Le film français aussi délocalise

Et pendant que Hollande se tripote pour savoir comment inonder d’argent gratuit les céréaliers victimes de sécheresse, les problèmes de coût du travail, en France, ne sont toujours pas traités.

Et aujourd’hui, c’est donc le monde merveilleux du spectacle qui va prendre. Ici, je ne parle pas de celui des politiciens et des plateaux glamours de télévision sur lesquels ils viennent faire le beau pour récolter les voix de moutontribuables tremblant de plaisir à l’idée de se faire tondre. Non, je parle du 7ème art, du monde du cinéma pour lequel on apprenait tout récemment que plus des deux-tiers des gros tournages français ont été délocalisés depuis le début de l’année.

On pourrait éventuellement mettre cette désaffection des tournages pour le sol français sur le compte d’un besoin de renouvellement des décors, le sol français n’en offrant peut-être pas assez. Mais plus sérieusement, on trouve assez rapidement les raisons de cette délocalisation discrète dont le gouvernement ne semble pas avoir entendu parler (Arnaud Montebourg étant probablement trop occupé à secouer ses frisettes capillaires sur l’un de ces plateaux télé glamours évoqués au précédent paragraphe).

montebourg et sa rose

Les délocalisation favorisent semble-t-il la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne ou l’Espagne, où, comme chacun sait, les professionnels sont surexploités, payés avec un lance-pierre (quand ce n’est pas des coups de fouets) le tout dans une protection sociale digne des heures les plus sombres de notre histoire, et tout ça. Le pire de cette histoire est que d’un côté, le mouvement de délocalisation semble s’accentuer depuis les années précédentes pendant que la production cinématographique elle, augmente aussi. Autrement dit : plus de films sont produits, et ceux qui le sont en France sont de moins en moins nombreux, en absolu et en relatif.

Les conséquences évidentes de ces vilaines délocalisations insidieuses (dont Arnaud Du Dressement Reproductif n’a pas encore parlé) sont importantes puisqu’un film délocalisé, c’est autant d’argent qui ne sera pas dépensé en France. Pendant que d’autres pays européens, jouant manifestement une partition différente de la française, attirent les productions à elle, la France, faisant pleuvoir taxes et ponctions, fait rapidement comprendre qu’il vaut mieux aller voir ailleurs. Eh oui : le cinéma français, c’est d’une part le statut si spécial des intermittents, et d’autre part, une cohorte de niches fiscales qu’il n’est plus politiquement correct de conserver.

Pour le couplet sur les intermittents du spectacles, on pourra relire avec profit quelques éléments dans un précédent billet qui évoquait un récent rapport de la Cour des Comptes. Dans ce dernier, la Cour n’y allait pas par quatre chemins et expliquait par le détail la dérive massive du régime des intermittents. Ce régime, certes très favorables pour ceux qui en bénéficient, alourdit potentiellement la note d’une équipe de tournage là où, dans d’autres pays, le ratio personnes productives / personnes payés est meilleur.

Et très concrètement, le droit du travail français est, ici encore, directement responsable de la fuite à l’étranger des productions cinématographiques : le temps de travail en tournage est ainsi sévèrement limité (8h maximum, là où la Belgique en autorise 10 et les Etats-Unis 12). À ce temps de travail inadapté s’ajoutent les éternelles charges sociales, celles-là même qui ne permettent déjà pas de maintenir le système d’intermittence hors de l’eau et qui restent malgré tout, en comparaison des autres pays, trop élevées.

chouette, des cotisations sociales !

Délicieux problème que celui du cinéma puisque d’un côté, la nécessaire égalité fiscale impose à tous la disparition des niches correspondantes, et que de l’autre, cette évaporation des niches signe peu ou prou la fin des productions sur le sol français tant les misères syndicales, professionnelles et légales s’amoncellent dans le pays. Au delà de ces considérations purement cinématographiques, on se demande exactement combien d’emplois (dans le cinéma ou partout ailleurs) devront être sacrifiés sur l’autel de la redistribution égalitariste de bonheur et d’argent gratuit pour qu’enfin, tous les acteurs de tous les secteurs productifs de la société française se rendent compte que ça ne marche pas : toute cette ponction, tous ces aménagements fiscaux, ce sont, à chaque fois, de nouvelles tubulures chromées et rutilantes sur une immense usine à gaz qu’on appelle « modèle social français » et qui n’a réussi à produire, pour le moment que plus de secteurs sinistrés, plus de chômage frictionnel et chronique (on est à 3 millions de personnes sur le carreau, maintenant), plus de misère, plus de pauvres.

Lorsqu’on lit les explications des acteurs de la production cinématographique, on comprend cependant que la situation peut encore durer un moment : la solution exposée par ces derniers n’est pas une refonte du droit du travail qui, d’ailleurs, irait bien au-delà de leurs seules professions, ni même une remise à plat de tous les systèmes d’aides effroyablement compliqués, paperassiers et bourrés de parasites qui prolifèrent sans frein au pays de cocagne du contribuable rasé de près. Non, décidément : la solution, pour ceux-là, passe par une joyeuse et nouvelle couche d’amendements, de dispositions fiscales particulières.

Chacun, en somme, a bien compris que le problème principal de la France, c’était son droit du travail devenu ingérable, et son système social devenu incontrôlable. Mais personne ne veut imaginer le remettre en cause. Ou si, seulement pour son petit jardin, bien sûr. Et dans une magnifique illustration du corporatisme bien compris, chacun tire alors vers lui le petit bout de couverture crasseuse qu’il lui reste en espérant que les autres ne se découvriront pas trop. Malheureusement, un hiver glacial arrive et avec lui, la couverture va encore diminuer de surface.

Ce n’est que le début : attendez-vous à bien d’autres délocalisations.

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Commentaires83

  1. Pere Collateur

    Le cinéma en France étant l’un des secteurs qui pompe le plus de mes impôts, plus, le secteur qui réussi à faire passer des lois iniques comme HADOPI, vous comprendrez donc que je rencontre quelques problèmes pour écraser une larme de crocodile sur leur sors.

    En un mot, et comme le disait Choron: Qu’ils crèvent!

    1. Greg42

      Euh qui pompe le plus, je pense que vous exagérez.
      Idem pour les lois iniques, amha, il y en a d’autres bien pires. HADOPI à juste été ultra-médiatisée.

  2. Le Gnome

    C’est marrant, ça. Tous les films français sont subventionnés avec des tombereaux de brouzoufs pour aller les tourner à l’étranger. Ce n’est pas le fait qu’ils soient mis en boîte ailleurs qui me dérange, c’est le fait qu’ils soient subventionnés, ce qui nous vaut son pesant de nanards bien lourdingues à connotation misérabiliste et qui incite la profession à se regarder le nombril plutôt que de se préoccuper de faire rêver le spectateur.

    1. Greg42

      Tout les films français ne sont pas tous financés. C’est pour la plupart des aides sur dossier.
      Et le soucis c’est que ce dossier est soumis à un juré spécialisé, d’ou copinage (entre autre) et financement de ce qui est considéré comme des films ‘artistique’ ; c-a-d pour plus de 70% des drames (genre de film le moins rentable).
      C’est con j’arrive pas à retrouver un article que j’avais qui résume bien le truc …

      1. Alecton

        mais oui et la marmotte…allez un coup de gougle sur les subventions dans le cinéma :

        Le CNC propose différents types de soutiens pour les sections scénario et écriture, production, diffusion, exploitation. Renseignez vous également sur les crédits d’impôts auquel votre film peut prétendre.
        ….

        La SCAM attribue des aides aux auteurs, entre autres pour l’écriture audiovisuelle. Ces bourses, baptisées Brouillon d’un rêve( putain ça claque), permettent d’élargir le champ de création des auteurs (membres ou non membres de la Scam), en leur ouvrant d’autres espaces de diffusion.

        La mairie de Paris propose des soutiens aux films courts de moins de 60 minutes, dont le tournage se déroule principalement à Paris….

        La Maison du Film Court : Site d’une grande richesse et entièrement dédié au court métrage, il aide à la création d’un film court. Vous trouverez tous les renseignements sur http://www.maison-du-film-court.org.

        Conseils régionaux : N’hésitez pas à rechercher les conditions d’éligibilité et d’obtention d’Aides aux projets culturels au Conseil régional de votre région. La plupart ont un site qui devrait vous informer sur le sujet, ou au pire, un formulaire de contacts pour leur demander directement.

        ARCADI. Ce site aide les projets de diverses disciplines, dont les créations numériques : films expérimentaux, films et animation hybrides, utilisant des nouvelles technologies de l’image (3D…) ou encore des performances audiovisuelles proposant une nouvelle approche du cinéma expérimental, comme le Vjing (mixage audiovisuel en direct).

        http://tinyurl.com/d4jju4o

        il faut arrêter de planer, tous les films français sont directement ou indirectement subventionnés.

        1. Greg42

          Ce que je dénonce c’est le « sur dossier ». (Brouillon d un reve: attribuées « par des jurys professionnels », CNC: Sur commission pour la plupart des subventions.)
          C’est encore plus pervert comme ça puisque ca permet/favorise le copinage, et une direction artistique qui plaira aux jurys, au risque de déplaire au public ou d’être innovant.
          Le principe est alors d’envoyer un max de dossier régulièrement en attendant des subventions qui ne viendrons pas forcéments.
          C’est non seulement injuste sur le principe (on ne finance qu’une petite partie des dossiers), totalement arbitraire et probablement source de pots de vins.

          Par contre je continue de penser, qu’il existe en France des productions qui ont fait avec les moyens du bords, en croyant à leur projet, sans avoir réussi à accéder à des aides.
          Et j’ai lu un article qui le confirmait il y a qqe temps (après j’ai perdu la source et je ne connais pas non plus les sources de cette personne, donc ça vaut ce que ça vaut).
          Pour ma part, je bosse dans milieu du jeu video, qui est aussi très subventionné, et pourtant il y a un bon nombre de productions qui sortent et qui sont « non-subventionnées » (Et pour le coup, ça j’en suis sur!).

        2. simple citoyen

          Hahahahaha!!! La SCAM! Vous êtes sérieux? Excellent! Vous savez ce que ce mot veut dire en anglais? C’est une entourloupe, une arnaque, une combine, une escroquerie, un plan foireux. Bref… ils ont quand même un sacré sens de l’humour! ;-)

  3. Aristarque

    Il y a près de 20 ans, quand Spielberg a tourné « Il faut sauver le soldat Ryan », il avait naturellement eu l’idée de tourner les scènes du débarquement et autres sur les lieux mêmes historiques…

    Mais entre les exigences financières démesurées de L’Etat pour l’utilisation des sites et les autres contraintes françaises, il avait finalement été tourner ce film en Irlande…

    L’économie locale a donc loupé la manne d’un tournage de film qui nécessite obligatoirement une intendance locale pour se déployer.

    Le pire est que l’article d’Allociné (halluciné ?) indique qu’il s’agit majoritairement de productions françaises à gros budget qui vont donc dans des pays sous développés à la mode belge ou allemande mais moins chers et contraignants…

  4. Scoop

    Quoi, quoi, quoi, les affreux intermittents gauchistes qui délocalisent pour ne pas payer 75% d’impôts ???

    Et ils se mettent à la langue shakespearienne pour refourguer leurs reality-shows ?

    Comme quoi les partisans socialistes sont bien des cons-vaincues…

    C’est fou comme les mentalités bougent en ce moment!

    Imagine the TF1-One from US, bientôt sur vos écrans! Whoa, Loana peu enfin allé se rhabiller…

    1. eheime

      « C’est fou comme les mentalités bougent en ce moment! »

      Ouais bof. Ce qui est particulièrement énervant avec les « gens de gauche », dont fait partie à peu près tout le milieu cinéma, c’est qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes leurs belles théories – on le voit dans ce billet – , et surtout ils ont toujours une bonne raison – contrairement aux autres -, qui leur permet de ne jamais tirer les leçons et évoluer dans leur mentalité.

      Malgré tout les plus responsables sont, à mon sens, ceux qui acceptent de payer sans réagir.

    2. vdf

      Heureusement, l’ammendement Noah arrive. Les artisses seront exonérés de cet impôt qui risque de briser leur créativité, afin de continuer à nous briser les roustons.

      Au nom de la justice sociale, les pôvres abrutis qui tenteront de créer ou de vendre leur entreprise subiront aussi cette exonération, à condition que… et que… si.. et surtout que… et peut-être que…

      Sans compter qu’une nouvelle legislation, l’année suivante, avec effet retroactif, bien sûr, risque de leur piquer ce qu’on leur aura si généreusement laissé.

      Sauf pour les artisses, naturellement.

  5. Aristarque

    Dans le genre de l’Etat français facilitateur de l’économie, je recommande à ceux qui ne l’auraient pas encore lu, l’article grinçant de Georges Kaplan sur Contrepoints « Pourquoi je ne vous embaucherai pas » où on retrouve dans un autre domaine tout le délire de l’Etat providence égalisateur et uniformisateur

  6. Aurélien

    Vision de gauche:
    Un industriel qui touche des subventions puis qui délocalise, c’est un sale néolibérocapitalisse.

    Un producteur de ciné qui touche des subventions puis qui délocalise, c’est un citoyen du monde révélateur de talents.

    Vision de droite:
    Un industriel qui touche des subventions puis qui délocalise, c’est un créateur de richesses martyrisé.

    Un producteur de ciné qui touche des subventions puis qui délocalise, c’est un parasite bobo hypocrite.

    Et chacun dans son coin se dit « Mais ouiii, mais noooon, mais nous, c’est pas pareil… »

    CPEF

    1. Calvin

      Alors, que la vision réelle est :
      « Toute personne ou entreprise qui touche une subvention est ou devient un parasite. »

      Ça marche pour tout, tout le temps.

  7. Josselin

    « Arnaud Montebourg étant probablement trop occupé à secouer ses frisettes capillaires sur l’un de ces plateaux télé glamours évoqués au précédent paragraphe »

    Mais non, les ministres sont enfin partis en vacances, car comme tout citoyen normal, dès qu’on travaille deux mois, on a le droit à 20 jours de repos.

    1. Deres

      Les fonctionnaires touchent leurs congés d’ès l’embauche. Je suppose que c’est pareil pour les ministres et membres de cabinet ministériel. Donc congés après 2 mois de travail.

      1. Calvin

        Honnêtement, je pense que ça tient simplement au calendrier électoral.
        Election en mai, vacances en août.
        Si Hollande avait été plébiscité en avril, les ministres auraient été en congés 3 mois plus tard, etc…

        Tout ça, c’est la faute à Pompidou.

        1. vengeusemasquée

          Je suis contrainte d’éclairer vos lanternes en vous répondant… OUI ! On arrive dans la fonction publique avec le crédit vacances de l’année en cours. Et en plus, on a tellement de congés qu’on est en vacances tout le temps. Ou on ne les prend pas, quand on est un peu pro. Vive la fonction publique. Ca vous donne envie de vomir ? C’est normal.

        2. Guillaume

          Et l’on est perché à un bon observatoire, pour voir les autres se muer dans la précarité et la peur de perdre leur boulot passé 50 ans :)

        3. vengeusemasquée

          Effectivement, dans la fonction publique, on se vautre dans les privilèges en attendant la retraite, aidé par les congés payés (de nombreuses personnes comptent qui les jours, qui les années les séparant de leur « droit » au repos, j’ai bien envie de dire éternel mais bon) et en agitant le drapeau de la grande souffrance professionnelle et des risques psycho-sociaux quand on leur demande de bosser plus de 20h dans la semaine. Je sais, je le vois tous les jours.

  8. Aristarque

    Et qu’apprenons-nous dans l’article de la Ficam ?
    Que les vilains Belges ont une tax shelter qui optimise la fiscalité des tournages effectués chez eux et qu’ils ont renforcée au moment où notre vertueux Etat remet en cause les niches fiscales du cinéma…
    Apparemment, Cameron a été entendu outre-Quièvrain…
    Là aussi…

  9. Calvin

    Encore un exemple flagrant de décalage entre un domaine, la production cinématographique, et le code du travail français rigide et lourdingue.
    Je ne me prononcerais pas sur les coûts, mais sur la seule durée de travail.
    Evidemment que les contraintes françaises sont à mille lieux du besoin.
    Une journée de tournage peut durer en moyenne facilement 12 heures, le temps de préparer décors et acteurs, raccords et costumes, etc… Ce qui ne signifie pas que tout le monde travaille ses 12 heures. La plupart du temps, ce sont des groupes de gens (qui acteurs, qui décorateurs, qui techniciens, etc…) qui ont des tâches précises et se succèdent.
    Pire encore, si le tournage dure plus longtemps, le lendemain, il faudra pas commencer trop tôt, même si le tournage a lieu en extérieur, au risque de reporter au lendemain, voire au surlendemain s’il pleut, etc…

    Ben non, en France, ce n’est pas au droit de s’adapter à la réalité, mais l’inverse. Non mais ! C’est cela, sans nul doute, l’Excellence Française !!
    Et, en général, (et on en a la preuve ici) la Réalité, elle, elle rigole de ces minables cloportes qui érigent le code du travail français.

  10. Pascale

    Pour les fameuses niches fiscales dont on entend parler en permanence, elles sont un moyen d’alléger la charge fiscale du contribuable. Mais ça serait tellement plus simple d’alléger cette charge et de supprimer les niches fiscales, que les bureaucrates français n’y ont jamais pensé. Ils doivent penser que tout ne peut fonctionner qu’à travers de multiples usines à gaz complètement déconnectées les unes des autres.

    1. eheime

      Quand on voit le succes du bonus malus « ecologique », que la gauche non seulement n’abroge pas mais étend, les niches fiscales c’est pas fini …

    2. Aristarque

      C’est toujours le problème du social clientélisme qui consiste à piquer de l’argent à 49% de la population pour pouvoir faire « des cadeaux » aux 51% restants, en résumé pour qu’ils votent bien.
      Donc, on préfère monter des usines à gaz qui pompent des myriades de ruisseaux et rus de pognon pour ensuite faire des subventions, des dotations avec vacarme et bruits de trompe afin de laisser croire aux gogos que la vie en France n’est qu’une cocagne immense et permanente.

      Et puis ces usines à gaz ont l’avantage de « créer de l’emploi »… de fonctionnaires….

  11. vengeusemasquée

    Puis le plus drôle dans l’affaire, c’est que ces wagons de subventions et autres régimes d’ultra-privilégiés sont d’une efficacité impressionnante. Nous avons une production cinématrographique de qualité, que le monde entier nouzenvie, n’est-ce pas ? Quel est le dernier film franchouille que vous avez vu et apprécié au ciné ?

    1. Pere Collateur

      Tiens, c’est une bonne question ca.
      Votre dernier film Francais que vous avez trouvé bien.

      Pour moi, Doberman… Ca date un peu.
      Les francais faisaient de bonnes commédies, avec les bourvils, De funes, Fernandel, Gabin etc… Les tontons flingueurs… que du bonheur.
      Par contre depuis, même si entre temps il y a eu quelques trucs bien fun des Inconnus, de Coluche et des Nuls, je trouve que le cinéma francais c’est spécialisé dans les comiques qui font par rire.

      Un exemple criant, c’est les chtis. Ca a fait un tabac, mais ca m’a laissé de glace. En tout ca, j’ai trouvé que ca ne valait même pas un Aldo Macioné. C’est dire…

      1. Pascale

        Même les Inconnus, pourtant pas si vieux que ça, ne pourraient plus sortir leurs sketchs en France : trop soi-disant « homophobes » ou « racistes » pour les flics de la pensée française qui sont en train de tuer toute la créativité française.

        Et Desproges, il serait en prison …

        1. eheime

          Pour me les être repassés recemment, je me suis dit la même chose. Mais déjà à l’époque je me souviens que c’était limite (c’est aussi pour ça que ça faisit rire et que ça fait rire encore plus aujourd’hui). Sans Legitimus, ça ne serait peut-être pas passé aussi facilement. Rappelons nous que c’était quand même le service public qui finançait (ça passait sur la 2 si je me souviens bien :))

      2. eheime

        @ Pere Collateur
        N’oubliez pas certains films plus récents : les bronzés, le père noel, les visiteurs, ou meme ah si j’étaits riche, … , qui m’ont fait rire comme jamais un film américain ou même anglais ne le fera.
        Mais c’est vrai que très récemment (depuis on va dire 10 années) y a rien eu de vraiment drole. Les Ch’tis étaient d’un ennui à mourir (mais je crois pas que ça se voulais comique).
        Si je devais répondre à VengeuseM., je dirais Les Intouchables qui, même si très politiquement correct, était bien joué et bien travaillé.

    2. Pascale

      Aucun. Trop guimauves, c’est à dire sous tendu par la bien pensance donc subventionnés, même si c’est très discret.

      Par contre, je me repasse les Tontons flingueurs, un Taxi pour Tobrouk, et tous les Michel Audiard, les Granier Deferre, Jean-Pierre Melville etc. Tous les réalisateurs français qui savaient créer des chef d’oeuvres…

    3. Calvin

      @vengeusemasquée
      Je ne vais pas être dans le coup, car je suis allé voir et j’ai apprécié un « bonheur n’arrive jamais seul », mais bon, parce qu’il y avait Sophie Marceau et que le sujet était très proche de ma vie personnelle, donc, ceci explique cela.

      Et sinon… bah, la France fait désormais des films sympathiques, mais plus du tout de chef d’oeuvre.

      1. vengeusemasquée

        @Calvin : Bien sûr qu’il y a des choses regardables. J’avais quand même beaucoup aimé The Artist. Inutile de bouder son plaisir pour autant. Mais parmi les films qui m’auront le plus marquée ces dernières années, pas un seul n’est hexagonal, et je suis loin de dédaigner le cinéma d’auteur, même si je revendique mon amour pour l’entertainment sans prétention.

    4. Emma

      Vos commentaires sont vivifiants et très édifiants quand ils concernent l’administration française. C’est vous Zoé Shepard ? Continuez !

    1. andré

      plus, qu’à attendre le « printemps français »;
      sont tellemnt doués qu’une fois la victoire acquise, ce seront les frères musulmans qui seront au pouvoir…

      1. Calvin

        J’adhère pas du tout à la conclusion, mais ça m’a bien fait rire !
        C’est un peu limite comme blague, mais puisqu’on est dans le politiquement incorrect… !!

  12. Alpharuper

    A propos de céréaliers, les « povres » producteurs français vont cette année à la fois toucher de l’argent gratuit (les aides directes dites DPU de la Politique Agricole Commune), bénéficier de rendements, qui s’ils ne sont pas records, sont en tout cas très bons, et profiter des prix qui crèvent le plafond because sécheresse aux USA, en Russie, Ukraine, Europe de l’Est et du Sud… bref, le beurre, la crème, la crèmière, son fond de caisse… et dire qu’il n’ont même pas voté pour le Président Normal…

  13. Xelectro

    Le système des intermittents – qui n’est pas un statut – est une subvention déguisée au cinéma, au spectacle vivant et à la culture en fRance plus généralement.

    Ce sont des métiers, en-dehors du personnel fixe des salles de spectacle et autres, où les techniciens interviennent sur des missions plus ou moins longues.

    Etant technicien, mon revenu net est composé d’une part par le salaire que je perçois de mes employeurs et d’autre part, par Pôle Emploi sous forme d’allocations chômages.

    Le problème est que l’Etat est tellement intervenu dans la culture que c’en est devenu un service publique et qu’il n’existe plus de marché.

    Si un technicien veut se mettre à son compte pour exercer son métier, il ne peut pas rivaliser (pour avoir essayer, c’est peine perdue): impossible de travailler en régie pour des scènes nationales, facturer sa prestation comme n’importe quel indépendant est vu comme un acte de trahison, aucune visibilité sur les tarifs…

    Bref, il n’y a plus aucune relation entre la valeur du travail fourni et la rémunération.

    C’est une aumône que ce système de l’intermittence et je ne vois pas comment ça pourrait changer: on évacue le cas particulier des techniciens « indépendants » à coup de subventions déguisées.

    C’est une bonne clientèle pour le gouvernement et les syndicats…

    CPEF comme vous dites. ;)

    1. johnny_rotten

      >Si un technicien veut se mettre à son compte pour exercer >son métier, il ne peut pas rivaliser (pour avoir essayer, >c’est peine perdue): impossible de travailler en régie >pour des scènes nationales, facturer sa prestation comme >n’importe quel indépendant est vu comme un acte de >trahison, aucune visibilité sur les tarifs.

      Tu veux dire que pour le Fesival d’Avignon, par exemple, il n’y a pas d’appels d’offres sur les prestations techniques, auxquels peuvent répondre des indépendants ?

      1. Xelectro

        Le Off, c’est en grande partie au black et mal payé d’après les propositions de travail que j’ai eues.

        Faut s’estimer heureux d’être logé et d’avoir un billet de train pour y aller!

        Les artistes et les compagnies ne rentrent pas dans leurs frais de toutes façons pendant ce festival, ou à de rares exceptions…

      2. Xelectro

        Le Off, c’est au black – quand tu es payé – et faut t’estimer heureux si tu es logé et que ton billet de train t’es remboursé pour y aller!

        Les artistes et compagnies qui participent à ce festival ne rentrent pas dans leur frais ou à peine de toutes façons (selon mes sources)…

      3. GrosBen

        Il y a sans doute des « appels d’offre » (je mets entre guillemets car dans ces milieux le copinage est roi) mais ils sont remportés par des boites qui embauchent des intermittents.
        Ces boites donnent à leurs intermittents un nombre de cachets optimisé pour maximiser la rémunération par les Assedic. En contrepartie les intermittents doivent être disponibles tout le temps pour ces boites et doivent souvent venir donner un coup de main pour la préparation/maintenance du matériel (1 jour/semaine dans celle où j’ai bossé) en dehors de tout cadre légal. Le coût horaire du technicien est alors dérisoire.
        Un indépendant non-subventionné n’a donc aucune place dans ce système.

        1. GrosBen

          J’ai fait un stage dans une boite de sono il y a 7-8 ans et j’ai ensuite bossé pour eux quelques temps.
          J’en garde pas un trop mauvais souvenir malgré les chargements/déchargements de camions, les 60 heures de boulot en 3 jours, les retours en camion aux cotés d’un conducteur épuisé…
          Outre l’état des types qui faisait ça depuis 20 ans, ce qui m’a vraiment fait fuir c’est de devoir dépendre à la fois d’un patron et des assedics.

    2. Calvin

      Le hic, c’est que la création artistique a besoin des intermittents.
      Justement parce qu’on ne peut pas critiquer le code du travail, et dans le même temps imposer une titularisation forcée des artistes et techniciens du métier.
      En revanche, c’est la manière dont s’est fait en France.
      On a l’impression, mais là, c’est moi qui extrapole, que l’Etat dit :
      « bon, ok, on a verrouillé le système du travail pour les salariés classiques, CDI, chômage, smic, toussa, mais vous, les intermittents, bah, euh, on s’est dit que vous travaillerez autrement et seraient indemnisés autrement. Normalement, on verrouille les médias, donc, personne ne dira rien ».

      Au final, je constate qu’on trouve parmi les intermittents une bonne partie de gens amoureux de leur métier, débrouillards et bosseurs, et une autre partie de gens, plus… comment dire… plus profiteurs du système.
      Si on pouvait favoriser les premiers au détriment des seconds…
      Le pire, c’est qu’il doit y avoir un moyen.
      Je vais dire un gros mot, mais a-t-on regardé ce qui se fait ailleurs (Europe, US, …) ?

      1. Xelectro

        C’est ça: la création, en France, a besoin des intermittents parce que l’Etat y a mis son nez en subventionnant à tout va!

        En fait, il n’y a plus de relation entre un spectacle et ce que le public est prêt à payer pour le voir: tout est faussé par l’intervention de l’Etat.

        >Au final, je constate qu’on trouve parmi les intermittents une bonne partie de gens amoureux de leur métier, débrouillards et bosseurs, et une autre partie de gens, plus… comment dire… plus profiteurs du système.
        Si on pouvait favoriser les premiers au détriment des seconds…
        Le pire, c’est qu’il doit y avoir un moyen.

        J’ai fait un autre choix, celui de partir. Je fais encore une saison théâtrale ici et je traverse l’Atlantique d’ici 2013.

        Les techniciens américains que j’ai rencontrés dans le cadre de mon travail sont les seuls à ne pas vouloir entendre parler « d’intermittence »…

      2. Xelectro

        Oui mais faut voir quelle création!

        Si l’Etat n’intervenait pas à coup de subventions et de maintient de l’intermittence (sous pression des syndicats), les spectateurs seraient-ils prêts à payer le prix réel d’un spectacle?

        Je pense que non et ce milieu devrait se restructurer pour être capable de vivre sans la manne providentielle de l’Etat.

        En tant que technicien, mon choix est fait: encore une saison théâtrale en France et je traverse l’Atlantique. Les Américains sont les seuls qui ne veulent pas entendre parler de l' »intermittence » parmi les techniciens que j’ai rencontrés dans le cadre de mon travail…

        Pour le fonctionnement de la Culture aux USA, voir l’excellent livre de Frédéric Martel « De la culture en amérique ». ;)

        1. Calvin

          « les spectateurs seraient-ils prêts à payer le prix réel d’un spectacle? »

          Tout le problème est là…
          Si j’avais moins d’impôts à payer, je sais qu’une partie serait engloutie dans des spectacles de théâtre, où je vais pas assez souvent. D’ailleurs, pour compenser, je suis dans une troupe amateur.
          D’autres choisiront le cinéma, d’autres les spectacles de rue, d’autres l’opéra, etc…

          Aujourd’hui, la subvention permet surtout :
          – à des nantis d’aller profiter de ce qu’ils aiment « à pas cher »,
          – à des gens qui s’en foutent de regarder un « truc » à prix réduit.
          La culture, ça s’inculque dans la famille, ça ne se subventionne pas.

  14. hussardbleu

    regardez « Le rouge est mis » ou « Maigret tend un piège » pour pleurer sur ce que la France est devenue… je suis un nostalgique réactionnaire, c’est entendu… mais qu’un organisme d’aide au cinéma s’appelle « SCAM » n’est que la traduction, avouée et cynique, d’un système vérolé, par un angliciste distingué…. si un Yank découvre ça, il va en être malade de rire….

      1. Calvin

        Rho !
        Mais vous cumulez, tous les deux !!
        Nostalgique, c’est préférer le passé.
        Réactionnaire, c’est être soit contre le progrès, soit contre la révolution (généralement prolétaire).

        Bon, je note vos IP pour les filer à Aurélie Filipetti qui vous expliquera pourquoi la Culture Française, c’est le must.

  15. simple citoyen

    Ce qui m’a toujours choqué, c’est la part importante du temps d’antenne des différents journaux et magazines télévisés et la place dans nos médias écrits (les deux étant largement subventionnés) qui est dédiée à la promotion gratuite de ce secteur de l’économie. A quel titre devrait-il en être ainsi? Pourquoi la promotion systématique de ces acteurs privés, et à nos frais?

  16. H.

    Je revendique, quant à moi, la liberté de ne pas aller au théatre ni au cinéma ET de ne pas payer pour ça.

    Effectivement, il est choquant de devoir payer AUSSI la promotion.

    J’ai d’autres loisirs/centres d’intérêt et je lis et médite.

    1. Le Gnome

      Malheureux, n’écrivez pas ça, lire et méditer, c’est bientôt un crime contre l’Etat. Si vous pensez par vous même, où va t’on ?

    2. vengeusemasquée

      Et moi je ne vais voir que des superproductions américaines qui rapportent un mac. Je me contrefous des merdes françaises. J’ai le droit de ne pas les subventionner ?
      En revanche, ce que je ne comprends pas, c’est comment les anglais font des films subventionnés extraordinaires alors que nous faisons de la merde ? Comment font-ils pour, même dans la subvention, être meilleurs que nous ?
      pffff

      1. vengeusemasquée

        *qui rapportent un max, voulais-je dire. Rien à voir avec un mac, quelle que soit la manière dont on l’interprête.

  17. NOURATIN

    La France c’est comme le mec qui se noie et qui exige un verre d’eau. On était déja dans le pétrin avec nos socialistes de droite, il a fallu qu’on aille chercher les
    vrais, ceux de gauche, les collectivistes.
    Alors on n’a pas fini d’avaler de l’eau et aussi des couleuvres. Mais effectivement, comme dit l’autre, nous
    n’avons encore rien vu.

  18. Alex6

    C’est surtout que le cinema francais produit une quantite de merde abyssale depuis une dizaine d’annee. Quelques bonnes comedies de temps a autres, Klapisch et quelques rares autres sortent aussi des films un peu imaginatifs mais pour le reste c’est le neant complet.
    Le cinema d’auteur est tres mauvais et en comparaison des productions americaines, les scenarios sont generalement d’une grande pauvrete.
    Encore un resultat merveilleux de l’intervention de l’etat dans un domaine ou il n’a strictement rien a foutre.

  19. gnarf

    Si la Belgique est attractive pour le cinema, c’est probablement parce qu’elle a fait un amendement, une deduction fiscale sur mesure pour les pros du cinema.
    Parce que a part ca, le systeme belge est pire que le systeme francais. L’Etat Belge pese encore plus lourd dans le PIB, et est une veritable usine a gaz. Les impots sont pires…la Belgique est encore un pas plus loin dans la decrepitude socialiste.

    1. Tout à fait, mais, et c’est comique, dans certains domaines, ils ont gardé deux sous de bon sens qu’en France, on a définitivement perdu.

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