Les mauvais comptes font les mauvaises entreprises

Ce qu’il y a de vraiment moche, avec la mondialisation, c’est que, finalement, tout le monde doit s’y mettre de bon gré ou de mauvais gré : il va devenir de plus en plus difficile de faire bande à part, et de se la jouer trouble-fête en solo alors que le reste du monde avance. De la même façon qu’on doit maintenant tenir compte des désidérata de clients potentiellement à l’autre bout de la planète, qu’on influe sur les prix en allant chercher des fournisseurs lointains, on doit à présent tenir compte de normes internationales établies pour des douzaines de domaines différents, dont … la comptabilité.

A ce titre, la mondialisation et les marchés financiers auront permis l’émergence d’une norme comptable internationale permettant la comparaison d’entreprises qui émettent des titres sur les marchés réglementés. Bientôt, toutes les entreprises concernées devront donc proposer leurs bilans présentés avec la nouvelle norme.

Dans ce cadre, la petite bidouille comptable récurrente de fin d’exercice pour les entreprises publiques qui consistait à cacher l’état catastrophique des finances en faisant passer en annexes hors-bilan les provisions pour retraites de la SNCF, de la RATP, de la Poste, de GDF ou EDF, ne sera plus possible : il va falloir, clairement, remettre au passif et provisionner les dépenses pour les retraites des régimes spéciaux que ces monstres goulus et gluants ont si bien fait grossir ces précédentes années.

Eh oui. Il va falloir, un jour, payer tout ça. Concrêtement, au bilan donc, nous aurons par exemple pour la SNCF autour de 4.8 milliards d’euros de capitaux propres, et, dans le même temps, près de 8.2 milliards d’engagements pour ces retraites (chiffres fin 2005).

Normalement, la norme IFRS rentre en vigueur le 1er Janvier 2007. Ce qui laisserait peu de temps pour se mettre à jour à nos artistes-comptables de Bercy de Bercy et de la comptabilité publique dans les sociétés susnommées ; je dis Artistes-Comptables, car, le maquillage Mère-Maquerelle des comptes publics est à la transparence et l’honnêteté ce que ma 2CV tuning injection prototype est à l’Aston Martin Vanquish : un pitoyable et pathétique succédané dont la tenue de route donne une bonne appréciation de l’expression Vrille En Salto Arrière et Double Tonneau Carpé.

Mais BercyMan, le superhéros des finances et du Youplà Il Etait Moins Une, a frappé : comme les bilans (ancienne norme, reliftés à coup de bulldozer, donc) seront parus pour le 31 décembre 2006, l’exercice de ces entreprises fermant à cette date, il a décidé qu’elles auront encore douze mois – jusqu’au 31 décembre 2007 donc – pour trouver un truc, un machin, un bidule, une entourloupe, pour boucher le trou ou, en utilisant son pouvoir davidcopperfieldesque, le faire disparaître.

Mais BercyMan est très fort. Il a plus d’un tour dans son petit slip moulant en polyesters d’importation chinoise ! Son pouvoir davidcopperfieldesque ne peut en effet pas agir sur les trous de cette taille (voir Demaerd Comics épisode n°2348). Mais, grâce à ses muscles baignés de Moraline A Géométrie Variable, reliquat du terrible Docteur Frankenbreton, il va déplacer le trou !

En adossant les régimes spéciaux et leurs déficits spatiaux au régime général, il va colmater la brêche béante.

Plouf, comme ça !

Il est trop fort, BercyMan.

L’ennui, avec BercyMan, c’est qu’il n’a finalement qu’un ennemi, qui est aussi son bailleur de fonds. Nous.

En effet, avec sa maneouvre dilatoire, et s’il ne se gigacoince pas une supercouille dans la manoeuvre (ce ne serait pas surprenant, il n’est pas toujours adroit), ce sont bien les contribuables lambdas qui vont renflouer les caisses archivides des régimes spéciaux. Cependant, les caisses du régimes général ne sont pas, à ce qu’on sait, mégapleines à hauteur de l’archivide des caisses des régimes spéciaux… Elles ont même une fâcheuse tendance à disposer de la vigueur toute relative d’un Superman shooté à la Kryptonite. Ici, le rôle de la Kryptonite sera joué par l’Etat Français et sa Législation Galopante, une arme redoutable qui asphyxie tout à petites doses.

Fin 2007, nous serons donc dans une bien étrange position : notre nouveau Président aura alors à expliquer pourquoi, subitement, certains retraités ne pourront être payés ou pourquoi, plus prosaïquement, la dette de la France, qu’Il se sera engagé à réduire pendant sa campagne, explose et que la notation d’icelle se casse la figure…

Accrochez vos ceintures, cela promet une année 2007 pleine de rebondissements.

La Tribune
TF1
NouvelObs

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