Quelques photos du gouffre grec

Nous venons d’entamer un nouveau mois, et cela donne une excellente occasion de faire un petit point sur l’économie. Et comme en Europe, la macro-économie se résume essentiellement au bilan de santé de la Grèce, je vous propose quelques éléments de réflexion sur l’archipel méditerranéen.

Et en terme de bilan, rien de tel que les éléments factuels pour poser un diagnostic.

On pourra par exemple prendre appui sur quelques uns des derniers billets du blog de Herlin, la Dette de la France, qui, en plus d’évoquer le petit gros gênant problème de dette de l’état français, évoque justement la Grèce assez régulièrement tant celle-ci préfigure à plus d’un titre ce qui risque bien d’arriver aux Français dans les prochaines semaines, indépendamment d’ailleurs de l’issue de la mascarade du scrutin de mai 2012.

Répartition des 360 milliards du bailout grecOn découvre ainsi que ce deuxième plan d’aide à la Grèce, dont le montant s’élève, pour mémoire, à 230 milliards d’euros (une paille, de nos jours), comprend une tranche très subtilement déposée sur un compte dédié, dont l’activation ne pourra se faire sans l’accord des autres membres de l’Union Européenne (et surtout de ceux qui sont dans la zone Euro). Ce mécanisme a l’avantage de garantir la dette grecque, même en cas d’abandon de la monnaie unique par le pays, éventualité à laquelle on se demande exactement comment et pour combien de temps les dirigeants européens tenteront d’échapper. Notez au passage que tant qu’ils le feront avec nos sous et non les leurs, la petite aventure hellénique peut continuer un bon moment…

… D’autant que Mario Draghi, l’actuel patron des Imprimeries Internationales de Papier Cossu, est largement plébiscité par la pègre les économistes keynésiens dont la presse se fait bruyamment le relai, à l’instar de cette cucurbitacée velue de Krugman, très impressionné par la capacité du nouveau patron à faire tourner les rotatives à des rythmes qu’on croyait inatteignables.

La coterie en place, toujours extraordinairement lucide sur l’avenir (comme en témoignent les dernières bouffonneries déclarations de Draghi, par exemple), est donc bien partie pour continuer exactement comme depuis deux ans, avec exactement les mêmes « remèdes » pour contrer exactement les mêmes « diagnostics » avec, à la clef, exactement les mêmes « résultats ». D’ailleurs, le succès de l’opération de mercredi illustre parfaitement que les piscines de pognon frais ne sont pas prêtes de se tarir. On peut trouver ça rigolo jusqu’au moment où tout ceci va finir par impacter l’économie tangible des biens et services que nous, contribuables et dindons de cette farce tragique, consommons tous les jours.

Mais devant cette déferlante de bon sens, d’analyses pointues, de sagesse et de prévoyance, je ne résiste pas au plaisir de vous fournir ici quelques jolis graphiques, qui permettent de prendre justement un peu de recul sur cet optimisme calculé.

Celui-ci, par exemple, montre l’évolution du Produit Intérieur Brut de la Grèce sur les dernières années.

PNB grec - variation annuelle

On notera donc que la pose du pipeline grand format de billets européens, qui a commencé mi-2010 avec quelques gros milliards joufflus, n’a absolument rien changé à sa situation.

Le graphique suivant, qui présente la variation des crédits accordés aux ménages par les banques grecques, donne une bonne idée de la vigueur générale de l’économie.

Crédit aux particuliers - variation sur année glissante

Eh oui : le foyer moyen grec ne se sent pour le moment pas suffisamment joyce pour continuer à consommer, et même, il a tendance à arrêter un peu les facilités de caisses. Fini les détendus du crédit. Cette tendance générale à l’effritement de la bonne humeur côté Champagne et Cotillons se confirme aussi du côté des entreprises qui ont, elles aussi, le même réflexe : arrêter de taper dans le crédit.

Crédit aux entreprises - variation sur année glissante

Heureusement, on se souviendra que ce qui est observé côté ménage et côté entreprises, avec une diminution des nouveaux crédits, n’est bien sûr pas suivi par l’Etat et le gouvernement qui peuvent donc continuer à dépenser l’argent des autres qui n’existe plus pour compenser les afffffreuses conséquences de l’aridité financière subite pardon de la rigueur : les déficits s’enchaînent donc avec quelques sourires gênés sur le mode « on fait des efforts, je vous jure ».

Ce qui se traduit mécaniquement comme ça :

Taux de chômage

… Au passage, les efforts sont répartis comme ça :
Efforts en Grèce

« Salaires coupés à la hache », certes, mais pas avec la même vigueur pour tout le monde (et en tout cas, pas pour ceux que le système chérit).

Bref. Pour ma part, avec ces différents éléments, la conclusion m’apparaît limpide : l’argent qu’on met en Grèce est de l’argent perdu. Pire : les Grecs eux-mêmes n’y croient pas (les plus avisés fuient physiquement le pays ou exfiltrent leurs fonds). Et au vu des petits graphiques, si le peuple grec veut se sauver, si l’Europe veut sauver l’Euro, alors la Grèce doit sortir.

Il n’y aura pas de salut pour la Grèce, mais il devrait vraiment y avoir un bye-bye.

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Commentaires88

    1. yp

      C’est vrai qu’a priori Monti fait un boulot remarquable en Italie. Mais il faut rappeller que le budget de l’état italien avait était en situation d’excédent primaire depuis plusieurs années avant l’arrivée de Monti : La gestion italienne était plus saine que celle de la France depuis des années.

      Néanmoins, Monti c’est une lueur d’espoir ; mais qui pourrait être celui qui serait capable de virer des dizaines de milliers de décrêts de la loi française ?

  1. yp

    Bon article malheureusement conforme à ce que je pressent : ceux qui vont le mieux s’en tirer sont les fonctionnaires et les retraités (et les politichiens évidemment). Et ceux qui vont casquer sont les jeunes travaillant dans le privé (question de poids électoral).

    Alors certes on a les politocards que l’on mérite, mais c’est désespérant…

    1. eheime

      Les jeunes expatriés ne casquent pas. Et il y en a de plus en plus, faute de trouver du boulot en France, parfois par choix. Réellement. C’est un constat que je fait autour de moi. Et quand j’en discute avec ceux restés en France, c’est clairement dans les esprits. Il y a 15 ans ça aurait paru incongru.
      Et ça risque de faire boule de neige … et tout le systeme de retraites pourrait s’écrouler comme un chateau de cartes

      1. eheime

        Il y a du potentiel d’expatriation en France l’air de rien :
        – l’europe facilite les choses
        – encore pas mal de pays francophones dans le monde
        – les jeunes maitrisent l’anglais (mal , mais on s’adapte)
        – pas mal d’enfants d’immigrés maitrisent la langue et la culture de leur parents et pourront etre une vraie valeur ajoutée dans les pays emergeants
        – attractivité des pays anglos-saxons pour la bourgeoisie qui rejete le collectivisme
        – les français sont assez ouverts d’esprit, et s’adaptent bien aux cultures des autres, et ils ont souvent une bonne image

      2. daredevil2007

        A vrai dire, il s’écroulera quoi qu’il arrive puisqu’il s’agit d’une pyramide de Ponzi… c’est arithmétique d’autant que ce merveilleux système n’a jamais été provisionné comme le soulignait le rapport Pébereau de 2004 – je me souviens bien de la date 😉

        1. eheime

          @daredevil

          Ce n’est pas une certitude.
          D’abord l’euro est indexé sur des monnaies qu’il a en reserve et l’or que possedent les banques centrales.
          Ensuite il existe des monnaies totalement dematérialisées qui prouve que la monnaie est avant tout une histoire de confiance et non de possession de métal.
          L’or lui meme n’est une monnaie efficace que parce que les gens ont confiance en sa production limitée.
          Le seul probleme de l’euro, en raison de ses taux bas, c’est un leveraging trop important que la BCE essaie de maintenir à bout de bras et qui finira tot ou tard soit en emission de base money soit en faillites ce qui aura pour consequence de deleverager.

          Enfin , non, l’euro n’est pas une pyramide de ponzi (ou alors toute les monnaies le sont potentiellement au moment de leur création , y compris l’or, et apparaissent comme ponzi si elles sont très fortement devaluées, peu importe comment, ou carrement délaissées. Le drachme, probablement très très inflationniste, sera donc une vraie pyramide de ponzi si la Grece y revient.

          Je pense que c’est bon d’éviter d’employer des mots tels que « pyramide de ponzi » à tort et à travers car après plus rien n’est rien et les mots perdent leur sens.

        2. daredevil2007

          Je n’emploie aucun terme à tort et à travers… c’est vous qui lisez de travers 😉
          Je faisais référence au post sur le système des retraites… juste au dessus du vôtre – ce n’est pas de ma faute si mon post s’est placé au dessous du vôtre 😉
          Quant à l’euro, je vous renvoie à différents textes et interventions de Georges Lane et François Guillaumat sur la question ou de C. Gave (mais il y en bien sûr beaucoup d’autres qui ont dit des choses similaires) ; la zone euro est une zone monétaire non optimale ce qui entraîne d’énormes disparités entre les pays qui la constituent et nécessite donc un système de péréquation pour rééquilibrer l’ensemble. Cela signifie en clair que l’Allemagne (qui est le poids lourd de ce système) doit payer pour les autres et les allemands n’en veulent plus comme je peux le lire régulièrement dans les commentaires qui font suite à toutes sortes d’articles sur ces questions…
          Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’à l’origine, il s’agit d’une construction purement technocratique visant à créer les états-unis d’Europe…
          En ce qui concerne la « certitude » que vous évoquez, cela concernait également le système des retraites comme quoi relire attentivement les commentaires qui se suivent permet d’éviter les erreurs 😉

        3. eheime

          @daredevil

          désolé pour le premier point

          point 2.
          Mais je pense que les gens que vous citez, non que je les prenne pour des idiots, ce n’est pas le débat, mais en economie tout se compense tout le temps, malgré le socialisme, malgré l’interventionnisme, quoi que vous fassiez (d’où le réalisme des libéraux). Meme dans l’euro, tout se compense. Ca prend un peu de temps, les interventions diverses (création de monnaie, emprunts, impots punitifs, etc ) peuvent retarder le phénomène, mais au final, à un moment donné chacun est face à ses réalités.

          C’est pour ça que la Grèce en prend plein la figure, et ce n’est pas fini, et c’est pour ça que l’Allemagne à force d’empiler les promesses de paiement fera soit une croix dessus, soit les utilisera contre d’autres en échange.
          Et ceci peut se faire dans l’euro.

          Mais quoi qu’il en soit, l’euro, c’est un fait, est une monnaie d’échange commune et qui pour l’instant attire la confiance. Cette monnaie commune évite des couts de change, et rend plus difficile les attaques monétaires. Si l’euro disparait, ces deux avantage seront les seules choses qui disparaitront.
          Les promesses de paiement resteront, elles resteront.
          La compétitivité gagnée par les monnaie faible sera la contrepartie d’un pouvoir d’achat perdu, exactement comme quand la Grece baisse les salaires .. dans l’euro.

          Si vous me répondez, essayez d’argumentez avec des exemples précis, merci d’avance.

  2. gnarf

    Tres bon article merci! Je ne suis pas persuade que les artifices utilises par les banques centrales soient equivalents a de l’impression de monnaie.

    Je sais que ca a l’air tres mauvais cette tambouille, mais il faudrait vraiment comparer en detail pour mieux piger le machin. En tout cas, c’est controverse.

    Si je m’en refere a l’histoire de l’apres-guerre, il est fort possible que si on regarde dans le detail, les mesures de la FED sont moins nocives que ne le disent les critiques, et celles de la BCE plus nocives qu’attendues.

    1. Dans les deux cas, elles reviennent au même. Si on parle d’impression à tout va, c’est parce que ces jeux d’écritures sont des pures créations monétaires. Quelques uns arguent mollement que comme les écritures de débit sont compensées par un crédit exactement équivalent, la monnaie créée est détruite — pouf — sans problème, mais au final, à un instant T, on a une masse de nouveaux euros sortis de nulle part.

      1. gnarf

        Oui, c’est bien une apparition de monnaie. Mais comme tu le dis c’est different au bilan, et deuxieme chose l’argent apparu va ailleurs que dans une impression de monnaie classique.
        Je ne suis pas assez cale pour voir les implications…on dirait que c’est different au niveau de l’inflation.

        1. Justement, non. Enfin, disons que sur le long terme, non. Sur le court terme, l’argent apparaît, disparaît, rien dans la droite, rien dans la gauche, pas vu pas pris et tout le monde est content. Mais d’une part, il y a des intervenants au milieu du jeu de bonneteau. Même avec quelques tous petits % de friction, vu les sommes en jeu, on se retrouve avec des milliards qui dégringolent dans les banques (qui se servent au passage). Les bonus gonflent, les banquiers sont content, bises à madame. Cet argent là finit par redescendre. Celui-là crée de l’inflation. D’autre part, l’argent créé pour faire de la cavalerie, à un moment ou un autre, il sert à rembourser des dettes, aussi fictives que le pognon qui les rembourse, certes, mais qui ont été contractées, in fine, contre du vrai travail qui lui, n’est pas fictif du tout. Pour faire très simple, les dettes de l’Etat ont servi à payer des profs, des fonctionnaires, des gens qui ont fourni un travail. A un moment ou l’autre, ces gens finissent par toucher un salaire, par réclamer leur créance. L’argent fictif qui s’envole de BCE en banques et de banques en BCE, là encore, finit par atterrir obligatoirement dans les salaires de tous ces millions de gens qui ont, un jour ou l’autre, travaillé pour l’état, directement ou indirectement (idem pour les prestations sociales, etc…) . Et petit à petit, l’inflation apparaît. D’abord sur les matières premières et les denrées alimentaires les plus basiques. Puis …

        2. gnarf

          Sais pas…suis depasse sur le machin. Les retombees de ce genre de choses sont tellement complexes que j’ai du mal a suivre ton analyse.

          Je dirais que BCE et FED font toutes les deux du QE…tout comme France et USA font toutes les deux du libre-marche dans le principe. Mais c’est dans les details de l’implementation que ca differe…j’ai l’impression que la FED va bien s’en sortir et l’economie US rebondir, et que l’Europe va tout foirer.

      2. Deres

        D’après ce que j’ai compris des articles des spécialistes, ce qui compte c’est une sorte de produit de la quantité de monnaie par sa vitesse de circulation. C’est pour cela que les économistes distinguent des agrégats de monnaies caractérisés par leur vitesse de circulation approximative (M0, M1, M2, M3). Les liquidités introduite par la BCE remplacent les liquidités que les banques ne s’échangeaient plus. Au final, c’est pour cela que cela n’a pas créé d’inflation, ce qui est je pense une preuve empirique qu’ils ont raison.

        Par contre, j’ai l’impression que tout cela met en place une épée de Damoclès sur l’euro. Si jamais l’économie commence à repartir, tout cet argent bloqué va recommencer à circuler dans tous les sens et faire effet. Comme la BCE prête à 3 ans, elle ne pourra pas rapidement récupérer les liquidités en trop. De plus, elle est dépendant du bon vouloir des banques pour ses opérations de neutralisation. Il y a déjà eu des fuites avec des administrations publiques inconnus qui remplacent une partie des dépôts des banques. Finalement, si une banque fait faillite, l’argent prêté ne sera jamais rendu. Tout cela me semble donc pour le moins explosif …

        1. jmdesp

          Si tu es cohérent avec toi même, ça veut dire que pour toi la faillite d’une banque est une problème parce qu’elle crée de l’argent ? (non remboursement du prêt de la BC, et donc création réelle de l’argent prêté).

          Ca parait douteux, parce qu’une une faillite sèche fait aussi disparaitre l’argent des dépôts. Sur le papier on peut avoir l’impression que l’argent des dépôts disparu est nettement inférieur à l’argent gagné dans les prêts, mais l’argent du dépôt annihilé est du tiers 1 qui sert de base à la création monétaire, l’impact de sa disparition est très fort, d’autant que l’argent du prêt a déjà tourné dans l’économie, il n’est pas créé au moment de la faillite.
          Et l’impact est renforcé aussi par les conséquences indirectes, effet pauvreté sur le déposant, méfiance envers les banques limitant les dépôt donc la création monétaire, augmentation des ratio chez les autres banques pour se protéger.

          L’effet total est très complexe à modéliser, mais probablement en réalité il penche du coté de la réduction de la circulation monétaire. L’effet primaire est surtout du coté de l’injustice entre les déposants qui perdent leurs économies, et les endetté qui gagnent celui du remboursement de leur prêt (mais ce n’est pas une somme qui apparait brutalement dans leur compte, surtout des dépenses futures qu’il n’auront pas à faire, l’effet est donc étalé dans le temps).

          Ceci dit la faillite rétablie un certain rapport à la réalité. Le type qui dépose de l’argent à la banque et croit qu’il est riche est niais. La chose la plus intelligente qu’il pouvait faire avec son argent plutôt que de le thésauriser était de le dépenser rapidement, sur le mode « d’la coke et des putes ». Avec l’argent déposé à la banque, il pense qu’un jour il pourra faire creuser les autres tranquillement, seulement voilà, c’est un pistolet chargé qu’il faut pour cela, et pas des billets.

          Ne pas oublier aussi pour les fan de l’or contre la monnaie fiat : Au milieu de la seconde guerre mondiale, il y a un paquet de montres en or, de bijoux, de diamants, probablement des lingots entier aussi, qui se sont échangés contre du pain et de la cochonnaille. Mais c’est le type qui avait le pain et la viande qui décidait le prix. Ah y en a un paquet qui n’était pas heureux en face. Mais au fond si finalement ils n’avaient pas faim, ils pouvaient toujours garder leur or.

          1. N’oublie pas que si tu as de l’or et tout le monde du papier, le type qui te vend de la cochonnaille préfèrera largement ton or à ton papier.
            Et ceux qui vendent de la cochonnaille sont en concurrence entre eux, comme ceux qui ont du papier sont en concurrence avec ceux qui ont de l’or. J’ai déjà vu du papier dans les poubelles. De l’or, jamais.

        2. eheime

          @ jmdesp

          relisez bien Deres car il a parfaitement compris.

          – l’argent « créé » par une banque normale disparait avec les remboursements ou avec les dépôts non remboursés. Mais au final je retrouverai toujours ma somme initialement déposée après les remboursements ou les défauts.
          – en revanche si c’est la BC qui emet, elle crée, peut-être temporairement de la monnaie banque centrale (ou base money).
          Si elle n’est pas remboursée, c’est de la pure création monétaire, car celui qui l’a dans l’os c’est le « déposant » au bilan de la BC, c’est à dire vous et moi …
          Et c’est juste un avis perso, mais ni Bernanke ni Draghi ne s’imaginent qu’ils seront complètement remboursés. Mais s’ils sont malins, ils écrémeront tout ce qui émerge, c’est à dire qu’ils rappatriront les liquidités qui leur seront présentées (en relevant les taux très fortement) afin d’éviter l’inflation qui pourrait etre monstrueuse s’ils ne le font pas dès qu’un afflu de liquidités apparait.

        3. eheime

          @ jmdesp

          Mais sinon , je suis d’accord avec ce que vous dites à la fin.
          En cas de guerre le mec qui a un jambon, il l’echange pas contre du papier , ni contre de l’or, mais contre des conserves ou un fusil.

          Pendant la guerre de 40 il s’échangeait des terres agricoles contre UN jambon ..

          On retombe toujours sur l’idée de confiance. Or celle ci varie avec les évenements.

        1. eheime

          @ JB

          je pense que les trois ans sont une sécurité pour pouvoir rappatrier les fonds et éviter une inflation énorme probable.

          en gros on dit aux banques : continuer à faire marcher la machine un peu (beaucoup) bullaire (à cause du leveraging) , je vous couvre.

          MAIS on les prévient : dans trois ans il faut le rendre et les taux BCE seront peut etre bien plus elevés.
          Elles ne peuvent donc par preter l’argent longtemps.

          Donc on leur dit : faite du court du terme.
          Ceci afin que la BCE garde la main et puisse retirer les liquidités facilement si la machine s’emballe.

          Mais à mon avis dans 3 ans, ils réinjecteront, car on est plutot dans une tendance déflationniste, c’est à dire que les gens dans leur majorité (ou à cause des banques qui elles memes ont peut etre du mal à trouver du depot) chercehnt à se désendetter

          C’est comme ça que je vois le truc

      1. Encore un joli graphique difficilement lisible. On parle ici de variation en % en année glissante (au moins d’une dérivée, voire d’une dérivée seconde). Quelque part, ça camoufle un peu que … l’Etat Grec a continué de s’endetter, et qu’il s’est endetté de plus en plus, et de plus en plus vite.

  3. Pascale

    Cet acharnement politique qui n’a rien à voir avec le moindre raisonnement économique mais tout à voir avec l’obéissance à une idéologie dogmatique ne cesse de m’étonner. Car je comprends que l’on se trompe, mais de là à prendre tout un peuple en otage pour lui appliquer « aux forceps » la théorie « si tous les gars du monde voulaient se donner la main… » (je schématise la doxa européiste), ça en dit long sur l’inhumanité des eurocrates de Bruxelles.

    1. Pod

      « si tous les gars du monde voulaient se donner la main »

      Ou plutôt :

      « si tous les euro-gouvernements voulaient se sortir les doigts »

      (du keynésianisme)

  4. Joe

    Sur les graphiques, on constate quand même que c’était bien la fête du slipo avant la crise : augmentation de l’encours des emprunts de près de 20% au moins deux années consécutives (et on n’a pas les infos avant 2007) aussi bien pour les ménages que pour les entreprises… Ca sentait déjà pas très bon !

    1. Deres

      Oui, ces chiffres d’emprunt des particuliers et des entreprises avant la crise sont hallucinants !! Que cela baisse après est normal, mais le plus abracadabrant, c’est que l’encours des emprunt a continué à augmenter jusqu’à la fin 2010 … Cela confirme les impressions que j’avais que les grecs se sont quand même bien foutu de la gueule des européens. Alors que le pays était déjà en faillite et demandait l’aumône, les affaires continuaient comme avant … Je pense que le déficit public monterait la même chose. Les promesses de rigueur n’étaient que pour la façade. L’exemple typique, ce sont les 50 Md€ de privatisation promis dès 2008. Je pense qu’au début 2012, il ne doivent pas avoir privatiser plus de 10% de leurs belles promesses … Alors évidemment, maintenant la rigueur est très violente. C’est normal car ils ont temporiser pendant 4 ans en laissant une situation pourrie se dégrader encore plus …

    2. Martini

      Normal, ils savaient que ça pèterait dans les années suivantes. Si les particuliers pouvaient aussi souscrire auprès de la BCE ils ne se gêneraient pas plus que les banques mercredi dernier… accélérant l’implosion de l’euro.

      Moi non plus je ne compte pas rembourser mon crédit, l’euro aura disparu avant le terme.

  5. Pod

    Le schéma de l’évol du PIB est une insulte à Archimède : on peut voir que le poids de récession déplacé est loin de faire flotter le pays…
    Ils ne respectent donc pas leurs anciens ?

  6. Higgins

    « La BCE a mis à la disposition des banques de sa zone environ 1 000 milliards d’euros (à 3 ans) qui proviennent de dépôts à très court terme. Une fois de plus, il n’y a pas création monétaire dans ce mécanisme, mais circulation monétaire, organisée par la BCE remplaçant les marchés car… les dirigeants des banques de la zone euro n’ont plus confiance entre eux…La BCE a mis à la disposition des banques de sa zone environ 1 000 milliards d’euros (à 3 ans) qui proviennent de dépôts à très court terme. Une fois de plus, il n’y a pas création monétaire dans ce mécanisme, mais circulation monétaire, organisée par la BCE remplaçant les marchés car… les dirigeants des banques de la zone euro n’ont plus confiance entre eux.

    Ces 1 000 milliards d’euros ne sont pas inflationnistes. Ils ne permettent pas aux banques de prêter davantage à leurs clients ni d’investir lourdement en bons de Trésors euro-zonards. Ils permettent aux banques débitrices d’avoir une position nette créditrice chaque soir. C’est de la cuisine bancaire habituelle qui était effectuée ordinairement normalement et spontanément par les marchés interbancaires euro-zonards qui ne fonctionnent plus depuis la faillite de la banque des frères Lehman. Ils sont maintenant administrés par la BCE, comme en URSS jadis. C’est l’€URSS. » http://chevallier.biz/2012/03/isda-cds-grece-et-logique/

    Comment on dit sapin en grec?

    1. « ils ne sont pas inflationnistes » : tant que les opérations sont effectivement conclues très vite. Mais mécaniquement, à un moment où l’autre, tout ceci va se traduire par de l’argent qui retombe dans l’économie directe et non financière.

      S’il s’agissait exclusivement d’un pur mécanisme comptable, sans contrepartie réelle jamais jamais, l’ensemble équivaudrait à une simple façon de présenter les comptes et il n’y aurait pas besoin de créer puis détruire de la monnaie.

      1. eheime

        @h16

        exact

        le but c’est justement de rechercher l’inflation pour compenser la déflation.

        mais je pense que Higgins signifiait qu’au global ça ne créait pas d’inflation .. à condition que les liquidités soient retirées, ce qui n’est pas du tout certain.

  7. René de Sévérac

    Bon. La Grèce sortira de l’€ après les élections.
    Ils auront souffert, mais leur dette sera « rabotée » de 50 %.
    C’est-à-dire qu’après dévaluation de la drachme de moitié, elle dette restera en valeur grecque quasi équivalente.
    Seul problème, la partie épongée sera (d’une manière ou d’une autre) imputée aux citoyens allemands et français.
    Pour nous, contrairement aux teutons gros bénéficiaires de la zone, c’est parfaitement délicieux.

  8. Yrreiht

    En Grèce aussi le retraité moyen gagne beaucoup plus que le salarié, ayant normalement fini de payer sa maison et n’ayant plus d’enfant à charge.

    Logique si l’on veut détruire une société il faut choyer les vieux et taper sur les jeunes.

    Ce continent est foutu.

  9. jmdesp

    Il y a un quand même un petit problème avec le raisonnement d’h16, c’est la partie « en sortant de l’euro les grecs se sauvent la mise ».

    Que peuvent faire les grecs en sortant de l’euro qu’ils ne peuvent pas faire dans l’euro ? La réponse est évidente, imprimer des masses d’argent. Qu’est que h16 nous dit qui n’est pas bien dans la situation actuelle ? Euh, ça serait pas le fait qu’on est en train d’imprimer des masses d’argent dans la zone euro ? Donc le truc qui n’est pas la solution aujourd’hui le devient une fois sorti de l’euro ?

    Sauver l’Europe en mettant la Grèce dehors et en les laissant couler tout seul sans entrainer les autres est peut-être logique. Dire « et ce sera beaucoup mieux pour eux d’être dehors » ne l’est pas. Sauf dans une logique de comme cela ils se prenne d’un seul couple choc économique qu’on fait durer en les gardant dans l’Europe, et ils peuvent repartir ensuite. Mais le choc en question, il va être sacrément violent, et les grecs vont être méchamment sonné plutôt que de repartir immédiatement.
    La situation peut aussi partir sur un mode violences généralisées et désagrégation des services mêmes les plus basiques, eau potable, etc. plutôt que de repartir rapidement dans un sens positif.

    1. Jacques

      La nuance importante, c’est que les grecs hors de la zone euro retrouveraient la liberté. Dans la mouise, certes, mais la liberté quand même. Ce n’est strictement rien, effectivement, hein ?

      1. Disons que leur situation serait aussi catastrophique, mais cela limiterait la casse dans la zone euro, et cela redonnerait quelques marges de manœuvres aux Grecs.

        1. eheime

          Concretement le niveau de vie s’effondrerait d’un coup et pas mal de Grecs prendraient leur clic et leur clac et fuiraient le pays.

          En leur laissant un peu de temps la « baffe » est moins violente, mais du coup .. plus longue

      2. eheime

        @ Jacques

        Ils sont pas mal libres les Grecs.
        Ils sont pas harassés d’impôts, on leur fout plutot la paix.

        Non, leur vrai problème c’est :
        – une desorganisation totale (y a bon le socialisme)
        – ils ne produisent pas grand chose

        Les deux étant liés.

      3. monoi

        C’est pas les Islandais qui ont pris leur pilule a l’epoque et qui maintenant repartent de l’avant?

        Ceci dit, le probleme des grecs etant entierement lie a leur participation a l’euro, je ne vois pas la logique de penser qu’ils pourront s’en sortir en restant dedans.

        Il est sur que ca ne se fera pas dans la joie et la bonne humeur, mais ca peut difficilement etre pire que maintenant.

        1. jmdesp

          Il y a *3* grosses différences dans le cas Islandais :
          – Différence 1 : Les Islandais eux même n’avait fait aucune connerie, seule 3 banques privées avait provoqué le problème à elles seules. Une fois ces 3 sociétés en faillite, tout le reste de l’économie était sain.
          – Différence 2 : La balance commerciale de l’Islande était globalement exportatrice, l’Islande avait plein de produit à exporter contre des devises fortes, largement suffisamment pour couvrir toutes les importations vitales
          – Différence 3 : L’Islande fait partie des pays les plus autonomes pour l’énergie. Sur l’électricité, des 4 ou 5 dont la production sans importation de ressources fossiles peut couvrir à 100% la consommation. La Grèce est au contraire dans la catégorie, elle aussi d’ailleurs plutôt restreinte, des pays à 100% dépendant de l’importation d’énergie fossile, dont les prix explosent, et ce n’est pas fini.

          Au total tout ceci dit surtout que le cas Grec est *beaucoup* plus difficile à résoudre que le cas Islandais, quel que soit la manière dont on essaie de s’y prendre.

      4. Nicolas

        « les grecs hors de la zone euro retrouveraient la liberté. Dans la mouise, certes, mais la liberté quand même. Ce n’est strictement rien, effectivement, hein ? »

        Pour ce qu’ils en ont fait, et vont en faire…

        « le niveau de vie s’effondrerait d’un coup  »

        C’est prévu : Niveau de vie de la Roumanie.
        Pour le gréc la crise ne fait que commencer.

    2. batilus

      Sortir de l’euro leur permet un ajustement. Ca veut dire, a priori : au début, un ajustement par le bas, le temps d’assainir et de retrouver des niveaux de prix (de l’argent, du travail, etc.) correspondant à la réalité. Ensuite, on repart sur de bonnes bases, on travaille, et croît…
      Jusqu’à ce qu’on décide de confier notre argent à quelqu’un qui le dépensera mieux que nous, et nos vies à quelqu’un qui les pensera mieux que nous. Vous connaissez la suite.

      1. eheime

        L’ajustement pourrait se faire plus simplement : en baissant les salaires. Et c’est ce qu’il font et ça continuera jusqu’à rencontrer l’offre d’emploi.

        Restent les dettes : une seule solution, la faillite. Ca n’a été fait que partiellement, donc on va en reparler dans quelques mois.

      2. eheime

        Il n’est pas forcément utile pour eux de casser la machine pour tout reconstruire. Ils feraient mieux de conserver l’euro qui pour l’instant est une bonne monnaie sauf si Draghi la transforme en PapierMark

  10. eheime

    « Et au vu des petits graphiques, si le peuple grec veut se sauver, si l’Europe veut sauver l’Euro, alors la Grèce doit sortir. »

    > c’est une opinion communément admise, pourtant je ne la comprends pas :

    A mon sens, il est nécessaire que la Grece fasse faillite (ou quasi) de façon à remettre les choses à plat. Mais en tout cas, lui laisser 120% d’endettement c’est ne rien résoudre car ces 120% se transformeront mecaniquement en 200% compte tenu de la baisse du PIB à venir et peut etre aussi de la fuite probable d’une partie des habitants.

    Il aurait fallu commencer par ça, et il faudra le faire de toute façon. Ca ne sert à rien d’attendre sauf à permettre aux banquiers de refiler leur creances pourries à la BCE et aux grecs initiés de vider leurs comptes en banques grecques avant le cataclysme bancaire Grec (espérons qu’il soit seulement Grec).

    En revanche, ce que je ne comprends pas, c’est la sortie de l’euro. On reproche à l’euro d’être une « monnaie forte » contraire aux intérets des pays du Sud. D’abord, vu comme Draghi imprime, je pense que ce precept est faux. Mais à le supposer vrai, je ne vois encore pas le problème. Si l’euro est fort, rigide, tant mieux ! Une monnaie forte c’est une monnaie stable dans laquelle on a confiance … comme l’or (d’où le succès indéniable du franc Suisse).

    Je ne vois pas ce que la sortie de l’Euro va résoudre ?!??
    (Meme raisonnement pour la France au passage).
    Au contraire, ça enfoncera la Grece un peu plus car cela induira des couts de change donc les Grecs en pratique conserveront l’euro pour les echanges internationaux.
    Ce qu’il faut, ce qui va se produire nécessairement (à moins que l’Europe ne continue à subvantionner la Grèce à coups de « prêts » qui sont en fait des donations), c’est que la Grèce adapte son train de vie à son niveau de production. Seuls les allemands semblent avoir compris quelque chose au problème. Ils sont les seuls à imposer des baisses de niveau de vie (contre des prêts-donations).

    D’une façon ou d’une autre, soit par l’inflation (merci Draghi), soit par la déflation (faillites en cascades, baisses de salaires, etc), il y aura un rattrapage, c’est à dire une rééquilibre entre production et dépenses (sauf, si l’europe continue à financer) . C’est mathématique.

    Je ne vois pas le rapport avec l’Euro. Si la Grece utilisait ou changeait de monnaie pour l’or, le Drachme, ou des pièces en chocolat, le problème serait toujours le meme : produire au moins autant que ce qu’ils dépensent car les cranciers ne veulent plus préter (sauf l’europe qui sait qu’elle ne reverra jamais son argent).
    A mon sens la Grece peut tout à fait rester dans l’Euro. C’est souhaitable pour nous et pour la Grece. MAIS elle doit réformer et baisser son train de vie. Ca se fera avec ou sans son accord.

    Maintenant encore une mauvaise nouvelle :
    Vous pouvez transposer point par point, dans une moindre mesure certes, le problème à la France …

    1. monoi

      Une monnaie, c’est un pays. Je me trompe peut etre, mais la derniere fois que j’ai regarde, la Grece et l’Allemagne (pour n’en prendre que 2) n’avaient rien a voir. A partir de la, une monnaie commune, sans ajustement possible, ne va faire qu’accentuer les deficits du depart.

      Les problemes de la Grece sont completement dus a son appartenance a l’euro.

      1. eheime

        L’or a servi de monnaie d’echange pendant des siecles au travers de pays differents et ça marchait plutot bien .. jusqu’à ce que le dirigeant (souvent un monarque) se mette à dilapider les caisses de l’Etat.

        Mais ce n’était pas la faute de l’or.

        1. daredevil2007

          ça marchait bien, dites-vous? Vous oubliez juste les diverses spoliations, les exécutions sommaires et les guerres… sans oublier les « faillites » 😉

        2. eheime

          @ daredevil

          objectivement vous faite une grosse confusion entre monnaie et politique. Ca n’a aucun rapport.

          Une monnaie peut etre nationale, internationale, étalon, peu importe. Quelle qu’elle soit , elle ne reste qu’un « truc » qui sert de moyen d’echange. Point

          Une politique budgétaire peut etre deficitaire, balancée ou positive. Si vous abusez du premier cas vous avez la faillite, quelque soit la monnaie, meme avec de l’hyperinflation.

          Quant à l’illusion de la richesse par la création monétaire, c’est juste une forme d’impot. Un mauvais impot car il touche les moins avertis et lorsque tout le monde est averti, il ne fonctionne plus et provoque une vraie pagaille.

        3. eheime

          @ Daredevil

          en fait , j’aurais du différencier
          – politique monétaire (plutot que parler simplement de monnaie)
          – politique budgétaire

          la politique monétaire pouvant compenser les tarres de la politique budgétaire.

          a contrario si la politique monétaire est stable, non émettrice, elle révèle au grand jour les carences des politiques budgétaires car il n’y a pas de « tour de magie » possible.

          Et c’est exactement ce qui s’est passé avec l’euro qui visait une politique de stabilité plutot qu’une politique inflationniste (ce n’est plus vrai maintenant, je pense).

      2. Pas tout à fait. Pour moi, la Corse, la Corrèze, la Martinique et Paris n’ont rien à voir. Et pourtant, il y a la même monnaie (et avant, c’était le Franc). En outre, il y a eu des unions monétaires avant entre pays disparates, et elles n’ont pas toutes fini dans le sang et les larmes. L’union latine est un bon exemple, mais comme par hasard, elle était basée sur des métaux précieux. Ce n’est pas le fait de partager une même monnaie qui pose souci, c’est que cette monnaie, arrimée à rien, permette de camoufler les insuffisances des uns en les faisant casquer aux autres. Ça ne marche qu’un temps, ou si des transferts compensatoires sont mis en place…

    2. daredevil2007

      Non, la Grèce ne peut pas rester dans la zone euro car son économie ne produit quasiment rien ce qui l’empêche tout simplement de créer assez de richesse pour rembourser ses dettes… et la politique d’austérité voulu par ses créditeurs l’enfonce encore plus profondément! On ne peut profiter de taux qui ne sont pas en rapport avec sa puissance économique réelle! Le Portugal ou l’Espagne – pour ne pas parler de la France – sont dans la même situation même si à des degrés différents : voilà pourquoi cette monnaie non optimale ne pourra pas durer…

      1. eheime

        « La Grèce ne peut pas rester dans la zone euro car son économie ne produit quasiment rien »

        > si vous parlez de compétitivité, la baisse des salaires va avoir des effets. Mais avec ou sans euro, les richesses ne produisent pas en les regardant pousser. Il faut s’organiser (réformer) et agir.

        « ce qui l’empêche tout simplement de créer assez de richesse pour rembourser ses dettes… »

        > cherchez pas, la Grece ne remboursera jamais. C’est impossible. Ou alors elle paie en billets de monopoly, ce qui revient au meme.

        « la politique d’austérité voulu par ses créditeurs l’enfonce encore plus profondément!  »

        > avec et surtout sans l’euro(pe), elle l’aura sa politique d’austérité.

        « On ne peut profiter de taux qui ne sont pas en rapport avec sa puissance économique réelle!  »

        > c’était une chance .. qu’elle n’a plus.
        Personne n’a forcé l’Etat Grec à se surrendetter. C’est exactement le meme probleme qu’avec nos Mairies surrendettées qui reprochent aux banquiers leur incompétence notoire.

        « voilà pourquoi cette monnaie non optimale ne pourra pas durer… »

        > c’est quoi « une monnaie optimale » ? Une monnaie est une monnaie. Elle est stable ou inflationniste. Mais elle reste une monnaie dans tous les cas.

        1. daredevil2007

          Pour répondre à votre première objection, je ne confonds rien du tout! Ce sont les dirigeants aux différentes époques qui par leurs actions ont provoqué ce type de confusions… Pour ce qui est de la Grèce, je le répète, on ne peut faire partager une même monnaie à des pays ayant des économies par trop différentes et disparates s’il n’y a pas de variables d’ajustement – et les taux fixés de manière définitive à la création de l’euro ont scellé cela! Si l’on avait conservé l’écu et les monnaies nationales en parallèle, nous n’en serions pas là 😉 Par ailleurs, sauf à agir comme Staline (par exemple) vous ne pourrez jamais transformer un grec en un allemand, juste parce que vous le souhaitez : les traditions, l’histoire, etc sont là pour vous en empêcher! Et justement, c’est ce que visent les technocrates de Bruxelles via leur politique de régionalisation systématique visant à détruire les nations européennes… ça ne fonctionne pas et nous allons à brève échéance assister aux conséquences politiques de ce constructivisme à la sauce Frankenstein… d’ailleurs, comment expliquez-vous que les économies européennes convergeaient avant l’euro, qu’elles ont tendance à diverger depuis son introduction?

        2. eheime

          « Pour ce qui est de la Grèce, je le répète, on ne peut faire partager une même monnaie à des pays ayant des économies par trop différentes et disparates s’il n’y a pas de variables d’ajustement – et les taux fixés de manière définitive à la création de l’euro ont scellé cela! »

          > vous faites erreur
          l’ajustement se fait et est en cours :
          – la BCE prête et ne sera pas remboursée. Je vous laisse deviner qui aura payé au final (variable d’ajustement par la subvention).
          – le niveau de vie Grec est en train de plonger enormément. Ca choque les réveurs, mais c’est en fait un rééquilibrage qui se fait et qui va se poursuivre encore à mon avis (variable d’ajustement par le marché).

          Si l’on avait conservé l’écu et les monnaies nationales en parallèle, nous n’en serions pas là :
          > ah bon ??
          Avec des taux BC zéro et un des patrons de BC soutenant les bulles, je vous parie que nous en serions là. Un exemple ? Les USA qui disposent pourtant de « variables d’ajustement » que vous identifiez bien (impots, redistribution).

          « sauf à agir comme Staline (par exemple) vous ne pourrez jamais transformer un grec en un allemand »
          > ah bon ??
          Donc la race allemande est differente de la race grecque ?
          A mon avis c’est possible. Et on a un bon exemple devant les yeux : l’Allemagne, peu rigoureuse en 1920 a plutot pas mal retenu la leçon, vous trouvez pas ?

          « les technocrates de Bruxelles via leur politique de régionalisation systématique visant à détruire les nations européennes  »
          > il faut juger sur les actes.
          Or je n’ai pas le même sentiment que vous. Personnellement je pense que l’Europe est le dernier fil qui retient la France avec la réalité. Sinon je pense qu’on serait dans une vraie république populaire en faillite.

          « comment expliquez-vous que les économies européennes convergeaient avant l’euro, qu’elles ont tendance à diverger depuis son introduction »
          > je ne comprends pas vraiment la question, excusez moi. Ou alors précisez, car le sujet est trop vaste.

      2. Nord

        « son économie ne produit quasiment rien ce qui l’empêche tout simplement de créer assez de richesse pour rembourser ses dettes…  »

        Très lacunaire comme vision! Vous n’envisagez clairement que la production industrielle; de plus le lien entre une monnaie et la création de richesse n’est pas celui que vous établissez.

        Relisez la réponse de #16, inutile que je répète ici ce qu’il exprime fort bien plus haut.

        1. daredevil2007

          Ce n’est en rien lacunaire mais basé sur la réalité des faits, mon cher monsieur… quant à créer des richesses, ça ne se fait pas en claquant des doigts, donc je maintiens ce que j’ai dit 😉
          Ce faisant, je ne fais d’ailleurs que reprendre les arguments de divers économistes, blogueurs et autres intervenants ayant publié leurs avis sur la question (C. Gave, V. Bénard, G. Lane, etc)

  11. infraniouzes

    Je me souviens, il y a longtemps, quand j’étais petit, avoir appris avec dévotion l’axiome de Lavoisier: « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

    Et bien non mon cher Lavoisier: vous avez tout faux. Il y a des magiciens de la finances qui sont en train de créer – ex nihilo – de la richesse, des flots de richesses. De la thune du pognon, du flouze, de la braise. du fric. Enfoncés les petits braqueurs de banlieue, les dealers à la petite semaine qui s’imaginent être les rois du monde parce qu’ils ont des talbins plein les poches.

    De doctes messieurs, en costumes gris-bleus ou bleu-gris (au choix) nous inondent de blé en appuyant sur un bouton.

    Elle est encore plus belle la vie. N.. de D… on en redemande. Allez garçon, remettez-nous ça, c’est la BCE qui paye.

    1. eheime

      La petite différence c’est que les QE , les facilités Draghi, les fonds de garantie européens, sont théoriquement des prêts.

      Theoriquement l’exces de liquidités pourrait donc etre reaborbé (sous forme de remboursements ou de faillites). Théoriquement …

      Mais comme vous le laissez entendre, le plus probable c’est l’inflation, donc le possesseurs/gagneurs d’euros, qui paie.

      1. daredevil2007

        A vrai dire, l’inflation est déjà là! Il suffit de suivre le prix de divers produits de base depuis 6 à 8 mois environ pour s’en rendre compte…

    2. wijngaards

      Vous avez tout avait raison infranfiouzes.étant jeune je ne connaisais pas lavoisier pour la bonne raison de vivre au pays bas néanmoins je le cite aussi aujourd’hui dans mon site nomdundieu.com chapitre fiat lux .
      Oui on devrait rendre anticonstitutionelle la pauvreté comme dissait Nanard quand il fut ministre de la ville et par la même occasion le déficite budgetère avec un règle d’or

    3. Calvin

      Faut aller plus loin.

      Si, effectivement, on a créé de la « richesse à partir de rien », dans quelque temps (années ?), on va avoir de la richesse qui va se perdre, pouf.
      Double fail pour Lavoisier !
      Et, il n’y aura plus grand-chose à transformer !!

      1. eheime

        Infraniouse a raison. La monnaie n’est qu’une promesse de service ou d’echange de bien. Si vous emettez de l’argent , vous emmetez des promesses.

        Si vous emmetez de l’argent sans le detruire ensuite, vous emmetez des promesses non tenue. Ou pour etre plus exact, vous emettez des promesses que d’autres executeront pour vous.

  12. Théo31

    Un truc m’échappe : pourquoi les salaires du privé grec baissent-ils alors que c’est l’Etat qui doit se mettre au régime sec ?

    1. valuebreak

      simple : dans un état socialiste, le principal donneur d’ordres au privé est l’état. Quand l’état cherche à faire des économies, il étrangle ses fournisseurs. qui, pour préserver leur marge, baissent les salaires ..
      exemple français : les communautés de communes vs les petits artisans …

  13. ikichi

    « si le peuple grec veut se sauver, si l’Europe veut sauver l’Euro, alors la Grèce doit sortir. »
    Si le ouvenement grec sort de l’union européene se sera surrement pour imprimer de jolis billets encores plus vite.
    Si c’est bien pour l’Europe, en tout cas je ne crois pas que ce sera un bien pour les grecs parce que leur gouvernement sera pire…

    1. gnarf

      Tout degoulinants de moraline

      « Mais pourquoi 25€ ? Parce que…

      -American Apparel recycle ses propres T-Shirts.
      AmericanAmerican Apparel a installé sur le toit de son usine un capteur solaire de 146 kW reduisant sa facture d’électricité de 20%.
      American Apparel milite pour des causes environementalistes diverses.

      -American Apparel s’engage auprès des immigrés aux USA avec l’association Legalize LA.
      American Apparel milite pour les droits des gays et des lesbiennes.
      « 

  14. BA

    Vendredi 2 mars 2012 :

    L’IIF chiffre une faillite de la Grèce à plus de 1.000 milliards d’euros.

    L’organisation bancaire internationale IIF a chiffré à plus de 1.000 milliards d’euros le coût pour l’économie internationale d’un défaut incontrôlé de la Grèce, dans un rapport remis en février aux dirigeants européens, indique vendredi l’hebdomadaire grec Athens News.

    Selon Athens News, l’Institut de la Finance Internationale – qui a négocié avec le gouvernement grec au nom des créanciers privés un accord de restructuration et de réduction de la dette grecque – juge que la Banque centrale européenne sera particulièrement touchée, de par son exposition à la dette grecque et les actions qu’elle devrait prendre pour éviter une contagion de la crise aux autres maillons faibles européens.

    Selon l’IFF, un défaut de paiement de la Grèce menacerait directement de déstabiliser le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne, victimes suivantes les plus probables.

    L’organisation bancaire internationale évalue les recapitalisations bancaires nécessaires à environ 160 milliards d’euros. Elle estime aussi, selon Athens News, que l’économie européenne paierait une faillite grecque par un ralentissement, réduisant les revenus fiscaux.

    Ce rapport a été remis, d’après l’hebdomadaire, le 18 février aux dirigeants européens, avant qu’ils ne décident, jeudi soir, de finalement lancer le 9 mars un plan de renflouement et de désendettement du pays élaboré en octobre, si entre-temps les créanciers privés d’Athènes acceptent d’effacer un peu plus de 100 milliards de créances.

    Au vu de ces traumas financiers, il est difficile de concevoir que la Grèce pourrait rester un membre fonctionnel de la zone euro en cas de défaut désordonné, note le rapport cité par le journal.

    L’IFF juge également que les retombées sociales et politiques d’un défaut compromettraient l’effort de réforme mené par la Grèce à la demande de ses créanciers.

    http://www.romandie.com/news/n/_L_IIF_chiffre_une_faillite_de_la_Gr_lus_de_1000_milliards_d_euros__RP_020320121046-27.asp

  15. pascale

    Arrêter de taper dans le crédit,particuliers, entreprises, peut être un début de system D et favoriser ainsi une sortie de l’euro?

  16. BA

    Dimanche 4 mars 2012 :

    Un troisième plan d’aide à la Grèce peut-être nécessaire en 2015 : il serait de 50 milliards d’euros.

    La Grèce pourrait avoir besoin d’un troisième plan d’aide international de 50 milliards d’euros en 2015, affirme l’hebdomadaire allemand Der Spiegel paru dimanche.

    La Troïka, représentant les créanciers de la Grèce (UE, BCE et FMI), aurait écrit dans une version préliminaire de son dernier rapport qu’il n’est pas du tout certain que la Grèce puisse revenir sur les marchés de crédits en 2015.

    Ses besoins en financements externes sur la période 2015-2020 pourraient alors atteindre jusqu’à 50 milliards d’euros.

    Mais Der Spiegel précise également que ce passage a été retiré à la demande du gouvernement allemand.

    Dans la mythologie grecque, les Danaïdes (en grec ancien Δαναΐδες / Danaídes) sont les cinquante filles du roi Danaos.

    Elles accompagnent leur père à Argos quand il fuit ses neveux, les cinquante fils de son frère Égyptos. Après qu’ils ont proposé une réconciliation, elles épousent leurs cousins et les mettent à mort le soir même des noces sous l’ordre de leur père. Les Danaïdes sont condamnées, aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau sans fond.

    Dans la tradition tardive, arrivées aux Enfers, les Danaïdes sont jugées et précipitées dans le Tartare, condamnées à remplir éternellement des jarres percées. Ce châtiment est resté célèbre par l’expression du « tonneau des Danaïdes », qui désigne une tâche absurde, sans fin ou impossible.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3e/Danaides_Waterhouse_1903.jpg

  17. BA

    A propos de l’Irlande :

    L’Irlande pourrait avoir besoin d’un second plan de sauvetage.

    Ireland is likely to need a second bailout when its current aid program ends, rating agency Moody’s warned today.

    In its weekly credit outlook report, Moody’s also warned a No vote in the upcoming fiscal treaty referendum would bar Ireland from receiving further funds under the European Stability Mechanism (ESM).

    The agency predicted the Government would have to rely on the ESM for additional funding after the existing bailout program expires in 2014.

    http://www.irishtimes.com/newspaper/breaking/2012/0305/breaking27.html

    A propos du Portugal :

    Le Portugal pourrait être contraint à demander une aide supplémentaire à ses créanciers.

    « Il y a un risque que l’ajustement budgétaire conduise à une contraction plus grande » que prévu a indiqué au quotidien Jornal de Negocios, l’Ethiopien Abebe Selassié, représentant le FMI au sein de la « Troïka » (UE-FMI-BCE) des créanciers du Portugal.

    En raison des mesures de rigueur – réduction des salaires des fonctionnaires, des retraites et des prestations sociales, hausse généralisée des impôts – l’économie portugaise devrait reculer cette année de – 3,3 % et le chômage atteindre 14,5 % fin 2012.

    Ces mauvaises prévisions ont suscité des craintes selon lesquelles le Portugal pourrait être contraint à demander une aide supplémentaire à ses créanciers voire même une restructuration de sa dette.

    A propos de la Grèce :

    Un troisième plan d’aide à la Grèce peut-être nécessaire en 2015 : il serait de 50 milliards d’euros.

    La Grèce pourrait avoir besoin d’un troisième plan d’aide international de 50 milliards d’euros en 2015, affirme l’hebdomadaire allemand Der Spiegel paru dimanche.

    La Troïka, représentant les créanciers de la Grèce (UE, BCE et FMI), aurait écrit dans une version préliminaire de son dernier rapport qu’il n’est pas du tout certain que la Grèce puisse revenir sur les marchés de crédits en 2015.

    Ses besoins en financements externes sur la période 2015-2020 pourraient alors atteindre jusqu’à 50 milliards d’euros.

    Mais Der Spiegel précise également que ce passage a été retiré à la demande du gouvernement allemand.

  18. BA

    Jeudi 15 avril 2010 :

    Herman Van Rompuy présente son recueil de haïkus. Les haïkus sont de brefs poèmes japonais. L’article et la photo sont ici :

    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-04-15/van-rompuy-presente-son-recueil-de-haikus-764586.php.

    Deux ans plus tard, Herman Van Rompuy nous présente son nouveau recueil de haïkus intitulé : « Je m’enfonce dans l’océan humide de ma Destinée. »

    Le bateau euro
    Est en train de prendre l’eau
    A cause de l’iceberg

    En morceaux tombé
    Le bateau s’est disloqué
    C’est l’affolement

    « Courez ! » crient les sages
    « Les canots de sauvetage
    Femmes et enfants d’abord ! »

    Dans ce Titanic
    Certains prient, d’autres paniquent
    D’autres rient, ou pleurent

    Jose Barroso
    Boit des bouteilles de Porto
    Noyant son chagrin

    Mario Draghi
    Crie : « Fini ! Tout est fini
    Comme Gianfranco ! »

    Catherine Ashton
    Est tombée dans les pommes
    Couchée, la baronne

    Christine Lagarde
    Rigole quand elle me regarde
    On dirait une folle

    Elle dit : « Faut pas s’en faire !
    Les clignotants sont au vert ! »
    Elle ne comprend rien

    Jean-Claude Trichet
    A la retraite s’en est allé
    Seul sur son radeau

    Le navire coule
    Les rats quittent le navire
    Ils ont bien raison

    Moi, je ne bouge pas
    Je récite à haute voix
    Tous mes haïkus

    Moi, je reste à bord
    Je n’ai pas peur de la Mort
    Je vais me noyer

    J’ai de l’eau jusqu’au
    Menton. Mais peu me chaut
    Mon œuvre restera

    J’imagine déjà
    L’épave du Titanic sera
    Un restaurant

    Les requins viendront
    En morceaux ils tailleront
    Mon cadavre bleu

    Les petits poissons
    Mon cadavre finiront
    Mais pas mes lunettes

    Les derniers lambeaux
    Du Titanic « ZONE EURO »
    Seront mes lunettes

    Mes lunettes seront
    Seules, reposant tout au fond
    De la mer mouillée

    (Herman Van Rompuy, « Je m’enfonce dans l’océan humide de ma Destinée », Poésie Gallimard, décembre 2012, dix-neuf francs cinquante)

  19. BA

    Bon, maintenant, la question est :

    Quand aura lieu le troisième plan de sauvetage de la Grèce ?

    Dans deux ans ?

    Ou alors dans trois ans ?

    Quand les contribuables de la zone euro devront-ils une troisième fois jeter des dizaines de milliards d’euros dans le tonneau des Danaïdes ?

    Un nouveau plan pour la Grèce probable d’ici deux à trois ans.

    Après l’effacement de dette historique avec ses créanciers privés, Athènes risque d’être obligée de demander aux créanciers publics d’alléger son fardeau.

    La diffusion d’un document confidentiel du FMI montre l’étendue du problème : pour que la trajectoire de dette grecque revienne à un niveau soutenable, fixé à 120 % du PIB d’ici 2020, il aurait fallu qu’au moins 95 % des investisseurs participent à l’opération d’échange bouclée jeudi 8 mars. Dès lors, pour un certain nombre de spécialistes, la restructuration historique qui est en cours n’empêchera pas un nouvel effort des créanciers dans quelques années.

    « Les estimations de croissance retenues pour la Grèce à moyen terme sont trop optimistes », souligne Jacques Cailloux, chez RBS. Il rappelle que la Troïka, dans son premier rapport, avait par exemple anticipé une contraction de l’activité de 2,6 % en 2011, alors que la réalité risque d’être plus proche de 6 %. « Pour l’avenir, nous prévoyons une croissance de 2,5 % à partir de 2015, alors que la Troïka table sur 4 %. »

    Autre hypothèse irréaliste selon l’économiste de RBS : la balance primaire (balance budgétaire hors intérêts de la dette). « Le scénario d’un excédent primaire moyen de 4,5 % sur la période 2014-2020 ne tient pas. » Dès lors, pour Jacques Cailloux, sans un nouveau plan d’aide, le niveau d’endettement par rapport au PIB risque d’atteindre 160 % en 2020.

    Un risque encore plus important attend Athènes : le risque politique. La colère du peuple grec pourrait se traduire prochainement dans les urnes. Les intentions de vote inquiètent déjà la communauté internationale : le Pasok (le parti actuellement au pouvoir) et son rival Nouvelle Démocratie sont en déclin, alors que les partis des extrêmes font une percée. Les objectifs de rigueur assignés à Athènes pourraient dès lors être sérieusement menacés.

    « Le nouveau plan d’aide de 130 milliards d’euros est censé couvrir complètement les besoins de financement d’Athènes jusqu’à la fin 2014 », rappelle Ioannis Sokos, chez BNP Paribas. « Cela signifie qu’en 2015, la Grèce devra soit bénéficier d’un nouveau programme de soutien, soit emprunter sur les marchés, soit faire défaut et opérer une nouvelle restructuration de sa dette . » Or, à ce jour, aucun analyste ne croit que le pays pourra faire appel aux marchés financiers dès 2015…

    Les autres scénarios mettent les créanciers officiels de la Grèce en première ligne. « La dette grecque va passer des mains du privé au public, à savoir le FMI, l’Union européenne, le Fonds de stabilité européen (FESF), et la Banque centrale européenne », explique Ioannis Sokos. Selon lui, en 2015, le FESF aura une créance de 167 milliards d’euros sur Athènes, celle de l’UE et du FMI atteindra 64 milliards. En face, les obligations grecques détenus par les investisseurs, ne représenteront que 62 milliards, soit 18 % de la dette.

    Selon OpenEurope, un cercle de réflexion britannique, la dette entre les mains des prêteurs officiels va passer de 36 % en ce début d’année à 85 % d’ici 2015 %. Une vraie menace pour les contribuables de la zone euro.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201940494675-un-nouveau-plan-pour-la-grece-probable-d-ici-deux-a-trois-ans-300159.php

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