On est tous d’accord sur la liberté d’expression, bien sûr.

Ce fut Charlie Hebdo et pas Minute. Quelque part, c’est un peu déstabilisant pour celui qui suit bien les cailloux laissés par les Petits Poucets de la Pensée Correcte, puisqu’au contraire de Charlie Hebdo, Minute est dans le camp du Mal et aurait donc dû être attaqué depuis fort longtemps. Mais baste, ce fut donc Charlie et presqu’instantanément, tout le monde fut Charlie.

En quelques jours, quelques heures même, la situation est passée d’assez morose à celle d’un magma effervescent où l’émotionnel semble tout dicter. La tension est presque palpable. Sur les réseaux sociaux, l’électricité règne dans les échanges et on s’étonne presque que, pour le moment, ni Zemmour, ni Dieudonné (par exemple) ne se soient fait buter. Au fait, s’ils tombent sous une rafale, combien porteront un petit panonceau « Je Suis Zemmour » ? Et pour le sulfureux hebdomadaire de droite (extrême ?), un panneau « Je suis Minute », ça le fait ? En tout cas, on peut souhaiter qu’ils seront aussi nombreux que ceux qui portèrent, sans hésiter, le panonceau « Je suis Charlie ».

En effet, on ne pourra que s’accorder sur le fait que, si tout le monde a porté le pin’s Je Suis Charlie, s’est procuré le t-shirt ou le mug Je Suis Charlie, si tant ont même poussé la conscience jusqu’à s’abonner à un journal que pourtant, plus personne ne lisait, tout le monde, ou à peu près, est maintenant d’accord sur l’impérative et absolue nécessité de sauvegarder la liberté d’expression. Tout le monde doit, dès lors et pour éviter de faire un deux poids, deux mesures, s’accorder aussi sur la nécessité de laisser chacun s’exprimer, même s’il choque. Ne l’oublions pas : c’est parce qu’ils ont choqué que les dessinateurs de Charlie Hebdo sont morts. Ce sont ces morts que tous, nous déplorons. C’est cette liberté de ton que, tous, nous nous devons de leur reconnaître. C’est donc en toute logique que nous nous devons de l’accorder à tous.

collectif antigone - liberté d'expressionParce qu’après tout, la liberté d’expression ne souffre pas de segmentation. Comme je le disais dans un précédent billet, ce concept même de liberté d’expression n’a pas été conçu pour protéger les gens qui pensent et s’expriment comme tout le monde, qui évoquent la météo et le temps qui passe, mais bien pour ceux qui disent des choses qui dérangent, qui choquent ou qui remettent en cause l’ordre établi.

Si on refuse ce postulat, si l’on admet qu’on puisse restreindre la liberté d’expression, on s’avance sur une pente glissante où l’on admet dans la foulée que certaines expressions n’ont pas droit de cité, que certaines opinions sont interdites, que certains dessins blasphèment une religion, une loi, l’Histoire, la science ou les croyances des uns ou des autres. Si l’on admet, même un tant soit peu, que la liberté d’expression n’est pas totale, alors on admet le besoin de définir, dans la loi, des limites à ce qu’il faut penser. On admet aussi, de facto, qu’il va falloir des gens pour juger ce qui tombe ou pas sous le coup de la loi, ce qui est un discours autorisé de celui qui contrevient à la loi. On va devoir aussi admettre qu’il faudra couper l’article qui viole la loi, couper le site qui héberge un contenu illégal, poursuivre celui qui aura ainsi exprimé une idée de travers.

Et ça, bien sûr, personne ne le veut. Censurer des journaux, couper des passages dans les livres, poursuivre des auteurs, des journalistes, des caricaturistes, ce serait, immanquablement, sombrer dans les Heures Les Plus Sombres de Notre Histoire Tagada Tsoin Tsoin.

Bien.

Maintenant que nous sommes tous bien d’accord sur ce concept de liberté d’expression, qu’il n’y a plus d’ambiguïté ni sur ce qu’il recouvre, ni sur son étendue et sa nécessaire complétude, quand revient-on sur la loi Gayssot, pour en couper les parties qui concernent, justement, les restrictions à la liberté d’expression ?

Oh, je crois voir des sourcils qui se froncent, d’un coup…

Et puis, de façon plus générale, quand annule-t-on les lois mémorielles qui, finalement, expliquent ce qu’il est bon de croire, ne pas croire, dire ou ne pas dire en matière d’Histoire de France et du monde ? Je le rappelle : il ne s’agit pas ici de faire l’apologie de l’une ou l’autre théorie portée par certains, mais bien de leur faire retrouver le droit pour lequel des penseurs, des auteurs, des caricaturistes viennent de se faire tuer. Si l’on est cohérent, si l’on est bien Charlie, on ne peut plus l’être à moitié, ou seulement pour les opinions qui ne bousculent personne.

Tant qu’on y est, la liberté d’expression souffre profondément qu’on stipendie les médias qui la permettent normalement. Quelle liberté d’expression peut-il y avoir dans un pays où la presse est massivement subventionnée ? Ainsi, quand coupera-t-on complètement le cordon ombilical entre les médias et l’État, ce cordon de subventions, d’aides et de facilités fiscales, ce cordon qui a permis de vivre une presse répondant aux impératifs des pouvoirs publics et qui a constitué, de la façon la plus sournoise possible, la meilleure des censures ? Si l’on est bien Charlie, on doit se rappeler que l’hebdomadaire dont il est question refusait justement ces aides.

Quand renonce-t-on enfin au politiquement correct gluant qui s’est diffusé partout, ce politiquement correct qui, par exemple, fait écrire que « les prénoms ont été changés » pour ne pas choquer de belles âmes, et travestir ainsi de simples faits, ce politiquement correct qui a fermé toute possibilité de débat sur les drogues (article L.630 du code de la santé), ce même politiquement correct qui a muselé tout débat sur l’ouverture du monopole de la sécurité sociale, ce politiquement correct qu’on retrouve dans toutes ces lois imbéciles qui ferment un débat en le rendant illégal ? Quand acceptera-t-on une vraie transparence, alors même qu’il y a encore en France, actuellement, une loi qui interdit la diffusion du patrimoine des élus ? Quand assurera-t-on, a contrario, la protection du secret des sources ?

Ah oui, la liberté d’expression, décidément, ça dérange, parce qu’en réalité, on est tous, peu ou prou, l' »islamiste intégriste » de quelqu’un. Tous, nous pouvons voir notre « prophète », notre opinion, notre croyance, notre vision de la société, de l’histoire, de la science ou de la politique choqué par l’expression de l’opinion d’un autre ou la caricature qu’il fait de la nôtre. Et tous, à un moment ou un autre, nous pouvons estimer, trop facilement, avoir été agressé et réclamer protection, réparation … vengeance.

Dans ce contexte, les lois Gayssot, Taubira, toutes les lois qui « encadrent » la liberté d’expression, c’est la façon soft de faire taire ceux qui dessinent les caricatures de nos opinions, en utilisant le petit marteau du juge. Bien sûr, ce marteau est plus propre que la balle de kalachnikov, mais le silence qui suit l’un n’a philosophiquement rien de différent de celui qui suit l’autre.

Alors, la liberté d’expression pleine et entière, chiche ?

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires366

  1. douar

    J’ai fait le test à des amis. Seriez vous allés manifester si Minute avait été attaqué dans les mêmes conditions ?
    Réponse sans équivoque. Non parce que je n’aime pas leurs valeurs.
    CQFD

    1. pouf pouf

      tout est tellement énorme, ça dépasse l’entendement … le plus pénible c’est ce consensus total autour de rien, magnifique, extraordinaire, d’ailleurs les mots me manquent même pour exprimer ce que je ressens de toute cette confusion mentale qui pour sauvegarder la pitoyable image de liberté qu’on laisse en pâture au troupeau ébaubi va interdire et surveiller, surveiller et interdire, pour commencer …

      1. gameover

        Consensus ? 3.7 millions de manifestants selon les organisateurs et 3.7 millions selon la police… ça fait 62 millions de « non charlie ».

      2. Jiff

        Tout à l’heure, j’ai vu Daniel Cohn-Bendit dans C Politique; eh bien il m’a agréablement surpris (pas sur tout hein, faut pas déconner non plus) en expliquant les exactions des poliotiques étrangers présent à la fameuse manif.
        Bon, la 2nde partie (sur le vivrensembb), j’ai fini par couper; mais la 2ère… quand même 🙂

    1. Jiff

      Eh oui, les américains ont leurs néo-cons, et nous, nous n’avons que des vieux-cons, c’est à pleurer.

      Et par ailleurs, on a bien vu lors du marathon de Boston ce que pouvaient éviter les centaines de milliards de dollars engloutis dans « la sécurité »: RIEN (à part faire chier les honnêtes citoyens d’une manière quasi-quotidienne).

    2. bob razovski

      On va bouffer de la surenchère, c’est à qui sera le plus con.

      Après les vieux cons, les néo-cons, les abs-cons (ceux qui n’arrivent pas à bloquer leur connerie), on va se farcir les « plus-cons que cons », avec comme leitmotiv :

      vite, une loi !

      1. Nyamba

        Les gens me semblent souvent atteints de myopie existentielle : roulant à tombeau ouvert, ils ne voient que ce qu’il y a devant leur nez, et le reste est un grand flou au loin, quelque chose qui existe, mais ne les concerne pas – jusqu’au moment où ils réalisent qu’il s’agit d’un gros mur, et qu’ils foncent droit dedans (et à ce moment-là, la plupart ont le réflexe très con de klaxonner. Certains – probablement des femmes – sont même du genre à confondre pédale de frein et accélérateur). Vu de l’étranger, on doit mieux voir l’accident en devenir, puisqu’on voit à la fois la route parcourue et le mur qui arrive.

        PS : Cette métaphore éminemment médiocre est le signe que je suis en hypoglycémie. C’est l’heure du goûter, dites donc !

  2. olivier

    Très bien exprimé! J’avais fais le test en parlant de Dieudonné dans ma famille… puis des sujets qu’on n’a pas le droit d’aborder en France.
    Le « test Minute » est parfaitement illustratif (sans parler des lois et ou réglements qu’on ré-écrit pour que Charlie Hebdo bénéficie de plus de financement publics).
    Je suis curieux de savoir comment les politiques vont se dépétrer de cette incroyable contradiction.

    1. MadeInCH

      « Je suis curieux de savoir comment les politiques vont se dépétrer de cette incroyable contradiction. »
      .
      Pourquoi faire l’effort de tenter de s’en dépétrer??? Ils s’en foutent.
      La doublepensée leur va très bien.
      Ceux qui voient la contradicion sont sans influence.

  3. Laure

    Juste pour soulever un problème : la liberté d’expression totale n’existe pas et ne peut pas exister. La diffamation est et sera (toujours, je l’espère) interdite : au moins de ce côté là, personne n’est « libre » d’exprimer ce qui lui chante.
    L’injure et l’outrage sont plus ou moins réprimés selon la personne à laquelle ils s’adressent, et l’on ne peut pas dire que ce soit un tort.
    Quant aux blasphèmes (je parle de l’injure grave à la divinité, pas de la caricature des croyants), que la religion visée soit vraie ou fausse, ce n’est pas contribuer à la paix sociale que de le permettre tout azimut.

      1. Laure

        Il ne faut pas supposer d’avance que tout croyant non musulman correspondrait au modèle guimauve très à la mode depuis les années 1970…

        1. Caton

          Pouvez vous m’indiquer la religion, autre que le mahométanisme, régulièrement invoquée par les terroristes et à laquelle vous faites allusion?

    1. « La diffamation est et sera (toujours, je l’espère) interdite »
      Ben là, il y a bien une victime donc oui. Et ce n’est pas le cadre de la liberté d’expression.

      1. Laure

        Ça dépend, si pour vous la liberté d’expression est la liberté de débattre de ce qu’on veut en émettant l’opinion qu’on veut.
        Mais je pense que dans le cas de Charlie Hebdo, la « liberté d’expression » prônée par les « Charlie » va beaucoup plus loin et inclut l’injure, l’outrage sous toutes ses formes, i.e. une liberté d’expression illimitée.

        1. Non. Une injure, un outrage, une diffamation, tout ça, ce sont des choses qui sont très clairement définies juridiquement. Et pour le coup, la France a déjà tout l’arsenal qu’il faut.

        2. gameover

          Laure, comme le dit h16, il faut se poser la question de savoir s’il y a une victime bien identifiée. Victime veut dire qu’il a été atteint dans sa chair ou INJUSTEMENT dans son honneur, sa dignité ou sa probité.

          Si je dis que X est un truand : il faut que je puisse le prouver

          Si je dis que tous les français sont des cons ça n’atteint personne.

        3. Jiff

          « …va beaucoup plus loin et inclut l’injure, l’outrage sous toutes ses formes… »

          Comme l’a souligné h16, les termes que vous utilisez ont tous une indication juridique appropriée; et si votre pensée tendait vers les caricatures de mahommet, cela a été jugé et CH relaxé, preuve que les termes en question n’ont pas été outrepassés…

          Comme déjà dit ici ou dans un autre billet, François-Marie Arouet (dit Voltaire) a dit quelque chose comme: « je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrais pour que vous puissiez le dire ».
          À titre d’hygiène mentale, méditez donc sur cette phrase pour la fin de soirée.

            1. pouf pouf

              bah non, tuer détruire c’est mal, internement et puis c’est tout, c’est pourtant simple, non ? Après, au cas par cas bien-sûr …

            2. Jiff

              « Liberté d’expression ? »

              Non, provocation à la haine et apologie du crime à connotation religieuse; quelque chose qui, avec une justice digne de ce nom, devrait déjà coûter très cher en amende et en prison…

              1. Edouard

                Merci pour les réponses que je trouve rassurantes.
                Le concept de liberté d’expression n’est pas si simple qu’il y paraît au premier abord. Cf. aussi le commentaire de Jean à 22:33, sur les menaces, et la réponse de H16 « ça dépend ».
                Je me demande si le blog pourrait se mettre d’accord sur un texte fictif de loi sur le sujet : que pourrait dire idéalement la loi sur ce qu’il est permis de dire, ou non….

                  1. Edouard

                    Oui, je pensais à une démarche feuille blanche ; pas par rapport aux textes existants.
                    Les exemples de gameover ci-dessous illustrent à nouveau que ce n’est vraiment pas si simple.

            3. Fabrice

              D’après ce que j’en sais, tu devrait pouvoir dire « ces mécréants ont été assassinés » car c’est une opinion, mais en aucun cas « il faut assassiner les mécréants » car là c’est un un appel au meurtre !

              1. gameover

                Et si je dis qu’il faut tuer les tueurs de flics ? (ou les pédophiles… etc…)

                On me rétorquera que ce n’est pas pareil car c’est la peine de mort que je réclame.

                Mais si j’avais dit qu’il fallait tuer Ben Laden, j’aurais eu le droit car c’est un criminel… bien qu’il n’ait jamais été jugé.

                L’appel au meurtre ce n’est pas si évident en fait.

            1. gameover

              zut…… et il avait ajouté : « mais si vous pouviez fermer votre gueule de temps en temps, ça me ferait des vacances  » … mais ça a été coupé au montage.

      2. pouf pouf

        la diffamation consiste à porter atteinte à l’honorabilité d’autrui. Que peut-on porter comme coup à l’honorabilité des personnages publics qu’ils ne se soient pas déjà administrés eux-mêmes ?

    2. pouf pouf

      mais bien-sûr, non seulement la liberté totale d’expression existe mais elle est sévèrement réprimée et comme il se doit nommée à nouveau : maladie mentale. La folie est la seule liberté totale d’expression. Quel est son intérêt ?

    3. bob razovski

      « L’injure et l’outrage sont plus ou moins réprimés selon la personne à laquelle ils s’adressent, et l’on ne peut pas dire que ce soit un tort. »

      A mon sens, si.
      Cela signifie que nous ne sommes pas égaux en droit.

  4. Laure

    Sinon, pour une vague de crises d’apoplexie sur le territoire national, on peut aussi essayer, en variant les cibles : #jesuisfn #jesuisprésent #jesuisrivarol #jesuiscatho #jesuisripostelaïque

  5. Jean

    « mais bien pour ceux qui disent des choses qui dérangent, qui choquent ou qui remettent en cause l’ordre établi.  »

    Peut-on ajouter « ceux qui menacent » à la liste ? Je me pose la question.

    1. Jiff

      « l’ordre établi » est une notion hautement dangereuse, fortement explosive et potentiellement toxique, à ne manier qu’avec extrêmement de précautions, et surtout une dose d’ouverture maximale…

  6. totozero

    Je vais peut être dire une connerie car je ne suis pas juriste, mais voici le fond de ma pensée: la vraie liberté d’expression c’est de pouvoir TOUT dire, MAIS en assumant les conséquences. Donc dans une société libre on peut proclamer librement des injures ou des diffamations SANS QUE CE SOIT CENSURE (car c’est bien la la question) mais quitte à assumer après un jugement mérité vis à vis de la victime. Le problème de nos jour c’est qu’il y a des amalgames dans tout les sens, et justement on confond Censure et Condamnation. L’un ne va pas forcément avec l’autre. Pire on finit par ne faire que Censurer sans Condamner. Cette civilisation est foutue …

    1. bob razovski

      C’est aussi le fond de ma pensée.

      Censurer plutôt que condamner, c’est un peu prendre les conséquences pour les causes, et se gaver d’aspirine pour soigner une gangrène.

  7. Fred

    Les socialistes sont des vrais cons.

    Grâce au Point, j’apprends qu’un certains Eric Fassin n’a pas aimé la présence de Rajoy à la « marche républicaine » de cet après-midi, car la liberté d’expression serait réduite en Espagne. Faut dire que dès que l’on n’est pas socialiste en France, on est forcément un dictateur.

    Ceci est d’autant plus aberrant que la liberté d’expression est certainement plus étendue en Espagne qu’en Ripoublique Démocratique de France.

    Ces mecs me donnent la gerbe : la liberté d’expression, oui, mais à sens unique…

    1. Jiff

      « Les socialistes sont des vrais cons.  »

      Je m’inscris en faux contre cette expression; en effet, j’ai eu l’occasion de rencontrer pas mal de cons, dont certains très intelligents. Et c’est bien souvent juste une question de point de vue différent sur une même question – rien de bien méchant, et qui peut souvent se résoudre par une négociation raisonnée et raisonnable.

      Ces gens sont tout simplement bêtes; et de ceux-là, il n’y a rien à tirer, ni maintenant, ni demain.

      1. grain de sel

        c’est la mise en application du savant proverbe Shaddock, qui observe que
        « certains utilisent leur intelligence sur des conneries, de crainte du résultat en faisant le contraire »

        L’un dans l’autre, avec tous ceux qu’on a eu aux manettes depuis les 50 dernière années, cela ne change pas fondamentalement les choses. Le (non) résultat est là.

        Tout espoir n’est peut être pas perdu, car de ces philosophes anti Gibis, on sait que
        « c’est en essayant continuellement qu’on finit par réussir. En d’autre terme, plus ça rate, plus y a de chance que ça finisse par réussir ».

  8. Alzheimer

    A 99% d’accord avec l’article, je voudrais y mettre un bémol.
    Le droit d’expression n’entraîne pas l’obligation d’écouter. Corollaire, le droit d’expression n’implique pas le droit de répéter, rabâcher, harceler.
    Chacun a le droit d’exprimer au moins une fois son avis, aussi bizarre soit-il. Mais une fois ceci fait, chacun a aussi le droit de signifier qu’il ne veut plus l’entendre.

    En particulier quand l’avis en question est truffé d’incohérences. Je veux bien écouter une fois un complotiste m’expliquer que le WTC a été désintégré par des petits hommes verts à la solde des illuminatis, mais à la deuxième je l’envoie balader. Et je lui dénie le droit de revenir indéfiniment à la charge. Ou d’être volontairement désagréable envers moi : me faire traiter de @&# ok, mais pas l’entendre gueuler à 120 décibels whatmille fois par jour si je ne peux réagir qu’une fois en chuchotant dans le désert.

    Il existe donc bien (au moins) une limite légitime au droit d’expression, celle de ne pas subir une propagande éhontée qui confine au harcèlement.

    1. pouf pouf

      pas de télé, pas de radio, pas de journaux, tout choisi et ciblé, et hop, le tour est joué. s’instruire et instruire. le seul crédo.

    2. gameover

      « Et je lui dénie le droit de revenir indéfiniment à la charge. »

      T’es encore pire que les lois actuelles toi !
      T’es encore pire que les lois actuelles toi !
      T’es encore pire que les lois actuelles toi !
      T’es encore pire que les lois actuelles toi !
      T’es encore pire que les lois actuelles toi !
      ….

  9. pouf pouf

    Sur mon téléphone et sur mon ordinateur la même heure, celle d’ouvrir le frigo, de prendre le portable dans la main, dérouler les appels manqués, le manquant sous la gâchette, refermer le frigo sans même y avoir regardé, poser le téléphone réflexe semblable au même, regarder par la fenêtre le jour lourd qui se couvre tard, l’ex-tricité stratique à son comble, le bruit d’un motard à défaut de rime riche, il faut que je m’applique parce que comble ça craint comme rime, tromble ? Tromblez fourmis vous allez disparaitre dans le tapir. Sous le tapir ? On dirait dimanche soir. Il est presque minuit, top ça y est c’est lundi, la vie qui n’a pas changé va pouvoir reprendre son cours implacable de la semaine illusoire. Si le disque n’avançait pas sans cesse sur le phonogramme, les phrases colleraient mieux entre elles, même pour moi c’est chiant, il faut que je trouve des moyens pyrotechniques, explosions, effets spéciaux pour m’en sortir. Mon épouse m’appelle affectueusement papouette et je lui réponds rakakoum, c’est l’heure de la bête.

  10. jyb

    « Contre le terrorisme, la plus grande manifestation jamais recensée en France » titre Le Monde.
    « Une marche pour l’Histoire contre le terrorisme » chez Liberation.

    Je m’interroge. Quand je manifeste contre une loi, je m’adresse au législateur en espérant le faire plier sous le nombre. Quand je manifeste contre le nucléaire, je m’adresse au gouvernement en espérant infléchir sa politique énergétique. Mais quand je manifeste contre le terrorisme, je m’adresse à qui ? Hé, ho, terrorisme! Tu es méchant, je te demande d’arrêter. Quatre millions de gens ont envoyé une protestation au néant (accordons un abattement de 20% à ceux qui présentaient un *hommage* aux victimes, ce qui n’est pas la même chose). Leur colère ainsi évacuée, ils ont pu rentrer gentiment à l’étable avec le sentiment du devoir accompli. J’ai poussé mon cri contre le terrorisme. Et il a été entendu. Il est passé la télé. Le terrorisme l’a entendu et il a eu très peur. La preuve? Pendant ce temps-là, il recommençait au Hamburger Morgenpost. C’est pathétique.

    1. Fred

      Mais non, tout va bien ! Et si demain on vous décolle, pensez-vous que 3 millions de personnes descendront dans la rue pour votre jolie bouille ? Je n’en suis pas certains…

    2. gameover

      C’était bien là la nécessité pour les politiques de récupérer le mouvement.

      Imaginez le contraire : 3 ou 4 millions de gens qui manifestent c’est une sanction contre l’échec de l’état.

      Que les représentants de l’état se soient joints permettait d’élever la sanction à un niveau au-dessus… aie… l’europe ! Donc l’état a invité des représentants de l’europe et on est monté encore d’un niveau… aie… le Monde… alors on a invité des représentants du Monde… aie… mais les klingons n’étaient pas dispo…

      Effectivement ils ont manifesté contre les klingons, du vide…

  11. Christophe

    Les chiffres du chômage en France pour le mois de décembre seront publiés quand ?
    😉

    Voilà ma manière, toute personnelle, d’évoquer la liberté d’expression.

    Les bougies, les marches blanches, tendre l’autre joue, écrire des tweets, se « mobiliser », imprimer des t-shirt, proclamer que la France est « le centre du monde », c’est bien.

    Mais ça cache difficilement le Réel.

    Et le Réel c’est :
    -qu’est ce qu’on mange ce soir
    -et combien de milliers de chômeurs en plus en décembre

    Sans-Dent ce soir se sent invincible. Mais dans quelques jours, ce sera « tout le monde descend ».

    1. balt

      T’es jaloux parce qu’il a réussi a resouder le monde entier derrière lui?Faut s’attendre a une forte hausse de sa cote de popularité.Le chomage et la croissance ne sont plus un problème,comme après le mondial 98!

  12. yp

    Cacommence : la mère maquerelle tweete « il faudra bien entendu un Patriot Act à la française. » (@vpecresse 19:00)

    Liberté d’expression, ils se sont bien mis d’accord hier pour vendre ton cul. Liberté, tu va aller faire le trottoir pour nos zélites.

    D’ailleurs, Liberté, en France, plus personne ne se rappelle à quoi tu ressembles.

  13. Vomito

    Je suis d’accord avec quasiment l’intégralité de cet article mais quelle est la source pour : « Si l’on est bien Charlie, on doit se rappeler que l’hebdomadaire dont il est question refusait justement ces aides. »

    Parce que quand on voit des articles tels que http://www.clubic.com/internet/actualite-748737-charlie-hebdo-recoit-250-000-google.html on peut s’interroger quant à la politique interne de refus d’aide financière de Charlie Hebdo.

    1. D’une part, c’est post-attentat, et d’autre part, l’argent privé m’indiffère. Notez l’utilisation de l’imparfait (« refusait »).

      1. Vomito

        Cependant il n’y a pas que les fonds privés cités dans cet article puisque Fleur Pellerin vise le million d’euros de la part de l’Etat.

        Il n’empêche que j’aurais bien aimé avoir une piste de recherche sur leurs refus passés pré-attentat.

  14. Gerldam

    Curieux que personne n’ait suggéré de (re)lire « On liberty » de John Stuart Mill, le texte fondateur, à mon sens, de tout ce qu’on peut dire d’intelligent sur la liberté en général et celle d’expression en particulier.

  15. ChangePasDeMain

    Cher H16,

    Cette discussion n’est-elle pas quelque peu théorique ?

    En effet, dans l’hypothèse où on implémente une liberté d’expression totale, que fait-on des appels au meurtre ou au génocide qui ne manqueraient pas d’être lancés ? Que fait-on lorsque tel ou tel intégriste crée une école où on programme les gamins pour mourir en martyrs en assassinant le plus possible de personnes qui ne pensent pas comme il faut ?

    Bref, la liberté d’expression totale est-elle compatible avec la réalité ?

    1. La liberté va avec la responsabilité. Si un appel au meurtre est suivi d’effet (ou tentative d’effet), l’appelant risque gros. Quant à l’expérience de pensée, elle est touchante de naïveté.

      Tout cela a déjà été débattu, est déjà connu et déjà réglé (juridiquement, philosophiquement). Et l’inverse (les restrictions à la liberté d’expression) sont connues, leurs effets aussi et les résultats à moyen & long terme aussi.

  16. Marc Duhas

    Funny story, c’est parce qu’on a laisser parler Dieudonné que je me suis rendu compte de la nullité sans fond de ce qu’il racontait. Il m’a fait rire plus qu’aucun autre humoriste, sur scène. Mais son discours une fois descendu des planches est plus que consternant et discrédite de fait son humour.

    Le plus grand paradoxe c’est que c’est lors de l’affaire Dieudonné, il y a 1 ans, que l’on a porté atteinte pour la dernière fois à la liberté d’expression, en interdisant son spectable (pacifiquement et légalement hein). Les attentats de Charlie Hebdo n’ont a mon sens jamais ébranlé la liberté d’expression parce que personne en dehors de l’état ne peut le faire en France.

  17. Abitbol

    Professer la liberté d’expression, c’est bien. Respecter la liberté d’expression, c’est mieux. Donner la liberté d’expression, c’est encore mieux.
    J’ai été « viré » de Contrepoints sans aucune explication, sans savoir pourquoi. Je n’ai jamais utilisé d’insultes, donc c’était pour un autre motif. Et quand j’ai demandé une réponse à H16, j’ai eu droit à une boutade rhétorique…
    C’est malin maintenant !

    Il faut mettre un bandeau sur les sites où il est possible de laisser des commentaires pour prévenir que l’expression est libre du moment que les opinions ne contreviennent pas…

    1. Je vais répondre ici de façon claire : les commentaires sont ouverts mais j’ai toute latitude pour couper, expurger ou ne pas laisser passer un commentaire, et ce quel qu’en soit le motif. Le fait de ne pas vous laisser vous exprimer ici est lié à ma propriété privée, et n’atteint EN RIEN votre liberté d’expression. Internet est grand et vous pouvez vous exprimer partout sur internet sans être obligé de venir ici. C’est pareil sur Contrepoints. Arrêtez de chouiner.

      free speech

  18. Alexandrov

    Juste un petit témoignage, vous n’imaginez pas le bien que me font vos articles. Je passe pour un taré auprès de mon entourage, de droite comme de gauche quand j’évoque la liberté d’expression totale.

    Aujourd’hui, contester la loi Gayssot est déjà faire preuve d’antisémitisme, et annoncer « je ne suis pas Charlie » est à la limite de l’apologie du terrorisme. J’ai peur que la liberté d’expression sorte plutôt restreinte de cette affaire, contrairement à ce qu’en diront ceux qui ont la parole.

    Les bonnes nouvelles viennent de Charlie (dont j’étais acheteur, contrairement aux 4 millions moins 50 mille qui ont défilé dimanche) et de son numéro de demain : devraient y figurer des caricatures de Mahomet – car ce sont bien elles qui ont ete attaquées, et pas les quelques dessins ziziformes que les provocateurs à deux sous ne cessent de brandir depuis une semaine – et l’éditorial de Laurent Léger sur la manif devrait être intitulé « le bal des faux-culs ».

    Mais j’ai peur que la pensée unique sauce France Inter, en léger déclin depuis quelques temps, ne se nourrisse des derniers événements et en sorte grandie, éloignant un peu plus le moment ou le libéralisme (le vrai, culturel, philosophique, pas seulement économique) s’imposera dans ce pays.

    Pour l’instant, les gens « luttent », non pas pour défendre la liberté d’expression, mais pour la liberté de dire ce qui est autorisé, ce qui est assez hubuesque.

    Merci encore mille fois pour vos billets, continuez !

  19. Stéphane

    La liberté d’expression, qu’est ce que c’est ?
    L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, solennellement confirmée par notre actuelle Constitution, stipule : «La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.»

    Et l’abus de cette liberté a été clairement défini par la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, qui le distingue sous deux aspects : la diffamation des personnes et la diffusion de fausses informations.
    Et dans les deux cas, le droit de réponse et le droit de rectification suffisent à la réparation des dommages moraux éventuels, auprès des intéressés et du public.

    Mais depuis 1990, les idéologues dominants francais ont dans l’idée d’enserrer la liberté d’expression dans un carcan destiné à juguler leurs bêtes noires : la Shoa, la libre critique religieuse de l’Islam, l’histoire de l’esclavage, le génocide arménien (pour ce qui est de la Loi Francaise à ce jour mais il faut ajouter tous les tabous du politiquement correct pour lesquels nos députés n’ont pas encore légiféré).
    Aucune communauté n’est nommément désignée, mais aujourd’hui, les activistes musulmans et autres extrèmes-gauchistes sont les seuls à tenter d’utiliser ces lois qui ont été faites sous leurs pressions.

    Je ne parviens pas à comprendre qu’on veuille faire taire ceux qui, à tort ou à raison, remettent en question le discours officiel, tant du moins qu’ils procèdent à l’étude sérieuse et objective des données disponibles. S’ils ne diffament personne et s’ils ne diffusent pas sciemment des informations truquées, ils demeurent dans le cadre de la liberté d’expression qui est l’une des bases intangibles de la démocratie. S’ils commettent des erreurs ou des omissions, on a le droit de les critiquer et de les contredire, mais les bâillonner est un acte de despotisme insupportable.

    L’Europe a mis de siècles à se débarrasser du délit de blasphème et l’Homme a mis des siècles à conquérir sa liberté d’expression. La liberté d’expression est un droit acquis de haute lutte et pour lequel des révolutions ont été faites!!!!!!
    Chacun est libre de parler à son gré et avec toutes ses contradictions. Vous n’êtes pas d’accord? tournez les talons et allez voir ailleurs, mais ne baillonez pas ceux qui vous gènent.

  20. Willy

    L’exposé est louable mais n’oublions pas qu’il existe en France des lois qui justement limitent la liberté d’expression et violemment.. On peut parler de la loi Gayssot ?

  21. Gayssoteries

    Rejoignant votre position contre les lois mémorielles dans leur ensemble, et plus particulièrement celle qui possède une dimension pénale (Loi Gayssot), nous nous permettons de communiquer sur notre page qui compile un ensemble de documents à ce sujet.
    https://gayssoteries.wordpress.com/

    nous nous sommes permis (en citant notre source) de relayer votre texte, qui enrichit la reflexion.
    Bien à vous,
    Gayssoteries.

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