Solidaire et complice

Ce blog a quelques fois été l’occasion de montrer les glissements sémantiques que les agents et les institutions collectivistes introduisent dans notre vie de tous les jours : ces glissements, nombreux, permettent de faire passer, insidieusement, des idées fausses pour vraies, des principes fondamentalement viciés pour des bases absolument humanistes. Le plus grand tour de force du socialisme et du collectivisme, finalement, aura été de faire croire à sa supériorité morale sur le libéralisme. Et ce tour de force, à mon avis, s’appuie d’abord sur un glissement sémantique, celui sur le mot « solidarité ».

En effet, de nos jours, quel mot revient le plus souvent dans les discours convenus de nos hommes politiques ? Quelle demande se fait le plus sentir aussi bien à la base de la population (la fameuse France d’en-bas) qu’en haut de la pyramide (l’autre France, celle dite d’en-haut) ? Quelle réclamation de toutes les couches sociales semble se faire la plus forte ?

Dans chaque discours, on trouve le mot Solidarité. Dans chaque paquet de demandes, on insiste sur la solidarité. Toutes les couches sociales la réclament : la solidarité. On en veut entre les riches et les pauvres. Entre les bien portants et les handicapés, les malades. Entre les vieux et les jeunes, entre ceux qui travaillent dans le privé et ceux qui travaillent dans le public, …

Le premier glissement sémantique que les communistes, les socialistes, les fascistes et les collectivistes de tous poils ont introduit fut imposé à ce mot là : solidarité.

Car en pratique, quel meilleur moyen d’attirer le vote populaire d’un côté, et de l’autre la bienveillance de ceux qui ont ? Quelle meilleure expression que celle qui permet à ceux qui ont de s’acheter une bonne conscience et à ceux qui n’ont pas de réclamer en reportant l’effort sur les autres ?

Du point de vue de l’homme politique, la Solidarité offre un double avantage ; à l’image d’une double-lame de rasoir efficace, qui en un passage unique coupe deux fois le poil, l’utilisation de la Solidarité en politique tranche tout mécontentement deux fois : la première en distribuant aux pauvres par la ponction des riches, la seconde en dispensant les riches de donner aux pauvres puisque l’état s’en charge.

Partant de là, le glissement sémantique s’est opéré dès lors que les collectivistes ont mis en place ce que les uns et les autres réclamaient tacitement ou ouvertement : la solidarité imposée, celle qui s’appuie sur l’utilisation légale et raisonnée de la force pour obtenir la ponction et la répartition. A partir du moment où la solidarité, qui au départ se confondait par bien des aspects avec la charité et l’humanité, se trouva règlementée, enrégimentée dans les institutions mécaniques des états, le sens original s’en trouva perdu. Il n’en reste à présent plus que le cache-misère que les politiques utilisent si souvent pour faire passer leurs idées plus ou moins nauséabondes.

Sous couvert de solidarité, on ponctionne les jeunes pour donner aux vieux. On ponctionne les riches pour donner aux pauvres. Mais on ponctionne aussi les pauvres pour redistribuer entre eux, et parfois, pour redonner aux riches. On ponctionne les vieux pour redonner aux jeunes. On ponctionne les pauvres pour les vieux, les jeunes pour les riches, etc… dans un circuit complexe où, finalement, le seul gagnant est l’état, ses institutions et ses méthodes. A chaque nouvelle ponction correspond son lot d’inégalités, et sa cohorte de demandes de plus de solidarité. Alors, on ponctionne à nouveau, ailleurs, et on rebouche en partie ce qu’on avait creusé au départ.

Petit à petit, il devient évident qu’il ne s’agit plus en rien de solidarité. Comme chacun se convainc aisément, ponctionné de toute part, qu’il est déjà fort solidaire avec à peu près tout le monde, il lui devient d’autant plus difficile d’être solidaire au sens premier. Le don, celui qu’on fait directement, s’effondre. D’abord, parce qu’une fois ponctionné, le pouvoir de donner s’amenuise : dans le domaine de la solidarité réelle – et au contraire de la solidarité fictive, collectiviste – , on ne peut pas donner plus que ce qu’on a réellement. Et aussi parce qu’après tout, on a déjà tant donné pour les autres, il n’est alors plus que temps de s’occuper de soi-même.

Par l’effet profondément viciant du glissement sémantique, plus la solidarité nous est imposée, plus la solidarité réelle, celle du don, disparaît. A la fin, on en vient même à constater un retournement extrêmement révélateur : la solidarité imposée se mue en complicité ; en effet, au fur et à mesure que chacun impose sa solidarité aux autres et à son profit, l’état grossit, le léviathan étend son emprise. C’est par la complicité de chacun des thuriféraires de la solidarité d’état que ce dernier a pû croître dans les proportions bibliques qu’on lui connait.

Et petit à petit, dans cette espèce de folie solidaire qui caractérise nos états sociaux-démocrates baveux, on en vient à constater qu’aider encore plus ses semblables par le biais de l’état ne fait que les enferrer dans leur situation. A chaque paiement d’impôt, à chaque ponction, chaque taxe, on comprend qu’on se rend complice bona fide de la situation, qu’on coule encore un peu plus de ciment sur nos chaussures avant de tenter un trans-Manche en crawl. A chaque privilège qu’on défend, à chaque bénéfice qu’on retire de l’état, on se rend là encore compte qu’on est complice volans nolans de cette situation pathogène, et qu’on cadenasse le boulet au pied des autres assujettis avant de les inscrire aux prochains JO catégorie 100 m nage libre.

Pendant ce temps, le capitalisme le plus caractéristique, presque caricatural tant il est représentatif, se permet de diriger des milliards de dollars (80 !) vers … des causes humanitaires. Qui (ou quoi) a donc forcé, imposé à ces deux titans mondiaux que sont Gates & Buffet de lacher d’aussi colossales fortunes ?

Certains collectivistes, certains politiques, nos syndicalistes, et la plupart d’entre nous devraient à présent se poser cette question : et si la solidarité imposée n’était pas, finalement, la racine du mal ?

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Commentaires21

  1. LeGrosPingouinMuscle

    Quand on sera sous Sego tu seras jete aux lions.
    N oublie pas ton spray anti-lions.

    Ping

  2. SilenT BoB

    Il est vraiment incroyable que dans ce pays on ne comprenne rien a rien. Partout dans le monde les gens travaillent, en Italie ou c’est la dolce vita, croyez-moi, on bosse, mais en France c’est le monde du travail tout entier qui meprisable. L’image des patrons est lamentable, les employes sont prets a tout pour en faire le moins possible, les syndicats ne font toujours que se mettre ne travers du chemin de tout, l’Etat se mele de tout. Nous avons la demonstration que trop de pouvoir reunit en une meme organisation pourrit l’oranisation. Il faut definir les frontieres de l’etat, il faut lui donner des taches a accomplir, il doit dicter les regles du jeu, mais en aucun cas y participer, il doit etre neutre et ne plus etre parti, il doit assumer le bien collectif et basta cosi!

    Nos politiques sont des pros de la politique, des pros de la com et du vent (ou neant, casse-toi que je m’y mette, casse devant-copain derriere, etc….) Il faut enfin limiter le nombre d’annees passees a un poste d’elu. Il faut enfin se servir d’internet pour pratiquer des referendums mensuels dans des communes pour commencer puis au niveau national si marche, redonner au peuple son libre arbitre, ne plus se laisser dicter la marche a suivre par des personnes qui ont tous la meme formation, la meme demarche metale. L’incompetence fait d’eux les gestionnaires les plus nuls du monde civilise. Nous en sommes arrive a point ou meme un revolution est inconcevable, le biberon etatique coupe, que feront-ils?

    La France est un pays dans lequel l’Etat a tout pouvoir, pouvoir meme de faire des juges des petits esclaves, rienm absolu rien n’est libre dans ce pays, tout est sujet a une loi dictee par des personnes qui ne sont jamais des specialistes en la matiere, des gens qui pensent a leur reelection. Le controle de tout leur est necessaire alors ils utilisent la peur pour faire en sorte d’eloigner les citoyen d’un espace qu’ils ne maitrisent pas et ne pourront jamais.

    L’Etat est le bourreau de la liberte, l’assassin de vie, le geolier du libre arbitre, il faut reprendre ce qui nous appartient: notre liberte, quelle qu’elle soit: d’entreprendre, de penser (comme a dit le chanteur fraudeur), de contracter, etc…

    Vive le liberalisme, vive nous qui avons un cerveau, vive la France (qui a nique les espingouins(ping ;p))

  3. woland

    on peut dire la même chose du mot citoyen, completement détourné de son sens… Qui dirige la langue dirige la façon de penser du peuple.

  4. photon

    L’Etat et les collectivites ce sont des hommes. La derive de ce pays est d’avoir lmaintenant une caste d’Etat et des collectivites, mais egalement de tout un secteur accro a la commande publique bidonnee et de complaisance, toute une caste qui vit au crochet de l’economie reelle, la rendant impossible et la pervertissant. La competition devient biaisee entre acteur prive et taxe et machin qui est subventionne et irrigue de commandes faciles par ententes, le prive paye la subvention de ses competiteurs!

    L’Etat facon "a la francaise" c’est bien la pire des choses, recreation de l’ancien regime, un absolutisme republicain en sorte. Il y a la cour a entretenir, les ors, les versailles, les danseuses, et tout un monde, en cercles successifs, vit de la fourniture a la cour de diverses choses moyennant avantages croises (barbichettes)! Comme jadis. Comme l’entrisme etatique fut fort, il deploie ses influences en plus de la moitie de l’economie , la moitie qui compte. Comme ses mecanismes decrits ne marchent pas a la competence, mais a la clientele, le tout se rigidifie en le plus petit denominateur commun, l’entente consensuelle, ce qui amene a la mediocrite. J’avais lu un titre de journal "Liberty, Equality, Mediocrity"… Cette solidarite, c’est la persistence de la devise "bricolage et magouillage sont les deux mamelles du systeme francais". Mais mon propos doit etre complet. Si l’Etat s’occupe de ce qui ne lui regarde pas, il fait egalement mal ce qu’il devrait faire. Pourquoi? Parce que le regalien devant "la fermer" il est donc sans resistance, il est le premier a subir les coupes budgetaires, pour doter les abuseurs et manifestants bruyants et voyants du gras de l’Etat. Ce systeme c’est l’enfermement dans des cercles vicieux, de toutes les parties, individu, entreprises… Ces cercles se co-consolident mais il rebouclent tous sur l’endettement abyssal. On soutien le btp en faisant moult travaux, en bien des villes, politiques de pots de fleurs, trottoir refaits et modifies, reduction des voies, tout ceci dans des comptabilites publiques definitivement dans le rouge, le btp est devenu tres accro, il fait chantage a l’emploi et notamment celui des immigres, c’est un fait! On soutient des activites en les sortant de l’economie reelle, en des associations, a but de formation, avec volet cache business, ce qui permet de reduire les charges et de subventionner; ces secteurs sont confisque a l’entreprise. On place en ces systeme bien des "enfants" des caciques etatiques et meme economique mais abrites et sous influence, c’est un fait egalement. La part disponible au marche – notion interessante – se reduit sans cesse a mesure que des associations etendent leur emprise, a mesure qu’ainsi on deguise du chomage de preference celui de ses amis; il y a ceux qui sont taxes et qui publient leurs comptes et ceux qui sont subventionnes et qui sont en totale discretion, les seconds disposent de l’ensemble des atouts. Il y a ceux qui naissent fils-fille de cacique du systeme, comme jadis on heritait d’une particule et d’un titre et les autres. Bien des activites de service sont ainsi devoyees et confisquees; cercle vicieux dans le cercle vicieux quand ces services sont a la base de la croissance en dehors du royaume; on perd donc a double dynamique!
    Tout est fait pour rendre dependants les acteurs economiques (individus et entreprises) ce qui permet aux guichets, guichetiers de justifier leur existence, l’Etat a la francaise a besoin de ses pauvres et de ses secteurs dependents pour exister! En retour, les individus et entreprises pieges ont besoin des guichets et guichetiers pour survivre maigrement. Entre les deux la haute caste (Etat et gardiens des entreprises royalisees) se frotte les mains vivant tranquille tant que cet equilibre persiste. Il y a une demande sans cesse accrue de "compensations" de tous genres, et en face on met une "offre" en rapport, les hauts dignitaires jouent ainsi a dieu!

    Nous sommes tous en gros d’accord sur le constat. Avec des vecus differents, des cultures differentes, nous voyons le systeme dans toute sa perversite et ses impasses.

    Comment en sortir. Ma voie est depart de France. Elle n’est pas la seule. Il y a les blogs, et j’y apporte un peu, mais c’est assez chronophage. Il y a une voie plus derangeante pour le systeme. Quitter les secteurs ou le machin a collectivise emplois, echanges et regles du jeu. S’allier a des partenaires etrangers, entreprises ne dependant pas du machin, qui peuvent negocier ferme et obtenir des compensations (moyenne a la baisse fiscale)… Le socialisme sous-jacent qui est ce systeme, matine de bonapartisme, implosera sous ses contradictions, il ne peut subir l’eclairage economique des realites internationales. Point ne faut s’user a tenter de reformer. Il faut au contraire precipiter le titanic vers son destin, ineluctable. Renforcer la machine a perdre, pour a terme rendre la periode de reforme ineluctable. Difficile a vivre dans le temps entre naufrage et sauvetage. Toute autre voie rendra plus longue et douloureuse l’agonie du systeme imposee a l’ensemble!

  5. SilenT BoB

    C’est pour cela qu’il faut quitter le machin, faire sa propre retraite, quitter la secu, on sait que tout va imploser et combien vont etre sur le carreau, en tout cas pas ceux qui ne seront pas sous perf etatique.
    Il faut vraiment partir de ce bourbier mal gere par des syndicats et des politques minables. Quand on pense que beaucoup balbutient l’Anglais ca fait froid dans le dos! Ce sont des nuls, alors auqnd on chezles loosers on part pour les winners.

  6. pas dupe

    A ce qui precede, il faut faire un additif. La contrainte croisee. Qu’est ce? Une specialite locale. Par consanguinite et nepotisme, le systeme est devenu clanique, mais performant en ce qui concerne la fuite des informations, et les renvois d’ascenceurs. Il y a l’apparence, il y a la pratique, l’art d’exercer le pouvoir abusif. Soit une entreprise innocente, appelons la EI. Soit une entreprise adoubee, EA. EI veut travailler pour A, grande entreprise nationale. Mais EA le veut egalement en tirant partie de son adoubement. Il se trouve que deja EI travaille pour B, autre entreprise nationale. A finit par savoir ce fait. A demande a B (moyennant retour, comme il est d’usage, et en toute discretion) de trouver a EI des incapacites alors que EI est parfaitement competent. EI est mis en difficulte, si il persiste il se peut egalement que le fisc soudainement improvise une action de "controle", la banque ne tardera pas a marquer sa presence en demandant a EI d’ou viennent ses difficultes "soudaines"… EI est elimine au profit de EA. (cas vu maintes fois, tant que je ne compte plus). A noter que la contrainte croisee connait son pendant. Mecanisme egalement interessant. Soit EA une entreprise adoubee mais totalement decatie. Soit EI un nouvel entrant succeptible de reprendre EA (mais EA presente une image tres differente de celle issue de son passe tumultueux dans maintes derives imposees par les adoubements, bref ses comptes et photos diverses ne presentent pas sa realite mais une image credible tres cuisinee ayant beneficie de moults ententes et compromissions et complicites, tant que "tous" sont mouilles… Il faut donc que cela ne sorte pas, – conjonction d’interet -). Comme EI s’interesse a EA, "anyone heard it on the grapevine" , l’entreprise decatie se trouve soudainement des contrats, un habile "controle" par un controleur "debutant" trouve un faible redressement la ou l’entreprise a derape fortement, mais ce controle leger interdit un controle de fond qui revelerait tout les mecanismes (elle est blanchie pour l’essentiel), derives et consequences fiscales et judiciaires, meme la banque au fait de ces mecanismes trouve en EA des vertus, se cree une image credible de la realite a destination de EI. En fait une creation de verite est a l’oeuvre, attention EI risque de payer tres cher les derives du passe! Un entrepreneur averti en vaut au moins deux! Ainsi donc que vous soyez bon ou pas, mais adoube par votre etat-roi-dieu, sous la condition que vous adheriez aux regles de ce jeu truque vous vivoterez, toujours l’etat-roi-dieu par l’intermediaire de ses fonctionnaire-intendants-anges, cet etat "prevoyant et doux" vous assistera contre les tenants de l’economie reelle, celle qui nuit egalement a cet etat-roi-dieu, comme elle nuit aux "entrepreneurs adoubes". Tres loin du monde reel, celui qui tourne a 4% de croissance, qui vit en competition schumpeterienne, par l’innovation, ce monde date, fait de combines et de franche delinquance! Car n’ayons pas peur des mots c’est une escroquerie bien presentee. Le probleme vient de ce que le francais prefere des escroqueries bien presentees a des realites difficiles. Rude awakening!

  7. photon

    @SilenT BoB En effet. Il faut couper le lien avec tous les mecanismes qui sont tous des ersatzs! C’est en effet quand les plus entreprenants, les plus performants vont quitter le systeme que le titanic va rencontrer son iceberg, celui de ses comptes truques (sens incomplets et donc a retraiter). Ainsi donc rendre service, revient a partir, accelerer le scenario! Laissez les termes loosers, winners. Il y a ici des gens dupes, trompes, tous ne sont pas loosers, ils sont victimes. Meme si ils voient une partie du probleme, leur esprit leur refuse de voir l’ampleur, car c’est si enorme qu’ils refusent de voir la realite dans son ampleur (c’est humain en fait) et les tenants du systeme le savent bien! Par contre et je suis d’accord, il faudra appeler un chat un chat… Quand le moment sera venu. Le moment? Quand des autorites internationales, Europe ou bien au pire FMI, demanderont a ce pays de srentrer dans une periode plus orthodoxe, lire et comprendre epouser la realite de la gloçbalisation et non plus maintenir le passe en endettant sans fin ses enfants!

  8. photon

    L’anglais. Il faut le pratiquer. Le francais sera la langue des gens cultives et de la diplomatie (dans qqs annees du point de vue international cela s’entend), et la langue locale ! La langue vehiculaire du progres, de la finance, de l’economie, des technologies, des sciences sera l’anglais. Pourquoi, parce qu’elle est vivante, pas mise sous cloche, c’est la langue des gens entreprenants, du monde reel, de gens reels, elle est ouverte.

    Syndicats. Il faut dire les syndicats de la fonction publique d’inspiration marxiste. Le syndicalisme en soit n’est pâs un mal. La derive d’ici l’est. L’Etat en soit n’est pas un mal, lorsque minimum, il assure ce que seul le marche et le librement contracte ne peut delivrer… Etc. C’est reellement la derive, la perversion de tous les systemes, qui est a denoncer.

    En fait nous avons en ce systeme, des lecons anglosaxonnes mal digerees. Copies de l’original, mais copies orientees, mises a la sauce des centralisations bureaucratique et a leur service! L’outil de la liberte, s’est, il y a deux siecles, mue en ressourcage de l’ancien regime, changeant l’habit, fardant le visage ; sous la republique est un monarchisme absolutiste qui cohabite avec un marxisme nomenklaturiste. La globalisation est l’ennemi, elle revele le systeme, elle montre ses contradictions, elle est opposee a la derive maginot du patriotisme economique, version renouvelee des mecaniciens et horlogers de l’economie pompidolienne tentant de forcer le destin en une troisieme voie (entre capitalisme et marxisme). On y a recolte les inconvenients des deux sans trouver les avantyages d’aucun, si tente qu’il y en ait cote marxisme.

  9. Emma

    Une fois de plus, H16, je vous trouve très pertinent, très fin et ce billet est l’un des plus justes que vous ayez écrit. Dévoyer la langue c’est dévoyer la pensée. L’emploi abusif et continuellement inapproprié des mots de solidarité, de citoyen devenu adjectif et de quantités d’autres recouvrant des réalités si floues – ah ! la belle clarté d’un Bill Gates donnant son argent et son temps à une cause à laquelle il croit – tout cela pour conforter l’action de l’Etat est un l’indice grave de l’abîme de décervellisation dans laquelle la France est tombée. Nos social-démocraties n’en peuvent plus de vouloir régir la vie des gens, prendre là pour donner ici en sucrant au passage une armée d’inutiles, elles crèvent sous nos yeux mais elles continuent, imperturbables à seriner leur vieux refrain usé jusqu’à la corde. Comme vous, je nous trouve assez complice de cette décomposition lente. Que nous reste-t-il à faire ? Moi, je pense qu’il faut commencer par ne plus accorder du tout de crédit à cette idée de démocratie : la prochaine fois, je vote avec mes pieds.

  10. (merci pour vos compliments)

    Voter avec ses pieds est peut-être la seule liberté qui nous reste vraiment. Pour combien de temps encore ?

  11. photon

    Il va y avoir du monde qui va voter avec ses pieds! Beaucoup de monde! Certains irons à la pêche, d’autres seront encore plus radicaux en partant faire leur vie ailleurs. Ils reviendront de temps en temps voir leur famille, leurs amis ; trouvant quelques mois après que rien ne bouge dans ce vieux monde (impression partagée par tous ceux qui sont "entre"…), mais ils trouveront aussi que les francais en sont toujours dans le vieux débat pour ou contre la liberté en économie alors que là où ils ont fait leur vie le débat se cristallise entre orientations et priorités différentes relatives à l’usage des fruits produits par la liberté en économie!

    L’exemple de Bill Gates est excellent. La solidarité vraie, c’est l’engagement pour et avec, quelquechose et un groupe, en y consacrant de son temps et de son énergie et de ses moyens. Ce n’est pas ce défaussement vers un acteur jugé impartial et désintéressé, qui se montre en fait et partial et intéressé, qui vous laisse si peu que vous ne pouivez plus exercer votre solidarité.

    Tout, y compris les mots sont ici trompeurs. Le sens mis derrière des mots, comme liberté, entreprise, travail, Etat, économie, impôt, etc, ne correspond pas ici à ce que généralement partout où l’économie est libre ils portent!

    Ca sent trés fort la fin de règne!

  12. photon

    A propos, merci pour ce blog pédagogique. Merci de passer de votre temps à éclairer un peu le chemin, quand tant de francais ont choisi "la route de la servitude"…

    C’est un acte "solidaire authentique".

  13. LePetitPingouin

    Vous n’y etes pas.
    Vous croyez au liberalisme pour la seule raison que vous etes des privilegies sans aucune experience de la misere.
    Vous avez tous besoin d’etre eduques, voila la verite.

    Ne pas avancer, c’est reculer.
    Promouvoir le liberalisme, c’est ne pas promouvoir l’entraide, la solidarite, la citoyennete, l’amour et la compassion: et qui n’a que faire de telles choses ne peut etre qu’un egoiste privilegie assassin par bulletin de vote interpose, ecraseur de l’afrique et supporteur de l’Amerique de de Bush.

    VOUS etes les enfants gates et immatures proteges par leur bulle de richesse, insensibles et simplificateurs.

    Qui perd du temps a ecrire des blogs, franchement?
    La solution est dans l’action! la critique est deconstructive!
    Engagez vous, servez de la soupe populaire! torchez des vieux mourants !
    roulez vous dans la misere et la souffrance, devenez indispensable.
    Etre indispensable a la cohorte des refoules de la vie, qu’ils soient a votre botte bienveillante de torcheur de merde morale, vous verrez, c’est encore meilleur que d’etre libre.

    Ping

  14. SilenT BoB

    Mon cher Pingouin,

    Etre une personne qui veut travailler et en ramasser les fruit n’a rien de ce vous dites, etre liberal c’est simplement faire ce que l’on veut dans le respect d’autrui. Or le respect nous n’en avons plus aujourd’hui, le respect est une chose qui se perd, pourquoi? Parce qu’on nous a tout pris, il ne nous reste que peu de libertes au final.

    Le liberalisme ce n’est pas qu’une notion economique, c’est aussi une philosophie, pensez que l’on doit faire les choses que l’on desire sans affecter de facon negative son voisin. Le liberalisme ne vous empeche pas de faire le bien autour de vous. Le fait d’etre riche ne fait pas de vous un liberal, certaines personnes sont pauvres et liberales, pourquoi? Parce qu’elles ont de idees que notre societe ne leur permet pas de realiser. Vous vous meprenez Pingouin, vraiment, l’argent ne dispense pas d’avoir un coeur.

    Je suis un liberal et pourtant j’ai un reve plus que social voyez-vous, je ne vais pas en parler ici, ce serait trop long, mais je voudrais etre un jour suffisament riche pour le faire…

  15. @SilentBob : en fait, Pingouin est ironique (je le connais bien, il partage mes opinions) – ceci dit, vous avez raison : le libéralisme est une philosophie.

  16. cynic

    @Pingouin Bref devenez indispensable defenseur de la veuve, des orphelins et opprimes, en menant un agenda cache d’enrichissement personnel sur les budgets d’aide… Cela s’appelle… le socialisme, tenu par sa nomenklatura, qui vit le politique comme activite alimentaire ou bien le syndicalisme comme une assurance job, ou bien le statut de la fonction publique comme une rente a vie… mais encore les potentats africains… ou bien un Fidel (qui ne s’est pas oublie au passage)… ou bien un Kim.

    Au pantheon du cynisme il y a Jack. J’adore Jack Lang, toujours dans le sens du poil, il caresse les defenseurs, et toujours du cote de la larmoyance il est, bien-pensant avec la bien pensance, un homme parfait je vous dis. Mais il n’est pas le seul. Vraiment ces hommes sont un bienfait pour l’humanite souffrante.

    A cynique jack et ses similaires, cynique et demi!

    Cynique, vous avez dit cynique ? Faisons court! Il n’y a pas pire clientelisme que dans la gauche. Tous les systemes publics sont corrompus : ici il faut la carte du syndicat proche du PS, ici il faut cotiser a.. ici encore on n’embauche que des gens recommandes par un cacique local de la mairie… La solidarite s’exerce ainsi entre porteurs de cartes!

    Donc: votez avec vos pieds!

  17. chris

    H16, vous auriez pu faire un raccourci : la "solidarité" est tout simplement la version douce de "collectivisme". Un faux-nez.

    Et il est surprenant de constater d’un côté la déferlante de "solidarité" dans les discours, alors que la société n’a jamais été aussi individualiste, voire "chacun sa merde".

    Il convient de retrouver le bon sens, le vrai sens, de la culture millénaire asiatique : la vraie collectivité, la vraie solidarité, c’est la famille.
    Point barre.

    Les autres, on s’en cogne.

    Voilà pardonnez moi, mais trop c’est too much. J’en ai assez de tourner autour du pot.

    A propos de pot, certains évoquent la votation pédestre. C’est la parfaite conclusion du débat.

  18. Franck G.

    Merci pour ce nouvel excellent post, cher H16!
    Pour ceux et celles des lecteurs/trices qui seraient intéressé(e)s par un approfondissement théorique de l’illusion redistributive étatique, je les renvoie à la loi de Bitur-Camember: fare.livejournal.com/3261…

  19. photon

    Ne pas sous-estimer la capacite de nuisance de ce systeme.

    Il a survecu au "grand siecle", a la revolution ou il s’est etendu (sous la terreur, sur reglementation et noyautage), a l’empereur (qui transforma les intendants en ministres tout en gardant l’heritage administratif de la terreur), au desastre de sedan, a la premiere guerre (ou toutefois on vit le franc decliner par rapport a l’ensembles des monnaies – debut du plongeon mais mal percu a l’epoque – ), au desastre de quarante (peut etre une possibilite fut-elle perdue: de reformer en profondeur le machin si nous avions ete administre par les americains comme l’allemagne le fut, ceci dit, un temps). Donc ce systeme a survecu a tout! C’est une longue perspective et c’est un systeme puissant, imbecile certes, mais puissant ET bien du monde y a des interets; de plus c’est exerce avec "art".

    Sauf un coup de trafalgar economique severe, une pression forte externe, le systeme ne se reformera pas en un claquement de doigts.

    On peut rever a une reforme; on doit simplement ne pas sous-evaluer la performance (mal orientee certes) de ce systeme francais a tout regenter, a vouloir dominer les hommes et en tirer une fierte. Ce systeme n’est pas reformable, il tiendra sauf implosion; il doit donc imploser! Car s’il est une image iconique de ce qu’il ne faut pas faire du tout (ceci depuis la chute de l’urss) c’est maintenant le systeme francais qu’il faut regarder.

    Oh certes, il y a des naifs la dedans (dans le systeme francais), des saboteurs inconscients, il y a surtout de grands cyniques, comme dit plus haut. Depuis longtemps ils ont compris comment faire "du beurre" sur un systeme mal oriente et que seul l’esprit de caste pouvait permettre de continuer, en toute conjonction d’interets bien compris. Au detriment de l’ensemble! Leur pire bete noire, le liberalisme et son produit, la globalisation (d’ou les tentative de nos grands gourous de surfer sur toutes les vagues alternatives et illusoires, anti-ogm, anti-americanisme, alter-mondialisme, anti-science, anti… , rechauffement climatique, tout ce qui pourrait ralentir la machine qui avance pour eviter a ce systeme statique un ecart trop lourd a porter avec le reel!)

    La votation pedestre est bien le seul moyen de marquer son opinion, et egalement de mettre ses actes en rapport avec sa pensee. Le systeme ne changera pas tout seul. Seulement l’impasse economique le permettra. Mais il faut bien comprendre qu’en ce raisonnement pour aller (a terme) au nord, on doit aller plein sud! Autrement dit partir, laisser les antis agir et s’enfoncer, et voir basculer de loin le systeme sous le poids de ses contradictions et de ses mensonges; ce sera assez cocasse de voir la tete des nomenklaturistes en cette periode!

    Ne tournons pas autour du pot, en effet avec "chris" : seule conclusion, seule facon de mettre ses actes en rapport de sa pensee: votation pedestre, depart, claquage de porte, j’m casse… ; dites le comme vous voulez!

    Les gens non eveilles a ces problemes subiront!

  20. Emma

    Photon, je vous trouve aussi lumineux que notre cher H16. Vous, il semble que vous ayez déjà fait vos valises. Pour un pays anglo-saxon n’est-il pas ? Vos textes sans accent le laissent à penser.
    Comme vous, je ne crois pas/plus à une réforme possible mais bien à une implosion du système qui, comme vous le soulignez fort justement, profite à beaucoup. Qu’est-ce qui en sera le déclencheur ? Il nous faudrait un bon auteur de politique-fiction pour tenter de l’imaginer, un alter-Philippe Muray, par exemple.

  21. photon

    Reponse a Emma. Merci! Entre deux, puis definitivement plein ouest. Je "profite" des articles excellents de h16, de jdch aussi, un point de vue du meme sommet que nous regardons tous mais par un autre chemin… Le declenchement? Le declencheur? Un phenomene de masse critique, comme en physique atomique! Une propagation exponentielle du fait de savoir que la partie est perdue. Car c’est quand, dans les tetes, que la partie est perdue que le perdant devient perdant! En fait bien du monde sait deja, mais le refuse et combat dos au mur, en cette phase "ils" sont assez inquietants et capables de bien des derives. Voyez les scandales, ce n’est qu’un debut, le pire arrive! Comment arriver a ce declenchement? Influence, pression, externe car le liberalisme s’etend partout, en Europe a l’Est, la vieille europe pliera, question d’effet ciseaux (entre lame 1 : la realite economique mondiale a 4% de croissance et les emergents encore plus et, lame 2 : les systemes auto-inhibants internes, faible demographie humaine, d’entreprises et de technologies). Il sera impossible a un moment de servir les promesses et de maintenir les perimetres des choses adoubees et immunisees de l’economie reelle. En attendant on laisse faire les defenseurs des alters et anti tout, ils sont tres utiles. Pb dans tout ceci, la difficulte dans la phase intermediaire entre le naufrage et le sauvetage tout en sachant qu’il y aura des "degats", a mettre au "credit" du systeme,. C’est un peu l’histoire du Titanic vous savez! Un armateur arrogant et fier qui veut le record de traverse, impressionner ses "amis", un systeme mal concu relativement au risque dans son extension, des principes de gouvernement inadaptes, mal orientes surtout… Vient l’iceberg, imprevu dans le systeme de representation de ces hommes, l’imprevision trace le destin de l’ensemble, armateur, capitaine, equipage, passagers (les victimes reelles). Je pense que les francais sont victimes identiquement!

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