Bonnet blanc et blanc bonnet

Le Pen ne dit pas que des bêtises. Outre qu’il lui arrive aussi d’en faire, parfois cependant, il sort un truc juste. Celui qu’on pourra porter à son crédit c’est d’avoir, depuis bien longtemps, claironné sur tous les toits l’absence en France de différence factuelle entre les politiciens de droite et ceux de gauche. Force est de constater que sur ce petit aspect des choses, il a bien raison…

Certes, s’il tient ce discours, c’est exclusivement pour se démarquer et se poser en réelle solution aux n-ièmes errances des étatistes de droite et de gauche, en proposant à son tour des solutions qui sont elles encore tout aussi étatistes… Mais le constat est là : Nicolène Sarkozal et Ségolas Royalzy, même combat !

Aux dernières interventions de la Pudibonde des Deux-Sèvres, en effet, on a pu constater que les différences avec son ennemi préféré n’étaient finalement pas aussi marquées que certains le croyaient jusqu’alors. Et ses propositions qu’on qualifiera fort gentiment, à l’instar de Libé, comme « allant parfois à l’encontre de la pensée socialiste » ont eu le mérite de déclencher des salves de comportements excités de la part de députés des deux bords.

On pourrait en effet noter avec étonnement les réactions de ses « amis » politiques de gauche, qui, globalement, sont tous effarouchés. Ses « amis » socialistes ne sont donc pas tout à fait socialistes. Ou pas tout à fait ses amis. Ou, plutôt, franchement socialistes et assez aguérris, ils ont flairé dans les déclarations de la mère Ségo une bonne façon de se débarrasser à peu de frais d’une encombrante candidate aux vues par trop « libérales »[1].

Côté « ennemis » – la droite, si l’on en croit les média – , certains se réjouissent des saillies de la Dame du Poitou, qui viennent mettre de l’eau au moulin du candidat auto-désigné par les sondages, le petit Nicolas. Mais la confusion règne : il ne peut décemment pas jouer la surenchère, ni ne peut – officiellement – désavouer l’impétrante qui, machiavéliquement, vient brouter ses pâturages, sans qu’il perde une partie de sa crédibilité. En bref, pendant qu’à gauche, on rouspète, à droite, on rit jaune.

Quant à la presse saprophyte, traditionnellement très moralisatrice, le petit doigt en l’air et les gros yeux de sortie dès qu’il s’agit d’un discours ferme, ne trouve rien à redire, ou si peu, qu’elle en égare manifestement elle aussi ses repères. Si taper sur Sarko, c’est simple et ça ne mange pas de pain, taper sur Ségo, c’est décidemment plus embêtant. On se demande bien pourquoi…

Et petit à petit, dans tout ce marigot qui s’agite autour de petites phrases à l’emporte-pièce, le pugilat dans la boue continue. Bientôt tous couverts des étrons de l’autre, on ne reconnaît plus exactement qui est où, qui dit quoi, qui fait quoi … et qui s’occupe de nous, nous qui payons pour ce match coprophile. Et ce qui est intriguant, c’est que pour le moment, ce ne sont que des petites phrases, rappelons-le : au contraire de lois qui déclenchent des mouvements de foules téléguidées, ces petits rots de droite et de gauche ne seront pas suivis du moindre effet, si ce n’est éventuellement la petite odeur nauséabonde qui s’insinue dans la conversation, comme à toute fin de banquet surarrosé.

Finalement, ça y est : la démocratie a réussi à produire ce qu’elle fait le mieux, un consensus mou sur les bases les plus médiatiques, les plus raccoleuses et les discours les plus simplistes… Il n’y a maintenant plus de différence objective entre la droite et la gauche : l’une et l’autre visent l’accroissement de l’état policier, l’une en se gargarisant dans le social, l’aide, le festif et le citoyen convivial et généreux, l’autre en cageolant doucement les petits nationalistes qui sommeillent en beaucoup. Et quand une recette permet à l’un des deux camps jumeaux de prendre un peu d’avance, l’autre joue immédiatement la surenchère.

Si l’on regarde dans les détails, on retrouve chez la Royal Air Force les mêmes recettes éculées que chez le Sarkozy Fight Club. Ainsi, d’après la Ségo, faut-il mener une politique « beaucoup plus ferme » avec des « solutions massives » pour « rétablir un ordre juste ». Au delà du florilège improbable de termes flous qui masquent à peine l’indigence d’un discours creux, on admirera le trait caractéristique de l’amoureuse de la dépense publique : si une réponse doit être apportée, elle le sera par l’état, et elle devra être « massive », ce qui sous-entend, fort coûteuse. Quitte, d’ailleurs, à mettre au travail les militaires. Du massif poilu avec une paire de claques, on vous dit ! Et pour l’addition (5 milliards par an), on fera aussi dans le massif.

Comme à l’habitude de tout politique menteur qui se respecte, elle a aussi proposé une mesure qu’elle ne mettra évidemment pas en place : la mise sous tutelle des allocations familiales lorsque des « incivilités » sont constatées. Et elle ne le mettra évidemment pas en place, parce que c’est interdit depuis une loi de 2004, et parce qu’elle a expliqué très clairement, à Libé, en 2001 que « tant que je serai ministre de la Famille, il n’y aura pas de suppression des allocations familiales ». Il est vrai qu’elle n’est plus ministre de la Famille ou des Courants d’Air Frais, mais on se demande cependant ce qui a poussé l’agaçante idiote à changer si brutalement de position… Les présidentielles ? Ooooh, non, vous n’y pensez pas !

Entre autres mesures bidons, elle propose aussi de coller un garde-chiourme (en Novlangue, on appellera ça « Un tuteur des collégiens ») dans les classes, en plus du professeur. Ainsi se prend-on à imaginer un cours de Français dispensé par M. Duvivier & Momo. C’est M. Duvivier qui parle, et c’est Momo qui cogne. Les collèges ne seront plus tout à fait ce qu’ils étaient. J’entends déjà les sonneries stridentes, à 17H00 tapante, retentir dans les établissements, immédiatement suivies du bruit lourd des grilles métalliques dont le verrou magnétique se relâche pour laisser sortir les détenus élèves, rejoignant leurs visiteurs familles au parloir à la sortie…

Enfin, elle estime que les établissements carcéraux scolaires de plus de 700 détenus élèves doivent être scindés en deux. Comme c’est elle qui payera les nouveaux établissements de sa poche, on ne peut qu’être rassuré d’une telle mesure, probablement très efficace pour baisser les tensions et éviter les bagarres avec les mâtons garde-chiourmes tuteurs de collégiens…


Finalement, les choses se déroulent comme prévu : pour préparer le terrain, l’égérie bienpensante ratisse un coup à droite, un coup à gauche. Ses copains lui tirent dans les pattes. Sarko applique sensiblement la même démarche, en obtenant sensiblement les mêmes résultats, et avec à peu près les mêmes réactions chez ses adversaires et ses « amis » politiques. Si aucun des deux n’explose en vol d’ici 2007, il y a fort à parier que le choix des électeurs se portera dans une bienpensante de gauche qui fricote à droite ou un bienpensant de droite qui fricote à gauche, l’un et l’autre les ongles noirs de la crasse des mannes étatiques dans lesquelles ils auront puisé, puisent, et puiseront pour réaliser leur pseudo-programme.

La route est droite, mais la pente est rude, comme disait l’autre.

Et le mur est compact.

Notes

[1] On emploiera ce terme dans le sens habituel du patron mangeur d’enfants

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