[Redite] Loi Alimentation : surprise, voilà des effets pervers !

Articile initialement paru le 01.02.2019

Un an après la mise en application de la Loi Alimentation, le constat et les prévisions faites dans le billet ci-dessous se sont révélés exacts : les effets de bords, nombreux, se sont confirmés, le niveau de vie des agriculteurs n’a pas bougé d’un iota, les distributeurs ont largement répercuté à la hausse ce qu’ils pouvaient sans que le producteur n’y voie de différence, et dans toute l’affaire, seul l’Etat par le biais de la TVA aura réellement gagné quelque chose.

C’est un fiasco complet. Depuis, cet échec lamentable a été acté par l’ensemble des acteurs de terrain, le législateur et une partie des politiciens ont timidement admis qu’en effet, c’était l’équivalent d’une fessée cul nu, mais – évidemment – absolument aucune décision d’abandon de ces crétineries n’a été prise…

L’enfer est pavé de bonnes intentions. En France, les députés sont passés maîtres en matière de pavage et déploient tous les jours des trésors d’ingéniosité pour des dalles colorées, des carreaux chatoyants et plus souvent encore des tuiles finement ouvragées. Avec la Loi Alimentation, nous en avons un nouvel exemple brillant.

On s’en doute : l’histoire n’a bien sûr pas commencé en octobre de l’année dernière, mois pendant lequel cette Loi Alimentation était examinée puis votée par nos carreleurs hystériques. En fait, cela fait des années que différents lobbies, syndicats professionnels et courants d’opinions travaillent au corps la députation nationale afin de faire passer l’idée qu’il faut absolument que l’Etat, dans sa grande sagesse, intervienne dans l’ensemble de la chaîne de production alimentaire, depuis l’exploitant agricole jusqu’à la grande surface en passant par les distributeurs et autres grossistes, pour « développer une alimentation plus saine et recréer de la valeur pour mieux la répartir entre tous les maillons » de cette chaîne.

En somme, à l’orée du débat, tout est clair : le législateur doit intervenir pour stopper la guerre des prix et redonner du pouvoir d’achat aux agriculteurs, tout simplement parce que l’État a toujours été efficace lorsqu’il s’agit d’intervenir, qu’il a toujours mis en place des lois pertinentes lorsqu’il s’agit de réguler les prix, qu’il a toujours montré du discernement lorsqu’il s’agit de donner du pouvoir d’achat à l’un ou à l’autre.

Et c’est donc sans surprise que, lors des discussions de cette Loi Alimentation, les débats furent houleux, au point que le Sénat avait refusé d’en examiner la deuxième mouture qui lui avait été présentée. À la fin, la loi fut bel et bien votée, sans pour autant satisfaire personne. Il est entendu qu’une loi ne peut jamais satisfaire tout le monde mais il est moins fréquent que, même lorsqu’elle ne contente personne, elle parvienne tout de même à être votée. Mais nous ne sommes qu’en octobre, quelques semaines avant le début des gilet-jauneries, et la République en Marche est encore fringante dans ses petits souliers vernis : elle peut donc trottiner sans souci sur les remarques des uns et des autres, à commencer par les lettres pourtant remontées de certains distributeurs à son sujet. Les mises-en-gardes y sont pourtant claires : avec une telle loi et selon Michel-Edouard Leclerc, plusieurs milliers d’articles verront leur prix augmenter de 1 à 10%.

Bah. Qu’à cela ne tienne ! Après tout, si l’on veut que nos agriculteurs soient mieux rémunérés, il faut que leurs productions soient vendues plus cher, n’est-ce pas. Le peuple s’adaptera, voilà tout.

C’est en tout cas la logique qui se cache derrière certains des articles de la Loi : puisque les producteurs ne gagnent pas assez, c’est que les prix pratiqués ne sont pas assez élevés. Il est donc à présent inscrit dans la loi que les distributeurs (typiquement, les grandes enseignes de supermarchés) n’ont plus le droit de vendre des produits alimentaires à prix coûtant ou avec une trop faible marge. Pour l’esprit manifestement nimbé de vapeurs éthyliques d’une majeure partie de nos députés et de nos ministres, si on impose une marge minimale et donc un prix plus élevé, cela se traduira par un achat à coût plus élevé chez le producteur.

Ce vendredi premier février, la loi entre donc en vigueur et, d’ores et déjà, les choses sont claires : des produits vont effectivement voir leurs prix augmenter de façon sensible, exactement comme l’avait d’ailleurs envisagé Michel-Edouard Leclerc ainsi que tous les observateurs attentifs de cette histoire. Conformément au texte de loi, les marges vont donc augmenter sur des produits d’appel, et… C’est tout.

Il faut se pincer pour le croire, mais les explications vasouillardes des thuriféraires de la Loi en question ne font guère assaut de clarté pour expliquer par quel mécanisme tortueux le fait de relever les prix du Nutella permettra à un producteur laitier de Normandie de mieux s’en sortir, ni en quoi l’augmentation du prix du Coca-Cola va permettre à l’exploitant agricole de la Beauce de mieux finir ses fins de mois. La lecture, même très attentive, des arguments déployés dans la presse ne permet en rien de répondre à la question du lien entre ce que la loi recherchait et les effets réellement observés.

Même si on ne peut bien sûr pas écarter l’habituelle pignouferie de presse tant nos amis journalistes sont rarement coupables d’expliquer clairement et correctement des phénomènes simples, surnage malgré tout l’hypothèse qu’une fois encore, une loi mal torchée a été écrite avec les pieds par une brochette d’incompétents suite à des pressions de lobbies ridicules pour aboutir à des effets aussi prévisibles qu’indésirables et particulièrement contre-productifs dans cette période plutôt tendue concernant le pouvoir d’achat des uns et des autres.

Il serait cependant naïf d’imaginer que ces effets sont indésirables pour tout le monde.

S’il semble assez évident que les principaux destinataires de la mesure, les exploitants agricoles et les producteurs français, ne verront jamais la couleur de ces augmentations, et si les distributeurs verront probablement le bénéfice de ces marges supplémentaires largement érodé par la perte de clientèle induite, l’augmentation des prix payés en caisse bénéficiera certainement à l’acteur principal de cette loi : l’État ne perdra pas une miette de l’augmentation de TVA qui lui sera reversée.

Et lorsque les caisses sont archi-vides, que la distribution de pognon tous azimuts continue en mode ventilateur et que les impôts directs ne peuvent plus être augmentés à cause d’une petite grogne passagère assez irritante, voilà une excellente affaire, ne trouvez-vous pas ?

De façon assez claire, cette Loi Alimentation va se traduire par un renchérissement des denrées de base que le Français moyen achète régulièrement. Coïncidence intéressante : la même loi entend protéger le prix de certains produits comme les légumes frais et la viande, qui ne sont justement pas achetés en volume par ce Français moyen. Coïncidence encore plus troublante : c’est aussi ce même Français qu’on retrouve sur les ronds-points, et qui a récemment endossé son gilet de sécurité pour protester contre cette taxation sans fin et la diminution de plus en plus douloureuse de son pouvoir d’achat.

Bref, la mise en coupe réglée du tiers-État, celui qui supporte les deux autres, continue sans relâche. Cela va forcément très bien se terminer.

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Commentaires144

    1. sam player

      Cette remarque sur la TVA est débile (bis).
      La TVA sur l’alimentaire est de 5.5%.
      Hors alimentaire, la TVA est le plus souvent à 20%.
      Dans un budget contraint, si la part de l’alimentaire augmente de X€ TTC, alors la part du non-alimentaire diminue de X€ TTC
      Et donc il y aura plus de recette de TVA à 5.5%, et moins de recette de TVA à 20%.

      Exemple pratique :
      Avant la hausse :
      Un budget de 2000€ soumis à TVA et en équilibre dont 800€ TTC en alimentation et 1200€ en non-alimentaire.
      TVA à 5.5% : 800-(800/1.055)=41.70€
      TVA à 20% : 1200-(1200/1.2)=200€
      TOTAL TVA perçue par l’état : 241.70€

      Après la hausse de 10% de l’alimentaire:
      880€ en alimentation
      1120€ en non alimentaire

      TVA à 5.5% : 880-(880/1.055)=45.87€
      TVA à 20% : 1120-(1120/1.2)=186.66€
      TOTAL TVA perçue par l’état : 232.53€

      => moins de TVA perçue après la hausse

      C’est malheureux de devoir faire un exemple pratique pour ce qui parait évident, mais je ne doute pas qu’on va encore entendre cette ineptie.

      1. Calvin

        Hum, un petit bémol…
        L’idée reste quand même que l’État se dit que la dépense alimentaire est incompressible, que les Français vont devoir puiser dans l’épargne ou le crédit pour acheter des biens à 20% de TVA.
        L’Etat est bête, tout simplement.

        1. sam player

          Bah justement, c’est parce la consommation alimentaire est incompressible, que la baisse de consommation va affecter les dépenses compressibles… et c’est dans l’exemple donné
          Euh sinon faites moi pas rigoler avec COFIDIS hein…

        2. Dr Slump

          +1 Calvin, connaissant sa bêtise constructiviste, l’état peut tout à fait s’être imaginé qu’il allait collecter plus de TVA ainsi.
          @Sam Et de plus, ta démonstration, pour pertinente qu’elle soit « toute chose égale par ailleurs », peut être remise en question si on ne tient pas compte de la réalité globale, englobant plus dans le détail les autres postes de dépenses, et la part comportementale imprévisible (ce qu’on ne voit pas).
          Par exemple, tu pars du principe que les consommateurs ne vont rien changer à la part de revenu qu’ils consacrent à chaque poste de dépense, alors qu’ils peuvent très bien les reconsidérer en fonction de leur niveau de revenu, et autres paramètres externes sur laquelle l’état a bien plus de données… hihihi… p’t’être qu’au final l’état a collecté plus de TVA? Je demande à voir les chiffres, les stat et leur synthèse.

          1. sam player

            “ Par exemple, tu pars du principe que les consommateurs ne vont rien changer à la part de revenu qu’ils consacrent à chaque poste de dépense,…”

            Une relecture s’impose

            “…alors qu’ils peuvent très bien les reconsidérer en fonction de leur niveau de revenu,…”

            [Mode B… Black Mamba ON*] : les fraises ont augmenté, pour me consoler je vais m’acheter un sac à main á 2000€ ?

            * : avant le divorce

              1. Elie

                Les dépenses compressibles ne le pour certaines d’entre elles qu’à un certain point, elles peuvent être diminuées sur une certaine période, mais pour une partie d’entre elles, le besoin de ces dépenses ressurgit quand même à un moment ou un autre. On peut renoncer à des vacances, mais on ne peut pas repousser indéfiniment l’achat de nouvelles lunettes, d’une nouvelle voiture, de chaussures ou que sais-je encore. Etre prêt à consacrer une certaine somme d’argent à ces postes de dépense, à revenu fixe et alors même que le prix des fondamentaux augmente peut sembler irrationnel, mais cela relève du comportement des consommateurs, pas d’une logique mathématique.

                1. sam player

                  Si j’sais bien compris (genre 1, donc c’est pas sûr)

                  Que ce soit lunettes, voiture ou quoi que ce soit, il y a moyen de viser moins haut côté prix : pour les lunettes ce sera en évitant les marques, et en prenant moins d’options pour les verres, pour les voitures ce sera en visant un modèle plus ancien ou avec moins d’équipements de confort.
                  Le moins compressible c’est l’alimentation, mais ça ne veut pas dire qu’il ne l’est pas un peu…

      2. Aristarkke

        Sam, tout l’alimentaire n’est pas soumis à la seule TVA de 5,5%. Pour commencer… Ne serait-ce que parce que depuis Peak de la Faribole, à peu près tout ce qui était à 5,5% est passé à 7%…

      3. Aristarkke

        À commencer donc par tout ce qui contient ne serait-ce qu’un soupçon d’alcool, se prend le taux de 20% appliqué en sus à toutes les taxounnettes et accusés les frappant déjà…

            1. sam player

              Une recherche rapide Harry que tu aurais pu faire comme moi :
              ===
              Selon l’instruction fiscale du 30/06/2009, les alcools incorporés dans des plats préparés ne constituent pas des boissons alcooliques. Ces plats restent donc soumis au taux de 10 %.

              Coupe colonel, fondue savoyarde et coq au vin sont donc taxables au taux réduit, contrairement au trou normand en milieu de repas, uniquement constitué d’alcool, qui est donc considéré comme une boisson alcoolique et soumis à un taux de TVA de 20 % !

              ComptaCom, l’expert-comptable des cafés, hôtels, restaurants.

              Source : instruction fiscale du 30.06.2009 n°65.
              =====
              J’ai un ami (ouiiii) qui fait des confitures de vin (entre autres), je lui avais déjà posé la question, spourssa que j’avais déjà la réponse.
              Et c’est idem sur les chocolats alcoolisés…

                  1. sam player

                    Je serai curieux de savoir ce que tu as été voir pour parler de gros poivrots au niveau de ce produit : l’alcool s’évapore à la cuisson.

                    Tu devrais aller voir les domaines d’utilisation en cuisine et tu en as certainement déjà mangé sans le savoir quand tu sors de ton île de doux sauvages

                    Après c’est une histoire de goût, tout comme accompagner certains fromages du pays basque de confiture de cerises noires…

                    1. Pheldge

                      quand il est question de pinard, j’ai un biais négatif : une aversion du picrate depuis tout gamin ! 🙂

      4. Aristarkke

        Pour suivre le chenapan, l’Etat compte bien que les achats alimentaires du grançais standard soient trop incompressibles pour que la TVA corrigée sur l’alimentaire ne puisse qu’augmenter.

          1. sam player

            Je n’ai pas mouché l’ancêtre, mais comme ça faisait quand même 3 ou 4 fois que je disais que c’était idiot, alors pour le prouver, et vu que mon assistante est en week-end, je me suis paluché… les calculs moi-même.

      5. Aristarkke

        En continuation, tu supposes que l’état est d’une rationalité inhabituelle. Je te laisse avec ce délire car autrement cela supposerait que l’état se garde bien de toucher à la fiscalité pour ne pas trop dégoûter les Grançais de consommer parce que la TVA 20% gna gna gna… Depuis Talonnette 1er, nous avons droit à une création /modification /démultiplication des taxes et impôts en moyenne par deux semaines et je suis affable puisque Flop Joene augmente la cadence (et s’étonne ensuite d’avoir de moins en moins d’afficionados au point que les candidats-maires agréés par LREM ont honte et cachent cette affiliation de plomb).

          1. Aristarkke

            L’argument, c’est de dire j’augmente un paramètre en Ma faveur, en me fichant parfaitement des effets de bord à suivre. Voir la taxe sur les yatchs qui a déglingué un peu plus les shipchandlers et par laquelle l’état a bien davantage perdu que ce qu’il escomptait y gagner, le rapport de cette taxe étant microscopique…
            C’est le marché automobile qui perd 13% entre janvier 19 versus janvier 20.
            Vu son augmentation, peut-être que la taxe carbone reste égale en rendement propre mais sûrement pas la TVA et les CG…
            [je te connais assez pour savoir que ton intelligence te l’avait bien fait comprendre mais qu’il fallait absolument que tu provoques pour répondre « quelque chose » :roll:]

            1. sam player

              Oui donc l’état fait des conneries, c’est pas nouveau, et là ça confirme bien que les effets de bord ne sont pas étudiés, et qu’il en a été de même sur ce sujet.
              Et qu’il y a de grandes chances que le but final temporaire n’était pas d’engendrer des rentrées supplémentaires de TVA… mais d’intervenir sur un circuit économique avec ses petits doigts musclés pour que la vie des agriculteurs soit plus choupinou… mais quand le problème n’est pas compris, il y a de grandes chances que la solution apportée ne soit pas la bonne, voire qu’elle amplifie le problème…

      6. Aristarkke

        Et en finale temporaire, tu ne peux pas ignorer que la TVA s’applique en tout dernier sur tous les éléments du prix de vente, y compris les taxes intermédiaires puisque cela augmente discrètement la marge de l’état.

        1. sam player

          J’ai relu 2 fois…
          Si j’ai bien compris, hors finale intermédiaire (nouveau concept ?), non : quelqu’un qui fait des confitures et qui achète des pots à TVA de 20%, qui paie du transport à 20%, etc… facture en final (final finale) de la TVA à 5.5% en tenant compte, pour calculer son prix de vente, que des prix hors taxe… et il se fait rembourser le différentiel de TVA versée.
          Donc le taux de TVA des consommations intermédiaires n’intervient pas sur le prix de vente.

          1. Aristarkke

            Mais oui, c’est ce qu’un artisan comme moi, vit tous les jours en achetant ses fournitures et services intermédiaires à 20% pour revendre à 10%…
            Resultat : pas beaucoup de TVA due à l’état et donc payée en final.

          2. Aristarkke

            Pour le dire d’une autre façon, tous les chantiers où les fournitures sont supérieures à la MO sont déficitaires en TVA dans ma compta…

          3. Aristarkke

            Bien sûr que le taux de TVA appliqué sur les étapes intermédiaires est neutre dans la formation du prix puisque c’est le Client final qui la paie réellement en totalité. Cela joue juste sur la trésorerie de l’entreprise, d’où la discussion récente sur les TPE qui refusent des chantiers où les fournitures sont trop importantes avec une TVA gigantesque à dépenser cash… spécialement pour les Clients voulant ne pas émettre un acompte…

            1. sam player

              – Marge de 30% mini sur prix de vente fournitures (prix multiplié par 1.5)
              – Acompte de 70% sur les fournitures

              Un calcul vite fait te montre que les fournitures sont payées avant de travailler :
              1.5*0.7=1.05

                1. sam player

                  Pas d’acompte, pas de travail…
                  L’acompte ça permet aussi de jauger les capacités de paiement du client : celui qui te dit « ok dans une semaine ou à la fin du mois », alerte… je dis que j’ai commandé et je commande vraiment quand j’ai les sous… et après j’accuse le transporteur ou la poste… ça surprend personne…
                  Et je rajoute un terme à mi-travaux… et je fais en sorte de planifier et finir le boulot en fin de mois au moment de la paie…

                  Y en a c’est spontané de donner un acompte…

                  J’ai un seul défaut de paiement des pièces avant travaux, un concierge d’immeuble, mais vu que pour compenser il m’a fait de la pub qui m’a rapporté 20 fois plus… c’est devenu une blague entre nous… il m’appelle quand il a un tuyau et je lui demande s’il a eu une rentrée d’argent… j’ai tiré un trait dessus… et j’ai gardé les pièces… et les ai revendues sur eBay…

              1. Aristarkke

                Quand je monte une chaudière en remplacement, le prix TTC de la seule fourniture (prix entreprise) n’est pas compensé par l’acompte de 30/33% de la commande. Seulement +20% de marge en plomberie entre prix entreprise/prix public…

                1. sam player

                  Bah faut être plus sélectif, moi déjà les clients qui disent pas bonjour au téléphone ou par sms… au revoir !

                  Par contre je fais des paiements en deux ou trois fois quand le client le demande : ils sont moins regardant sur le prix et je préfère quelqu’un qui demande plutôt que qqun qui te met devant le fait accompli.

                  Ils ont des raisonnements bizarre parfois : hier sur un embrayage â 720€, le prix des pièces 230€ vendu 330€, acompte donc 230, le client me dit : je vais vous donner plus, ça me fera moins pour la prochaine fois… ouais !

            2. sam player

              “Bien sûr que le taux de TVA appliqué sur les étapes intermédiaires est neutre dans la formation du prix puisque c’est le Client final qui la paie réellement en totalité.”

              Non, si j’ai bien compris ce que tu voulais dire (ça commence à ressembler à du genre 1 ce que tu dis, fais gaffe).

              Si le transporteur transporte (logique jusque là hi hi) des pots de confiture pleins, en final, après tous les décomptes des parties prenantes, l’état percevra in fine* 5.5% du coût du transport HT… et personne ne paiera la différence vs 20%.

              Si le transporteur transporte (…) des télés, l’état percevra in fine* 20% du coût du transport HT.

              C’est complètement débile, j’en conviens.

              * : in fine : une fois les opérations terminées, facturées, compensées et les produits achetés par le consommateur final (final final), régularisations de TVA faites

      7. Aristarkke

        Mais je t’accorde que ton raisonnement de pur comptable aboutit à cela, une rentrée totale un peu plus faible avec la condition que le contribuable ne change aucunement son comportement quelle que soit la fiscalité, ce qui est faux dans l’immense majorité des cas.
        Si le prix de pain augmente, on ne se rabattra en masse sur la brioche que si elle reste à son prix « d’avant » et que celui du pain l’atteigne et le dépasse.

        1. sam player

          Un budget qui n’est pas contraint le deviendra tôt ou tard…
          Faire une exception durant quelque mois… la réalité les rattrapera… comme les impôts…

          C’est curieux votre raisonnement : vous admettez que les hausses de taxes et d’impôts affectent l’économie dans son ensemble par une moindre consommation, mais que des hausses de coûts de produits alimentaires se compensent en puisant dans l’épargne : 2P2M :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

          1. Calvin

            Non, je n’ai pas dit ça, et je te corrige :
            L’Etat ne sait pas que les hausses de taxes et d’impôts affectent l’économie dans son ensemble par une moindre consommation, mais pense des hausses de coûts de produits alimentaires se compensent en puisant dans l’épargne.

            Tu t’es placé sur le plan logique. Moi sur l’émotionnel politique.
            Prends comme exemple Ségolène, François, Yannick et les autres..

            1. sam player

              Oui j’ai relu ton com’, ok
              C’est ton bémol au début qui fausse la compréhension finale temporaire de ton message.

              Imaginer ce que l’état pense… plus facile d’imaginer ce qu’un genre 1 a voulu dire sans vraiment le dire mais en pensant qu’elle l’avait dit… fais gaffe…

                  1. sam player

                    Sans dec’ ca te fait fantasmer ?

                    google.com/search?rlz=1CDGOYI_enFR808FR808&hl=fr&sxsrf=ACYBGNQlvoN5hxxfzqK1821qIlkYzcy84g%3A1580652119389&ei=V9Y2Xo-3F8u_lwSu_YCgDg&q=olirya+roy&oq=olirya+roy&gs_l=mobile-gws-wiz-serp.3..35i304i39j0i13l7.27606.28073..29235…0.0..0.134.341.1j2……0….1………0i7i10i30.0TP5lqVP-Wc#imgrc=jD7b6Nc_tAE16M:

                    1. Elie

                      @sam player
                      « plus facile d’imaginer ce qu’un genre 1 a voulu dire sans vraiment le dire mais en pensant qu’elle l’avait dit… »
                      Je comprends mieux pourquoi tu interprètes à chaque fois mes posts : c’est parce que j’appartiens au genre 1 !

                    2. Theo31

                      Elle est plus agréable à regarder que ce puits sans fond haineux, arrogant et plein de suffisance qu’est la folle du Poitou. Des fois, j’ai même des doutes sur le fait que ce soit une femme.

      8. Elie

        C’est peut-être une erreur, mais tant qu’on n’a pas la preuve par a+b (votre exemple pratique, en l’occurence) une erreur peut être entretenue et répétée. C’est persister dans l’erreur qui n’est pas malin.

          1. Aristarkke

            Tiens, subitement quand un genre un abonde dans ton sens, au moins un peu, sa cote remonte dans ton estime???
            Elie, méfiez-vous !

            « L’infirmière est un ange et ses yeux sont verts
            Comme elle lui sourit, attention, Jimmy Sam P. veut lui plaire »

      9. Pierre 82

        Vous partez du principe que ces gugusses réfléchissent avant de faire voter une connerie. L’erreur de méthodologie vient de là. Ces bras cassés se fichent éperdument des conséquences de leurs actes.

        1. sam player

          Non je pars du principe qu’Harry a dit une bêtise… et je ne sais absolument pas qu’elle était le but initial de cette loi et je ne peux que supputer qu’ils voulaient répondre au mécontentement estival des agriculteurs quelque temps avant (lait, porc etc..)
          Un problème, vite une loi… pour pouvoir dire on s’en est occupés

          1. lafayette

            peut etre qu’ils voulaient reduire les 50% de déchets de la grande distribution en revenant au bon de rationnement pour réduire la production et donc payer le paysan au juste prix. (la moitié en plus mais 50% de moins)

  1. Le Gnôme

    La France révolutionnaire n’avait pas besoin de savant, la France macroniste n’a pas besoin d’agriculteurs, pollueurs de terres, qui roulent au diésel et fument des clopes. Déjà 600.000 bovins de moins entre 2016 et 2018. Le suicide d’agriculteurs n’intéresse personne, ce n’est pas France Télécom.

    1. sam player

      Il y a certainement plus de suicides chez les agriculteurs que dans la moyenne de la population.
      J’ai eu lu 20 à 30 fois plus… mais ça devait être une erreur de compréhension de ce qu’est un pourcentage car ça doit être de 20 à 30% de plus.

      Le problème c’est, encore une fois, de faire référence à une moyenne.

      – Les agriculteurs sont souvent des hommes et le taux de suicide des hommes est plus élevé (50% environ) que celui des femmes (elles se ratent souvent ? arghhh)

      – Au lieu de prendre l’ensemble de la population, il faudrait prendre comme référence les non-salariés professions libérales, indépendants…) mais peu de données hors les salariés.

      – Les difficultés des agriculteurs augmentant avec l’âge, il faudrait prendre comme référence la tranche d’âge 45-65 ans, dans laquelle on constate aussi une hausse de 50% des suicides dans la population.

      ====
      Sur France Telecom, il y avait à l’époque 100,000 employés et il y avait eu 18 suicides en 18 mois… bah en fait un peu moins que dans la moyenne de la population ! Non-évènement… mais faire de la comptabilité de suicides c’est mal vu…

      sam player – comptabilité tous domaines

      1. Calvin

        D’accord avec toi, mais pas un non-évènement quand même !
        FT a été contraint à un management moins laxiste, et certains employés ont perdu leur paradis doré.
        Donc oui, il y a eu une vaguelette de suicides, événement nouveau dans un monde privilégié, et il y a eu un rattrapage avec la société.

      2. BDC

        D’accord sur la comparaison avec la population générale qui n’a pas de sens. J’ai du mal à trouver des stats par CSP, à part « 3 fois plus de suicides chez les agriculteurs que chez les cadres ». 2p2m : on compare les taux de suicide des agriculteurs à la population générale (yc les chômeurs et malades), alors que pour la mortalité globale des agriculteurs on la compare aux autres CSP, comme ça on laisse croire qu’ils ont la pire espérance de vie, à cause des pesticides évidemment, alors qu’en fait ils ont une meilleure mortalité que la population générale.

      3. Aristarkke

        Il y avait des paies somptuaires pour tout un tas de gens à des postes ne le valant pas durant toute l’épopée de L’Arsouille au moment où France Télécom gagnait de l’or en barre grâce à son judicieux monopole et au Minitel (d’où le rapport Thery pour prolongation de l’état de vaches grasses). C’est devenu difficile à partir du jour où il a fallu faire coïncider ces paies avec un travail réel en contrepartie…

        1. Elie

          Très bien, mais comment définit-on un « travail réel » ? En dehors de quelques domaines comme l’industrie et la vente où l’on travaille à la pièce ou à la commande, que mesure-t-on au juste ? Est-ce que c’est le degré de fatigue à la fin de la journée qui le détermine ? Comment mesure-t-on la productivité d’un médecin ? Au nombre de patients qu’il a enchaînés dans la journée ? Et s’il fallait faire coïncider les payes avec le nombre d’heures de présence sur le lieu de travail, est-ce que n’importe quel salarié du privé ne gagnerait pas plus qu’un prof ? Et si on alignait les heures de présence des profs au boulot sur celui des salariés du privé, est-ce que ce serait pour les mettre devant des élèves, ou pour les faire assister à des réunions emmerdantes ? Et puis d’abord, pourquoi on ne s’alignerait pas tous sur des horaires d’ingénieurs ?

          1. Aristarkke

            Un travail réel découle d’un poste qui manquera pour la production normale d’une entreprise, si on supprime ce poste.
            Dans le cas de FT, elle est passée d’une entreprise publique quasi administration d’état monopolise à une entreprise de grosse taille multinationale et devant se débrouiller face à la concurrence en conservant cependant quelques reliefs monopolistiques comme la gestion technique des réseaux cuivre. Le personnel de FT est donc passé d’un monde ouaté où le pognon coulait à flot notamment pour y acheter la paix sociale avec des usagers qui se prenaient des TGSTEPCCEPs’ils osaient imaginer être des clients au monde quotidien des entreprises de services privés.

            1. BDC

              Ô Harry … qui manquera pour le fonctionnement, plutôt que la production. Parce que les fonctions support et les comptables et tous ceux grâce à qui les entreprises ont le droit d’exister 😎 sont indispensables mais ne participent en rien à la production.

              1. Aristarkke

                Oui, Belle, je n’essayais pas de te mettre dans le lot quoique ta reconversion serait assurée chez les Belges, au moins chez eux!

          2. Aristarkke

            Je dois préciser que jusqu’à la transformation en société commerciale, tout le personnel avait le statut de fonctionnaire avec la productivité habituelle de cette caste… Monde ouaté…

            1. Pheldge

              Et il me semble que les agents en poste au moment du passage en sté commerciale, ont gardé le statut. Les nouveaux sont contractuels.
              senat.fr/rap/r01-274/r01-27440.html

              1. Aristarkke

                C’est cela et il semble que les suicidés faisaient surtout partie de ce contingent dont il est probable qu’on essayait de pousser vers un placard à défaut de la sortie…

          3. lafayette

            moi je préférerait aligner sur les honoraires que sur les horaires. De plus les responsabilités sont plus lourdes pour les ingénieurs. L’erreur médicale reste la faute la moins punissable.

            1. Elie

              Je ne vois pas le sens qu’il y a à aligner des professions extrêmement diverses les unes sur les autres, que l’on parle d’horaires ou d’argent. J’imagine mal par exemple un médecin faire du 9h-17h ( je caricature exprès)
              Je ne conteste pas que certains boulots représentent (représentaient) des niches, à FT par exemple, ce qui m’a fait tiquer, c’est la négation du fait que ses salariés fournissaient un « vrai » travail. Que le boulot ait changé n’enlève rien à l’utilité du boulot réalisé avant. Et il me semble que ce ne sont pas les salariés qui définissent le boulot pour lequel on les embauche, mais bien leur entreprise !
              Pour ce qui est de la vague (ou pas vague) de suicides, il y a un article du site psychothérapeute blogspot très intéressant à ce sujet, où l’auteur suggère que les difficultés au travail se cumulaient à des difficultés personnelles et des profils psychologiques particuliers, et n’étaient donc pas le seul et unique facteur à l’origine du geste désespéré, bref, il remet les choses en perspective.
              La souffrance au travail, ça reste pour moi une notion trop floue et subjective, sauf dans des cas précis de psychopathes / pervers qui pourrissent la vie de collaborateurs ou de subordonnés.
              Maintenant, je ne pense pas NON PLUS que certaines techniques de management soient défendables au nom du profit et de la compétitivité ; pour moi elles sont pour le moins contre-productives, et ne peuvent perdurer que si elles s’appliquent à des salariés sans qualifications et facilement remplaçables, que l’on tient uniquement par l’épée de Damoclès du chômage.

        2. Elie

          « FT a été contraint à un management moins laxiste » : le problème venait-il du management (problème humain non imputable aux salariés de FT) ou bien de la définition même des tâches à accomplir, qui ont changé avec les évolutions technologiques dans le domaine des télécommunications ? Est-ce le métier qui a changé (et certains n’ont pas réussi à s’adapter), ou bien est-ce la façon de diriger le personnel qui a été déterminante pour certains ? Ce n’est quand même pas la même façon de considérer la chose !

          1. durru

            Non, non, le seul sujet qui compte c’est la productivité, la capacité à produire de la richesse, notion totalement étrangère au fonctionnaire lambda et même honnie par beaucoup.
            Normal qu’il faut en permanence s’adapter – aux nouvelles technologies, aux demandes des clients, etc. Mais ça, c’est juste dans l’ordre des choses, c’est comme ça depuis la nuit des temps. Y’a qu’un soce pour croire que l’humanité soit sortie de l’histoire avec l’avènement du communisme… pardon, de l’UE.

            Sinon, comment définit-on un « travail réel » ?
            Déjà, pilier de machine à café n’en est pas un. Régler ses diverses affaires perso pendant les horaires de bureau non plus. Et pourtant, une bonne partie des « statuts » que j’ai pu rencontrer dans le cadre professionnel semblaient le penser. Et agissaient en conséquence. Pas étonnant qu’ils risquent d’avoir un choc si on leur annonce que ça doit changer.

            1. Aristarkke

              « l’humanité soit sortie de l’histoire avec l’avènement du communisme… »
              Il y a aux alentours de 100 M de personnes qui sont sorties prématurément de l’Histoire grâce à ce machin-qui-n’est-jamais-le-bon, une fois fini dans le désastre coutumier qui le suit.

              1. Elie

                @durru, je suis prof et je ne produis aucune richesse, de quelque manière qu’on le tourne, pas même une richesse immatérielle, (même si ça serait super flatteur de le penser), et ce, même si je bossais dans une institution privée hors contrat. Au mieux, je rends un service (ce dont je doute de plus en plus souvent), et j’essaye de transmettre quelque chose dont l’utilité n’est pas bien acquise (y compris pour moi).
                On nous dit que le lundi de Pentecôte n’est plus un jour chômé, et les bénéfices produits ce jour-là doivent (si je ne me trompe) alimenter des caisses pour les vieux. Donc on nous fait rattraper à nous aussi le lundi de Pentecôte (comme tout le monde, ya pas de raison!). En tant que prof, j’aimerais bien savoir quelles sont les richesses exactes de mon travail dont les bénéfices vont tomber dans l’escarcelle des seniors. Et comble de l’absurdité : le jour de rattrapage est dédié à des réunions à la mord-moi le noeud…

                1. durru

                  Faisons simple. Personne ne naît savant. Comme le monde est de plus en plus complexe, les métiers aussi. Former, transmettre des savoirs, est donc fondamental. La richesse produite par un prof est à mon sens évidente, ce sont les nouvelles compétences de ses élèves.
                  Maintenant, ce n’est pas un scoop pour personne qu l’EdNat ne remplit pas (plus) ce rôle correctement. Mais le principe reste.
                  Les délégués syndicaux par contre (si nombreux, que même le ministère ne connaît plus leur nombre), qui n’ont jamais croisé d’élèves, sont des improductifs, des sangsues. Marrant que leurs premières victimes (les profs qui professent) soient souvent les premiers à les défendre.

  2. Aristarkke

    Les agriculteurs grançais ont de toutes façons un énorme problème, c’est qu’il est de plus en plus fait appel à de l’importation de fruits et légumes de l’étranger, y compris la proche UE. Et pas seulement dans le contexte des décalages saisonniers inévitables de la même culture selon la latitude… Pis, il ne faut pas oublier que les plantes et arbres grançais sont syndiqués et revendiquent hautement la pénibilité de pousser et de croître dans ce pays. Par exemple, les oliviers y subissent des stress hydriques intolérables que ceux du Maghreg, de l’Espagne, de l’Italie ou de la Grèce sans parler de la Turquie n’ont jamais à subir, copieusement arrosés de pluies diluviennes qu’ils sont couramment.

    1. BDC

      Les agriculteurs grançais tradi cultivent mal c’est bien connu. Motus sur la façon dont sont cultivés ces fruits et légumes importés. Pour les bobos : les gueux n’ont qu’à acheter bio/il faut subventionner le bio/mort aux agris non bio.

        1. lafayette

          le melon plus cher que le sucre, ca fait cher le verre d’eau sucré. Mais on peut pas critiquer le système de la grande distribution si on ne sait pas maintenir des alternatives plus locales.

  3. Aristarkke

    Si on ajoute qu’en ce moment, toutes les chaînes de grande distribution ne vont pas bien économiquement, elles ne vont pas pas faire beaucoup d’efforts pour augmenter leurs prix de bases alimentaires au risque de faire fuir le client aux poches déjà bien trop remplies d’oursins, chez le concurrent proche…

  4. Higgins

    La raison profonde de ces textes idiots votés par des individus du meme acabit est donnée dans cet article dont il a été fait écho dans un autre post : https:/ /www.lopinion.fr/edition/politique/ena-tres-mauvaise-note-candidats-en-economie-210236
    A mon humble avis, cette méconnaissance atteint largement les travées de la chambre d’enregistrement. C’est pourquoi j’ai bien apprécié cet article de Charles Gave que tous ces charlots devraient lire et apprendre par coeur : https:/ /institutdeslibertes.org/eh-oui-je-suis-un-financier/

    1. sam player

      Sur le même sujet, voir un article de CP sur la pub de Super U… ie les financiers ne branlent rien, l’agriculteur vous nourrit lui…

      1. Dr Slump

        D’ailleurs ça m’énerve cette connerie, selon laquelle ce sont les agriculteurs qui nous nourrissent. Sophisme à la con. Non, les agriculteurs ne me nourrissent pas, c’est mon travail qui me nourrit, enculé va!

          1. P&C

            Ben si c’est faux.
            L’agriculture a bien des défauts, mais elle permet la spécialisation des taches.
            Donc, si nous ne sommes pas en train de chasser du cerf ou de cueillir des baies, c’est parce que certains sont agriculteurs.

            Et aussi, je rappelle que c’est parce que l’agriculture est devenu très productive (on est passé de 1 paysan qui nourrit 3 personnes à 1 paysan qui en nourrit 50) que l’industrie et les services ont pu se développer.

            1. sam player

              Ah ok et c’est donc les ouvriers de Peugeot qui te transportent, les ouvriers de Samsung qui te permettent de téléphoner,… et ceux de Segafredo qui te font boire un bon café… ? Quoique pour le café c’est peut-être les peones sur les hauts plateaux des Andes ?

            2. Dr Slump

              P&C, l’expression « ce sont les agriculteurs qui nous nourrissent » porte un double-sens. Evidemment que ce sont eux qui produisent les aliments qui vous nous permettre de nous nourrir, c’est le premier sens. Le deuxième sens, même pas sous-entendu, c’est que les agriculteurs TE nourrissent, comme tes parents te
              nourrissaient quand tu étais gamin et dépendait d’eux pour cela.

              Mais maintenant tu es un grand, un adulte, tu te payes ta bouffe avec ton argent gagné par ton travail, non? (du moins j’espère 🙄 ), donc tu ne peux pas dire que tes parents te nourrissent. Pour la même raison, on ne peut pas dire que les agriculteurs nous nourrissent: c’est jouer sur l’émotionnel en les associant à un rôle de parent nourricier, c’est infantilisant, et ça ne grandit pas les agriculteurs en leur donnant cette image qui met à l’écart leurs compétences professionnelles.

              Encore un exemple « d’élément de langage », de slogan mensonger mais qui fait mouche d’un coup.

            1. Elie

              Super article. Je pense que les mêmes leviers sont utilisés dans l’affiche avec la petite fille en robe de bure (j’exagère à peine!) sur fond de paysage d’éoliennes. Vous l’avez vue ?
              Maintenant, je ne suis pas d’accord avec Dr Slump ; si si, l’agriculteur me nourrit un peu quand même : perso, j’ai déjà réussi à faire crever un lierre, alors d’ici à faire pousser mes propres patates !
              C’est un peu comme dire que je construis ma maison toute seule parce que je paye de mon salaire l’entreprise de bâtiment : non, j’ai besoin d’elle, tout comme on a besoin du type sur son lopin de terre ET du type dans l’avion. On en revient à la question que j’ai posée un peu plus haut : comment définit-on un « travail réel », et, par extension, comment décide-t-on qu’un travail est plus ou moins utile qu’un autre ?

        1. Theo31

          Le médecin du travail a dit à une de mes collègues que si elle ne pouvait plus travailler, elle n’avait qu’à demander à son mari de lui donner à manger.

          1. Aristarkke

            Le Code Civil l’impose depuis deux bons siècles sans parler de l’obligation morale posée par le christianisme sans parler de la loi de Moise ou du Code d’Hammourabi (dans les trois millénaires).

          2. sam player

            Tu t’es pas proposé, contre de menus services ? (menus, rien à voir avec l’alimentation hein… mais tu peux jouer sur l’ambiguïté)

              1. sam player

                Pour déterrer faudrait que ce soit enterré…
                Rien de bien grave, faut juste s’y faire… un problème de com’ uniquement… j’attends que Google sorte un traducteur d’un tiroir… pi c’est le week-end… zen !

                  1. sam player

                    Ah bah oui, la vie serait triste sans, y aurait pas de surprises, t’imagines tout serait planifié et respecté, pas un truc qui dépasse… Wah l’ennui !

                    1. Aristarkke

                      Un bot éprouverait donc quelque chose pouvant être assimilé à du sentiment ??? Waouh !!! Que de perspectives pour les IA !!!

        1. BDC

          Je viens de découvrir la pub et l’article de CP. C’est vrai que cette vidéo est pleine de naïveté et de conformisme « à bas les salauds de capitalistes mondialistes, vive le petit producteur ». Je confirme l’article sur la finance en agriculture : mon frère bac pro agricole, connaît les call et les put, et les comprend puisqu’il les utilise sur les matières premières agricoles.

          1. Aristarkke

            Le blogueur Nicoulaud (Ordre Spontané) avait bien montré l’importance des contrats à terme pour les agriculteurs d’autant que cela avait été créé pour eux, finalement. Il illustrait leur utilité en rapportant le contre-exemple des cours de l’oignon, légume qui aux Usa, est légalement interdit d’en bénéficier avec une courbe des évolutions de prix au quintal à côté de laquelle celle des cours du pétrole était d’une morne platitude comme dirait Éolienne Impériale pour Waterloo

      2. Higgins

        Beaucoup plus jeune, c’est à dire à une époque antidéluvienne, je considérais qu’un agriculteur devait être propriétaire de sa terre. Les combats menés en ce sens me paraissaient totalement légitimes. J’ai beaucoup évolué depuis cette époque lointaine et, comme le bon sauvage, il y a longtemps que je ne crois plus au mythe du paysan altruiste:

        https://m.youtube.com/watch?v=m1Lr4B_bgeM

        1. Aristarkke

          Depuis Adam Smith, Major, nous savons que la bienveillance du producteur envers sa clientèle provient de sa cupidité et non de son altruisme… 😛

        2. taisson

          L’article de contrepoint …Comment peut on faire un article aussi… naïf, peut être ??

          Il est bien évident que les concepteurs et les acheteurs de cette pub savent parfaitement que ce qu’ils décrivent n’est pas la réalité !!
          Mais la description, ou même l’ évocation du réel n’ont jamais été le but d’une pub !!

          Il s’agit juste d’aller dans le sens de la démagogie actuelle et de donner au public se qu’il attend : A savoir, une sorte de lutte des classes un peu repeinte au gout du jour !
          C’est l’état d’esprit actuel, et le publiciste s’y engouffre, comme du reste pour beaucoup de pubs !

          On évite de contrarier les consommateurs, il est bon d’afficher des convictions « à la mode », et les publicistes savent être « dans le coup » !
          Ils n’ont pas non plus peur de la démagogie même lourde !

          Le but réel principal est de faire passer sans trop de douleur quelques augmentations discrètes, et acceptées pour « la bonne cause » !

          Vu de l’extérieur, au niveau marketing, c’est un travail parfait, sur la bonne cible, et avec un bon argumentaire.
          Bien sur , seule la centrale de Super U pourra en mesurer l’impact réel, mais c’est du bon travail au niveau de l’image revendiquée…

          Le super U de mon coin à couvert son parking de plaques photo-voltaïques, et le patron à changé l’Audi A6 quattro pour une Tesla…

          C’est désespérant si, avec ça en plus, on ne comprend pas la cohérence de la montée démagogique « in »…Pour l’image de marque !!

          1. Dr Slump

            Les publicistes sont des putes, de la même catégorie que ceux de la communication: leur travail consiste à raconter des bobards, et de les faire rentrer dans la tête des gens par toutes les manipulations neuro-linguistiques possibles (le matraquage n’en est que la partie émergée).

            1. sam player

              Pas d’accord, ce ne sont pas des bobards : donne juste un exemple, les qualités vantées sont généralement vérifiables vs les standards acceptés.
              Ainsi un produit qui se dit écologique ne le sera pas forcément si on rentre dans le détail (comme pour la voiture électrique), mais c’est le standard.

              On oublie que la pub rend libre car elle informe et permet de choisir et je ne connais pas de meilleures moyens d’obtenir une information.
              La pub fait aussi baisser les coûts de production et cela en fabriquant et vendant 1 million de produits au lieu de 10,000 en comptant sur le bouche à oreille.

              Dans les régimes communistes il n’y avait pas de publicité.

              Il y a plein de produits que je n’aurais pas testé et/ou acheté s’il n’y avait pas eu la pub.

              On peut certes reprocher aux publicités de ne mettre en avant que les avantages d’un produit, mais justement c’est alors facile de comparer et celui qui veut se démarquer parlera justement de ce dont les autres ne parlent pas.

              Mais avec des sites comme Amazon on est déjà passé, pour la pub, à l’étape d’après : les avis clients.

              Perso avec le descriptif, c’est l’étape numéro 1, en essayant de démêler entre l’abruti qui ne sait pas utiliser le produit et celui pour qui ça va bien sans même l’avoir utilisé… parce que ça a l’air costaud ou bien pensé ou que c’est joli ou mon mari m’a dit…

              1. sam player

                « mon mari m’a dit »
                Bah oui, elle lui a fait un cadeau (avec sa carte bleue à lui), il va quand même pas lui dire que c’est de la daube… sinon le week-end est foutu…

              2. Dr Slump

                Bah en fait je suis en gros d’accord avec ça, alors je précise mieux, les bobards dont je parlais ne portent pas sur les aspects techniques et avantages du produit, mais sur les messages qui visent l’émotionnel, le psychologique. Exemple: (déo) « Axe, plus t’en mets, plus t’en as ». Evidemment personne n’y croit rationnellement, ça fait même marrer tellement c’est une exagération, mais c’est pour ça que ça marche, et que ça influencera quand même l’achat auprès du segment visé, en associant le déo à la teuf et les gonzesses qui tombent comme des mouches. C’est là qu’est le bobard, et c’est là que se tient la manipulation. Après, si y’en a qui se trouvent bien avec ce truc qui pue, ce n’est qu’une question de goût, mission complete pour le publiciste.
                D’ailleurs maintenant je réalise que mon exemple est un bobard pur et simple ^^ . Mais pour les voitures ou les Paics citron tu trouveras le même genre de conneries, genre le paic qui efface la crasse rien qu’en en laissant couler une goutte… tiens encore un vrai bobard, bref!

                Je n’y peux rien, ce genre de suggestions hypnotiques, en pub en communication et en politique, je trouve que c’est un boulot de menteur manipulateur. D’ailleurs c’est pas un hasard si les publicitaires sont sollicités par les politicards. Mitterrand, Séguéla… deux enfoirés…, Beigbeder, pitié… c’est pourtant lui qui casse le mieux la profession.

                1. Elie

                  @Dr Slump, les publicitaires et les tireurs de carte. J’ai regardé sur Amazon, je n’ai jamais vu d’étude approfondie sur les liens entre pouvoir et superstition, pourtant il y aurait de quoi à faire ! Je suis sûre qu’un historien se ferait de belle pépètes avec un sujet comme ça !

                1. Aristarkke

                  AH, la magie du socialisme capable de susciter des biens de consommation du néant. Et gratuits en plus mais avec dix ans d’attente…
                  Le jeune homme qui rêvait d’avoir une Trabant ou une Wartburg pour séduire sa Gretchen avait les tempes grises en en prenant livraison…

                    1. sam player

                      Hi hi j’imagine façon Amazon :

                      Comment noteriez vous :

                      – la rapidité ? : 3 secondes

                      – l’emballage ? : emballage très abîmé

                      – conforme au descriptif ? : Non, produit plus ancien qu’annoncé, arrivé démonté, traces d’usage

                      – l’utilisation ? : Manque la notice

                      – recommanderiez vous le produit à un(e) ami(e) ? C’est fait et c’est en cours d’évaluation

                      – Voulez vous partager des photos ou une vidéo sur l’utilisation du produit ? : Oui, fichiers joints

          2. taisson

            J’ajoute que, pour le break Audi quattro, en zone rurale, le choix était cohérent, mais, changer pour la Tesla, véhicule dont la qualité de fabrication est loin de la catégorie revendiquée, en tous cas très loin de celle d’Audi, c’est bien une décision » d’image »…
            En plus, il n’y à aucune borne de rechargement à moins de 50 kms!!
            Et je ne suis pas sur du tout que la toiture photo-electrique soit suffisante pour recharger le véhicule !!

            1. Pheldge

              la toiture photo voltaïque c’est pas compliqué : des subve,tions et des aides à tous les étages, un contrat de rachat par EDF avantageux, de la défiscalisation et enfin une image écolo … que demander de plus ?

          3. sam player

            L’auteur (Silberzahn, je sais jamais où mettre le h) démonte souvent les mécanismes de l’entreprise et de l’innovation ou du plantage (je l’ai déjà cité ici) : c’est un analyste de l’entreprise et des marchés et il lui arrive quelque fois, comme ici, de dévier pour expliquer les ressorts des comportements ou décortiquer des stratégies.
            Il n’y a rien de naïf.

            Un truc qu’il n’a pas dit par exemple c’est que le financier on ne le voit que de profil et très rapidement : il ne nous regarde pas dans les yeux, contrairement au gars de Super U ou de l’agriculteur.
            Il y a de grosses ficelles dans cette pub, mais c’est le suggéré qui va tromper le spectateur, un peu façon image subliminale.
            Comme les pubs comparatives ne sont pas encore très courantes, c’est assez rare de voir une pub qui utilise une comparaison avec un domaine connexe tout en faisant croire que les domaines et principes sont éloignés.

            1. Dr Slump

              C’est un bon exemple des manipulations employées par les publicistes, qui joue sur le suggéré en effet, sur des principes psychologiques fondamentaux (dont les biais de perception et autres préjugés communs), des manipulations neuro-linguistiques plus subtils (techniques de PNL et de suggestions hypnotiques), le choix des mots, des couleurs, des gestes, des attitudes et les façons dont ils sont associés au déroulement de la scène sont autant de paramètres qui semblent banals, mais efficaces pour faire rapidement passer des associations d’idées dans la tête des gens sans qu’ils ne s’en rendent compte. Pas besoin de subliminal, il suffit de faire apparaître un bébé mignon qui fait areuh avec une voiture et tout à coup la marque de la voiture est perçue comme fiable, et sympa, et tout ce qu’on peut associer de positif à un chiard ^^

          4. Calvin

            Justement, raison, ce n’est pas l’auteur qui est naïf mais le bobo moyen. L’auteur nous donne des clefs pour réfuter les arguments moisis.

          5. Elie

            L’article de CP vise précisément à détricoter les clichés qui sous-tendent la pub pour l’éducation des foules qui adhérent à ces discours… Le problème, c’est que CP prêche un lectorat déjà convaincu, donc leur travail de déconstruction est un peu vain en ce sens, vain, mais pas naïf !
            Mais bon, on ne sait jamais, peut-être qu’un lycéen qui travaille en TPE sur le discours publicitaire tombera sur l’article et réfléchira un peu plus aux ressorts émotionnels qui sous-tendent les pubs. Faut pas désespérer…

            1. sam player

              Même si on se sent manipulé, on n’est pas forcément conscient des méthodes exactes utilisées.
              Y a bien 2 trucs sur lesquels j’avais pas fait gaffe, mais j’en avais vu d’autres.

  5. Aristarkke

    Monseigneur, vous déplorez que cette législation stupide reste en place bien qu’elle mécontente tout le monde. Celle sur les yachts aussi bien qu’elle ne paie même pas les Cerfa nécessaires et toute la littérature administrative pour leur utilisation. Cela vous retirerait de nombreux sujets du clavier si cela fonctionnait ainsi dans ce pays…

  6. zelectron

    Il faudrait une taxe spéciale sur les grandes surfaces pour financer une étude sérieuse sur la rémunération des professions agricoles et commencer par rémunérer à leur juste valeur les membres de cette commission exceptionnelle.

  7. antoine

    Concernant la TVA dans le cas de NOTRE foyer : nous n’avons pas réduit les dépenses alimentaires (déjà tirées au plus bas), et n’avons pas réduit non plus les dépenses annexes (habillement etc car également tirées au plus bas : achat d’occasion, LBC, vide-greniers dès que cela est possible).
    Les loisirs ; arf. Un resto par an maximum, un fast-food deux-trois fois par an. Un ciné tous les deux ans. Quasiment jamais de vacances.
    Le seul poste « flexible » est…ETAIT l’épargne. Eh bien c’est simple plutôt que d’épargner nous achetons à manger. Donc oui, dans NOTRE cas l’État récupère bien de la TVA supplémentaire.

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