Le vrai visage du socialisme

Internet, c’est merveilleux : à partir d’un billet tartine-à-la-confituresque et badinant sur les vicissitudes des journalistes d’Europe 1, les commentaires en viennent à parler des tristes résultats du collectivisme. Je n’ose imaginer la dérive si j’avais parlé d’aquariophilie et délires de la presse régionale sur Sarko. Mais pan, l’actualité nous ramène à ce triste constat : le socialisme, ça pue.

Et j’en veux pour preuve le magma gluant dans lequel se débattent régulièrement les plus socialistes des socialistes. Je ne parle pas des Sarko, Royal ou même Hollande (pas le pays, hein, mais le flan).

Je parle de ceux qui se revendiquent clairement comme socialistes et prônent à ce titre des valeurs socialisantes absolument dépourvues d’ambiguïté. Là où, par exemple, un Sarkozy peut à la limite passer pour un statocapitaliste vaguement colbertiste, et la mère Royal comme une conservatrice brouillonne, ceux auxquels je fais allusion ne prétendent même pas ménager la chèvre et le choux, diktature du prolétariat, lutte des klasses et tout ça.

On retrouve, dans ce petit troupeaux d’hommes et de femmes de conviction Konviktion, les habituelles divas gravement gauchies comme Laguiller ou Autain, le facteur téléguidé, quelques pointures olympiques de la récupération médiatique, véritable Gang des Postiches avec Bové et Mamère dans le rôle des spécialistes du hold-up intellectuel.

De façon plus étonnante, on retrouve aussi du socialiste à tendance délétère de l’autre côté du spectre, avec les interventionnistes compulsifs de la frontière étanche comme Le Pen ou de Villiers.

Enfin, et c’est sur ceux-là que je veux m’attarder ici, on retrouvera aussi dans l’aile la plus radicale du mouvement socialiste certains avatars de cette pensée socialiste « pure ». Je veux parler des Laurel & Hardy du populisme gras, j’ai nommé Georges Frêches et Jean-Luc Mélenchon.

« Georges & Jean-Luc », pourtant, dit comme ça, ça fait presque marque de haute couture : on imagine le tulle et les froufrous, les petits rires cristallins de jeunes mannequins en arrière boutique, la musique un peu rétro comme fond sonore et l’un ou l’autre mastodonte débarquant, les épingles dans la bouche et le mètre-ruban sur le bras pour s’enquérir des désidératas des clients, le sourire aux lèvres…

Mais non. Ici, « Georges & Jean-Luc », c’est plutôt un restau autoroutier, à la déco Chasse & Pèche en plastique pré-mitterrandien, spécialisé dans la barbaque bleue et les frites molles et grasses, avec des serveurs qui font la tête et qui sentent l’huile trop souvent réchauffée.

Pourquoi mets-je ces deux tristes sires ensembles ? Parce qu’ils ont tout en commun.

Du même parti, ils font preuve de la même haine envers les étrangers. Ils ont acquis l’un et l’autre les rondeurs et la gouaille des tribuns installés depuis trop longtemps à leurs postes respectifs. Ils sont l’un et l’autre trop conscients et bouffis de leur importance pour ne plus être du tout en phase avec leur temps ou la société qu’ils sont sensés représenter et pire, diriger. Mieux, leur position le leur permet.

Frêches, on ne le présente plus : il enfile les déclarations tonitruantes et racistes comme des perles sur un collier de gala. Sa dernière n’est pas des plus originales, mais je vais sourcer, ça fait plus vrai. Attention, c’est ici et ça tâche un peu.

Quant à Mélenchon, on ne le présente plus non plus. Sénateur donc inamovible (et il le sait), on se rappelera de lui pour sa vision très personnelle de la démocratie : comme les militants PS ont choisi la Pudibonde Des Compromis et qu’il ne la soutenait pas, il tente de rassembler à lui ce qu’il pourra de dissendents pour une vraie candidature antilibérale. Et tout comme Frêches, c’est un xénophobe honteux : un reportage de France 2, diffusé le 2 juin 2005, le mettait bien en lumière, prenant le RER, dans le cadre de sa campagne pour le Non à l’Europe :

Un passager du RER : « vous prenez Les nouveaux entrants de l’est… »
Mélenchon le coupe : « Et bien qu’ils aillent se faire foutre ! Les Lituaniens, t’en connais un toi de Lituanien ? j’en ai jamais vu un moi ».

On retrouve ici le vieil argument « Je ne veux pas que les polacks nous piquent nos jobs ! » qu’un Le Pen n’aurait absolument pas renié. Encore que ce dernier y aurait sans doute mis plus de panache. Le vieux frontiste arrive même a dégager une certaine classe – c’est pour dire – devant des individus pareils.

Mais le plus rigolo, dans ce couple bedonnant et bidonnant, c’est qu’ils en sont maintenant aux engueulades de façade : ainsi, le Mélenchon ne supporte-t-il pas de voir Frêches se déclarer aussi ouvertement raciste. J’attends la réponse du berger à la bergère lorsque Frêches lui reparlera des plombiers polonais.

En fait, ce couple de frères ennemis constitue en lui-même une preuve tangible de ce qu’on peut appeler le Socialisme Réel ; le racisme et la peur de l’étranger, notamment de la terrrrrrrible mondialisation qui pique des jobs en France et fait mourir le petit peuple, on les retrouve dans les discours bien huilés des formations comme le PCF et LCR. Bien qu’officiellement xénophiles, les cadres du parti et les têtes médiatiques de ces mouvement se font fort d’aimer l’étranger et de l’accueillir à bras ouverts dès lors qu’il est pauvre, sans papiers, rejeté par la société et par tout gouvernement conservateur possible. Dans le même temps, l’étranger riche qui vient racheter nos sociétés, créer de l’emploi ou diriger nos entreprise, celui-là, puant de capitalisme, n’a pas droit de cité. Lakshmi Mittal en sait quelque chose…

Plus profondément, le collectivisme aboutira toujours à cette peur de l’autre, ce rejet du différent. Non parce que le socialiste ou le communiste de base est un xénophobe, mais bien parce que, par construction, le collectivisme ne supporte pas la différence.

Au début, ce sont les signes tangibles de différences qui sont mis à l’index : pour faire passer la pilule, on cherchera par tous les moyens à stigmatiser les différences socialement gênantes, comme Être Riche, en montrant les pauvres, comme Être Beau, en montrant les moches, ou Être En Bonne Santé, en exhibant des handicapés ou des malades. Dès lors, on justifiera des ponctions, des brimades sur les riches, les beaux, les bien-portants. Et personne, moraline oblige, ne pourra se plaindre.

Ensuite, on commencera à trier ceux qui ont des signes de différence trop marquée : les un peu gros, les un peu maigres, les un peu comme-ceci ou trop comme-cela. La suite logique, c’est l’appartenance ou non au parti, le délit de crimepensée.

Encore une fois, il ne s’agit pas d’une dérive, mais bien d’une construction logique : l’individu devant s’effacer au profit de la collectivité, il ne peut y avoir qu’une seule tête. Celui qui n’aime pas ce que les autres aiment, celui qui veut ce que les autres ne veulent pas, il s’ostracise et – pire – la collectivité (ceux qui pensent et agissent tous pareils) lui en voudra et lui fera durement ressentir sa désapprobation. Telle une fourmi affichant la mauvaise phéromone, l’individu différent est rejeté, pourchassé et éliminé de la fourmilière collective.

Mais voilà.

Nous ne sommes pas des fourmis. Ce qui peut à la limite se tolérer quand on a un petit millier de neurones ne passe pas quand on en a des milliards. Ce qui marche pour des insectes tous identiques et quasi-jetables ne le peut pas pour des individus tous différents et, par cette différence, précieux.

Le collectivisme est la négation de l’individu. Par construction, il ne supporte pas l’étranger. Nos deux rigolos, Georges et Jean-Luc, nous en font une brillante démonstration.

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Commentaires4

  1. Jesrad

    Moi, ce qui me sidère, c’est que les défenseurs du collectivisme croient aussi fermement que, non, jamais leur idéologie ne peut dériver vers le pire, simplement parce que leurs <i>intentions sont bonnes</i>.

  2. Laurent

    Jesrad, je ne vous rappellerai pas l’adage populaire : "l’enfer…

    Cela dit, j’ai arrete de croire depuis longtemps aux bonnes intentions des socialo-communistes : rendez-vous compte qu’ils se nourrissent de la misere et de la ruine dont ils ont besoin pour prosperer. C’est leur "pain quotidien".

Les commentaires sont fermés.