Rien de nouveau en Soviétie Française

Alors que de bien mornes élections approchent, l’abrutissante intrusion de l’état dans notre vie de tous les jours continue tambour battant. Aujourd’hui, c’est à notre assiette que s’intéressent les gredins emperlousés des administrations de la Santé et les malfrats élus de notre République Festive.

Les informations délivrées par les organes officiels sont sans équivoque : le Français moyen se boudine. C’est un fait connu : la mondialisation, la mal-bouffe (et dans une moindre mesure, la moustachisation de certain paysan) auront produit des effets pervers manifestes sur la ligne pourtant svelte, élancée et athlétique du Français et de la Française. Fini, l’image d’épinal de la belle coquette de Paris, sur talons haut, mangeant trois petits pois dans une assiette design à l’élégante platitude : la ménagère de moins de cinquante ans se profile de plus en plus vers la mégère de plus de cinquante kilos…

Devant une telle constatation effarante, il fallait agir ! A la suite du bruit de fond continu qui vise à nous faire comprendre, éventuellement au détour d’insidieux petits stickers, que manger n’importe comment nous concerne tous, surtout depuis que nous payons tous pour les maladies des autres, le gouvernement, petit groupe de sexagénères bedonnants, a décidé de nous imposer un régime sec.

Ne vous y trompez pas ! Il ne s’agit pas là d’arrêter les dépenses fastueuses de l’Etat, d’écourter les séminaires ministériels aux petits-fours dispendieux, d’annuler les repas d’affaires de nos énarques en goguette… Non, il s’agit d’un régime sec dans nos assiettes.

Et pour cela, une seule solution : un plan quinquennal. Rien que l’appellation, fleurant bon les aventures de Tintin Xavier Bertrand au pays des Soviets, nous plonge dans l’utopie collectiviste ; ainsi, pour redevenir minces, il faut et il suffit que l’Etat s’en mêle :

  • Il faut, car si l’Etat ne s’en mêle pas, semble-t-on nous dire, la Fraônce court à la catastrophe et aux boudins rondouillards disgracieux !
  • Il suffit, car seul l’Etat peut nous dire, à nous, consommateurs / piétaille idiote, ce qu’il faut manger, dans quelle quantité, et avec quelle sauce !

Chose incroyable, nous en sommes au second plan quinquennal anti-poignées d’amour. L’évolution par rapport au premier (rappelez-vous, le premier, voyons, celui qui nous aura permis de … enfin, voyons, si, rappelez-vous … ah zut, je ne vois pas, mais baste, passons), c’est qu’à présent, il s’agit non plus seulement d’enquiquiner de responsabiliser les individus par des campagnes idiotes valorisant l’exercice physique et la qualité des aliments, mais aussi d’emmerder de faire pression sur l’industrie agroalimentaire et la restauration collective pour qu’elles améliorent la qualité nutritionnelle de leurs produits.

On voit ici que nos ministres, probablement dépités par la piètre qualité de la cantoche des ministères, en a eu assez des petits-suisses nature et des frites trop grasses.

Sérieusement, de qui, exactement, se moque-t-on ? Je suis partagé entre l’agacement de constater que mes impôts partent dans le salaire de crétins abyssaux thermophiles (ceux qui, commes les morpions, sont toujours à côté du poêle), et la consternation de l’honnête homme qui trouve, dans son steack dominical, des petits cancrelats étatiques venus lui seriner qu’il ne faut pas manger des graisses tout en arborant un bedon qu’envieraient certains ours polaires avant leur
hibernation annuelle.

Pis, l’article du Figolu Figaro précise que ce nouveau plan kinkénnal soviétique de la République Citoyenne et Svelte de Fraônce précise de manière minutieuse des structures de travail et un nouveau Machin Pour Placer Des Copains, i.e. un Comité de Pipotage pour la mise en oeuvre dudit plan, une série d’objectifs et, bien sûr, toujours et avant tout, les moyens -entendez « les sous »- pour y parvenir.

Ces objectifs seront directement -une fois n’est pas coutume- en rapport avec le Plan Kinkénnal :
– réduction de la fréquence de l’obésité : vous serez obèse seulement de temps en temps, et encore, hors période des soldes, par exemple.
– augmentation de la pratique de l’activité physique : on suppose immédiatement qu’une cohorte de Véronique et Davina armés de collants fluos sur fond de musique électronique qui pulse viendront poursuivre les plus corpulents d’entre nous.
– augmentation de la consommation de fruits et légumes avec un quota par personne et punition pour les manques et les oublis.
– diminution de la consommation de graisses, là aussi avec un quota par personne et punition, taxes et amendes pour les abus.

Evidemment, on assortira cette panoplie de stupidités effervescentes à des campagnes grand public de propagande d’information, probablement construites sur le mode de l’agression à l’intelligence et au bon goût caractéristiques de ces mouvements d’air étatique. On ajoutera enfin des mesures, goulûment coercitives, sur la restauration collective et surtout l’industrie alimentaire, pour parfaire le tableau.

Finalement, je reste pantois devant le calme olympien des journaleux devant ces annonces : factuels, propres sur eux et limite collaboratifs, ils sont un peu la vaseline de l’exercice caricatural de rétropénétration que nous proposent encore une fois nos étatistes chevronnés. En effet, pas un ne remarque, devant l’orientation « éducation des enfants » prise par le plan, que l’obésité se trouve aussi (et surtout) chez les plus de 50 ans, que ce sont bien avant tout des quadras et des quinquas qui claquent de problèmes cardio-vasculaires par dizaine de milliers par an, et que l’effort devrait en toute bonne logique commencer sur ces personnes avant de s’intéresser à leurs petits-enfants …

Comment, en effet, impliquer la jeunesse quand les parents/grand-parents eux-mêmes – leurs références – ont une solide fourchetée ? Et surtout, pourquoi impliquer la jeunesse alors qu’elle est en même temps la plus grosse consommatrice de facilités sportives ? Parce que, parce que… les plus jeunes ne votent pas, les plus vieux votent, les plus jeunes n’ont pas de pouvoir d’achat, les plus vieux sont les plus riches, etc… En bon étatiste, on tapera donc dans le sentimental (« les têtes blondes, notre avenir, snif snif & larme à l’oeil »), et pas dans le factuel. En outre, comme la santé des autres, c’est le problème de tout le monde, par force puisque la sécu, c’est obligatoire pour tous en Fraônce, l’obésité et les accidents cardio-vasculaires, les traitements anticholestérol qui coûtent cher, etc… doivent être jugulés. Logique. On utilisera donc la force de frappe étatique. Logique déplorable, mais logique aussi.

Fraônce banale, un jour comme tant d’autres en République Démocratique du Citoyen Festif : un problème créé par l’état (obligation de participer à la santé collectiviste qui déresponsabilise chacun de sa propre santé), mis en exergue par l’état (Mon dieu, mais … vous êtes trop gros !), et dont la résolution est tentée par l’état (vite, une loi !).

Rien de nouveau en Soviétie Française.

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