Pour sa dernière rentrée, Emmanuel Macron a trouvé le mot juste : à son époque, a-t-il expliqué avec l’assurance des cuistres, les vacances d’été commençaient « autour du 14 juillet ». Vérifications faites, c’était évidemment faux.
Eh oui, un jour de rentrée, le chef de l’État n’avait rien d’autre à offrir qu’une nostalgie calendaire basée sur du vent. Finalement, c’était assez raccord avec une institution qui n’avait pas plus à dire et transforme donc la rentrée des classes en pur exercice de communication. L’instruction, elle, attendra.
Cependant, ce même 1er septembre, l’association Helpen publiait son « Livre noir » de l’Éducation nationale : 264 pages fondées sur plusieurs milliers de témoignages et de signalements, qui décrivent non pas des conflits de bureau mais un « harcèlement institutionnel », enraciné dans les pratiques managériales du ministère : dans 81 % des situations, le supérieur hiérarchique est directement impliqué ; 77 % des victimes rapportent des représailles après signalement ; 55 % n’ont jamais obtenu la moindre réponse et 98 % jugent la réaction de l’institution peu ou pas efficace. Ceux qui ne refusent pas la réalité y liront le bilan d’une administration en pleine déliquescence, à la mécanique résumée en une phrase dans le rapport : « ce que l’institution ne corrige pas, elle le reproduit ».
Une semaine plus tôt, le ministre Édouard Geffray déroulait sa conférence de rentrée : « tolérance zéro », on ne touche pas « même un cheveu » d’un agent de l’Éducation nationale. Il parlait bien sûr des agressions venues de l’extérieur, et pour celles de l’intérieur, la ligne est autrement plus souple : entre mai et juillet, cinq questions écrites de députés de tous bords ont demandé au ministre ce qu’il comptait faire, sans aucune réponse reçu. La « tolérance zéro » s’applique aussi aux questions.
L’Inspection générale elle-même reconnaît pourtant, dans son dernier vadémécum, que le harcèlement moral existe bien dans la maison et qu’il peut être « diffus » et « systémique ». L’institution le sait, l’écrit et le classe avec efficacité.
Cependant, elle n’est pas inactive : la même semaine, le ministère et l’Intérieur adressaient aux chefs d’établissement et aux forces de l’ordre deux télégrammes recensant les « menaces » de l’année scolaire : terrorisme, stupéfiants, « masculinisme »…
Voilà qui rassure l’administration est capable de dresser l’inventaire scrupuleux de tout ce qui menace ses classes, à l’exception d’elle-même. L’hôpital se moque de la clinique, avec en-tête tricolore et adresse un message limpide aux personnels : on vous protège contre le monde, pas contre la maison.
Pendant ce temps, le terrain se débrouille.
Par exemple, à La Chapelle-sur-Erdre, un professeur manquait dès le premier jour, et le maire a dû faire classe, faute de remplaçant disponible dans un ministère qui supprime par ailleurs 4.000 postes cette année. La « tolérance zéro » ne s’applique pas aux affectations.
Côté propositions, Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle, a découvert en meeting la nécessité d’« internats disciplinaires » pour les élèves violents, ce qui a fait sourire les éducateurs : ça existe déjà, ça s’appelle les Epide, et il suffisait de se déplacer pour le savoir. La droite de plateau invente des dispositifs que l’État possède déjà, pendant que l’État perd des professeurs qu’il ne remplace pas.
Tout ce petit monde tourne en vase clos, redistribuant la pénurie avec le sérieux d’un plan quinquennal. Une ânerie de président, une absence en classe, un télégramme sur le « masculinisme » : la rentrée a ses priorités.
Mais le plus consternant, c’est que cette administration en manque de remplaçant trouve sans mal des inspecteurs.
Quarante ans après la loi Savary, l’enseignement catholique dénonce des contrôles à répétition, des fermetures de classes en cascade et des coupes de moyens qui visent spécifiquement les établissements sous contrat. Dans le seul Finistère, l’enseignement catholique a perdu 1.000 élèves en un an et fermé 24 classes. Les écoles qui tiennent debout sans grève ni absentéisme chronique, où les parents se bousculent encore, sont traitées en suspectes ; celles qui s’effondrent (plus ou moins vite) sont protégées. C’est l’égalité des chances qui transforme la sélection par l’échec en vertu républicaine ; ce qui marche est à inspecter, très régulièrement et ce qui se délite mérite moyens et compassion ministérielle.
D’ailleurs, le même réflexe s’applique aux familles qui ont choisi de se passer tout à fait du système.
Depuis la loi « séparatisme » de 2021, l’instruction en famille n’est plus un droit mais une faveur, accordée sur dossier par le rectorat, et de plus en plus rarement selon la Cour des comptes : 10.202 demandes sur 40.846 refusées en 2024-2025, soit un enfant sur quatre renvoyé de force vers l’école publique (qui fonctionne si bien). On prétend ainsi lutter contre la radicalisation, mêmem si le guide interministériel admet lui-même que les cas d’enfants radicalisés à domicile sont « exceptionnels ».
Tant refus pour un risque exceptionnel ne s’explique que si l’on comprend que l’institution ne se bat pas pour le niveau des élèves mais pour son monopole. La « liberté » éducative se mesure au tampon.
Et sans surprise, avec cette direction, ces gesticulations, cette mentalité, le niveau fait exactement ce qu’on attend d’un système qui protège sa structure avant sa mission.
Depuis 2000, la France a perdu 40 points en mathématiques dans les enquêtes PISA, soit l’équivalent d’une année scolaire, et 30 points en compréhension de l’écrit ; sur quarante pays évalués, quatre seulement ont fait pire. Sur le long terme, en calcul, les élèves de CM2 sont passés d’un score de 100 en 1987 à 70 en 2017, et la dictée compte désormais 19 erreurs en moyenne contre 11 à l’époque. La dernière fournée montre même que les tendances s’aggravent : les résultats en sont apocalyptiques.
À ce niveau de délitement, ce n’est pas une erreur mais bien un effet recherché, aligné sur des décennies de « réformes » et de « priorités » éducatives qui enrichissent le vocabulaire ministériel et appauvrissent celui des élèves.
La rentrée 2026, c’est une administration qui harcèle ses propres agents, ignore les députés qui s’en inquiètent et trouve encore le temps d’adresser des télégrammes sur le « masculinisme ». C’est un ministère sans remplaçants mais fourni en inspecteurs, réservés de préférence à l’école libre. C’est un État qui refuse un enfant sur quatre à l’instruction en famille au nom d’un danger qu’il qualifie pourtant d’« exceptionnel ». Et, au sommet, un président inutile qui prétend se souvenir de dates vacances qui n’ont jamais existé.
Il ne manque rien au tableau, sinon des élèves qui sachent le lire. Rassurons-nous : à ce rythme, dans dix ans, l’Éducation nationale n’aura plus personne à harceler, plus personne à inspecter et plus personne à instruire.
Elle sera enfin parfaitement conforme à ses procédures.





Spirou en PLS !
lejdf.fr/netanyahu-annonce-leffondrement-de-liran-a-sept-semaines-des-legislatives/
Et Habeas mouille son string en soie sauvage :
L’immense stratège extralucide Omnipotus Machias Premier annonce que la guerre avec l’Iran prendra fin » juste après les midterms « . On est confondus devant autant d’habileté politique : les » croyants » trumpettistes voteront les yeux fermés sur les prix du pétrole et les zobs qui crèvent les nuages
Netanyahu a annoncé, depuis 1992 et à de nombreuses reprises, l’imminence de la production de la bombe nucléaire iranienne, avec des échéances qui n’ont jamais été tenues.
1992 : En tant que député à la Knesset, Netanyahu affirme que l’Iran est à « 3 à 5 ans » de devenir autonome dans la production d’une bombe nucléaire.
1993 : Dans un article, il prédit que l’Iran aura la bombe d’ici 1999.
1995 : Dans son livre Fighting Terrorism, il répète l’estimation de 3 à 5 ans.
1996 : Devant le Congrès américain, il déclare que « l’échéance se rapproche extrêmement ».
2009 : Selon un câble diplomatique américain (WikiLeaks), il indique aux membres du Congrès que l’Iran n’est plus qu’à 1 ou 2 ans.
2012 : Discours célèbre à l’ONU avec le dessin d’une bombe et une « ligne rouge » : l’Iran terminera l’enrichissement moyen « au plus tard l’été prochain » et sera ensuite à quelques mois (voire semaines) d’avoir assez d’uranium pour une bombe.
Années suivantes (2014, 2015, etc.) : Il continue d’avertir d’une menace imminente, s’opposant notamment à l’accord nucléaire (JCPOA).
2025 (et après) : Il évoque encore un délai de « quelques mois » à « un an », voire un temps « très court » (semaines dans certains commentaires), justifiant les actions militaires dont on paye aujourd’hui les conséquences (prix des carburants entre-autres).
Donc l’effondrement de l’Iran à sept semaines, ben voyons, comme lui a dit Chirac « Je ne crois pas un mot qui sort de votre bouche. »
C’est quand même une technologie des années 40…
Vous dire le retard technologique des pays qui ne l’ont pas !
J’ai toujours trouvé ça incroyable.
il faut tout de même de la matière et des infrastructures particulières.
Accessibles aux pays au milieu des années 40, c’est bien ce que je dis .
reseauinternational.net/biden-et-netanyahou-avaient-ete-prevenus-du-7-octobre-tous-deux-ont-ignore-les-otages/
Sannat sur TVL
youtube.com/watch?v=pKxmgJBNVm0
On répète avec moi, l’inflation est la hausse de la masse monétaire.
Scrogneugneu.
« Une administration en pleine déliquescence », pléonasme !
Petite histoire.
Mon gamin est déscolarisé depuis janvier 2026, aucune raison identifiée (typiquement : pas de harcèlement).
Mais rien que l’idée de se rendre au lycée le faisait vomir, et il a préféré se jeter dans les escaliers quand je l’ai poussé à s’y rendre (ouais, je suis le classique daron qui invite à se sortir les doigts quand il n’a pas d’explication claire/satisfaisante).
Il a fallu se rendre à l’évidence : ce n’est pas une question de flemmingite aigüe ; il ne supporte simplement plus le système. Je suspecte que l’hystérie de la période « de pandémie » dans le système scolaire n’a pas aidé au niveau de la crédibilité de l’institution à ses yeux (parce que oui, le début de son rejet -progressif- date étrangement de cette fameuse période).
Cette situation est certes fâcheuse, mais il y a bien des solutions, n’est-ce pas ?
Et bien oui et non, parce que concrètement j’ai les mains liées, impossible de prendre une initiative sérieuse entre les multiples cerfas à renseigner à joindre au dossier pour le rectorat (qui seront traités quand ils seront traités) et les psychologues imposés (leur métier ne consiste pas à arrêter les consultations).
Oh, le dossier doit passer entre les mains des médecins et psychologues **de l’éducation nationale** : oui, et figurez-vous que leurs homologues du privé ne souhaitent manifestement pas se frotter à ces gens non plus, donc aucun papier ferme et couillu à joindre au dossier, juste de quoi tenir le status-quo.
J’attends donc les 16 ans du gamin pour pouvoir reprendre les choses en main sans me faire tabasser par l’administration, voire me retrouver devant un(e) juge bienpensant(e) quelconque.
Des mois et des mois de perdus à bricoler une instruction minimaliste mais surtout sans trop en faire pour ne pas risquer de réveiller le monstre avant l’anniversaire du gamin.
Bientôt la libération…
Bon courage
Je vous souhaite bon courage.
J’ai connu ça avec ma plus jeune mais elle était plus jeune et ça n’a pas atteint ce stade .
Son instituteur était une nullité rare doublé d’une feignasse.
Il avait réussi à dégoûter complètement cette gamine qui avait soif d’apprendre et curieuse de tout.
Évidemment ne rien attendre de l’institution.
Nous l’avons mise dans le privé des que possible.
30 km sans ramassage alors qu’il y avait plus d’enfants a ramasser que pour le collège public calamiteux
Nous avions acheté un minibus a plusieurs parents et conduisions a tour de rôle.
Une des raisons de ma détestation de ce système scolaire de merde dans ce pays de merde.
“ Nous avions acheté un minibus a plusieurs parents et conduisions a tour de rôle.”
Déclaration à l’URSSaf bien sûr !
@lateo Vous avez toute ma sympathie. Soutenez bien votre enfant. Ce système est un bon clone de ce qu’ont vécu les pays de l Est dans tous les domaines. Courage à vous aussi. Pour info, ma cadette me disait vouloir mourir en CE2. Tou va bien à présent (ce sont souvent les plus brillants qui sont le plus démollis par le système) mais le moment à passer est difficile et resemble à une traversée du désert. Ne bousculez pas votre fils , il vous dira un jour, sans doute assez tard, quand il aura guéri de tout ça , ce qu’il s’est vraiment passé. Un an ou deux de pas de côté, ça semble du temps perdu sur le coup et puis après on se dit que c’est du temps de gagné en maturité.