Thinkerview : terrorisme, état d’urgence et choc des générations chez les journalistes

Pour finir l’année 2015, Thinkerview a réalisé mi-décembre une interview de trois personnes sur le thème de l’état d’urgence et du renseignement dans le cadre du terrorisme qui secoue la France actuellement.

Sans grande surprise pour les habitués de Thinkerview, les thèmes abordés et les réponses fournies recoupent en grande partie ce qu’on avait déjà pu comprendre et analyser lors de précédentes interviews, notamment parce que l’une des personnes présentes, Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire du Ministère de la Défense qui s’est spécialisé dans les questions de stratégie internationale, a déjà eu l’occasion de nous entretenir par le passé. Je vous encourage d’ailleurs à revoir ses précédents entretiens (ici et ) pour compléter cette dernière vidéo.

La présence de Eric Filiol, hacker et ancien de la DGSE, permet d’avoir cette fois-ci quelques éléments de réflexion supplémentaires sur le plan purement technique et de l’utilisation des technologies. Filiol explique ainsi assez bien que les gouvernements et les politiciens utilisent maintenant de façon assez étendue l’ensemble des procédés habituels de manipulation de l’information à des fins propagandistes et d’influence des populations.

En outre, pour le hacker et l’ancien des Renseignements, ces politiciens raisonnent en vase clos ce qui a une influence directe sur la façon dont, justement, ils entendent (dé)former l’opinion des individus. De ce point de vue, tant Pierre Conesa qu’Eric Filiol s’accordent assez bien à noter que là où les journalistes font parfois l’effort de s’adapter et d’aller chercher plusieurs sons de cloche pour tenter d’obtenir un tableau d’ensemble, les politiciens français refusent réflexivement d’en faire autant.

Sur les théâtres d’opération, les militaires sont alors confrontés à l’absence presque pathologique de tout désir d’écoute de la part des preneurs de décision, et, par voie de conséquence, à la perte progressive du terrain (que ce soit sur le plan militaire, opérationnel ou dans le renseignement). De fil en aiguille, Conesa constate (17:10) qu’on ne fait plus l’effort, faute de moyens mais surtout faute de réelle volonté et d’une démarche intellectuelle prévue pour, d’essayer de comprendre l’ennemi, de se mettre dans ses chaussures. Pour Filiol (38:50), c’est une affaire de risques, de plus en plus durs à prendre de nos jours :

« La France a perdu la culture de la prise de risque ; dès qu’un journaliste prend un risque, il se fait allumer méchamment. (…) Même mécanisme avec les hackers : lorsqu’un hacker découvre les failles d’un système développé par un industriel français acoquiné avec le pouvoir, il est rapidement désigné comme un pirate ou un terroriste alors qu’il s’agit plutôt d’un lanceur d’alerte et a fait œuvre utile. »

Concernant l’état d’urgence et plus spécifiquement la Loi Renseignement, Filiol confirme ce qui avait été dit dans ces colonnes et à d’autres reprises sur la Toile : cette loi ne remplira pas les objectifs affichés de lutte contre le terrorisme. Pour lui (54:50), « ce n’est pas une loi liberticide qui va permettre de détecter les renseignements pertinents ». Plus grave encore et mis en exergue tant par cette loi que par l’état d’urgence actuel : la France ne dispose pas de contre-pouvoir efficace. Dans ce contexte, Filiol craint (à juste titre, je pense) que cette loi et cet état ne soient qu’un alibi pour installer une société de surveillance à l’américaine.

Le but d’une telle surveillance ? Pour Filiol, il est assez clair (59:30) :

« Nos décideurs sont paniqués par les changements de la société. Ils sont passés d’une société pompidolienne où des élites parlaient à la masse laquelle prenait ça comme une vérité révélée, à un monde horizontal et collaboratif où les gens peuvent vérifier l’information, la croiser. Le citoyen, pour peu qu’il veuille être intelligent, a les moyens de le rester et de développer son intelligence collective. Ceci fait peur à nos dirigeants qui ne sont plus la vérité révélée, et le peuple se met à réfléchir indépendamment d’eux. »

Un autre problème, parallèle à ce décalage entre les élites et le peuple, est la confiance aveugle dans la technologie. Filiol rejoint Conesa (1:05:19) lorsqu’il explique qu’on capte à présent le renseignement de mieux en mieux, mais qu’on a de moins en moins d’analystes pour traiter le signal capté ensuite.

Au milieu de tout ça, on semble comme avoir oublié le troisième intervenant.

Hervé Brusini, l’actuel directeur du site FranceTV.info, est l’ancien rédacteur en chef du 20H de France 2, et journaliste de profession. Dans l’ensemble de l’interview, ses interventions sont étranges. Outre leur faible contenu informationnel, et des réponses peu claires voire confuses, partant sur plusieurs sujets à la fois, on constate surtout qu’il est en permanence sur la défensive et semble considérer chaque question sous l’angle un peu étonnant d’une attaque plus ou moins directe de sa profession de journaliste.

Brusini se plaint ainsi de la perte de confiance complète entre les internautes, les acteurs des réseaux sociaux, et les journalistes, plus ou moins institutionnalisés comme ceux des médias mainstream. Il estime (peut-être à raison) qu’un grand danger se cache dans ce désaveu complet de sa profession par les internautes, mais semble à court d’idée lorsqu’il s’agit de se remettre en cause, ou fait preuve d’une assez (probablement trop) grande mansuétude à l’égard de ses confrères, qu’il absout très vite de leurs pêchés.

subventionnez nos journaux pourrisEt s’il comprend que le flot informationnel est fondamentalement différent de ce qu’il fut lorsqu’il commença sa carrière, en constatant que tout le monde peut, finalement, produire et diffuser de l’information avec les moyens modernes, il ne tire pas la conclusion pourtant logique que sa valeur ajoutée doit résider ailleurs que dans la simple reproduction de dépêches d’agence, et la reproduction néfaste des mêmes filtres conscients ou non qui lui font sélectionner une dépêche plutôt qu’une autre.

Finalement, cette interview est intéressante par les déclarations des uns et des autres, certes, mais surtout par l’étonnante collision entre la nouvelle génération d’intervenants, des experts de terrain en prise directe avec les problèmes, et les anciens, qui fonctionnent avec des schémas et des prises de positions corporatistes totalement inopérantes dans ce nouveau paradigme.

Fascinant constat que celui d’une profession qui, jusqu’alors douillettement protégée par les habitudes et le corporatisme autant que la technique, se retrouve confrontée à un changement complet de mode d’action et de réflexion et qui, devant son immobilisme de lapin pris dans les phares d’une voiture lancée à pleine vitesse, impose de se demander si le journalisme français survivra à cette révolution.

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Commentaires67

  1. kekoresin

    L’avènement du nazisme a été organisé méthodiquement, l’avènement du totalitarisme socialiste se réalise dans un bricolage d’incompétence brouillonne bringuebalée entre une politique de copinage, un syndicalisme autoproclamé, un journalisme au gade à vous et une myriade d’associations multicolores qui défendent leur bout de trottoir. Le système tend dans toutes ses actions désordonnées en apparence de se survivre à lui-même en protégeant coute que coute ses petits privilèges. L’ennemi c’est clairement le peuple, cette entité monstrueuse qui tire sur sa laisse et menace de morsures cruelles la main du maitre. Le terrorisme n’est que l’excuse du pouvoir pour mettre une muselière aux clébards récalcitrants au dressage étatique.

    1. petit-chat

      Remarquable synthèse. Et d’une confondante modération quand on songe à tous les « désagréments » que t’engendrent ces fous furieux.

    2. Val

      Et quand je vois la gueule du clebard français , je me dis qu’ils ne sont pas au bout de leurs peines … j’en rigole d’avance 😉 !

        1. Nomi

          Voui, à 80 %, socialiste de gauche ou de droite tout confondu bien entendu. Les 20 % restant, j’aurais plutôt dit qu’ils sont bien occupés pour maintenir à flot leur bouclard contre vents et marées étatistes.

  2. Janus

    Je suis content de voir’ que je n’ai pas été le seul à trouver la prestation de Brusini étrange, voire grotesque : Il était évident qu’il mentait et que son seul souci était de défendre la caste de castrats dont il fait partie. Cela ressemblait à un discours des années 70 avec rien au fond et beaucoup de pathos. De la merde.

      1. pouf

        @kekoresin:
        il est soigneux. Et moi, je disais que j’aimais bien vous lire mais h16 n’a pas daigné plublier mon commentaire sous le vôtre. Je ne sais pas pourquoi.

        1. kekoresin

          En bon despote alcoolique et vindicatif, j’accepte tout ceux qui souhaitent se mettre sous moi 🙂

          Quant à Hash, c’est clairement de l’abus de pouvoir. En même temps, si c’était mon blog et que j’avais son talent, j’en abuserais aussi…

    1. Aristarkke

      Peut-être un zeste résiduel de conscience lui faisant mesurer l’ écart entre son comportement de gentil toutou du Pouvoir et l’ image que tant de journaleux aiment à afficher : preux chevalier défenseur de la Vérité en plus de la Veuve ( guillotine ) Laure Feulain.
      Quand on se souvient du battage organisé par la Presse autour de l’affaire de la Garantie Foncière où UN député de la majorité pompidolienne avait été partie prenante de l’ escroquerie et qu’on voit maintenant une Assemblée où des Thevenoud, Andrieux et bien d’autres roupillent tranquillement avec moins d’ emm….es que s’ils contestaient un PV d’ excès de vitesse de 10km/h, le tout avec une Presse étrangement silencieuse…(subvention…quand tu assures nos fins de mois et d’années….)

  3. Higgins

    Bonjour,

    Constat glaçant mais juste. Maurice Garçon, célèbre avocat, dans son journal 1939-1945 publié aux Belles-lettres et dont je recommande la lecture, souligne à la date du 8 ou 9 décembre 1941 (je rappelle qu’à cette époque, il est en France et que les moyens d’information sont des plus limités, a fortiori par rapport à ce qui vient de se passer à Pearl Harbor) au sujet de l’entrée en guerre des USA, que Roosevelt a fort bien manœuvré et a conduit son pays là où il souhaitait l’emmener. Il avait du bien lire Edward Bernays (Propaganda).
    On ne peut que l’en remercier mais ce qui m’a frappé, c’est le parallèle qu’on peut faire à soixante dix ans de distance entre la prescience d’un intellectuel, spectateur impitoyable de son époque, et le machiavélisme et la malignité dont fait preuve le pouvoir actuel. Un gouvernement, qui plus est se réclamant de « l’idéal » de la gauche, foule au pied les principes élémentaires de la vie démocratique parce qu’il ne comprend rien à l’évolution du monde (comme l’ensemble de la classe politique) et conduit le pays à un asservissement soft mais réel sans que les rosiers et les moutons médiatiques n’y trouvent rien à redire. La différence entre les deux époques est que, désormais, il faut compter avec Internet et pour le moment, là, il y a un os.

    Autre chose, une personne, entrepreneur de son état, rencontrée cette semaine, m’a indiqué que pas moins de 245 nouvelles taxes avaient été promulguées au 1er janvier. Il se prépare activement à émigrer. Ce pays est foutu.

    Bon dimanche

  4. Duff

    Au bout de 20 minutes, fortement agacé, je me suis arrêté et écrit dans les commentaires que le corporatisme du journaleux était insupportable quant au courage d’Elise Lucet merci bien. Très instructif tout de même.

  5. MCA

    Thinkerview, je vois que nous avons les mêmes (excellentes) sources d’inspiration.

    Quand le pouvoir admettra enfin que la presse écrite est moribonde et qu’il n’y a qu’un intérêt marginal à la maintenir à flot, et que la presse télévisuelle en prend le chemin je pense qu’il ne lui restera que deux façon d’agir :

    – soit verrouiller internet sous de faux prétextes,
    – soit laisser choir ces institutions sous perfusion.

    Nous sommes manipulé et les « informations » télévisuelles sont bidonnées à un point tel qu’il faut une bonne dose d’imagination pour s’en rendre compte:

    Je vous invite tous à réfléchir sur une constatation très simple et très lourde de conséquences:

    « Tout ce qui passe à la télé, doit être impérativement filmé ».

    Ce qui signifie que quand notre cher président descend « à l’improviste » chez Paulette pour « faire peuple », derrière cet évènement anecdotique il y a une armée invisible en campagne, tout est prévu et rien n’est laissé au hasard… rendez vous, sélection, intendance, éclairages, positionnement des caméras, maquillage, repas, boissons, décorations, sécurité, j’en passe et des meilleures, la liste des actions à mener est sans limite.

    Quand un ministre se rend à un salon quelconque pour montrer qu’il existe et que les caméras l’interrogent sur un air d’interview spontané, il y a un avis aux médias qui précède comme quoi le ministre se rendra tel jour à telle heure à tel endroit et accordera un interview (et prière d’être là en temps et en heure et de poser les bonnes questions).

    Je me souviens encore d’une image assassine révélée par la Canard Enchaîné qui révélait au grand jour les manipulations dont nous faisons l’objet.

    Sarkozy en Camargue, se la jouant à la « cowboy texan », avait convié les journalistes à filmer ses chevauchées fantastiques sur une pauvre monture qui n’en demandait pas tant.

    Les journalistes présents pour immortaliser cet instant historique étaient agglutinés façon pyramide de porteurs dans les cirques, sur une remorque agricole tirée par un tracteur.

    Et voilà que le photographe au lieu de photographier Sarkozy et ses cabrioles, photographie la remorque et son contenu et cette photo de paraître dans le journal; un grand moment à retrouver sur internet, j’en ris encore et un grand moment de bidonnage mis au jour.

    Regardez un JT quelconque quand il se trame quelque chose à l’Elysée ou ailleurs, il y a systématiquement un journaliste dans la rue, en parka, micro emmitouflé qui va nous dire ce qui se passe derrière les murs; comme si le fait d’être dans la rue avec comme décor arrière l’Elysée allait fournir plus d’infos et des infos plus pertinentes.

    La réalité est que ce pitre ne sait rien, va tout vous dire et suggère à votre subconscient que le fait d’être devant l’Elysée lui fournirait des infos exclusives qu’il va vous révéler à vous et vous seul.

    Une info filmée en direct dans des condition difficiles est une info chaotique, saccadée, décousue, mal cadrée, à l’image de ce qui est filmé par un Smartphone.

    Que voit on généralement : des séquences impeccables, bien cadrées, bien éclairées, donc bidonnées.

    Regardez les « caméras cachées » qui pour une caméra sensée être dans un sac de sport cadre merveilleusement bien leur sujet avec en plus une petite touche de « floutage » qui laisse sous entendre qu’on n’a pas le droit de tout montrer mais que vous allez assister en voyeuriste confortablement installé à la révélation qui dérange et que justement on ne voulait pas vous montrer.

    Observez Pujadas passer son temps à laisser la parole à des spécialistes auto proclamés qui vont vous dire mieux que quiconque comment les choses se passent :

    Les « bonsoir David, vous qui êtes sur place, dites nous ce qui se passe » suivi de « merci David, de toutes ses informations, n’hésitez pas à revenir vers nous si vous avez d’autres précisions à apporter »; et que je te repasse l’intervention à un nouveau spécialiste auto proclamé.

    Je pourrais en remplir des pages et des pages plus rigolotes les unes que les autres si ce n’était l’imposture permanente et la manipulation des esprits qui se cachent derrière.

    Alors, que les gens se désintéressent de ce cirque, c’est du salut intellectuel et tant mieux si les rentiers de ce système finissent par se prendre un bon coup de pied où je pense.

    Cela dit, comme dirait Mister Keko, passons aux choses sérieuses, c’est l’heure de l’apéro et le temps presse.

    Bonne journée à toutes et à tous et au plaisir de vous lire.

      1. Nomi

        Plutôt que regarder le reportage sur la galette, je la coupe et je la bouffe en bonne compagnie. Parce que la galette, je veux dire la caillasse, le flouze, le blé, la thune, l’oseille, le friiiic, ben c’est un peu plus dur à gagner, avant même de songer à la partager, hein!

      2. Higgins

        Ça fait pratiquement 20 ans que j’ai coupé la boite à son et à image qui rend idiot. Il m’est désormais impossible de regarder un journal TV ou une prétendue émission d’information. J’ai constaté de visu, que ce soit au stade de la préparation ou au moment de la réalisation et à plusieurs reprises le caractère fabriqué de certaines informations, en particulier politique.
        Ce qui m’amuse le plus, c’est qu’une fois qu’on a rompu les ponts avec cette chose, on ne peut plus revenir en arrière. La rupture est totale et sans aucun regret en ce qui me concerne. Je ne supporte plus les présentateurs TV, en particulier ceux des journaux.

        1. MCA

          Tout à fait d’accord, il se trouve que je suis « contraint » de regarder une partie du JT de 20h00 car c’est le moment où je mange et je ne suis pas seul à table.

          Cela dit, j’ai coupé également totalement le cordon en dehors de ça (une vingtaine de minutes par jour), ce qui me rend ces séquences insupportables, d’où mon œil ultra critique sur la chose.

          La télé est un poison qui endort et qui créé sa propre dépendance.

          Je comparerai mon attitude à celle d’un fumeur qui a cessé de fumer, une fois la désaccoutumance effective, l’odeur de la fumée lui est insupportable.

          Par contre, j’ai remplacé l’accoutumance télé par l’accoutumance Internet; et là, c’est une drogue autrement plus dure, mais tellement plus agréable et enrichissante.

          Le monde entier à portée de main et tout ça en interactif.

        1. kekoresin

          Je crache pas sur les productions locales. Je suis ce que l’on pourrait appeler une gueule à tous grains. J’apprécie ce qui est bon en quantité déraisonnable ça va de soit. C’est mon petit geste pour renflouer la sécu 🙂

          @ Higgins: tu as tort de ne plus regarder Frankreich TV, c’est très drôle et savoureux à petites doses. En plus, pour parler correctement de la propagande, il faut en regarder de temps en temps. Et puis la connerie c’est la décontraction de l’intelligence parait-il, enfin quand les scientifiques auront statués sur ce qu’est réellement l’intelligence…

  6. yoananda

    très bonne analyse.
    J’ajouterais que selon moi ce qu’on voit en filigrane c’est un conflit de génération.
    Qu’elle est l’attitude des 3 intervenants dans le fond ? Ils réfléchissent à voie haute sur les dérives du système qu’ils déplorent, mais ne proposent pas grand chose pour y remédier. Ils sont surtout la pour essayer de préserver les acquis… normal, leur retraite en dépend sûrement. A aucun moment on ne perçois de velléité de « vraiment » changer ce système. Au fond, même s’il dérive, ils s’en accommodent. Ils n’envisagent pas qu’il ne soit plus « réformable », qu’on ne puisse pas stopper la dérive, et donc, ne vont pas vers la conclusion qui s’imposerait : il faut « casser » des trucs pour repartir des bases plus saines.
    Normal, ce sont des vieux. C’est le rôle des jeunes.
    Bien sûr, « tout casser » n’est pas la seule possibilité, mais … en France du moins, il semble que si !

  7. Aristarkke

    Il est étonnant que M. Brusini, s’étonne du discrédit du journalisme, en particulier télévisuel, quand on voit le peu d’ intérêt des JT et la faiblesse des investigations dans la société française. Une fois qu’on a retiré du lot toute l’ agitation autour du FN et du terrorisme islamiste, que reste-t-il comme matière à enquête? Par ailleurs, on perçoit souvent que l’ information rapportée a été retraitée comme le Pouvoir le voulait pour qu’il l’ estime présentable quand ce ne sont pas les journalistes eux-même qui feignent un intérêt débordant d’ emphase pour les banalités du Pedalonaute présentées comme de profondes fulgurances d’ un génie. Ce n’est pas parce que le ministère de l’information n’ existe plus officiellement qu’il n’a aucune activité officieuse…

  8. Théo31

    Hérodote qui part avec Alexandre III dans l’Empire achéménide (vers 49′) : elle est énorme celle-là. Et l’autre guignol qui renchérit avec Thucydide.

    1. Aristarkke

      Déjà Alexandre III est un tsar de Russie , en fait l’avant dernier…
      Admettons le lapsus…
      Quant à Alexandre le Grand , il mène son épopée entre 350/300 bc alors qu’Hérodote est actif un siècle plus tôt…
      A peu près à la même époque que Thucydide…
      De l’ histoire considérée comme une branche de l’ astrologie…

        1. Aristarkke

          Déjà Alexandre III est un tsar de Russie , en fait l’avant dernier…
          Mille excuses mais je ne vous visais pas, pensant plutôt que vous rapportiez le passage de la vidéo.
          Et j’avais complètement oublié qu’Alexandre le Grand est effectivement le 3me du nom en Macédoine.
          (Pheldge, évite d’avoir envie de radoter, STP…)
          Mais cela ne change rien au fait qu’il y a un décalage d’un siècle entre les deux historiens et ce monarque…

          1. Gerldam

            C’est tout à ait excat. N’mpêche que lma remarque sur le plus de sérieux de Thucydide est elle aussi exacte. L’histoire de la guerre du Péloponèse est d ‘ailleurs tout à fait passionnante à lire, même aujourd’hui.

  9. Pere Collateur

    Je viens de finir la visualisation de cette vidéo.

    Pour être tout à fait honnête, on y apprend rien qu’on ne savait déjà. A la limite, le seul intérêt n’est pas le discours, mais plutôt le fait que ceux qui s’expriment, ne portent d’habitude pas ce genre de discours de « vérité ». Sauf le journaliste, qui fait du convenu sans surprise aucune.

    A part ça, le titre laissait penser que ça parlerait de terrorisme. Et on a 1 heure et demi sans qu’une seule fois ne soit prononcé le nom de l’ennemi ni qu’il nous a déclaré une guerre à mort. Je constate donc que leur discours de « vérité » est en carton et qu’ils ne se sont de loin pas délivré du carcan de moraline qui plombe la France et tout l’occident d’ailleurs. Pas une seule fois le mot immigration. Zero, nada. La bonne blague!

    A une moment on a l’ancien « hacker » des RG qui s’étonne que les gens soient assez atteint pour accepter de balancer 1000 euros dans IPhone. Comme quoi, je suis pas le seul à m’étonner de ca ^^

    Mais sinon, ça reste quand même du convenu en 4 par 3 MonDovision couleur et son Dolby DTS surround. Si c’est sur ça qu’on compte pour réveiller les consciences, CPEF, comme dirait notre hôte. Et j’ai donc paumé une heure et demi de ma vie à regarder ces poncifs. Great!

  10. Val

    J’ai un son de cloche analogue d’une relation ayant un acces direct au pouvoir (ministres) dans le domaine de la banque et des affaires . Cette personne avait été consternée du niveau zero de nos ministres actuels. Habitué pourtant à la vulgarisation destinée à ces personnes , il avait constaté qu’ avec la fine équipe actuelle nous avions désormais atteint le niveau zéro . (il parlait de la premiere equipe Hollande, c’est peut être mieux maintenant , mais bon ..)
    Une note optimiste quand même : ces personnes influentes ,oeuvrent , de pres ou de loin par amour du pays , sans faire de bruit .
    J’ai hate que notre fantoche se casse la gu**le , comme dans un film mythique « Les gros comme toi, ça m’a toujours fait rigoler, parce que quand ça dégringole ça fait un de ces boucan! »

    1. kekoresin

      Comme dit dans la vidéo, le niveau 0 pratique côtoie le niveau 100 théorique. L’autisme total de nos dirigeants vient en partie du fait qu’il choisissent des conseillers qui ont le même logiciel qu’eux ou qui sont trop soucieux de leur carrière pour envoyer un message qui dérangerait le Fürher dans sa sieste. D’un autre côté, et c’est la principale préoccupation des états occidentaux, les élites se méfient du peuple qu’ils asservissent, bien plus que que le terrorisme qui donne prétexte à resserrer les rangs des esclaves transis de peur. Pire, les masses incultes qui se gargarisent d’actes de résistance à coups de bougies Ikea donnent crédit à chaque fois aux crétins en charge qui ont laissé faire. La manipulation grossière fonctionne à merveille et fonctionnera encore mieux au fur et à mesure que les usines à crétins de l’étrouducation nationale vomira des zombies à la pelle. Et Internet n’y changera rien ou pas grand chose tant l’information pertinente a du mal à se frayer un chemin vers les cerveaux endormis entre les vidéos de chats, les théories du complot à deux balles, les appels au djihad, les aventures philosophiques de Nabilla la débila et la propagande des médias sponsorisés par le pouvoir en place. En tout cas, on a pas finit de voir fleurir les petites plaques commémoratives qui donnent l’occasion à Neuneu 1er et sa bande de petites bites gouvernementales de prendre l’air avec la garde prétorienne!

      1. Lambda expression

        Monsieur, il faut que je vous le dise: je suis pas loin de me pisser dessus quand je vous lis. Vous etes un bienfaiteur totalement déséquilibré. Ce qui est un excellent signe. Il faudrait faire un recuiel de vos posts. La forme degentee ne compromet rien du fond, pour lequel je vous suis. Vos agapes doivent valoir le détour.

  11. Bonsaï

    Bon, il faut faire montre d’une certaine endurance pour persévérer. J’ai failli raccrocher à plusieurs reprises devant l’enfilage de platitudes et de lieux communs par nos diserts quinquagénaires, apparemment très satisfaits de leur petite conversation à bâtons rompus…
    J’ai tenu bon jusqu’à la conclusion, servie avec une certaine virtuosité par le pseudo « hacker » Eric Filiol qui mise tout sur la culture comparative et humaniste. Si seulement ce vœu pouvait se réaliser !

    1. Anton_K

      Même impression. Plus la vidéo dure, plus le niveau de la discussion diminue. Les deux intervenants situées les plus à droite de l’image ont quelques anecdotes édifiantes à raconter, mais leurs analyses et leurs opinions ne valent pas le détour. On n’en ressort pas avec quoi que ce soit de tangible.

  12. Marco40

    Vidéo intéressante pour ceux qui n’ont pas le temps ou les moyens d’avoir du recul, de rechercher et comparer (même si perso, je n’apprends pas grand chose).
    Les 3 intervenants oublient que l’immense majorité des gens n’ont qu’un temps extrêmement réduit pour chercher des infos sur les tenants et aboutissant de ce qui se passe. Alors qu’eux, c’est leur métier.
    J’ai néanmoins un sentiment d’une certaine naïveté des intervenants sur 2 points :
    1) Ce n’est pas l’argent mais la recherche du pouvoir qui est le principal moteur (et tout faire pour le garder).
    2) Tout Etat a des partenaires en fonction de ses intérêts. La mansuétude de l’occident pour certains pays du proche et moyen orient s’explique ainsi alors facilement…

    Je suis d’accord sur l’analyse concernant Brusini, je me demande donc pourquoi cette entente avec les deux autres intervenants….
    Je ne connaissais pas Thinkerview : merci h16!

    1. sam player

      Oui c’est assez croquignolet que les 2 autres aient eu vis-a-vis de Brusini un comportement aussi neutre quitte à accuser en premier lieu le politique. J’ai cru pendant un moment que c’est Brusini qui allait dire qu’il ne faut pas tuer le messager… mais c’est le hacker qui l’a dit à sa place.
      En final le présentateur a fait plus de rentre dedans dans le journaliste avec quelques piques que les 2 autres. Comptent-ils être invités sur France 2 en tant qu’experts ?

      1. Beldchamps

        On ne tire pas sur l’ambulance, c’était limite condescendant de leur part. J’ai bien aimé les questions un peu brutales de l’animateur à Brusini, elles ont révélé la parfaite illustration du journaleux et montre bien la crise des médias mainstream, incapables de prendre du recul, d’analyser les choses, c’est pitoyable.

        1. sam player

          Oui peut-être pour l’ambulance.
          N’empêche que Brusini c’est le type du gars qui une fois qu’il a parlé on serait incapable de faire un résumé qui tienne debout. Il a commencé à diaboliser Internet puis a dit à la fin qu’Internet était un challenge pour les journalistes. Faudrait savoir !

  13. Bonsaï

    L’année dernière, à peu près à la même époque, nous avions aussi eu droit à notre petit pensum de Thinkerview, intitulé « Contre-radicalisation et géopolitique ».
    Je m’en souviens fort bien, car ce fut aussi l’occasion d’une visite de courtoisie inopinée du célèbre blogueur Didier Goux chez son estimé collègue H16.
    Ce fut aussi l’occasion du dialogue historique que voici :

    « Calvin 25 janvier 2015, 11 h 10 min
    Merci. Je regarderai ce soir.

    Black Mamba 25 janvier 2015, 11 h 12 min
    Merci aussi, je vais l’écouter pendant mon repassage hebdomadaire …

    Didier Goux 25 janvier 2015, 11 h 54 min
    Je suis personnellement dispensé de repassage, mais je vais l’écouter néanmoins…

    Black Mamba 25 janvier 2015, 12 h 14 min
    C’est un avantage féminin de pouvoir faire divers choses en même temps , optimisation de l’espèce

    Bonsaï 25 janvier 2015, 13 h 32 min
    Alors, là, total respect, Madame Black.
    Réussir à serrer Didier Goux, un des derniers écrivains français dignes de ce nom, il fallait oser … vous l’avez fait ! »

          1. kekoresin

            Déjà l’heure du dijo??? Même pas commencé l’APERO!

            Je m’en vais de ce pas me verser un de ces délicieux breuvage interdit aux femmes enceintes, aux mahométans et à Rick Hunter quand il est en service. Yec’hed mat!

  14. JuJu

    J’avais déjà vu la vidéo,même si pour un oeil a peu e averti on y apprend pas grand chose,sa donne un peu plus de crédit a certaines »thèse », j’invite certain a lire Sapir qui parfois a de bonne analyse et correspond a la ligne de thinkerview.
    Par votre deux chose:
    -les quinquat qui font un appel du pied aux jeunes m’agacent,ils auront eu aussi des problèmes et pourrait eu aussi participer a un effort collectif, ils ne sont pas qu’observateurs.
    -Je trouve que thinker iew n’ouvre pas assez la porte de l’internet,du hacking et de la prog, alors qu’il en a l’air parfaitement capable.

  15. hoh hup

    Nicolas Hulot a annoncé, mercredi 6 janvier, qu’il mettait un terme à sa mission d’envoyé …

    houf on l’entendra plus pour un moment celui-là

    1. kekoresin

      Parti se faire sucer par des anguilles aux Sargasses. Il parait qu’à cause du réchauffement climatiiiique elles auraient perdu leur dents. Nico va être fixé rapidement. C’est ce qu’on appelle la foi en Giec!

      1. Aristarkke

        Faute avouée est à demi pardonnée, dit-on! Je vous absous cependant bien volontiers au lu de votre billet du jour qui est dans la droite ligne d’autres blogueurs…
        Bien à vous.

  16. Aristarkke

    Hélas, mon pauvre billet du jour, mon pauvre billet du jour, mon cher ami, on m’a privé de toi; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie, tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde.
    Sans toi, il m’est impossible de vivre.
    C’en est fait, je n’en puis plus, je me meurs, je suis mort, je suis enterré.
    N’y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher billet du jour, ou en m’apprenant qui l’a pris?

    L’extrême-onction me guette ainsi que d’autres quoique silencieux… 😥

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