Taxez ce sein que je ne saurai voir

Avec ce post, j’aurai une pensée émue pour mon ami Copeau qui risque de payer de plus en plus cher pour pouvoir fournir sa rubrique « Erotique » en nouveautés. En effet, alors que certains de nos sénateurs commettent des lois stupides et hypocrites sur la crémation, nos députés, ne voulant certainement pas perdre la face devant tant de bêtise sénatoriale, en remettent cette fois une couche bien épaisse avec une taxation supplémentaire sur les produits pornographiques.

Passée presqu’inaperçue dans la presse quotidienne, la loi a été votée le 18 novembre, à une voix près, et contre l’avis du gouvernement. Elle fait ainsi passer la taxation sur les oeuvres pornographiques et d’extrême violence sur le prix public de 2% à 10%.

Pourquoi une telle taxe ? Certains esprits, notamment les plus soumis à l’esclavage fiscal qui fait notre lot commun, se diront : « pour ramener de l’argent à l’état », comme si cela était normal. A ceux-là, je demanderai : mais pourquoi diable sur les films pornos et violents ? Pourquoi pas sur les films de fleurs et de cape et d’épée ? Quelle morale pudibonde, quelle pruderie de bienpensants collés-montés justifient que ce soit ces premières catégorie qui paient, et non les films floraux ou sabreux ? Pour éviter qu’un film comme Fanfan La Tulipe ne soit taxé deux fois ?

En outre, quand on sait que les bénéfices de l’industrie pornographique sont particulièrement taxés et ne rapportent rien (300.000 euros), on en déduit d’une part que cette industrie est suffisamment finaude pour éviter la taxation (en tout cas plus finaude que le législateur), et d’autre part que ce genre de lois va surtout porter sur le consommateur, au final.

De plus, on peut se poser la question de ce qu’ils entendent par « oeuvre pornographique ou d’extrême violence ».

Une oeuvre – mettons, de science-fiction, ou politique, tiens, pour rire – comprenant une unique scène humide de 5 minutes d’emboîtements humains, peut-elle être classé comme porno ? Inversement, certaines oeuvres dont le sujet ne fait pas vraiment dans le « cape et d’épée » ne sont pourtant pas classées dans le porno (Romance X, par exemple, de Catherine Breillat, est interdite aux moins de 16 ans en France alors qu’il fut classé X à sa sortie dans certains états, comme en Nouvelle Ecosse canadienne)…

Qu’est-ce que l’extrême violence ? A partir de quand est-elle extrême ? Quand on voit du sang à l’image, ou quand c’est suggéré ? Et qui sont donc nos députés pour juger de ce qui est violent ou pas dans un film ?

Enfin, la taxe sera-t-elle rétroactive ? Orange Mécanique, de Kubrik, qui propose quelques scènes chaudes et quelques scènes violentes, serait donc taxée ? Comment sera-t-elle appliquée sur les chaînes à péage ? Sur internet ? Jusqu’où ira se nicher les lubies vexatoires taxatoires de nos étatistes ? Prendront-ils leur courage à deux mains vigoureuses rendues caleuses par le travail ardu et journalier sur les bancs de l’Assemblée Nationale pour taxer, à son tour, la proverbiale branlette ou le sado-masochisme ?

La vrai constatation, au delà de l’absence évidente de considération, voire du mépris, que nos élus ont pour notre bon sens, c’est qu’on nage en plein délire ponctionnel, typique des fins de règnes : ils utilisent le prétexte de la morale pour voler encore un peu plus. Les petits marquis poudrés de la Ve République, en cachette libertins et prodigues de l’argent des autres, jouent les effarouchés et les puritains pour mieux faire passer leurs ponctions incessantes.

A ce rythme, la censure et le Ministère de l’Amour (Minilove) ne sont pas loin.

Les députés taxent davantage pornographie et violence

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