Notre système de santé que l’Allemagne a bien raison de ne pas copier

L’institut Thomas More vient de faire paraître une intéressante étude comparant les dépenses publiques de santé en Allemagne et en France. Les résultats de la comparaison ne sont pas très flatteurs pour la France. Mais ce qu’il y a de plus intéressant, c’est que les chiffres obtenus sont difficilement critiquables…

Tout d’abord, ils sont difficilement critiquables parce qu’issus des mêmes modes de calculs et des mêmes institutions pour les deux pays (Eurostat, OCDE et OMS). Ensuite, la plupart de ces chiffres sont connus et de notoriété publique, ce qui leur enlève tout caractère stupéfiants en eux-mêmes : c’est leur mise en rapport les uns avec les autres dans une présentation claire, en comparaison directe, qui apporte ici une information pertinente et nouvelle.

Que disent ces chiffres ? D’une part, que pour un pays qui compte plus de 20% d’habitants en plus, les dépenses administratives dans le domaine de la santé sont 700 millions moins élevées. Autrement dit, avec une population nettement supérieure (82 millions au lieu de 64), nettement plus vieille et donc a priori plus demandeuse de soin, l’Allemagne dépense plusieurs centaines de millions d’euros de moins que la France. Ainsi, la dépense de médicaments et consommables par habitant est de 506€ en Allemagne là où, en France, elle s’établit à 583€. Les dépenses publiques correspondantes atteignent 405€ par habitant en France pour seulement 387 en Allemagne. On remarque les mêmes disparités inquiétantes pour la France au niveau des dépenses hospitalières.

Pour plus de facilité, j’ai fait un petit résumé dans le joli tableau suivant :

Santé : comparaison France - Allemagne (chiffres 2009)

L’étude proposée par l’Institut n’est pas très longue, et je vous encourage donc vivement à en prendre connaissance directement. Chaque chapitre y est riche d’enseignement et lorsque vous lirez, vous aussi, le tableau de la page 6, vous ne pourrez vous empêcher un mouvement de surprise lorsque vous constaterez que l’Allemagne a un solde de son assurance maladie positif (à 1.4 milliards d’euros) contrairement au solde français, largement négatif avec son déficit de 10.6 milliards.

Une autre ligne est riche d’enseignement : si, en Allemagne, plus de 10% des assurés ont choisi une assurance privée remplaçant l’assurance maladie, il en va de même en France pour … 0% des citoyens captifs de la Sécurité Sociale. On ne sera pas étonné : le contribuable / assuré / citoyen / gogo français n’a en effet aucun choix.

Enfin, si l’on ajoute qu’en plus de cette santé financière insolente des Teutons permet aux médecins généralistes d’encaisser en moyenne un salaire de plus de 74.000 euros annuel contre un peu moins de 47.000 pour le même généraliste en France, on en arrive à la conclusion que la France empile des dettes pour payer ses médecins avec un lance-pierre et fournir un service médiocre et coûteux dont on explique alors très bien pourquoi le Monde Entier ni ne l’envie ni ne le copie.

Les conclusions sont, évidemment, parfaitement scandaleuses pour toute l’intelligentsia syndicalo-socialiste droguée à la dépense publique : si la France ramenait sa dépense publique de santé par habitant au niveau allemand, elle ferait une économie de 7.2 milliards d’euros tous les ans. Elle pourrait en outre économiser plus de 26 milliards sur les dépenses hospitalières, 4 milliards sur ses coûts administratifs, 1.1 milliards sur ses médicaments, et 14.3 milliards si elle alignait ses remboursements sur ceux pratiqués outre-Rhin.

Autrement dit, bon an mal an, elle pourrait s’éviter des montagnes de dettes et de dépenses inutiles ce qui, en période de crise et de disette, semble une idée à la fois innovante pour les clowns à roulettes qui nous gouvernent et diablement nécessaire pour tous les gens de bon sens qui doivent, au final, remplir la facture.

Mais rassurez-vous : cette étude ne concluant pas à la nécessité d’augmenter la dépense publique, cette étude montrant même qu’on peut la diminuer dans des proportions énormes sans amoindrir le service (les Allemands, en effet, ne meurent pas sur le bord des routes dans d’atroces douleurs souffreteuses), elle ne sera ni lue ni reproduite dans les médias franchouilles.

Et en ces temps de campagne électorale, gagez qu’aucun des candidats ne s’emparera de cette étude pour dessiner une nouvelle voie, rocambolesque d’audace : arrêter de gaspiller l’argent des contribuables.

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Commentaires66

    1. gnarf

      Au fait, on a dans ce tableau pour 1M d’habitants le nombre d’etablissements, et le nombre moyen de lits par etablissement deux chiffres difficiles a comparer puisque la France a visiblement plus d’etablissements mais plus petits.

      En multipliant ca donne le nombre de lits pour 1M d’habitants…et la on peut comparer.
      France: 6575 lits pour 1M d’habs.
      Allemagne: 8204

      Donc l’Allemagne a 25% de lits par habitants en plus que la France, tout en ayant 40% d’etablissements en moins, ce qui donne des economies d’echelle substantielles.

      1. BobbyBob

        Ben ouais, après, c’est toujours l’épineux problème de savoir si il faut fermer les petits hôpitaux de proximité ou pas. Est-ce que faire plus de 150km pour arriver à l’hôpital le plis proche est acceptable ou pas? Et en France, beaucoup de petits hôpitaux locaux sont en fait plus des maisons de retraites médicalisées que des hôpitaux (on n’y pratique aucun acte chirurgical par exemple). Est-ce aussi le cas en Allemagne?

        1. jmdesp

          En tout cas, c’est sur qu’en Allemagne on ne fait jamais 150 km pour arriver à l’hôpital : Contrairement à la France très centralisée, l’utilisation du territoire est très équilibré en Allemagne, pas de métropole qui concentre toutes les ressources, au contraire presque une douzaine de villes majeures plutôt proches les unes des autres en taille.
          Et avec à la fois une densité de population plus élevée, et une meilleur répartition de cette densité, aucun territoire comparable à la Corrèze, la Lozère, le Cantal, qui sont des défis pour l’offre de soin.

        2. Lib

          Un mec de l’institut Thomas More était invité chez BFM hier. Il traitait cette objection en citant une enquête. En France, 0% des gens pense qu’on doit parcourir une trop longue distance pour rejoindre un hôpital. En Allemagne, c’est 0,3%.

          La question se résume donc à combien est-on prêts à payer pour satisfaire ce 0,3%. La réponse semble être au moins 26 milliards.

        3. Calvin

          Je rappelle que les petits hôpitaux de proximité sont défendus à corps et à cris par les notables du coin, qui, eux, envoient leur propre famille se faire soigner à 150-200km.
          « Ce qui est bon pour mes administrés (des unités de soins inexpérimentées pour bien des pathologies) n’est pas forcément bon pour moi et mes proches ».

  1. BobbyBob

    Contre exemple à l’attaque en règle de H16 : l’Alsace-Lorraine. Ils ont le même système de sécurité sociale (à quelques très légères variations près) qu’en France. Et eux sont à l’équilibre ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_local_en_Alsace_et_en_Moselle#Le_r.C3.A9gime_local_de_s.C3.A9curit.C3.A9_sociale ). On voit donc bien que le problème n’est pas dans le modèle mis en place, mais dans son application. C’est un des effets de la centralisation excessive voulue par nos jacobins. Rendre chaque région responsable de son budget rendrait tout le monde beaucoup plus rigoureux. Mais ça serait décentraliser, et ca, houlalalalala, saylemal pour les politiciens parisiens! Imaginez donc, une feuille de soin qui serait traitée sans avoir reçu le tampon parisien! Arghhhhhhhhhhhh… 24 587 fonctionnaires parisiens viennent de mourir d’une attaque cardiaque!

    1. « Ils ont le même système de sécurité sociale (à quelques très légères variations près) »
      Très légères ? Amusant.
      Et les traitements des caisses de sécu sont décentralisés sur tout le territoire (donc non, ce n’est pas la raison).

      1. BobbyBob

        Je l’attendais celle là! 🙂 Les différences ne sont pas majeures dans la mesure où les services proposés sont les mêmes (en un peu amélioré sur le remboursement des médicaments et des consultations de spécialistes) et que ça se fait aussi sur la base de cotisations patronales et salariales. Après, effectivement, les détails techniques sont différents, les seuils sont un peu différent, mais bon, ça reste relativement proche. C’est pas un système à l’Anglaise ou comme aux USA. D’où le « légères variations ». Que je maintiens. Les esprits chafouins pourront toujours me maintenir le contraire si il le souhaitent.

        Ensuite, le traitement des caisses de sécu sont décentralisés? Peut être, mais les bénéfices/pertes sont mutualisées. Donc, c’est pas si décentralisé que ça. Si on fait une grande soupe commune avec tous les comptes à la fin de l’année, j’appelle pas ça décentralisé. Rendre chaque responsable de caisse régionale responsable de son budget devant l’assemblée ou la cour des comptes avec part variable sur son salaire en conséquence, là on aurait un système décentralisé. Si Monsieur X de la caisse de Bretagne devait venir expliquer pourquoi il n’a pas atteint les objectifs au contraire de Mme Y de la caisse de Bourgogne, il se bougerait sans doute plus les fesses Mr X pour atteindre l’objectif l’année suivante et/ou rester en place. Les régions qui gèrent bien leurs comptes pourraient dès lors : baisser les cotisations, ou remonter les remboursements. Ou les deux. Bref, plus la responsabilité sera portée localement, plus cela sera efficace.

    2. jmdesp

      Heu, vu le nombre de variation entre le système de l’Alsace-Lorraine et celui standard sur le reste de la France, il est peut-être plus proche de l’Allemagne que celui du reste de la France.

    3. Pere Collateur

      C’est une légende. Les différences entre le régime général national et celui d’Alsace-Moselle sont minimes.

      Une des raisons de cet équilibre est tout simplement le nombre de cotisants moyen supérieur dans ces régions, car elle sont très industrialisée, très diversifiés et très lié à leurs voisins Suisses, Allemands et Luxembourgeois.

      Bref, il y a encore une économie créatrice de vrai richesses dans ce coin qui permet encore d’innonder suffisament le systeme social pour que la gabergerie ne se voit pas encore.

      Mais comme partout dans ce beau pays, nos amis Alasaciens et Mosellans devraient pas tarder à rentrer dans le rang et nous faire de beaux déficits comme tout bon socialiste francais. Et oui, ce n’est pas un pays de cocagne, et donc là bas aussi, les conséquences des décisions déleteres des zélites feront leur oeuvres…

    4. gnarf

      En fait tout depend de ce qu’on peut s’offrir.
      La France dans son ensemble ne peut pas s’offrir le systeme de sante qu’elle a. Et donc des reformes sont necessaires.
      Visiblement l’Alsace peut s’offrir le systeme dont elle dispose. C’est tres bien.

      Je ne vois pas ou est l’attaque en regle dans cet article. C’est une comparaison tout a fait pertinente. C’est pragmatique.

      Tout est tres simple…un pays peut s’offrir des prestations proportionnelles au niveau de vie de sa population
      (qui augmente chaque annee en general).
      Si comme la France on vit au dessus de ses moyens, on casse l’augmentation du niveau de vie…et a moyen terme, on finit avec des prestations et un niveau de vie moins bons que les autres pays.

      1. BobbyBob

        Je ne suis pas d’accord, c’est un problème de gestion. Sur un modèle quasi équivalent, l’Alsace Lorraine s’en sort. Pourquoi pas le reste de la métropole? La différence, c’est que la gestion se fait en local pour l’Alsace Lorraine, donc qu’ils sont maitre de leurs décisions sur les contrôles, etc,etc… Et puis c’est un cercle vertueux (vicieux en France) : si le service est bon et pas trop cher, tu ne vas pas chercher à en abuser. Ou beaucoup moins. Si le service est médiocre, l’accueil déplorable, les contrôles inexistants… ça pousse à la tentation de frauder. Je serais curieux de trouver les chiffres de fraudes aux cotisations sociales an Alsace-Lorraine et de les comparer au reste du pays. Je ne sais pas si les résultats seront différent, mais si c’est le cas, cela ne m’étonnerais guère.

        1. gnarf

          Oui peut-etre que c’est une question de gestion. Cependant il y a d’autres elements.
          L’Alsace a une densite de population de 224 habs/km2, et un PIB par habitant au dessus de la moyenne Francaise.

          La densite d’hopitaux et le niveau de prestations optimums pour l’Alsace sont superieurs a ce que la France peut s’offrir en moyenne. Et par dessus il y a les problemes de gestion…

          C’est peut-etre ca qui sauve la secu Allemande d’ailleurs…le federalisme. Les petits etats fonctionnent toujours mieux que les gros.

        2. Robert Marchenoir

          Ca m’agace, cette histoire d’Alsace.

          Ca faite des siècles que j’entends dire que la Sécu alsacienne a) est à l’équilibre, b) offre de meilleures prestations que la Sécu française.

          Et ça fait une durée équivalente que j’entends… un silence abyssal sur les causes de cette situation.

          Il me semble que dans un pays normal, l’Alsace devrait en permanence grouiller de journalistes parisiens en train d’enquêter sur le Graal médical local, tandis que les éditorialistes devraient passer leur temps à exhorter les politiciens nationaux à copier les méthodes alsaciennes.

          Les couvertures de magazine sur le « modèle alsacien de la Sécu » devraient tomber avec une régularité aussi ennuyeuse que celles sur « le pouvoir des francs-maçons », « le prix de l’immobilier » et « le régime du docteur Dukon ».

          Et je regrette, mais vous ne donnez pas l’explication de cette situation. Dire que la Sécu alsacienne est mieux gérée, c’est équivalent à dire qu’elle est à l’équilibre et qu’elle en donne plus. Ce n’est pas une explication.

          Les Alsaciens possèderaient donc le gène de la gestion de la Sécu, dont les Français seraient dépourvus ? Non : une organisation qui fonctionne bien, c’est explicable par des faits, des chiffres. Je ne les ai jamais lus dans la presse française. Nulle part.

        3. vengeusemasquée

          Mais vous oubliez que les alsaciens sont aussi très nombreux à ne pas être soumis au droit du travail français. Pas de question de gène là-dedans. Tout de suite, ça change pas mal la donne. En effet, la convention franco-suisse permet aux travailleurs frontaliers (et je n’ai pas dit transfrontaliers) d’être soumis au droit du travail helvétique, bien plus libéral et pro-entreprise, et de bosser généralement pour des boîtes allemandes qui travaillent tranquillement à cheval sur les trois pays.
          Dumping social ? Ils travaillent entre 45 et 50h par semaine et sont mieux payés mais pour l’indemnisation chômage, c’est quéquette. Je doute qu’ils s’en plaignent.

  2. Le Gnome

    Le seul bémol que je mets à cette excellente étude est que la superficie de l’Allemagne est de 357.000 km2 et qu’elle compte peu de zone peu habitée. Il est donc logique qu’elle est moins d’hopitaux, même si la gabegie française est là aussi bien présente. Même avec une rationalisation bien faite et bien pensée, ce nombre sera toujours supérieur à celui de nos cousins germains.

    Sinon, pour le reste, il n’y a rien à redire, c’est édifiant.

    1. Crucol

      Il me semble, mais une étude économique pourrait être faite, qu’un hôpital avec un hélico, i.e. ayant un fort pouvoir couvrant, serait sûrement plus rentable que deux hôpitaux. c’est ce qui se passe en montagne, où l’ambulance n’a pas accès aux pistes. pourquoi pas en Corrèze, ou ailleurs?
      La question de la surface à couvrir est une mauvaise question, c’est plutôt la question de la rapidité d’intervention ou d’accès qui nous intéresse.

      1. Higgins

        Hors zone montagneuse ou difficile d’accès, attribuer un hélicoptère, comme c’est de plus en plus le cas (hors appareil d’état type Sécurité civile ou armées), à un hôpital relève d’un gaspillage éhonté absolument injustifié.

        – Un, la législation impose un appareil biturbine (deux moteurs pour les néophytes) équipé pour le vol aux instruments et le transport de blessés/malades. Je vous laisse imaginer le prix de la bête.

        – Deux, on distingue deux types d’évacuation sanitaire (EVASAN), les primaires (du lieu d’un accident vers un hôpital) et les secondaires (d’hôpital à hôpital). Si les premières restent aléatoires, les secondes, quant à elles, largement planifiables, relèvent très rarement, voire jamais, de l’urgence rouge (on peut facilement transporter le patient par voie routière, c’est nettement moins aléatoire).

        -Trois, quand il fait beau, pas trop de problème mais quand il fait mauvais, ça devient rapidement plus sportif. Deux pilotes à bord ne sont alors pas de trop. Je vous laisse imaginer la même chose de nuit avec la probabilité importante de ne pas accéder à la zone (accidentelle ou non) cause MTO. De plus, certaines régions de France sont dramatiquement sous-équipées en station MTO (merci Météo-France) et sans couverture MTO fiable, pas de vol envisageable.

        – Quatre, sauf à souhaiter qu’il y est des accidents fréquents justifiant une EVASAN, un des aspects les plus onéreux de la mise à disposition d’un hélicoptère reste le maintien en condition et la formation des équipages. Encore plus là qu’ailleurs, on n’a pas le droit d’être mauvais le jour J à l’heure H. Ce maintien en condition a un coût non-négligeable difficilement compressible entre les exigences de l’administration et ce que recommande le simple bon sens. Qui plus est, s’entraîner c’est bien mais s’entraîner à vide s’avère rapidement contre-productif car assez ennuyeux: la rigueur fait vite défaut.

        Actuellement, le système s’en sort car il utilise principalement des anciens pilotes militaires généralement forts d’une copieuse expérience mais on ne attrape les mouches avec du vinaigre, si les salaires sont trop faibles, il devient difficile de recruter les personnes ad-hoc et les budgets alloués sont plutôt compressibles.

        – Cinq, enfin, ces magnifiques machines ont un problème, elles sont fragiles et nécessitent au quotidien un entretien qui ferait pâlir de jalousie un garagiste. Les petites pièces sont très chères et un hélicoptère immobilisé coûte rapidement plus d’argent que lorsqu’il vole.

        Donc, hors zone difficile d’accès, la mise en place d’un tel moyen est largement discutable quand il existe un maillage suffisant de centre hospitalier. Mais dans le bilan d’un conseil général ou régional, ça fait toujours bien de présenter une belle machine pour sauver les vies. L’électeur voit où est passé son argent et sait qu’on se préoccupe de lui en haut lieu. Pas du tout convaincu que ce soit réellement utile (sauf cas particulier) et que l’état mirifique de nos finances le permette encore longtemps.

        1. Higgins

          Une illustration de mon propos: « Mateis retourne à La Rochelle en couveuse et en hélico »
          D’après l’article « Début d’après-midi. La régulation qui gère les missions décide de renvoyer à La Rochelle un bébé prématuré venu à Poitiers pour des problèmes pulmonaires, son état de santé ne nécessitant plus son hospitalisation au CHU. Temps de vol estimé : 35 minutes. »(http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2012/03/11/Ces-urgentistes-qui-volent-au-secours-de-vos-vies)

          La situation sanitaire du bébé est stable et il y a seulement 140 km de belles route et autoroutes soit 1h40 de voyage. Pour info, coût approximatif d’une heure d’EC 135: 2000 euros. Quelqu’un à parler de gaspillage?

  3. infraniouzes

    Il ne peut pas être question de gaspiller l’argent du contribuable puisque, dès qu’il s’agit d’augmenter les dépenses d’un secteur ou d’un autre, les politiques nous parlent d’investissements, surtout dans le jargon socialiste.
    Un politique de gauche ne DëPENSE pas l’argent du contribuable – laissons cet horrible mot à la ménagère en folie de moins de 50 ans – il INVESTIT pour l’avenir.
    J’en était bêtement resté à l’entreprise qui investit pour se développer en suivant un business plan précis. Et bien j’avais tout faux; des Régions, des Municipalités, des Département qui foutent l’argent par les fenêtres. . . en réalité investissent pour le bien de leurs concitoyens.

    1. Pascale

      Ca leur donne l’impression d’être des chefs d’entreprises ce qui est autrement plus difficile que de « débloquer » un milliard par ci, 125 millions par la, des qu ‘une vague un peu plus forte vient perturber le paysage

  4. Nicolas B.

    Une question : les couts de l’assurance santé dans votre tableau sont à l’année? Et les cotisations en Allemagne sont dépendantes du revenus comme en France ou elles sont fixées comme une prime d’assurance habitation?

  5. Pascale

    A la lecture de votre article h16, les syndicalistes vont immédiatement avoir les larmes qui leur montent aux yeux : vous voulez tuer la sécurité sociale, pire le « service » public.
    Le système étant parfaitement verrouille par ceux qui en profitent (et qui « s’indignent » contre les profits) il n’y a aucune chance que l’administration française s’allège ni ne devienne plus efficace un jour.

  6. kelevra

    etude interessante et revelatrice surtout d un systeme de sante bien different.
    en france 103 000 generalistes seulement 53 000 en allemagne, a contrario 85 000 specialistes en france pour 153 000 en allemagne. les francais courent chez le medecin des le moindre bobo, a t on besoin d y aller pour une gastro ou un rhume? non l automedication marche tres bien, ce que font les allemands, par contre en france essayez de prendre une rdv chez un ophtalmo, la c est la croix et la banniere, dans certains departements francais, il faut 1 an .

    l etude ne parle pas du temps de travail dans les hopitaux et du nombre de jours travailles. en france en plus d etre aux 35 heures, le nombre de jour d absence non justifies est de 40, en plus des conges bien sur.

    il suffit de se rendre a l hopital en france pour facilement se rendre compte que ce qui coute le plus cher c est la glande generalisee. meme aux urgences pas si debordes que ca, le docteur Pelloux president du syndicat des urgentistes soutien de hollande dit lui meme que 95% des patients aux urgences n ont rien a y faire.

    1. jmdesp

      Depuis que j’ai perdu un jour de congé pour une gastro auto-médicamentée, c’est clair, même dans une état lamentable incapable de me lever, je me shoote ce qu’il faut et je vais récupérer le précieux sésame chez le médecin ! Quitte à contaminer toutes la salle d’attente aussi.

      1. Deres

        Surtout que si vous n’êtes pas équipé avec les bons médicaments, une gastro plus une heure d’attente chez le médecin, c’est la catastrophe assurée (vomissements/diarrhées). En plus, souvent, pour trouver un médecin qui puisse vous recevoir le jour même, vous devez passez une heure au téléphone au lieu de tenir le lit alors que vous êtes malade comme un chien …

    2. Deres

      Le problème des médecins généralistes, c’est qu’il font de la médecine comme il y a 50 ans, avec juste de la palpation et leurs stéthoscopes. La médecine moderne se base sur des moyens d’analyse plus perfectionné (radiologie, échographie, scanner, IRM, analyse sanguine, analyse bactériologique, endoscopie, biopsie, …). Donc dès que l’on sort de la bobologie, les généralistes n’ont aucun équipement adapté. Ils peuvent juste orienter les gens vers les urgences ou vers des officines d’analyse ou de radios, etc. On perd alors du temps alors à reprendre rendez-vous pour faire son analyse puis retour chez le médecin. Si c’est vraiment urgent, c’est des coup à en crever …

      1. BobbyBob

        Je suis d’un avis totalement opposé au votre. La nouvelle génération de médecins néglige trop l’examen direct du patient et se repose trop sur les technologies pour trouver l’origine du mal. Ce n’est pas parce qu’un patient vient pour un mal de gorge qu’il ne peut pas être utile d’utiliser le stéthoscope et les palpations! Cela peut permettre de déceler d’autres symptômes, qui n’ont souvent rien à voir. Et plus une maladie est détectée tôt, mieux c’est, et moins ca coute cher à la sécu! La médecine et la science évoluent, certes, mais il reste des fondamentaux qui n’ont, pour l’instant, pas trouvé de méthodes de substitution.

  7. bbph

    C’est amusant, j’aurais jamais pensé que le système allemand se portait aussi bien. C’est aussi un document à faire lire aux allemands, qui sont très critiques de leur système de santé, et aussi de ce qu’ils appellent la médecine à deux vitesses (les patients du privé seraient mieux pris en charge que les patients du publique). C’est peut-être qu’une impression, mais ici aussi on va chez le médecin pour des broutilles, parce qu’après tout, on paye pour. Les assurés dans le publique pensent toujours que les gens dans le privé sont des salauds de riches, mais quand je leur annonce la couleur de ce que le salaud de riche que je suis paye par mois pour lui et ses trois enfants, ils commencent à relativiser. Et je ne parle pas des factures détaillées qu’envoient les médecins, qui révèlent par exemple qu’un simple coup de fil peut couter 15 euros, etc, etc. Faudrait que le publique s’aligne sur le privé, ça en responsabiliserait davantage. Remarque, vu la gueule de la démographie, on y passera forcément, mais en attendant, c’est moi le couillon qui banque, alors que je pourrais diviser presque par trois ma couverture santé pour la même qualité de soins, en me retrouvant dans le système publique. Curieusement, la seule option pour ça, serait de repasser par la case chômage.

    1. Que les Allemands ne soient pas satisfaits de leur système, je n’ai pas de mal à l’imaginer. Mais qu’il soit aussi ou plus pourri que le français, là, j’en doute franchement, ce qui accrédite donc l’étude 🙂

      1. bbph

        En fait, c’était moi l’ignare, puisqu’en m’informant un minimum, j’aurais du savoir que les caisses était de nouveau dans le vert depuis 2010, apparemment grâce à la réforme du secteur.

        Les gens râlent, parce que ça augmente constamment, mais les réformes sont tout de même possibles. C’est la grosse différence avec la fRance. Le socialisme allemand est un peu moins détaché des réalités économiques.

        J’ai oublié dans mon commentaire précédent de préciser que les patients du publique ne payent pas le médecin, et n’ont aucune idée du cout des prestations (les caisses payent directement). C’est pourquoi il a été instauré un payement trimestriel de 10 euros, pour éviter que les gens aillent consulter pour un rien. Le bilan de cette mesure est parait-il négatif, car des gens vraiment malades retarderaient leur visite pour profiter du trimestre entier.

  8. Sanksion

    Tout ces systèmes fonctionnent à coups de crédit. On achète nos soins à crédit, comme on achète nos maisons à crédit, comme on achète nos stocks Nasdaq à crédit. Et c’est pour ça, que tout marché qui tourne aux crédits, est voué à voir les prix grimper plus haut que le ciel.

    Avant que le crédit n’explose, avec le cataclysme qui va avec.

    Comparons un ponzi à un autre, trouvez le meilleur si vous voulez, mais je préfèrais les fuir.

  9. dsg

    Il me semble avoir entendu qu’il existait un règlement européen qui interdit le monopole de notre sécu ?
    Si c’est le cas, il faudrait faire notre possible pour imposer ce règlement à la France. Idem pour l’assurance chômage.

    1. Pod

      ai pas tout comprjs à l’intérêt de ce système ??? : si c’est du black, c’est du cash-no-trace, quel intérêt d’aller recharger une CB avec (à moins de ne pas vouloir se balader avec 100 000 dans chaque poche ?)

      Pouvez m’expliquer ?

      (Et suite à l’article de Capital, bonjour les pauvres commentaires d’opprimés Méluchardisés :/)

  10. Doc Brief

    Pour avoir vécu en Allemagne, je confirme 2 points : les médecins y sont très riches et les assurés à une caisse privée sont prioritaires pour les rendez-vous dans les cabinets, ce qui fait grincer des dents. Et tout le monde sait qu’il revient moins cher d’être assuré privé. Par contre, l’article wikiberal (http://www.wikiberal.org/wiki/Assurance_maladie_en_Allemagne) est faux : tout le monde ne peut pas être assuré privé, il faut avoir un revenu supérieur à un certain seuil. Vous pensez bien que je m’étais renseigné, mais j’étais obligé d’être assuré public. On a le choix de la caisse de cotisation (TK, AOK…) mais leurs prestations sont identiques.

    1. bbph

      Moins cher, vite dit. Pour un homme seul, sur le long terme, surement. En tant que père de famille, ou pire encore, mère de famille, c’est une autre histoire. Dans le privé, on paye pour chacun des enfants, alors que dans le publique, ils sont couvert par la seule cotisation d’un parent.

      1. Doc Brief

        Je vous crois, à l’époque j’étais seul, et je suis un homme jusqu’à preuve du contraire 🙂 Mon propos était plus de tempérer l’article : non, l’Allemagne n’a pas un système de santé libéral où chacun pourrait prendre une assurance privée selon ses besoins. En plus, en France, on peut choisir le niveau de couverture de sa mutuelle, et il y a une vraie concurrence entre elles. En Allemagne, comme assuré public, on paie et on ferme sa gueule. Pour ce qui est des enfants, il ne faut pas oublier que les célibataires sont taxés à mort pour financer le Kindergeld (allocations familiales), dont vous devez bénéficier. Si j’avais été marié à l’époque, j’aurais gagné plusieurs centaines d’euros net par mois en plus, surtout par diminution de l’impôt sur le revenu prélevé à la source. Et comme l’Allemagne n’a pas signé la convention de La Haye sur les mariages internationaux…

  11. Calvin

    J’aime beaucoup la pertinence de l’article quant à ses développements, mais à la base, il s’agit du même système de santé (que la France a directement copié sur celui de l’Allemagne).
    Je pense que la divergence vient d’une différence de mentalité des patients, d’une meilleure gestion comptable côté teuton, et, enfin, de la capacité des syndicats français à scier la branche sur laquelle les travailleurs sont assis.

    1. gnarf

      La secu Francaise fournit simplement 20% de prestations en trop.

      Au hasard, la France est le seul pays qui rembourse les cures thermales. Transport, hebergement…etc.

  12. Mateo

    Pour un exemple de bon rapport service/coût, regardez le système singapourien. Des dépenses de santé minimes (genre 3 ou 4% du PIB), pour des résultats excellents. La jeunesse de la population et la densité de la ville-état ne font pas tout.
    « Bizarrement » ce système est assez libéral, infiniment plus que le système français ou allemand en tout cas. Horreur!
    Si je me souviens bien il est basé sur 3 piliers: un truc pour ceux qui n’ont vraiment pas les moyens de se payer quelque assurance que ce soit, un autre pour les maladies (très) rares et dont le coût des soins est prohibitif, et un dernier pour tout le reste, basé sur un système libre de « plan épargne santé » (plus intéressant et plus efficace que les système assurantiels classiques selon moi).

    1. Mateo

      J’oubliais de préciser que les 2 premiers piliers sont financés par l’État, ie les contribuables, et le dernier est privé.

    2. BobbyBob

      Singapour : 699 km2, 7126 hab./km2.
      Ca aide vachement pour réduire les petits hôpitaux et centraliser les équipements quand même. Mais leur système est surement intéressant, au même titre que celui de l’Allemagne, et d’autres pays je n’en doute pas. Et s’il y a surement des tonnes de bonnes idée à aller prendre chez nos voisins, les spécificités territoriales françaises sont à prendre en compte aussi (zones rurales, grands centres urbains, etc…)

      1. Crucol

        Le principe de la Zone rurale est absurde, à l’heure où sont accessible des moyens de transports et de communication extrêmement fiables et rapides, le mobile et l’hélico, par exemple.

        Après je rappelle à toute fin, que vivre à la campagne est un choix et qu’en conséquence, il est normal de ne pas trouver un ciné/resto/bureau de poste/etc… à 15 min à pied. Après tout c’est bien le but recherché, non, vivre loin de la ville et de tout ces tracas, alors il faut assumer…

        1. Mateo

          +1
          Je ne vois aucune raison pour laquelle ceux qu ont fait le choix d’aller vivre à la campagne devraient faire payer ce choix à autrui. Et ceci est tout autant valable pour le secteur de soins ou des transports que dans n’importe quel autre domaine.

      2. Mateo

        Attention, je ne parlais que de leur système d’assurance santé, pas de leur système de soins à proprement parler, car je ne le connais pas.

      3. Mateo

        De plus, comme je le disais, la forte densité de population ne peut expliquer un rapport coût/efficacité aussi bon à elle seule (nos dépenses de santé sont au bas mot 4 fois plus importantes relativement au PIB).

  13. Pandora

    Les études de l’Institut Thomas Moore sont diffusées : elles
    passent tous les vendredis sur BFM radio vers 7h45. Elles sont podcastables.

      1. Pandora

        Vous dénoncez suffisamment souvent la presse et la télévision subventionnées pour ne rien en attendre…
        C’est pour cette raison que je lis votre blog.

  14. Marco33

    Vous écoutez BFM?

    Ils en ont parlés ce matin.. ou hier matin?…..

    Bon, ils en ont parlés, c’est sûr! Et cerise sur le gâteau, un des intervenants nous explique que le plan Bachelot prévoyant la fermeture d’environ 300 hôpitaux il y a 3 ans, à conduit à la fermeture de …..Zéro de ces établissements, considérés en passant comme présentant un risque, car étant sous le seuil minimal d’actes garantissant une bonne pratique….
    Il est beau notre pays…..
    En passant : BFM est le seul média « potable » que j’écoute! Les autres, juste bon à tirer la chasse….

  15. Agathe

    Je suis étonnée que personne ne parle des prêts de cartes Vital à tous les cousins de passage, et plus encore des cartes CMU, puisque sans franchise et mieux remboursé (dentaire illimité, optique, aucune franchise. Une carte CMU débite donc quatre fois plus. De plus, la sécu couvre certaines négociations (la balade de Cécilia en Lybie etc.) et autres fumisteries humanitaires.

    Et les fabuleux taux d’appendicites dans certaines régions ? Pourtant, l’appendice ne repousse pas.

    Ne cherchez pas plus loin. Aucun pays ne pourrait résister à de tels aveuglement VOLONTAIRE de la part des lieux public et privés. A part ça, les administratifs ne sont peut être pas très… vifs. Mais, il faut bien occuper les xxx quelques part.

    Je refuse que l’on ferme encore des hôpitaux pour couvrir ces FRAUDES TRIVIALES. Il faut surtout revenir sur le tiers payant permanent et bloquer les remboursements d’accouchements trop fréquents (plusieurs par an sur une carte) ou soin dans différents départements sans enquête.

  16. Agathe

    Mateo :
    « Pour un exemple de bon rapport service/coût, regardez le système singapourien. Des dépenses de santé minimes (genre 3 ou 4% du PIB), pour des résultats excellents. La jeunesse de la population et la densité de la ville-état ne font pas tout. » (…)

    Et la répression, beaucoup de répression, sous toutes ses formes, et de l’homogénéité ethnique.

    Dans notre continent passoire, les assurances privées sont tout autant volées, avec la complicité des chirurgiens, et autres responsables, qui savent fermer les yeux font signer des décharges aux faussaires, sous leur autre identité, qu’on n’ose pas dire « véritable ».

    Tous ses fraudes obscène sont faites pour vous faire désirer la libéralisation de ce secteur. Mais sans homogénéité de la population et de ses contrôleurs et auditeurs, aucun système ne sera viable.

    Il est donc trop tard. Mais la prochaine fois, promis, on ne laissera pas détruire notre civilisation sans rien dire.

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