Ce Brexit qui aurait pu être une opportunité

Normalement, dans un peu moins d’un mois, la Grande-Bretagne aura ouvert les démarches officielles pour quitter l’Union Européenne. S’en suivra un parcours plus ou moins long (certains parlent d’années) pour finaliser ce divorce. Parallèlement, la France a peut-être trouvé dans ce « Brexit » une opportunité pour attirer à elle de nouveaux talents. Ou presque.

Du côté britannique, la question est entendue. Sauf surprise politique majeure, Theresa May entend bien faire sortir son pays de l’Union Européenne, et elle a choisi l’option « hard Brexit », c’est-à-dire celle qui consiste à couper le maximum de ponts législatifs avec le reste de l’Europe. Si, pour certains, cela revient à retrouver sa liberté d’ouvrir ou de fermer ses frontières comme bon lui semble, pour d’autres, cela équivaut surtout à devoir renégocier tous les accords commerciaux entre le Royaume-Uni et les pays européens.

Bien évidemment, il est beaucoup trop tôt pour savoir ce que donneront les démarches que la Première ministre britannique va entreprendre, mais on sait déjà que ce Brexit aura un impact sur certaines entreprises puisque quelques unes ont déjà commencé à réfléchir à leur avenir à moyen terme, dans une nouvelle donne européenne passablement bousculée et encore fort incertaine. Ainsi, il y a un mois, plusieurs personnes se réjouissaient de l’arrivée prochaine à Paris de la branche « marché » de HSBC dont le dirigeant expliquait devoir déplacer cette activité sur le territoire français à la suite du Brexit.

Le déplacement d’une partie de HSBC de Londres à Paris a donné quelques ailes aux lobbies franco-français de la Finance : pour eux, pas de doute, bien avant Francfort (où siège la Banque Centrale Européenne), Paris représente d’excellents atouts pour la finance européenne et pourrait donc l’accueillir à bras ouverts. Sans hésiter et avec les yeux pétillants d’appétit que peuvent avoir les gros prédateurs lorsque des brebis s’égarent du troupeau, les politiciens n’ont pas traîné à emboîter le pas de ces lobbies : dans le cadre d’une présentation à Londres des multiples avantages de la place parisienne, Valérie Pécresse, présidente de la région, Jean-Louis Missika, adjoint d’Anne Hidalgo, Patrick Ollier, président du Grand Paris, et Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace, ont affiché leur «union sacrée» pour décrocher les emplois délocalisés de Londres.

Bon, évidemment, il ne sera pas nécessaire de s’appesantir sur l’efficacité redoutable des transports en commun parisiens, la profusion millimétrée des crèches et des institutions scolaires de la capitale française dont les performances internationales marquent les esprits, les nouveaux aménagements urbains de la mairie qui donnent un sens subtil au mot bouchon, la propreté irréprochable des parcs soucieux du bien-être des rongeurs locaux et l’insécurité pour ainsi dire inexistante de la plupart des quartiers parisiens la nuit tombée, voire le jour pour les plus fameux d’entre eux. Ces éléments n’ont pas besoin de rentrer en compte, la Ville Lumière se suffisant à elle-même en matière de renommée (et je ne parle pas du vin, du fromage et de la vie culture trépidante – insérez ici une petite peinture de Toulouse-Lautrec, restons à la page et plongeons avec délice dans ce XXème siècle encore jeune ahem broum broum bref).

Insistons plutôt sur le fait que les nouveaux arrivants trouveraient dans la capitale une infrastructure fonctionnelle, de la haute-technologie, de nombreux espaces de bureaux, un marché des taux d’intérêt important en volume, une place déjà occupée par plus de 180.000 professionnels de la finance, beaucoup de grandes entreprises françaises, des aéroports et des gares permettant de relier facilement le reste de l’Europe. Les salariés trouveront aussi dans la capitale un cadre un peu plus enthousiasmant que Francfort.

Youpi, donc.

Sauf que, comme le souligne un article des Echos qui remet un peu les pendules à l’heure, le bien-être des salariés est le cadet des soucis des entreprises, notamment des entreprises financières : pour ces dernières, il importe avant tout de défendre l’intérêt des actionnaires. Peu importe qu’un salarié paye de fortes charges sociales (puisque c’est le salarié qui va les payer). En revanche, ce qui vient alourdir la masse salariale joue beaucoup dans la rentabilité de ces sociétés. Les charges patronales, très élevées en France, représentent un gros boulet pour Paris face à Francfort.

À cette remarque (discutable si l’on se rappelle que ces charges sont finalement payées par le salarié quoi qu’il arrive) s’ajoute celle, encore plus dure, de la difficulté d’ajuster le nombre d’employés d’une entreprise en fonction de son activité : licencier, en France, est un véritable casse-tête. Entre les démarches particulièrement complexes qu’il faut mener pour entamer un plan social, et les éventuelles complications juridiques qui viennent s’y greffer lorsque les prud’hommes et/ou les syndicats s’en mêlent, l’ajustement par la masse salariale d’une entreprise à la conjoncture est si compliqué en France que Paris n’est plus du tout aussi attractif. En fait, la France est même réputée pour son code du travail souple comme un verre de lampe à tel point que Paris est très mal classée (29ème) dans l’« Index global des places financières »

Il est en outre difficile de ne pas évoquer l’insécurité fiscale qui règne dans le pays : certes, on parle d’entreprises multinationales habituées à jongler avec des réglementations fiscales ou bancaires complexes, et la place parisienne n’est donc pas à proprement parler terra incognita. Cependant, la France est actuellement dans une situation particulière où il est relativement impossible de savoir ce qui va bien pouvoir se produire dans six mois en terme d’économie : savoir à coup sûr qui sera élu président de la République relève de la gageure, sans parler du programme fiscal qu’il comptera appliquer ensuite.

Pire : aucun des candidats ne semble avoir pris la mesure de ce qui se passe actuellement en Europe, et tout comme je le notais dans un précédent billet, aucun ne semble prêt à faire la moindre concession ou la moindre proposition vraiment solide pour rendre un peu de souplesse à un code du travail obèse et nécrosant. Quant aux projets plus ou moins ubuesques ou carrément scandaleux de la maire de Paris concernant l’aménagement de la capitale, a-t-on réellement le moindre espoir de la voir prendre conscience des dégâts qu’elle cause et de changer d’opinion pour, enfin, attirer les entreprises ? On peut clairement en douter.

Autrement dit, pour ces financiers, il est plus qu’urgent de prendre des précautions et d’attendre sagement de savoir qui sera l’heureux élu dans trois mois et comment il (ou elle ?) se dépatouillera avec son gouvernement. Et en attendant, il paraît particulièrement hardi de se ruer sur Paris dont les avantages paraissent bien minces comparés à d’autres places comme Madrid, Dublin ou Luxembourg.

Dans une France agile et intelligente, ouverte au reste du monde, prête à parier sur son adaptabilité plutôt qu’à une chimérique sécurité et des acquis sociaux qui laissent des millions sur le bord de la route, ce Brexit aurait pu représenter une véritable opportunité.

C’est raté.

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Commentaires170

  1. Le Gnôme

    Autrefois, la République n’avait pas besoin de savants, aujourd’hui, elle n’a pas besoin d’entreprises. Si celles-ci ne veulent pas du modèle indépassable que le monde entier nous envie, qu’elles passent au large, nous n’avons pas besoin d’elles. Non, mais !

      1. Lafayette

        ca fait penser surtout aux tribus d’indiens qui respectaient les sages plutôt libéraux, et le resultat de la civilisation capitaliste qui leur est passée dessus sans se préoccuper des penseurs.
        En gros un monde qui se reinventerai dans une evolution du travail, c est juste de la foutaise. Les vieilles recettes reviennent toujours un jour à la mode.

  2. albundy17

    « de la maire de Paris concernant l’aménagement de la capitale,  »

    j’entendais l’autre jour , si hidalgo avait été maire de Paris en 38, jamais les Bosch n’auraient pû entrer dans la capitale :mrgreen:

          1. Pheldge

            bibi a écrit « Si les boches n’avaient … ils serraient … » ==> la clef de 38 ou de 39, et après c’est une « private joke » destinée à mes fans innombrables …

            Pheldge™ Inc, « humour léger, plaisanteries fines, subtiles et spirituelles, est. 1961 » 🙂

            1. Lark on the Wing

              La guerre du Bund est dans les starting-blocks…. ça va saigner sévère !… les guerriers les plus courageux tremblaient à la pensée d’être livrés aux femmes de l’ennemi…

              Millicent Roughshod is on the warpath…

        1. Aristarkke

          Quand cela ? Même Hitler pourtant au faîte de sa puissance n’ a pas osé enfreindre le refus du maréchal Jesaipluki de simplement le laisser passer en 41 pour aller prêter main forte à Mussolini qui se faisait tailler des croupières dans la future Yougoslavie et même en Grèce.
          Bonaparte n’ a pas eu autant de scrupule et l’ a soumise temporairement.

          1. Mildred

            Vous savez, les Suisses, il y a ce qu’ils disent et il y a ce qu’ils font.
            Je crois que Jean Ziegler est intarissable sur le sujet !

            1. Bonsaï

              Ziegler, ringard suisse allemand qui voulait passer pour un suisse romand… on comprend dès lors mieux vos références.
              Il m’avait bien semblé repérer chez vous un petit accent alsacien…

    1. Higgins

      Vu l’intensité des bouchons sous l’Occupation et la prédominance des vélos comme moyen de transport avec leurs avatars, les vélos-taxis (quel plaisir de voir ce moyen de transport à nouveau à l’honneur. Je mets de côté les bus employés à des tâches plus discutables comme en juillet 1942), je suis persuadé que nous avons là le modèle qui guide la municipalité parisienne.

  3. Bonsaï

    Pour la France, la Grande-Bretagne n’est pas un modèle mais un contre-exemple. Car, la France c’est un état d’esprit : « on est les meilleurs ». Point barre.
    Il faut donc que soit élu au mois de mai le leader qui saura transformer cette formule magique en réalité.
    Et pour l’instant, à ce qu’on connaît des programmes, c’est encore Fillon qui surnage (au tuba). Parce que Macron, à part la fumée de sa cigarette électronique…

      1. Mildred

        Sans grande spontanéité peut-être, vous verrez comme ce sera tout de même rigolo de voir la droite et la gauche, unies, défiler en faveur de Macron, pour sauver la patrie en danger, après le second tour !

          1. sam player

            Même après le second tour façon manifestations anti trump actuelles. D’ailleurs les différents concerts de casseroles en sont actuellement les prémices.
            Faut vraiment avoir rien à foutre pour aller manifester contre un candidat… Y a qu’à gauche qu’on voit ça chez les moralisateurs qui étrangement se disent progressistes… oops y a un buggy dans la matrice

            1. Aristarkke

              A propos de le Donald, il ne se passe pas une journée sans que la bave journalistique ne cherche à l’ éclabousser…
              Dernièrement, nous étions censés nous offusquer qu’il ait déambulé en peignoir dans la Maison Blanche vers les 23 H 00 du soir! Rendez vous compte ! Alors que finalement, il y est chez lui pour un bail de quatre ans…

            2. Mildred

              Mais vous n’avez pas l’air de comprendre la partition : les concerts de casseroles servent à remettre tous les candidats au même niveau. Après, il ne restera plus à Magic Macron qu’à s’installer à l’Elysée qui, entre parenthèses, semble avoir été construit pour lui. Ah non ! On me dit dans l’oreillette que c’était pour une autre favorite !
              Quoiqu’il en soit ce n’est pas la tripotée d’ex-ministres de Chirac, passés chez Macron, qui me contrediront. Ça leur rappelle de bons souvenirs, à eux !

  4. bob razovski

    Je verrai bien un bel acte putassier dont les soces ont le secret :

    s’arranger pour exonérer les sociétés brits de tout un tas de tracas kelemondentiénouzenvi, en échange de la parfaite image de propagande.

    J’irai même jusqu’à voir l’UE lâcher une poignée de brouzouf pour permettre à la chose de se réaliser.

  5. Higgins

    J’entendais ce matin le programme, pardon, le délire fiscal du candidat du parti soce-salaud. La désintégration de la cellule familiale est actée puisqu’on parle de l’individualisation de l’impôt sur le revenu (va pas encourager les gens à se sortir les doigts du c… pour gagner de l’argent. Mieux vaut rester smicard peinard),
    L’insécurité fiscale est gravée dans le marbre qui sert de fondement à l’oligarchie française. HSBC ne viendra pas à Paris (pas folle la guêpe) et le Brexit laissera la Grance toute nue.

    1. Royaumont

      Le contexte français est actuellement fait de doutes, de risques et d’incertitudes. Il n’est même pas sûr que la longue séquence électorale qui nous attend en mai-juin éclaircisse quoi que ce soit.
      Dans ces conditions, les relocalisations suite au Brexit pourrait être une chance… pour Londres.

      1. Pheldge

        Taratatatata bis ! Benito Mousse au chocolatini Hamon finira par être élu, et Najat « Belle dents saines » sera ministre du sourire, et tout ira bien !
        Dormez, je le veux …

    1. Royaumont

      Lol.
      Mais ça exprime l’idée fort répandue qu’un élément extérieur va sauver la France, sorte de Deux Ex Machina politico-économique.
      Si quelque chose doit sortir la patrie de la ornière, ce ne peut être que nous, les citoyens et pas un élément extérieur, ni l’Etat, ni un homme « providentiel » qui ferait tout à notre place.

  6. hub

    Imaginons : les banques anglaises à cause du Brexit passent pour partie en France, puis MLP est élue et applique son délire : Frexit. Les banques françaises et anglaises vont s’installer aux îles Caïman!

  7. Gerldam

    J’ai lu, il n’y a pas si longtemps, un article (en angalis je crois) qui comparait les capitales pouvant accueillir la haute finance qui souhaiterait quitter la City. Il y avait plusieurs critères dont la législation sur le travail, mais aussi l’éducation, la facilité des transports.
    Paris arrivait bon dernier à cause de ce qui est dit dans le billet, Madrid n’existait même pas (trop excentré sans doute). La palme arrivait à Amsterdam, pays où tout le monde parle anglais (c’était aussi un des critères bien entendu et là, la France ne brille pas). Luxembourg cochait beaucoup de cases mais est trop petit. Dublin arrivait juste derrière Amsterdam.
    Mais, quand on appliquait tous les critères à Londres, cette capitale devançait toutes les autres. Pas si étonnant donc que la City reste et restera sans doute un pôle financier majeur.

    1. Patatrac

      Je partage votre analyse, il est difficile d’imaginer une place financière européenne (donc continentale) se substituant à la City. Même Amsterdam en version post Brexit. Pour toutes les raisons objectives que vous décrivez, mais cela dépendra aussi (surtout) de l‘administration Trump et de sa position sur le rapatriement des profits des banques et entreprises américaines (+/- USD 2’500 milliards, je crois) aux US ou non. Si rapatriement il y a, la City a de fortes chances de disparaître et les autres places européennes pourront s’inscrire au bon coin.

    2. sam player

      Pour aller dans ton sens Gerldam au sujet des Pays-Bas il y a un joli exemple qui est tombé hier sur les telescripteurs.

      Air france-KLM à fait état de résultats en hausse en 2016 vs 2015 mais quand on regarde dans le détail le résultat d’exploitation de Air france à baissé à 372ME vs 426 en 2015 alors que celui de KLM à grimpé à 681ME vs 384 en 2015.

      Et quand on sait que les frais de carburant ont baissé de 26% soit 1.42Md et que la compagnie a vendu des meubles pour 270ME on peut en déduire que hors ces éléments exceptionnels la partie Air france serait dans le rouge.

      Et du coup on ne peut pas s’empêcher de penser que la compagnie Air france est à l’image du pays c-a-d incapable de profiter de conditions favorables tellement elle est empêtrée dans sa lourdeur…. toute ressemblance étant bien sûr fortuite…

      Lien bourso suit

        1. Aristarkke

          A noter qu’ elle traîne 2Mds € de provision pour les retraites. A quel titre ? Pour des sur-retraites hors le si fameux et généreux régime général???

      1. Aristarkke

        Les grèves de pilotes n’ ont sûrement pas arrangé ni sa rentabilité ni sa renommée. Cela doit faire jaser dans les aéroports du monde entier que des vols AF soient supprimés en cadence régulière pour cause de grève…

          1. Aristarkke

            Le même article n’ évoque qu’ en creux le taux de personnel (ahurissant par rapport à d’autres grandes compagnies dont la qualité de service n’ est pas vilipendée) par passager utilisateur… Dans une période 2016 difficile, il n’y a eu que 2% de réduction de postes soit moins que le simple taux courant de rotation normale du personnel…

    3. charl

      Vous oubliez surtout la souplesse du fisc et la facilité de montage, l’Irlande on voit Google, Amsterdam, on voit Curacao et Bonaire, Luxembourg bah …voilà et la France…lol

  8. Patatrac

    Le cas HSBC est plus le résultat de frictions internes à l’établissement ; le Brexit n’y joue presque aucun rôle et s’imaginer Paris comme place financière de substitution relève du gag. Cette banque génère plus de deux tiers de ses profits en Asie, mais les décisionnaires sont essentiellement anglais et basés à Londres. Cela fait déjà belle lurette que le pendant asiatique de la banque pousse à une relocalisation du siège de Canary Warf à Hong Kong ou même Shanghai. Sans résultat. Stuart Gulliver, annonçant que 1’000 emplois seraient relocalisés à Paris – et non en Asie – a tout de même précisé qu’AUCUN ne se rapporte aux activités de marché (taux, change, actions et structuration de produits). Smart Stuart…

  9. Gérard

    Tout cela ne préoccupe pas les français. La vraie question est : « La colonisation de l’Algérie en 1830 a-t’elle été un crime contre l’humanité ? ». Et heureusement que l’ancien ministre de l’économie est là pour nous rappeler ce sujet essentiel.

    1. bibi

      « Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder (…) : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question. (…) Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. (…) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. (…) Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation. »

      Jules Ferry.

      1. René-Pierre Samary

        Les soces de l’époque n’étaient pas seulement pour la colonisation des « races inférieures ». Ils étaient aussi partisans de l’amélioration de la race humaine par la sélection des géniteurs. (voir l’Histoire des Utopies, de Jean Servier). Les nazis avaient de quoi tenir, et les soces ont la mémoire sélective.

    2. Guillaume_rc

      L’ancien Ministre de l’Economie (aux résultats absolument brillants – euh en fait non) a surtout dit ça pour choper les voix des Français d’origine maghrébine.
      Stratégie Terra Nova dont on ne dira jamais assez à quel point elle est destructrice.

      1. Val

        @guillaume oui bien sûr , mais ce faisant, il vient de s’aliéner un sacré paquet de voix (source : potes qui ont voté Hollande et qui avaient un bon profil pour voter Macron. En cas de duel Le Pen – Marcon, ces mêmes gens s’abstiendront et ils le disent) . Pour moi le type est grillé , il ne passera jamais la barre du premier tour. Et si Bayrou sort du bois il est carbonisé. Rien que de penser aux thunes qu’on dépensé ses soutiens je jubile.

        1. Royaumont

          Ne vend pas la peau de l’ours trop vite, mais je suis assez d’accord, il s’est tiré une balle dans le pied.
          Pour une fois que son discours quitte le territoire du vide, c’est pour entrer sur celui de la sottise.
          On peut être sûr d’une chose, à l’avenir, ses discours vont être soigneusement vidés de tout contenu.

      2. sam player

        En fait je crois que c’est un joueur et il faut être joueur pour le comprendre (on l’est tous plus ou moins).

        Le joueur n’aime pas les zones de confort (être en tête dans les sondages ici) et il aime se challenger en se mettant dans des situations dangereuses. Le gain c’est un peu comme le bonheur, si on est heureux tout le temps on le devient de moins en moins car le bonheur se mesure en comparaison au malheur… et le gain ne se mesure que par rapport à la perte.

        C’est *un peu* la même raison qui fait que des gagnants au loto ou au casino claque leur pognon ou font tapis… idem chez des gens pauvres qui héritent et claque tout alors qu’on serait tenté de penser qu’ils connaissent plus que tous la valeur de l’argent.

        C’est un vaste sujet…

        1. Black Mamba Warrior

          J’ai suivi un séminaire sur le sujet de la gestion, le gagnant de loto ou l’héritier qui devient d’un coup riche du jour au lendemain, s’il n’a pas eu l’éducation de comment gérer son argent, fatalement il va tout perdre et même se mettre dans une situation pire qu’il n’était de départ. Quelqu’un qui a toujours eu un train de vie important, qui a la mécanique de l’enrichissement même s’il devient pauvre, de façon consciente ou non, il parviendra toujours à s’enrichir… C’est le cas typique de Trump, il avait tout perdu mais comme il a un récipient monétaire de l’ordre du million voir du milliard, il saura toujours se refaire.

          1. sam player

            Oui BM pour l’habitude de gestion mais je crois aussi que c’est surtout qu’inconsciemment ils font un retour à la normale car c’est là qu’ils ont les bons réflexes… (aussi bien les riches que les pauvres).

            Un commercial qui est à l’aise avec son objectif prendra plus de risques que celui qui en est loin, quitte à perdre. Idem pour un commercial qui sait que l’affaire est presque dans le sac quand il débarque chez son client.

              1. Lark on the Wing

                @BMW : « récipient à 15 000 » ….sacrée lessiveuse ! mais sous le matelas, c’est bien aussi… et le balancier de l’horloge – style Goupi – tu y as pensé ?

                  1. Bonsaï

                    Si je puis me permettre d’intervenir… je crois que Lord Quiet pensait à un récipient pour les économies (genre tirelire), alors que vous voyez le récipient comme un crédit (à dépenser – ou pas).

                    1. sam player

                      Goupi-Mains rouges… une fresque agricole, un film de Jacques Becker réalisé sous l’occupation suivant un roman de chépluki…

                      Dispute sur un magot de famille caché par l’ancêtre mais personne ne sait où… Petits meutres en fammille genre l’auberge rouge… mais le magot c’était le balancier et les contrepoids de l’horloge…

                1. Aristarkke

                  Quand on pense qu’ elle a débuté il y a deux ans avec un sac à main à 1.200 roros, on ne peut qu’ admirer la progression à 15.000…

                    1. Pheldge

                      Hmmm, « voiture acheté cash, il y a 3 ans », surtout ne pas s’en vanter, le fisc pourrait l’appendre … (par un voisin ou un « ami » jaloux ). Prudence …

        2. Val

          @sam je n’ai pas la même vision que toi . Je pense simplement que Macron, comme tous les soutiens qui (le)lui bourrent (le mou) font partie de la même strate de population. Ces types ne naviguent que sur leur strate. Leurs spin doctors font partie de la même caste et les logiciels qu’ils manipulent pour « tuner » les discours sont devenus caduques. Leur problème est qu’ils n’ont aucun moyen de s’en rendre compte car ils ne se rencontrent qu’entre eux mêmes : « mirroir mon beau mirroir dis moi que je suis la plus belle ».

          1. René-Pierre Samary

            Je pense que la sortie de Macron sur la colonisation est un discret signal du pied aux « forces de l’immigrationnisme », et cela concorde avec d’autres éléments. C’est le genre de propos qui fait bien au dîner du CRIF, là où exhibent les grands sentiments à la mode, accueil, multiculture, métissage et toussa. Entre le Karcher et le casher, son choix est clair.

            1. René-Pierre Samary

              Ce qui n’empêche pas de souscrire à l’opinion de Guillaume_rc , plus haut, quand il parle de racoler des voix maghrébines. Cela semble paradoxal, mais c’est ainsi. Pour Terra Nova, on peut être à la fois CONTRE l’antisémitisme et POUR des vecteurs de l’antisémitisme. Dans les deux cas, ce sont les Français qui paient les violons de ce bal des vampires.

                1. René-Pierre Samary

                  Aujourd’hui, manif statique (on verra bien) place de la République… avec parmi les organisateurs SOS-Racisme, le Cran, la Ligue des droits de l’homme, le Mrap… Ne rions pas, c’est nous qui les payons pour qu’ils nous enc……

            2. sam player

              @RPS

              « C’est le genre de propos qui fait bien au dîner du CRIF… »

              De la part de Macron qui n’a pas de programme mais dont on sent bien qu’il agglomère du best-of au tractopelle, cette sortie paraît aussi bien sotte que grenue tant le sujet est clivant, à droite comme à gauche.
              Pour un président en exercice c’est déjà dangereux (cf l’homme africain de Sarko et *les* civilisations d’autres)… alors pour un candidat c’est du suicide : ça n’apporte pas de voix, ça peut juste en faire perdre.

            1. Pheldge

              faut toujours qu’il fasse son savant (de Marseille ) ! Harry, tu pouvais pas dire que « mirror » c’est en grand-breton que ça prend 2 « r », tout simplement ?

          2. Dr Slump

            Moi je pense plutôt que les spin doctors savent très bien que cela n’a aucune espèce d’importance d’être cohérent, en vertu de 2 règles cardinales, que Mazarin lui-même connaissaient déjà à son époque:

            – on peut trouver des incohérences chez tout le monde, et au cours d’une conversation, il est fréquent qu’on puisse constater que l’autre se contredit lui-même. Personne ne peut prétendre être parfaitement cohérent en paroles et en actes

            – c’est sans conséquences, car les gens oublient ce que vous avez dit, et rares sont ceux qui chercheront à vérifier la cohérence de vos propos dans le temps. D’où la vérité du principe selon lequel « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

            Au final, le foule sentimentale ne retient que des impressions, et le travail des communicants se joue entièrement sur le cerveau limbique. Peu importe que Macron dise blanc à une catégorie définie pour ensuite dire noir à une autre catégorie, parce que chacune de ces catégories ne va retenir que l’émotion/impression qui lui est adressée.

            Même à l’ère du web 2.0 où tous les faits et propos sont enregistrés, vérifiés et commentés par la sagacité d’internautes engagés, un fait chasse l’autre, et les casseroles de Fillon qui font grand bruit aujourd’hui finiront par perdre en intensité demain, la grande affaire du jour sera bien vite chassée par une toute nouvelle toute fraîche.

            C’est la société du pestacle, qui se résume à un impressionnisme médiatique évanescent. Faire une impression dans le moment, sans égard ni pour la vérité, ni pour la pérennité. C’est la fête et après nous le déluge!

            1. Lark on the Wing

              Il est bien dommage en effet que l’estoppel ne trouve pas application dans le domaine politique… ainsi des variations macaroniques sur la colonisation…. mais bon, j’aimais bien aussi le cynisme insolent de Gastounet, qui avait baptisé son beau voilier neuf du nom de Palynodie2…

              Qu’en dirait Monsieur le Duc de Saint-Simon ?

              ***

              Ainsi que l’écrivait M. de Meaux, dans son Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même « Le plus grand dérèglement de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet ».

              Il y a là une forte idée, durement pourpensée, que ces politiqueurs qui offusquent la clarté, ensemble de la langue française et de l’esprit public, devraient méditativement excogiter.

              Monsieur le Duc de Baucé, toujours pris dans les lacs de ses déportements demi-avoués, et les rets chaque jour plus serrés d’une conjuration patente de la classe jacassante, fort animée contre lui, devrait s’en inspirer, et suivant les avis de M. de Phenèque et quelques autres, opiner à chercher une retraite en un lieu éloigné, aux fins d’y faire son salut, loin des vaines agitations du monde.

              Le Vicomte de Maqueron, par une marche profonde mais de peu de subtilité et d’une grande noirceur pour les intérêts de notre nation, si ce n’est les siens propres électoraux, s’est rendu en Alger pour y genuflexer devant le Dey, en reconnaissant l’atroce outrage jadis commis par notre Marine et notre Armée qui avaient porté le fer et le feu dans ce repaire de pirates : les galiotes à bombes et les mousquets avaient vengé tant d’iniquités commises sur nos côtes, dans la Provence et ailleurs…

              Ce placet d’humiliante humilité en fut délicieusement agréé par la gent barbaresque sur place, tandis que les smalas de nos Cafreries en firent grands feux de joye, à leur constant usage… Pourtant quelques Malcontents, même battant pavillon de la Vraye Gôche, en manifestèrent quelque gêne cafarde…

              Pour ce qui est de la rafataille, celle d’origine du Royaume, selon les mouches de M. d’Argenson – et mise hors la sinistre truanderie habituelle des émotions populaires – il apparait que nos gens de peu sont outrés d’indignation des palinodies maqueroniennes, cherchant avec évidence à s’avantager du vote des Cafreries.

              Un ami de Lord Stairs, ce comte Blair d’Orwelle, assez bien connu sur l’autre rive des Straits of Dover (l’impudence de la Perfide ne connaît pas de limitations en toponymie) parlait d’un trait pour ainsi dire consubstantiel à la masse roturière : il l’appelle la « Commone Decencie ».

              Je crois qu’il voit juste, et davantage encore dans le cas du Duc et du Vicomte, qui en sont à l’opposite…

              ****

              PS : j’entendais l’avantageux Einthoven le Jeune, cette semaine, sur les ondes de F.Culture, dissertant de la « Common Decency », baragouinant de cette « Décence Commune » dans sa langue si particulière.
              Si l’on se réfère à l’expression anglaise « It’s very decent of you » dont l’équivalent français est « c’est bien honnête de votre part », qu’employait ma mère-grand, je pense satisfaisant comme traduction « une honnêteté (morale) élémentaire ».

              1. Bonsaï

                Merci pour ce nouvel épisode passionnant et fort plaisant.
                Entre autres on retiendra cette superbe formulation :
                « Le Vicomte de Maqueron, par une marche profonde mais de peu de subtilité et d’une grande noirceur pour les intérêts de notre nation, si ce n’est les siens propres électoraux, s’est rendu en Alger pour y genuflexer devant le Dey. »

                1. Lark on the Wing

                  J’hésite quand au siège social de mon fanne-cleube, dont vous êtes de plein droit Présidente, chère Lady B… Chartres, Versailles, Blaye, ou encore Ruffec….

                    1. Dr Slump

                      @Lark

                      Le Joe Bar… bombe silicone et bière éventée, mouais…

                      Ca me renvoie à la question que je me posais tantôt: devrais-je passer plutôt le permis moto, ou le permis de chasse? L’un vous ouvre la route et vous mets le lointain à portée de main, l’autre vous enracine et vous arme face à l’incertain. Tout réfléchi, le permis de chasse me tente plus. Je n’ai pas d’or, mais je pourrais au moins avoir du plomb.

                    2. Dr Slump

                      Euh, Lurk in the woods, c’est ça?

                      La vidéo là… des beatniks montés sur Harley dégommés par des rednecks en pick-up délabré… c’est pas ce que j’appellerai un encouragement, ça tue même le principe du « un tiens bon vaut mieux que deux tu l’auras ».

                      J’avais même oublié cette scène de fin, dans le plus pur style « crépuscule d’un rêve libertaire frelaté », ça m’a carrément déprimé, merci beaucoup hein! Pour la peine, y’a un ouiski 18 ans d’âge qui va se faire le plaisir de couler dans un verre tumbler sans rocks ni flocs, et du verre fissa derrière la cravetouze, glou! Et avec tout le respect que je te… eh, ben voyons mon cul oui, enfoiré va! Me chiffonner le palpitant comme ça, avec des images de débandade que c’en est à pleurer!

                    1. Lark on the Wing

                      Doc, tu peux avoir les deux pour le même prix….

                      youtube.com/watch?v=qf1rZ8E3ToM

                      Des Libéraux en meute ?

                    2. Lark on the Wing

                      Doc, t’es beaucoup trop sensible… c’est juste du celluloid, hein ?… après « coupez », ils se relèvent… je t’assure…

                      Bon, allez, puisque tu es une âme d’élite, qui aime les produits écossais, va donc regarder le vieux « Whisky Galore » : ça finit bien…

                      Tomorrow, as you guessed somewhat eerily, I’ll be lurking in the woods, hoping to shoot the odd wild boar… but I won’t ride a hog, I’ll drive sedately to the hills in a truck….

                    3. BDC

                      Ça me rappelle feu ma grand-mère, présidente du club des aînés de son village, que ses enfants ont obligée à démissionner car elle servait de couverture à toutes les magouilles du maire.

                    4. BDC

                      Non Doc la pauvre, ma mère lui a fait arrêter ses tournois de belotes à temps, trop risqué dans ce pays ! 😉

  10. cherea

    Personnellement, je verrai d’un bon oeil une initiative française sur l’Europe…mais bon on peut en douter. Le principal reproche envers l’UE c’est le manque de démocratie directe…bref on n’y comprend rien. je verrai bien un referundum du genre « Après le brexit, souhaitez-vous que le Royaume-Uni ait encore accès privilégié au marché unique européen?? » voila la question à poser avec un NON franc et massif qui l’emporte et ensuite dire « j’invite tous les pays de l’UE à poser cette question à leur population et nous aurons un vrai referundum européen avec un européen une voie » et un résultat global. Large victoire du non. Rien de mieux pour la cohésion que pointer un ennemi commun.

    Évidemment, cela n’arrivera pas…

    1. honorbrachios

      @cherea :
      Des initiatives françaises il y en a plein au niveau européen : taxes par ci, impôts par là, interdictions par ci. messages bisounours par là, mankagagner par ci, amendes par là, placements de copains par ci, créations de commissions par là….
      De fait, il faudrait mieux une initiative anglaise …

      1. Aristarkke

        Vous avez oublié « régulation de la finance », toujours approprié de la part de son ennemi…
        Mortel l’ ennemi qui n’aura tenu qu’ un quinquennat (en regardant le calendrier, pas le travail effectué et encore moins les résultats)…

  11. Chris

    Je ne comprends pas le sens (ou plutôt le but recherché) du propos de l’article sur le paiement des charges sociales par les salariés : ce sont les clients qui payent seuls l’ensemble des salaires et des charges sociales des entreprises choisies pour leur fourniture de marchandises ou de services.
    Pour apprécier la rentabilité d’une place française par rapport à d’autres places, c’est bien l’ensemble du coût salarial qu’il faut envisager, en plus des autres coûts (immobilier, impôts, etc …).

  12. Lambda Expression

    Comme je suis un peu dans le milieu, je peux vous dire que ça faire hurler de rire les intéressés quand on leur parle de Paris. Je ne suis pas entièrement raccord avec le boss quand il dit « le bien-être des salariés est le cadet des soucis des entreprises, notamment des entreprises financières ». Ou plutôt si, il a raison sur le fond mais sur la forme ça ne se passe pas complètement comme ça. Ce n’est pas comme si ces gars-là (acteurs de marché), on en trouvait à tous les coins de rue. En conséquence on fait un peu attention à ce qu’ils pensent. Et je peux vous dire qu’ils n’ont pas trop envie de venir payer l’ISF ou de se faire éclater avec l’IR. Je vous promets de GCG city center at rush hour en 1h30 ca refroidi. Car ces types commuteront probablement comme je le constate avec ceux qui d’ores et déjà ont été mutés à Dublin. Pour info dans les bons jours, City Airport – Dub c’est 45 minutes. 15 minutes max pour sortir de l’aéroport et moult taxis qui prennent ce tunnel qui met le centre a 15 minutes de l’aéroport. D’ailleurs les impacts se font déjà sentir : l’immobilier explose et c’est reparti comme en 14. Notons au passage que c’est exactement pour cette raison que l’Irelande est partie en vrille. Sont cons parfois… mais bon c’est le marché qui fait le prix.
    Pour la petite histoire, les mutés à Dublin dont je parle bossent pour une banque Allemande, ce n’est pas suite au Brexit qu’ils ont bougé. Mais la raison qui les a fait bouger non pas en Allemagne mais a Dublin sera certainement la meme pour les autres quand le Brexit viendra.
    L’analyse de boss est correcte et corrobore mon expérience. Il y aura bien 2 3 pekins qui viendront mais si la masse doit bouger, je veux bien perdre une couille si ils se ramènent en Grance. De plus, je pense qu’au final en cardinalité ca sera pas énorme. Les desks qui traitent devront être en Europe continentale, question de licence, je doute que les middle et back office bougent.

    1. Lark on the Wing

      Perdre une couille ? Diable….

      Cela me rappelle une vieille histoire, celle de ce garçon qui n’a aucune chance au jeu et perd tous ses paris. Un jour, ayant une douleur mal placée, il consulte et son médecin lui dit : « tiens, c’est curieux, mais vous avez un troisième testicule qui vient de descendre »… ?…. « ‘mais rassurez-vous, si c’est très rare, c’est sans aucun effet sur votre santé »…

      Tranquillisé, notre ami retrouve ses copains au café, et il lui vient une idée de pari imperdable et il annonce à la cantonade : « Je vous parie qu’entre Sam le barman et moi, nous avons 5 testicules! »…

      Tous ses copains viennent parier contre lui, et il jubile jusqu’au moment où Sam vient lui glisser à l’oreille : « je ne sais pas quel jeu vous jouez, mais j’espère que vous en avez quatre! »….

      Bon, hein, Paris ou paris… la bourse… n’est-ce pas ?… « cet endroit où les riches se volent entre eux »….

    2. Aristarkke

      Je vous suis dans cette idée qu’ au mieux (et avec beaucoup de si pour embouteiller Paris entretemps) ne viendront en Europe continentale que des équipes minimales pour assurer l’implantation d’ une entité traitante et encore parce que cela se révélera indispensable en tout état de cause. A l’ heure de la téléphonie illimitée pour pas cher et d’ internet itou, il n’y a aucun besoin d’être physiquement présent en France pour traiter sur son marché financier pas plus que d’habiter New York pour traiter sur le NYSE.
      La seule difficulté est le décalage horaire…

  13. Marco40

    Je mets un bémol (ce qui est exceptionnel vu que je lis et j’approuve avec plaisir quasiment tous les articles de notre hôte) sur un point double car liés :  » Peu importe qu’un salarié paye de fortes charges sociales (puisque c’est le salarié qui va les payer) » reprise d’une partie de l’article « Les Echos » tiré d’un dire de René Proglio (« les charges qui pèsent sur le salarié n’intéressent pas Wall Street. »)
    Ancien jeune employeur avec plusieurs salariés, c’était moi qui faisait les virements et chèques des diverses taxes et cotisations patronales ET salariales.
    Cela amène a une aberration française (cela existe peut-être ailleurs, je n’en sais rien) où l’on enfume les gens avec une part salariale et une part patronale.

    Il serait juste mais tellement gênant pour les socialistes de gauche et de droite, de ne parler que du salaire complet (net+part salariale+part patronale) ET du salaire net.
    Car au final, ne compte pour l’employeur que le coût complet de son salarié. Et pour le salarié, le montant qu’il perçoit effectivement et qu’il peut « librement » disposé.
    La différence part salariale / part brut, n’est que dans dans une variation du net pour la première, la variation du total pour le second.
    Enfin, Proglio se « trompe » en affirmant qu’ils s’en fichent de la part salariale : s’ils veulent les meilleurs, ils n’ont pas intérêt à ignorer la part salariale car les salariés, notamment (et pas que) les « stars », regardent leur NET.
    Pas sûr qu’un trader ou autre haut potentiel ai envie d’avoir le même brut salarial qu’il touchait en GB qu’en France….

    Il y a ce lien, mais cela date de 2014, où l’on voit bien qu’en GB, l’ensemble des charges sur le salaire est plus important en France (aussi bien la part salariale que la part patronale). Par contre, en 2014, ils douillaient pour l’IR… avec l’hypothèse retenue par Le Figaro. A vérifier sur de plus hauts revenus.

    http://www.lefigaro.fr/impots/2014/09/14/05003-20140914ARTFIG00049-france-allemagne-espagne-les-ecarts-entre-salaire-brut-et-net.php

    1. Comme un autre commentateur l’a mentionné plus avant, la partie « l’entreprise n’est pas préoccupée par le bien être de ses employé » est un peu à l’emporte-pièce, et c’est voulu. Oui, en effet et de façon évidente, le coût total employeur joue en défaveur de la France. Et oui, l’entreprise fait tout de même attention à ses employés (sinon, ils s’en vont, en substance).

      Mais le point principal est qu’en réalité, il y a une telle accumulation de points négatifs en France, même en évacuant complètement la question des charges, que la coupe est pleine avant même d’avoir abordé cette question.

      1. BDC

        En parlant du bien-être de ses salariés. Ma boîte organise un séminaire et la direction a eu l’idée de faire voter les gens sur un choix parmi quelques destinations. Intention louable mais alors ça a fichu un tel bazar, jamais vu autant de disputes, même parmi ceux qui voulaient le même hôtel ! Et pourtant le résultat était clair, un 2ème tour aurait été inutile. Finalement c’est à se demander si les gens auraient été moins frustrés si la destination avait été imposée par la Direction. Me sens bien isolée, quand je vois la réaction de mes congénères à un vote sans appel, ils se tiennent bien plus tranquilles quand ils sont dominés plutôt qu’égaux en droits.

        1. Higgins

          Mon expérience personnelle m’incite à penser qu’il faut mieux imposer un choix dès que l’effectif dépasse 5 ou 6 personnes. Je suis amené régulièrement à organiser des repas dans des restaurants, en fonction des convives, je suis de plus en plus directif. C’est beaucoup plus simple.

          1. sam player

            Oui, comme pour les gosses Higgins : quand tu leur demandes ce qu’ils veulent en fin de repas (yaourt, bonsaï p’ti suisse, fromage, crème, fruit… puis parfum…) la porte du frigo peut bien rester ouverte 1/2 heure !

            Pitié pour la planète et le GW… la même chose pour tout le monde !

              1. sam player

                T’as du louper des morceaux… et d’autre part avec les gosses des différentes branches on s’est souvent retrouvé à au moins 10 à l’occasion de weekends ou de vacances scolaires, au ski ou lors des vacances d’été…

                1. Aristarkke

                  Je ne pense pas que convoyer un troupeau de marmots de la famille pendant huit ou quinze jours pendant des vacances ludiques soit assimilable à se fader les siens seuls et en permanence… Chacun son expérience…

                    1. Black Mamba Warrior

                      Il y a maintenant plus de 20 ans, j’avais un pote camerounais qui était en 5 éme année de médecine, il était fauché, le peu d’allocation logement et argent qu’il gagnait dans des jobs, il envoyait son gagne pain au pays où il nourrissait sa famille et tout un village. Sa fierté et son point d’honneur de se rendre utile ainsi tout en poursuivant ses études, le mec n’avait rien à manger.
                      J’ai un jour cassée ma tirelire et je suis allée lui faire des courses. tout un cadis remplis à raz-bord. Je me suis coltinée tous les sacs en bus jusqu’à chez lui. Quel fut sa surprise quand il m’a ouvert la porte, il avait les larmes aux yeux. Il a rangé chaque denrée précieusement.
                      Il m’a raconté quelques jours plus tard qu’il avait passé des heures à regarder son placard et son frigo rempli à raz bord. il ne savait pas quoi manger et surtout il se faisait plaisir de voir une tel abondance. un poids énorme du manque lui avait été ôté. il a poursuivi ses cours en toute sérénité.

  14. Pat

    « si l’on se rappelle que ces charges sont finalement payées par le salarié quoi qu’il arrive ». Ben non, toutes les charges sont bien payées par l’employeur, et ce n’est pas jouer sur les mots. Si le salarié touchait la totalité de la somme, et devait reverser lui-même ses charges à l’Etat, et tant qu’à faire qu’il se chargeait aussi de tout la partie administrative correspondante, et pourquoi pas aussi de faire entrer l’argent nécessaire dans l’entreprise, ce que font les indépendants et les professions libérales, il verrait la « nuance ».

    Là où le salarié « paye » réellement, mais indirectement, c’est quand il se retrouve au chômage.

    1. sam player

      Juste un exemple que je cite souvent ici et qui contredit ce que vous dites :

      Coût total pour l’employeur d’un salarié payé 50KE brut :
      – en France 77KE
      – en Australie 55KE

      Et c’est bien pour cela qu’un salarié australien gagne déjà 50% de plus qu’en france (même plus en réalité car le reste est à l’avenant) . Et même en prenant en compte les IR plus élevés et les taxes locales moins élevées le différentiel subsiste.

      (données issues de Forbes, lien déjà mis ici plusieurs fois).

    2. « toutes les charges sont bien payées par l’employeur, »
      Non. Le chèque est fait par l’entreprise, mais c’est pris sur le salaire du salarié. S’il n’y avait pas ces charges, l’entreprise pourrait verser Net + C.Salariales + C. Patronales et le coût de l’employé resterait le même. Lui, en revanche, toucherait beaucoup plus. C’est bien son pouvoir d’achat qui est diminué, pas celui de l’entreprise (qui ne change pas dans ce cas de figure).

      1. Régis33

        Tout à fait exact .
        C’est ce que j’essais d’inculquer à mes salariés :
         » Tu sais , moi je m’en fous , que je te donne à toi tout directement et que tu fasses ce que tu veux avec , ou que j’en donne une partie à l’URSSaf et autresssss , pour moi c’est pareil , à la fin je paye idem , par contre toi salarié , tu te fais enc…é de x000  »

        Croyez moi , ça fait réfléchir , surtout quand je leur fais le calcul exponentiel de leurs cotisations retraite vs ce qu’ils pourraient avoir , placer , et toucher les dividendes à la fin , tout en laissant le capital aux héritiers . 🙂

      2. Aristarkke

        Non seulement il toucherait plus mais il conserverait la liberté de choisir ses placements en vue de sa retraite, par exemple.
        Mais il faut admettre, à regret (sanglots longs) que ce mode opératoire de bon père de famille resterait vain dans un environnement aussi instable sur le plan fiscal que celui de la Grance puisque tout est de plus en plus fait pour euthanasier le rentier autre que le politicien, bien entendu…

      3. Pat

        C’est bien l’entreprise qui paye et fait faillite ou licencie quand elle ne peut plus payer. Il n’y a qu’au pays des bisounours que la somme globale serait reversée au salarié, si ces charges n’existaient pas.

  15. Balthazar

    La plupart des postes de middle et de back office seront remplacés par des traitement automatisés quand enfin les processus métiers auront été rationnalisés.
    Que faire de cette masse d’encadrement intermédiaire qui n’encadre personne ou qu’elle même, et dans le meilleur des cas des prestataires qui font le travail que les internes ne savent pas ou ne veulent pas faire qui constitue la partie charge sans valeur ajoutée hormis le fait de créer des postes de direction pour croire encadrer tous cela… ?

  16. panchovilla

    autre avantage de Paris, la joyeuse animation nocturne procurée tous les soirs ces temps-ci par une jeunesse issue de la diversité qui chante et qui danse et qui fait rire les oiseaux ho-ho tout en distribuant du bonheur en herbe à fumer, aidée par la non moins joyeuse jeunesse étudiante à la fois festive et studieuse, qui tout en étant depuis 8 à 9 ans en fac de sociologie et de partage du bonheur délivre sans fard ses messages d’amour :laissez-moi tout casser pour la justice et la paix, et versez moi des allocs pour que je puisse continuer à (rien foutre) lutter pour votre bonheur.

    1. Lark on the Wing

      J’aurais pensé, pour ce slogan à la con, à « Share Paris » qui pouvait s’écrire aussi « Cher Paris »… mais bon, on m’a rien demandé, et puis, l’Anidalgueau aurait trouvé que ce rappel de son budget en déficit permanent… hein ?

    2. nemrod

      Oui.
      On va va payer.
      On pourra toujours regarder les ODS se goinfrer à la télé.
      Moi je passe mon tour et serais à la chasse.
      Tranquille et seul.

  17. theo31

    La tradition est respectée : de la morue en provenance de Paris aujourd’hui. E bien faisandée s’il vous plaît.

    Sinon, il faut être un gros taré pour vouloir venir travailler dans ce pays de cons. Ou alors, il y a capitalisme de connivence sous roche.

  18. albundy17

    « La consommation électrique annuelle a augmenté de 1,5% à 483 térawattheures (TWh) l’an dernier, année bissextile qui a enregistré une température moyenne de 0,8 degré inférieure à celle de 2015, a précisé le gestionnaire du réseau électrique à haute tension dans son bilan annuel. »

    Arf, saloperie de réchauffement climatique 😀

    La NASA vient de le confirmer : 2016 a été l’année la plus chaude depuis le début des relevés en 1880.

    1. Bonsaï

      Comme c’est bizarre, l’hiver 2016-2017 en Europe occidentale (France, Belgique. Suisse) a été extrêmement froid pendant les mois de décembre et de janvier…
      Des références ? Non, mais j’y étais !

  19. Aristarkke

    Le rêve d’un brexit favorable à la Grance fait aussi peu de cas de l’ attitude de Londres face à la finance on the Thames.
    Fort étonné serai-je dans la concrétisation d’ un brexit faisant peu de cas de cette industrie si facile (en théorie) à transplanter ailleurs. Quand on traite jusqu’à 40% des marchés financiers, il est sûr que le gouvernement britannique n’ agira pas aussi légèrement que n’en serait capable le gouvernement français (abus de langage pour le second cité mais je n’ai pas le courage de creuser pour trouver une appellation plus en rapport avec la triste réalité).

  20. lxy

    Ane-Hidalgo veut obliger les parisiens à prendre le métro pour réduire la pollution automobile. Or j’ai lu que la pollution dans le métro était dix fois supérieure à celle dans la rue. Serait-ce une façon sournoise d’exterminer de façon indolore les sans-dents qui encombrent et enlaidissent le Paris-Bobo ?

  21. lxy

    Le dirigeant d’une société franco-anglaise d’ingéniérie pétrolière en difficulté pour des raisons évidentes me disait qu’ils allaient licencier en priorité leurs Ingénieurs français, malgré le coût pharaonique des licenciements en France. Il me disait que « grosso modo » le net touché par les Ingénieurs français était comparable à celui des Anglais mais que les charges sociales payées par l’entreprise en France étaient considérablement plus élevées.
    Pour des cadres très bien rémunérés le confort de vie à Londres est substantiellement supérieur à celui de Paris. Y’a pas photo !
    Un exemple parmi d’autres. Vous pouvez payer une employée de maison en liquide sans aucune déclaration, ni paperasserie. C’est à l’employée de déclarer ses revenus et d’acquitter les charges correspondantes.

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