L’État, un vivier de dettes catastrophiques … et d’emplois rigolos

Parfois, le monde, il est vraiment pas gentil. Alors même que nos ministres s’emploient à lancer assez peu discrètement la campagne présidentielle de François Hollande à grands renforts de flagorneries toutes plus grosses les unes que les autres, la réalité vient sauvagement leur distribuer des directs bien serrés dans les parties molles : la Cour des Comptes, encore elle, assène une nouvelle gifle au pouvoir en place.

Elle vient en effet de rendre public son rapport sur le budget de l’État en 2014, analysant l’exécution des dépenses et des recettes. La conclusion ne fait guère de place aux doutes : l’exécution du budget de l’État se caractérise en 2014 par une aggravation du solde budgétaire par rapport à 2013 (et pif), du fait d’une baisse des recettes nettes (et paf) et d’une hausse des dépenses nettes du budget général (et vlan). Zut, flute, caca boudin : la dette de l’État continue à progresser « à un rythme soutenu ». Pire : Didier Migaud, le premier président de l’institution, constate (pas trop consterné, le bougre devait bien s’y attendre) que la baisse du déficit de l’État, vaguement amorcée depuis 2010, « a été interrompue l’an dernier », avec une hausse de 10,7 milliards d’euros.

Décidément, c’est vraiment pa’d’chance !

Baisse des recettes, augmentation des dépenses, on croirait à un mauvais scénario où tout, absolument tout, se déroule à la fois comme prévu et selon le pire scénario possible. Dans ce rapport, c’est surtout la nette baisse des recettes qui indique que la trajectoire suivie par les finances publiques ressemble de plus en plus à celle que suivit l’un des boosters de la navette Challenger dans les dernières micro-secondes de son dernier vol. L’autre booster, c’est celui des dépenses qui pointent résolument vers la stratosphère.

budget état dépenses recettes

Cependant, soyons bien clair : pour ce qui est de la hausse des dépenses, cela n’aura étonné personne. À l’exception bien sûr des habituelles pleureuses socialistes qui continuent leurs simagrées sur une austérité dont on voit mal où elle se niche d’année en année : les dépenses exceptionnelles continuent de grimper (sans pouvoir expliquer à elles seules, selon la Cour, l’aggravation des déficits), et surtout, … les dépenses de personnel aussi.

Eh oui, tout comme en 2013 où la presse constatait, à la suite de la Cour, que l’emploi public repartait à la hausse (sans pour autant en conclure que l’austérité était du flan, conclusion logique apparemment inatteignable), il en fut de même en 2014 où l’emploi public aura là encore affiché une excellente santé, probablement en proportion du marasme qui s’est emparé de l’emploi privé.

Et d’ailleurs, il n’est qu’à se rendre sur le portail de la fonction publique destiné à recenser les offres d’emplois ouvertes par les nombreuses (ô combien nombreuses) administrations de notre beau pays pour comprendre qu’il y a fort à faire pour seulement espérer tarir le flot invraisemblable de missions que l’État s’est octroyé et qui nécessitent une armée de bras que tous les impôts du pays ne parviendront pas à payer.

L’exercice, du reste, est aussi éclairant qu’amusant. Ainsi, au milieu d’âpres propositions d’« Inspecteur de l’Éducation Nationale » ou de « Chargé(e) de mission pour des marchés publics » dont on devine, sans avoir besoin de les lire en détail, qu’elles baignent dans l’ambiance joyeuse et un peu fofolle de procédures légales rigolotes et d’une paperasserie tout à fait amusante, on peut aussi trouver une somme assez conséquente de métiers que le secteur privé n’aurait sans doute jamais pu imaginer tant leurs intitulés vendent du rêve, envoient du steak et tabassent du chaton mignon à 100 km à la ronde.

chaton youpi encore une mission réussie

On peut par exemple devenir (offre 104562) « Directeur départemental de la cohésion sociale et de la protection des populations de Dordogne », ce qui permet d’affirmer à la fois qu’il y a tout une administration chargée de la cohésion sociale en Dordogne (apparemment, il y faut toute une administration pour que le social soit bien cohérent, sinon, ça part rapidement en vrille, je suppose – c’est chaud, la Dordogne, question cohésion sociale, que voulez-vous) et à la fois que même sans directeur actuellement, la Dordogne s’en sort pas trop mal puisque l’anarchie n’y a pas encore étendu son règne (ah bah finalement, c’est pas si chaud, la Dordogne, question cohésion sociale).

Une autre offre (ici) permettra d’enfin trouver un « responsable du programme de simplifications pour les citoyens dans le cadre du choc de simplification » ce qui explique d’un coup pourquoi la situation était si foutrement épineuse. Dire qu’il manquait tout simplement d’un responsable pour piloter ce foutu programme de simplification pour qu’enfin, pouf, le choc se mette doucement en route, franchement, on est rassuré de voir que des dispositions ont été prises à ce sujet. Ouf. Depuis le temps qu’on l’attendait, ce responsable !

Je pourrais vous détailler, pour le plaisir, l’offre 105442 qui réclame un « Chargé(e) du suivi des publics en insertion par le logement et demandeurs d’asile » dont l’intitulé laisse présager de grands moments de solitude paperassière aux tampons humides des pleurs de son possesseur, ou, plus amusant, l’offre 106558 qui réclame un – je cite – « Administrateur Agent virtuel intelligent (AVI) pour le Compte personnel de formation (CPF) H/F » qui demande plusieurs relectures et laisse songeur quand on imagine le candidat revenir d’un entretien plein de succès et s’écrier à ses proches :

« Youpi, je suis enfin administrateur agent virtuel intelligent pour le CPF, mes petits amis ! J’ai toujours rêvé d’être administrateur agent virtuel intelligent, et c’est une vraie promotion de mon poste précédent d’agent virtuel idiot ! Vite, mangeons de la Ouiche Lorraine pour fêter ça ! »

ouiche lorraine et administrateurs
Enfin, sachez que l’offre pour un « Responsable de la démocratie sanitaire » est malheureusement expirée, et non, il ne s’agissait pas d’aider la naturelle (et nécessaire) synchronisation des urnes électorales avec les toilettes républicaines, mais de fournir un poste pour un responsable de l’un de ces concepts fumeux, dont la fonction réelle est de créer toute une hiérarchie et des postes à la douzaine pour camoufler l’explosion du chômage en France.

On le comprend, alors que les uns pleurent sur l’amère austérité qui n’existe pas, que les autres chouinent sur la réduction dramatique des services publics, la Cour des Comptes et les chiffres sont sans appel : l’État continue de plus belle à embaucher, à tour de bras, ses dépenses explosent et ses recettes s’effondrent. Mais rassurez-vous : au moins, ses agents ne sont pas en rupture d’imagination pour l’intitulé des multitudes de jobs palpitants qui s’y crée tous les jours.

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Commentaires209

  1. Desproges54

    « et de la protection des populations de Dordogne »

    Je suis le seul à avoir pensé à une réserve animalière en lisant ça?

  2. hop hup

    À la SNCF, cette fois, ce ne sont pas les trains qui sont en retard, mais le versement des salaires. Selon nos informations, en mai, au moins 1 300 cheminots n’ont pas été payés tandis que d’autres ont vu leurs émoluments amputés de diverses primes. La faute au nouveau logiciel de gestion des salaires mis en place par la compagnie ferroviaire depuis le 1 er janvier. Baptisé Hélios, il est censé… accélérer le traitement des fiches de paie. « On est passé de six jours à trois heures », justifie la SNCF. Sauf que, depuis sa mise en place, les bugs se sont multipliés.

    comme un air de déjà vu !

  3. hop hup

    Le philosophe Bernard-Herni Levy a été entarté samedi soir par Noël Godin, dit Le Gloupier, samedi soir à l’église Saint-Loup à Namur dans le cadre d’un dialogue croisé avec Jan Fabre à l’occasion de l’Expo Facing Time Rops/Fabre qui a lieu à Namur depuis le 14 mars dernier jusqu’au 30 août prochain. Pour Noël Godin, cet « attentat burlesque », hommage au caricaturiste Siné, est une « réussite fantastique ».

    Une vingtaine de personnes, huées par la foule, ont lancé des tartes à la crème au visage du philosophe au début de la discussion vers 20h30. Malgré la présence de ses deux gardes du corps, « BHL », criant « Non, y en a marre », a reçu de la crème chantilly sur le visage, les cheveux et son costume.

    purement jouissif

    1. Botul JB

      selon RTBF.be (ce soir), l’entarté à ensuite déclaré :

      « On ne peut pas se laisser intimider par des incultes pareils qui ne savent même pas qui est Baudelaire »

      En parlant d’inculte, et si on parlait de Jean-Baptiste Botul ?

    2. Quiet Desperation

      Ce Godin, il est vraiment au poil !

      BHL entarté est toujours une immense satisfaction d’ordre spirituel : c’est sans doute une rétribution minuscule au regard des destructions provoquées par les incitations et pulsions meurtrières de cet esprit haineux, mais l’atteinte à son image et le ridicule éprouvé doivent lui ronger l’âme comme un acide.

      Jouissif, en effet… Le Gloupier devrait être déclaré d’utilité publique…

      Dans sa « kill-list » je verrais bien un certain Alain J. : cette complaisance attendrie envers lui-même, ce mépris familier à l’endroit de la populace, cette conviction touchante d’appartenir à l’élite, prônant par exemple la retraite à 65/67 ans quand on s’est retiré des affaires* à 57, profitant des conditions exceptionnelles accordées aux anciens PM et énarques et inspecteurs des finances…
      La tarte à la crème sur aussi noble calvitie me semble incontournable….

      * »affaires », je m’entends : je ne suis nullement inquiet quant à la situation de fortune du personnage, qui a su tirer avantage financier de tous ses heurs et (petits) malheurs. Sa soudaine conversion à la suppression de l’ISF me semble un marqueur amusant.

      1. Bonsaï

        Nous abondons dans le sens de votre revigorante petite mise au point. Ah ! qu’il est agréable de lire des vétérans cultivés ayant encore un peu de jugeote et de sens des valeurs.
        En ce qui concerne BHL, je crains qu’il ne se soit quelque peu auto-immolé. Son équipée lybienne fût pour lui la campagne de trop.

    3. Nicolas

      En même temps, tout le monde se fou de ce que débite ce milliardaire marxiste exilé fiscal..

      Qui va lire ses « oeuvres » ? Personne. Et cette histoire de tarte est une agression.

    1. gameover

      ah oui pas mal…. l’entreprise virtuelle… avec des problèmes virtuels et un salaire virtuel. Les impôts virtuels ?

    2. MadeInCH

      Méthode URSS.
      Pas assez d’emplois.
      Donc on en crée, des improductifs.
      Par exemple, dans certains hopitaux, à chaque étage, il y avait une dame responsable de garder toute les clef de l’étage. C’est à dire les 3 clefs des locaux de stockages.
      .
      Qui a dit, déjà, que l’UE c’est une nouvelle URSS?

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