Ormuz : Le suicide géopolitique de la City ?

Dans les victimes de guerre, on trouve systématiquement l’innocence et la vérité. Cette fois-ci, avec ce qui se passe en Iran, on pourra y ajouter les assurances : ainsi, Lloyd’s of London, cette vénérable institution qui depuis trois siècles manie l’assurance maritime comme d’autres manient l’épée, se retrouve confrontée à un changement paradigmatique majeur.

Il y a quelques heures, le 2 mars dernier et devant les événements dans le détroit d’Ormuz, Lloyd’s a eu cette brillante idée d’annuler purement et simplement ses couvertures d’assurance maritime pour le détroit d’Ormuz au motif « d’évaluer les risques accrus au Moyen-Orient ».

Cependant, on peut y déceler un autre motif : l’establishment britannique a essayé une fois de plus de se servir de cette arme géopolitique et cela ne s’est pas passé comme prévu.

Dès l’annonce de Llyods, on a pu assez logiquement observer un effondrement de 80% du trafic maritime dans le détroit, avec une hausse rapide des coûts de transport (de 1 800 à 3 700 dollars pour un conteneur Shanghai-Dubaï), entrainant rapidement une véritable paralysie commerciale, soit la recette habituelle des « gendarmes du commerce mondial » de sa Gracieuse Majesté.

Malheureusement, ce qui devait être une réaction classique a été rapidement récupérée par nul autre que Trump qui a sorti de son chapeau une assurance d’État via la U.S. Development Finance Corporation pour couvrir « tous les risques maritimes dans le Golfe ».

En une déclaration, le président américain vient de court-circuiter trois siècles d’hégémonie britannique sur l’assurance maritime mondiale.

Et ce n’était pas une improvisation.

En effet, dès décembre 2025, l’administration Trump avait confirmé Stephen Carmel (ancien cadre dirigeant de Maersk et capitaine de pétrolier) à la tête de MARAD, l’administration maritime américaine. Sous la houlette du secrétaire aux Transports Sean Duffy, Carmel travaillait depuis des mois sur un plan de « restauration de la dominance maritime américaine », incluant 6,2 milliards de dollars de contrats pour la flotte de réserve. La DFC comme assureur de dernier recours n’est donc pas sortie d’un chapeau : c’est la pièce manquante d’un dispositif méticuleusement préparé.

Vraisemblablement, Lloyd’s a foncé tête baissée dans un piège qui l’attendait.

Ce faisant, Trump a aussi démontré ce que certains savaient déjà et que beaucoup ne veulent toujours pas croire : la Llyod’s n’est pas un acteur commercial indépendant, mais le bras armé financier de Whitehall déguisé en compagnie d’assurance.

Car enfin, regardons qui dirige Lloyd’s aujourd’hui : Sir Charles Roxburgh, fraîchement émoulu du Treasury où il a passé six ans comme Second Permanent Secretary, marié à Dame Karen Pierce, ex-ambassadrice aux États-Unis et fine connaisseuse des efforts de renseignement conjoints américano-britanniques. Un couple qui incarne à merveille ces « revolving doors » si chers au système britannique. Quant au CEO Patrick Tiernan, il a lui aussi débuté sa carrière dans les autorités réglementaires britanniques.

Rappelons que selon les statuts de Lloyd’s, les nominations clés doivent être « confirmées par le Gouverneur de la Bank of England » : le gouvernement britannique a plus que son mot à dire sur qui tient les rênes.

Cette promiscuité n’est pas fortuite : elle transforme Lloyd’s en parfait instrument de projection géopolitique et seuls les naïfs et les actuaires en bas de la pyramide peuvent ignorer cette réalité. Besoin de sanctionner l’Iran ? Lloyd’s retire ses couvertures aux compagnies maritimes iraniennes. Envie de faire pression sur la Russie ? Lloyd’s applique religieusement les sanctions gouvernementales. Volonté d’intimider Taiwan face aux ambitions chinoises ? Lloyd’s augmente soudainement ses tarifs pour la région.

Derrière cette mécanique bien huilée se cache Lloyd’s List, ce réseau de renseignement maritime vieux de 300 ans qui cartographie en temps réel tous les mouvements navals mondiaux. S’il s’agit officiellement d’un journal spécialisé, officieusement c’est une « unité de renseignement global » selon les termes mêmes des analystes académiques.

Ainsi, depuis 1734, Lloyd’s collecte, traite et diffuse des informations précises sur les routes, cargaisons et mouvements de la quasi-totalité de la flotte marchande mondiale. Un trésor d’intelligence commerciale et stratégique qui explique pourquoi Londres a pu si longtemps tenir le commerce maritime mondial par ses parties les plus sensibles.

Cependant, avec ce mouvement trop rapide concernant le détroit d’Ormuz, Lloyd’s a commis une faute stratégique majeure que Trump a immédiatement saisie pour proposer une alternative crédible, soutenue par la puissance financière et militaire américaine.
Car contrairement aux Britanniques qui ne peuvent plus aligner que leurs beaux discours sur les « valeurs occidentales », les Américains disposent encore des moyens de leurs ambitions. Quand Washington propose une assurance d’État, elle est adossée à une marine de guerre capable d’escorter effectivement les navires.

Ce qui se joue dans le détroit d’Ormuz dépasse largement une simple querelle commerciale. C’est la fin programmée d’un modèle géopolitique où une ancienne puissance impériale pouvait encore dicter sa loi au commerce mondial grâce à ses positions acquises dans le secteur financier.

Lloyd’s restera sans doute un acteur important de l’assurance maritime – l’expertise accumulée ne disparaît pas du jour au lendemain – mais son statut quasi-monopolistique et son rôle d’instrument de la politique étrangère britannique viennent de prendre un coup fatal.

L’ironie de l’histoire veut que cette institution née dans un café londonien pour mutualiser les risques du commerce maritime retrouve soudain sa vraie nature : celle d’un simple assureur parmi d’autres, privé de ses privilèges géopolitiques.

La déroute de Lloyd’s dans l’affaire d’Ormuz illustre parfaitement l’effondrement en cours de ce que l’on pourrait appeler « l’empire informel » britannique. Faute de porte-avions et de divisions blindées, Londres avait misé sur la City et ses tentacules financiers pour maintenir son rang mondial.

La mise est perdue : l’Empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais découvre le crépuscule.

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Commentaires105

    1. durru

      Merci, Patron ! Je pensais pas être pris au sérieux…
      Sinon, il y a une ‘chtite erreur dans le lien vers Dame Karen Pierce, si Mélusine passe par là 😉

      1. Aristarkke

        Dès l’annonce de Llyods, on a pu assez logiquement observer
        Llyod’s n’est pas un acteur commercial
        Les stagiaires ne sont pas de qualité !
        Fans de la chanteuse pour être autant influencés ?

    2. Aristarkke

      Bon, j’espère que ce n’est pas celui prévu demain que vous avez avancé sans intention d’oublier de faire paraître un autre ce vendredi, histoire de vous ménager un week-end prolongé ou pire de nous (me) ménager avant l’annonce d’un congé inapproprié, vu du lectorat.

      1. Pythagore

        Ah! ces francais, jamais contents !
        Faudrait pas que le patron nous fasse une burne qui saute ! (je ne sais pas comment traduire burn-out)

          1. Theo31

            Au boulot, un gars a été amputé des testicules suite a un accident a la chasse. Il a glissé sur un morceau de bois qui est venu lui briser l’entre jambe.

    3. Grosminet

      T’as vu ça, ami Pierrot ? Même le Patron ne respecte pas la tradition, il a pas attendu qu’Ari poste un com… CBEF…

  1. Grosminet

    « Dès l’annonce de Llyods, on a pu assez logiquement observer un effondrement de 80% du trafic maritime dans le détroit »
    Effet d’un quasi-monopole dans le domaine de l’assurance maritime ou simplement effet d’annonce suivi par les concurrents ?

    1. P&C

      D’où une question : pourquoi un tel monopole ? T z pas des compagnies d’assurance chinoises, us, russes, arabes, etc…

    2. Aristarkke

      Cette compagnie détiendrait à elle seule 40% du marché de l’assurance du transport maritime…
      Normal que ses mouvements soient scrutés par ses confrères.

      1. En gros, la Lloyd’s fait l’actuariat (et la géopolitiques), les autres suivent ce qui leur fait des économies en actuariat.

        Note vaguement pertinente : parlant d’assureurs, l’histoire d’AIG est intéressante aussi.

    1. Higgins

      Ben, pour sortir du golfe Persique, à part le détroit d’Ormuz, je ne vois pas bien. Et il y a également l’entrée de la mer Rouge que les Houthis veulent interdire.

      1. nemrod

        Oui j’aurais mieux fait de regarder la carte.
        Si ça tourne moyennement, les pays du golfe producteurs de pétrole sont quand même dans la merde…non ?

        1. Aristarkke

          Il y a toujours le grand tour de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance… Mais ça rajoute du délai et augmente le coût de la navigation.

          1. Pierre 82

            Euh… Si tu pars du Koweit, des émirats, des ports pétroliers d’Arabie saoudite ou du Qatar, il n’est pas possible d’éviter le détroit d’Ormuz.
            Pour ce faire, il aurait fallu profiter de la dernière décennies pour construire un réseau de pipelines à travers les déserts d’Arabie saoudite pour amener le pétrole sur la côté ouest de la péninsule…

    2. Deres

      Il y a des pipeline mais les débit sont limités et déjà utilisé à plein. En plus les iraniens ont bien entendu immédiatement visé les installations débouchant en dehors du golfe Persique.

  2. infraniouzes

    Et maintenant la flotte US va se faire un plaisir d’écrabouiller toutes les vedettes rapides et les drones de la région, garantissant ainsi la sécurité du passage. Une fois cela fait, le trafic reprendra sous la houlette américaine, moyennant finance. Ceux qui ont des actions de Llyods doivent-ils vendre ou conserver ?

    1. du

      Il y a aussi les mines , je ne crois pas que le détroit puisse être véritablement sécurisé , sans compter le bab el manded où Ansarurrah est en embuscade

      1. Pierre 82

        Peu importe. La plupart des pétroliers sont assurés à la Lloyd, de toutes nationalité et peu importe si leur destination est la Chine ou pas.
        J’ignore quelle est la part des pétroliers ou méthaniers qui sont immatriculés en Chine, mais amha beaucoup moins que des libériens ou panaméens…

        1. nemrod

          Peu importe non.
          Le pétrole du coin va majoritairement en Asie et particulièrement en Chine, j’imagine que ça compte.

      1. du

        Selon votre billet , City , Lloyd’s et gouvernement britannique sont dans le même bateau . WW3 , comme WW2 va racler United Kingdom

      2. Pierre 82

        Eh bien punaise, s’il liquide la City de cette manière, ça va être rigolo quand Trump décidera de liquider l’Allemagne…
        Et la France, peut-on considérer que c’est déjà fait, ou va-t-il donner le coup de grâce définitif ?

        Nous vivons des temps intéressants.

    2. Grosminet

      @ infraniouzes 5 mars 2026, 9 h 44 min
      « Et maintenant la flotte US va se faire un plaisir d’écrabouiller toutes les vedettes rapides et les drones de la région, garantissant ainsi la sécurité du passage. »
      Oui mais non, avoir la supériorité maritime ne suffira pas pour sécuriser le détroit. Celui-ci étant étroit, c’est facile de shooter les tankers depuis le littoral iranien. M’est d’avis que si les US veulent vraiment sécuriser la zone, il va falloir qu’ils mettent pied à terre.

  3. Titi

    Donc que va t il se passer? Est ce que l’assurance proposée par les US couvre uniquement la région du Golfe, et que les armateurs vont devoir maintenir leur souscription chez Llyods? Si oui, n’y a t il pas matière à manipuler les contrats pour diminuer la couverture tout de même, à « tout bateau étant passé par le détroit d’Ormuz sur une certaine période »?
    A quel point cette assurance US est indépendante de la volonté de Trump? Les armateurs peuvent en effet se méfier de sa volonté changeante, et en la matière, ils sont extrêmement adverses au risque.

    1. nemrod

      Ouai…il y a sûrement un plan ou alors tout ça est très erratique.
      Le doute m’habite et peut être qu’il habite aussi les armateurs.
      Je regarde encore à travers ma pelle …

    2. Franck

      Et surtout, est-ce que ça implique une présence US permanente dans la zone ? Je les imagine mal y laisser 1 porte-avions à demeure, et une fois le ménage fait, je ne pense pas qu’il y ait matière à payer une « protection » (racket ?) pour emprunter le détroit, puisqu’avant tout ça, on circulait et on ne payait rien

    3. Grosminet

      @ Titi 5 mars 2026, 9 h 46 min
      « Les armateurs peuvent en effet se méfier de sa volonté changeante, et en la matière, ils sont extrêmement adverses au risque. »
      Bonne remarque.

  4. CPB33

    pendant ce temps-là, la « justice » française à l’œuvre :
    policeetrealites.com/2026/03/05/%f0%9f%87%ab%f0%9f%87%b7-mort-de-nahel-merzouk-lors-dun-refus-dobtemperer-a-nanterre-florian-sera-juge-pour-violences-volontaires-ayant-entraine-la-mort/

  5. Higgins

    Comme les emmerdes volent toujours en escadrille, Vlad se rappelle au bon souvenir des TDC de Bruxelles : lecourrierdesstrateges.fr/moscou-brandit-larme-gaziere-bruxelles-dos-au-mur/

    1. Deres

      Le prix du gaz monte en flèche et une des sanctions européennes est un prix plafond pour le gaz. Les Russes veulent donc faire sauter cette sanction sachant qu’il y a d’autres acheteurs.

      1. Mildred

        Comment ne pas être d’accord avec vous, du, puisque j’en ai même dégotté un ici, chez le Patron, qui ne manque jamais l’occasion de faire sa propre propagande en nous infligeant crânement ses fautes d’orthographe et de français à toutes les lignes, sans que personne ne s’en offusque !

    1. Deres

      Trump a la suprême imbécillité de s’avoir s’entourer de gens brillants et de les écouter. Un président comme Macron qui se sur-estime préfère s’entourer de flatteurs qui lui confirment son orgueil. Rappelez vous que ses conseillers disait avec emphase que c’était le premier épidémiologiste de France pendant le COVID … On connait le résultat.

  6. Pierre 82

    Bravo et merci Patron, pour cet éclairage nouveau (enfin, nouveau pour moi car j’ignorais que les US avaient prévu une « assurance d’état des US)…
    C’est vrai que la guerre est totale, et que l’UK vient manifestement de prendre une grosse claque.

      1. durru

        « ancien allié » : oh que oui, « ancien » est de mise !
        Allié du Deep State, pas des US.
        Mandelson, une première piste.

        1. Higgins

          Le chef de l’opposition au Royaume-Uni, Nigel Farage (Brexiteur) sur l’Iran :

          Il y a des moments où il faut dire non aux Américains. Absolument. Vous savez, nous aurions dû dire non à plusieurs reprises au cours des 25 dernières années.

          Et bien sûr, parce que Saddam Hussein ne représentait pas une menace directe pour ce pays, ils ont dû inventer une menace.

          Je dirais que dans le cas de l’Iran, depuis le 7 octobre, ce pays a fondamentalement changé en raison du terrorisme financé par l’Iran.

          Et franchement, si cette opération empêche l’Iran d’obtenir une arme nucléaire, cela en valait la peine. Et je le crois très, très fortement.

          Je suis normalement incroyablement nerveux à l’idée d’intervenir dans des guerres étrangères. Je crois que celle-ci est la bonne.

          Nigel Farage s’est prononcé de manière ferme sur la crise iranienne, en soutenant les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, qu’il juge « justes » et nécessaires pour empêcher Téhéran d’obtenir une arme nucléaire.

          Il a qualifié la politique britannique envers l’Iran de « fausse » depuis 2015, en particulier l’accord nucléaire (JCPOA), qu’il a qualifié d’acte ayant financé des organisations terroristes comme Hezbollah, Hamas et les Houthis.

          Il a critiqué violemment le Premier ministre Keir Starmer, qualifiant sa réponse de « pathétique » et de « déshonorante », notamment après que le Royaume-Uni a refusé d’autoriser les États-Unis à utiliser des bases militaires britanniques pour les frappes. Farage a affirmé que cette décision menaçait la relation spéciale avec les États-Unis et pourrait nuire à l’OTAN.

          Bien qu’il appelle à un changement de régime en Iran, il a clairement rejeté l’idée d’envoyer des troupes britanniques « sur le terrain », estimant que le Royaume-Uni n’a ni les moyens ni la capacité opérationnelle pour une telle intervention. Il a aussi demandé que le Corps de la Garde révolutionnaire iranienne (IRGC) soit désigné comme organisation terroriste au Royaume-Uni, comme l’a fait l’Union européenne.

          Enfin, il a exprimé son soutien aux « forces de la liberté » en Iran, souhaitant la chute du régime actuel, tout en suggérant que le Royaume-Uni ne devrait pas accueillir de nouveaux réfugiés iraniens, mais plutôt encourager les exilés à retourner en Iran si un nouveau gouvernement démocratique était établi.

          Le double jeu pervers du gouvernement britannique est de plus en plus visible.

          Pas étonnant que les relations américano-britanniques soient exécrables en ce moment…

          Source fil Telegram @leveil2022

            1. Theo31

              Vu son entourage politique, s’il arrive aux manettes, ses électeurs auront très rapidement mal aux fesses.

              Farage s’est déjà fait entarter.

  7. bob razovski

    Merci Patron pour ce travail supplémentaire, avec encore des analyses qui dépassent largement la capacité des zinsipides zéditorialistes de plateaux tv.

  8. CPB33

    Théo va payer pour son squatteur !!
    policeetrealites.com/2026/03/05/%f0%9f%87%ab%f0%9f%87%b7-toulouse-un-squatteur-frappe-dans-le-balcon-dun-appartement-il-seffondre-en-pleine-rue/

    1. Pierre 82

      Espérons que le propriétaire du bâtiment soit sévèrement condamné en justice pour ne pas avoir entretenu son bien, fût-il ou pas occupé par un squatter.
      Non mais.
      J’ai totalement confiance dans la justice de mon pays, pour ce genre de trucs.
      Et même pas besoin de connaitre le dossier.

  9. Aleph

    Bel article. Je recommande la lecture d’un chapitre hilarant et stupéfiant de Lettres de Londres par Julian Barnes, où il expose le fonctionnement de Lloyd’s. En gros, ils jouent les mondains pour recruter des gogos ébaubis à plumer.

  10. Lothar

    @ H16, je me permets une petite précision technique : tous les assureurs et réassureurs du monde (y compris les Lloyd) excluent les dommages de guerre dans leurs contrats. (Relire son assurance habitation, auto ou celle de son yacht de 30 mètres). Ces dommages directs ou collatéraux doivent être pris en charge (ou non ou pas) par les États belligérants.
    Mais pour cela, il faut qu’il y est une guerre et ce n’était pas le cas au Moyen-Orient jusqu’à ces derniers jours.
    Ainsi, les USA (qui sont — on peut le croire, en guerre contre l’Iran) avec cette assurance d’État assument (et assurent) leur responsabilité dans leur erreur, croisade, connerie, juste cause, impéritie, audace (rayez les mentions de votre choix).
    N.B. : les actes de piratages (par exemple des Houthis jusqu’à présent du moins) étaient par contre couverts dans un certaine mesure par les assureurs — mais c’est à vérifier quand même !

      1. Lothar

        @ Nemrod :« pour une  » opération spéciale  » ? »
        Mon propos ne concerne que la « technique d’assurance » sachant que du point de vue du droit international — s’il en fut — il n’y a jamais eu de « déclaration de guerre » formelle. (Donald — comme Vlad pour l’Ukraine — n’a effectivement pas rempli le cerfabobo ad hoc — comme disait un grand capitaine de marine marchande).
        C’est donc le fait du roi et du roi dollar, comme H16 nous l’a rappelé très récemment.
        De plus, pour les Lloyd qui certainement monnayent leurs contrats en livres sterling, c’est peut-être pour les U$ un « coup du roi » comme on dit à la chasse, deux pierres en un coup !
        Ce n’est plus « Rule Britania » désormais, mais peut-être « Rule Dollari », il faut se le dire… (Je n’oserai pas quand même « Rouble Dollari », quoique…)

          1. Lothar

            Merci Nemrod pour ce rappel. Pour tout vous dire, mon dernier tir a été sur une boite de conserve que j’ai lamentablement ratée. De dépit et sous les quolibets, je l’ai fait tomber à mes pieds et envoyer au diable à coup de pied. Non mais ho !

            1. nemrod

              Le coup du Roi est très spectaculaire mais assez facile.
              Il faut engager l’oiseau très tôt, le remonter et le « gommer » avec les canons quand ils est à peu près à 20 m en face en n’hésitant pas à faire un swing rapide.
              Un traversard est plus difficile pour moi surtout de gauche à droite ( pour un droitier ).

              1. Grosminet

                @ nemrod 5 mars 2026, 18 h 58 min
                C’est un truc avec les oiseaux ? J’suis déçu… moi qui pensait que c’était quand un animal genre éléphant, lion (ou sanglier pour les débutants) fonce vers toi, tu lui colles une bastos en pleine tête et il finit par s’effondrer devant toi…

    1. Le fait qu’ils n’assurent pas les dommages de guerre est connu. Le fait que l’État US reprend le flambeau en quelques heures, c’est ça l’information capitale : c’était prévu, planifié et financé.

      Ce qui veut dire que toute l’opération est bien plus méticuleusement prévue que ce qu’en disent les médias (et certains approximatifs ici).

      Dès lors, savoir si cela va se terminer avec brio est un autre problème, mais imaginer que c’était un coup de tête, c’est très con.

      1. du

        Il devait y avoir plusieurs scénarios d’évolution de la situation . Que Lloyd’s soit l’objectif unique de cette gigantesque , coûteuse et dangereuse opération ne me convainc pas .
        Chine , dette , et Israël combinés est le tiercé ( coucou les turfistes ! ) explicatif

      2. Franck

        Celà dit, ça sous-entend aussi que Trump a poussé jusqu’en Iran pour « négocier », en sachant dès le début qu’il allait leur foutre sur la gueule (on ne monte pas une opération à 6 milliards de dollars comme ça, même pour un Etat comme les USA je pense, quoique…), ce qui est très moyen pour quelqu’un qui se revendique comme un « champion de la paix » qui arrête les guerres (qu’il déclenche en fait lui-même). Surtout que sur ce coup-ci, il semble bien que ça soit Israël qui ait lancé tout ça, et qu’il aie juste emboîté le pas (et en +, il ne l’avait même pas dit à Manu qui tombe des nues !!!!!) au prétexte d’une arme nucléaire « incessamment sous peu » qui ressemble déjà aux armes de désinformation massive de Saddam Hussein. Gageons que le Droit International saura punir Trump à la mesure de ses crimes, haha !!

        1. Pierre 82

          Cher Franck, en matière de géopolitique, j’ai appris à me montrer modeste.
          Certes, quand on prend des débiles comme Macron ou Starmer, on prend très peu de risques en pensant que quoi qu’ils fassent, ça tournera en merde, par contre en ce qui concerne Trump, c’est un maître troll dans sa communication, et je n’ai pas souvenir d’un politique (et pour une fois je ne dis pas un politicien) qui arrive autant que lui à brouiller les cartes.
          Je consulte bien sûr beaucoup d’autres blogs, et je survole même d’un derrière distrait la presse de grand chemin, et la diversité des explications a toujours été remarquable dès lors qu’on évoque Trump, et ce depuis son premier mandat.
          Dans son deuxième mandat, il y a cependant une dimension de plus à la variété d’hypothèses défendues : c’est le grand retour des souvenainistes d’extrême droite (jusqu’ici l’antisémitisme était plus ou moins le monopole de la gauche pro-cités émotives, pour des raisons électoralistes évidentes, mais maintenant des ultra-conservateurs sy mettent aussi avec une virulence que je pensais appartenir au passé)
          Bref au milieu de tout ce fatras, le discernement est assez compliqué.
          Mais c’est encore à des endroits comme ici que je lis le moins d’âneries, avec quelques analystes géopolitiques qui ont encore de solides connaissances sur ce terrain glissant…

          Et comme on dit souvent ici : c’est à la fin de la foire qu’on comptera les bouses.
          Seule certitude : les MSM sont complètement à côté de la plaque, quoi qu’il arrive.

          1. nemrod

            J’ai beau laisser rouiller ma pelle…je ne vois toujours pas au travers.
            Je mettrai un petit billet tout de même que les USA voulaient se faire l’Iran de toute façon.
            Ils aiment bien tout leurs flingues, en ont beaucoup et ont envie de les essayer…c’est humain !

            1. Grosminet

              @ nemrod 5 mars 2026, 19 h 03 min
              « J’ai beau laisser rouiller ma pelle…je ne vois toujours pas au travers. »
              Plutôt que de la laisser rouiller, t’as jamais pensé à faire deux trous dedans, tout simplement ? Avec deux trous de 12 mm au bon endroit, elle pourra à la fois toujours servir de pelle et de masque pour dissimuler ton identité. Avoue, c’est une idée tellement simple que tu n’y a pas pensé.

      3. Lothar

        @ H16 : « toute l’opération est bien plus méticuleusement prévue… » Oh oui, et même depuis très longtemps et pas forcément par Donald, Barrack & Cie !

  11. AtomeCrochu

    En 29, la première victime a été le transport maritime.
    A partir du moment où les assureurs ne couvrent plus le fret, c’est le blocage des chaînes logistiques.

    Allumer un incendie dans cette poudrière allait avoir exactement la même conséquence.
    Le désamorçage de cette crise, tout en se positionnant sur un nouveau marché qui détrône la City, serait un coup de poker épatant, à comparer avec les brêles de l’UE.

    Ils orchestrent crises sur crises depuis 10 ans pour faire avancer leur agenda fédéral débile (armement des nazebroques, suppression des frontières, démantèlement du réseau électrique…), mais ils semblent incapables d’en anticiper les conséquences comme le feraient des adultes responsables: rupture des approvisionnements énergétiques, mise à mort de toutes les entreprises d’excellence, embrasement des velléités nationalistes anti-fédération…

    Si Trump est un abruti, alors je doute que le dictionnaire ait un terme suffisamment dégradant pour qualifier nos oukases.

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