D’autres fissures

Il était temps. Ou plutôt non, c’est trop tard, mais au moins, quelques uns verront la lumière avant de se prendre le mur… Quelques journalistes ont enfin relayé quelques informations montrant la place réelle de la France dans le monde, et non sa place rêvée ou supposées par nos élites. Et ce n’est pas plaisant…

Régulièrement, des organes de presse « prestigieux » relayent auprès de leurs lecteurs une image très « pastel » des problèmes de la France. Dans le meilleur des cas, on a droit à des interrogations à la limite de la naïveté : « Comment ? Il y aurait des zones de non-droit en France ? Mais allons, cela est normal, l’état n’y a pas mis assez de moyens ! » ou encore « Le système éducatif français n’est pas bon ? Allons, allons, on peut parler du système américain, hein, avec leurs ados qui ne savent même pas situer Paris en France, ou la France en Europe, ah ah ah, pardonnez moi, mais je pouffe, hi hi hi ».

On trouve ainsi des articles entiers (un exemple ici) consacrés à la constatation lénifiante que la France va bien, finalement, et même mieux que le reste de l’Europe, et remettez nous une petite coupe de ce magnifique Champagne, mon cher, à la bonne vôtre, slurp – Délicieux ce Champomy 2006 – merci.

Avec la dernière publication de l’OCDE sur les systèmes éducatifs dans le monde, nous sommes fixés. Et il est assez difficile de taper sur le libéralisme, pour une fois : dans les bons élèves « émergeants », on trouve ainsi des pays comme … la Chine qui n’a jamais été réputée pour son ultra-libéralisme capitalistique à base de mangeurs d’enfants (ça, pour les lecteurs de l’Huma, du Monde et de Libé, ce sont les américains, rappelons-le).

En gros, l’éducation en Europe est « une industrie arriérée, dont les praticiens travaillent dans l’isolement et élaborent leurs pratiques à partir de la sagesse populaire sur ce qui marche ». Magnifique : ces mêmes profs dont quelques uns, actuellement, reprochent l’autisme du gouvernement dans son projet de loi sur le CPE, font finalement preuve du même repli sur soi.

Au bilan, on se range à la constatation effarante mais logique : l’Education Nationale, n’ayant pu niveler les élèves par le haut, les aura nivelés par le bas. Au moins, une fois que tout le monde est bien médiocre, on est certain de l’ « égalité des chances ». Tout le monde n’en a aucune, voilà qui est clair.

Notez que je dis « médiocre », pas mauvais. Non, mauvais, cela se serait vu tout de suite. Médiocre, cela permet de conserver discrêtement le système en place, tout en verrouillant progressivement toutes les strates de la société. A présent, la mobilité sociale française est quasi-nulle. Le niveau général des études est en chute libre. A force d’étatisme, de collectivisme et d’une forte dose de bons sentiments imposés à tour de bras, de lois, de coercition et de syndicalisme, les pauvres n’ont maintenant plus aucune chance de devenir riches un jour, sauf à s’inscrire à la Star’Ac.

Comme je le soulignais dans de précédents billets, l’enseignement est la position stratégique fondamentale pour que la pensée collectiviste perdure. C’est par l’enseignement qu’on apprend aux jeunes actuellement en train de brailler dans la rue que la masse est plus importante que l’individu. C’est par l’enseignement qu’on fait croire aux jeunes que le salaire est un dû, le diplôme est un dû, que la société doit vous accueillir avec toutes vos petites lubies, vos petites spécificités et qu’elle doit, dans tous les cas, se plier à vos petites manies, vos petites exigences.

A partir de l’enseignement découle tout le reste. Si le libéralisme, ses bases, sa philosophie, son éthique étaient insufflés dès le plus jeune âge, l’humanité se construirait plus sûrement qu’avec tout autre programme une société d’hommes libres et responsables. Pourquoi ? Parce qu’en renvoyant à chaque élève, chaque individu, sa responsabilité dans ses choix d’éducation, sa responsabilité dans ses choix d’efforts, il offre à chacun la possibilité de quantifier ses forces, ses faiblesses, de se frotter aux autres, et donne une motivation claire puisqu’individuelle, à chacun, et à tous. Tout ceci, le socialisme éducatif et les kolkhozes d’enseignement qu’on trouve saupoudrés un peu partout en France ne peuvent même y prétendre de loin.

Petit à petit, la posture morale, moralisante même, des socialistes, qui braillent à qui veut l’entendre qu’il faut aider son prochain, qu’il faut donner à chacun l’égalité des chances, qu’il faut être solidaires, qu’il faut que l’état intervienne pour aider les gens même contre leur volonté, cette posture qui les place systématiquement dans le camps des Gentils, en face des libéraux, les méchants égoïstes, cette posture finit par montrer ses limites : elle produit des navets.

Parce qu’on ne forme pas de bons élèves avec de bons sentiments. On ne forme pas de bons lycéens sans discipline, sans effort, sans sélection, et sans regarder la réalité en face : ils ne seront pas tous bacheliers. Et tant mieux : le monde n’a pas besoin de 80% d’une classe d’âge au bac. Le monde a besoin de gens préparés à vivre dans le monde réel.

On ne forme pas de futurs Nobel avec des navets.

NouvelObs

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