Horreur, il existerait des médecins mercenaires !

saperlipopette !Sapristi de saperlipopette de sabre de bois, notre système de santé que le monde nous envie aurait des failles dans lesquelles s’engouffreraient d’abominables capitalistes cupides, médecins mercenaires capables de tout pour une poignée d’euros ! Heureusement, l’omerta vient de se briser : haro sur le médecin intérimaire !

L’offensive est donc lancée sur ces abominations modernes. À l’évidence cupides et veules, les médecins intérimaires sont dans le collimateur de la puissance publique qui n’en peut plus de nourrir en son sein de si affreux parasites ! Certains trouveront ici que je vais trop loin ? Et pourtant, il suffit de lire les titres consacrés par la presse à ce palpitant sujet : on y découvre que ces médecins intérimaires sont « la plaie de l’hôpital public » (comme les maladies nosocomiales et les repas froids de la cantine, je suppose), qu’ils sont « trop nombreux et trop chers » (comme les IRM je présume, même si, par habitants, on n’en a pas autant en France qu’en Turquie), et que ces abominables mercenaires gagnent pornographiquement bien leur vie « jusqu’à 15 000 euros par mois ».

sapristi !Le tableau est donc dressé et il n’y faudra voir aucun doute : cette histoire de médecin intérimaire dans les hôpitaux publics, ça suffit, trop c’est trop et y’en a marre des cadences infernales des mercenaires de la santé ! Non mais. Heureusement qu’un rapport parlementaire aura permis de mettre à jour cette pratique honteuse digne des heures les plus bassement matérialistes de notre histoire. Ce rapport indique ainsi que les médecins intérimaires touchent entre 600 et 800 euros nets pour une journée de travail, quand leurs collègues titulaires gagnent seulement 260 euros. Impossible de se payer un parcours de golf décent avec une telle misère, on en conviendra aisément. Et surtout, cela représente, tous frais chargés, un coût de 1370 euros pour l’hôpital, soit en gros le triple des coûts d’un praticien titulaire. Le total de la facture fait frémir (pas autant que la CMU et l’AME, hein, mais tout de même) : 500 miyons, qui vont donc de la poche de tous les contrib assurés sociaux contributeurs nets de la Sécu vers la poche des intérimaires qui font une jolie culbute dans l’opération.

Le rapport pointe en outre le silence et l’opacité des chiffres sur le nombre précis de ces médecins intérimaires. « Aucune structure nationale n’a de compétence pour les répertorier », souligne le rapport, avançant le chiffre de 6000 praticiens, et qui sent déjà bon la création d’une telle structure, abondée avec l’argent du contribuable si heureux de pouvoir faire faire un bond aux dépenses publiques.

Ceci posé, on peut se demander ce qui fait que les hôpitaux publics emploient ce genre de médecins intérimaires puisque ces établissements sont relativement exsangues compte tenu des finances étatiques rachitiques et de leur gestion catastrophique sur une bonne poignée de décennies. Que peut bien les pousser à pactiser ainsi avec la lie de la médecine de mercenariat ? Qu’est-ce qui justifie ces roulades joyeuses dans la fange du capitalisme le plus honteux ? Et, d’un autre côté, comment des humains normaux peuvent-ils à ce point se vautrer dans le goût du lucre et de l’argent facile pour ainsi postuler à ces alléchantes propositions ?

Oh oh. Ne dirait-on pas là un marché qui s’organise ? Ne voit-on pas ici un parfait exemple d’offre et de demande dans laquelle l’État n’a pas encore mis son gros museau humide afin d’y mettre un terme ou, bien plus probablement encore, afin d’organiser une bonne petite ponction des familles sauce taxation ? Et ce marché parallèle ne s’organise-t-il pas en conséquence d’une précédente distorsion, que l’État, dans son habituelle balourdise en service commandé, aura lui-même provoquée ?

CorporatismeForce est cependant de constater qu’une des raisons invoquées pour la présence de ces intérimaires est celle d’un manque chronique plus ou moins fort de médecins en poste. Pourtant, l’État lui-même organise la « production de médecins », i.e. c’est à lui, et via le Conseil de l’Ordre, que revient de déterminer le nombre « optimal » de médecins qui arrivent sur le marché français grâce au numerus clausus. Surprise : ce marché planifié foire ! Voilà qui est surprenant puisque chacun sait qu’une économie planifiée fonctionne à tout coup, d’habitude. Et pourquoi donc le numerus clausus est-il si mal calculé ? Peut-être serait-ce à la suite d’un choix, aussi corporatiste que compréhensible, de la part des médecins eux-mêmes qui n’entendent pas trop partager le marché en un trop grand nombre de confrères… Peut-être ces médecins et cet Ordre ont-ils l’oreille attentive des députés et des sénateurs qui votent les lois, d’autant plus qu’un nombre conséquent de ces élus proviennent justement de leurs rangs ? Vous ne croyez pas ?

Intéressante hypothèse de travail qui amènerait à constater qu’un groupe de citoyens, bien introduits auprès des dirigeants et de ceux qui écrivent les règles, aurait ainsi mis en coupe réglée une partie du marché français des soins à son profit personnel et exclusif, ne trouvez-vous pas ? Serait-ce à ce point nouveau qu’on ne puisse y croire ?

Et quelle solution proposer devant ce constat ? Quelle pourrait être la bonne idée qui décoincerait un peu le problème ? Les bonnes idées des députés coulent à flot puisque 14 propositions se retrouvent dans le rapport ; on trouve notamment celle de la mise en place d’une jolie charte, pour assurer une bonne qualité de soins pour les sociétés de recrutement et d’intérim, parce qu’une charte, mon cher lecteur, ma tendre lectrice, c’est l’assurance qu’une fois signée, ça va glisser comme sur des roulettes, comme pour la viande de « bœuf » dans les lasagnes ou les pousses de soja bio qui font du bien à ceux qui n’en mangent pas.

Et bien évidemment, l’idée qui va tout changer, c’est celle qui consiste à plafonner les rémunérations de ces médecins.

ultimate facepalm

Ici, il faudrait une tempête de petits facepalms rigolos, des simples, doubles et triples fails joliment illustrés pour bien transmettre l’idée que l’ont peut se faire d’une idée aussi pathétiquement ridicule. Il faut, je crois, être un député républicain français ou un bedonnant sénateur de la même eau pour arriver à pondre une décoction de jus de cerveau malade telle que celle que vous venez de lire pour essayer de faire croire, de loin et avec un verre dans le nez, qu’on est en train d’essayer de résoudre le problème en question. C’est proprement consternant et il n’est pas dit qu’une telle stupidité ne soit pas, un jour, sanctionnée d’un World Record Guiness Book.

epic stupidEn effet, tout gamin un peu attardé, même ayant passé ses tendres années dans l’enfer gluant de l’Édulcoration Nationale et ayant subi la méthode approximative globale pour la lecture, l’écriture et le calcul, comprendrait immédiatement que plafonner les rémunérations de ces médecins ne résoudra absolument pas le problème, mais que ça va immédiatement entraîner d’autres problèmes plus graves encore, notamment celui d’une pénurie de médecin, qu’on souhaiterait vraiment aigüe au point que l’un des auteurs de cette proposition ridicule clabote misérablement dans un hôpital républicain justement dépouillé par l’application de cette mesure inepte.

Oui, vous avez bien lu qu’encore une fois, lorsqu’un marché s’organise pour pallier la pénurie sciemment organisée par l’État qui agit ici pour le compte de l’Ordre des Médecins, la seule réponse que nos élus trouvent consiste à aller saboter le nouveau marché. L’apprentissage par l’erreur, ce n’est que pour les autres : ici, nos producteurs compulsifs de colombins législatifs n’ont pas compris ou voulu admettre que la pénurie venait à la base de l’organisation planifiée et défaillante du marché de la médecine en France, et pour tenter de corriger les symptômes sans s’attaquer à la maladie, ces andouilles décident d’aggraver le symptôme.

Et pour cela, on en reviendra aux arguments habituels : ce sont de gros profiteurs, ces salauds d’intérimaires, tout de même (jusqu’à 15.000 euros par mois, les vilains !) et surtout, ils posent des risques parce qu’ils ne connaissent pas bien les procédures, les hôpitaux, les personnels qui travaillent là régulièrement. Je cite le consternant Olivier Véran, socialiste assumé :

« Le marché s’est emballé, remettant en cause par endroits la qualité, la continuité, la sécurité des soins. Pour autant, il est difficile de déterminer si la multiplication des missions temporaires s’accompagne d’un sur-risque pour les malades. Ce qui est certain, c’est que l’intérimaire ignore tout ou presque des procédures propres à chaque établissement. »

Les rapporteurs insinuent donc gentiment que la puissance publique se retrouve à payer des fortunes pour des praticiens approximatifs voire dangereux, mais ne vous inquiétez surtout pas, votre argent et votre santé, entièrement dans leurs mains, sont en sécurité. Respirez lentement et dites 33.

Peu importe ici qu’il y ait un vrai marché avec une offre et une demande logique, comme les cas de médecins temporaires pour des besoins saisonniers du côté des hôpitaux, et les cas des médecins qui ne peuvent pas être disponibles pour des contrats classiques pour des raisons personnelles, familiales ou autres. Peu importe que le problème soit à la base créé par une régulation parfaitement inadaptée. Peu importe que la solution apportée soit à l’évidence pire que le problème initial.

Il faut comprendre une chose en filigrane du battage médiatique auquel nous assistons maintenant : l’État n’a plus une thune et cherche tous les moyens de couper toutes les dépenses, et de récupérer tout ce qu’il peut pour tenir. Ici, ce sont les médecins intérimaires. La semaine prochaine, qui sait ? Cet Etat sent mauvais, il sent la gangrène et la cessation de paiement.

Ce pays est foutu.

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Commentaires306

      1. Higgins

        Plus grand chose ne m’étonne mise à part l’ampleur de la décadence que nous vivons et la médiocrité de ceux qui président malheureusement à nos destinées.

  1. Camille P

    Cher H16, vous êtes, pour une fois, à côté de la plaque. Le numérus clausus n’a rien à voir avec un quelconque « complot » de médecins corporatistes qui espèrent ainsi conserver leurs privilèges. Il est imposé par la Sécurité Stalinienne, et l’état, qui ne veulent pas payer plus cher pour plus de médecins (ce qu’on lit en filigrane dans votre article, mais n’est pas assez mis en avant comparé au méchant complot des méchants médecins, tellement bien insérés dans les instances du pouvoir qu’ils se font entuber par celui-ci depuis une trentaine d’année, vaseline non-comprise). Le fait que les médecins français soient sous-payés ne vous a certainement pas échappé, et à moins de réduire encore drastiquement le revenu horaire des médecins afin de les prolétariser un peu plus (travailler plus pour gagner la même chose), la solution serait, avant d’annuler le NC, de faire que les médecins arrêtent d’être payés par un système archaïque qui n’a plus de quoi les rémunérer à leur juste valeur.

    1. Relisez bien en enlevant le filtre médical qui vous obscurcit le jugement : je le dis clairement

      « Pourtant, l’État lui-même organise la « production de médecins », i.e. c’est à lui, et via le Conseil de l’Ordre, que revient de déterminer le nombre « optimal » de médecins qui arrivent sur le marché français grâce au numerus clausus. Surprise : ce marché planifié foire ! »

      Je place ici le Conseil comme un des rouages, mais le principal responsable est nommé directement. Tout le système de santé français est sous la tutelle de l’Etat. Du reste, sur ce blog, compte tenu de l’angle choisi, l’État est rarement exonéré, hein…

      1. Resistant Valaisan

        En parlant de l’ Ordre des Medecins, lisez seulement le lien ci-dessous pour prendre la mesure du mal qu’ ils font a la medecine d’ urgence (il y a certainement un tas d’ autres domaines, que je ne connais pas).

        Cette maniere de s’ offusquer et de crier a la discrimination des que quelqu’ un fait une critique objective… un vrai comportement de republique bananiere.

        Lisez les 5 derniers paragraphes…

        http://ispub.com/IJRDM/1/2/12892

  2. tess

    En tout cas, il y en a un qui n’a pas perdu le nord. Edouard MARTIN qui se retrouve tête de liste pour les élections Européennes. Après avoir craché sur HOLLANDE et fait pleurer dans les chaumières avec la fermeture de Florange, on voit que le bonhomme a travaillé en sous marin sa reconversion avec le PS pour avoir une petite place au chaud. J’espère qu’il se prendra aux élections une fessé monumentale comme celle qu’il a donné à ses petits copains de la CGT et ses collègues de travail.

  3. bulltrap

    Bonsoir,

    Au secours, je lis ce blog depuis peu, et mes yeux s’ouvrent ! Je commence à apercevoir un peu partout apparaitre des exemples où une économie s’est constituée entre divers intervenants, l’état (ou un organisme d’état) s’en aperçoit, et veux absolument glisser ses gros doigts boudinés dedans pour prélever sa dime, désolé si cela a déjà été posté.

    http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/le-csa-veut-controler-youtube-dailymotion-et-itunes_420662.html

    1. doh

      Bienvenue dans le monde réel Neo, euh bulltrap 🙂
      En effet, on tombe de haut après avoir été gentiment bercé par l’état maman pendant de nombreuses années. Et pourtant vous n’avez pas fini d’en voir des vertes et des pas mûres. Mais au moins vous avez les yeux ouverts maintenant ! Tâchez d’en faire bon usage.

        1. Parce qu’ils vont passer pour des glands quand tout le monde va contourner. Et que s’ils insistent, à choisir entre un bras de fer avec Google ou d’autres, ou fermer le clapet du CSA, l’état choisira plutôt la seconde solution.

  4. Korrigan

    Et pour finir en ce qui me concerne, comme disait Pagnol la couillonnade de la soirée :

    ————————————————-

    INCROYABLE / Faire du feu dans sa cheminée ?
    Ce sera bientôt interdit ! Au secours !!!

    Le 18 décembre 2013
    Luttez, luttez, RÉSISTEZ ! Ca devient assez dangereux là , ne même plus pouvoir faire du feu dans sa cheminée ! Vous vous rendez compte !!!

    Un whisky pur malt. Un cigare. Le chat qui ronronne. Un bon livre. Un disque de jazz aux cuivres bien moelleux. Un vieux fauteuil, fatigué juste ce qu’il faut. Et le feu qui crépite dans la cheminée. Une certaine idée du bonheur, non ?

    Et encore, on vous passe la peau de bête, le seau à champagne et la sublime créature dont le seul costume se résume à une vertu promise à chanceler ; autant dire que la réchauffer participe de la plus élémentaires des charités chrétiennes.

    Bon, c’est le moment d’y penser bien fort : au moins, ça vous fera des souvenirs pour plus tard. Car tout ça est désormais bien fini. Déjà, whisky, cigarettes et petites pépées, c’était bon du temps d’Eddie Constantine.
    Aujourd’hui, l’État a pris en charge foie et poumons ; et même le reste, lutte antisexiste oblige. La brigade du calbut ne connaît pas le repos ; fût-il celui du guerrier. Le feu de cheminée, on ne nous l’avait pas encore retiré. Rassurez-vous, ce sera chose faite d’ici 2015.

    Pour Paris, c’est plié. Au nom de la lutte contre la pollution et ces particules fines dont on nous rebat les oreilles depuis maintenant des mois. Dans le seul département des Yvelines, cinquante municipalités ont devancé l’appel. Ce qui signifie que dans la vallée de Chevreuse ou aux proches abords de la forêt de Rambouillet, là où se chauffer au bois évite au moins aux pauvres d’avoir trop froid, les seules bûches autorisées seront celles de Noël.

    La loi, pourquoi pas, mais la faire appliquer, c’est une autre paire de manches. On imagine le tableau. Nos pauvres gendarmes, déjà bien débordés par l’exubérance culturelle des gens du voyage, vont devoir se coltiner la tournée des popotes.
    « Bonjour monsieur, c’est bien chez vous ? » « Jusqu’à preuve du contraire, oui. Mais par les temps qui courent, on ne sait plus trop… » « Elle est à vous, cette cheminée ? » « Ben oui, elle était là quand j’ai acheté la maison… » « Et ce bois qui brûle dans votre cheminée, il est à vous aussi ? »« Plus pour longtemps, vu la flambée.
    Mais du bois qui brûle dans une cheminée, vous m’accorderez, cher ami de la maréchaussée, que le concept n’a rien de révolutionnaire et que même les plus lointains de nos ancêtres le maîtrisaient déjà… »
    Après, on vous passe le coup de la commission rogatoire signée par un juge et permettant aux argousins de pénétrer indûment chez le clampin ; bref, les magistrats ne vont pas chômer…etc.etc…

    (Totalité de l’article sur le blog de la Résistance Authentique)

    ———————————————————–

    Si Rivarol disait que l’homme est le seul animal qui fasse du feu, ce qui lui a donné l’empire du monde, voilà une nouvelle preuve que l’atrabilaire nicodème qui prétend administrer notre quotidien affiche une fois de plus que se croyant tout il est moins que rien.

    D’ailleurs avec les premiers petits flocons qui volètent (j’aime bien) il me faut d’urgence remettre une bûche dans la cheminée et tant ils me font rire remettre à niveau mon verre de Jameson 18 ans d’âge à leur santé. *

    * Et n’ayant pas de médecin, ce sera mes deux chiens et un Irish whiskey plutôt que le chat et le pur malt, ces ultimes choix étant encore autorisés.

  5. Aristote

    J’ai une fille interne en médecine. Plutôt bien classée au concours de l’internat elle a pu choisir une spécialité dans une ville sympathique. Ce qu’elle ne comprend pas, c’est que le nombre de places de spécialistes est fortement limité au niveau du concours national, mais que dans les services hospitaliers on trouve de nombreux médecins « faisant fonction d’interne » formés à l’étranger, dont les compétences sont assez souvent sujettes à caution.

    1. paf

      Patience, bientot les formations francaises ne vaudront plus rien non plus.Pour l’instant l’expression ‘formes a l’etranger’ fleure bon son medecin Sri-Lankais auquel on ne peut pas faire confiance car, comprenez vous, c’est un primitif.

      1. marmoot

        En fait, « formé à l’étranger » signifie…formé à l’étranger. Dingue.

        Mais pouvez vous expliquer en quoi les formations françaises ne vaudront bientôt « plus rien »?

    2. Exodus 61

      Facile à comprendre pourtant:
      L’état qui arrive à payer ses députés européens 15000 boules par mois trouve indécent de payer « ses » médecins
      à leur juste valeur et préfère embaucher des FFI étrangers
      payés avec un lance pierre.
      Pour ma part la vie de médecins au Québec me va à ravir.
      Salutations et condoléances à votre fille.
      Un exilé.

      1. marmoot

        Pour avoir plusieurs connaissances exilées au Québec ou en Suisse il faut bien avouer que les conditions de travail laissent rêveur. Seule la vigueur de mon attachement à mes collègues actuels me retient de partir.

        L’analyse de H16 est évidemment fort juste; étant mercenaire à mes heures sur mes 20% de temps de travail restant (le total allant au delà des 48h recommandées par le comité, mais chut), j’ai pu constater l’augmentation des tarifs de l’intérim pour faire face à la pénurie; d’abord dans le privé, puis dans le public, qui a bien du s’aligner pour avoir quelques bonnes âmes qui toquent à leur portes.

        Malheureusement, les études démographiques ne sont pas tendres avec les commissaires au plan, car malgré l’ouverture des vannes du NC le creux de la vague n’est pas encore atteint.

  6. Maximilien

    Vous avez tourné l’article autour de la gestion calamiteuse par l’Etat du numérus clausus mais… le problème ici vient plutôt de la régulation des prix par l’Etat.
    Pour vous donner un exemple concrètement concret, 260 euros la journée de travail à l’hôpital c’est pratiquement deux fois moins que le montant payé par la sécurité sociale pour une journée de dpc (développement personnel continu), journée consistant essentiellement à être assis dans une chaise et écouter parler un confrère (légèrement moins de responsabilité qu’une intervention chirurgicale à l’hôpital… où passe la plupart des interventions lourdes d’ailleurs) moyennant 475 euros.
    En bref, si l’Etat ne se foutait pas de la gueule des confrères en les payant au lance-pierre pour qu’ils viennent exercer dans les hôpitaux publics, ils ne seraient pas TOUS en clinique, retournant à l’hôpital uniquement en intérim quand il n’y a pas suffisamment de médecins étrangers (des médecins qui n’ont pas le droit d’exercer la médecine en France, sauf à l’hôpital public, mais vu qu’ils n’ont pas le droit, on les sous-paie au passage) accompagnés d’internes payés au lance-roquette pour boucher les trous.

    PS: pour les gens intéressés par l’arnaque que constitue le numérus clausus:
    http://www.amazon.fr/Numerus-clausus-Pourquoi-manquer-m%C3%A9decins/dp/2817802055/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1384805371&sr=8-1&keywords=numerus+clausus+pourquoi+la+france+va+manquer+de+m%C3%A9decins

  7. Régis33

    En effet , il est honteux qu’un médecin qui travaille 80 heures semaines , gagne autant qu’eux, qui somnolent à l’assemblée ( quand ils y sont ) , je pense que c’est ça qui les chiffonne .
    Imaginez , tout ce pognon qui ne va pas dans les associations dont ils sont membres , administrateur , voir président .

  8. tyrion

    Juste un commentaire a Maximilien:
    L indemnité pour la dpc n est pas un salaire, mais considéré comm. Un chiffre d affaire, et il faut donc diviser cette somme par deux pour arriver à un équvalent de salaire!
    Je suis par contre tt à fait d accord avec vous que 260e la journée pour un médecin, c est n’importe quoi, c est d ailleurs pour cela que je viens de démissioner!

  9. hussardbleu

    toujours HS, mais point sans intérêt non plus comme perspective… dans la liste des guillotinés (on voit que tous les espoirs sont permis à nos bons Ministres des Phynances) :

    PERROY Claude, âgé de 60 ans, natif de Marsigny-sur-Loire, ex maître des comptes de Dijon, domicilié à Cercy département de la Saône et Loire, condamné à mort le 21 prairial an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme conspirateur, ayant, au mépris des lois, perçu la dîme en nature, et ayant dit lorsqu’on lui offrait des assignats, que ça lui était égal parce qu’il espérait s’en torcher le derrière, dans deux ou trois mois, etc.

    http://les.guillotines.free.fr/guillo-p.htm

    1. Nyamba

      Liste absolument terrifiante. En particulier celle des motifs de condamnation…

      Je vois la scène d’ici. Création du premier dictionnaire de Novlangue :
      « – Liberté, Egalité, Fraternité, hein ? Z’êtes vraiment, absolument sûrs ?
      – Oh bah oui, r’garde : ça rime, y a du rythme. On s’en fout des définitions ! »

    2. Hugeus

      waow, les motifs d’exécution : réfractaire ; discréditant les assignats ; émigré (?!?)
      Les socialistes ont encore une folle marge de progression !

  10. arg

    cher confrere,

    moi même ancien mercenaire tout recemment ( et prêt à rempiler ), je dois vous apporter quelques infos : si on a besoin de nous , c’est d’une part le fait des rtt , congés ,arrets maladies qu’il faut pallier , mais aussi d’autre part ( compréhensible ) du comportement généralisé à l’hopital d’une inflation de personnel ( du style un medecin par salle debloc AVEC une IADE……)
    quant à la compétence , je pourrais en raconter beaucoup sur des medecins de ces hopitaux en place depuis des lustres ( souvent d’origines diverses et variées) et qui se debruoillentmoins bien qu’un interne premier semestre : qui est dangereux ?

    1. Je ne suis pas médecin 🙂
      L’article comporte une forte dose d’ironie.
      Je n’ai jamais considéré les « intérimaires » comme des mercenaires, au contraire d’une presse et d’une administration bien veules.

    2. marmoot

      C’est d’ailleurs assez remarquable ce raisonnement si juste en étant extérieur à ce milieu ubuesque (parmi bien d’autres), quand notre sympathique confrère Véran, neurologue hospitalier de son état, donc en plein barbotage dans la mélasse, ne semble produire qu’un jus de neurones tiède (mais fort bien payé, faut pas déconner)

      Quel talent, je m’en ébaudis quasiment tous les jours !

  11. larco

    Les mercenaires c’est seulement à l’hôpital public et pour une raison très simple, un interne qui termine touchera dans les 3000 euros/mois de salaire de base (PH échelon 1) s’il reste à l’hôpital (+ les gardes), au moins 3 fois plus s’il exerce dans le privé et à peut près la même chose en étant mercenaire mais en travaillant moins. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre…
    Tant que les revenus des médecins à l’hôpital ne seront pas sérieusement revus à la hausse, il faudra pas s’étonner que l’hôpital public, surtout en région, ne fonctionne plus que sur des médecins séniors à l’aube de leur retraite ou des médecins étrangers, dociles à souhait, qui acceptent d’être payés au lance pierre (moitié moins) avec la carotte de la nationalisation et validation des diplômes pour pouvoir s’installer en privé après une dizaine d’années.
    Les départs en retraite des PH s’accélèrent et le problème va grandissant.

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