Commentaires
novembre 14 2009
Pour ma part, le problème n’est pas tant posé par le soucis de la recherche de l’équilibre budgétaire comme seul fin en soi, que la nécessité que nos gouvernants devrait avoir de la pertinence même de devoir investir.
Après tout, que cet emprunt soi financer par la dette n’est pas si important que cela. La suppression des dernières niches fiscales réalisés par le gouvernement aurait permis de financé le grand emprunt.
Ce questionnement, sur le financement des finances publiques occultent les vraies questions que l’on devrait se poser aux sujets du gaspillages, de l’utilité de la dépense, de sa justesse, de sa pertinence etc…
L’incidence de ce questionnement devrait nous permettre de remettre en question notre modèle fiscal.
Car honnêtement, souscrire à l’idée que la diminution des seuils marginaux d’imposition (via le bouclier fiscal notamment) pour relancer l’investissement tout en la finançant via la dette, avec l’effet d’éviction que cela entrainera, est stupide.
Je ne comprend pas ce gouvernement. Je ne comprend pas sa politique. La comprend-elle elle même.
Sa pseudo reforme fiscal soutient tacitement l’idée que l’allocation du capital est optimal via le marché et de l’autre coté, l’état s’érige investisseur avisé.
Je ne comprend vraiment pas ce qui ce passe…
Mais je persiste à penser que notre vraie problème n’est pas celui de la dette en elle même. Mais de l’idée que nous nous faisons sur la pertinence de l’état en tant qu’investisseur.
Le financement est secondaire.
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novembre 15 2009
L’état ne se gère pas comme un ménage parce que l’investissement et la consommation sont deux choses différentes.
Ce qui explique aussi que les dettes, pour les ménages, c’est mal (bon sens paysans), alors que les entreprises utilisent couramment l’emprunt comme outil de financement,
Ca part mal. On commence par l’état, on parle ensuite entreprise.
souvent sans que personne ne trouve rien à redire. Refuser de s’endetter peut amener une entreprise à manquer des opportunités ou (plus grave) à sous financer ses projets et à se planter –un risque que l’état français évite avec grand soin, Dieu merci.
Idem pour un ménage. Un ménage doit généralement s’endetter pour acheter, par exemple, une maison ou une voiture. C’est ce qu’on appelle un investissement, et jusque là, rien à dire. Pour le moment, pas de différence avec le ménage.
Je ne veux pas dire que les finances de l’État (et des collectivités locales, puisqu’avec la « décentralisation » à la française, elles sont de plus en plus imbriquées) soient bien gérées, mais les critères ne sont pas les mêmes.
Pour l’instant, c’est toujours une pétition de principe. Je ne vois toujours pas pourquoi. Et puis d’ailleurs, pourquoi les états qui sont peu ou pas endettés (il y en a de par le monde) souffrent moins de la crise actuellement ? Saperlipopette.
D’autre part, il faut se rappeler que l’État emprunte principalement à nous (les français). Les créanciers de l’état sont les détenteurs de bons du trésor français. Il faudrait voir si ceux-ci sont plutôt français ou étrangers, mais souvent, une bonne part des déficits nationaux sont couverts par l’épargne nationale (avec un risque d’éviction en effet).
Vous n’êtes pas au courant des derniers chiffres de la dette, mon brave. La dette est maintenant détenue à plus de 50% par l’étranger (chiffre France Trésor, consultables en ligne). Ce qui veut dire que votre analyse ne tient pas. D’autre part, peu importe que telle ou telle proportion soit détenue par tel ou tel type d’actifs. L’important réside dans une seule chose : est-ce soutenable ou pas. Si l’état emprunte et peu rembourser, s’il s’agit bien d’investissements, tout va (à peu près) bien. Lorsqu’il emprunte, comme actuellement, pour payer les dépenses courantes (salaires, charge de la dette elle-même), alors c’est de la cavalerie. Vous pourrez tortiller les chiffres comme vous voulez, mais la réalité ne se laissera pas faire.
Felgar a raison de souligner que la question de l’incidence fiscale est centrale. Prôner la valeur travail pour ensuite abaisser la fiscalité du patrimoine (successions et bouclier fiscal), ce n’est pas très cohérent.
C’est le moins qu’on puisse dire. Mais c’est comme tout le reste : prôner la rupture et faire du Chirac, ce n’est pas cohérent. Diminuer les impôts sans diminuer les dépenses, ce n’est pas cohérent. Matraquer les Français en douce avec des pluies de taxes alors qu’on est en pleine crise, ce n’est pas non plus très cohérent. Etc…
Mais dites-moi, on parle cohérence, et tout ça, mais… ne serait-ce pas tout simplement du bon sens, comme celui qui préside à la gestion … d’un ménage ?
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novembre 15 2009
@ Felgar?
Le financement est secondaire? Oui, enfin, une nouvelle fois on va pomper dans ma poche sans me demander mon avis… Alor, je ne suis pas sûr que la question du financement soit secondaire…
Quant au reste de votre remarque, je suis d’accord avec vous : le marché est capable d’allouer convenablement les capitaux. Pour celà, encore faudrait-il que le marché ne soit pas en permanence dévié par des interventions étatiques plus débiles les unes que les autres…
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novembre 16 2009
Je suis d’accord avec vous, un budget en déficit depuis plus de 25 ans, c’est anormal, et payer le fonctionnement avec de la dette, c’est de la cavalerie.
Pour les chiffres du Trésor, effectivement je n’avais pas regardé.
Mais je reste d’avis qu’un état, un ménage ou une entreprise sont des concepts différents.
Acheter une voiture, ce n’est pas de l’investissement, sauf pour les chauffeurs de taxi. Acheter une maison pour habiter dedans, ce n’est pas de l’investissement, c’est de la consommation –pour la plus grande partie en général.
Un investissement engendre un revenu. Quand vous allez au travail avec votre voiture, ce n’est pas votre voiture qui engendre un revenu, c’est votre travail.
De toutes façons, l’idée du grand emprunt est politique à la base. L’État peut emprunter à meilleur taux auprès des marchés (comme il le fait chaque jour) que des français.
Comme je ne pense pas que Sarkozy soit plus capable que ses prédécesseurs de réduire efficacement les déficits, et qu’il est envisageable qu’il soit réélu en 2012 (au lieu de se préoccuper de la planète X à la noix, les gens feraient mieux d’envisager les *vraies* catastrophes), je ne vois qu’une seule manière dont la dette peut se réduire: l’inflation.
Je me méfie du bon sens. Il manque de nuance. Le bon sens dit que les exportations, c’est bien, et les importations, c’est mal.
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novembre 16 2009
@Nicolas
Ce que je voulais dire est que le financement est neutre vis à vis de la dépense. Peut importe comment vous financerez la dépense public, ce qui compte relève plutôt du bénéfice économique attendu.
A ce jeux la hors bien public, les marchés sont plus efficaces que l’état.
Il me semblerait plus pertinent d’attaquer les motifs de décision de l’emprunt que ces conséquences sur l’endettement public;
Ce qui est effarent est de constater que la décision de l’emprunt relevait presque de l’acte de foi : « il faut emprunté. Cherchons le montant adéquat. Les secteurs à investir…on verra ça plus tard »
un exemple: accepteriez vous une augmentation très forte de l’endettement public si cela servait
à racheter les privilèges multiples dont bénéficie les fonctionnaires/notaires/pharmaciens etc..
afin de libéraliser leur secteur d’activité?
En faisant le pari que cette ouverture des marchés engendrera des bénéfices économiques suffisamment conséquent avec lesquels la dette pourra être en partie rembourser?
Personnellement, je serais pour. Pourtant l’état piocherait, en partie, dans notre poche. Et cela
ne relève pas de l’investissement tel que l’opinion la conçoit (route/hopitaux etc..), ni des dépenses courantes.
Par ailleurs dans laquel le paiement des salaires relèves aussi de l’investissement (dans l’éducation et le secteur hospitalier notamment. Abstraction faite du rendement économique du modèle français).
Quant à la charge de la dette il faudrait comparer les créances étrangères détenus par les français afin d’apprécier le poid véritable des 50% de dettes française détenue par des étrangers. (Je n’ai pas trouvé d’info à ce sujet).
In fine, on en revient toujours au modèle fiscal, car c’est de l’accroissement de ses recettes qu’un gouvernement espérera équilibrer son budget.
Le pari de ce gouvernement, c’est d’imaginer qu’à son investissement correspondra une croissance économique génératrice de recette fiscale.
Hors, mal réformer le modèle fiscale et générer un endettement pour compenser les baisses de recette, ce n’est pas terrible…
Et derrière tout cela réemprunter encore pour pseudo investir…
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novembre 17 2009
je maintiens ce que je disais sur les investissements:
–un ménage qui passe de locataire à 600€ par mois à propriétaire avec un remboursement à 1000€ par mois, ça fait 400€ d’investissement par mois, et 600€ de consommation (en supposant les deux biens comparables, ce qui est rarement le cas).
–les frais que vous engagez pour travailler, on peut voir ça comme de l’investissement (que ce soit la voiture ou la crèche pour les enfants) ou simplement les soustraire du salaire. Mais les ménages qui achètent une voiture l’utilisent rarement *uniquement* pour leur travail, il y a plus de consommation que d’investissement.
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h16 a répondu:
novembre 17th, 2009, 8 h 53 min
@Rom1 : non pour le premier cas puisque lors de la revente de la maison, on récupère une partie, tout ou plus que l’investissement initial. Et cette revente ne se traduit pas systématiquement par un rachat (cas typique : décès). Pour le second cas, vous noyez le poisson : de la même façon qu’une maison ne sert pas qu’à y dormir (puisqu’on peut aussi y passer ses vacances, ou louer, ou etc…) une voiture n’a pas qu’une utilité. Il n’en reste pas moins qu’elle est très très majoritairement nécessaire au Français moyen pour aller travailler le matin et que sans elle, il se retrouve sans salaire. Et sans salaire, il n’y a plus de consommation.
Je n’y peux rien si vos notions d’économie sont bancales. Investir, c’est communément engager une importante dépense immédiate dans le but d’en retirer un bénéfice futur, que ce soit sous forme d’une salaire, d’un loyer, d’une vente avec ou sans bénéfice, etc… Et même si vous ne le croyez pas, c’est comme ça.
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novembre 17 2009
@Felgar
D’accord, je comprends l’idée sur la dépense. Maintenant, je pense que si il y a des secteurs d’avenir qui par définition nous sont inconnus aujourd’hui, les plus aptes à les découvrir et les financer ne seront pas l’état mais des business angels privés. Est ce que Bill Gates ou Steve Jobs a eu des subventions publiques? Donc, encore une fois, je ne suis pas sur que ce soit une bonne idée l’emprunt en lui même. Maintenant, j’espère (mais je suis peut être un peu naïf) que de promulguer une loi qui supprime les numérus clausus des pharmaciens, des notaires, des fonctionnaires, des financement public des syndicats, des partis politiques, des clientèles de ces partis (et la je ne suis pas naif en disant que j’en oublie) coutera environ 0€….
Quant à l’investissement, la définition de H16 est la bonne : dépenser aujourd’hui pour en retirer un bénéfice demain…. Etudier est une dépense en temps pour avoir en retour une meilleure connaissance des choses dans l’avenir : pour moi étudier c’est investir.
Et je ne sais pas quel est l’intérêt pour vous de connaître le taux de dettes étrangères publiques détenues par les Français?
Pour moi, la bonne réforme de la fiscalité française serait une assiette très large (tous les revenus de tous les citoyens français) à un taux bas et unique, d’abandonner toutes autres taxes et de diminuer drastiquement les dépenses. En faisant cela, les gens seraient incités à faire ce qui leur semble le mieux et donc au final l’économie tournerait mieux et le PIB en prendrait un sacré coup de boost et les impôts de même! Bref un bon effet Laffer!
On peut toujours rêver!
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h16 a répondu:
novembre 16th, 2009, 13 h 56 min
@Rom1 : oui, effectivement, Etat, ménage et entreprise sont des concepts différents. En revanche, l’argent n’a pas d’odeur et les maths s’appliquent très bien pour ces trois « concepts » de la même façon. Quand on brûle de bois plus que ce qu’on coupe, on finit par attaquer le parquet.
Pour votre notion d’investissement, pardon, mais vous vous fourrez le doigt dans l’oeil.
Si un salarié, pour se rendre à son travail, a besoin d’une voiture, celle-ci constitue bien en un investissement. Pas de voiture => pas de revenu.
Une maison, même celle dans laquelle on habite, peut constituer un investissement, notamment lorsqu’on a une famille : une fois en retraite et les enfants partis, on revend la maison, et on va habiter dans un lieu plus petit. La différence paye les voyages ou sera placé, rapportera et permettra de payer l’éventuelle médicalisation. Etc… Bref, votre définition est totalement arbitraire (et fausse).
Pour la partie « l’état peut emprunter à de meilleurs taux que les Français », c’est oui, tant que AAA. Et ce n’est plus garanti du tout. Cf mon article du jour à paraître.
Pour le bon sens, il ne dit rien sur les importations et les exportations (en tout cas, le mien me fait comprendre très vite qu’importer un bien qui vaut moins cher qu’un bien local est une bonne affaire, et c’est pour ça que j’achète mes bouquins via amazon.com et non à la Fnac). Et exporter nos grèves et notre Modèle Que Le Monde Ne Nous Envie Pas Des Masses, je ne suis pas sûr que ce soit si « bien » que ça
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