Openbazaar : le commerce à portée de tous

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir une nouvelle étape dans la libération des individus du joug de plus en plus pesant imposé par l’État et ses institutions. Si Bitcoin, la monnaie numérique indépendante de tout système bancaire traditionnel, fut dans ce cadre un élément clef, ce que je vais vous présenter est, à mon avis, le palier supérieur à l’affranchissement des individus, une sorte de volée de clous supplémentaires dans le cercueil de l’État.

Cette nouveauté numérique s’appelle OpenBazaar, et la presse (très spécialisée, hein) l’évoque fugacement ici ou .

openbazaar logo

Au-delà d’un nom dont on pourra discuter longuement l’impact marketing douteux, le concept est le suivant : il s’agit d’une plateforme permettant l’échange, éventuellement commercial, de biens et de services. En somme, c’est un eBay ou un Amazon de plus, à ceci près qu’il ne s’agit pas ici d’une plateforme sur le web, mais d’un logiciel Peer-To-Peer.

Ceci change absolument tout.

En effet, cette plateforme d’échange n’est pas basée sur un site unique ou une collection de sites centralisée : chaque inscrit à OpenBazaar devient simultanément un client potentiel de toutes les offres disponibles, un fournisseur potentiel d’offres, et un diffuseur des offres disponibles et des demandes de clients.

Autrement dit, chaque personne qui veut participer à OpenBazaar fournit, en déchargeant l’application (sur son ordinateur, et probablement dans les prochaines versions, sur son téléphone mobile), une petite partie de la puissance de calcul et de l’infrastructure nécessaire pour diffuser les annonces d’achat et de vente de biens et services.

Ceci entraîne mécaniquement plusieurs choses. D’une part, le système n’étant pas centralisé, il n’est pas possible d’en décider la fermeture : les participants se répartissant sur la planète entière, il n’y a pas un point unique sur lequel faire pression pour l’interrompre. D’autre part, la responsabilité des échanges est exclusivement renvoyée aux participants de l’échange lui-même. Lors d’une vente, aucun des développeurs d’OpenBazaar ne peut effectivement être tenu responsable de l’échange opéré.

Les conséquences sont énormes : en mettant directement en relation les individus entre eux, on élimine de fait tous les intermédiaires qui ne seront pas capables d’apporter une valeur ajoutée. Par exemple, ce qui s’est passé avec eBay sur certains types de commerces (brocanteurs, vendeurs d’occasion), va se reproduire sur eBay lui-même, dans une certaine mesure.

le numérique - même pas mal - kodak

Mais ceci n’est que la partie visible de l’iceberg : en réalité, le principal intermédiaire dans toutes transactions, que ce soit sur eBay ou Amazon ou n’importe quel commerce, dans le monde numérique ou réel, c’est l’État qui s’insinue systématiquement entre vendeur et acheteur pour prélever sa dime. Or, OpenBazaar fournit ni plus ni moins qu’un moyen évident de commercer « sous le radar » : s’il était précédemment possible d’envisager une activité commerciale au travers d’eBay ou d’Amazon tout en échappant, plus ou moins facilement, aux fourches caudines du fisc et des taxations diverses, OpenBazaar rend cette option non seulement envisageable mais de surcroît extrêmement simple. Mieux encore : par extension, la plateforme permet d’échanger directement des biens contre d’autres (troc typique) ou, plus à propos, des biens contre des services ou inversement, exemples typiques de transactions qu’il est extrêmement complexe (pour ne pas dire impossible) de taxer.

Comprenez bien ici que tout ceci est déjà possible dans le cadre numérique tel qu’il existe avec site centralisé : rien n’empêche de mettre en place des lieux d’échanges informels à base de petites annonces. Cependant, la nature des sites (sur des serveurs, et donc localisables), le fait qu’on puisse en retrouver plus ou moins aisément les propriétaires, les accords internationaux (fiscaux ou juridiques), tout ceci permet, pour le moment, de conserver ces fraudes, cette économie du troc ou de l’échange direct, et le travail au noir dans des proportions contrôlables. Or, OpenBazaar se débarrasse de toute centralisation et base l’intégralité des échanges sur les principes de la Blockchain, ce qui permet d’éliminer tout recours à un tiers de confiance : en somme, il n’existe plus de point central sur lequel l’Etat peut exercer une rétorsion. Il ne reste que les myriades d’individus participants aux échanges, myriades sur lesquelles il sera matériellement – et politiquement ! – très compliqué d’exercer des pressions.

Notez qu’ici, je n’ai même pas abordé la question épineuse des biens et des services illégaux (vente de drogue ou d’armes, contrats d’assassinat, etc…), qui, là encore, pourront trouver une place de choix pour s’épanouir : là encore, des solutions numériques sont déjà en place pour ces marchés, mais l’actuelle centralisation (forums, plateformes d’échanges) pose un risque majeur aux instigateurs. OpenBazaar supprime ce risque et diminue drastiquement le coût des transactions illégales.

Bien sûr, non, OpenBazaar ou les différentes versions qui écloront à sa suite ne feront pas disparaître le commerce traditionnel. Mais par nature même, par son côté « incensurable » et impossible à faire tomber, il va presqu’instantanément donner d’immenses possibilités à tous ceux qui ne pouvaient pas commercer du fait des barrières à l’entrée créées par l’État et ses lois, le lobbyisme et les corporations.

Eh oui : rien n’interdit de négocier le prix d’une course au travers d’OpenBazaar. Uber va se faire uberiser sans rien pouvoir y faire (vendez vos actions !).

Tout ceci m’amène à un constat, celui de la fausse dichotomie entre la société réelle et le monde numérique.

La première utilise le second pour muer, se départir des lourdeurs que ses mauvaises habitudes lui ont imposé au travers de structures (l’État) devenues progressivement bien trop lourdes et trop coûteuses pour lui permettre de s’adapter aux changements rapides de paradigmes qui pleuvent actuellement sur elle.

Et le monde numérique, non seulement a un impact sur la société « réelle », mais s’insinue de plus en plus dans celle-ci au point d’en devenir inextricable : se passer, maintenant, d’internet et de tous les énormes bénéfices qu’il apporte à chacun d’entre nous, sur toute la planète, structures étatiques comprises, entraînerait immédiatement un effondrement économique allant bien au-delà des seuls acteurs numériques.

Autrement dit, l’État ne peut plus se passer de ce qui est en train de le contourner irrémédiablement.

capitalism

En quelques années, Bitcoin a prouvé la possibilité de se passer à la fois d’une banque centrale et d’un système de tiers de confiance pour échanger des biens en toute sécurité. Que cette invention parvienne ou pas à remplacer durablement des monnaies étatiques est ici sans importance : sa seule existence, cette preuve que le concept est, sinon parfait, au moins viable et améliorable, suffit pour montrer le chemin. Openbazaar est ici dans la même situation, et peu importe qu’il ne soit pas non plus parfait. Il a d’ores et déjà réussi une fort belle mission : montrer à tous qu’il est maintenant possible de faire du commerce sans que l’État puisse s’insérer dans les transactions.

C’est évidemment une catastrophe pour l’État et ses thuriféraires. Mais c’est une excellente nouvelle pour les individus.

Commentaires115

  1. Nomi

    Z’aviez prévu votre coup, hein Mister Hash? D’abord un billet cataclysmique sur la fin du mâonde libre à base de salaire virtuel et d’argent virtuel. Et le lendemain, l’air de rien, sainte-nitouche, un billet sur Ze Big solution qui nous libérera tous de l’affreuse domination néo-capitaliste ultra-libérale. Euh, non, pardon, désolé, à force de matraquage… je voulais dire: de l’affreuse domination étatique, bien sûr.

    Petit futé, je t’ai grillé!
    Et victoireuheu pour le peupleheu! Et yo-hoho! Et une bouteille de rhum! (op. cit. Capitaine Haddock).

  2. Nomi

    Haha, preum’s pour une fois! Hé pssst Mélusine « OpenBazaar fournit, en déchargeant l’application… » en téléchargeant, sans doute?

          1. kekoresin

            Va sur openbizzar! J’échange un download contre une caisse de gnôle. Pour l’instant elle hésite, mais ne contrarie JAMAIS une femme, attends juste qu’elle le fasse d’elle même 🙂

      1. Wonk

        Étymologiquement faux.
        Vous ne déchargez rien du tout au contraire.
        Et surtout vous avez besoin du suffixe « télé » pour correctement définir l’action via ce mot.
        Que ce soit en « up » ou « down » vous téléchargez.
        Car télédécharger serait encore autre chose.

        1. gameover

          Pourtant l’analogie avec un camion de livraison donnerait raison à h16.
          Marrant de parler d’étymologie pour un mot qui a quelques dizaines d’années et qui au contraire de l’anglais ne discrimine pas le sens.
          Sinon on décharge bien quelque chose : le flux de data… et on n’accuse même bonne réception.

        2. Dahu

          « télé » en grec ancien (celui qu’on n’enseigne plus à l’école) signifie « à distance ». Télécharger, c’est « charger des données à distance ». Il n’y a pas d’indication de sens du chargement. Notion pourtant bien présente en anglais: upload « envoyer des données vers l’avant » et download « récupérer des données vers soi ».

          1. MadeInCH

            « upload »: « up » = « vers le haut », « load » = « charger ».
            « download »: « down » = « vers le bas », « load » = « charger ».
            Upload = charger vers le haut.
            Download = charger vers le bas.
            Tel un réservoir d’eau, le serveur est en haut, et l’utilisateur est en bas.
            Le débit vers le bas (downstream)(Aide de la gravité) est plus élevé que le débit vers le haut (upstream)(doit pomper). Souvent le cas en ADSL ou équivalent.

            1. gameover

              « Souvent le cas en ADSL ou équivalent. »

              Toujours.
              Le A de ADSL veut dire Asymétrique. C’est parce que le débit est asymétrique que l’on peut avoir un débit très élevé dans un sens (en comparaison d’un débit symétrique).

      2. Emmanuel

        Et non. Download = télécharger, upload = téléverser. Mais je suppose que ça dépend du point de vue, comme débit et créance du point de la banque et l’opposé de celui du client de cette banque.

  3. kekoresin

    L’heure de l’apéro approche et Openbizaar (version Barbès) me donne le tournis.

    WTF, je suis allé voir ce qu’il en est. Bonbref, le site n’est pas fonctionnel, les explications un peu lunaires, Firefox qui tente de m’interdire l’accès… j’ai mis ça sur l’effet du manque de boisson maltée mais je ne voit pas bien comment ça marche. Je pense qu’il faut attendre la fin de la phase test pour crier victoire. Ça me parait aussi un brin compliqué pour Madame Michu; le commerce bien taxé et règlementé a encore de beaux jour devant lui.

    Oh mais bon dieu j’y pense, si la sainte taxation connait une crise de constipation, comment va t’on trouver assez de thune pour les ronds points rigolos, les petits profs propagandistes, la Kulture, les aménagements publica pour malcomprenants, les inspecteurs fonctionnaires contrôleurs de dinosaures partouzeurs de droite et toutes ces merveilleuses choses que l’état nous offre avec le bon pognon gratuit citoyen? Hein Hash, un monde de chaos où la société se fait enfoncer les coins par des bits? Et puis le troc a des limites. L’intégrale des œuvres d’H16 contre une coloscopie, pas sur que je trouve un médecin assez ouvert d’esprit pour m’aérer le rectum!

    1. Pat

      La vente des aéroports est lancée. Ya encore plein de trucs du patrimoine ou des infrastructures qui vont pouvoir être bazardés, avant de s’attaquer aux économies des Français, tout ça pour ne pas entamer les privilèges des (nombreux) larbins du Pouvoir.

    2. LM

      C’es encore en phase de test.
      Par contre la version finale ne devrait pas être différente d’un navigateur classique et donc utilisable par Mme Michu.

  4. Nomi

    Je cherchais ce à quoi cet article me fait penser, et j’ai trouvé: Zeronet, un serveur web basé sur les protocoles crypto de bitcoin, et de P2P Bittorrent.

    A moins de couper Internet, ce qui paraît difficile à faire, c’est la mort du pouvoir de l’état sur les échanges, et accessoirement, des majors.

  5. Bonsaï

    « Morpheus : Remember, all I’m offering is the truth, nothing more…
    Ce n’est pas en se détournant de l’apparaître, ou en encensant le virtuel, que vous avez chance d’accéder à l’idée. C’est en pensant l’apparaître comme apparaître, et donc comme ce qui de l’être, venant à apparaître, se donne à penser en tant que déception du voir. Matrix, dans ce qu’il a de plus fort, dispose cette donation, cette déception. Et donc, le principe de toute idée. »
    Alain Badiou, in « Dialectiques de la fable » dans l’ouvrage collectif « Matrix machine philosophique », Ellipses Edition Marketing S.A., 2003 »

      1. Bonsaï

        3500 ans d’histoire et nombreuses expérimentations de formules sociétales, religieuses et culturelles…
        La civilisation occidentale, bien que plus récente, n’est pas en reste non plus en la matière. D’ailleurs, le concept de « solution finale » avait été formulé où, déjà ? Pas en Chine en tout cas.

        1. kekoresin

          Petit arbrisseau frétillant, regarde le film, c’est une parodie. L’ancêtre de la classe américaine. Mais j’aime qu’on réponde sérieusement à mes idioties 🙂

          1. Bonsaï

            Je reconnais que je suis assez bon public, j’ai tendance à partir au quart de tour !
            Et j’en profite pour glisser que je suis une fervente lectrice de tes trop rares chroniques…

            1. kekoresin

              Merci ma chère, mes interventions se font sur le peu de temps libre que me laisse les bureaucrates qui se manifestent sous forme de tas de paperasses utiles uniquement pour ceux qui les pondent au kilomètres afin de justifier leurs misérables existences de cloportes fonctionnaires. RRRRRHAAA, ça fait du bien…

  6. Bonsaï

    « Toujours vérifier, contre l’empirisme, et avec le platonisme, que le visible, figure apparente de ce qui est certain (il faut voir pour croire, comme saint Thomas), n’est en réalité qu’un indice particulièrement aléatoire du réel. »
    idem

      1. Nomi

        Beh non justement, hier en topant je l’ai arrosée de whisky… manifestement notre amie ne s’en est pas remise, ceci explique cela…

            1. Bonsaï

              Major, j’ai offert récemment à des amis un flacon de Glenmorangie Nectar d’Or, 10 ans d’âge et vieilli en fûts de Sauternes.
              Avez-vous un avis sur cette tisane ou est-elle indigne de votre réserve ?

              1. Higgins

                Je ne connais, hélas, pas toutes les productions offertes meis celle-ci me conviendrait parfaitement. Si vous souhaitez être original, les whiskies Michel Couvreur vous combleraient (avis totalement gratuit).

  7. Nomi

    C’est au bivouac qu’on reconnait le réac. Des armes, du feu, éventuellement une bonne rasade sortie de la flasque, et des activités affreusement individualistes, égoïstes et tueuses de lapins mignons. Quel bonheur d’être un salop! Et vivement mes congés, je pars… bivouaquer. Banzai!

  8. Val

    Interessant concept , mais en faisant cela , nous ne faisons que combattre les effets , nous ne faisons que nous adapter aux contraintes . Nous avons pour nous la puissance de la créativité et de l’innovation . L’état est un colosse lent et peu inventif.
    Mais il a un atout puissant : il fait les lois et les fait appliquer, avec lui sont une cohorte de dévoués servants alliés à sa cause .
    Cher H, un état qui a pu interner toute personne pour motif de sale gueule ou de sale pensée peut tout , absolument tout .
    Et il ne tient qu’à lui de décréter tout utilisateur de ces softs comme ennemi et de jeter tout contrevenant en taule , au goulag etc mention non exhaustive. Et les gens auront peur et ne les utiliseront pas . Et pour se faire bien voir ils dénonceront les autres .
    Higgins a tres bien dit récemment qu’aucun secours ne serait à attendre de la police ni de l’armée . Alors nous serons tondus , avec ou sans cris , mais nous le serons . There is no other way out . Il faut passer à travers ça et ce n’est pas rose. Tout le reste ne fait que pimenter une partie de chasse dont tout le monde connait l’issue : la mort du taureau . Bon c’est vrai que c’est plus glorieux de se battre mais méritent t-ils cela ? parfois je pense que c’est leur faire trop d’honneur.

    1. « un état qui a pu interner toute personne pour motif de sale gueule ou de sale pensée peut tout , absolument tout »
      Hum non justement, il ne peut pas tout, notamment pas se couper du peuple qui le nourrit.

      1. Val

        @h16 oui bien d accord avec le schéma mais ce n est pas incompatible avec le mien . Je n ai pas dit que c était durable bien au contraire surtout chez nous ou il n y a aucune autre richesse que d hommes… donc le mammouth tombera et donc je suis optimiste sur le long terme.

  9. yoananda

    Super. Je suis à fond pour le boycott de l’état. C’est pour l’instant la meilleure voie pour résister je pense.

    Mais 2 remarques :

    * qu’est-ce qui empêche l’état, les états, de faire une loi pour l’interdire ? ou tout bêtement, une fois que la monnaie sera dématérialisé, d’interdire les transferts vers cette plateforme ?

    * en cas de litige il se passe quoi ? (du genre, le produit arrive cassé ?). L’une des grandes force d’amazon, c’est son service de retour.

    1. Qu’est-ce qui empêche une loi d’interdire la vente de drogue ?
      En cas de litige, les transactions sont soumises à un arbitrage (c’est le concept de modérateur sur OpenBazaar, et l’utilisation de contrats à clés multiples).

      1. yoananda

        Ok, je pense de toute manière que je vais me l’installer pour me faire une idée plus précise.
        J’aime beaucoup le concept en tout cas.

        Merci pour l’avoir mis en avant.

    2. gameover

      ebay fait beaucoup mieux qu’Amazon car ebay a même poussé les fournisseurs à négocier avec les clients pour qu’ils aient 100% de satisfaction.
      Il n’y a pas de raisons pour qu’Openbazaar n’ait pas lui aussi un système de notation de la transaction.

      1. Il y a des modérateurs, et je pense qu’ajouter un système de notations en ligne est ou bien déjà en place, ou bien prévu, ou viendra naturellement. Dans la version actuelle, il est possible de voir le nombre de suiveurs d’un magasin, ce qui donne une indication…

  10. MCA

    Je me demandais pourquoi Blythe Masters s’intéressait tant au BlockChain ainsi qu’un consortium de banques mené par la CDC, ça commence à devenir plus clair.

    La vraie bombe ce n’est pas le Bitcoin, OpenBazaar etc… mais la technique BlockChain qui permet de se passer de tous les intermédiaires sans qu’il puissent réagir.

    Je sens que ça va encore donner des maux de crâne à nos députés et sénateurs férus de Hightech.

    On risque fort d’y venir à la ponction des 20% de nos revenus à la source au titre de la TVA perdue, vous allez voir!

    1. Aristarkke

      Ponction de 20% ? Elle existe déjà avec la CSG+ CRDS, pour l’ instant à des taux inferieurs, que rien n’interdit d’augmenter… En fait, le risque est de revoir la capitation revenir en force (impôt forfaitaire par tête de pipe indépendant du revenu réel de la susdite)

      1. bob razovski

        Nettement HS mais puisqu’on parle de prélèvements :

        Il a souvent été dit que le RSA était financé par l’impôt et non les charges sociales. Et bien pour la première fois cette année, j’ai un prélèvement direct sur mes droits d’auteurs de 1,1% au titre de la « contribution au financement du RSA. »

        Et hop ! nivunikonu-jtembrouil !

      2. MCA

        De toute façon l’état (les politiques) aura toujours le dernier mot car il a la loi avec lui et le pouvoir de contraindre.

        Il peut toujours nous inventer l’impôt qu’il veut : sur le train de vie réel ou supposé par exemple.

        Il peut prélever à la source pour être bien sûr que rien ne passera au travers du filet.

        Toutes ces techniques sont rigolotes car elles narguent les pouvoirs publics à la façon Robin des Bois, mais les pouvoir publics peuvent se payer des experts qui sauront quoi faire pour contrer la menace, et s’ils n’y arrivent pas, sortir en dernier ressort la loi pour interdire et contraindre.

        Comme disait plus haut

        yoananda – 13 mars 2016, 14 h 06 min » d’interdire les transferts vers cette plateforme ? »

        Au niveau de la France:

        1 – obliger à faire transiter les revenus sur le système bancaire traditionnel

        2 – interdire aux banques d’exécuter à partir des comptes traditionnels des virements vers les sites utilisant le blockchain.

        Et les banques obéiront comme actuellement elles obéissent à l’obligation de signaler des mouvements d’argent à partir d’un certain montant.

        Il peut par exemple contraindre les transporteurs de colis commandés/payés par le circuit blockchain de dénoncer les mouvements de ces colis et leurs destinataires.
        Les colis « légaux » étant repérés par des procédés infalsifiables (puces RFID par ex) et discriminés ainsi des colis « illégaux ».

        Si vous voulez essayer de coincer l’état, je ne vois qu’un moyen : limiter sa consommation au strict minimum et stériliser les restant en le convertissant en argent papier, or, argent, valeurs tangibles diverses… et c’est là qu’intervient la disparition du cash, interdiction de posséder des métaux précieux au-delà d’un certain montant etc…

        Jamais il n’acceptera de se laisser neutraliser par les moutons qu’il a pris l’habitude de tondre, un état aux abois peut devenir très dangereux car il a tous les droits, et de plus vous ne pourrez jamais mettre de votre côté ceux qui en profitent et qui semblent être de plus en plus nombreux.

        Aller se faire tondre ailleurs où la longueur des poils restants est plus importante, peut-être… mais il faut sauter le pas…

        1. Tout ce que vous faites, avec ces constructions légales rigolotes, c’est rendre illégales ce qui ne s’y conforme pas. Vous ne l’empêchez en rien du tout. La drogue est illégale, il ne s’en est jamais vendu autant sur le territoire français.

          Là encore, l’exemple de la vie réelle, factuelle, écrabouille normalement toute objection : le trafic d’arme, de drogue (et d’alcool jadis) est une preuve qu’une loi n’interdit pas le commerce, s’il est très intéressant.

          1. MCA

            Oui, mais si vous touchez l’état au portefeuille il devient très vite féroce, j’en prends pour preuve la peine encourue à fabriquer de la fausse monnaie vs la peine encourue à tuer son prochain.

            Si vous touchez l’état au portefeuille, c’est son existence même qui est en jeu, alors que les trafics divers et variés même s’ils sont interdits font malgré tout partie du paysage et on peut constater tous les jours que l’état y survit très bien.

            1. Val

              @mca 100%D accord
              @h je crois que vous vous trompez : l état ne réussit pas contre la drogue car il le veut bien . Il combat pour la galerie (pour donner le change aux gogos) .  Les trafics en tous genres  occupent les banlieues et permettent de les contrôler via l aide des leaders trafiquants et en plus ça  ca(l)me les jeunes, rien de plus cool qu un came , demandez aux toubibs .  En régime coco la pègre est l allié objectif de l état.  Croyez moi les méthodes musclées qui marchent , c est contre nous qu elles seront utilisées et tout comme les limitations de vitesse sur les routes : ça marchera ! Contrairement à vous je pense que l état peut tout contrôler s il décide de s en donner les moyens et applique les sentences férocement.  On l a vu au cours de l histoire assez souvent , les preuves abondent . Mais la bonne nouvelle c est que c est limité dans le temps . C est la seule bonne nouvelle. ..

  11. Alzheimer

    L’industrie automobile aussi est incontournable. Pourtant il y a 30 millions de véhicules en France tous strictement normés, immatriculés et taxés.

    De même Internet est indispensable à un monde moderne.
    Mais qu’est-ce qui empêche un gouvernement autoritaire de n’autoriser que les sites/applications/navigateurs… dûment validés par l’Etat ? Et réprimer/interdire/polluer /spammer/brouiller tout le reste ? Vous croyez que l’openbazaar fonctionne en Corée de Nord ?

    Tout ce qui passe par internet (bitcoin, bazaar…) est vulnérable.
    Ce qui n’empêche pas de l’utiliser quand même comme acte de résistance le plus longtemps possible. La répression a un coût politique pour l’Etat qui peut finir par l’abattre.

    1. Justement, la Corée du Nord peut interdire internet parce qu’elle s’en est tenue à l’écart avant son introduction. Pour la France, c’est trop tard. C’est pourtant clair : prenez tout ce qui est actuellement disponible en P2P (depuis la monnaie jusqu’aux films, musiques et autres). Rien de tout cela n’est plus interruptible sur les territoires où internet est déjà déployé. Même la Chine, qui a pourtant un firewall de folie, ne peut pas filtrer ça.

  12. Innerwildblog

    Je ne pige pas le concept

    Pour faire de la vente de particulier à particulier, ça existe déjà: le bon coin, etc…

    Et pour faire de la distribution professionnelle, de toute manière le distributeur sera repérable et vulnérable.

    1. Justement :
      a/ le bon coin est tenu de livrer ses acheteurs/vendeurs pieds et poings liés à l’administration fiscale. Dans un système P2P, vous ne pouvez pas faire pression sur un point central : il n’y en a pas.
      b/ pour la diffusion professionnelle officielle, ce système n’apporte que l’assurance de robustesse. Pour la non officielle, c’est purement une question d’anonymisation de son accès. C’est assez facile à contourner.

      1. Aristarkke

        Comment le Bon Coin peut-il être tenu de livrer ses acheteurs/vendeurs à l’ Administration Fiscale ? C’est un diffuseur d’ annonces de vente qui ne peut savoir réellement qui achète et qui vend et surtout, à quel prix ? Il n’y a pas de transfert d’ argent par Le Bon Coin comme avec Priceminister ou Amazon ou encore Blablacar.
        Tout au plus peut-il dire que Tartempion a mis telle annonce proposant tel truc à la vente sans aucune information précise du prix. En plus, c’est quasiment que de l’ occasion ou de la seconde main qui fait l’ ordinaire de de site. Y a t il qq chose qui m’échappe par rapport au fisc ???

            1. Val

              @Harry fais une recherche : « voiture en Ile de France » , tu verras que tout se vend sur le bon coin : voiture , maisons , etc le tout à côté du joujou du petit dernier à 1E . Maman état doit en avoir les cheveux qui se dressent sur la tête et les dents qui poussent .

              1. Aristarkke

                Merci de me décrire le Bon Coin que j’utilise depuis trois ou quatre ans tant comme acheteur que comme vendeur. 😉
                Je ne comprends toujours pas le propos à moins que le projet ne soit de prélever une taxe fixe par annonceur, ce qui doit effectivement démanger un bon paquet de ponctionnaires. Mais comment l’ acheteur est il connaissable par le Bon Coin pour le dénoncer potentiellement au fisc ? (hors le cas des biens devant faire l’ objet d’ une déclaration administrative de possession, type carte grise pour motos et voitures ou acte notarié pour un bien immeuble ?

                1. Val

                  @Harry oups sorry … Harry , no offence .. pour le fisc : un petit contrôle fiscal et hop on tombe sur les transactions mais padbol on n’a pas (encore) l’arsenal juridique pour faire rendre gorge au sal**iaud de petit malin qui fait ses achats en net sur le net . Vu de l’état , le bon coin c’est juste un truc qui bypass la TVA à grande échelle .C’est du mankagagné à l’état pur. Tu vois bien que c’est interdit de vendre quoi que soit dans la rue sans demander des autorisations et passer à la caisse étatique .

      2. Innerwildblog

        @H16

        « Pour la non officielle, c’est purement une question d’anonymisation de son accès. C’est assez facile à contourner »

        Avec un faux-nez, je suppose. Par contre au niveau du règlement, on ne pourrait pas utiliser de coordonnées bancaires. Si je comprends bien, cette activité sera dépendante de l’avènement des bitcoins/monnaies virtuelles anonymes?

    2. MCA

      @Innerwildblog – 13 mars 2016, 20 h 34 min

      Ce que j’ai compris:

      Repérable, certes, sa boutique sera visible à qui s’y connecte, mais acheter sera invisible car passant par Openbazaar géré par BlockChain et payer aussi car effectué par BitCoin utilisant BlockChain également.

      En résumé, j’achète chez lui via Openbazaar (utilisant BlockChain) et je paye en Bitcoins (utilisant BlockChain), personne au monde ne peut savoir que j’ai effectué une transaction et sa nature et personne au monde ne peut savoir que je l’ai payée hormis le vendeur et moi.

      Par contre :

      – si j’achète sur Openbazaar et que je paye en CB, personne au monde ne peut savoir la nature de ma transaction hormis le vendeur et moi, mais cette transaction financière sera tracée au niveau CB,

      – si j’achète sur un site Non-Openbazaar et que je paye en BitCoin, la transaction sera tracée au niveau nature de la transaction produit mais personne au monde ne peut savoir que je l’ai payée hormis le vendeur et moi.

      Donc si on veut conserver un anonymat parfait, il faut acheter sur Openbazaar et payer en Bitcoin.

      @H16, ce raisonnement tient la route?

  13. MCA

    @H16

    Les sites de téléchargement musique, films et autres illégaux, s’ils passent par Openbazaar deviennent transparent quant au client qui télécharge alors?

    Adopy …. plouf? :o))))

  14. Vodkaman

    Schématiquement, prenez la grande surface où vous faites vos courses.

    Elle centralise les produits pour ses clients, il est donc facile de la contrôler, ou pour la faire fermer, d’y envoyer une armée de CRS. (les serveurs sur lesquels sont hébergés les sites type ebay, amazon…avec un point d’accès unique)

    Openbazaar, c’est comme si vous aviez directement les coordonnées des fournisseurs. cela veut dire un car de CRS par fournisseur, quel que soit le bien ou le service….sur toute la planète.

    1. Peste et coryza

      Cela se fait !

      Je crains que vous ne sous estimiez la force des hommes de l’état.
      Vos transactions sont dématérialisées, mais vous, vous demeurez un être réel, avec une famille, une maison, un boulot (ou vous en cherchez un).
      Bref, vous êtes toujours à portée de coup de matraque.

      Enfin, de fusil et de canons. Les armés du moyen age réprimaient efficacement les rebelles à coup de hallebarde, les polices modernes disposent d’arsenaux sans équivalents au regard de ce que leurs adversaires peuvent opposer.

      De plus, quand le léviathan est attaqué, il se fait féroce : oubliez donc toutes les garanties légales de l’état actuel, et dites bonjour à l’état sauce hardcore !
      Par exemple, la présomption d’innocence peut très bien être renversée en présomption de culpabilité, la torture peut être réintroduite, vos biens confisqués sur un simple soupçon (ça s’est déjà vu, notamment en Angleterre : les « rebelles » au roi étaient exécutés, les gueux expédiés aux galères ou aux colonies, et tous leurs biens confisqués au profit de la couronne).

      Vous sous estimez également la méchanceté de l’être humain. Aux procès pour sorcellerie, où quantités de femmes ont brulé sur les buchers dès qu’un inquisiteur (pourtant un personnage dangereux et éminemment peu sympathique) se pointait, les recherches ont montré que les témoignages servant à étayer les procès et les actes d’accusation (+ les verdicts de culpabilité) étaient souvent librement fournis par des habitants du village, souvent d’autres femmes (des voisines, des employées, votre patronne, etc…).
      Ajoutez en plus la possibilité de rémunérer les gens pour de telles infos, et plus personne n’utilisera OpenBazar ou bitcoin, car tout le monde pétera de trouille.

      Dans le cas de la France, jamais l’état ne tolérera que les classes moyennes se révoltent ou fassent sédition. Toute la politique répressive du Bolet de Tulle repose là dessus : les manants qui payent doivent continuer à payer et à la fermer. Et en plus, contrairement aux USA, les gens ne sont pas armés, et n’ont pas de culture militaire.

      1. « vous êtes toujours à portée de coup de matraque. »
        tu as loupé l’argument essentiel : le nombre.
        Rappelons que la drogue est interdite, qu’il est matériellement possible d’aller matraquer le dealer. Qu’observe-t-on ?

        1. Peste et coryza

          Le nombre ? Je ne sais pas…

          D’un coté, il y a bien 30 millions de français mécontents du bolet du Tulle, et pourtant celui ci continue à courir la gueuse en scooter sans problèmes…

          D’un autre coté, un certain nombre de fermiers énervés (et armés) ont bien réussi à faire fuir un gang d’agents fédéraux (eux aussi armés) la qu*ue entre les jambes…

        2. MCA

          @h16 – 14 mars 2016, 8 h 49 min

          « Qu’observe-t-on ? »

          Il y a une autre variable à intégrer dans le raisonnement.

          L’argent des dealers sert aussi a entretenir la p’tite famille car le RSA et autres subsides étatiques ne suffisent certainement pas à faire vivre tout ce petit monde (et je ne parle pas de la BM sur le parking (petit moment de prétérition à l’attention de GO)).

          Les laisser prospérer c’est aussi une façon d’acheter une certaine paix sociale.

          La répression, oui, mais dosée juste comme il faut, avec modération.

          Rajoutez à ça que les lascars ne sont pas forcément d’humeur à se laisser faire et trop de répression entraîne des représailles (voitures brulées, descentes en ville, autre agressions et vols pour se procurer les revenus manquants et dissuader de poursuivre la répression)

          Tout ça pour dire que si on ne matraque (pas trop) le dealer, c’est qu’il y a d’excellentes raisons de ne pas le faire, ce n’est pas que de l’impuissance étatique.

          1. Et en quoi ce sera différent avec le commerce « au noir » ? Car autant la drogue peut trouver des opposants acharnés (moralité, etc…), autant le commerce traditionnel, ça va être plus dur. Le simple appel à lutter contre la « fraude sociale » ne marchera pas.

            1. MCA

              Aussi bien Openbazaar que Bitcoin sont du poil à gratter dans les rouages étatiques mais je n’ai pas beaucoup d’illusions sur la réaction du dinosaure, ça va tanguer si les processus prennent de l’essor.

              L’avenir le dira.
              ____________________________________

              Au fait, pouvez vous valider mon développement histoire de voir s’il n’y a pas d’erreurs d’interprétation? merci d’avance:

              MCA – 13 mars 2016, 21 h 35 min

              @Innerwildblog – 13 mars 2016, 20 h 34 min

              Ce que j’ai compris:……….

            2. Aristarkke

              H16, vous sous estimez la jalousie ambiante atavique de moult Grançais. Le jour où l’État grançais estimera qu’il y perd trop dans cette configuration commerciale, il mettra les moyens nécessaires pour y mettre fin ou, au minimum, tellement pourrir la vie courante des utilisateurs que cela en dégoûtera un bon nombre. Il ne veillera pas forcément à éradiquer mais à contenir simplement le bouzin dans des enceintes nanométriques. Il fera alors aussi appel aux bons français qui font leur devoir et cet appel ne laissera pas tout le monde de marbre, loin s’ en faut!… Dans l’imaginaire collectif, la Tchécoslovaquie d’ avant-guerre a toujours passé pour être anti-allemande nazie, d’ autant plus qu’elle avait servi de butin à Hitler en 38. Pourtant, quand en 42, un commando y a été envoyé pour assassiner Heydrich qui en était le Protecteur (dirigeant), il est allé de mal en pis selon son histoire dans « Sept hommes à l’ aube ». Cela a commencé avec leur largage parachuté beaucoup trop loin du point théorique. Le commando atterrit donc en pleine cambrousse et décide de cacher les parachutes dans une grange paumée en pleine nature puis de prendre la direction adéquate pour Prague, une fois leur position identifiée.manque de chance, le paysan propriétaire de la grange s’y rend peu après, y trouve les parachutes d’ origine anglaise et n’a rien de plus pressé que de galoper à la Kommandantur du coin relater sa découverte. Ce qui mettra les nazis en éveil immédiat, ayant été étonnés par le passage solitaire du bombardier livreur au dessus du pays. Ce qui compliquera également la tache du commando. Lequel, après l’attentat réussi plutôt par miracle, se planquera dans une cachette astucieuse (crypte d’ église officiellement murée) mais sera néanmoins vendu par un bon tchèque… Certes les nazis avaient offert une récompense à la hauteur de leur ressentiment… L’ histoire montre donc qu’il y a toujours des judas…

              1. « tellement pourrir la vie courante des utilisateurs que cela en dégoûtera un bon nombre »
                Vous voulez dire, comme la drogue ?
                Oh.
                Wait.

                1. Aristarkke

                  Ceux qui donnent dans le commerce des stupéfiants ne sont pas réputés pour la douceur de leurs moeurs et l’ innocuité de leurs équipements de self-défense. D’ où le manque d’intensité dans certains comportements policiers, peut-être???
                  Peut-être aussi que ces substances se révélant fort prisées des milieux élitistes, des people, etc… convient-il de conserver quelques détaillants opérationnels pour les menus besoins à satisfaire, en raison des carences des « épiceries de quartier »
                  En revanche, le clampin moyen, habituellement dépourvu de la puissance de feu de son petit porte-avion personnel, sera une cible plus accessible…
                  Regardez comme les PME/TPE, parce qu’elles sont la propriété de « patrons » morflent dans la logorrhée de Cerfas et autres paperasses pour le compte pénibilité ou autres joyeusetés… Il y a deux ans, le pote de Valls, Mandon avait en charge la simplification administrative pour les acteurs économiques… Il avait donc abouti au vote d’ une loi de 39 articles dont un était un cavalier législatif (aucun rapport avec ladite loi), trois articles constituant une petite simplification pour les entreprises et trente cinq articles simplifiant les procédures administratives des administrations: Essentiellement Urssaf, similaires et Trésor Public…afin d’avoir encore davantage d’ aises dans leurs méfaits…
                  Peut-être suis-je un peu (trop) parano???…

                  1. On peut imaginer ce qu’on veut. La réalité factuelle, c’est que les trafics en tous genres (y compris les plus illégaux) ne sont pas interrompus par un état qui est très rapidement débordé. Ce que vous décrivez, ce sont des gens qui sont le boulet au pied : difficile de s’envoler avec la caisse d’une entreprise qu’on a créé sur de longues années.

                    L’avantage du nombre, c’est que si 10.000 personnes font une petite fraude, il est difficile de tomber sur les 10.000, et difficilement justifiable de tomber sur un seul. Là encore, regardez ce qui s’est passé avec l’abominable contrefaçon (allez relire les peines encourues, c’est épique : on parle en centaine de milliers d’euros, en années de prison ferme, etc…) : la réalité est que le nombre de personnes qui se fait choper pour les MP3 stockés sur leurs disques durs est … nul. Des millions de criminel (la contrefaçon, c’est du pénal, hein), et moins de 10 cas par an.

                    OpenBazaar, c’est la parabole du MP3 et des ayants-droits appliqué à eBay.

                    1. MadeInCH

                      Un Etat ne peut pas faire disparaître quelque chose juste en le Déclarant illégal.
                      Les meutres sont illégaux.
                      Néanmoins, ai la volonté de l’Etat y est, des actions illégales peuvent être ramenées à une portion vachement petite.
                      Dans le cas des MP3, ces lois qui les punissent sont des superbe exemples de loi de théatre, on fait pour faire, si posible avec beaucoup de bruit, mais sans réelle volonté derrière. Le bruit est le but.
                      Dans bien des cas, pour résoudre un « problème », il suffiratît d’appliquer la loi tel qu’elle existe. Que font les politiciens? Ils ne s’efforcent PAS à faire appliquer la loi. Ils en rajoutent une autre, paske c’est ça qui fait du bruit.
                      Mais si il y a VRAIMENT une volonté politique, alors l’acte déclaré délictueux sera ramené à portion congrue, par le rouet ou le scaphisme si nécessaire.

                    2. Vous croyez sérieusement à ce que vous écrivez ? Vous pensez sérieusement que certains trafics ne sont pas suffisamment graves pour que l’État n’y mette pas de grands moyens pour l’arrêter ? Vous avez vu ce qui a été dépensé dans la guerre contre la drogue ? Vous pensez sérieusement que l’état prend ça par dessus la jambe ? La prohibition, c’était de la plaisanterie ? Plus à propos encore : vous pensez sérieusement que l’État peut lutter contre des petites milices armées légèrement et très mobiles ? Pourquoi l’État américain (pas l’archétype d’un état rikiki) n’a-t-il pas gagné au Vietnam ? Pourquoi le soviétique n’a pas gagné en Afghanistan ? Pourquoi une coalition d’État n’est pas parvenu à extirper les terroristes d’Irak ?

                      Allons. Un peu de sérieux : l’état est un monstre aux pieds d’argile. Par nature et par construction, il peut beaucoup contre un petit nombre qui fait de gros dégâts, il ne peut rien contre un grand nombre qui fait de petites escarmouches. Toute l’Histoire va dans mon sens.

                    3. Aristarkke

                      Ce n’est pas parce que l’Etat ne peut pas arriver à coincer 10.000 ou 100.000 fraudeurs à la petite semaine, du premier au dernier, qu’il n’essaie pas de le faire pour autant. Il le fait même si cela entraîne des bavures d’oubli ou d’impossibilité matérielle.
                      Type la repression des excès de vitesse qui est passée d’une « mission de salut public » pour la sécurité, gna gna gna… à une vulgaire façon de remplir les caisses vides du même état.
                      Résultat, on plante des voitures banalisées 20 à 30 m d’un panneau d’augmentation de vitesse de 50 à 70 comme à Evry la semaine dernière ou très souvent à Appoigny sur la RN6 en direction d’Auxerre (une fois sur deux que j’y passe, les pandores y sont!!!.)
                      Résultat, il terrorise un paquet de monde qui réagit « anormalement », type les apeurés qui passent les radars fixes 20 km/h à /30 km/h en dessous sur la file de gauche de l’A6, par exemple…

                    4. Justement, ne comparez pas ce qui n’est pas comparable : choper 1000 automobilistes, plaques visibles, sur un trajet prévu, c’est facile. Choper 1.000.000 d’internautes, IP invisibles, transactions cachées, certains déclarant, d’autres non, c’est une autre paire de manche et pas franchement automatisable au moment de passer devant le juge.

                    5. Bonsaï

                      Open Bazaar c’est ni plus ni moins que les petites annonces publiées dans l’hebdomadaire gratuit du coin. On y trouve tout et n’importe quoi, des biens matériels aux services les plus variés. Les arrangements les plus divers se feront par contact entre les intéressés et personne n’ira y mettre son nez, pas même le fisc.
                      Comme disait la bonne dame, rien de nouveau sous le soleil…

                    6. Moui bon la conclusion est correcte mais vous oubliez la moitié du concept dans la foulée.

                    7. Aristarkke

                      Comment cela H16, pas automatisable devant le juge??? Oui, mais à droit constant. Si le jeu en vaut la chandelle aux yeux de l’ état, il ne se gênera pas de pondre un système extra-ordinaire pour s’appliquer à ce cas de figure. Comme il n’a hésité à le faire pour les radars automatiques… Même dans ce cas là, vous pouvez passer a travers de la ponction des points mais beaucoup plus difficilement de celle de l’ amende. Ce qui est le but principal poursuivi.

                    8. Ben non justement. Sauf à passer ce qui est actuellement du pénal à du civil (ce qui ne réglerait même pas le pb), je ne vois pas par quelle entourloupe légale il pourrait automatiser. Du reste, il ne s’agit même pas d’un problème juridique, mais d’un problème technique : ce n’est pas automatisable (ou du moins, pas avant de sérieuses avancées en matière d’intelligence artificielle).

                      Vous prêtez décidément trop de force à l’état quand il n’en a pas, et pas assez quand il en a. C’est un problème de conception : l’état est essentiellement pyramidal. OpenBazaar et d’autres systèmes sont essentiellement relationnels (plats). La rapidité de déplacement de l’info dans un système pyramidal est très lent comparé à un système plat, et sa capacité d’adaptation à peu près nulle. Efficace pour traiter les cas connus, déplorable pour les cas nouveaux.

  15. MadeInCH

    L’usage de ce système peut être simplement interdit.
    Ce qui veut dire que si « Monsieur A » l’utilise, alors il est vulnérable aux dénonciations potentielle de sa famille, de ses amis, de ses partenaires commerciaux sur OpanBazaar lui-même. Avec quelques gros procès à gros titres pour faire bonne mesure.
    Il est même imaginable que, dans un tel cas, des agents de l’Etat se mettent à utiliser ce système dans le but de choper ceux qui l’utilisent.
    L’échange d’un bien matériel ou d’un service a bien souvent besoin d’une adresse réelle pour se faire.
    Autre possibilité: Accord entre l’Etat et un fabricant d’antivirus très répandu. Le programme permettant d’utiliser ce système sera considéré comme « nocif » par l’antivirus et « gelé » ou effacé d’office.
    J’ai déjà vu des trucs du genre.
    Un NoCD-Patch pour StarCraft1 (jeux obtenu légalement). Après une mise à jours d’AVG Antivirus, très populaire à l’époque, le SC patché était considéré comme « malveillant » et gelé ou effacé. Pas difficile d’imaginer que Blizzard avait passé un accord avec AVG…
    Je suis passéà Antivir Free depuis. Ce qui ne change pas grand chose, puisque SC2 a besoin de l’internet, même pour un jeux local…

  16. cherea

    Donc, je peux vendre tout et n’importe quoi, y compris des choses protégées par des droits d’auteur…cool. Je vais vendre des thèmes & des pluggins wordpress pour une fraction du prix…

  17. PaysanR

    OpenBazaar est une utilisation de la Blockchain intéressante effectivement mais elle est à mettre en perspective avec toutes les autres. A terme cette révolution technologique pourrait supprimer tous les tiers de confiance à commencer par l’État. A côté d’openbazaar, l’autre exemple du moment est la ZooZ, une application décentralisée qui pourrait ubérisé uber (cf http://blogchaincafe.com/la-zooz-une-dapp-pour-le-co-voiturage) . Les banques suivent attentivement le dossier, pas pour se disrupter (ce que la blockchain pourrait pourtant faire) mais pour se passer de leurs salariés…(cf http://alireailleurs.tumblr.com/post/130388710993/blockchain-nouvel-eldorado-num%C3%A9rique-des-banques).
    Tout ça pour dire que si l’on avait des visionnaires à la tête de l’Etat, en lieu et place de gestionnaires de leurs carrières, on opposerait pas OpenBazaar et Etat mais on s’emparerait de cette technologie de manière massive. Bien utilisée en moins d’un mandat de Président, cela permettrait de réduire de le nombre de fonctionnaires par 2 ou 3, commencer à rembourser la dette, alléger l’impôt, maximiser le service… (exemple récents du cadastre au honduras et au ghana basé sur cette techno). Et puis pourquoi pas contribuer à l’empowerment voulu ici comme ailleurs voir même permettre la mise en place d’un revenu minimum sans se tirer une balle dans le pied… Bref de quoi attendre un peu plus sereinement l’avènement de l’IA forte et des biotechs.

    Pour ceux que ça intéresse, oui à la base il y a le BitCoin mais cela devrait rester une crypto monnaie. La blockchain devrait significativement sortir de ce seul champ de la monnaie avec l’ether. Cf : https://www.ethereum.org/

      1. PaysanR

        Je ne connaissais pas ce brevet disparu. Mais un peu oui avec une version GPT (Garanti Par Tous). La blockchain bien utilisée permettrait vraiment de réduire l’Etat et la bureaucratie à un strict minimum si cela était souhaité. ça arrivera peut être : le sujet relativement récent en terme médiatique est aujourd’hui en débat à l’assemblée nationale. Ce coup ci c’est pour une session d’info dont il ne sortira pas grand chose mais la prochaine fois qui sait ?

    1. phil zof

      Hélas le but d’un État n’est ni l’efficience, ni le bonheur des citoyens, mais la conservation du pouvoir et des gamelles des satrapes…

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