Thinkerview : ploutocratie américaine et géopolitique moyen-orientale

En octobre de cette année, Thinkerview nous avait permis de découvrir l’intéressant entretien que son équipe avait réalisé avec Pierre Conesa sur l’Arabie Saoudite. Ce mois-ci, la même équipe revient avec une heure de débats sur la géopolitique internationale.

Ce débat, auquel prennent part Charles Gave, gérant de fonds et économiste, Olivier Berruyer, l’actuaire auteur du blog Les Crises, Artem Studennikov, n°2 de l’ambassade de Russie en France et Hervé de Carmoy, l’ancien vice président de la commission Trilatéral Europe, aborde différentes questions et permet aux quatre intervenants de fournir une vue originale, peu entendue ailleurs et notamment très peu sur les habituels plateaux de télévision des médias « grand public ». La version complète est disponible ci-dessous :

L’entretien se découpe approximativement en deux parties, la première abordant le rôle, notamment monétaire, des États-Unis sur l’échiquier international, pendant que la seconde partie se concentre sur le Moyen-Orient et les développements qui le secouent actuellement.

En substance, tous les intervenants s’accordent à dire que l’actuel système financier nécessite des réformes et qu’il a largement échappé au contrôle de ceux qui sont censés le diriger (États et institutions financières). On peut à ce sujet citer Charles Gave qui relate un dîner pris au début des années 2010 avec Thomas Hoenig, le chairman de la Fed de Kansas City, et qui lui tint à peu près ce propos :

« Depuis la fin des années Clinton, une ploutocratie a pris le contrôle des États-Unis, à partir des trois grandes banques que tout le monde connaît, qui gère la masse financière des États-Unis au profit de cette ploutocratie, et la grande question est : comment nous, américains, allons-nous récupérer notre démocratie ? »

Question d’autant plus prégnante que, comme le rappelle Hervé de Carmoy, les masses financières dont il est question représentent des trillions de dollars de liquidités qui sont, peu ou prou, indisponibles pour une économie devenue exsangue, les prix n’ayant plus de signification réelle. Le dollar, la devise américaine mais le problème du reste du monde, permet ainsi aux États-Unis d’exercer un pouvoir exorbitant, notamment en imposant un droit américain au reste du monde sans qu’il soit pour le moment possible pour ce dernier de s’en affranchir : c’est bien une mafia qui a pris le pouvoir, et tout indique qu’il manque encore bien trop de courage politique pour en venir à bout actuellement.

Au passage, on notera que dans cette problématique, les Russes jouent une partition un peu différente des Européens, ayant des possibilités vers la Chine.

china landlord

La seconde partie de l’entretien aborde ensuite les problèmes de géopolitique internationale et donnent notamment à Studennikov la possibilité d’émettre quelques discrets messages (il reste un diplomate, ne l’oublions pas).

Pour lui, la Russie ayant observé sans agir ce qui s’est passé en Libye et constatant la catastrophe, n’a eu d’autre choix qu’intervenir lorsque la Syrie est à son tour atteinte par les troubles. Ayant déjà eu l’occasion de goûter au radicalisme des sunnites en Tchétchénie, le gouvernement russe comprend assez bien que la Syrie, patchwork bigarré de différentes ethnies, ne tient que par alliance des communautés minoritaires sur les sunnites. De ce point de vue, il rejoint Gave qui exprime son opinion de façon lapidaire : les boute-en-guerre (au Qatar, en Arabie Saoudite) « foutent le merdier partout », et, selon lui, le vrai ennemi n’est pas les Chiites, mais bien les Sunnites locaux.

Vers 42:30, on écoutera avec profit l’analyse de Hervé de Carmoy de la situation globale au Moyen-Orient et de son évolution sur les dernières années, qui estime qu’on observe ces instabilités essentiellement parce que les Américains se retirent, et s’ils le font, c’est parce qu’ils ont maintenant la capacité de produire le pétrole chez eux et n’ont donc plus besoin du pétrole moyen-oriental. Ce constat rejoint au moins en partie celui dressé dans un autre entretien Thinkerview.

En outre, il n’y a personne pour les remplacer, par défaut de politique européenne cohérente en la matière : nous n’en avons pas les moyens (infrastructures, humaines, technologiques, financières), il nous manque aussi une capacité à mobiliser les Européens pertinents sur place pour résoudre les problèmes, et nous souffrons enfin d’un évident déficit d’image (par le passé colonisateur européen). Autrement dit, pour de Carmoy, les désordres actuels ont de bonne chance d’être durables, ce que confirme Gave (vers 48:55) qui rappelle qu’historiquement, le Moyen-Orient a toujours eu besoin de la férule d’un empire assez puissant pour conserver la paix.

Enfin, la question de savoir si nous aurions à souffrir d’une troisième guerre mondiale est abordée. Sans surprise, le diplomate russe se contentera de rappeler que son pays cherche avant tout l’apaisement (notamment dans la question qui oppose actuellement les Chinois et les Américains). Pour Gave en revanche, cette guerre a déjà commencé entre les Américains et le monde musulman, et l’économiste constate, attristé et surpris, que les États-Unis sont en train de la perdre, bientôt suivis par les Européens.

Quant à de Carmoy, il rappelle avec optimisme que les Américains ont actuellement besoin de se créer un ennemi et qu’ils semblent avoir choisi les Russes, mordicus, citant en appui de sa thèse les discours actuels des Américains et rappelant qu’ils sont étrangement proches des discours qu’ils tenaient pendant la guerre froide. De Carmoy note enfin que les Européens ont tout à gagner à commercer pacifiquement avec les Russes et peuvent très bien laisser les Américains dans leurs préjugés.

ninjas terrorists are here

De l’ensemble de cet entretien ressort à mon avis l’idée que nous vivons actuellement à un tournant majeur de l’Histoire. La puissance dominante est confrontée aux limites de son système politique et subit les revers des impasses dans lesquelles ses élites l’ont fourrée, entraînant de profonds changements géopolitiques dans le monde, essentiellement au Moyen-Orient qui, à l’aune de cette analyse, représente donc la conséquence de ces mutations et non la cause.

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Commentaires124

  1. Le Gnôme

    Je dois avouer que je comprends mal le jeu des Américains. Je comprends encore plus mal le jeu des pétromonarchies qui luttent contre Daesh en le soutenant en sous main de peur que les Chiites prennent la place. Faut il découper tous ces pays artificiels pour avoir une certaine homogénéité ethnique et faire des transferts de population ? Après tout, il n’y a plus de problème de Sudètes en Tchéquie.

      1. Pat

        qui ne luttent pas contre Daesh, mais des pétro-monarques (et leurs familles) qui ont très peur d’être renversés et chassés par Daesh.

    1. Deres

      En tout cas, je trouve de plus en plus, qu’en mettant les attentats sur le dos de Daesh et en parlant sans cesse de guerre, le gouvernement se dédouane à bon compte de ses responsabilités intérieures. Je pense que Daesh est en fait impliqué de manière très indirect dans cet attentat et fait lui même de la récupération à bon compte pour son image. Le point le plus flagrant est que sa fameuse revendication contient uniquement des informations que l’on pouvait trouver sur internet y compris l’évocation d’action dans le 18e arrondissement qui n’ont jamais existé. En menant une guerre contre un ennemi clairement identifié, Flamby peut prétendre progresser et la gagner alors que face à des cellules et des réseaux dormants bien de chez nous, il est quasiment impossible de montrer des progrès concrets aux français. le gouvernement joue donc à fond le jeu des terroristes en réalité en propageant la crise syrienne au lieu de s’occuper de ses affaires intérieures. Le vrai problème français, c’est surtout qu’il y a des terroristes locaux déjà implanté. En l’absence de commanditaire syrien ou de renforts venu avec les migrants, ce genre d’attentats aurait probablement eu lieu quand même un jour ou l’autre. Le financement, le recrutement et l’armement de ces attentas est fondamentalement local, pas syrien.

      1. Laurent

        Bien vu ! Sans oublier quelques trafic locaux, bien tranquilles (cf l’histoire du logeur de St Denis), où les armes lourdes circulent tranquillement.
        Tout ça est cousu de fil blanc: terroristes et gouvernement sont complémentaires.

            1. Resistant Valaisan

              Non, justement. « Armes lourdes » est un terme de journaliste subventionné qui ne sait pas de quoi il parle. « Armes de Guerre » est beaucoup plus juste.

              La catégorie ALI pour « Armes Légères d’ Infanterie » va jusqu’ aux mitrailleuses moyennes (calibre 7.62), au moins, si ce n’ est plus. Je ne trouve pas de définition précise.

              Les armes d’ infanterie englobent tout jusqu’ aux canons de 20mm et mortiers de 81mm.

              ….. parce que c’ est un plaisir de naviguer sur un blog intelligent avec une bonne orthographe et des termes précis !

    1. laurent

      En effet, on ne peut s’empêcher de penser que cette situation inextricable trouve son origine dans les interventions multiples des pays occidentaux un peut partout qui ont essentiellement consister à armer et soutenir les parties les plus radicales et les dictateurs les plus violents. je pense notamment au financement de benladen par la CIA qui n’est qu’un exemple parmi une myriades d’autre (la France à une lourde responsabilité concernant le délabrement de l’Afrique). Il est temps aujourd’hui de finalement s’occuper de nos affaires et de laisser les autres choisir leur voix. Il nous restera plein de moyens pacifiques et légitime d’influer le monde : l’exemple en premier lieu puis la discrimination (ne pas commercer avec des tyrans) et enfin le discourt mais cela implique que nous soyons irréprochable et c’est as gagné…

      1. Higgins

        La perte d’influence de la France en Afrique a été actée lorsque Ballamou a rompu la parité franc-franc CFA afin de pouvoir intégrer la superbe monnaie européenne. J’étais à l’époque en Afrique et j’ai vu les dégâts en direct. Comme nos zélites ont été incapables de gérer correctement la fin de pouvoir des personnalité qui avaient fait l’indépendance et que les fonctionnaires locaux en poste depuis les années 60 prenaient leur retraite, l’ensemble est doucement partie en saucisse. De nombreux dirigeants, plus jeunes, n’ont pas pardonné cette trahison. A cela s’ajoute le jeu trouble des américains et des anglais pour agrandir leur zone d’influence. C’est ce qui a conduit entre autres à la guerre civile en Côte d’Ivoire.

        1. Caton

          Les premiers à agrandir leur zone d’influence en Afrique, et pas uniquement aux dépens de la France, c’est les Chinois. La Chine communiste étant discrète et avançant masquée, son rôle est systématiquement sous-évalué.

          1. ca-suffit

            Je vous défie de citer un seul pays africain où les chinois sont intervenus pour mettre en place, défaire ou même influencer un gouvernement.
            Pour un chinois, le droit d’ingérence, c’est une petite connerie rigolote d’anciens coloniaux au logiciel largement dépassé.
            Par contre, le business…….., et capter le business partout, c’est devancer d’un siècle ceux qui en sont encore à avoir ou étendre une zone d’influence.
            Non, les Chinois n’avancent pas masqués. Ils avancent, c’est tout.

            1. Caton

              Les grands projets d’infrastructure attribués à des sociétés chinoises, les concessions d’exploitation attribuées à des sociétés chinoises, c’est gratuit à votre avis? Aucune influence, aucune rétrocommission, ils sont juste meilleurs? Comme pour la pose de fibre optique en Côte d’Ivoire, où il va falloir tout arracher et recommencer à zéro, mais la même société « gagne » de nouveaux marchés publics, c’est bien évidemment par amour du riz cantonais?

              1. tabbehim

                je rejoint Caton dans cette analyse, même si c’est insidieux les chinois prennent bien un contrôle financier en douceur de nombre de pays africain, et une fois un contrôle financier établit, inutile d’être grand prêtre pour deviner ce qui suit 🙂
                Et pas besoin d’influencer ouvertement un dirigeant en Afrique, ils cherchent eux même l’influence des grandes puissances ^^ et la chine en est une aujourd’hui !

                La force de la chine est dans sa capacité à phagocyter les économies les moins développé et s’approprier un marché certains, et pour ce faire, il leur faut des dirigeants bien disposé qu’elle tiens par la (les) bourse(s) 😉

              2. ca-suffit

                Ce n’est en rien avoir ou étendre sa zone d’influence. C’est du business pur. Et dans le business international, on arrose. Ne mélangez pas tout.

                1. ca-suffit

                  tabbehim et Caton, pour vous faire comprendre le business à la chinoise, je vais vous résumer une histoire rigolote. Au Cameroun, le Président Biba a accordé à la Chine l’exploitation de plusieurs mines de diamant, moyennant une grosse enveloppe puis un pourcentage du produit de l’exploitation de ces mines. Ravi de ce business avec ces gentils chinois nettement plus compréhensifs que ces Français radins et compliqués, Biba confia à la Chine, contre pépétes bien sur, la construction du palais omnisport de Yaoundé.
                  Comme il se doit sur tout chantier chinois en Afrique, n’y travaillaient strictement que des ouvriers chinois et le moindre boulon était importé de Chine. Ce chantier fut TERRIBLEEEEEEE.
                  Chaque mois, plusieurs ouvriers chinois y trouvèrent la mort et leurs cercueils renvoyés au pays, au milieu de torrents de larmes.
                  Un jour, un chef douanier s’étonna de ce défilé de cercueils et décida d’en ouvrir un, histoire de… Aucun macabé, mais 80Kg de diamants que les petits chinois n’entendaient pas partager avec Biba.
                  tabbehim et Caton, cette histoire n’est pas un cas exceptionnel, mais la règle. Appelez-vous cela étendre sa zone d’influence?
                  Moi pas franchement.
                  Pour un Chinois, tout ce qui ne jouxte pas sa frontière, n’a d’intérêt que pour le business.

                  1. gameover

                    Ce que vous oubliez ca-suffit c’est que les politiques ont tout intérêt à conserver au pouvoir dans ces pays d’Afrique ceux qui font fonctionner leur économie national.
                    Il y a quelques années les valises de billet pour les bakchichs des décideurs africains et leurs ouailles transitaient par le ministère de finances en france pour 2 raisons : la comptabilité des entreprises en france mais aussi pour tenir les dirigeants africains par les couilles. Les chinois font pareil même si c’est plus discret.

                  2. Caton

                    Histoire bien connue… mais voilà, les concessions diamantifères au Cameroun ont été attribuées à C&K Mining. Le C est pour Cameroon, le K pour Korea. Sud-Coréen, donc, et non pas chinois. Dommage.
                    Les diamants dont vous parlez sont des « diamants de sang » provenant de Centrafrique. Pas tout à fait pareil.
                    Au fait, le président du Cameroun c’est Paul Biya, pas Biba.

                    1. ca-suffit

                      Selon vous, la totalité des concessions ont été attribuées aux Coréens : archi faux. Diamants de sang: vous êtes dans le secret des dieux?
                      Biba, c’est comme cela que l’appelle les Camerounais de la rue.
                      La différence entre nous est que votre culture proviens des médias, quand perso, j’ai la curiosité d’aller vérifier sur place.
                      Continuez d’affirmer que la Chine ne fait pas que du commerce déloyal, mais avance masquée dans le but d’étendre sa zone d’influence en Afrique si cela vous chante.
                      Sur ce salut.

            2. gameover

              Je disconviens respectueusement arghhh !
              Depuis des années les chinois installent des cimenteries, des raffineries en Afrique et les concessions sont données en échange de la construction de routes, de voies de chemin de fer et même de villes entières. Il y a 2 mois les chinois de Sinoma se sont même alliés à l’homme le plus riche d’Afrique (Dangote 20Mds). Sinoma est alimenté en argent directement par la banque d’état chinoise et a construite 10 cimenteries dans divers pays d’Afrique depuis 2008. et Sinoma n’est pas le seul chinois en Afrique.

              Googler
              Dangote China

  2. Gerldam

    Ce que je comprends encore moins, c’est le jeu des saoudiens: ils n’ont aucun intérêt à ce que le pétrole reste bas (ils ont dû vendre des bijoux récemment), les américains non plus car l’huile de shiste n’est plus rentable et de nombreuses compagnies font faillite, encore moins les russes qui vivent du pétrole. Personne n’a intérêt à un prix aussi bas et pourtant….
    Quelqu’un a-t-il une idée?

      1. Caton

        Les infrastructures de stockage de pétrole étant au bord de la saturation (des dizaines de navires sont utilisés comme stockage flottant aujourd’hui), $20 me paraît encore bien haut.

    1. tabbehim

      le principe d’éviter à tout prix un détournement vers d’autres sources d’approvisionnement.
      Plus les prix montent, plus les ressources en pétrole qui coûtent trop cher actuellement vis-à-vis des prix mondiaux trouvent grace aux yeux des exploitants.
      par exemple, les gisements à plus de 3km de profondeur commencent à être regardé avec plus de gourmandise qu’il y’a 20 ans 😉

      1. Peste et coryza

        +1
        Le premier gisement de gaz de schiste, c’était en 1920… une curiosité pour ingénieurs à l’époque.
        Avec un prix du pétrole à plus de 100 dollars et l’évolution technologique, c’est une gisement exploité.

    2. Kazar

      Oui, ils espèrent justement tuer la concurrence du gaz de schiste américain. Les entreprises US ont investi dans ce secteur à coups d’emprunts qu’elles sont désormais incapables de rembourser…

    3. Pat

      Le principe est de casser les prix pour casser la concurrence. Avec un prix de revient du baril à moins de 10 dollars, les saoudiens ne vendent pas à perte. Mais ils dépensent énormément. Dur de baisser son train de vie quand en plus on doit acheter des rafales…

      1. « Avec un prix de revient du baril à moins de 10 dollars, les saoudiens ne vendent pas à perte. »
        Ah si si. Leur point bas est autour de 20 à 30$. 10$, c’était dans les années 80 et il y a eu un peu d’inflation depuis.

          1. tabbehim

            pour faire simple, il faut se demander combien de baril on extrait en utilisant un baril 🙂
            ça sera plus parlant que des dollars.
            je cherche l’étude qui montre la « grosse » croissance de l’énergie nécessaire (exprimé en baril, le pétrole étant une source d’énergie quantifiable) pour extraire du pétrole ces 45 dernières années.

                1. Peste et coryza

                  Energy policy est un très bon journal.
                  Je me souviens que cet auteur qualifiait les agrocarburants de Iere et IInde générations de « blague ».

                  Notez que le « peak » vaut pour tout ce qui à l’échelle de l’humanité est donné une fois pour toutes, c’est à dire tous les métaux.,.

            1. MCA

              Michael C Ruppert en parle dans son film Collapse.

              Je crois me souvenir (encore faudrait il que je revérifie) que nous en sommes actuellement à un rapport de 1 à 3 ce qui signifie qu’il faut dépenser un baril de pétrole pour en extraire 3 et le rapport ne cesse de diminuer.

              Pour ceux qui ne connaissent pas et qui voudraient vérifier:

              1. Peste et coryza

                Normal, la qualité des gisements baisse…

                L’ERoEi, c’est le rendement énergétique : l’énergie obtenue par rapport à l’énergie investie.
                Par exemple, pour manger, le tigre doit chasser (= dépenser de l’ATP). Chasser consiste à mettre la main (les crocs dans le cas du Tigre) sur un stock d’ATP.
                S’il rate sa chasse, il a dépensé pour rien. l’Idéal pour le Tigre est de tuer un gros buffle bien gras, qui rapporte un max d’ATP.
                En entreprise, on traduirait ça en pertes et profits.
                Même les herbivores font (instinctivement) ce calcul. Ils cherchent avant tout les herbes tendres car elles sont plus facile à digérer, donc moins de dépense et plus de profit.

                Nous sommes comme tous les êtres vivants : des feignants qui économisent l’énergie. Quand on voit un pommier, on attrape d’abord les pommes à portée de bras. Aller chercher les autres demande plus d’énergie (grimper dans l’arbre) ou un saut technologique (aller chercher une échelle).

                Et il y a le rendement décroissant (Cf Tainter) : chaque saut technologique rapporte de moins en moins. Au bout d’un moment, vous abandonnez l’extraction car ça devient trop compliqué.
                Dans le cas des pommes, ramener une machine agricole à 500K euros pour collecter les dernières pommes n’est juste pas intéressant.
                Le plus drôle est que ça s’applique aux entreprises, par ce que ce cadre appelait la « sur qualité » et la « sur réglementation » : le cadre légal et les normes deviennent tellement contraignantes que ça rend l’activité inintéressante. Donc on arrête.

                Pour le pétrole, on a fait pareil : d’abord on a tapé dans les plus faciles, et maintenant que les plus faciles sont en passe d’être épuisés, on tape dans des gisements plus durs à exploiter.

                Les gisements de pétrole conventionnel (Ghawar, etc…) donnent le meilleur ERoEi. L’offshore coute plus cher, et non conventionnels encore plus cher.
                Le gaz de schiste, en 1920, était une curiosité d’ingénieurs, car il fallait bien plus d’énergie pour extraire un équivalent baril de pétrole que ce que ça rapportait. L’évolution technologique et la demande ont rendu l’exploitation de ces gisements rentable.

                1. J’adore les gens qui se font des noeuds au cerveau par simple mauvaise compréhension de l’économie.
                  Les rendements bidules trucs, les ERoEI, les calculs de barils en entrée et en sortie, c’est très joli, mais tout est déjà contenu dans un indice, pratique, simple, et très illustratif : le prix. Et ce dernier permet très précisément de déterminer si une affaire est rentable ou pas. Tout le reste est de la branlette.

                  Et puis bon, comment pouvez vous avoir « chaque saut technologique rapporte de moins en moins » et observer la situation économique actuelle d’abondance où la population terrestre ne s’est jamais aussi bien portée ?

                  1. MCA

                    « la population terrestre ne s’est jamais aussi bien portée « ….Allez donc dire ça aux 1.5 milliards qui crèvent de faim et ensuite on en reparle…

                    Pour les 6 milliards restants, leur niveau de vie est essentiellement conditionné à la production de pétrole et de préférence pas cher; le jour où il faudra 1 baril consommé pour 1 baril produit ça risque de très mal se passer, je ne serai plus là et je m’en réjouis.

                    Pour ceux qui seront encore là, il restera toujours le soleil vert, le « hic » étant que cette nourriture sera réservée aux plus habiles à manipuler le gourdin que le concept.

                    1. Aaaaaaaaaaaaaaah pitié, pas ces poncifs. Et ceux qui « crèvent de faim » comme vous dites (sans savoir) ne se comptent plus du tout en milliards, mais en millions, ce qui est très net progrès sur les 50 dernières années.

                      Et pitié aussi, quand on dit « la population terrestre ne s’est jamais aussi bien portée », on ne dit pas « la population terrestre se porte bien ». Apprenez à lire.

      2. douar

        Le prix de revient du baril est une chose, mais le problème est de savoir sur quelles bases ont été bâtis leurs budgets.
        Si les saoudiens sont partis sur des hypothèses à 80 $, ça leur fait des trous dans leur budget et des coupes à prévoir, d’où, problèmes sociaux potentiels.

    4. albundy17

      Les saoudiens ont un prix de revient au baril de 4$, ils gagnent moins qu’avant, mais c’est une réponse du berger à la bergere: ils voient d’un très mauvais oeil le relatif rapprochement des us avec l’Iran, surtout pour des questions religieuses.

      Ils font également d’une pierre deux coup, affaiblissant les revenus de la russie associée du méchant allaouite Al Assad très embêtant pour œuvrer à la construction du projet de gazoduc passant sur ces territoires.

      Il y a une imbrication forte étroite de géopolitique et de religions, les saoudiens , wahhabites, se réjouissent et financent l’EI et n’ont rien a craindre sur leurs sols.

    5. Deres

      Les américains bénéficient aussi de cette baisse et le pétrole de schiste leur a surtout servi à redevenir indépendant énergétiquement ce qui est très favorable en terme économique.

    6. bibi

      Les saouds peuvent supporter des prix du pétrole bas et faire baisser le prix du baril est la meilleure politique qu’ils peuvent mener contre Daesh en les touchants directement au portefeuille et ainsi obérer leur capacité opérationnelle et faciliter ainsi sa disparition.

      Une fois débarrasser de Daesh et avoir porté un coup à l’exploitation des pétroles non conventionnels il y a fort à parier que si la demande n’est pas repartie d’ici là ils baisseront leur production pour faire monter les prix.

  3. Olivier R

    Sur le prix du pétrole ça ressemble à un bluff généralisé où personne ne veut ceder… et ne pas oublier l’Iran qui peut maintenant vendre son pétrole sans restrictions sur le marché mondial…

  4. Juju

    La conclusion de l’article est bonne, j’ai aussi l’impression d’être à un tournant de l’histoire, après sans fatalisme il faut accepter de faire partie de l’histoire mais choisir son sort au possible…

    Par contre, ayant pas mal entendu Hervé de Carmoy avant, je le trouve un peu à l’Ouest dans son analyse(ou langue de bois?)sur la situation du pétrole US sur l’UE, et sur l’avenir!

    De même que sur les échelles de temps utilisées par les intervenant, la situation risque de se dégrader plus vite qu’ils ne l’expliquent.

  5. Higgins

    Encore un billet très intéressant. Une des plaies de notre époque moderne, accentuée par la floraison d’informations disponibles, a été et est le sentiment que l’Histoire s’était terminée avec la chute du communisme et que, débarrassée de ses démons, l’Humanité (pas le journal, je précise) allait reprendre sa marche triomphale vers le bonheur absolu. J’apprécie énormément la mise en perspective fait, entre autres par Charles Gave (le Moyen-Orient a toujours eu besoin de la férule d’un empire assez puissant pour conserver la paix). En fait, les occidentaux, et particulièrement les zélites politiques françaises, ont peu ou prou bloqué leur logiciel de réflexion en 1945 et sont incapables d’appréhender le monde tel qu’il est et tel qu’il évolue. En cela, j’espère que les propos du fondateur de l’IDL sur la guerre perdue face au monde musulman, ne se vérifieront pas.
    La connaissance fine de l’Histoire est une qualité indispensable pour celui qui souhaite exercer des responsabilités. Il n’est jamais que l’héritier du passé et, sauf circonstances exceptionnelles style WWII, sa trace restera homéopathique. A cet égard, les équipes actuelles sont un naufrage complet. Si une once d’intelligence subsistait dans leurs cerveaux pénétrés d’idéologie, jamais les malheureux choix faits en Libye et en Syrie n’auraient exister. Pour ceux que ça intéresse, je ne saurai recommander la lecture de deux ouvrages de Jacques Bainville, historien très injustement mis à l’index en Socialie pour cause de Maurrasisme, « L’Histoire de France » et son fameux « Les conséquences politiques de la paix » où, dès 1919, il prédisait, à partir d’un simple mais rigoureuse analyse historique, le drame européen de 1939.

    @Le Gnôme
    Sous-estimer voire nier la haine qui existe entre les communautés chiites et sunnites empêche de comprendre ce qui se passe au Moyen-Orient et à travers le monde au sein de la communauté musulmane. Cette haine est inextinguible et est, désolé pour le cynisme, probablement un important atout par défaut pour les occidentaux (du moins eut égard aux valeurs censément défendues par ces derniers). Au moment de la révolution iranienne, les chiites étaient les méchants. Actuellement, avec les exactions commises par DAESH et ses affidés, les rôles ont changé. Mais je suis de plus en plus convaincu qu’une défaite totale de l’un ou l’autre camp ne réglerait en rien les problèmes de fond. Ce ne sont que les deux faces d’une même pièce.

      1. Caton

        C’est une simplification. Les querelles religieuses ne priment pas toujours sur les querelles tribales et/ou ethniques. Tous les Al-Bu Nasir ne sont pas mahométans, par exemple.
        C’est encore pire en Afrique, bien sûr. Le Mali est dans tous les merdias, et c’est un cas assez simple comparé à la RDC: 450 ethnies dans 4 groupes, 5 empires historiques (Kongo, Kuba, Luba, Lunda, Garangeza), un nombre incalculable de tribus et chefferies, la traite arabo-swahili, la traite portugaise vers le Brésil, une couche de colonisation belge très dure, puis deux guerres de sécession et 36 ans de dictature militaire. Chaque épisode de ce long feuilleton ayant laissé derrière lui des haines inter-tribales, interethniques, régionales et religieuses, vous pouvez imaginer le bordel… qui est assez représentatif de l’Afrique en général.

              1. Caton

                Oui, mon entreprise est abonnée à sa lettre. Ses analyses sont souvent justes, toujours très bien étayées. Mais M. Lugan est un spécialiste de l’Afrique, pas du Moyen-Orient. Il est conscient de la sociologie du tribalisme de l’Afrique du Nord, moins de ses différences avec le reste du tribalisme arabe. Et quand il s’agit de Turcs, de Perses et de Kurdes, il est le premier à rappeler que ce n’est pas son domaine d’expertise.

                1. Higgins

                  Nous sommes d’accord. Je retrouve, largement plus étayé que moi, beaucoup de réflexions que j’ai ou ai eu sur ce continent notamment l’importance du tribalisme. J’avais mis le lien uniquement en référence au Mali (qui n’est prêt de sortir de l’auberge)..

    1. Dr Slump

      Chiistes, sunnistes (sic), ce n’est encore que du menu fretin si on renvoie aux racines historiques de la Turquie ex-empire Ottoman, l’Iran ex-empire Perse, la Russie éternelle et son ex-saint empire orthodoxe qui allait chatouiller la Sublime Porte, sans oublier la Chine qui pourrait bien entrer dans le jeu, et bien sûr l’Europe, héritière des affreuses croisades et autres colonisations.

      J’exagère? Si le genre d’incident récent avec un avion russe abattu par un turc se répète, ça peut vite devenir une poudrière internationale, en admettant que ce ne soit pas déjà le cas d’ailleurs…

  6. yoananda

    De ce que j’ai compris (je n’ai pas tout re-vérifié) l’Europe est en guerre récurrente avec les musulmans depuis le début. Étant donné le regain d’agressivité du sunnisme ces derniers temps, l’angélisme immigrationiste est en train de se retourner contre nous. Nous avons constitué une 5ème colonne en notre sein, et il va être très difficile d’échapper à des conséquences très désagréables.

    L’Europe à baissé sa garde. Nous allons le payer très cher.

    1. Deres

      Cela fait vingt ans que l’on sait que les pays du Golfe financent des imams aux propos anti-républicains (voire pire) chez nous mais que nous ne faisons rien. C’est surtout cela le problème, plus que les individus … Mais maintenant que les gens ont été endoctrinés pendant vingt ans, ce qui est parfois toute leur vie, il faudra vingt autre années pour venir à bout du problème, pas 3 mois d’état d’urgence. Et si on parle d’internet en ce moment, je rappelle que Al Jazeera a été lancé en 1996. Et dans sa version arabe, elle contient des choses bien gratiné et pas très bisous (dixit le débat sur la nécessité de génocider les alaouites …). Tout ceci est librement accessible chez nous bien entendu. Si on renvoie les imam, les gens regarderont leur prêche sur youtube et débatteront dans les commentaires …

      1. yoananda

        Le salafisme n’est pas un virus qu’on attrape dans la rue en croisant un salafiste. Il faut faire la démarche d’aller à la mosquée, d’écouter la prêche, d’adhérer, etc…
        Il y a une soif de radicalisation. Le salafisme n’est que la forme qu’il prends.
        C’est surtout via l’angle sociologique qu’on peut comprendre cette « soif ».

        1. Le Grincheux

          Je suis pour ma part convaincu que c’est le radicalisme qui s’est islamisé et non l’islam qui s’est radicalisé. Je ne vis pas au pays des bisous (ou plutôt à mon corps défendant), j’ai travaillé au Moyen-Orient (et pas dans des villes pour occidentaux, mais dans les villes arabes pour les gouvernements du GCC) et je connais assez bien le dossier. Il y a des fous furieux et on peut faire dire tout son contraire au Qu’ran. La bible est tout au plus un cadastre, les évangiles ne permettent pas sans les tordre de massacrer son prochain, mais il n’en est pas du tout la même chose des hadiths, de la suna et du coran (surtout dans l’islam suniste).

          Les jeunes qu’on a chez nous, en Europe, se seraient radicalisé de toute façon. Islam ou pas, pour des tas de raisons, et la religion est un très bon prétexte pour cette radicalisation anti-système. La démarche est exactement la même que la radicalisation politique qu’on a pu observer pour les plus anciens dans les années 1970 avec ce que l’on nomme pudiquement aujourd’hui la gauche de la gauche. Et les dérives vont être du même ordre.

          1. yoananda

            Oui, sauf que ce radicalisme touche les populations issues de l’immigration en grande majorité. D’ailleurs l’attaque du bataclan à décimée principalement des petits blancs.
            Faut pas stigmatiser tous les « jeunes » 😉

            Nous avons notre printemps arabe local. Ce n’est pas un printemps pinard et saucisson.

      1. bibi

        D’ou la généralisation de l’utilisation des préfixes du système international d’unité pour éviter le problème des échelles courte et longue surtout dans les pays qui utilisent les deux comme le Royaume-Uni ou le Canada.
        On écrit « de teradollars » est tout le monde se comprend.

  7. Ragnar D. Anskool

    « qui estime qu’on observe ces instabilités essentiellement parce que les Américains se retirent »

    Quand comprendront ils, que s’ils interviennent en dehors du cadre d’alliance entre les pays, ils sont inévitablement des agresseurs et donc coupable d’agression. Et la conséquence : Colonialisme, impérialisme, martyrisation des populations entrainant la création de mouvements qui s’autoproclament djihadistes, révolutionnaires…. ou en d’autres temps Résistants et que nos gouvernement qualifient de terroristes.
    On va me dire que ça n’a rien à voir avec la Résistance pendant l’Occupation, mais c’est exactement le discours des dirigants de l’époque.

    Qu’est ce que l’histoire retiendra?

      1. petit-chat

        Non sans avoir auparavant fais un peu de tourisme dans une charmante bourgade de Bavière (par exemple…) en compagnie des rédacteurs de l’Histoire (vraie).

    1. bibi

      Quoi que face l’occident il est coupable il intervient pour chasser un dictateur qui massacre son peuple il est coupable il n’intervient pas il est coupable aussi.
      En Syrie on intervient pas on est coupable de laisser Assad massacrer son peuple, au Rwanda on est coupable d’avoir laisser un génocide se perpétrer.
      comme on est toujours coupable le mieux c’est encore de ne rien faire.
      Quand ils en auront marre de se massacrer entre eux ils arrêterons, l’occident a arrêté il y a seulement 70 ans (mais ça pourrait recommencer), donc laissons leur le temps, et occupons nous de nos fesses nous avons suffisamment à faire chez nous.

      1. petit-chat

        Une indignation complète aurait dû mentionner le paradis d’Arabie Saoudite, ou encore celui de l’Irak (la preuve, beaucoup d’Américains y passent des vacances depuis des années !)
        Quant à se mêler de nos fesses, je suis bien d’accord, à commencer par foutre la paix (mais c’est râpé maintenant) à l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye,…

      2. Caton

        C’est un rien plus compliqué que ça, hélas. Leur foutre la paix, ça ne marche que s’ils nous la foutent en retour. Si on revient juste de 30 ans en arrière, ces pays décident d’attaquer Israël, se prennent une fessée magistrale, et pour se venger, rappelez-moi contre qui est décrété un embargo pétrolier?
        On pourrait aussi parler de la « nationalisation » du canal de Suez, voler aux français et aux britanniques parce qu’Israël a refusé de se laisser détruire… ou remonter bien plus loin encore et parler des razzias esclavagistes sur nos côtes.
        La seule chose qui marche avec ces pays-là, c’est la politique de Théodore Roosevelt: speak softly, and carry a big stick. Malheureusement, nos zélites européennes font du XS en taille de slip.

      3. Elg

        Idee seduisante…
        On commence a avoir pas mal de debuts de reponses sur les coupables et le cocktail de causes du bordel dans cette region (bien sur on ne saura vraiment qu’a la fin de la foire, et encore). Par contre je ne suis pas encore convaincu que l’alternative de leur foutre la paix soit forcement benefique.
        La nature ayant horreur du vide, on verrait un empire russe, chinois ou meme juste arabe nous remplacer (nous = US). Et meme avec tous les d’efforts masqués pour se separer de la dependance au petrole, meme avec des US autosuffisants : qui detient cette region nous tient par les couilles, au mieux par une seulement non ?

        1. Elg

          Et merci H16 pour l’analyse ce cette video de haut niveau, vue il y a qq jours, c’est vraiment du bon boulot. Je reve qu’elle soit vue par un million de francais…

  8. Aristote

    À l’origine, il y a quand même les déficits budgétaires ahurissants des US mais aussi de beaucoup d’états européens, qui ont rendu impossible une gestion sensée du système monétaire.

    1. Deres

      Quand on voit que le budget 2015 dérape, que celui de 2016 commence déjà à intégrer des dépenses nouvelles avant d’avoir débuter et que le gouvernement promet de tenir le déficit promis et de redistribuer de l’argent, il est clair que la seule inconnu qui reste dans l’équation est le niveau des recettes. Il y aura donc nécessairement également un bonne hausse d’impôt en 2016, mais de façon suffisamment indirect pour que le gouvernement puisse le nier … Il faut dire qu’après 3 années de « pause fiscale  » à 30 milliards, il aurait été étonnant qu’une baisse de impôts ne se traduise pas par au moins 10 milliards de prélèvements en plus !

      1. Higgins

        Pas du tout certain pour l’augmentation d’impôts en 2016 ni en 2017. On parle même de dégeler le point d’indice pour la rémunération de la fonction publique et assimilée. Tout ça l’année qui précède l’élection présidentielle. Curieux, non?
        Par contre en 2018, commandons dès maintenant la vaseline. Ça va faire mal quelque soit le clown qui décrochera la timbale.

            1. Higgins

              Gilles Devers (avocat) sur son blog « Actualités du droit » explique les impacts des choix gouvernementaux. À lire car les prérogatives qui en découlent sont assez inquiétantes.

              1. gameover

                Ouf, on ne sera pas torturé… mais au cas où, je vous préviens, moi je balance… je supporte la vue du sang mais juste celui des autres !

                  1. Pheldge

                    faudrait que le Patron ( les roses fleurissent Son Chemin) profite de l’état d’urgence, pour interdire certains gravatars suggestifs, bicauze après GO, c’est la Bonzaye, que elle vire BDSM …
                    Ce qui est montre qu’elle n’est pas de bois ! intéressant pour un arbuste 🙂

                    1. Bonsaï

                      Non, tu joues petit.
                      Ici ce dont il est question, c’est la maffia, la vraie de chez vraie, la N’drangheta. On ne se repasse pas Belle et le Clodo, c’est la loi du talion…

            1. gameover

              D’ailleurs l’état d’urgence va devenir la normalité et il va proposer une loi pour l’état de quiétude.(un jour une fois par quinquennat, faut pas exagérer)

      2. Higgins

        « La progression est moins soutenue qu’avant » dixit le ministère du travail. Sans le deuxième effet kiskool à prévoir suite aux récents événements (le début 2016 risque d’être sportif), le chômage a augmenté de 1,2%! Le bricolage des statistiques a ses limites.

        1. gameover

          MDR +42,000 je comprends pourquoi Sapin ce matin sur RMC a dit qu’il laissait la primeur de la nouvelle a la ministre et qu’un boulet lui suffisait… Bonjour la bidouille de septembre !

          1. Pheldge

            je me demande s’ils n’ont pas un peu anticipé sur les prochains mois, pour profiter de « l’embellie due aux attentats » … parce que ça contraste sacrément avec les « résultats » de septembre/octobre et le dsicours quasi victorieux de l’époque. Maintenant, on est en guerre, alors , le déficit , la dette, le chômage , ça peut attendre !

        2. bibi

          42000 chômeur de plus sur mois en catégorie A doit être dans le top 5 des hausses depuis juin 2012.

          « S’il n’y a pas de baisse du chômage, je l’ai dit plusieurs fois, je ne serai pas candidat. »

          1. Deres

            Il est amusant de constater que chaque bonne nouvelle est systématiquement suivi d’une mauvaise le mois suivant. cela montre bien que les bons chiffres sont obtenus par des efforts ou des ajustements comptables ponctuels. En particulier, l’explosion des emplois aidés du mois précédent ne s’est pas reproduite ce qui était prévisible …

            En analysant à froid, les chiffres ont voit quand même une baisse de la hausse moyenne ces derniers mois. C’est assez logique puisque avec l’alignement des astres exogènes, une croissance d’environ 1% est revenu en 2015. Mais comme il avait toujours été expliqué que le chômage ne se stabilise qu’avec au moins 1.5% de croissance, aucun risque que le chômage baisse.

            1. gameover

              « …ont voit quand même une baisse de la hausse moyenne ces derniers mois… »

              Oui et c’est logique : si tous les mois tu perds 10% de ton patrimoine, tu en perds de moins en moins en valeur absolue.
              Le combat finit souvent par faute de combattants.

              1. bibi

                Quand on aura atteint les 4 000 000 de chômeur, 40 000 ça ne fera plus qu’une augmentation de 1% et non plus 1.2% et ça sera la preuve irréfutable de la baisse de la hausse.

                La ou j’ai du mal à comprendre c’est pourquoi le gouvernement n’applique pas au climat les mêmes commentaires que pour le chômage car ça fait quand même 18 ans que l’on constate le ralentissement de la hausse des températures au point que même le GIEC a baissé ses prévisions de hausse réalisée au doigt mouillé de Pachauri dans le minou de la stagiaire.

  9. Taisson

    @tabbehim
    Celle qui promettait, n’est ce pas la même qui voulait distribuer des radiateurs électriques  » plus performants » aux « pauvres », pour faire des économies d’énergie ?
    La reine du n’importe quoi qui finit toujours par une taxe !
    Et son ex qui nous demande de pavoiser  » en hommage »…. A t’il déjà oublié par quels drapeaux son arrivée au pouvoir à été saluée ?
    Quand pourra t’on se débarrasser de cette bande de crétins malfaisants ?
    Apprendre que les Américains ont aussi un problème de « détournement de pouvoir » par des castes qui en fin de compte ressemblent aux nôtres, ce n’est pas vraiment réconfortant !!

    1. tabbehim

      voyons, nous savons que nos politicards mentent plus qu’il ne respire.
      Mais c’est toujours amusant de voir les gens drogué aux merdias nationaux s’étonner à chaque mensonge, ou pire, couvrire chaque mensonge de leurs gourous 🙂

        1. Deres

          C’est amusant car en réalité, Picsou est tout sauf un capitaliste. En effet, accumuler son argent dans un dépôt est l’inverse du capitalisme qui cherche lui à accumuler du capital productif et donc de faire de l’investissement …

  10. René-Pierre Samary

    « Depuis la fin des années Clinton, une ploutocratie a pris le contrôle des États-Unis, à partir des trois grandes banques que tout le monde connaît, qui gère la masse financière des États-Unis au profit de cette ploutocratie, et la grande question est : comment nous, américains, allons-nous récupérer notre démocratie ? »
    Cette parole d’expert en recouvre une autre, informulée : quel est le type d’influence qu’exerce cette ploutocratie sur la politique extérieure des USA ?

  11. Beldchamps

    Ayé, enfin fini de visionner le débat. Une vraie pluralité des intervenants : libéral vs socialiste, atlantiste vs russophile. Je connaissais OB par son blog lescrises, donc pas surprise par son discours, il attaque d’ailleurs gratuitement Charles Gave pour ses penchants libéraux, même s’il le cite beaucoup par ailleurs. La casquette diplomatique de Studennikov est bien visible, et malheureusement le journaliste a pas mal de lacunes, même moi je comprends mieux ! Hervé de Carmoy a l’air à l’Ouest (oui le jeu de mot est fait exprès), vanter la liberté d’expression, fallait oser ! Quand je pense que H16 est officiellement classé dans la fachosphère … On dirait qu’il s’est échappé d’un thinktank genre terra nova, j’ai regardé ses archives, il défend le Prix Nobel de la paix d’Obama et les USA, ahurissant ! Et puis enfin, Charles Gave, que j’apprécie beaucoup, je trouve qu’il domine le débat, (c’est mon opinion toute subjective) malgré toutefois une position un peu caricaturale sur la 3ème guerre mondiale, je ne le connaissais pas sur ces sujets-là, c’est une belle découverte, merci H16.

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