est que des bitcoins de l’adresse abcd sont allés vers l’adresse cdef. Personne ne sait qui est derrière abcd ou cdef.

        1. Jiff

          atta, atta, y’a mieux encore: un jour, tu rencontres un pote qui, comme par hasard, le même solde sur son portefeuille que toi; il suffit d’échanger les ID et les mots de passe, puis que chacun change le mot de passe de l’autre et hop, terminé le changement d’identité numérique des payeurs.

          Maintenant, tu peux tout à fait remplacer « pote » par fils/fille et « même solde » par plein d’sous et pas plus d’sous, ça évite aussi que la grande inquisition ne fourre son gros tarbouif dans des affaires qui, dans un pays normal (pas au sens de grotoumou-1er, s’entend), ne devrait pas les regarder.

          Évidemment, la liste est non-exhaustive et uniquement limitée par l’imagination des partenaires.

  12. 0x10

    H16, je viens de faire un cauchemar en lisant votre article. La blockchain et les crypto-monnaies, au lieu d’être un facteur de liberté, pourraient bien devenir des outils supplémentaires d’asservissement.

    Imaginez dans un avenir pas forcément lointain, l’avènement d’un CryptoEuro avec son blockchain. Voilà le rêve humide ultime du socialisme ! En rendant obligatoire ce CryptoEuro et en supprimant le cash, ce qui semble bien amorcé, l’état peut traquer chaque euro que vous avez gagné, dépensé, investi.

    Miam, miam! Grâce au blockchain rattaché au CryptoEuro, l’état possède l’historique complet de chacun des citoyens: contrôle fiscal permanent, taxation sur toutes les transactions (AirBnB et consorts, ça commence à bien faire), fliquage de vos dépenses, créativité fiscale quasiment sans limite, you name it!

    Joyeuse Pentecôte! Pour ma part c’est un gigot d’agneau et un grand Bordeaux. Cela va me changer les idées.

    1. Rassurez-vous ce n’est qu’un cauchemar sans réalité physique parce que, comme dans toute rêverie incohérente, une question restera sans réponse : si l’Etat parvient à créer une blockchain (gros « si »), comment peut-il forcer tout le monde à l’utiliser exclusivement ? Pour rappel, il lui a été impossible d’interdire bitcoin jusqu’à présent, tout comme les échanges P2P de musique ou du reste…

      1. 0x10

        J’espère que c’est bien un cauchemar et non un rêve prémonitoire!

        Ceci dit, il ne semble pas impossible à l’Etat de l’imposer aux banques et aux sociétés qui l’imposerons aux clients et salariés.

        Je ne vois pas très bien la difficulté de créer une blockchain. Les algorithmes ne sont pas particulièrement complexes. Il y a plein d’implémentations en open source. De nombreuses boites peuvent déja fournir des services sur le sujet. L’infrastructure peut être plus complexe mais ce n’est pas grave l’argent gratuit va payer tout ça.

        D’ailleur la solution la plus simple, pour l’Etat, est peut être d’attendre que les banques développent et utilisent elles mêmes des/une blockchain et de prendre le contrôle le moment venu.

        Les échanges P2P de musique, l’Etat sans moque complètement! L’industrie musicale et ses quelques $B au niveau mondial, ce n’est pas même un blip sur le radar. Le Bitcoin: pourquoi l’interdire maintenant alors qu’il montre la voie et defriche le terrain pour l’Etat…

        « L’excusivement » dans votre commentaire est probablement le plus difficile à contredire. Maintenant, si toutes les transactions « normales » hors marché noir, trafics, blanchiment, etc, sont enregistrées sur un blockchain, ça fait deja un sacré pouvoir, non? Sans parler du fait qu’une transaction hors blockchain d’Etat devient facile à détecter. Si vos sources de revenues sont dans le blockchain d’Etat comment faire pour faire une transaction discrète?

        Peut être que cela va se jouer avec un combat entre des blockchains “libres” (Bitcouins, Ethereum et les suivantes) et les blockchains Etatiques? Le premier qui emporte une part significative des transactions gagne. Dans un cas c’est la liberté, dans l’autre, c’est l’enfer!

        1. « de prendre le contrôle le moment venu »
          Justement, c’est là qu’est l’os, personne ne dit concrètement comment ce « contrôle » sera mis en place effectivement.

          « ça fait deja un sacré pouvoir, non? « 
          Demandez aux Allemands pendant la seconde guerre mondiale, avec le marché noir galopant en France. Apparemment, ça ne les rendait pas joyce.

          1. MadeInCH

            En Allemagne WW2, il n’ avait que peu de marché noir.
            La peine était la mort dans tout les cas, et la propagande diabolisant celui qui s’y livrait, faisait un héro celui qui dénonçait. ça dissuadait de commencer. .Et sans commencement, pas de grossissement.
            En France, ben… c’est la France, quoi. Et probablement que le gouvernemetn fermait un peu les yeux.

      2. JuJu

        Forcer l’utilisation de la monnaie pour la levé de l’impôt?

        Sous peine d’amende à reverser sous forme de cette nouvelle monnaie?

        Sous peine de l’usage de la force?

        En d’autres termes: Economie administrée.

        Même si cela sera bancale et temporaire(du genre les assignats).

        En revanche à tous: ne cherchez pas l’eldorado,cherchez à sécuriser 😉
        Une monnaie n’a de valeur que la confiance qu’on lui accorde.(le « on » est vous et votre monde d’interaction)

        1. Encore une fois, concrètement, on peut fort bien imaginer des transactions massivement sur blockchain sécurisée tierce, au noir, sans passer par l’Etat, ce dernier n’ayant que la partie visible de l’iceberg, sans qu’il puisse interdire physiquement & concrètement pour tout le monde : au pire arrivera-t-il à choper quelques impétrants, mais sur 60 millions de personnes, il ne peut pas y avoir 60 millions d’inspecteurs.

          Même en économie administrée complète, il y a du marché noir, et du marché gris. Ou sinon, il y a du sang sur les murs (cf Venezuela actuellement). Donc bon, le coup de l’usage de la force, ça me laisse un peu froid …

          1. JuJu

            D’où la partie de mon commentaire sur le coté temporaire de la chose, même si la durée de vie des assignats semble un peu longue quand on réfléchi à la situation actuel.

            Dans ma petite caboche, une économie administrée implique forcement un marché gris et un marché noir.
            De plus, nous sommes déjà dans une économie administrée de toute façon!

            En revanche au plus la monnaie sera source d’étatisme et de fouille-merdes, au plus de nombreux petit débrouillards se transformeront en dangereux libéraux…

          2. 0x10

            Je suis d’accord. Il est quasi certain que, dans mon scénario cauchemar, le marché noir prendrait progressivement une part de plus en plus considérable rendant par là même le « CryptoEuro » de moins en moins génant.

            Heureusement, nos Etats sont incompétents et massivement corrompus. Deux raisons qui font que l’EuroCrypto a finalement peu de chance d’apparaitre.

            Mais, je suis certain que la question va être abordée en Françe et en Europe. L’idée est trop belle pour être ignorée par les champions du monde de l’administration!

  13. Galbraith JK

    Je suis toujours amusé par les commentaires du style ‘je pense que….’ sans en fait rien n’y connaitre sur le sujet. les gens n’ont plus de pudeur de nos jours.
    A décharge, le sujet est complexe et surtout traité sur des sites anglo saxons

    Sinon a quand un article sur ethereum, les smart contract et l’IoT, un sujet chaud chaud bouillant en ce moment.
    Pour preuve DAO qui est en train de lever 110 M USD sur un concept assez délirant https://daohub.org/#page-top.
    Ou Mycelium qui leve des fonds via une procédure un peu plus compréhensible
    https://mycelium.com/

    Bitcoin n’est que la partie visible de l’iceberg.

    Sinon pour ceux que l’anglais et la lecture ne rebute pas, les infos généralistes c’est ici
    https://news.bitcoin.com/
    http://cointelegraph.com/
    La liste est non exhautive bien sur.

    1. « Je suis toujours amusé par les commentaires du style ‘je pense que….’ sans en fait rien n’y connaitre sur le sujet. les gens n’ont plus de pudeur de nos jours. »
      C’est ce que vous pensez. Vous n’avez pas de pudeur ?

  14. bsadacheng

    on oubliera pas que les mineurs de bitcoin ou autre sont rémunérés pour ce travail. et hop un
    intermédiaire.
    on oubliera pas la puissance informatique démentielle nécéssaire que mr michu
    n’aura jamais. et hop un 2eme intermédiaire.
    on oubliera pas la compléxité technique effarante de monter un réseau complet
    de machine à l’echelle mondiale pour avoir un ledger au niveau mondial
    et la bonjour les batiments, le cooling et tout le tralala data-center a la google.
    et hop un troisième intermédiare.
    donc on va vers les actuels géants du net plus d’autres à venir qui possèderont
    la monnaie virtuelle.

    et c’est donc plutot pour anticiper sur les possibles concurrents que les banques se dépèchent.
    sinon plutot que d’avoir une banque qui fonctionne avec un état et donc avec certaines
    limites on aura des non-banques toujours maquées avec des états mais sans
    aucune legislation. car c’est à cela que toute avancée technlogique à notre époque vise:
    passer par dessus/dessous toute legislation et donc tout contrôle. Une vraie privatisation
    de l’argent par quelques gars et fuck le monde entier.

    je ne suis pas un crypto-marxiste …….

    1. Vous n’êtes peut-être pas un crypto-marxiste, mais vous dites des âneries en comparant des choux et des carottes dans une mauvaise soupe.

      Les intermédiaires que vous présentez n’ont rien à voir avec les intermédiaires que sont les banques (il faut y réfléchir un peu plus d’une seconde, cependant). Et si vous aviez compris la façon dont fonctionne le réseau, vous ne parleriez pas des data-centers.

  15. cherea

    Bonjour,

    ça fait du bien un article sur les crypto-monnaies, ça permet de s’extraire un peu de cette fange que tu décris par le menu tous les jours.

    Après conceptuellement, Satoshi Nakomoto (encore découvert et avant le prochain) est le proof-of-concept de son principe de clés privée & publique avec Satoshi Nakamoto comme clé publique.

    Maintenant d’avoir créé un ecosystème sans visage c’est fort et ça valide son concept même, de se passer de tiers de confiance.

    Maintenant l’image du bitcoin dans le subconscient populaire, c’est pour le deep web, acheter de la drogue et bouger des fonds fraudulueux (pas un terroriste n’a utilisé du BTC qu’on sache), en revanche ethereum présente des mecs fiables et transmet de la confiance alors même que le principe même des crypto monnaie est de se passer de tiers de confiance, on a là un paradoxe intéressant.

    Sur la levée de fond de DAO émettant des ETH, c’est beaucoup de hype à mon avis avec une forte traction due à la spéculation…certains ne valent pas rater l’eth comme ils ont raté le BTC. De plus je trouve le concept encore un peu brumeux et pas un type sur 4 ne comprend ce qu’il achète.

    Pour the DAO, c’est pas clair, mais je crois dans l’écosystème ETH avec une désintermédiation pour tout avec quelques petites lignes de code à programmer, à acheter.

    Enfin le souci des cryptomonnaies c’est l’acquisition, si vous allez à la maison du btc à Paris, on va vous demander votre CNI pour acheter du BTC. Pour moi le mieux, c’est les ATM, type lamassu mais il faut respect de l’anonymat et facilité d’acquisition.

    Enfin, sur les cryptomonnaies, bitcoin c’et du sérieux, eth ça a l’air de prendre avec 1 milliard de marketcap et enfin dash avec une marketcap de 45 millions de dollars…à voir…

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