Royal Air Farce

La polémique enfle doucement dans la blogosphère et sur les médias traditionnels : il semblerait que la Royal Air Farce ait encore frappé. Comme à son habitude, il s’agit d’une frappe massive, en piqué et de très haut, puis d’un passage au raz des pâquerettes. Le final, comme de juste, est totalement prévisible : perte brutale d’altitude et crash explosif pour terminer. Heureusement que la PMatrouille du Poitou est là, sinon le mois d’août nous semblerait bien calme…

Parfaitement en phase avec la mode actuelle qui consiste à agiter les bras en espérant produire de l’énergie durable et verte, notre dame aux caméras s’emploie, pour conserver un minimum d’existence dans la sphère politique, à ramener sa fraise dès qu’elle le peut sur à peu près n’importe quel sujet bateau en utilisant une méthode puissamment efficace : la victimisation.

Cette fois-ci, elle a utilisé le prétexte de la Ligne Grande Vitesse pour attaquer en deux temps : pleurnicher abondamment sur les misères qu’on lui fait (c’est un vrai renouveau de sa stratégie, hein) puis vilipender de façon acide ses prétendus bourreaux (là encore, on sent l’inédit).

J’ai pas mal hésité à parler de cette énième saillie de Ségolène tant la péronnelle nous a habitué à ses gesticulations médiatiques. Je suis en effet partagé entre l’envie d’applaudir des deux mains et celle de me moquer sauvagement de ses misères.


Encore un film d’action destiné au bide commercial

D’un côté, elle a trouvé un angle d’attaque intéressant. Et puis, lancer des polémiques au mois d’août, c’est une bonne aubaine pour le blogueur dilettante. Bref : en dénonçant l’impécuniosité de l’état, elle ne peut que taper juste. Dénoncer les tentatives de l’État Jacobin d’aller piocher dans les caisses de la région ce qu’il ne trouve plus dans ces caisses, c’est, finalement, une magnifique illustration du combat que mènent les libéraux, si ce n’est que, bien sûr, notre fine stratège ne pousse pas le raisonnement à son terme. On pourrait en effet noter que ce qui est vrai de l’état pour la région l’est aussi de la région pour le département, du département pour les mairies et des mairies pour les citoyens et les entreprises de ce pays.

En gros, c’est bien joli de dénoncer le vol de l’état pratiqué sur les régions, mais c’est oublier un peu vite le vol généralisé de toute la caste politique sur leurs assujettis fiscaux, le vol de toutes les strates administratives sur le citoyen de base qui ne voit plus, concrètement, où passent les monceaux d’argent qui lui sont prélevé quotidiennement.

En outre, la satisfaction d’entendre un discours de rigueur budgétaire dans la bouche d’un représentant politique est rapidement occultée par le contexte bien particulier dans lequel le discours est tenu : Ségo est, finalement, en pleine campagne et ses effervescences ridicules sont totalement calculées pour la rappeler aux bons souvenirs de ses pigeons électeurs. Elle applique en cela la méthode Frêche (dont elle est proche, dit-on) qui consiste à brosser le citoyen dans le sens du porte-monnaie en période électorale histoire de pouvoir repasser par la case départ et toucher les paquets d’euros qui vont avec.

Evidemment, une fois réélue, tous ces beaux discours ne se traduiront par absolument rien de concret. Elle braille à qui veut l’entendre que sa région serait bien gérée, voulant probablement dire que les augmentations constantes de taxes et impôts égionaux rattrapent un peu la croissance effrénée des budgets qu’elle manipule ; et « manipuler » est bien le terme lorsqu’on se rend compte que les circonscriptions de sa région qui ont l’heur d’être à gauche touchent nettement plus de subventions que celle qui ont la désagréable manie d’être à droite.

Autrement dit, notre parangon de vertu tance vertement la gestion d’un état tout en appliquant pour elle une métrique de moralité totalement différente, dans cette décontraction si parfaite qui caractérise les imbéciles et les arrogants.

Mais le plus triste dans toute cette affaire est qu’il n’en faut pas plus pour faire embrayer les journalistes, puis les clowns de l’UMP, puis Ségolène en retour, ce qui donne, finalement, une parfaite illustration de la médiocrité alarmante de la politique dans ce pays.

Comme je le disais en introduction, là où le débat partait de haut (une critique de la mauvaise gestion étatique), on est rapidement passé au rase-motte caractéristique de la vision microscopique de nos dirigeants : chacun s’emploie à renvoyer la balle pour ne pas passer pour vaincu dans les joutes oratoires qui rythme l’absence de réflexion profonde de nos élus. Et le niveau des réponses est à l’avenant.

La vérité est qu’évidemment, Royal ne peut tout simplement pas faire une croix sur la LGV. Son histoire de chantage est une magnifique esbroufe typique de ses agissements antérieurs : quand ce ne sont pas les affres du machisme face à sa féminitude qui sont mis en avant, ce sont les méchants de la majorité qui lui font des misères. Il y a quelque chose de répétitif, de pathétique et de baffdanlagueulo-déclencheur dans ces attitudes pénibles avec lesquelles elle a choisi de faire sa communication…

En pratique, sa région ne peut se passer de ces infrastructures , pour des raisons purement politiques. Pour des raisons totalement politiques, elle se pose donc en victime. Pour des raisons éminemment politiques, elle en fait tout un plat et utilise les médias pour relayer ses petites crises de nerfs factices. Bref, on parle d’un bout à l’autre de politique.

Et d’économie, point.

Bah. Ça occupe en août.

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Commentaires10

  1. Harald

    La réponse de sarko ne se fera pas attendre :
    "Qu’est-ce qu’on va foutre dans une gare sinistre à regarder un tgv passer ? Je me fous des Poitevins. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder un train !".

    Mince, je me suis trompé, c’était en 2007 :
    "Qu’est-ce qu’on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar ? Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte !".

    C’est ça la politique de haut niveau à la française que le monde entier nous envie. On en viendrait presque à regretter Monsieur " trois minutes montre en main ".

  2. Higgins

    Poitiers-Limoges: au choix, 130km de nationale saturée avec en prime, 3 radars automatiques sans compter les mobiles ou bien, notre amie la SNCF qui nous promet entre 2h35 et 2h55 de voyage (bus ou train) !!!

    Le LVG mettrait Limoges à une heure de Poitiers: choisissez votre camp. Tous les bobos du coin sont évidemment contre. D’accord pour le développement "durable" (en ce moment, c’est plutôt la c… qui l’est) mais pas chez moi. Quant à la dinde, signalons au passage que la Vienne est un beau désert économique et qu’en matière de gestion des deniers publics, il y a du boulot: http://www.lanouvellerepublique….

  3. adnstep

    Les élus socialistes de la région Aquitaine, Alain Rousset en tête, on écrit une lettre ouverte au premier ministre pour lui demander d’obliger "certaines" régions à financer leur part : "…aujourd’hui, il manquerait moins de 200 M€ sur les 1400 M€ demandés, soit moins de 15 M€ sur les contributions des collectivités… La chute des prix dans le BTP, la possibilité d’optimiser le projet qui serait plus rentable que prévu, ou encore l’enveloppe attendue sur les fonds européens doivent permettre d’arriver fin 2009 à un accord sur la convention de financement… Devant le respect du calendrier sur lequel l’ensemble des parties s’est entendu et alors que ce projet présente tous les atouts pour mobiliser des financements européens, nous tenons à manifester notre totale incompréhension devant les blocages que la LGV subit à la fois sur Bordeaux-Tours, et sur Bordeaux-Espagne….". Et c’est des socialistes qui écrivent ça.

    Quand à l’économie de Poitou-Charentes ? La viticulture est fortement orientée vers la production de cognac; le pineau des Charentes est également un débouché important. La maïsiculture irriguée est dominante notamment en Deux-Sèvres et en Charente-Maritime. La production d’huîtres à Marennes-Oléron occupe une bonne partie du littoral maritime. Le développement du tourisme est une direction visiblement choisie par les administrations locales, avec le soutien au développement de parc à thèmes (Futuroscope, l’Ile aux serpents, la Vallée des singes, etc.). Le Parc du Futuroscope près de Poitiers, ainsi que le Zoo de La Palmyre près de Royan, représentent à eux deux 50 % des recettes touristiques de la région. Le choix du tourisme est une alternative de compensation importante à la perte d’emplois industriels.

  4. Olivier

    la majorité montre sa diversité ne vous en déplaise: des conservateur en passant par les libéraux, les radicaux, gaulliste et sociaux démocrate, belle unité dans la diversité face à la foire à neuneux à gauche!

    Pipeau que tout cela. Il y a quelques années pas si lointaines, la situation était exactement inversée, hein. C’est purement conjoncturel, pas structurel.

  5. Gilles.B

    http://www.lepoint.fr/actualites...

    Sans surprise la réactivité du gouvernement guidé par le Président Sarkozy, ainsi que l’audace des réformes de grande ampleur entreprises en amont et pendant cette période de crise, permettent à la nation française d’afficher un bilan envié parmis le groupe des grands pays développés. Qui parlait de farce ?

  6. Hoho

    Oui, tout va bien, les secteurs de l’industrie soutenus par l’État au prix d’un important accroissement du déficit public permettent de présenter des statistiques positives.

    C’est vraiment l’union soviétique, lorsque les gens mal chaussés apprennent que les quotas de production de bottes ont été dépassés trois fois…

    Si le système fonctionnait réellement, l’État emprunterait 100 fois plus pour présenter une croissance de 25%…

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