L’Occident a choisi l’émotion sur la raison et va le payer très cher

Et comme un seul homme bien organisé, bien dressé et bien propre sur lui, l’Occident s’est levé contre l’indigne invasion de l’Ukraine par la Russie et, dans un beau mouvement d’ensemble, a fait pleuvoir sur la Russie une quantité rarement vue de sanctions de plus en plus sévères.

Comme l’ouverture directe d’un front armé contre la Russie n’était pas réellement envisageable (cela aurait vraisemblablement ruiné plusieurs saisons touristiques dans tout l’hémisphère Nord), l’Union européenne et les Américains ont donc choisi la voie des bannissements et des interdictions : restrictions voire interdiction d’utilisation du système de messagerie interbancaire SWIFT, arrêt des exportations vers le pays agresseur, gel des devises dans les banques centrales, les premières salves ont été particulièrement raides.

Les secondes salves ont été menées notamment par les « Géants de la Tech » et ont permis de courageusement interdire toute « désinformation » provenant de la Russie ou de ses abominables affidés : la seule bonne propagande est la propagande sanctionnée officiellement et il serait inconvenant de laisser les internautes, mammifères mous et généralement idiots, se faire leur propre opinion dans le déluge de données douteuses en provenance de tous les côtés. On appréciera au passage le relâchement des mystérieuses mais néanmoins très contraignantes « règles de la communauté » chez Facebook et Instagram qui autorisent maintenant les appels à la violence contre les Russes (dont on sait que tous approuvent forcément ce que fait leur gouvernement, c’est absolument évident).

Les salves suivantes se sont produites exactement comme on pouvait s’y attendre, avec une véritable bousculade de la part des entreprises occidentales de tous types pour montrer à la fois leur totale conformité avec l’air du moment et leur absolu besoin de signalement vertuel : tout est bon pour faire comprendre au public européen et américain que les exactions de Poutine seront châtiées par un refus catégorique de commercer avec les Russes, groupe subitement pris comme homogène dans une collectivisation instantanée pas du tout malsaine.

Avec cette crise, l’Occident a clairement abandonné toute prétention à l’universalité de ses valeurs tant le « Deux Poids Deux Mesures » apparaît évident pour tous ceux qui regardent plus loin que les deux dernière semaines d’Histoire ; or, comme la Nature a horreur du vide, cet abandon a vite été remplacé par une autre doctrine étrange et dont le degré de dégoulinance n’apparaît que progressivement : la nouvelle société occidentale semble décidée à s’organiser autour d’un wokisme décomplexé dans lequel il s’agit avant tout de gérer les foules au travers des émotions, des ressentis, des sentiments en abandonnant toute velléité de planification intelligente, raisonnée et à terme plus long qu’un ou deux mois.

Il suffit de voir les mines embarrassées de certains éditorialistes, piposophes de salon et autres experts de plateau télé qui expliquaient avec véhémence il y a quelques poignées de jours l’absolue nécessité de sanctions toutes plus dures les unes que les autres, et qui commencent maintenant à se rendre compte que ces sanctions vont se retourner très violemment contre tout le monde, eux compris.

Persuadés que la balance commerciale, favorable aux Européens en ce que les Russes importaient plus que nous n’importions de Russie, permettrait de faire entendre raison au Chef du Kremlin, nos aimables nigauds n’ont compris qu’un peu tard que lorsque nous leurs exportons des biens manufacturés complexes à grosse marge et haute valeur ajoutée, les Russes nous exportent, eux, des matières premières à faible marge, ce qui se traduit, lorsque les tensions s’accroissent et que les robinets et les frontières se ferment, par une explosion des marges sur ces matières premières, et un effondrement des importations vers la Russie, ou, dit autrement, à un enrichissement des Russes et un appauvrissement drastique des Occidentaux.

Pire : à repousser Poutine toujours plus loin, à couper la Russie de plus en plus violemment hors de la sphère d’influence occidentale, ces émotifs excités n’ont fait que parachever une tendance qu’ils avaient déjà entamée avec hardiesse les années précédentes, à savoir la création d’un bloc de puissances indépendant de l’Ouest.

Avec une gourmandise qui s’approche de plus en plus d’un suicide inconscient, l’Occident vient de tenter à l’échelle planétaire l’application d’une « Cancel culture » à ceux qui lui fournissent les vivres. La fine diplomatie des Macron, Von Der Leyen, Biden et autres cadors occidentaux va parvenir à auto-canceller l’Occident. Remarquablement bien joué.

D’autre part, de façon logique et quoi qu’on puisse penser de Poutine et des Russes, la situation actuelle va déclencher un certain nombre d’autres soucis dont on voit mal se sortir la fine équipe actuellement aux manettes (pour rappel, c’est la même équipe de clowns qui nous a géré la pandémie : si vous misez sur le pire, c’est un pari gagné).

Ainsi, les Russes vont devoir fonctionner sans l’Ouest, ce qu’ils avaient déjà commencé à faire pour partie. Ce ne sera pas facile, mais les réserves (de matière première et financières notamment) actuelles rendent cependant l’opération possible. A contrario, l’absence totale de réserves et d’organisation de l’Europe et des États-Unis pour se passer de la Russie va rendre la situation franchement pénible pour les Occidentaux.

Ainsi, nos frétillants politiciens vont prétendre pendant quelques temps que les sanctions fonctionnent très bien. Pendant ce temps, les agriculteurs qui produisent notre nourriture vont se retrouver à devoir faire face à des coûts de production explosifs dont personne ne se soucie parce que ce sont des paysans, qu’ils n’ont pas de petite coche bleue sur Twitter et qu’ils ont autre chose à faire qu’expliquer leurs soucis sur Facebook ou TikTok.

Ainsi, les prix des engrais puis des céréales (toutes), des fruits, des légumes, des viandes vont grimper joliment. Au bout d’un moment (cet été, à la rentrée ?), les cols blancs qui grignotent des galettes de soja en buvant des spritz sur des rooftops après des meetings en conf-call vont commencer à remarquer que les prix ont sacrément gonflé, sans parler de ces rayons vides qui refusent de se remplir. À ce moment, certains politiciens commenceront à s’inquiéter mais il sera bien trop tard… Ceux qui n’ont pas de petite coche bleue sur Twitter auront, eux, fait des stocks depuis un moment.

Enfin, signalons que Poutine pourrait avoir l’idée de vendre son pétrole à un prix discount (mettons 50% ou 60% du prix de marché) en imposant un paiement en or, ce qui pourrait fort bien convenir à une bonne partie de la planète, non inféodée à l’OTAN ou aux intérêts de l’Union européenne ou des Américains. On laissera au lecteur l’exercice de dresser les conséquences de ce retour à l’étalon-or implicite pour la Russie (qui dispose de réserves d’or importantes) et pour la Chine (elle aussi prête à une telle éventualité). L’effondrement du dollar, façon Weimar, n’est pas à écarter.

En choisissant les sentiments, l’émotion et l’affichage vertuel sur la raison et la réflexion de long terme, l’Occident a fait une grosse erreur, un peu dans le style « Get Woke, Go Broke » (tentez le wokisme et devenez ruiné).

À force d’essayer d’être woke, l’Occident va être broke.

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Commentaires563

    1. kekoresin

      Merci mon p’tit chat !

      Par contre je ne comprends pas pourquoi il s’en prend au mobilier au lieu de défenestrer le résidu d’éjaculation qui couine « ok boomer » avec sa voix qui tremblote entre deux sexes.

      J’ai vu cette info passer: une enseignante enfile son manteau en plein cours et se jette par la fenêtre du deuxième étage. Pourquoi enfiler son manteau? Peur de l’hypothermie post saut dans le vide? Pourquoi, quitte à partir jouer avec les anges, ne pas avoir sélectionné la plus minable des merdes arrogantes avachie sur son pupitre et lui enfoncer un compas dans l’oeil avant de lui faire bouffer son support à branlette? Indicible monde, curieuse nature…

      1. sam player

        Merci pour l’info, j’adore, mais faudrait voir à être précis Keko

        « À un moment, la professeure, qui n’intervenait donc pas directement, enfilait son manteau, le fermait, se dirigeait vers une des fenêtres de la classe, rouvrait son manteau, prenait appui sur un radiateur qui se trouvait en dessous de la fenêtre, ouvrait la fenêtre et se jetait dans le vide, détaille le procureur de la République de Blois. Elle ne prononçait aucune parole. Rien n’avait permis aux personnes présentes, sa collègue et les élèves, de prévoir un tel comportement. Dans sa chute, le corps de l’enseignante est d’abord tombé sur le toit d’un préau à une hauteur de 5,75 mètres puis à terre, encore 2,50 mètres plus bas. »

        Ce qui est rigolo, ça va être :
        – l’enquête pour savoir si les normes de constructions et de sécurité dans les ERP avaient été respectées, y compris les chiottes vu qu’il y a certainement un lien de cause à effet
        – les mesures qui vont être prises pour que ça ne se reproduise pas : budget de 1.5M€ pour déplacer tous les radiateurs, porte-manteaux à 10m minimum des fenêtres avec une chicane et un dos d’âne sur le trajet jusqu’à la fenêtre…

        1. Pierre 82

          L’ednat a promptement réagi:
          « Une cellule psychologique a par ailleurs immédiatement été mise en place à destination de la quinzaine d’élèves témoins de l’incident. »

          Les pauvres chérubins.
          Quand j’étais en terminale, un élève (que je ne connaissais que de vue) s’était suicidé dans l’établissement en se tirant une balle dans la tête.
          Je n’ai aucun souvenir d’une quelconque cellule psychologique. On en a discuté en cours, un peu, et puis on a considéré que ce sont des choses qui arrivent, hélas, trois fois hélas. La conclusion, c’est qu’il faut continuer à vivre, point barre.

  1. Theo31

    Parler de « son peuple » quand 47 millions de français n’ont pas voté pour ce baltringue est insultant à force. Je boycotte LCdS dorénavant.

  2. Mitch

    « Enfin, signalons que Poutine pourrait avoir l’idée de vendre son pétrole à un prix discount (mettons 50% ou 60% du prix de marché) en imposant un paiement en or, ce qui pourrait fort bien convenir à une bonne partie de la planète, non inféodée à l’OTAN ou aux intérêts de l’Union européenne ou des Américains »

    Je confirme. Je connais un pays au Sud de l’Afrique qui sera sans doute (quasi sur) très intéressé.

    NB: Pour info, la dernière fois que le Mignon Poudré a fait une apparition dans ce pays il n’a fait une immense impression et c’est un doux euphémisme…

      1. Mitch

        1 fois. C’est une fois de trop. A priori il ne reviendra pas de sitôt et je vais m’y employer.

        J’ai aussi décidé d’aller voter. J’ai eu une illumination. Rempiler pour 5 ans de ces ordures ça ira bien.

        J’irai mettre mon bulletin du Z dans l’urne avec zéro conviction, mais juste dans l’espoir de planter la machine qui est devenue folle et de virer la cohorte des malfaisants.

    1. Pheldge

      ah bon ? racontez, ça doit être croustillant … en fait, c’est pour resservir à quelqu’un, qui fut son condisciple à l’ENA, si vous suivez mes pensées taquines 😉

      1. Mildred

        Croustillant ? Pas tellement, il a dû lire les conseils du « condisciple à l’ENA » et décider de « repenser' » la politique en affirmant à une journaliste qui lui en posait la question, qu’il pourrait travailler avec Valérie Pécresse.
        J’attends la réaction du « condisciple » !

        1. Pheldge

          ah, ça … en fait suite à l’émission rassemblant les candidats -mais sans débat – sur l’Ukraine, oui, il avait déclaré « qu’il pourrait travailler avec certains candidats », mais c’est aussi vrai pour Jadot et Mélenchon. En fait c’est une façon détournée de déclarer qu’il n’a comme opposants que Zemmour et MLP.

  3. Pierre 82

    Excellente intervention de Philippe Fabry
    De lui, j’ai déjà lu:
    – Islamogauchisme, populisme et nouveau clivage gauche-droite
    – Rome, du libéralisme au socialisme : Leçon antique pour notre temps

    Je ne suis en général pas fan des historiens qui ont développé un modèle historique qu’ils pensent prédictifs, car je doute que l’histoire future soit prévisible, donc je l’écoute avec une certaine prudence, mais les pistes qu’il développe sont extrêmement intéressantes.
    D’autant que les deux ouvrages cités me semblent très pertinents dans leur analyse.

    Je dois avouer que, s’il est évident que nous sommes dirigés par des abrutis de grande envergure, qui ne comprennent rien de rien à l’histoire, j’en ai quand même un peu marre d’une certaine poutinolâtrie plus ou moins affichée, ou parfois larvée, non seulement sur pratiquement tous les sites ou blogs en opposition avec les thèses mainstream, et hélas, y compris sur ce blog, à des degrés divers.

    Oui, Poutine a eu tort d’envahir l’Ukraine, et oui, c’est un chef maffieux dont le principal but est de se maintenir à tout prix au pouvoir, lui et sa clique d’oligarques.
    Son régime a certes redressé le pays depuis le désastre Eltsine, mais il le maintient depuis des années dans un état de stagnation médiocre, en empêchant les gens entreprenants de développer le pays.
    Simple question: comment voudriez-vous que Ukrainiens, les anciens pays du pacte de Varsovie, ou les pays baltes lui accordent la moindre confiance?

    La Russie mérite beaucoup mieux que ça. Tout comme la France méritait mieux que Napoléon au début du XIXème.
    Voilà, c’est dit.

    C’est sur le site de l’IDL.
    La grosse faiblesse de son argumentation, amha, c’est qu’il pense que, comme la puissance thalassocratique a toujours fini par vaincre, ce sera le cas pour tous les siècles à venir.

    1. pabizou

      Il n’y a aucune poutinolâtrie à penser que Poutine n’a pas eu tort d’intervenir en Ukraine . Il a vu une fenêtre de tir pour profiter de son avantage technologique du point de vue de l’armement Russe et sait que cette situation ne durera pas . Ca fait 30 ans que l’Europe lui met des bâtons dans les roues au profit des USA, USA dont je ne t’ai pas trop entendu critiquer les abus, pourtant les guerres illégales sont quasiment devenues une spécialité pour eux . Je n’ai strictement rien contre le peuple américain mais leurs dirigeants ne valent pas mieux que les oligarques russes . Une deuxième raison me laisse penser qu’il a bien fait d’intervenir . Si à la suite de ça l’externalisation abusive du droit américain recevait un coup d’arrêt ce serait vraisemblablement globalement bénéfique à moyen terme . Pour finir, si je ne me trompe pas il pourrait bien être le caillou dans la chaussure des mondialistes et celui qui clouera le cercueil du wokisme et autres résultats de la perte de sens de l’occident . Sauf erreur de ma part, ce qui se joue aujourd’hui va beaucoup plus loin que Poutine lui-même .

      1. Pierre 82

        Je n’ai jamais dit que l’occident faisait mieux en Ukraine, la corruption est partout, et je n’ai jamais prétendu le contraire. Je n’ai jamais nié que les dirigeants ukrainiens actuels étaient des gangsters.
        Je n’ai jamais prétendu non plus que les dirigeants occidentaux n’étaient pas dans un délire complet, et nous menaient droit dans le mur.

        Je parlais de Poutine. Je refuse de considérer que la seule alternative à nos pourris serait un régime tout aussi corrompu, mais de type encore plus franchement maffieux.
        Je reste libéral, et je continue à penser que seul un régime de libertés est souhaitable.
        Pas un régime à la russe où vous devez payer le pizzo au potentat local dès que l’activité que vous développez commence à dégager des bénéfices. Pas un régime où vous devez soudoyer les autorités pour avoir des autorisations d’entreprendre quoi que ce soit. Pas un régime où si vous n’êtes pas d’accord avec ce que dit le pouvoir en place, vous allez droit vers de graves ennuis.
        Pas un régime qui s’accoquine avec le pire qu’on puisse imaginer dans la surveillance globalisée de leur population, à savoir la Chine, dont les dirigeants considèrent leur peuple comme des simples pions.

        Et c’est précisément parce que nos clowns à roulettes passent leur vie à nous rendre la vie insupportable que je me bats contre eux.
        Pour rétablir un état de droit.
        Pas pour tomber de Charybde en Scylla.

        1. bob razovski

          Pierre, vous décrivez là tout régime où l’état tient une place trop importante.
          Et sur la planète, ils sont légion. A commencer par le notre. La chose qui me chagrine le plus est que notre pays a pris cette direction tout à fait volontairement, et dans la joie. On peut considérer les Russes comme oppressés, mais alors que dire des français ? Totalement cons ?
          Parce que si j’analyse froidement la situation depuis quelques décennies, les Russes ne m’ont rien fait alors que les divers gvt qui se sont succédé à la tête de chez nous n’ont cessé de donner des tours de vis supplémentaires. Mention spéciale à macron dit « le libéral ».

        2. Raptout

          C’est mieux qu’ils se mettent des bâtons dans les roues plutôt qu’ils avancent ensemble bras dessus, bras dessous. C’est pour ça que ça fait plaisir que Poutine soit intervenu.
          En espérant que ce ne soit pas du cinéma, façon grosse production avec une apparence de conflit pour les projecteurs…
          Le chaos permet de faire avancer les agendas plus rapidement, on l’a vu avec le coco vide.

          1. casuffit

            Il est vrai qu’avec leurs officiers supérieurs trans genres, les russes sont mort de peur.
            Plus sérieusement, ils vivent mal la fin du $ en tant que monnaie mondiale, tout en la précipitant.
            Si une banque centrale peut geler les avoirs d’un autre grand pays au moindre désaccord, la sécurité relative que représentait le $ disparait totalement.

            1. Higgins

              Sur ce point, c’est un loupé : https:/ /chevallier.biz/27-fevrier-2022-nouveau-systeme-monetaire-international-nouveau-monde-libre/

      2. MCA

        @pabizou 17 mars 2022, 22 h 13 min

        « il pourrait bien être le caillou dans la chaussure des mondialistes »

        Pas si sûr,

        j’avais lu je ne sais plus où qu’il faisait partie du courant mondialiste ainsi que Xi contrairement à ce qui serait intuitif de croire.

        Ce que j’en ai compris, c’est qu’ils sont tous mondialistes mais chacun voudrait être le patron et diriger le mouvement, d’où les tensions.

        1. durru

          « il faisait partie du courant mondialiste »
          C’est l’expert en expertises expertes Pyrrhus qui l’a dit. C’est donc forcément vrai.
          Pour l’interprétation finale, il convient de rester quelques courts instants pieds sur terre, si vous voulez bien. Les délires c’est bien de temps à autre, mais s’envoyer en l’air 24/24 ça doit devenir usant…

        2. pabizou

          Le fait d’être passé, en 1992 par ce qui est devenu le WEF ne signifie pas toujours en avoir épousé la vision . Il a du y avoir pas mal de candidats et il n’y a que 1400 Y.G.L, ce n’est pas le signe d’une adhésion systématique . De plus Poutine, alors qu’il était encore au KGB s’est rapproché de l’église orthodoxe, ce n’est pas le choix d’un mondialiste, qui, par définition est sans racine . Après, qu’il y ait des tensions et des luttes de pouvoirs à l’intérieur de ce mouvement n’a rien de surprenant . Pour Xi, je ne sais pas, ce type ne m’intéresse pas et je ne sais quasiment rien de lui à part qu’il a les dents qui raient le plancher . Il y a aussi des bruits sur Orban, comme toutes les fois que quelqu’un gêne, ce n’est pas suffisant pour coller des étiquettes sans éléments pour le faire .

      3. René-Pierre Alié

        En accord avec toi, pabizou. Poutine a agi logiquement, après s’être fait promener pendant longtemps. Il n’a aucune confiance dans le monde occidental féminisé, qui fait du mensonge et de la mauvaise foi ses principes actifs (Irak, Serbie, Libye) depuis près d’un demi-siècle.
        https://www.tvlibertes.com/
        Il ne s’agit pas de poutinolâtrie. La France n’est pas en guerre avec la Russie, et nous sommes ici en droit d’avoir un autre jugement que celui imposé par les médias inféodés à l’OTAN. Laissons l’hystérie passer, l’histoire donnera son verdict, et je souhaite ardemment qu’elle tourne à la confusion de nos actuels boute-feu, qui comme les femelles poussent à la guerre mais ne s’y montrent jamais autrement que comme touristes, appareils photo en main, si vous voyez de qui je veux parler.

    2. durru

      Pierre, je crois qu’on se trompe de cible… Il ne me semble pas qu’il s’agit de « poutinolâtrie », ici ou ailleurs (je ne veux pas dire par là que ça n’existe pas).
      Pour ma part, il s’agit de l’attitude générale de gens raisonnables/raisonnés (qui se servent de la raison) pour comprendre et évaluer ce qui se passe.
      Nous sommes les spectateurs (et acteurs, souvent malgré nous) d’un conflit énorme entre le « vieux monde », rationnel, prédictible, logique, et le « nouveau monde », basé à 100% sur l’émotion, d’où la raison a été complètement expulsée.
      Le souci que nous avons, nous, gens raisonnables, est que les personnages qui incarnent actuellement sur la scène du théâtre du monde ce côté rationnel sont surtout des gens comme Poutine, Xi, Trump, Bolsonaro ou Orban. Tandis que ceux qu’on nous présente comme les champions de la « démocratie », comme Macron, Merkel, Biden, Trudeau, j’en passe et des meilleurs, sont totalement dépourvus de toute attache au monde rationnel.
      La « poutinolâtrie » que tu évoques est, à mon avis, plus une tentative de rester dans le monde réel et se rapporter à des critères d’appréciation objectifs qu’autre chose.
      En tout cas, c’est comme ça que je perçois la manière dont j’essaie de comprendre et d’interpréter ce qui se passe ces derniers temps (au moins depuis deux ans, en tout cas).

    3. Higgins

      Vaste sujet que l’existence ou non d’une histoire prédictive. J’aurai tendance à penser que l’histoire d’un pays obéit à une sorte de cycle qu’on pourrait représenter par un désert de dunes: de grandes ondulations avec des creux et des bosses. Par exemple, la révolution a marqué la fin d’un cycle de mille ans, l’ancien régime, et depuis, la France, quoiqu’on puisse en dire, connaîtrait un chaos grandissant (crises extérieures, crises intérieures, changement de régime incessant, etc,…) car à la recherche, inconsciente cela va sans dire, d’un équilibre détruit il y a plus de 200 ans dont la caractéristique principale semble être la recherche du père, la figure du roi, disparu. On est proche de la psycho-histoire mais je trouve que c’est une hypothèse à creuser. Un pays, surtout lorsqu’il est une nation, qui plus est ancienne, ne peut pas échapper à ses paradigmes. La meilleure illustration nous en est donnée par la crise ukrainienne. La Russie restera toujours la Russie et obéira encore longtemps à des règles non-écrites que lui impose son histoire et sa géographie. Le Général l’avait bien compris, lui qui parlait toujours des russes et jamais des soviétiques.

      1. Mitch

        Très intéressant et sujet passionnant. La Révolution a marqué la fin dun cycle mais pour autant on ne coupe pas le cordon ombilical avec sa culture et son passé. Toute République qu’elle est sensé être, la France est une monarchie qui se cherche.

        Culturellement, avec la recherche incessante de l’homme providentiel et dont l’élection à venir est l’un des stigmates. Egalement dans son fonctionnement, avec un régime présidentiel qui s’apparente plus à une monarchie ou les contre-pouvoirs sont des faire valoir afin de donner le change et peuvent facilement être contourné.

      2. Hari Seldon

        Si on était capable d’établir un modèle plus simple que la réalité, peut-être pourrait-on envisager de prédire quelques grandes orientations. Mais on en est loin.

    4. Jacques B.

      Je suis d’accord avec les interventions de Pierre.
      Je crois que la « poutinolâtrie » ou la russophilie que l’on perçoit ici et là en ce moment, sur les sites d’information indépendants, est aussi le fait d’une réaction à ce que nous vivons en France et plus généralement en Occident : la dérive de plus en plus nette, et rapide, vers les dingueries écolo-woko-LGBT-esques et ce qui ressemble de plus en plus à une décadence du monde occidental, à tous les niveaux, y compris celui des libertés, y compris économique.
      Beaucoup de gens fonctionnent en « réaction », c’est l’histoire du balancier qui est allé trop loin d’un côté et qui du coup, va trop loin de l’autre.
      Pour revenir à Poutine et à la Russie, beaucoup de gens ne connaissent pas vraiment ce pays (dont moi) et n’en ont qu’une perception lointaine, parcellaire, biaisée par des tas de facteurs.
      Pareil pour l’Ukraine, d’ailleurs. Pour moi, l’Ukraine n’existe tout simplement pas, C’est un non-pays. J’exagère, évidemment, mais pas tant que ça. Mes connaissances sur l’Ukraine, c’est en gros : le berceau de la Russie (Histoire), le grenier à blé de la région (économie), des milices pro-nazies particulièrement cruelles et redoutées durant la WWII, un indice de corruption particulièrement élevé (123ème).
      Et la Russie, c’est une nation en expansion continue depuis mille ans, c’est le servage jusqu’au milieu du XIXème, le tsarisme et une violence latente, en plus d’un alcoolisme particulièrement répandu. C’est le bolchevisme et les goulags, le KGB et la guerre froide, les pays voisins littéralement annexés (le « glacis »). Mais ce sont aussi de fantastiques écrivains et musiciens, une grande sensibilité, des scientifiques redoutables… accessoirement, c’est aussi un pays classé 120ème au monde pour la corruption, donc au même niveau que l’Ukraine. Mais c’est aussi un pays qui semble refuser les folies écolo-woko-LGBT-esques…
      Bref, du bon et du mauvais…
      Mais dans notre pays aussi, il y a du bon, à côté du mauvais !
      C’est pourquoi je tâche de rester aussi neutre que possible dans cette affaire de guerre Russie-Ukraine. Quelqu’un a écrit il y a quelques jours, je ne sais plus où, que ça ressemblait à un règlement de comptes entre mafieux. Il y a de ça, indubitablement.
      Autant je vomis le signalement virtuel à toutes les sauces auquel nous avons droit « en solidarité avec l’Ukraine », autant j’évite de prendre pour argent comptant tout ce qui vient de Russie et des sites qui ont pris fait et cause, souvent sans le dire ouvertement, pour les Russes.

      NB : je suis en train (c’est un hasard) de lire « Vie et Destin » de Vassili Grossman, et encore une fois je suis saisi par le côté à la fois très introspectif, très soucieux des moindres détails, mais aussi globalement triste, des écrivains russes.

      1. Pheldge

        oui, un règlement de comptes entre mafieux, c’est ce que j’ai posté récemment, parce que il y a des voyous des deux côtés, ces gens là n’ont pas la même conception des choses que nous autres occidentaux, ils sont infiniment plus brutaux, et c’est une erreur que de leur calquer nos schémas de pensée.

        1. pabizou

          Essaies de trouver l’intervention de Poutine lors du forum de Davos de février 2021, je n’ai pas gardé l’adresse et comme je suis particulièrement enthousiaste à l’idée de mettre les doigts dans mon ordi foutu je ne me suis toujours pas occupé de récupérer le disque dur sur lequel je l’avais téléchargé, tu devrais sans doute le trouver sur le site du WEF . Un certain nombre de tes préjugés pourrait en prendre un vieux coup dans la pipe .

          1. Jacques B.

            http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/discours-de-vladimir-poutine-au-230530

            C’est un discours de politicien avant tout, où il faut pas mal lire entre les lignes. Sur le constat (appauvrissement des classes moyennes, influence de Big Tech par exemple) il a parfois raison. Reste qu’on peut être interloqué par certains points comme la soi-disant nécessité de lutter contre le réchauffement climatique ou encore ce que l’on perçoit comme la nécessité d’une plus grande implication des gouvernements dans l’économie…

            Je veux bien que les classements internationaux sur la liberté ou sur la corruption puissent être biaisés, mais quand même : 120ème rang mondial pour la corruption et 124ème rang pour la démocratie (index The Economist), il y a bien quelques raisons à cela…

      2. Audois

        Mouais, bref tu n’y connais rien, tu reconnais toi-même que tu ne connais aucun des pays en cause, mais tu causes tu causes. C’est beau les forums…

        1. Jacques B.

          1- on n’a pas gardé les vaches ensemble, donc le tutoiement, je m’en passerai, merci

          2- le donneur de leçons « Audois » va nous expliquer par le menu ce qu’il en est, en commençant par son expérience personnelle de la Russie

          3- les forums, c’est fait pour échanger et progresser, et dégoiser ainsi sur « les forums » montre le niveau de l’intéressé – qui au passage n’a strictement rien apporté sur le fond de la question, comme c’est étonnant

    5. Gaeloup

      Pierre82, je partage entièrement vos analyses et sentiments et suis heureux de lire un commentaire sensé. J’ajouterai que l’intervention en Ukraine n’est pas seulement fondee sur une volonte de reconstituer l’empire russe, mais tres largement une reaction à la revolution de Maïdan. L’Ukraine choisit une voie démocratique, et ce qui va de paire. Certes tout n’est pas idéal, mais certainement inacceptable pour l’autocratie russe. Et c’est bien la la faute impardonable de l’Ukraine, une volonte de choisir sa destinee au travers du peuple et non dictee par « l’aristocratie » au pouvoir. L’évolution sociale actuelle en russie, avec privation de nombre de libertés fondamentales (qui soit dit en passant relativise sans en excuser les derives, le dénommé « fascisme » sanitaire) montre de maniere criante la rupture aujourd’hui irreconciliable entre les societes russe et ukrainienne. Et la je pose la meme question que vous : quelles solutions concretes ? Perso je ne vois d’un point de vue strategique que pousser la bielorussie a se revolter, ce qui mettrait la russie dans une position intenable. Sinon, si l’on refuse la guerre (la pire des solutions) et les sanctions, ne donne-t’on pas un blanc seing au régime russe ?

      1. pabizou

        L’Ukraine croyait choisir la démocratie, résultat? des neo-nazis intégrés aux gouvernement, la modification des lois protégeant les minorités au mépris de la constitution, 43 mort à Odessa, pour la plupart brûlés vifs par les mêmes salopards, 7 ans de bombardements sporadiques des zones russophones du Donbass (13-14000 morts) . Mettez votre russophobie en stand by, et ouvrez les yeux, l’Ukraine est le pion sacrifié au profit de l’idéologie et, oui, je le redis, ce sont les américains et les européens qui sont les seuls responsables de tout ce bordel qui aurait pu ne jamais avoir lieu si chaque partie avait fait ce qu’il fallait pour que les accords de Minsk soient respectés, en particulier la France et l’Allemagne qui en étaient les garants mais qui devaient avoir aqua-poney .
        Quand au rêve humide de voir la Bielorussie se révolter, vous pouvez toujours rêver, l’occident ne les intéresse pas . Quand le FMI a essayé de proposer une aide à condition que la « crise » du covid soit gérée de la même manière qu’en UE, il s’est fait jeter . Quand aux sanctions, que vous le croyez ou non, ce sera l’Europe qui en souffrira le plus . Si cet imbécile de Zelenski n’avait pas foutu le feu en déclarant qu’il voulait une arme nucléaire, au moment ou les bombardements sur le Donbass s’amplifiaient nous n’en serions pas là . Demandez vous donc qui a poussé la marionnette a pratiquer de cette manière . Si vous croyez que c’est la Russie, personne ne peut plus rien pour vous, les greffes de neurones, on ne sait pas faire …

        1. Gaeloup

          Je suis tellement russophobe que je parle russe. Quant à votre argumentaire il est tellement ridicule et anti-libéral qu’il se termine en beauté par des insultes gratuites : la sainte trinité du béat accompli…

          1. pabizou

            Les faits sont ce qu’ils sont, qu’ils vous déplaisent ne les changera pas et le libéralisme n’a rien à voir la dedans . Au lieu de critiquer mes arguments, exposez donc les vôtres . Vos certitudes et vos émotions je m’en fous, elles n’ont pas leur places dans ce type de situation .

            1. Gaeloup

              Jean François Revel écrivait il y a 20 ans déjà l’obessession anti-américaine. Votre diatribe y coche toutes les cases. A quoi bon échanger avec vous ? je ne suis pas Don Quichotte.

              1. pabizou

                Ca ne vous parait pas un peu faible comme réponse ? Parce que si votre argumentaire s’arrête là je vous ferais remarquer qu’il est vide . Je ne vous demande pas de m’approuver, que ce soit le cas ou non m’indiffère totalement, mais d’étayer vos raisonnements par des faits, c’est la seule chose qui a de l’importance pour comprendre, quel que soit le sujet . Quant à l’argument d’autorité je ne vous dis même pas ce que j’en fait, J.F Revel mérite beaucoup mieux que l’usage que vous essayez d’en faire .

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