Bruxelles parle procédure, le monde parle force

L’actualité internationale ne se contente plus de bousculer l’Union européenne : elle l’humilie. Elle expose, avec une cruauté croissante, le divorce idéologique entre Bruxelles et le reste de la planète. Là où le monde parle le langage de la force, l’Europe s’obstine à bégayer celui de la procédure.

L’opération américaine au Venezuela contre Maduro a clairement mis en valeur cette opposition : les États-Unis agissent et jouent la carte du fait accompli pendant que les principaux pays européens émettent des petits cris stridents en critiquant la violation du droit international.

L’Europe pense légalisme mais les États-Unis pensent puissance, celle des ressources technologiques, économiques et humaines.

Trop brutalement pour une Union européenne engluée dans sa bureaucratie, le monde a changé et les États-Unis protègent leurs intérêts sans plus y mettre les formes, purement rhétoriques, auxquelles ils avaient habitués leurs alliés. Pour l’administration Trump, l’ordre institutionnel reposant sur le droit international sert de moins en moins à tel point que les États-Unis se retirent de 66 organisations internationales dont ils n’ont plus besoin.

Ce changement est visible jusque dans les communiqués : l’administration américaine est passée du sermon à la transaction. De leur côté, les Européens vont davantage débattre de philosophie, d’idées et de droit, posture qui se traduit actuellement par une paralysie grandissante et la peur de toute décision brisant de fragiles statu quo.

Ce qui est vrai en matière de géopolitique militaire l’est aussi au niveau économique.

Le légalisme européen s’y retrouve désormais à grosses tranches grasses : si des entreprises, même non européennes, ne s’y conforment pas, voilà l’Union qui agite des menaces juridiques (comme on a pu le voir avec X, la plateforme de Musk).

De son côté, le système américain a compris deux choses : que le légalisme n’est rien sans puissance (d’où les démonstrations régulières de force) et qu’une bureaucratie sans contrôle étouffe les forces vives. Ils limitent donc leurs lois afin de favoriser la prise de risques et de décisions pendant qu’en Europe, les secteurs innovant se retrouvent progressivement noyés dans la recherche de conformité à toujours davantage de réglementations tentaculaires. D’ailleurs, lorsque la RGDP est rentrée en vigueur en Europe, les investissements dans la tech s’y sont progressivement effondrés, alors qu’ils ont augmenté aux États-Unis.

Cette maladie bureaucratique est profonde – il suffit d’écouter les discussions actuellement au Parlement français pour constater que toute question économique est traitée à travers des réglementations et des taxes – et fait croire à ceux qui en sont atteint que l’Union européenne serait une « puissance normative » dont la production légale serait un levier d’influence et de « soft power ».

Malheureusement, cette vision ne tient pas devant le retard abyssal accumulé face aux États-Unis ou à la Chine, tant en matière de croissance que de développement technologique, et plus récemment, devant la désindustrialisation galopante du continent.

Pire, ce légalisme débridé est même régulièrement utilisé contre certains membres de l’Union (la Pologne et la Hongrie en font régulièrement les frais) avec un succès politique faible pour ne pas dire contre-productif si l’on regarde la tendance politique européenne actuelle. En pratique, ce légalisme qui n’est plus protecteur pour les citoyens et se retourne même contre eux, est rapidement perçu par les peuples comme un outil politique utilisé afin de maintenir un système en place et empêcher tout réforme.

Enfin et pour couronner le tout, dans une cohérence d’ensemble de plus en plus douteuse, les mêmes qui insistent pour respecter ce légalisme envahissant s’assoient régulièrement sur ce dernier : les mêmes dirigeants qui vantent la protection des données n’hésitent pas à livrer les informations biométriques des Européens à Washington pour garantir une simple exemption de visa.

Dans ce contexte, les réactions ulcérées et paniquées des Européens à l’évocation par Trump d’un Groenland américain ne doivent surprendre personne.

Ces Européens ont trop longtemps mis tous leurs espoirs de défense dans l’OTAN et même le premier mandat de Trump ne les a pas fait réagir.

Pourtant, les critiques de Trump vis-à-vis de l’Alliance n’ont pas manqué et le voir envisager de remettre en cause les traités rend les Européens épouvantés, faussement persuadés qu’ils sont de l’inviolabilité des traités et des institutions. Las, ils s’imaginent être les gardiens de l’Ordre et de la Raison alors qu’ils ne sont en réalité que les passagers plus ou moins clandestins de la protection américaine. Certains en sont même à envisager sérieusement un affrontement direct entre États-Unis et Europe, alors même que nos politiciens caquetaient il y a quelques mois encore sur l’idée d’une défense décarbonée.

Ces Européens envisagent les idées de conquêtes et d’affrontements stratégiques comme un enfant parle du loup : ils sont convaincus que, de nos jours, tout ça n’existe plus, s’offusquent qu’on puisse l’évoquer et sont même profondément bouleversés lorsqu’on leur rappelle que les crocs existent encore. Pour ceux-là, le monde fonctionne selon des règles, un droit sacré, des institutions immuables et des traités gravés dans le marbre.

Ils ont oublié qu’ils vivent dans des institutions construites par la violence, défendues et garanties par l’usage d’une force qu’ils refusent de reconnaître. En pratique, ils ont même oublié que la civilisation n’est pas l’état par défaut de l’Humanité, mais que cette réalisation temporaire, fragile et coûteuse n’existe que là où la force à autrefois déblayé le terrain et continue de patrouiller discrètement le périmètre.

Le droit, les lois, les règles suivent le pouvoir et ne le précèdent pas ; la souveraineté ne se déclare pas, elle s’impose. L’Europe a externalisé cette dernière et a oublié que la facture existait. Quand les empires tombent, ce n’est pas à cause d’une invasion mais à cause d’une pourriture conceptuelle, celle où l’on a confondu une longue période de sécurité avec une condition permanente, en croyant que la létalité est immorale plutôt que fondamentale.

À l’évidence, la pression sur l’Union augmente. Or, quand la pression monte, ce sont toujours les abstractions qui craquent en premier.

J'accepte les BTC, ETH et BCH !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
BTC : 1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf
BCH : qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6
ETH : 0x8e2827A89419Dbdcc88286f64FED21C3B3dEEcd8

Commentaires104

  1. Aristarkke

    « principaux pays européens émettent des petits cris stridents en critiquant la violation du droit international. »
    Pourtant, quand il s’est agi d’aller en Libye virer l’ex-pote de Talonnette 1er, le droit international devait avoir piscine à ce moment là…

    1. MadeInCH

      Yougoslavie.
      Et surtout Serbie et Kosovo. Dans ce dernier cas, les « frontières inviolables garanties par le droit international » n’ont pas pesé lourd.
      « Sépapaerÿl » que j’entends tout le temps. Mais je reçois un regard rond et vide lorsque je demande la différence.

      1. MadeInCH

        « Sépapareÿl ». Désolé pour le dyslexisme. Les chaussettes Titi au mains n’ont pas aidée, malgré le conseil du RRRrominet.

      2. Ryan

        Serbie, et Libye, c’est vieux tout ça!
        Depuis une partie des bureaucrates et politiciens ont été remplacés, notamment par des hommes sojas.

      3. Dom17

        C’est bien l’affirmation d’un droit à géométrie variable qui fait que maintenant l’Occident n’a plus aucune crédibilité.
        D’où le recours à la force par Trump.
        De Gaulle disait que les nations n’ont pas d’amis mais n’ont que des intérêts. Et bien que défendant la CE, il ne transigeait pas avec l’intérêt de la France.
        Il critiquait déjà – en 1965! – les discussions ur le calibrage des œufs et les réunions d’experts bien trop rémunérés pour l’utilité de leur travail…

        1. Dom17

          Citation, parlant de l’évolution européenne: « Des sommes gigantesques vont s’accumuler et on va les confier à qui? A des individus qui ne sont responsables de rien, qui sont nommés par les gouvernements, mais qui prêtent aussitôt serment de ne pas en recevoir d’instructions et ne sont même pas responsables devant eux. On va inventer un pouvoir absolument arbitraire et technocratique, avec un argent fou, et pour le contrôler on va avoir une institution aussi artificielle que l’assemblée de Strasbourg, qui est en réalité une amicale de parlementaires qui, en fait, n’ont à rendre de comptes à personne. Avant de construire une institution, nationale ou pas, il faut savoir qui sera responsable de quoi et devant qui.»

          Le concept de liberté-responsabilité, cher aux libéraux, était fondamental pour De Gaulle…
          C’était au moment où Walter Hallstein et la Commission entraient en conflit avec le gouvernement français début 1965 à propos du Marché Commun agricole et que la Commission voulait accélérer la marche à la supranationalité.

          Depuis on a pu constater que l’institution européenne ne respecte même pas ses propres traités. La seule solution est donc d’en sortir.

        2. Aristarkke

          Le Général acceptait le principe de l’UE comme organisme de coopération entre pays pour arrondir les angles de la cohabitation dans le même ensemble géographique. Mais en aucun cas, il aurait accepté le principe d’un machin européen qui en vienne à vouloir faire un ersatz d’ensemble fédéraliste à la mode des USA. Il suffit de lire les confidences rapportées par Alain Peyrefitte ou les mémoires de son fils pour être complètement vacciné à cet encontre…

    2. Pythagore

      Qd il s’agit de respecter les accords de Minsk signés par eux-mêmes ou les 3% de Maastricht, leur vision se brouille également, pas de petits cris stridents.
      2 poids, 2 mesures.

      1. Dom17

        Les traités et le droit sont là en théorie pour protéger les faibles (les autres peuvent bien se défendre tout seuls.
        Un pouvoir qui a pour premier objectif de se protéger lui, n’en a plus rien à faire. Il serait bon que a population s’en rende compte.

        1. Cerf d

          Les traités sont signés à un moment où les signataires ont certains intérêts. Quand les intérêts changent els traités deviennent caduques.

    3. P&C

      Attention, là aussi les amerloques étaient à la manœuvre. Sarkozy etzit juste un vassal qui a fourni les troupes pour faire le sale boulot.
      Mais comme le POTUS était Obama, les USA avaient une image cool.

  2. Aristarkke

    « quand la pression monte, ce sont toujours les abstractions qui craquent en premier. »
    Oscar W. pensait que ce sont les principes qui craquent quand on s’appuie dessus.

  3. Aristarkke

    Afin de vous épargner de fourbir des lazzi, j’ai pitié de Mélusine, veille de weekend, pour l’envoyer remédier à toutes les coquilles du texte…
    Je sais, je suis trop bon…

  4. Blondin

    « les États-Unis protègent leurs intérêts sans plus y mettre les formes, purement rhétoriques, auxquelles ils avaient habitués leurs alliés. »

    Il ne faut pas oublier en effet que Trump, d’une certaine façon, ne fait qu’exprimer brutalement ce qui existait déjà.
    Quand les Etats-Unis ont sanctionné très lourdement la BNP, par exemple, au motif qu’elle avait fait du business avec l’Iran, on n’a entendu aucune protestation des dirigeants européens.
    Idem quand la secrétaire d’Etat Victoria Nuland a sorti son « fuck the UE » à propos de l’Ukraine.
    etc.

    Mais bon.
    En son temps déjà Raymond Aron reprochait à VGE d’avoir oublié que l’Histoire était tragique.

    1. Pythagore

      Oui, les dirigeants européens et leurs obligés se croyaient en lune de miel avec les USA.
      Qq’un m’avait dit, oui, on était ami avec les US, comme ca change vite. Effectivement un ami qui vous fait sauter votre pipeline, un super ami.
      Nos dirigeants étaient en plein syndrôme de Stockholm, maintenant ils sont en PLS.

      1. nemrod

        Oui enfin bon, la plupart ont pissé sur DT et pissent encore à longueur de temps.
        Il m’a l’air rancunier…
        Ils s’attendaient à quoi ?

        1. Pythagore

          Je parlais plutôt de la période pré-DT où tt le monde était persuadé être l’ami des US. Il y a eu aussi l’espionnage du portable de Merkel ou d’autres dirigeants européens, la BNP, Alstom, Obama qui fesait pression pour que la France rentre en guerre en Syrie,…etc…. Drôle d’ami, cet ami.

          1. Dom17

            L’extraterritorialité du droit américain et ses conséquences acceptée sous prétexte de protection américaine de l’Europe.
            J’ai cependant des doutes sur une intervention américaine en cas de besoin, sauf si ça sert directement les intérêts des Etats-Unis…

          2. Grosminet

            @ Pythagore 16 janvier 2026, 10 h 58 min
            « Drôle d’ami, cet ami. »
            Oui mais non, c’était un ami parce des gens comme Obama ou Biden étaient gentils. Tandis que Trump, lui, est méchant.

              1. Blondin

                Bravo pour la citation de Desproges.

                Quant à Obama, il y aurait un bouquin à faire sur la fascination niaise des Européens « progressistes ».
                Tout ça parce qu’il était noir (métis en fait) et qu’il avait d’excellentes qualités oratoires.

                Aucun recul, aucun esprit critique, aucune connaissance de ce qu’est un rapport de force géopolitique.

                Il aurait fait caca sur la table, ils auraient dit : « whaou, ce qu’il digère bien ! »

                1. Grosminet

                  @ Blondin 16 janvier 2026, 12 h 05 min
                  +1. Obama c’était LE super président super cool et super gentil. Pour preuve, il a eu le prix Nobel de la paix.

      2. Mitch

        ‘pays ami’ ça ne veut strictement rien dire. C’est ça que les européens ont du mal à intégrer. Les pays ont des intérêts. Parfois ils convergent, parfois pas. C’est d’ailleurs sur le même principe de ‘pays amis’ que l’europe a été battit. On voit ce que ça donne …

  5. nemrod

    Avoir un gros manche ou être du bon côté de celui qui l’à.
    Je pense que tout le monde a bien compris .
    Le problème pour tous les occidentaux va commencer quand il faudra aller plus loin que la phase de domination aérienne en conflit asymétrique .
    Y a quand même une bonne part de bluff .

  6. Franck

    Après, la « procédure », je suis 100% pour !! Mais il faut un GROS bâton derrière pour la faire appliquer en cas de manquement, et l’Europe a oublié ça. Les USA (ou tout autre pays), c’est pas la même chose qu’un conducteur éméché ou des Gilets Jaunes sur lesquels il suffit de tirer au Flashball ou au Taser.
    L’Europe c’est le vent, les autres pays, la tempête…

    1. Gaston

      La procédure pour la procédure, non merci. Contraint et forcé pour éviter les emmerdes, oui.
      Pour ce qui est de tirer dessus, sans aller très haut dans les échelles, un Sosok ne répond déjà plus au comportement attendu.
      Alors un DJT…
      Ces gens sont fous. Leur interprétation de la réalité est dangereuse pour tous sauf pour eux, protégés qu’ils sont par du pognon, des amis (des complices plutôt) ou des armes (mais chut, c’est un secret). Des trucs auxquels je n’ai pas accès.
      Je ne veux pas payer pour eux, car ils ne payeront pas pour moi.

  7. hub

    Il est juste que ce qui est juste soit suivi. Il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.

    —-

    La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique.

    La justice sans force est contredite parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste.

    La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Ainsi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice, et a dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était juste.

    Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste.

    Ce bon vieux Pascal

  8. Higgins

    Petit rappel à destination de nos peintres, la souveraineté d’un pays n’est pas divisible : legrandcontinent.eu/fr/2026/01/10/de-gaulle-muselier-resister-a-trump-au-groenland/

      1. Higgins

        Deux questions dans la question :
        1) pourquoi lâcher l’Algérie ? Une forme de réalisme face à la démographie de la population arabe très probablement.
        2) plus compliqué et pour l’instant il n’y a pas de réponse : pourquoi avoir donné les clés de ce pays aux plus extrémistes, le FLN ?

    1. MadeInCH

      Mais si! Mais si!
      Les îles Machi-Truc sont parfaitement sécables de la RRépublique!
      Et en pratique, les frontières ça bouge. Parfois très vite, parfois pas, mais sur le temps long, ça bouge.
      Et si un coin demande son indépendance, il n’y a pas de raison qu’elle ne l’aie pas.
      Appartenir à un Pays, ça devrait être par choix, ou par avantage. Pas à cause du gros bâton.

        1. Grosminet

          @ Cerf d 16 janvier 2026, 10 h 18 min
          « La Corse à l’Italie »
          À condition qu’ils en veuillent bien, c’est pas gagné… sauf peut-être en leur filant un gros paquet de pognon avec. Faut pas trop prendre ses voisins pour des cons non plus…

        1. Pythagore

          Depuis des décennies que les Allemands s’autoflagèlent à cause du nazisme, je ne suis pas sûr qu’il y aura bcp de monde pour les utiliser les armes.

  9. Simon

    – « Ces Européens ont trop longtemps mis tous leurs espoirs de défense dans l’OTAN ».
    – Pourtant ils étaient prévenus depuis sa création en 1949 : «NATO was created to keep the Soviet Union out, the Americans in, and the Germans down». (Discours de Lord Hastings Ismay, premier secretaire général de l’OTAN, 12 mars 1952).
    – Depuis on observe une augmentation du nombre de pays se rattachant à l’OTAN à proximité de la Russie (Estonie, Lettonie, Lituanie & Bulgarie 2004 ; Finlande 2023 ; Suède 2024 ; Georgie & Ukraine candidats), America « in » devient America « first » et enfin ce ne sont pas seulement l’Allemagne qui doit couler mais l’Europe entière (Fuck UE).

  10. du

    Je ne suis , pour plusieurs raisons , pas très convaincu .
    D’abord , se retirer de toute organisation internationale est prendre le risque qu’elles continuent d’exister sans vous et le contrôle que vous pourriez y exercer en interne . D’ailleurs les exemples ne manquent pas où les US ou d’autres ont fait marche arrière sur le sujet .
    Ensuite , les USA ont précisément un problème de désindustrialisation et fonctionnent plus sur un système de dette que de production de puissance réelle . J’ai lu des analyses convaincantes d’une Amérique d’avocats face à une Chine d’ingénieurs , je parle de tendance , bien entendu .
    Enfin , j’y reviens , l’usage de la force brute fonctionne quand même dans un cadre d’intérêts partagés . Je crois que les « formes » n’étaient pas « purement réthoriques » mais étaient des formes de reconnaissance de souverainetés . Ch. de Gaulle avait prédit que les USA finiraient par se faire haïr de ses anciens alliés mêmes .
    En fin de compte , les USA sont plus dans la gestion d’un déclin que même les puissances concurrentes ont intérêt à gérer avec eux .
    Le point avec lequel je suis en plein accord est bien l’effacement et l’humiliation de l’Europe , médaille d’or du premier perdant géostratégique mondial .

      1. Pythagore

        Très honnêtement, j’ai comme un gros doute sur le fait que Trump voudrait sortir de l’OTAN, ce qu’il veut surtout c’est faire payer les autres, ce qui en soit n’est pas répréhensible, la sécurité, ca se paye.
        L’OTAN permet aux US découler abondemment leur matériel, d’imposer leurs standards. En sortir serait prendre un risque pour leur industrie militaire et leur supprématie ds la livraison de matériel.
        Les européens sont d’ailleurs très con. L’Allemagne demanderait-elle aux US le départ de leur plus de 30.000 soldats, les US seraient bien emmerdés.

        1. durru

          « L’Allemagne demanderait-elle aux US le départ de leur plus de 30.000 soldats, les US seraient bien emmerdés. »
          Pas si sûr. Des infrastructures existent déjà (ou sont en cours de déploiement) dans des pays plus à l’est. Par contre, l’impact sur l’économie locale serait, lui, immédiat.

          1. Pythagore

            Certes mais ils n’ont pas le même pouvoir d’achat, ni les mêmes besoins en gaz que DT essaie également de vendre à l’Allemagne.

    1. Cerf d

      Ce que De Gauleiter oubliait de mentionner c’est que lesdits anciens alliés n’ont toujours été plus des vassaux que des alliés mais n’ont jamais voulu l’admettre.

      1. du

        Il y a des formes de consentement dans la vassalité . Faut pas croire , les formes , ça compte . Accompagner la soumission d’humiliation is big mistake . L’humiliation n’est JAMAIS pardonnée

        1. P&C

          La vassalite à ce point, c’est quant même inédit, et montre la veulerie et la lâcheté, à défaut de nullité, de nos mamamouchis.

          Le vassal typique dans l’histoire, c’est Kog vasil : il se soumet à toi pour la forme, mais essaie toujours de te la mettre par la force, le mariage, ou en jouant double voir triple jeu avec tes ennemis…. dans l’optique d’être le plus souverain possible sur ses terres. Jeu d’equilibriste qui demande de la compétence et voir les emmerdes poindre en avance.

          Kog vasil était un arménien vassal des turcs. Il jouait aussi la carte byzantine, fatimide, croisée… en fait comme tous les seigneurs du coin.

          Dans le cas de nos mamamouchis, on aurait dû les voir en toute logique historique jouer USA vs Russie vs Chine… mais comme ils sont trop lâches vis à vis des USA, et incapables de se coordonner entre eux, ben ils suivent le maître… et se trouvent fort dépourvus lorsqu’ils deviennent des boulets aux yeux de ce dernier.

    2. durru

      « une Amérique d’avocats face à une Chine d’ingénieurs , je parle de tendance »
      La tendance passée, oui, c’est même flagrant.
      Avec la nouvelle administration, on voit une volonté de renverser cette tendance. Sera-t-elle couronnée de succès ? C’est trop tôt pour répondre.

  11. baretous

    Le poisson pourrit par la tête. C’est pas de moi.. 🙂
    même au niveau extremement local, des maires de petits communes renoncent à se représenter tellement la bureaucratie et les pdf a remplir inondent leur petit bureau…
    Un exemple concret: un petit ruisseau prenant sa source a même pas 3 km a la fâcheuse manie parfois d’inonder une partie du village. Facile pour le maire d’envoyer ses employés d’aller voir le probleme sur place et lui le maire de faire sur « géoportail » le profil du ruisseau pour voir où se situe le schmilblick. Sur 150 m il y a un faux plat ralentissant l’écoulement. donc 2 jours de mini pelle et l’affaire est réglée. NIET! on dit les « spécialistes » il faut laisser la nature telle quelle et donc réunion de la comcom pour inciter les personnes concernées moyennant subventions (ben ouais !) à faire des travaux de réhaussement des compteurs electriques,clims et pose de palplanches devant les portes etc..

    A FUERA !

  12. Dom17

    Ce n’est pas compliqué: les nations européennes ont été contraintes d’abandonner leur souveraineté alors que leurs divergences d’intérêts ne permettait pas, de facto, d’affirmer une souveraineté européenne.
    Du coup ceux qui sont tranquillement assis sur cette bureaucratie dont ils tirent bénéfice commencent à paniquer devant la réaffirmation par certains pays de leurs intérêts légitimes. Et ce n’est pas fini…

      1. Calvin

        Oui, la seule question qui soit à se poser, c’est pourquoi.
        Par paresse, par revanche sur les peuples, par incompétence, par bêtise, par cynisme ?

    1. Cerf d

      C’est encore plus simple : De 1945 à 1991, que sont les souverainetés des nations européennes sans le parapluie américain ? Que dalle.

        1. Cerf d

          Parce qu’elle l’ont bien voulu ?
          C’était ça ou se trouver à l’Est du rideau de fer.

          Encore une fois la politique gaulliste sans le parapluie américain …

          1. Grosminet

            @ Cerf d 16 janvier 2026, 11 h 45 min
            « Encore une fois la politique gaulliste sans le parapluie américain »
            La bombe atomique faite maison c’est quand même un pas important…

  13. Steph

    Cet article me fait penser à une décision de la cour de Cassation : il n’existe pas de droit à la correction parentale.
    Le parallèle pourrait être jugé comme osé par certains.

    Le problème n’est pas de corriger les enfants mais de les éduquer. Un enfant doit apprendre à connaître les limites droite et gauche afin de pouvoir s’insérer dans la société dans le respect.
    S’il n’écoute pas et se comporte comme un tyran, Darwin s’en chargera un jour. S’il fait des crises, il ne sera pas employable et sera une plaie pour la société.

    Les parents doivent donc éduquer le respect et la liberté aux enfants. Dire qu’ils les laissent faire leur crise et tout casser, que personne d’autres qu’eux n’ont le droit de les reprendre lorsque ces chers chérubins dépassent les bornes va créer des intouchables.

    L’UE se comporte de la même façon que ces soi-disant parents. Elle met en place de la réglementation quand les parents font du laisser aller. Et pour être sûr de bien se faire comprendre, l’UE règlemente tout ou presque sous forme de justice.
    Les USA (mais la Chine aussi et l’Inde dans une certaine mesure) mettent en place des moyens militaires pour entraîner un respect de facto des limites.

    1. Cerf d

      Cette décision est magnifique tant l’état profond ne cache plus ses intentions : Ce n’est pas aux parents d’éduquer leurs enfants. L’état sait mieux que vous ce qu’il faut faire.

      C’est même un peu plus subtil, on retire aux parents les moyens d’éduquer leurs enfants. Et on veut les rendre responsables quand ceux-ci font des conneries.

      Et cerise sur le râteau, on déplore la dénatalité.

    2. CPB33

      « S’il n’écoute pas et se comporte comme un tyran, Darwin s’en chargera un jour. S’il fait des crises, il ne sera pas employable et sera une plaie pour la société. »
      ou alors il devient président !!!

  14. Cherea

    1453, Byzance tout cela parlait du sexe des anges avec les Ottomans à leur porte…c’est tout à fait comparable.
    Le Groenland ne fait pas partie de l’UE.
    Comme disait Audiard quand les gros parlent les petits écoutent.
    Et enfin concernant les traités, on peut en sortir, de Gaulle est sorti de l’Otan…
    Et les Danois qui ont acheté du f-35 alors qu’ils auraient pu prendre du Grippen suédois entre scandinaves…
    Combien de temps reste-t-il pour l’UE ?

      1. Franck

        Je ne pense pas que les USA joueront cette carte pour une si petite partie. Ils préfèreront la jouer sur un éventuel + gros coup (en espérant qu’il n’y en aie jamais…)

        1. Gaston

          Ce ne sera pas aussi grossier car ils comptent continuer à en vendre.
          Il y aura des débiles qui saboteront des usines (ou tout comme), ou un tampon manquant sur un document d’export depuis le Winsconsin, ou autre encore… les possibilités sont infinies, comme l’est le fil à la patte.

    1. P&C

      Pire que ça ; les byzantins se sont tapé une succession de guerres civiles. Seule l’arrivée de l’epouvantable Timur lang, qui a écrasé les ottomans de Bayezid 1, et le fetred qui a suivi avec le règne du très calme Mehmet 1, leur à permis de souffler. Mais ils ne pouvaient pas remonter la pente : plus de pognon (Pera par exemple avait été vendue à Gênes), un territoire limité à la ville en ruine de constantinople, et même vassal des turcs dès Murad 1.

      Ça aussi ça a du être drôle : les vyzantins qui ont refuser pendant des siècles d’épouser des nobles européennes car pas de assez haut lignage, obligés de baisser les babouches de mecs qui 150 ans plutôt étaient des éleveurs de chèvres (Ertugrul, le père de Osman le fondateur de la dynastie ottomane, était éleveur avant de se lancer comme gazi).

  15. Steph

    En parlant de force, de justice, de procédure, petit rappel pour le petit ange parti trop tôt.

    Là, nous avons aussi un petit ange, sauf que lui, il a envoyé 3 gamines à l’hosto.
    C’était aussi le risque de laisser le petit ange reprendre la route. Ce sont toujours des personnes qui n’ont rien à voir avec l’affaire qui payent.
    ouest-france.fr/societe/faits-divers/trois-lyceennes-fauchees-en-sortant-des-cours-a-orly-le-conducteur-mineur-navait-pas-le-permis-9827e0c0-f2c8-11f0-b9a1-d6112deb75f2

  16. Gerldam

    Un excellent billet, une réflexion poussée et non les banalités que déversent à longueur de temps les médias de grand chemin.
    Quand on connait un peu les petits hommes gris de l’intérieur, c’est encore pire que tout ce que vous pouvez imaginer: des réunions à n’en plus finir pour décider si l’amendement n° 146bis doit être présenté en commission ou en scéance pleinière, chaque participant sachant pertinemment que cet amendement, qui d’ailleurs fait doublon avec le 138ter ne sera jamais adopté.
    Et tous ces gougnafiés grassement payés avec le pognon de Nicolas.

  17. CPB33

    En Australie, ce sont des chevaux en bonne santé qui sont exterminés….
    policeetrealites.com/2026/01/16/%f0%9f%87%a6%f0%9f%87%ba-australie-9-000-chevaux-sauvages-abattus-depuis-des-helicopteres-pour-sauver-les-ecosystemes/#google_vignette

Laisser une réponse

(obligatoire)
(facultatif)