[Redite] Journalistes politiciens et politiciens chroniqueurs : la porosité néfaste

Article initialement paru le 30.08.2017

Il y a un an, le mois d’août était l’occasion de faire le bilan des élections qui venaient d’avoir lieu. Une fort belle brochette de députés venaient de se faire jeter en dehors de l’Hémicycle par un peuple assez agacé de leur présence et on apprenait dans la presse de l’époque qu’une petite partie d’entre eux se retrouverait à chroniquer ici ou là.

L’année écoulée est l’occasion de constater avec plaisir que le tsunami de chroniques idiotes a été en partie évité. Si l’on doit toujours se cogner quelques saillies consternantes d’une Garrido dont la bêtise lui assure régulièrement le buzz, l’insondable médiocrité des autres reconvertis nous a assuré de leur rapide disparition.

Ne restent plus, en surface, que quelques articles, ma foi délectables, qui nous décrivent les affres que traversent les perdants pour retrouver un travail. À l’aune de ces événements, on se réjouit déjà, dans quatre ans, des déconfitures qui accompagneront les ex-députés En Marche…

Ces dernières semaines s’est illustrée une tendance, déjà présente mais qui grossit à vue d’œil : la reconversion feutrée et rapide de certains ténors de la politique dans la chronique journalistique, à tel point que le paysage audiovisuel français commence à ressembler à une maison de retraite pour politiciens.

On se souvient ainsi de Roselyne Bachelot qui, après avoir démontré toute l’ampleur de sa cuistrerie au ministère de la Santé pendant le douloureux quinquennat Sarkozy, s’était retrouvée à en faire la démonstration sur les plateaux de D8, i-Télé, TF1 ou France2. L’expérience, toujours en cours, continue de choquer discrètement une partie des Français dont les troubles de stress post-traumatique apparaîtront probablement dans la prochaine décennie, achevant de mettre le pays à terre.

Dans la même veine, Laurence Parisot nous a fait bénéficier de son robinet à platitudes lorsqu’elle s’est commise comme chroniqueuse sur les plateaux de RTL et d’Europe1.

Mais avec l’arrivée au pouvoir de Macron et de toute sa nouvelle garde de trottineurs, c’est un véritable tsunami de politiciens désœuvrés qui se retrouvent à suivre le même parcours que ces deux exemples précédents.

Et c’est finalement sans grande surprise qu’on apprend qu’Orélifilipeti, l’onomatopée un moment en charge de la Culture, se retrouve à chroniquer sur RTL, bientôt rejointe par Gaspard Panzer Gantzer, le petit futé en charge de l’extraordinaire communication de François Hollande. Henri Guaino, démis de son mandat par « des électeurs à vomir », nous assommera d’un billet quotidien sur Sud Radio. Autre député sorti en juin, l’ex député PS de Seine-et-Marne Rihan Cypel va officier sur Nova. Julien Dray, lui, interviendra sur LCI, probablement pas pour parler de montres ou de cartes de crédits pendant que Raquel Garrido, porte-parlote de la France Mélenchoumise, devient chroniqueuse sur C8, sans oublier Jean-Pierre Raffarin qui sera sur France 2 le dimanche soir pour nous jouer un petit air de flûtiau certainement palpitant.

Quel déferlement ! Encore peut-on s’estimer heureux d’avoir su éviter la présence de la Reine des Neiges, Ségolène Royal, qui se voyait bien devenir chroniqueuse politique mais que les radios ou les télés se sont fort judicieusement empressées de ne pas contacter. Golène et les Glaçons devra se contenter de son job d’ambassadrice. Ouf.

Une telle vague s’explique cependant assez bien : apparemment, retrouver un travail rémunéré après être passé par la vie publique et l’exposition médiatique correspondante, ce n’est pas toujours simple comme en témoignent abondamment les ex-élus dont les sanglots et difficultés s’épandent dans une presse tendrement à l’écoute, comme par exemple pour Emmanuelle Cosse dont la recherche d’emploi va s’en trouver singulièrement boostée grâce aux nombreuses pleines pages que ces médias lui offrent ainsi.

En effet, si, pour les ténors, le carnet d’adresses peut suffire à les recaser, pour beaucoup d’autres politiciens en revanche, les aptitudes démontrées lors de l’exercice de leurs mandats ne suffisent pas à motiver les entreprises à les salarier (et parfois, c’est même plutôt l’inverse, tant les performances et raisonnements de nos élus indiquent assez clairement à quel point ils sont à côté de leurs pompes). Difficile pour certains d’apprendre un métier alors que la politique représente tout (et un peu trop) pour eux…

Conséquemment, cette rentrée de Septembre sera terrible : on va donc avoir droit à un déferlement continu de leurs pensées profondes, à un véritable Niagara ininterrompu de leurs petites phrases, de leurs opinions ou pire de leurs conseils à la télé, à la radio et dans certains journaux trop complaisants… alors que ces gens n’ont jamais été foutus ni de diriger correctement leurs cabinets en particulier, ni la France en général (il suffit pour s’en convaincre de voir l’état dans lequel la France a été rendue après 5 ans de Sarkozy puis 5 ans de Hollande en double-coup dur), et que leurs avis, opinions et conseils ont été largement proférés urbi & orbi.

Et au-delà de cette triste perspective, force est de constater qu’un paquet de ces politiciens, dont on croyait s’être débarrassés à la faveur des dernières élections, va donc continuer de téter aux mamelles bien trop nourricières des contribuables puisqu’on va les retrouver dans des radios ou des télévisions subventionnées voire carrément du service public : France Culture, France Inter, France-2 ou tous ces autres médias qui s’abreuvent aux subventions culturelles vont bel et bien perpétuer, pour ces nouveaux chroniqueurs, le paiement de ces encombrants et coûteux incompétents aux frais du contribuable.

Plus triste, cette vague de politiciens débarquant dans les officines journalistiques montre à quel point est grande la porosité entre le monde médiatique et le monde politique. C’est, véritablement, une belle histoire d’amour qui se joue devant nous entre les journalistes et les politiciens, avec toutes les dérives possibles auxquelles on assiste maintenant depuis plus de 10 ans avec une consternation croissante : « off », potins et confidences (à la Trierweiler, par exemple), rumeurs, « fake news » – avec le quinquennat hollandesque en point d’orgue.

Porosité telle qu’on ne compte plus les journalistes ou chroniqueurs qui sont passés de l’autre côté du miroir (on pourra se rappeler de Mamère, typiquement), et dont le dernier exemple, avec la nomination de Bruno Roger-Petit comme porte-parlote du gouvernement, démontre à quel point est mince la différence entre les clowns qui nous gouvernent n’importe comment et les clowns qui nous abreuvent de propagande débile.

Au passage, avec cette nomination désastreuse qui ajoute un caniche au nouveau labrador présidentiel, Macron – qui prétendait il y a encore trois mois dicter son agenda médiatique – montre à quel point il est victime de son propre hybris et de sa volonté farouche d’être aimé de tous et tout le temps. Ne comprenant pas que diriger, c’est faire des choix et donc discriminer, c’est-à-dire obligatoirement déplaire à une partie des Français, il est condamné à se vautrer dans les mêmes erreurs que ses prédécesseurs.

Sans doute peut-on voir dans cette déferlante de politiciens devenus chroniqueurs la démonstration qu’ils ne peuvent absolument pas se satisfaire d’un retour à l’anonymat, à la vie du commun des mortels. En pratique, ceux qu’on retrouve sur les ondes sont, très concrètement, infoutus de simplement se taire et nous laisser supporter en silence la vague de politiciens suivants. François Hollande y a évidemment renoncé, incapable de rester dans le néant dont il est pourtant issu.

Et compte-tenu de l’écosystème particulièrement méphitique dans lequel ces individus ont évolué avant de nous tympaniser avec leurs opinions néfastes, il n’y a aucune chance qu’un discours nouveau puisse émerger avec eux.

Tout ceci va encore nourrir le pire de l’ochlocratie à laquelle nous sommes maintenant soumis puisqu’on va continuer à abreuver le peuple des discours de ces tribuns médiocres, toujours plus paresseux intellectuellement, qui, au lieu de se contenter d’haranguer les foules avec un mégaphone à la faveur d’une manif, vont utiliser la puissance de la diffusion de leurs âneries dans des millions de foyers plus ou moins captifs.

Dans une espèce d’auto-allumage avec emballement catastrophique, ces nouveaux chroniqueurs, aux idées paresseusement collectivistes et incultes économiquement, vont alimenter les pulsions faciles des foules. À leur tour, ces foules, paresseusement collectivistes et de plus en plus incultes économiquement, nourriront les pensées idiotes des politiciens de demain qui seront aussi paresseusement collectivistes et incultes économiquement que les raisons électorales le leur permettront. Quand, enfin, ces politiciens seront recyclés comme chroniqueurs, la boucle vicieuse sera fermée.

Pas de doute : voilà qui va nous faire un joli zéphyr de changement intellectuel, ça, mon bon monsieur.

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Commentaires74

  1. Bartleby

    Les journalistes se prennent pour des écrivains, des intellectuels, des gens qui savent et qui doivent le dire. Les politiciens se font passer pour des gens qui ont tout compris et qui doivent agir pour le bien commun. De fait, journalistes, politiciens, c’est une symbiose, non?

    1. Mildred

      Vous vous posez la question,alors que Michel Geoffroy écrit, dans un article de V.A. que « le vrai pouvoir est désormais dans les mains d’une oligarchie transnationale : la superclasse mondiale… » Et d’expliquer que cette nouvelle oligarchie fonctionne sous la forme de quatre cercles de pouvoir concentriques :
      LE PREMIER CERCLE, où se concentre la richesse, représente le pouvoir économique et financier international dont l’épicentre se situe dans les pays anglo-saxons. C’est lui qui prend, dans les forums et les clubs, les décisions essentielles.
      LE SECOND CERCLE, celui du pouvoir médiatique et culturel, lui est financièrement soumis. Il sert à diffuser l’idéologie de la superclasse mondiale, à sidérer l’opinion, et à promouvoir le personnel politique qui convient à l’oligarchie.
      LE TROISIÈME CERCLE, celui des entités non gouvernementales – les ONG – largement financées par le premier, en majorité anglo-saxonnes, qui servent à contourner la souveraineté des États.
      LE DERNIER CERCLE, celui des entités gouvernementales, a pour fonction de donner une onction démocratique aux choix de la superclasse mondiale , jusqu’aux plus désastreux.
      Tous ces différents cercles communient dans la même idéologie, à savoir :
      LE LIBÉRALISME LIBERTAIRE ET COSMOPOLITE ET DANS LA HAINE DE LA DÉMOCRATIE

        1. Hussard Bleu

          Il s’agit là d’une construction intellectuelle abstraite, sans aucun doute : en même temps, comme dirait quelqu’un d’auguste (comme un cloune, hein?) si l’on considère :

          1/ la porosité que vous dénoncez vous-même entre les milieux politiques et médiatiques, les seconds relayant, voire initiant, les initiatives et messages des premiers. La servilité médiatique se faisant parfois directive, et même décisionnaire – pour des raisons qui échappent au commun des mortels – comme on vient de le voir dans une affaire toute récente.

          2/ le rôle essentiel joué par un Attali ou un Minc, « visiteurs du soir » reconnus, qui se font les petits télégraphistes de décisions prises dans des cénacles discrets, genre Bilderberg, Davos et autres

          3/ la notion de « cercle » qui ne peut être rejetée « de plano », le terme étant utilisé par nul autre que Minc qui parle fréquemment de son « cercle de la raison », composé de gens « qui ne sont pas rien », n’est-ce pas ?

          4/ la question de savoir si ces cercles sont concentriques ? il n’est pas illégitime de relever que la Commission Européenne est composée de gens non élus, qui ont donné des gages et en reçoivent de somptueux en échange : l’élection à ces postes vient consacrer une fiabilté surveillée puis récompensée (pensons à Barroso, à De Gucht, à Brittan et son cousin Kantor, à Nelly Kroes et d’autres).
          Quant à la BCE, le pedigree de ses dirigeants successifs, et notamment de son actuel Président, est édifiant.

          Alors, n’est-ce pas, un « complot » délibéré ? sans doute pas, à mon humble avis, mais cela n’empêche pas de poser quelques questions, par exemple sur l’identité et la personnalité des détenteurs du Pouvoir réel !

          Que représentent vraiment un Macron aussi ambigu à tous égards, sa cohorte de bourrins ministériels, et la foule de ses députés de rencontre, majoritairement inexpérimentés et naïfs ?

          En France, par exemple, il est troublant de se pencher sur la liste des membres du Club du Siècle, où la rumeur dit que l’on y mange mal, mais que les rencontres – entre journalistes de tous bords, syndicalistes du haut de l’échelle, magistrats hors classe, patrons du CAC 40, et politiciens de gauche comme de droite – ne laissent pas d’être éminemment fructueuses à tous niveaux. La cooptation d’une authentique oligarchie…

          1. Mildred

            Je vous remercie pour l’attention que vous avez donnée à Michel Geoffroy, Hussard Bleu. Mais ne vous fatiguez pas puisqu’ON vous explique que le Bilderberg, Le Siècle, tout ceci, « c’est de la couille en barre » !

            1. Hussard Bleu

              Je ne connais pas ce M. Geoffroy, et les lignes que j’ai consacrées à ce sujet querellé ne trouvent leur origine que dans des lectures très diverses, et depuis nombre d’années…

              Il est certain à mes yeux, sans avoir l’esprit de système, qu’une certaine série d’évènements récents (cinq ou six ans) ne peuvent être totalement le fruit du hasard.

              Le hasard ou la nécessité ?… et Démocrite serait-il Libéral ? le Monde se barre-t-il en couille (cf le rôle de Macron avec Minc dans la reprise de ce misérable follicule) ? Le Complotisme prospère dans la Fachosphère ?

              On notera, à ce titre, que j’ai dans ma bibliothèque l’excellent bouquin de Jean-Marie Constant « Les Conjurateurs : le premier libéralisme politique sous Richelieu » (Hachette 1987).
              J’y ai même trouvé un Doppelganger, à quelques siècles d’écart…

            2. Et je persiste. En général, ceux qui pontifient sur le Bilderberg et le reste leur prêtent bien plus qu’ils n’ont jamais humidement rêvé d’avoir.

              1. Hussard Bleu

                Monseigneur, vous êtes dans le vrai : leurs réunions ne sont que des resucées d’ « Arsenic et Vieilles Dentelles »….

                  1. Hussard Bleu

                    Si je le faisais, je serais contraint de vous tuer après… ce qui serait navrant, et pour vous sans doute, mais aussi pour le sex ratio des commentateurs (-euses) qui penche beaucoup trop côté genre 2….

                    1. Pheldge

                      Autant on peut imaginer une collaboration ponctuelle entre quelques « personnes aux intérêts convergents », autant les dits intérêts divergent rapidement au delà d’un petit nombre et rendent très improbable une conspiration à long terme entre « initiés » , autre que des échanges de services, des renvois d’ascenseurs …

            1. Hussard Bleu

              Voui… Je n’ai pas une affection débordante pour Ernest Renan, mais j’aime bien cette remarque qu’il avait faite sous son chapeau rond :

              « Il faut faire la part de cette idée que le monde n’est peut-être pas quelque chose de bien sérieux »…

          2. Hussard Bleu

            Négligence : dans le poudingue du Siècle, j’oubliais la palanquée d’Enarques, pantouflant dans le privé ou encore, provisoirement, Haufonx… c’est là que l’on se constitue ces nobles carnets d’adresses, qui servent admirablement le plan de carrière…

            1. Aristarkke

              En Grance, l’Enarchie constitue un bel exemple d’anthologie de l’oligarchie : forme de pouvoir réservé à un petit groupe de personnes formant une classe dominante quasi inamovible autrement que par la force.
              Et si jamais un de ses membres par un hasard hasardeux n’est pas en mesure d’obtenir le pouvoir suprême, il lui suffit de peupler le premier cercle autour du dirigeant pour rester calife sans l’être…

      1. René-Pierre Samary

        Le tableau n’est pas complètement faux, à mon avis. Ainsi résumé, il est forcément réducteur, mais pas faux. Caricatural, mais une caricature présente une ressemblance avec son modèle.
        La dernière phrase est en revanche d’une remarquable idiotie. Si les pouvoirs évoqués plus haut « communient », ce n’est pas dans « haine de la démocratie », mais dans son adoration, qui les sert magnifiquement. Il y a d’ailleurs une contradiction performative entre « le dernier cercle » et la conclusion.

        1. La description d’une élite qui serait composée de gens à la fois riches, puissants, et surtout tous d’accord me paraît particulièrement invraisemblable. On ne devient pas riche et puissant sans un minimum d’égo et je vois mal les grandes fortunes du monde se mettre ensemble et construire des buts communs (du reste plus ou moins farfelus) sans jamais se chamailler. C’est tellement improbable que l’hypothèse adverse (tout ceci est de la couille en barre) semble nettement plus raisonnable à bien y regarder.

          1. René-Pierre Samary

            Les « théories du complot » sont habituellement ridiculisées, et pour des raisons que le bon sens approuve.
            Pourtant, il n’est nul besoin de réunions nocturnes et d’ententes mystérieuses pour que les hommes, en général, agissent de façon semblable dans un certain but. La concordance des situations et des visées y suffit bien.
            Être en compétition, et l’être dans le cadre de buts similaires, n’a rien d’incompatible. C’est même la règle et non l’exception, que les puissants, nantis d’un gros ego, concourent entre eux. Les rois sont rivaux, et tous portent couronne et sceptre. Leurs buts sont les mêmes. Comme disait l’un d’eux : « je suis entièrement d’accord avec mon cousin. Tous deux, nous voulons cette province. »
            Les rois d’aujourd’hui sont discrets, ils portent chapeau ou casquette, mais cela n’enlève rien à leur pouvoir.

            1. Ils font du réseautage. La partie « déclencher le chaos pour dominer le monde » est effectivement dans les recettes de cuisine.

              1. Francis Kuntz

                on ne peut nier également le fait que si ces gens sont concurrents dans le domaine économique, existe aussi entre eux une proximité culturelle, du mode de vie, et souvent de pensée. Il suffit de se balader sur LinkedIn pour voir les profils type de ce genre de bonhomme

              2. Aristarkke

                Lors du début de WW I, déclencher le chaos était dans les têtes d’ à peu près tous les dirigeants, les élites et même les peuples d’Europe dans l’espoir de tirer rapidement son épingle du jeu après avoir obtenu tout aussi diligemment ce qui était recherché par chacun.
                Et après, pouce, on se retire dans ses pénates, comme cela tranquillou et tout…
                Dire que les choses ne se sont évidemment pas du tout passées comme escompté est un euphémisme de haut vol…
                Or, apparemment, l’Europe et nombre de ses dirigeants nationaux sont toujours minés par l’envie de réaliser une grande Union dans le but de se dresser devant les E.U. et probablement la Chine, aussi.
                Car la tendance initiale d’une coopération économique intelligente est maintenant passée à l’envie d’une méga-structure politique qui se rêve en Empire (Germanique ?).
                La différence est que cette constitution ne passe plus par des conflits armés de domination mais par une hégémonie économique qui aboutira, selon ses zélateurs, au même stade mais en plus soft…

        2. Mildred

          Eh bien, puisque vous avez bien voulu admettre que la caricature pouvait présenter une ressemblance avec son modèle, vous aurez droit à une petite resucée :
          « … Cette oligarchie, en effet, sème non pas l’ordre mais le « chaos » partout. Chaos économique et financier avec l’abolition des régulations, chaos social avec l’explosion de la précarité, chaos migratoire avec la destruction des frontières et la déstabilisation du Proche et du Moyen-Orient, chaos moral avec la promotion d’un individualisme narcissique, destructeur de tout ordre social. Mais l’oligarchie aime justement le chaos car il ouvre la voie au « contrôle des populations », qui se substitue partout à la souveraineté des peuples… »

          1. Calvin

            Waow !
            Le type décrit une situation qui n’existe pas.
            « Chaos économique et financier avec l’abolition des régulations » : alors que les régulations financières sont de plus en plus lourdes, à nous péter le trou de Bâle trois fois.
            « chaos social avec l’explosion de la précarité » : alors que l’extrême pauvreté recule et que nos sociétés sont quasi oppulentes.
            « chaos migratoire avec la destruction des frontières »: ah ouais, sacrées frontières qui n’existent plus – le type qui a écrit ce torchon n’a jamais entendu parler de passeurs ou de douaniers… Le type n’a pas entendu parler des événements de ces dernières années :

            « déstabilisation du Proche et du Moyen-Orient » : ah ok, ça a été écrit dans les années 60 ce truc…
            « chaos moral avec la promotion d’un individualisme narcissique » : vite, le retour au communisme, qui nous sauvera du chaos social.

            Pitié, quel n’importe quoi.

              1. Hussard Bleu

                L’une des hypothèses quant à l’étymologie du toponyme « Wall Street » le fait remonter à la période hollandaise : il y avait là un élevage de cochons, qui tendaient à divaguer dans le voisinage, très rural à l’époque. L’éleveur, économe batave, construisit donc un mur pour conserver chez lui son cheptel. En ce temps de clôtures légères, la chose fut remarquée et le chemin, puis la rue, furent ainsi baptisés.

                #Balancetonporc… ou pas…

                Etymologie trouvée dans « The Whole Hog » de Lyall Watson, lequel traite du porc en tous ses états, du nord au sud et d’est en ouest. Excellent bouquin, sérieux sur le sujet, mais écrit avec beaucoup d’humour également.

                1. Mildred

                  Si on se souvient de ce qui s’est passé aux élections de 2012, il est peut-être temps, en effet, d’avoir l’œil sur les porcs !

      2. Bartleby

        Le libéralisme? Que non pas.
        La démocratie? Où donc?
        Si vous aviez le pouvoir, qu’en feriez-vous?
        En ce qui me concerne, j’aimerais mieux pas.

        1. Hussard Bleu

          I would prefer not to…

          En 1972, c’était au programme de ma licence d’anglais… cette histoire m’avait laissé à non plus… je crois que Maurice Ronet en avait tiré un film, quelques années plus tard…. Melville était en avance d’un siècle sur la littérature de l’absurde….

      3. Calvin

        Quatre cercles.

        Le grand chef de cette Surclasse Mondiale est le Patron d’Audi…
        Dont le logo représente les chaînes du peuple asservi par les puissants.

        Je tiens une idée de bouquin, dont le titre pourrait être : le Pendule de Fou Con…

              1. Calvin

                J’ai déjà écrit un équivalent dans un univers heroic-fantastique déjanté (et ironique).
                Je me sens de faire pareil dans un monde actuel décalé genre technothriller.
                Tiens, et parsemé de personnages inspirés de commentateurs du blog !

                  1. Bartleby

                    On peut toujours se satisfaire d’être égal à soi-même. Cela étant interdit à ceux qui ont l’esprit trop embrouillé, ou trop pervers, c’est déjà une humble vertu que d’être soi-même.

                    1. Bartleby

                      How many are real humans? … too many beasts pretending to be part of the humankind.
                      Don’t try!

                    2. Hussard Bleu

                      Try ? …. l’excipit du « Hussard Bleu », c’est, dit par Sanders, « Tout ce qui est humain m’est étranger »…

                    3. Bartleby

                      Don’t try, épitaphe inspiré d’un vieux dégueulasse.

                      L’Etranger était-il humain? Cela posé, tromper l’humanité en couchant avec, euh… qui donc en notre époque moderne?

  2. Bonsaï

    Saluons l’apparition d’une nouvelle expression lancée par H16, à savoir « l’inculture économique ». L’économie étant une des sciences sociales les plus mouvantes qui soit, il y a là en effet un large champ d’infertilité à creuser…

    1. bibi

      L’inculture économique elle commence par qualifier l’économie de science.
      Ce n’est pas parce que les mathématiques sont utilisés pour établir des modèles que cela fait de l’économie de science.
      Si l’économie était une science, le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, ne serait pas encore remis de nos jours à des keynésiens.

      1. Hussard Bleu

        Pfff !! Nobel !… un type qui se la pétait !

        Pardon, Pheldge, elle te revenait de droit… je sais bien… ce doit être la chaleur… faut que je m’hydrate (tetrazene)…

      2. theo31

        Certains ont essayé de s’affranchir du calcul économique qui est à l’origine de la création de richesses, en commandant aux entreprises occidentales des catalogues où figuraient le prix des marchandises. Ils ont eu des problèmes.

        Passer de Becker et Buchanan à Stiglitz et Krugman pour l’attribution du Nobel, faut croire que le comité était alors présidé par ce crétin aviné de Juncker.

  3. René-Pierre Samary

    Politiciens-journalistes, journalistes-politiciens…
    Ils n’ont pas cessé d’être à la fois l’un et l’autre, depuis longtemps, et cela est la cause de la grande détresse des médias actuellement.
    Je me reporte à l’élection présidentielle de 2002, celle du « séisme ».
    Les journalistes sondés donnaient leurs intentions de vote.
    Jospin 32 %, Mamère 13 %, Chevènement 8 %, Laguiller 5 %, Hue 5 %. Total gauche 63 %. Chirac 4 %, Madelin 1 %, Bayrou 1 %. Total « droite » et centre 6 %. Le Pen 0 % évidemment, qui arrivera en seconde position. Le reste sans opinion.
    Journalistes et politiques sont interchangeables parce qu’ils pensent tous la même chose, qu’ils fréquentent les mêmes gens, viennent du même milieu, ont la même inculture, les mêmes convictions, utilisent les mêmes slogans… vivent « dans le même ecosystème », où ils respirent « l’air du temps » qu’eux-mêmes produisent.

  4. MCA

    Le remede est pourtant simple :

    Cessez de les regarder et de les écouter et ils disparaiteront de votre vie à defaut de disparaître de l’écran.

    1. René-Pierre Samary

      J’approuve, Ô combien !
      Et pourtant…
      C’est un peu comme casser le thermomètre.
      Il faut bien, de temps en temps – je dis : de temps en temps – prendre la température de ce corps en décomposition qu’est la Nation…

    2. Le Gnôme

      Je trouve que pas mal des battus sont passés hors du champ de la caméra ou du journal papier, ce qui est fort bien.

      Ce qui l’est moins, c’est que d’autres clowns à roulette sont apparus pour débiter les mêmes inepties, ou peu s’en faut.

      Finalement, c’est comme le bruit des vagues, à force, ce n’est guère plus qu’un bruit de fond qu’on perçoit sans l’écouter vraiment.

      1. Pheldge

        oui-da mon bon Major, mais à part les 17-18 lecteurs patronaux, il y a une grosse partie des 66 millions de nos compatriotes qui boit et avale ce que dit et montre la petite boîte magique … y’a encore du boulot !

    3. Calvin

      Non.
      Si tu éteins la télé, ils disparaissent de ton champ de vision.
      Mais tu « liras » leurs divagations dans les taxes, interdictions, amendes, normes et ponctions qui continueront de te pourrir la vie.

      1. MCA

        @Calvin 5 août 2018, 17 h 01 min

        De même que le pouvoir des tyrans réside dans l’obéissance des sujets, le pouvoir des médias réside dans leur audition par les spectateurs.

        Ne plus regarder les émissions où ces politiques se sont réfugiés condamne à court terme ces politiques à trouver autre chose pour survivre; la mesure audimat étant sans pitié car elle conditionne les recettes publicitaires.

        Maintenant pendant ce temps que les politiques au pouvoir nous concoctent une soupe fiscale bien assaisonnée, je n’en ai aucun doute mais c’est un autre sujet sur lequel je n’ai aucun moyen d’action.

        1. Calvin

          La grande soupe fiscale ne pourra s’arrêter que de deux façons :
          – l’émergence d’élus hors de l’entre-soi keynésien mais sans soutien médiatique,
          – la fin de l’argent des autres.
          La première est improbable, la seconde lointaine.

          Quant au « pouvoir » des médias, il est surtout financé par des subventions. Que l’audimat soit bon ou pas.
          Quand le pouvoir des médias provient du pouvoir politique, cela en dit long sur la capacité d’information des premiers.

    1. sam player

      Oops j’ai merdu… c’est Vincent Lambert qui est encore en état de légume.
      Vincent Humbert, lui, voulait mouriiiir et à été euthanasieélu par sa mère.
      Le Figaro a fait la même confusion.

  5. albundy17

    Total HS: « A Barrow donc, les Inupiats assurent que les ours polaires sont nombreux et en «bonne santé». Ils sont agacés par l’image «romantique» de l’ours rachitique à la dérive sur un bout de glace,  »

    .letemps.ch/monde/voyage-barrow-alaska-ville-bout-monde?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

    ça jette un froid sur le réchauffement climatique anthropique !

  6. Aristarkke

    « on se réjouit déjà, dans quatre ans, des déconfitures qui accompagneront les ex-députés En Marche… »
    Avec un peu, beaucoup de chance, peut-être dans moins de quatre ans ???

    Mais comme ne seront candidats que des étatistes chevronnés ou débutants mais étatistes quand même, cela changera-t-il vraiment quelque chose ???

    Une chose également est que tous ces représentants du Peuple ont le doigt sur la couture du pantalon quand le Chef veut quelque chose, surtout lorsque cela ne faisait pas partie de son programme…

  7. Citoyen

    Porosité ? …
    Eh oui, quand on se goinfre au quotidien dans la même gamelle (si abondante et généreuse), ça finit par créer des liens, pour ne pas dire des connivences … Chacun tirant avantages de l’autre, dans un amalgame d’intérêts bien compris …

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