Pour une bonne partie de la classe politique européenne, la liberté d’expression est devenue le bruit du voisin qui tond sa pelouse un dimanche matin : absolument insupportable. Le réseau X de Musk étant l’amplificateur le plus bruyant, il était inévitable qu’il serve de cible répétée, comme on l’observe avec l’information judiciaire ouverte par le parquet de Paris, dont la sobriété politique pourrait être encadrée.
Cependant, au-delà de Musk, c’est tout un arsenal qui se met en place : VPN dans le viseur, chiffrement à abattre, avoirs à geler, avec une seule logique et un seul perdant possible.
Ainsi, dans cette course effrénée au contrôle, les VPN constituent l’un des derniers cailloux dans la chaussure du surveillant.
Pour rappel, cette technologie permet à l’utilisateur de naviguer en protégeant ses communications avec les sites qu’il visite, ce qui est manifestement insupportable pour la caste dirigeante. Rassurez-vous, le Parlement européen vient de plancher sur la question et son diagnostic est limpide : si l’on veut « protéger les enfants », il faut d’une manière ou d’une autre en finir avec ces vilaines technologies.
L’European Parliamentary Research Service a même publié un message remarqué expliquant que les VPN seraient « de plus en plus utilisés pour contourner la vérification d’âge en ligne » (l’horreur, quasiment le nazisme !), argument vendu en parallèle de l’annonce d’une nouvelle application européenne de vérification d’âge prête à être déployée.
Le timing est fortuit, comme tout ce qui sort de Bruxelles.
Malheureusement, les éléments avancés sont faux et la note de communauté sous l’ânerie parlementaire le rappelle clairement : selon une étude de l’University of Michigan, 82,1 % des utilisateurs de VPN s’en servent pour se protéger de menaces diverses, et aucune recherche sérieuse n’établit l’explosion d’usage par des adolescents pressés de regarder des contenus interdits. Le prétexte est un costume mal taillé. En somme, nos dirigeants voudraient « protéger » les enfants plus que leurs parents, et la protection en question ressemble vraiment à une porte d’entrée pour implanter en Europe l’équivalent local du Great Firewall chinois.
Et pendant que Bruxelles s’applique à saboter les VPN, les services de renseignement français, eux, ne s’embarrassent même plus d’enrobage : ils veulent en finir avec les messageries chiffrées de bout en bout. Le rapport de la Délégation parlementaire au renseignement, déposé fin 2025 et rendu public fin avril, l’écrit d’ailleurs noir sur blanc : 60 à 80 % des communications passent par du chiffrement, ce qui est fort gênant quand on veut espionner tout le monde.
La solution proposée ? Des backdoors i.e. des mécanisme de contournement des protections, bien sûr !
Quant à la jurisprudence européenne qui protège encore le citoyen, la délégation la juge poliment « déconnectée des réalités techniques et opérationnelles », onctueuse formule pour dire qu’il faudrait s’en débarrasser. L’infiltration humaine, vieille méthode qui a fait ses preuves, est jugée trop coûteuse et chronophage. Autant surveiller tout le monde, plutôt que les seuls suspects, c’est « plus économique ».
Ceci sort alors que, dans le même temps, la France est actuellement qualifiée sur les forums spécialisés de « paradis des leaks ». Données de gendarmes, du CROUS, de services entiers : tout fuit, tout circule, et des inconnus reconstituent des profils complets en croisant les fichiers.
Le rapport de la DPR, confit de ses certitudes, n’évoque jamais cette fragilité : il en demande au contraire davantage, et davantage de bases à gérer. Qu’est-ce qui pourrait possiblement tourner au vinaigre ?
Du reste, on n’a jamais pu démontrer l’idée que les backdoors arrêteraient le terrorisme, le narcotrafic, l’ingérence étrangère ou le hantavirus : dans l’hystérie post-11 septembre, le Patriot Act a permis au FBI d’utiliser plus de 200 000 fois les National Security Letters entre 2004 et 2009, en grande majorité pour des affaires sans aucun lien avec le terrorisme. Le Privacy and Civil Liberties Oversight Board a conclu en 2014 que la collecte massive de métadonnées n’avait jamais empêché un seul attentat. Le programme a été cosmétiquement réformé mais jamais aboli. Les criminels, eux, s’adaptent toujours plus vite que les bureaucraties.
Reste la troisième pièce du puzzle, et probablement la plus efficace pour tenir un peuple en laisse : lui couper les vivres.
C’est précisément ce que prévoit l’article 6 d’une proposition de loi en discussion contre « l’entrisme islamiste », défendue par Bruno Retailleau.
Dans un tweet éclairant, le ministre s’étonne presque que des voix, y compris à droite, aient noté que le gel des avoirs des « organisations incriminées » pourrait servir à museler à peu près n’importe qui. Sa parade ? Invoquer « l’intention du législateur », argument touchant de naïveté (ou de cynisme, au choix). D’ailleurs, le rédacteur en chef de Frontières, Erik Tegnér, en sait quelque chose : il a été traîné devant le tribunal de Bobigny en vertu de la loi Paty, initialement pensée contre l’islamisme, pour une simple investigation sourcée.
Au fond, ce qui se joue dépasse largement la France.
C’est un modèle universel, une mécanique froide, par exemple observable au Royaume-Uni avec l’Online Safety Act et la fameuse Section 127 du Communications Act qui condamne aujourd’hui des femmes au foyer à de la prison pour des vidéos sur des réseaux sociaux.
C’est cette mécanique observable aux États-Unis avec le Patriot Act.
C’est cette mécanique avec toujours la même chorégraphie en quatre temps : une crise, une loi exceptionnelle vendue comme temporaire, un détournement massif, puis une réforme cosmétique qui ne supprime rien.
Une fois obtenu, un instrument de surveillance ou de punition n’est jamais rendu par le pouvoir en place, jamais. Les prétextes changent, le terrorisme cède la place à la protection des enfants qui cède elle-même à la lutte contre l’entrisme, mais le résultat est invariable : les outils exceptionnels deviennent la norme, et les libertés reculent toujours d’un cran à chaque cycle.
Que ceux qui applaudissent encore se calment : un jour, la loi qu’ils chérissaient pour réduire le voisin au silence se retournera inévitablement contre eux.
Ce jour là, ce sera trop tard. Mais ne venez pas pleurnicher qu’on ne vous aura pas prévenu.







Avoir un pays communiste qui tolérerait la liberté d’expression, ça n’existe pas !
Techniquement parlant, l’UE peut-elle gagner ce combat ?
il y a déjà une cinquantaine de personnes sous sanctions européennes.
Les sanctions sont une chose mais je parle de solutions techniques…
C’est l’occasion de voir comment les autorités de certains pays défendent leurs ressortissants. Pour la Suisse, je ne suis pas surpris.
Qui dit le droit une fois directives et règlements approuvés ?
La CEDH et La CJUE qui sont infectées par des membres de l’OSF
Donc réponse oui pour le début, avant que les concepteurs de flèches ne trouvent la parade (qui existe si je me souviens bien d’une réponse du patron)
OSF ou OSEF ?
merci h16.
le tweet de retailleau tellement éclairant.
il oublie de mentionner que l’article 6 permet le gel des avoirs des personnes physiques…
profession-gendarme.com/gel-des-comptes-bancaires-sans-jugement-les-lettres-de-cachet-reviennent-en-france/
A ce que je peux en savoir, les lettres de cachet étaient utilisées avec une grande parcimonie. Il est à craindre qu’avec nos crétins endimanchés, ce soit très différent. Déjà, outre-quiévrain, il y a déjà une victime (sans parler de Xavier Moreau ou de Jacques Baud) : lemediaen442.fr/frederic-baldan-la-cible-designee-de-lue-et-de-pfizer/
Les lettres de cachet étaient parfois demandées par les familles, pour s’éviter la honte d’un procès.
Mais le principe n’en est pas moins contraire au droit et très dangereux.
Avec la préventive, on enferme aussi des gens pour un moment sans procès…
Même ce gauchiste de gpt dit :
« Les travaux historiques contemporains, notamment ceux de l’historien Claude Quétel, montrent qu’il existait en pratique des enquêtes administratives et des procédures relativement encadrées avant émission d’une lettre de cachet »
On en revient aux commentaires du billets précédents, de l’ OSF et de son pouvoir
« la liberté d’expression est devenue le bruit du voisin qui tond sa pelouse un dimanche matin »
Activité devenue formellement interdite dans nombre de communes grançaises… Belle comparaison !
Excellente définition.
ben c’est chiant quand même surtout quand ce sont des voisins qui pourraient le faire la semaine (retraités….etc)
Ah ok la supportabilité du bruit depend de la catégorie sociale du tondeur 🙂
Par chez nous, c’est quand on peut et surtout, quand c’est un peu sec.
Donc on tond même le dimanche et jour férié (un peu comme le fisc…)
Le dimanche de 8 à 10h on a le droit.
@Aristarkke 11 mai 2026, 9 h 09 min
« Activité devenue formellement interdite dans nombre de communes grançaises… Belle comparaison ! »
Ce con de voisin n’a qu’à s’acheter un robot-tondeuse qui ne travaille que pendant les jours ouvrés, namého !
le jour du Seigneur, on ne doit pas travailler
ça s’appelait comment, déjà, les billets écrits qui circulaient en URSS?
Un samizdat.
Si on gèle les avoirs pour entrisme, il faut s’en prendre au PSG financé par le Qatar qui finance le Hamas.
Trump a recadré ce pays qui n’héberge ni ne finance plus le Hamas.
Mais cette entité reste à surveiller , tout comme les dribbles chaloupés de Dembélé il est vrai.
Les 32 lois anti terroristes votées en France n’ont pas empêché le massacre au Bataclan et la décapitation de Samuel Paty.
Vous ne comprenez pas!
Il y en aurait eu 100x plus si ces loins n’avaient pas été votées et appliquées!!
.
{include std.irony}
Ouais, c’est comme le vaccin covid qui a empêché des milliards de morts. Au prix, il est vrai, de quelques désagréments rarissimes chez certaines personnes.
Des dizaines de milliards svp. Complotiste va.
Et on va avoir droit au même sketch avec le virus Hanta qui se profile à l’horizon.
Oui, les ‘vaccins’ sont prêts, ça va pouvoir commencer.
le Hentaï virus ?
Parce qu’il manquait encore quelques directives ue…
Faut en finir avec les loopholes, comme ils disent à Bruxelles.
alors qu’il faudrait plutôt en finir avec tous les assholes de l’UE
La Bastille a été construite pour défendre la Porte Saint Antoine, et comme beaucoup d’ouvrages de ce type, a servi de prison, avec ici la spécialité de l’intention (forcément juste) du roi, exprimée dans des lettres de cachet. Aucun risque d’arbitraire, aucun problème de conception dans un système si direct, aucun abus, aucun excès, rien qui puisse justifier d’en faire après sa chute un symbole d’absolutisme honni.
rappel pertinent…
une nouvelle « affaire Carpentras » !!
bvoltaire.fr/edito-marechal-nous-voila-la-gauche-tient-enfin-sa-nouvelle-affaire-de-carpentras/
Cela m’évoque le fameux article 58: fr.wikipedia.org/wiki/Article_58_du_code_p%C3%A9nal_de_la_RSFSR
L’article 58 du code pénal de la RSFSR (République socialiste fédérative soviétique de Russie) a été instauré le 25 février 1927 pour arrêter les personnes soupçonnées d’activités contre-révolutionnaires. Il a été revu plusieurs fois et étendu significativement le 8 juin 1934.
Cet article introduit dans le droit pénal de la RSFS de Russie les notions d’« ennemis du peuple », de « traîtres » et de « saboteurs ». Il a conduit à l’emprisonnement d’un grand nombre de personnes, dont une multitude d’innocents. Les peines pouvaient aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et étaient fréquemment étendues pour une période indéterminée, sans procès ni délibération.
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La simple suspicion suffisait à prendre 10 ans de goulag, renouvelables.
Nous y voici presque.
renouvelables 🙂
Personne pour remarquer qu’il y a un problème ?
L’université du Michigan qui veut remplacer l’université du Wisconsin comme référence absolue du travail de recherche dûment assermenté ? Mais où va-t-on ?
A 370 miles vers l’est. 🙂
Surveiller tout le monde n’est pas nouveau : souvenez-vous de Valls et de sa loi instaurant la captation et l’enregistrement des métadonnées des français.
Et ils ont installé cela dans ce qu’ils appelent un’ centre de guerre électronique’.
Il doit être difficile de museler tous les VPN. Ainsi, dans un pays en guerre, comme la Russie, les VPN fleurissent, même s’il faut souvent en changer.
selon une étude de l’University of Michigan, 82,1 % des utilisateurs de VPN s’en servent pour se protéger de menaces diverses,
Oui mais que dit celle du Winconsin ?
Que c’est déguelasse que l’université du Michigan utilise un vpn pour se protéger des attaques de l’université du Wisconsin.