Jadis, la justice française était aveugle. Mais avec la Macronie, miracle ! alleluhia ! elle a non seulement recouvré la vue mais elle louche désormais ostensiblement vers l’exécutif dont elle est devenue le commode couteau suisse.
Et muni de ce couteau suisse, l’État français taille avec vigueur toujours plus dans ce bois dont on fait, au mieux, des pipeaux et, au pire, des cercueils. Il n’est qu’à repasser les dernières nouvelles pour comprendre l’étendue du véritable détournement judiciaire qui s’est opéré en France ces dernières années.
Ainsi, voilà la justice qui sert de marteau aux mains des préfets, frappant fort sur le crâne du maire récalcitrant qui s’aviserait de ne pas marier devant lui un sans-papiers pourtant frappé d’une obligation de quitter le territoire.
L’actuel ministre de l’Intérieur, un certain Laurent Nuñez, l’a redit récemment au sujet du procès de Robert Ménard : un maire doit appliquer la loi, sans état d’âme !
Et apparemment sans bon sens : curieuse rigueur d’un État qui, sur les 120 000 OQTF qu’il signe annuellement, n’en exécute environ que 20 000, soit un taux de respect de la loi qu’on n’oserait reprocher au plus médiocre des justiciables. D’ailleurs, à Chessy, en Seine-et-Marne, on aura compris la leçon : pour ne pas avoir à marier un homme qu’il faudrait théoriquement expulser, le maire et ses adjoints ont préféré démissionner en bloc. Ce qui n’a servi à rien puisque l’équipe suivante a, elle, allègrement poursuivi l’opération. La République ne plaisante pas avec la légalité, mais comme elle redéfinit la légalité un peu comme elle veut, cela donne des situations croquignolesques.
Ainsi, voilà la justice qui se mue en tournevis, délicat instrument de précision permettant le subtil réglage de la voilure des candidats trop indociles.
Le 7 mai dernier, le Parquet National Financier ouvrait, avec un timing diabolique mais (c’est sûr) complètement aléatoire et par pure coïncidence, une information judiciaire visant Édouard Philippe pour détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts dans l’affaire de la Cité numérique du Havre. Un calendrier naturellement tout à fait fortuit et ce au moment précis où l’ancien Premier ministre entre en lice pour l’élections présidentielle de 2027 et quasiment lors de son lancement de campagne électorale.
L’intéressé affiche bien sûr sa sérénité (il croit pouvoir « avoir confiance dans la justice de mon pays tralala tsoin tsoin »), ce qui est bien la moindre des choses lorsqu’on a appris à connaître et pratiquer les habitudes du PNF dont l’historique montre qu’il cale toujours judicieusement ses procédures sur celui des bureaux de vote.
Ainsi, voilà la justice qui se fait lime, polissant vigoureusement les angles trop saillants de la volonté populaire.
Le 21 mai, le Conseil constitutionnel a courageusement censuré la suppression de l’obligation des zones à forte élimination faibles émissions, mesure pourtant votée et qui aurait rendu aux collectivités la liberté de décider du sort de leurs propres automobilistes. Notons l’effort d’esthétique juridique dans le motif invoqué par les Sages puisque pour eux, la disposition serait sans lien avec l’intention initiale du texte (un cavalier législatif, donc), ce qui justifierait sa prompte élimination.
On admire la subtilité : voilà donc une décision démocratique abattue non pas au nom de ce que le législateur a voulu, mais de ce qu’il aurait dû vouloir s’il avait été correctement écologiste. Heureusement, neuf personnes savamment nommées savent à la place de soixante-sept millions d’autres ce qu’il convient de respirer.
Ainsi, voilà enfin la justice qui se transforme en vaseline, lubrifiant avec complaisance le destin des plus grands criminels (ou les sphincters de leurs victimes, selon le point de vue).
Mohamed Bakkali, logisticien en chef des attentats du 13 novembre 2015, autrement dit l’homme sans lequel cent trente-deux personnes n’auraient pas été massacrées au Bataclan et sur les terrasses parisiennes, s’est vu généreusement accorder par la justice belge six permissions de sortie de trente-six heures. Le motif invoqué est, comme pour le précédent exemple, remarquable d’esthétisme et de pragmatisme populaire : il s’agirait de « restaurer le lien avec la société ». Apparemment, le fait de planifier une boucherie sur des innocents aurait en effet quelque peu distendu ce lien qu’il convient donc de ramener à de plus justes proportions moins enclines à claquer comme un élastique, un beau jour de retournement violent de l’opinion publique. Et si certains (probablement des complotistes ou des fascistes d’une extrême-droite sans plus aucun freins) espéraient en réalité qu’il eût été définitivement rompu ce soir de novembre à la grenade et à la kalachnikov, la magistrature, plus prompte à pardonner qu’à juger, se fait fort de rendre tout ceci un peu plus coquet pour un avenir qu’on imagine déjà radieux.
Bref, la France n’est plus un État de droit mais, vaguement, un État de lois, utilisées de façon arbitraire et la justice en France n’est plus qu’une sorte d’outil polymorphe du politique, servant tantôt à creuser, tantôt à reboucher, coller, rabibocher ou à séparer selon les besoins. Un coup le pouvoir judiciaire fait, un coup il défait, un coup il autorise, un coup il interdit sans que ni jurisprudence, ni bon sens ne soient plus convoqués aux décisions, cantonnées à de simples calculs politiques.
Mais évidemment, en transformant ainsi l’institution judiciaire en outils de bricolage politique, l’État a non seulement cassé ce thermomètre social, mais il se sert désormais du tube en verre brisé pour éborgner le justiciable.
Ceci ne peut pas bien se terminer.







La Justice est pauvre dans ce pays.
Elle a quand même le temps de créer un mur des cons pendant ses heures de travail.
50 attentats malgré 32 lois antiterroristes, mais comment est-ce possible ?
C’est qu’il n’y a pas assez de lois, pardi. Il en faut plus, vite !
Le Jeannot a été oublié
« Évasion de Mohamed Amra : Jean Messiha avait lancé une cagnotte en ligne pour les familles des agents tués, il est accusé d’avoir empoché 40 000 euros de dons »
ladepeche.fr/2026/05/26/evasion-de-mohamed-amra-jean-messiha-avait-lance-une-cagnotte-en-ligne-pour-les-familles-des-agents-tues-il-est-accuse-davoir-empoche-40-000-euros-de-13389332.php
Je ne comprends pas.
Le PNF est un instrument monté (ce n’est pas sale) pas le gros Hollande pour servir exclusivement les intérêts de son groupe.
Or même si le dalmatien du Havre a eu des bisbilles avec le camé durant l’acte II des gilets jaunes (c’est officiel: ‘il est où l’aut con ?’ en plein conseil des ministres), ce mec ne reste-t-il pas le poulain de l’extrême centre ?
Pourquoi taper dessus ?
Non, c’est Attal. Il faut suivre.
c’est attal qui est monté ?
Pas d’accord, cette affaire est connue depuis 2023.
C’est Philippe qui est le candidat officiel du Système.
Il convenait donc que cette affaire sorte bien avant la Campagne Electorale, pour la purger.
Un non-lieu sera rendu prochainement.
Et c’est bel et bien Philippe qui sera élu (score de 47-53 contre Bardella)
oui pour préparer et finir l’agenda 2030 et sa cohorte de ténèbres….
« Car tel est notre hochet ! »
Son côté vaseliné est dans la continuité de l’actuel exécutif .
» censuré la suppression de l’obligation » de l’interdiction de la permission de dire le contraire de l’inverse de l’intention cachée …
Avec Attal, ça va se voir un peu trop qu’ils se moquent de tous les électeurs.
Mais bon. La règle désormais est ‘pourquoi se gêner ?’ Cf. Messiha (si cela s’avère vrai)
Comme on dit à Hollywood , on n’a jamais perdu d’argent à sous estimer le public
Rassurez-moi, le CC agit ainsi avec TOUS les cavaliers législatifs ?
Moi, j’ai confiance dans le conseil constitutionnel de mon pays.
Merci pour ce billet. Cependant, au-delà des cas importants cités, je pense qu’un des problèmes les plus catastrophiques de la justice est qu’elle ne permet plus de régler les différends par défaut ou refus d’appliquer des lois elles-mêmes mal ficelées.
Les juges font n’importe quoi, obligeant d’aller en appel, etc.
La victime d’un préjudice financier mesurable, connu, clair, avéré, qui espère en obtenir réparation peut tout au plus priver l’agresseur d’une partie des fonds, l’autre finissant en frais d’avocat. Si victime et agresseurs sont de la même famille un peu vaste, le délit n’est curieusement pas retenu, c’est juste un « différend familial » qui appellerait une médiation (après trois ans de blocages assortis de menaces physiques, etc.). Quand à vouloir obtenir de l’administration qu’elle répare ses torts, c’est s’apprêter à découvrir les tribunaux politiques du deep state. Autrement dit : l’institution est devenue un leurre où l’on perd son temps et son argent, et qui sert juste à occuper les mécontents pour éviter qu’ils ne « fassent justice eux-mêmes ».
Il n’y a aucune épreuve de logique et raisonnement à l’entrée de l’école de la magistrature ni de formation pendant la scolarité.
« il vous faut connaître le dossier »; « les juges ne font pas les lois.. »
à toi Philou ! faut remplacer le Major qui a poney le mercredi !
il est parti ?
https:/ /youtu.be/WiZj8fJp5CI
Oh combien vrai.
Mieux, en matière de délit financier, la sentence est rarement à hauteur des sommes escroquées, et si celles-ci ont été dépensées / planquées, ça se termine généralement avec du sursis.
Une personne sans morale mais rationnelle devrait logiquement choisir la voie de la malhonnêteté. Les honnêtes gens ont bien du mérite !
Tous les procès mènent à celui de la justice
« un maire doit appliquer la loi, sans état d’âme ! »
Donc un maire doit refuser de marier un OQTF qui, selon la Loi, n’a aucun droits puisqu’en situation irrégulière.
Mais la Loi oblige à le maire à respecter ses droits.
Absurde !
Ce n’est plus un marteau mais un bilboquet sans trou.
Alors rapidement, d’un point de vue de philosophie politique, la justice, un des 3 pouvoirs d’une démocratique a clairement manque d’autorité…je m’explique:
Les pouvoirs législatif et exécutif émanent de la volonté populaire, démocratique et sont remis en question après une période de temps.
La justice en France n’émane d’aucun pouvoir démocratique et n’est jamais remise en question, voire contrôlée…elle tire sa seule légitimité de l’Indépendance de la Justice balancée comme un mantra ou un totem d’immunité jamais remis en question.
Il y a ce hiatus entre rendre la Justice au nom du peuple et ne jamais en avoir émané, c’est pour cela que dans certains pays, les juges/procs peuvent être élus ce qui leur donne au moins une autorité…et on peut tout à fait avoir une justice indépendante et néanmoins issue du peuple, bref comme d’hab en France, on jouit d’un statut à vie sans en avoir eu à prouver qu’on méritait ce statut…
Pierre y était
bvoltaire.fr/au-secours-les-cathos-votent-rn-france-info-enquete-au-pelerinage-de-chartres/