Les contradictions de l’Etat Parallèle

Le gouvernement s’est enfin décidé à vendre un petit bout d’EDF. Il était temps. D’une part, un certain nombre de directives européennes lui imposait de toute façon d’en passer par là. D’autre part, une méthode pour se débarrasser efficacement d’un problème consiste à le refiler à son voisin (technique de la patate chaude). Ici, le voisin, c’est le contribuable (qui est en plus un pigeon ici, mais c’est hors sujet). Dans l’opération, les futurs actionnaires y trouvent leur compte. L’état y trouve son compte (baisse de sa dette, baisse des provisionnement pour les retraités d’EDF, meilleure opinion des instances européennes). Les seuls à ronchonner, dans cette histoire, ce sont bien (et encore) les syndicats.

En préambule, soyons clairs : les syndicats, au départ, sont des organismes que tout libéral se doit de défendre. Dans un monde normal, le syndicat est élu et représentatif de ses électeurs. Il dispose d’un droit d’action proportionnel à son importance. Théoriquement apolitique, il respecte le droit.

En France, les syndicats ont été décrêtés représentatifs. Ils représentent en pratique moins de 10% des salariés, mais ont droit au chapitre (et eux seuls) dans chaque instance paritaire. Ils sont généralement à l’extrême-gauche, et particulièrement attachés à leurs plus ou moins petites prérogatives courantes (d’ailleurs progressivement inscrites dans les lois). En pratique, ils sont souvent (pour ne pas dire systématiquement) la source de nuisance entre les salariés eux-mêmes (il y a parfois une telle dyssimétrie de traitement entre les représentants syndicaux et les salariés normaux que ceci profite aux premiers au détriment des seconds), entre les salariés et la direction, entre le gouvernement et le peuple français (les récentes prises d’otages, détournements, etc… ne sont que de fugaces évocations de leur pouvoir d’ingérence dans tous les domaines possibles et imaginables).

Ainsi, en noyautant les plus grosses administrations (les transports, la Sécu et l’Education Nationale, notamment), ils sont arrivés en position de maîtres d’un Etat Parallèle. Si l’on cumule le budget sur lequel ils ont, peu ou prou, un droit de regard, on se rend compte que les gens élus (de façon un peu plus représentative) et que l’appareil officiel d’état (gouvernement, ministères) ne sont que des nains s’agitant dans l’espace de liberté laissé par le Léviathan Officieux.

Cet espace de liberté est essentiellement conservé car, pour le moment, ils n’ont pas un accès direct à l’usage de la force. Ceci tend à devenir de moins en moins vrai à mesure que la justice se fait plus laxiste à leur égard dans leurs exactions les plus manifestes…

Cette fois-ci, ils ronchonnent sur l’ouverture du capital d’EDF. Ils s’ent sont émus autant qu’ils le pouvaient. Il y aura des coupures (bien évidemment) et des mouvements (plus ou moins suivis, plus ou moins légitimes et légaux) de grève. Pourquoi ?

Parce que EDF distribue du courant dans le cadre d’un Service Public. Une fois son capital ouvert, il y aurait un risque que le Service Public ne soit plus exactement à la hauteur (hausse des prix, baisse de qualité, etc…). Car le marché réclame des entreprises qui font des bénéfices, pas des canards boîteux qui font des pertes. Ca, c’est pour leur raisonnement de base.

Et c’est là que se situe, une fois encore, la totale irrationalité de nos joyeux collectivistes ensyndicalisés.

Ils sont les premiers à brailler que leur entreprise est un joyau, que c’est la 1ère entreprise mondiale d’électricité, etc… Dans ce cas, pourquoi ont-ils peur de l’ouverture ? Si leur entreprise marche aussi bien, le marché (il l’a prouvé maintes fois) sera reconnaissant… Sinon, c’est que leur joyau est un peu pourri, non ?

En outre, quelle meilleure défense d’un Service Public (un service, par définition, pour le public, hein) que de donner à ce public la possiblité d’en devenir acteur et décisionnaire ? Donner à tous les Français l’occasion de mettre (encore) de l’argent dans une entreprise qui leur est chère est l’occasion d’attacher encore plus cette dernière à ces premiers, non ?

Enfin, si les Français sont aussi attachés à un Service Public totalement nationalisé que les syndicats le prétendent, alors ces syndicats n’ont pas de souci à se faire : peu de gens vont acheter les actions de cette société, obligeant ainsi l’état à conserver ce « joyau ».

Mais voilà, les Français en redemandent.

Comment ? Les Français seraient-ils d’infâmes pourceaux capitalistes ? Ou, plus simplement, ne voient-ils pas qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, qu’un service dit public doit être détenu par le public, et non par l’état (organisation floue) , ou pire, par les syndicats français (concept fou) ?

Un autre article en rapport : L’état Big Brother

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