L’immigration de remplacement n’est pas une théorie : c’est un budget

Pourquoi, en l’espace de quelques années, les villes européennes et américaines se sont retrouvées submergées de réfugiés, toutes à peu près au même moment et comme par un heureux hasard de calendrier ? Pourquoi des métropoles aussi différentes que Malmö, Bruxelles, Minneapolis et Lampedusa ont connu simultanément le même phénomène, avec les mêmes ONG, les mêmes circuits et les mêmes éléments de langage ?

Si vous demandez, on vous expliquera sans doute que ce fut le fruit d’une convergence de crises géopolitiques.

Cependant, en suivant les flux monétaires liés à ces vagues, on découvre que cette convergence n’a rien de fortuit.

Et ceux qui ont remonté ces flux ont noté que, par exemple, pour l’afflux de réfugiés en Europe, il a été accompagné et souvent précédé par des subventions financées par le contribuable américain.

Oui, Washington a littéralement payé les villes européennes pour accueillir ces populations, en utilisant comme intermédiaire des structures telles que l’American Refugee Committee (ARC), co-fondé avec l’argent du Fonds Humanitaire de George Soros. L’ARC ne se contentait pas de distribuer des couvertures : elle gérait la logistique de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), jusqu’au placement des réfugiés et à leurs calendriers d’arrivée. Quant au budget de l’OIM, il a été multiplié par dix en vingt ans, passant de 280 millions de dollars en 2000 à 3,4 milliards en 2023, dont 40 % financés par les États-Unis.

On est loin d’un mouvement spontané de solidarité que nous vendent les médias de grand chemin et les politiciens.

Et ce ne sont pas des initiatives isolées : l’ONU elle-même, par le truchement de programmes dédiés, offre encore aujourd’hui des incitations financières aux villes européennes qui acceptent d’accueillir des réfugiés. Si votre commune a vu fleurir un centre d’accueil là où se trouvait jadis un bureau de poste ou une école désaffectée, il y a de bonnes chances qu’un chèque, au départ en dollars, ait facilité la conversion.

Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter une chronologie que personne ne vous présentera dans cet ordre.

Dès 1972, la Conférence des Nations Unies à Stockholm pose les bases d’une gouvernance environnementale mondiale intégrant la question des migrations. La même année, le Club de Rome publie « Les limites de la croissance », installant le contrôle démographique dans le débat. En 1973, la Commission trilatérale de David Rockefeller et Zbigniew Brzezinski théorise la coopération transatlantique. En 1979, l’ARC et les premières structures philanthropiques de George Soros voient le jour. En 1980, le Refugee Act aligne officiellement l’ARC sur les stratégies gouvernementales américaines. Le rapport Brundtland de 1987, « Notre avenir à tous », consacre le « développement durable » comme horizon mondial. En 1992, l’ONU adopte l’Agenda 21 au Sommet de la Terre à Rio. Dans les années 1990, l’OSF et l’ARC s’étendent à l’échelle planétaire avec le soutien de l’USAID.

Et puis, en l’an 2000, la Division de la population des Nations Unies publie un rapport au titre remarquablement transparent : « Migration de remplacement : est-ce une solution au déclin et au vieillissement démographiques ? »

Le document est public et ne laisse aucune place à l’ambiguïté : « Au cours des cinquante prochaines années, la population de pratiquement tous les pays d’Europe ainsi que du Japon connaîtra un déclin et un vieillissement démographiques. Les nouveaux défis liés à ces tendances nécessiteront une réévaluation complète de nombreuses politiques et programmes établis, y compris ceux relatifs aux migrations internationales. »

Le rapport examine pays par pays le nombre d’immigrants jugés nécessaires pour compenser le déclin de la population active ; pour l’Union européenne, les immigrants post-1995 et leurs descendants représenteraient entre 30 et 39 % de la population en 2050. Et non, ce n’est pas un tract complotiste rédigé dans une cave mais bien un communiqué de presse des Nations Unies, référence DEV/2234, daté du 17 mars 2000.

C’est ici qu’il convient de désamorcer le réflexe pavlovien habituel.

Non, dénoncer l’existence de ces programmes coordonnés de déplacement de populations n’est pas du racisme, c’est même l’inverse. Ce qui est en jeu, ce n’est pas la couleur de peau des arrivants mais l’architecture d’un système qui affaiblit les démocraties occidentales en y important des tensions et des fractures profitant à un écosystème d’ONG, de fondations et, accessoirement, au complexe militaro-industriel qui prospère à chaque intensification des conflits.

Car il y a une différence fondamentale entre l’immigration naturelle et l’immigration organisée.

Dans le premier cas, l’absence d’aide impose à l’arrivant de s’intégrer par le travail : c’est un frein au départ et un filtre à l’arrivée. N’immigre pas qui veut, seulement qui peut.

Dans le second cas, la distribution généreuse d’aides sociales, couplée à l’abandon de tout filtre aux frontières, produit une cascade d’effets désastreux. Si quelques patrons à la vision courte se réjouissent de voir baisser le coût de la main-d’œuvre, l’abaissement du niveau général de compétences finit par peser lourdement sur la compétitivité du pays.

Et cette perte n’est pas compensée par la consommation des arrivants : trop pauvres et insuffisamment formés pour générer des richesses à hauteur de ce qu’ils consomment, ces immigrants représentent un coût net finalement supérieur à leur contribution — constat documenté par Contribuables Associés en France, par les données officielles du Danemark (31 milliards de couronnes par an), et par le Joint Research Centre de la Commission européenne, entre autres.

On pourrait d’ailleurs relire avec profit la stratégie Cloward-Piven, théorisée dans les années 1960 : surcharger délibérément le système d’aide sociale pour provoquer une crise systémique qui forcerait une refonte totale de la redistribution.

Attention, personne ne prétend ici qu’un comité secret a décrété son application à l’échelle européenne. Mais comme le dit le proverbe anglais, si ça ressemble à un canard, si ça nage comme un canard et si ça cancane comme un canard, c’est probablement un canard : que la surcharge des systèmes sociaux européens soit le fruit d’un plan ourdi en secret (complotisme !) ou d’une simple accumulation de lâchetés politiques bien plus probables, le résultat est malheureusement identique : un État-providence poussé au-delà de ses capacités, des services publics qui craquent, et une population qui commence à se demander pour qui, exactement, elle cotise.

Car il ne peut pas y avoir simultanément une absence de frontières et un État-providence. C’est l’un ou l’autre.

Soit les frontières sont une fiction, et toute redistribution financée par les locaux à destination de la planète entière est insoutenable par définition. Soit un État-providence est en place, et les frontières doivent être matérialisées pour que la redistribution se fasse dans le cadre d’une appartenance contrôlée au pays.

L’Europe, et la France en particulier, ont choisi l’impossible : ouvrir les frontières sans filtre tout en laissant tourner la machine redistributive à plein régime. L’appauvrissement qui en résulte n’est donc ni un mystère, ni une fatalité : c’est une conséquence mécanique.

Et pour ceux qui ont suivi l’argent depuis Stockholm jusqu’à Bruxelles en passant par Washington, ce n’est pas non plus une surprise.

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Commentaires30

  1. Aristarkke

    « ce fut le fruit d’une convergence de crises géopolitiques »
    Le concept de « réfugié climatique » a vu le jour également. Mais personne ne l’a défini avec précision ou cela n’a pas été mis en évidence médiatique.

  2. Aristarkke

    « L’ARC ne se contentait pas de distribuer des couvertures :  »
    Quel que soit le pays, l’ARC est décidément un sigle maudit d’escroquerie institutionnalisée…

  3. Aristarkke

    Philou, tu te dois d’encadrer et de mettre en place d’honneur dans ta case, devant le hamac, cette affiche digne de l’Etat Grançais trop tôt disparu, arraché à l’affection des siens (et de leurs descendants).

  4. Aristarkke

    Milton F. a abondamment prévenu de cette évolution :
    « Dans le second cas, la distribution généreuse d’aides sociales, couplée à l’abandon de tout filtre aux frontières, produit une cascade d’effets désastreux. »
    C’est la situation souvent reprochée à tort au libéralisme qui serait ainsi en contradiction avec ses thèmes principaux selon ses détracteurs…

  5. Aristarkke

    « Si quelques patrons à la vision courte se réjouissent de voir baisser le coût de la main-d’œuvre »
    Le PCG du mécano de la Générale de chez Messerschmitt, l’ineffable Georges M. dénonçait curieusement mais véhémentement ce risque à la fin des années 70, n’hésitant pas alors à vandaliser un foyer Sonacotra dans la riante ville de Vitry sur Seine.
    Depuis cet organisme a abandonné les classes laborieuses de souche, plus assez rentables électoralement parlant…

  6. Aristarkke

    « Soit les frontières sont une fiction, et toute redistribution financée par les locaux à destination de la planète entière est insoutenable par définition. »
    Lu cette semaine chez Xwitter que l’administration grançaise aurait modifié une énième fois les critères de recevabilité d’une demande d’asile politique avec pour conséquence une estimation actualisée de 580 M de demandeurs potentiels…
    Pourtant, l’homme du sérail Rocard avait insisté sur l’impossibilité pour la Grance d’accueillir toute la misère du monde…
    Mais ça, c’était avant !

  7. perecolateur

    Ça fait quelques années que je pense que l’immigration est un couteau suisse des gouvernants occidentaux.
    Ça fait plus de 10 ans maintenant qu’ils cherchent à déclencher une guerre impliquant nos pays. Sans grand succès pour l’instant, le quidam moyen étant nettement plus motivé à dessouder du macron et autre starmer que des Russes.

    Par contre une chose dont je suis sur, si ils se replient finalement sur une guerre ethnique entre blanc et pas blanc, là, vu la haine et la rage accumulée depuis 45 ans, les gens iront sans qu’on ait à trop les pousser. Et ça sera bien plus sanglant que dans les films et les livres, c’est garanti.

    1. MadeInCH

      AMHA, il n’y a rien de pire qu’une guerre civile ou vraiment religieuse.
      .
      Dans une guerre d’états, il y a les droits de la guerre, plus ou moins suivis, mais on sait que le type en face est un peu comme toi, qu’il fait son devoir mais ne veut pas se faire tuer. Il peut se rendre, ou au moins essayer, et avec de la chance, tu accepteras sa réddition, ne serait-ce que parce que tu penses au fait que peut-être tu seras amené à tenter de te rendre pour sauver ta vie.
      .
      Dans uen guerre civile ou religieuse, le type en face est juste un truc à éliminer. Même si c’est ton frère. Il le sait, tu le sais, et il n’y a pas de réddition car il n’y a pas de prisonnier. Ou peu.
      .

    1. Dans des pays normalement constitués, deux choses :
      – on coupe la distribution d’aides sociales OU on ferme les frontières (ou les deux tant qu’à faire)
      – on arrête les financements occultes des ONG toxiques

      Dans la réalité, on va continuer ainsi parce que l’effondrement est l’objectif.

      1. breizh

        et l’on poursuit ceux qui posent trop de questions : lesalonbeige.fr/bruno-retailleau-fait-adopter-un-nouveau-texte-liberticide/

      2. MadeInCH

        Et moi, en tant que personne individuelle n’ayant d’autres pouvoir que d’utiliser au mieux ce qui reste dans mon porte monnaie une fois que tout ce qui obligatoire est payé, et avec capactité de voter et d’élire?
        Mon avis:
        1) Ne rien donner à quelque organisation humanitaire ou culturelle. Plus assez de sous de toute façon.
        2) Voter pour le plus [censuré pour ne pas attirer des foudre de l’ajustice en ce lieu]
        3) En discuter si il me semble que cela pourait avoir un effet.
        4) Imprimer cet article avec une imprimante payée cash et jamais connectée à une machine connectée à l’internet, et « oublier » ces papier un peu partout dans les transports publiques, bancs publiques, etc.
        5) Autre?

  8. Murps

    Et les réfugiés climatiques, hein ? Keskonnanfait ? Faut pas oublier tous ceux qui débarquent chez nous parce que le climat s’effondre chez eux !
    Et un climat qui s’effondre, c’est des catastrophes naturelles plus extrêmes et de l’anxiété.

  9. Taisson

    Quel chemin parcouru sur ce site.
    A peine, à peu près, une petite vingtaine d’années pour passer d’un regard économiquement complaisant sur l’immigration à l’analyse des complicités de l’expansion de cette catastrophe !
    Le temps ou je me faisais « remettre en place » pour toute allusion aux risques migratoires dans un commentaire semble bien révolu !
    Trop tard !
    Avec une vision bien plus simple, bien des « petites gens » l’avaient compris, depuis une bonne quarantaine d’années…
    Comment gérer 20% de la population que l’on à biberonnée à la haine communautaire et victimisée en permanence ??
    20% au moins aujourd’hui, environ 60% vers 2050/60 !!
    Mes évaluations seraient donc pas loin d’être réalistes !!
    Si je pouvais j’aimerais pouvoir en rigoler…
    Bon courage pour votre avenir.
    Hommage à Jean Raspail et à JM Le Pen (entre autres) !

    1. Cerf d

      Depuis une petite vingtaine d’années que je fréquente ce blog je m’inscris en faux. La ligne sur l’immigration n’a jamais été complaisante.

      Vous ne compreniez rien à l’époque. Peut-être un peu mieux maintenant mais trop tard.

    2. « regard économiquement complaisant sur l’immigration »
      Ma position a toujours été claire depuis 20 ans et plus (et décrite dans ce billet) : l’immigration doit être libre, mais il ne doit y avoir aucune aide, d’aucune sorte.

      Les commentaires venaient peut-être de commentateurzétateuses mais pour ma part, j’ai toujours eu cette position ; et pour la sécurité (i.e. coller les fouteurs de merde en prison), idem. J’ai suffisamment de billets sur ces deux sujets pour que ce soit clair.

      1. MadeInCH

        AMHA: L’immigration ne doit pas être libre.
        Sinon, il pourraît bien y avoir des vagues de gens subventionnés, non pas par le gouvernement français, mais par d’autres, venant s’installer en France.
        Purement économiquement, ça fait des rentrées d’argent en plus, non?
        Et lorsque ces gens sont assez nombreux, …

        1. Là, on n’est plus dans l’immigration au sens strict. On peut même parler d’invasion ou d’infiltration, et ça, c’est autre chose.

      2. durru

        Le souci, Patron, c’est celui évoqué il y a bien longtemps par Milton Friedman : la libre circulation des personnes est incompatible avec l’état providence.
        Il est techniquement impossible de refuser les transferts, par tubulures chromées, depuis ceux qui ont contribué (et qui sont donc forcément présents sur le territoire depuis un moment) vers les nouveaux arrivants au nom de tous les « principes » de cet incontournable état providence.
        C’est bien ce que Bastiat avait vu avec presque un siècle d’avance : l’illusion de vivre aux crochets des autres (car c’est bien sûr le but de tous ceux ayant participé, d’une manière ou d’une autre, à la mise en place de cette escroquerie).

  10. du

    Il y a une telle quantité de facteurs contribuants que ça inspire une infinité de considérations . Ex : Une hautement improbable politique de contrôle strict imposerait une révision profonde de l’état de droit , constitutionnelle!

    1. MadeInCH

      La base fondamentale, je le pense de plus en plus, n’a qu’une racine.
      Le reste, ce sont des idiots utiles, des abrutis convaincu de faire du « bien » mais habilement orientés, etc.

    2. durru

      Il n’y a qu’une seule cause racine : l’emploi sans contrôle et sans limite de l’argent des autres. La définition même du socialisme et de l’état providence (des synonymes de fait).

  11. breizh

    On peut ajouter les opérations militaires occidentales, qui touchent en pratique surtout les civils par les destructions, ne les incitant pas à rester dans leur pays d’origine : Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Liban…

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