Ces 10 pratiques à cesser d’urgence pour amoindrir la catastrophe française

L’État français court à la catastrophe, et avec lui, le peuple français tout entier, tant la situation politique, économique et sociale du pays semble inextricable. Si l’on ne peut certainement pas revenir en arrière et s’offrir un nouveau départ, rien n’empêche cependant de regarder objectivement la situation, et d’évaluer les changements nécessaires pour amoindrir la catastrophe. C’est à ce petit exercice que je vous convie maintenant.

Et s’il l’on devait ne garder que les dix changements les plus saillants, ceux qui auraient un effet palpable rapide et indéniable, on obtiendrait probablement la liste suivante. Bien entendu, je laisse à mes lecteurs le soin d’amender cette liste par leurs propres choix, tout en leur rappelant que les changements les plus difficiles sont ceux qui les concernent eux-mêmes avant de toucher les autres.

Ce que l’État devrait suspendre au plus vite

1. Arrêter d’accroître la pression fiscale — Le gain marginal obtenu par l’augmentation des impôts est de plus en plus faible, voire négatif à mesure que la pression fiscale s’accroît (il devient alors plus coûteux de collecter l’impôt que ce qu’il rapporte). Cette pression fait fuir les riches, les entrepreneurs, les individus qui prennent des risques. L’enfer fiscal et l’insécurité juridique d’une imposition toujours changeante tuent des entreprises, des emplois, et indirectement, des chômeurs par le suicide ou la maladie.

my big fat greek debt2. Arrêter de faire de la dette — On n’achète pas le bonheur d’un peuple en le noyant sous les liquidité factices, et on ne gagne pas sa sympathie en obérant le développement des générations à venir. Et comme, conformément au point 1, on doit urgemment arrêter d’augmenter les impôts, cela signifie directement qu’il faut diminuer les dépenses, maintenant. Concrètement, cela veut dire arrêter de renouveler le personnel public, arrêter d’en augmenter les traitements, arrêter d’augmenter la superficie et les missions de l’État. Cela signifie aussi le recentrer sur ses missions régaliennes, couper les dépenses d’apparat, mettre fin aux prébendes et gabegies qui le minent.

3. Arrêter la distribution de bonbons — Il est plus que temps que l’État cesse de se montrer généreux avec l’argent qu’il n’a pas, qu’il arrête de distribuer des largesses (subventions, aides, privilèges, …) à tous les groupes de pression, d’opinion, d’associations diverses et variées qui pèsent sur la moindre décision politique un minimum courageuse.

royal : la crisitude

Ce que les politiciens devraient cesser

4. Arrêter de pourchasser le risque — Les politiciens français ne sont plus que des poules mouillées, des tribuns aux dents limées et aux griffes en caoutchouc, qui se positionnent systématiquement en intermédiaires indispensables entre un peuple qu’ils apeurent et un État qu’ils entendent contrôler afin de lui faire protéger tous ces électeurs effarouchés. En proposant de surprotéger tout le monde aux frais de tout le monde, ils sont parvenus en quelques décennies à créer une société d’enfants irresponsables et geignards.

5. Arrêter de cacher la douloureuse vérité au peuple — Ces politiciens, qui se plaignent du peu de crédit qu’on leur accorde, n’ont pas arrêté pour « protéger » le peuple de lui cacher la vérité d’une France en faillite. Il n’existe plus aucun politicien capable de l’élémentaire courage qui consiste à leur dire que leur avenir dépend avant tout d’eux-mêmes. Il n’existe plus aucun homme providentiel pour réveiller les Français et les ramener à la réalité ; on n’en trouve que pour les réenchanter, c’est-à-dire la dernière des choses dont ils ont besoin : plus tôt les gens arrêteront de fantasmer et de tout attendre de l’État, plus tôt le pays se relèvera, s’il le peut encore.

keep calm, we'll print more

6. Arrêter d’entretenir la jalousie — Les politicards français jouent un jeu dangereux en entretenant systématiquement la jalousie des uns contre les autres, des sans-grades contre les privilégiés, des riches contre les pauvres ou même des Français contre les Allemands, peu importe. « La jalousie est de toutes les maladies de l’esprit celle à qui le plus de choses servent d’aliment et le moins de choses de remède. » (Montaigne) Si, en politique, la jalousie mène au pouvoir ceux qui la créent et l’entretiennent, n’oubliez pas que ce pouvoir-là ne s’embarrasse jamais de compromis et de demi-mesures.

7. Arrêter de ressasser le passé — Il est fini, ce temps d’une gloire française d’un autre siècle, où les avis des politiciens adoubés par un systèmes construits par eux et pour eux étaient les seuls audibles. L’information se passe d’eux, et leur crin-crin sur les gloires du passé ne donnent aucune idée de leurs visions d’avenir. Occuper tant de temps pour le passé, c’est en consacrer d’autant moins pour l’avenir : il est plus que temps que nos politiciens arrêtent de triturer ce passé à coup de lois mémorielles, de tentatives de réparations consternantes ou de subversions de l’Histoire pour leurs seuls objectifs personnels.

Ce que nous tous devrions arrêter

8. Arrêter de vouloir faire porter les efforts sur les autres — Non, ce ne sont pas les autres qui doivent payer d’abord, ce ne sont pas les privilèges des autres qui doivent sauter en premier. Il faudra que chacun d’entre nous accepte un retour à la vraie égalité, celle d’une loi unique et simple, lisible par tous et pour tous. Fini les numerus clausus, fini les droits, les patentes, les exceptions, les passe-droits et autres exemptions. Fini les spécificités, les régimes de faveur, les immunités indéfendables.

9. Arrêter de croire qu’en France, demain sera mieux qu’aujourd’hui — On affronte bien plus facilement les adversités lorsqu’on les a comprises et acceptées que lorsqu’on refuse d’y faire face, ou, pire, qu’on refuse de les comprendre, par peur des remises en cause qu’elles impliquent. La situation économique est si médiocre qu’il faudra que cela aille moins bien avant d’aller mieux. Il ne s’agit pas d’abandonner tout espoir, mais plutôt de retrouver un minimum de lucidité, celle qui permet de se préparer au pire, de prendre ce qui vient et surtout d’espérer le meilleur ensuite.

10. Et surtout, arrêter de voter pour des gens qui mentent, pillent, et n’y comprennent rien à l’économie, à la politique, qui vendent une sécurité frelatée pour grignoter sur les libertés et n’offrent en final ni l’une ni l’autre. Chaque vote qui adoube un repris de justice (et ils sont nombreux, à grenouiller sous les ors de la République !), chaque vote qui pousse un démagogue plus près du pouvoir, chaque vote qui légitime un élu et refuse d’envoyer paître tout un système qui a pourtant cent fois prouvé qu’il ne porte aux nues que les pires escrocs, chaque vote ainsi ajouté ne fait qu’entretenir, allonger et aggraver la faillite en cours.

Bulletin de vote

Ces dix comportements sont, à mon avis, les fort mauvaises habitudes qui ont forgé les attitudes et le caractère de tant d’individus dans le pays, et qui l’ont amené, millimètre de compromission après millimètre d’abandon de principes, toujours plus près du gouffre dans lequel il vacille à présent.

Je l’ai mentionné une fois ou deux dans ces colonnes : ce pays est foutu. Par « ce pays », j’entends en réalité l’État français tel qu’on le connaît aujourd’hui. Le pays lui-même, c’est-à-dire le territoire et ses habitants, survivra sans aucun doute à la crise qui le secoue ; il en a vu d’autres, et des pires, sans doute. Mais si ce qu’on appelle encore la France doit survivre, il lui faudra cesser ces comportements ou la sanction sera sans appel.

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Commentaires257

    1. Riguite

      Comme dans le film d’animation « Chicken run » : « Il ne faut pas paniquer, il ne faut pas paniquer… Ahhhhhh ! »

  1. Alex6

    Sincerement, ne vous embetez pas avec tout ca. Le nerf de la guerre actuellement, c’est le risque de crash obligataire.
    C’est aussi simple que ca: tant que les taux se tiennent tranquilles, le systeme va continuer a perdurer et aucun(e) parti/idee/action politique n’y fera rien.
    Si les taux montent, le pays fera defaut avec en contre-partie la disparition d’une part de l’epargne et une bonne gamelle de l’immobilier.
    Ensuite, ca repartira comme avant avec les comptes soldes et un pays nettement moins riche qu’aujourd’hui.
    Une seule action valable: proteger son capital et limiter son exposition aux dettes de toute sorte. Idealement, partir se ballader dans le monde quelques annees et attendre que ca se tasse. Ca risque d’etre un peu mouvemente pendant ce temps…

    1. Alex6

      Ah oui cote timing? Aucune idee. Les taux peuvent se maintenir comme ca plusieurs annees et monter d’un coup pour quantite de raisons externes au pays.

    2. Olivier Vitri

      Le pépin viendra de l’extérieur. La BoJ joue avec des allumettes à côté du tas de papiers de la FED. Et l’UE chutera intoxiquée par la fumée de ce bel incendie.

  2. hussardbleu

    comme disait Retz, pour réussir une conjuration, il faut « une tête folle, une tête froide et une tête célèbre »… qui s’en ressent ?

    1. La Coupe Est Pleine

      « La tête folle » : ça doit pas être difficile à trouver.
      « froide » : ma foi, ce site en recueille déjà pas mal.
      Mais pour la « célébrité » ….. On peut toujours recruter, chez les « anges de la TV » ?

  3. Mominette

    En fait, il faut d’abord changer le système de rémunération des cadres de la Fonction Publique.
    Après avoir défini un cahier de charge précis et minimaliste, ne plus payer ces satrapes qu’en pourcentage des économies qu’ils réalisent. Là apparaitrait le vrai miracle. Deux exemples entre mille :

    - la présentation des délinquants aux palais de Justice coûté en personnel d’encadrement, paniers à salade, retards et remises « faute de personnel ou de voitures » plusieurs centaines de millions par an. Il suffirait pourtant d’installer deux ou trois boxes dans chaque prison, avec web cam et deux sièges (pour le prévenu et son avocat), et d’équiper des salles d’audiences de deux grands écrans (un pour les magistrats, l’autre pour le public, pour supprimer ces coûts délirants, et rendre la Police à ses vrais devoirs.

    Pour l’Education nationale, supprimer tout sauf quelques contrôleurs veillant à la salubrité des lieux et organisant des examens de contrôle d’acquisitions. Chaque élève recevrait un « chèque éducation » à présenter à l’institution de son choix, laquelle gèrerait ce budget en toute indépendance (choix des profs, des travaux urgents, etc).

    Les bonnes écoles pourraient s’agrandir, les mauvaises fermer, les profs verraient leur salaire augmenter en fonction de la demande, et non de biennales débiles. Et le niveau grimperait dans cette ambiance assainie.

    Toute la différence entre le grand nettoyage dont a besoin le pays, et les petits chatouillis au plumeau extra-light !

    1. Eole

      « …les profs verraient leur salaire augmenter en fonction de la demande,… » Les augmentations de salaire devraienzt plutôt être en fonction des résultats obtenus par les élèves. Tout le monde mettrait un peu plus d’ardeur à la tâche, non?

      1. Raynote

        Meilleurs résultats des élèves = augmentation de la demande = meilleur salaire du prof : c’est ça la loi du marché (libre!)

    2. istreg

      N’importe quoi!!! dans votre absurde système , les plus riches pourront payer plus et les plus devront se contenter des miettes. En plus si les gens étaient capables de gérer un budget avec intelligence ou de comprendre un programme scolaire ça se saurait.
      C’est le manque de soutien et de confiance des parents représente le problème majeur de l’école…

      1. Heureusement que vous nous avez apporté moult liens pour étayer votre blabla. Ah, tiens … Non. En revanche, moi, j’en ai quelques uns qui disent en gros le contraire de vos conneries :
        http://www.contrepoints.org/2012/10/22/101633-de-lecole-du-village-a-la-multinationale
        http://www.cato.org/publications/white-paper/private-education-is-good-poor-study-private-schools-serving-poor-lowincome-countries
        http://educationnext.org/privateschoolsforthepoor/

        Et vous lirez avant de répondre une autre connerie. Merci.

  4. leepose

    ah lala… sacré H16, j’avoue que je passe du bon temps a te lire.
    tu es dans mes favoris sur mon ipad et ca c’est la classe
    si ca continue tu va passer devant Fuskator et Pornhub dans mon classement

  5. Dehainault

    Je n’ai qu’un commentaire, 100% d’accord, je vote pour vous ! A quand la création du parti, je suis prêt ) payer pour y adhérer

  6. sarah

    cher H16, je reviens sur votre n°10, pour qui allons nous voter ?? aujourd’hui nous n’avons pas le choix des personnes qui se passent le relais d’amis en amis qui se cooptent. Pour une pers intéressée à la politique qui souhaite se présenter on approche aujourd’hui l’impossibilité si elle n’est pas cooptée par le parti et les têtes locales du parti et donc sans soutien local du parti on approche l’impossibilité de se faire élire !! (enfin je crois)

    1. Si personne ne va plus voter (ou, disons, un ou deux millions de Franchouilles sur les 45 millions d’électeurs), alors là, y’aura de quoi rire puisque les élus ne pourront même pas prétendre à la moindre crédibilité. Et là, la croyance que l’Etat c’est eux, et qu’ils sont les plus fort … tombe.

      1. Aloux

        … sauf qu’avant d’en arriver là ils auront rendu le vote obligatoire sous peine d’amende. Ils n’ont déjà plus de légitimité, mais ça ne les empêche pas de continuer à pérorer sur le mandat qui leur a été confié par le peuple français pour faire ci ou ça (sauf quand le président élu est de droite et s’appelle Sarkozy, là on peut s’opposer systématiquement)

        1. Maximilien

          Mais qu’ils le rendent obligatoire le vote !
          Je me porterai alors volontaire pour les dépouillements et compter le nombre de bulletin blanc.

      2. La Coupe Est Pleine

        Franchement leur « légitimité », les Polytocards s’en foutent ! Peu importe les moyens, tout ce qui compte c’est de prendre le pouvoir et de le conserver. Qu’ils soient élus par 1% des Français ne les empêchera pas de dormir !

        1. Les politiciens s’en foutent jusqu’au moment où les gens qui composent l’armée et la police ne sont pas de leur côté.

          1. Aristarque

            Enfin H16, les grands, que dis-je, les immenses démocrates qui nous gouvernent n’ envisageraient jamais de devoir recourir à des procédés dignes des HLPSDNH pour se maintenir au pouvoir. Normal 1er qui ne mobilise qu’ un millier de CRS minimum pour aller causer dans le poste dans le repaire d’ opposants qu’ est Antenne 2, ne manquerait pas de contredire s’ il savait toutes les vilainetés que vous faîtes rien qu’ écrire sur son compte.,.

          2. Aloux

            Je crois que Hollande est déjà copieusement détesté par les militaires, un peu comme Sarkozy non ?

            Si c’est le cas tant mieux, parce que je pense qu’en cas de gros pépins, genre des gens vraiment pas contents qui manifestent devant l’Elysée plusieurs jours de suite, Grotoumou hésiterait pas longtemps à demander une intervention musclée de la police ou de l’armée.

            Comme tous les faibles, Présigland est brutal, et le sera d’autant plus s’il devait se sentir menacé physiquement.

          3. La Coupe Est Pleine

            @Aloux
            « Un gros mouvement devant les institutions » ….
            Vous voulez dire comme la « manif pour tous » ?
            Celle-la même qui a été jugulée par une pression policière digne de la STASI ?
            Actuellement je trouve que ce gouvernement a des pratiques Staliniennes.
            Des gens évacués violemment, parce qu’ils crient fort, des jeunes qui récitent des poèmes sont emmenés au poste, des pères de familles arrêtes à cause de leur tee-shirt « manif pour tous » …. Les images circulent, mais sur le net, pas sur les canaux officiels …. Canal+ va nous parler de « radicalisation d’un mouvement mené par des extrémistes ».

            Franchement H16 des forces de l’ordre qui se rebellent contre le pouvoir …. C’est pas à l’ordre du jour en France, ça ne l’a d’ailleurs jamais été dans toute notre histoire !

            De plus si les flics étaient « socialistes », ça se saurait !

          4. La Coupe Est Pleine

            « Les politiciens s’en foutent jusqu’au moment où les gens qui composent l’armée et la police ne sont pas de leur côté. »

            Ils ne sont pas du tout de leur « côté », mais eux ont une conscience professionnelles …. donc ils font le « job » quoi qu’il en coûte ….. Comme beaucoup de Français qui n’ont ni les moyens, ni l’état d’esprit de partir …. Ils font leur « job » et serrent les poings en attendant que ça se passe ….
            Seulement les polytocards le savent c’est pour cela qu’ils vont les traire le plus, puisse-que quoi qu’il arrive ils resteront.

          5. Black Mamba

            Les militaires et la police se tiendront tranquille tant qu’ils seront rémunérés et que la population se tiendra aussi tranquille,
            Le système s’effondre quand il y a plus rien à manger.
            Et là, personne ne fait le difficile végétarien et omnivore (carnassier pure n’existe pas) sont ensemble pour survivre.

  7. The Anomaly

    Je suis encore aujourd’hui mineur, et il est fort probable que dans 3 ans (à moins d’un évènement imprévu, genre décapitation), j’aie la possibilité de voter. Mais je voterai blanc. On me demandera pourquoi, on me dire que voter blanc c’est un geste antidémocratique… Voter, c’est choisir l’avenir d’un pays pour soi-même et pour ses habitants, choisir un représentant pour appliquer ses idées. Mais bien peu de gens ont mes idées (politiques, j’entends), donc vote blanc. Parce que je ne veux pas voter « par défaut » ou voter « contre », parce que c’est pire que tout.

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