Je m’absente mais la catastrophe est sous contrôle

Que les âmes sensibles se cramponnent : pas de billets les prochains jours (argh !) car une parenthèse s’ouvre. Elle s’ouvre en me laissant l’esprit tranquille, car rien ne s’arrêtera pendant ce temps de repos.

Pendant mon absence, il va falloir vous passer de ma prose habituelle. Je reste confiant : les moins dépendants aideront les plus intoxiqués à tenir bon notamment dans les commentaires. L’actualité, elle, attendra pendant que je concocterai les prochains dossiers et les petits billets croustillants de l’été, tout en sirotant un verre au soleil (si le soleil veut bien échapper, lui aussi, à la taxe carbone sur les rayonnements naturels).

La fine fleur de notre magistrature continuera de trier les justiciables avec cette délicatesse à géométrie variable dont elle a le secret, démontrant avec cynisme comme l’affaire Lyhanna le rappelait il y a peu que, dans ce pays, la Justice ne manque pas tant de moyens que de boussole.

Pendant que je bronzerai bêtement, d’autres dossiers viendront sans nul doute illustrer le principe avec la régularité d’un métronome : une sévérité de granit pour le quidam qui se gare de travers, une mansuétude touchante pour qui sait se présenter sous le bon pavillon idéologique, voire une souple compréhension pour l’âme perdue des kartchiers républicains en déshérence. On ne refait pas du jour au lendemain une institution qui a patiemment transformé la balance en girouette.

Cette petite éclipse sera aussi l’occasion d’un bilan rapide, et le constat tient en peu de mots : ♩ tout se déroule exactement ♪ comme prévu, ♫ c’est-à-dire ♬ de plus en plus mal™. Les comptes publics s’enfoncent avec entrain, la classe moyenne se fait tondre dans la bonne humeur, et nos dirigeants, fidèles à eux-mêmes, parviennent à aggraver la situation avec décontraction tout en se félicitant sur les plateaux de leur remarquable clairvoyance. Reconnaissons qu’il faut un certain talent pour rater à ce point, semaine après semaine.

Comme à l’habitude, pendant cette absence, je compte sur vous, fidèles lecteurs et lectrices, pour faire vivre ces colonnes. Votre nombre ne tarit pas, vos commentaires non plus, et certains ont même eu la gentillesse et la générosité de s’abonner au Substack (parfois en payant) ce qui m’incite à continuer ma forfaiture ; je remercie chaleureusement ceux qui me lisent, commentent, relaient et soutiennent cette production continue de petites observations amusantes en période de délitement accéléré. C’est grâce à vous que ces colonnes tiennent debout, et c’est avec vous qu’elles continueront – j’espère encore quelques années – de pointer du doigt les innombrables farces que nos élus nous jouent à un rythme désormais industriel.

Les commentaires resteront évidemment ouverts à vos saillies dont certaines valent souvent bien des éditoriaux. Et puisque la bataille des idées se gagne désormais autant sur les réseaux que dans les colonnes des journaux officiels, je vous encourage à relayer les billets lorsqu’ils paraissent sur X, où l’audience grimpe gentiment, et à vous inscrire sur Substack si ce n’est pas encore fait. Chaque partage répand un peu de bon sens dans une marée de bêtises oscillant entre le wokisme triomphant, le collectivisme décontracté et l’absurdisme conceptuel médicalement testé.

Quelques recommandations pour votre survie en mon absence : gardez votre sang froid, vos bières fraîches et votre épargne au chaud. Je vous retrouve très bientôt, reposé et avec une provision de sujets que l’actualité, jamais avare, n’aura pas manqué de me fournir en mon absence. D’ici là, profitez du calme relatif, faites attention à l’environnement (de nos jours, celui-ci peut vous attaquer n’importe quand) et gardez le sourire : c’est encore le meilleur moyen d’agacer ceux qui nous voudraient résignés.

Enfin, je terminerai par une observation : avec tout ce CO2 dans l’atmosphère, avec toutes ces pluies, avec tout ce soleil, pas de doute, ce pays est touffu.

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