Bien cher étatisme

Il n’aura finalement pas fallu longtemps pour que l’étatisme rampant du pseudo-libéral Sarkozy le rattrape au tournant et permette au pays de se vautrer une nouvelle fois avec délice dans la fange bien grasse des compromissions dictatoriales. Et c’est au soleil d’un été de transition entre une élection en fanfare et une rentrée qui se profile agitée qu’on découvre que, à notre plus grand prévisible ébahissement (?), rien ne change vraiment au royaume de Fraônce.

L’année 2007 aura permis de découvrir que la Bulgarie, ce n’est pas que des yahourts. Ce sont aussi des personnels infirmiers coûteux pour la collectivité, et pleins de surprises pour les vendeurs d’arme franco-allemands.

Ces Bulgares sont aussi l’occasion de découvrir à quel point notre vaste monde s’est entiché du Tout-Etat, à tel point maintenant qu’on ne distingue même plus exactement ce que « responsabilité » veut dire.

Ainsi, pendant que le peuple de France découvre que, petit à petit, l’Etat devient la première infirmière zélée et le seul parent cossu des malades grabataires et des amnésiques vieillissants, par le truchement subtil d’une nouvelle ponction au portefeuille, ce même peuple apprend avec une certaine stupeur que dans ce bas-monde, tout s’achète et tout se vend, à commencer par l’honneur, la probité ou la simple morale de base.

De même que le cours des réacteurs nucléaires semble s’effondrer dans la plus parfaite discrétion, celui de la morale atteint à nouveau chez les politiques son cours plancher dont il a tant de mal à se détacher. C’est ainsi qu’on devine, malgré les gesticulations pathétiques de Kouchner et les démentis gênés d’un Elysée constipé aux mensonges compacts que la Libye et EADS auraient signé des accords commerciaux juteux pour de l’armement, entres autres contreparties de la libération des otages bulgares.

A la lecture des deux précédents paragraphes, on peut se demander ce qui peut bien relier la mise en place de la franchise pour les médicaments et les transports sanitaires avec l’obtention rocambolesque voire bulgaresque de contrats d’armes en Lybie. Et pourtant, il ne faut pas se leurrer : ces deux bricolages élyséens foireux relèvent de la même logique étatique délétère, et, il faut bien le dire, vont aboutir au même fiasco financier, dans des proportions probablement comparables.

Si l’on prend l’affaire de la franchise (la monétaire, pas la comportementale, ilôt hors d’atteinte du radeau médusesque des hommes politiques fraônçais) le gouvernement prétend adoucir le problème du trou de la sécu en jouant sur la corde sensible des personnes âgées atteintes d’Alzeihmer ou du cancer. Dans l’esprit des politiques de droite ou de gauche, il faut bien comprendre que le seul outil dont dispose l’état, le seul marteau qu’il a dans sa boîte, c’est l’impôt (ou les taxes, subventions, prélèvements, amendes, you-name-it), obtenu avec la douceur légendaire du diplomate muni d’un gros bâton.

Et quand on n’a qu’un marteau, tous les problèmes ressemblent furieusement à des clous. Celui du trou de la sécu, évidemment, en fait partie. Et le gouvernement de taper comme un sourd avec son marteau sur ce qu’il prend pour un clou. Le fiasco est prévisible. Le trou continuera de grandir, et toujours pour la même raison, puisque le problème n’aura en rien été solutionné.

Il s’agit en effet, dans ce cas, de responsabilité : avec l’avènement du tout état, et la ponction toujours plus forte pour une santé gratuite, obligatoire, citoyenne et festive, chacun s’attend maintenant à disposer d’une couverture pour soi et ses proches. Dès lors, quand mamie perd les pédales, on exige que l’Etat s’en occupe. Magie de la collectivisation : on ponctionne tout le monde, on redistribue mal ou pas du tout, on offre un service très médiocre et on embrouille les ronchons en utilisant l’excuse habituelle que sinon, certains n’auraient pas eu de service du tout (excuse cache-misère qui n’arrive pas à expliquer pourquoi les plus pauvres n’ont quand même pas accès à un service de qualité malgré la redistribution, et pourquoi les plus riches fuient un système sensé être si bon).

Eh oui : quand on distribue la misère, quand on collectivise les problèmes, quand on étatise les soins, on diminue d’autant la responsabilité des gens sur leurs proches. Si Mamie gatouille, l’Etat doit s’en occuper parce qu’avec toutes les ponctions, on ne peut plus le faire soi-même et qu’il a tout fait pour. La destruction du lien familial est d’ailleurs une technique connue, maîtrisée et reproduite à l’envi par les socialistes de tous crins.

Or, pour en revenir aux bulgaresques aventures de Sarko en Libye, on retrouve là encore cette même magie de la collectivisation des risques et la même diminution (ou annulation) de responsabilité qui plaît tant à notre étatiste de combat.

Ici, la collectivisation aura joué à fond pour payer la rançon des infirmières, puisqu’au final, c’est bien la Communauté Européenne qui va remplir le chèque et s’assurer que les familles des victimes du système de santé libyen seront bien indemnisées. En revanche, ce sont bien des intérêts privés qui vont récupérer de rondelettes recettes par la vente d’armes et de réacteurs nucléaires à un dirigeant clairement dictatorial. On se rappellera fort à propos le changement drastique d’attitude de Khadafi après le passage des américains très près de lui en avril 1986, qui avait prouvé que parfois, une action musclée ciblée, à l’instar de la proverbiale fessée d’enfant trop criard, permet d’obtenir un assouplissement notable des tensions locales. On se demande pourquoi il n’a pas été fait preuve d’une pareille fermeté dans l’affaire courante … A tel point que, non content d’accéder à la requête du dangereux chéfaillon, on recommence, la bouche en cœur, à faire commerce avec lui, et qu’on recommence non pas par les fruits et légumes, mais par les technologies les plus rigolotes de destructions massives.

Attitude parfaitement efficace et recommandée pour éduquer, par la douceur, tous les enfants capricieux qui torturent le chat et cassent leurs jouets, en cédant gentiment à toutes leurs revendications et en leur fournissant la batterie de la voiture pour que les électrocutions félines continuent dans la bonne humeur.

Le bilan de ces monstruosités étatiques est prévisible : la déresponsabilisation galopante aidant, le trou de la sécu ne sera pas comblé et tout le monde trouvera rentable de pouvoir vendre des armes à un dictateur qui s’empressera de les utiliser contre ceux qui les lui ont vendu.

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