Futchebal et chansonnettes

Le plus difficile, quand on identifie un problème est bien de choisir la bonne solution pour le résoudre. Bien souvent, les responsables choisissent la solution de facilité, celle qui sera la plus rapide à mettre en oeuvre, celle qui leur demandera le moins d’énergie, et celle qui impliquera la plus faible responsabilisation des acteurs concernés. Sepp Blatter n’échappe pas à la règle, qui propose de supprimer les hymnes nationaux lors des matches de football où des holligans ont pris l’habitude de huer les rengaines patriotiques…

La société occidentale dans laquelle nous sommes actuellement plongés montre, surtout dernièrement, une fâcheuse tendance à amollir les caractères, les décisions et les prises de positions, et transformer toute fermeté d’action ou d’opinion en substance dangereuse, explosive, voire délétère, que les médias s’empresseront bien vite d’isoler, de catégoriser et de réduire à quelques qualificatifs à l’emporte-pièce (généralement, la fermeté est rapidement labélisée de fascime, de populisme, etc…, en fonction des besoins) .

Le monde du sport, fortement médiatisé, n’échappe bien sûr pas à la règle. Et cet amolissement caractéristique s’observe notamment avec cette proposition de Blatter : des hooligans, à chaque match international, huent les hymnes. C’est très gênant. Supprimons donc les hymnes.

Pour illustrer ici toute la stupidité du raisonnement du patron de la FIFA, il suffit de transposer simplement cet enchaînement ridicule à des événements plus marqués : des déliquants, chaque soir de la semaine dans certaines banlieues, brûlent des voitures. C’est fort enquiquinant. Supprimons donc les voitures.

Il me semble évident que si le problème est réel, la solution est totalement absurde. Sepp Blatter, ici, applique ce qu’il a vu faire tant et si souvent dans les instances politiques traditionnelles : la solution de moindre effort, de moindre réflexion et de moindre fermeté.

Cela fait des dizaines d’années que ce type de solutions est en place. De même qu’on ne peut éduquer un enfant à ne pas manger de bonbons en se contentant de simplement supprimer les bonbons (ce qui n’est qu’un repoussoir, l’enfant s’en procurera ailleurs), et de même qu’il faut lui imposer des bornes, des limites et un cadre cohérent pour qu’il puisse s’épanouir en adulte responsable, la société et ses acteurs ont besoin, de temps en temps, que leur soient rappelées les bornes, les limites de ce qui impose le respect, ce qui est autorisé et de ce qui ne l’est pas.

Pas parce que l’autoritarisme est nécessaire, loin s’en faut, mais bien parce que l’absence de bornes entraîne une déresponsabilisation. La liberté d’exprimer son opinion ne doit pas empiéter sur le respect de l’opinion de l’autre.

Au delà de toute considération futchebalistique, l’attitude de Blatter n’est pas seulement ridicule, elle est aussi symptomatique d’un mode de raisonnement que notre société a mis en place et utilise depuis de nombreuses années : la déresponsabilisation des masses. Pourquoi une telle déresponsabilisation ? Parce qu’avec la perte insidieuse de la responsabilité, on favorise de facto la perte réelle de liberté.

Et la liberté des autres, c’est bien la chose dont les dirigeants ont le plus peur.

Blatter se prononce contre les hymnes nationaux avant les matches

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Commentaires1

  1. … Et comme quoi les bonnes idées peuvent s’appliquer à n’importe quel domaine, un lecteur du Monde, le Dr Paul Wiener de Paris, dans le numéro du 23 novembre dernier, nous offre un moyen simple, pratique et peu coûteux de résoudre les problèmes navrants dans lesquels la France est plongée :

    … Leur échec scolaire est invoqué à juste titre comme une des causes de l’inadaptation des garçons de 2e et de 3e générations d’immigrés. Les revers de l’apprentissage de l’orthographe en sont une des expressions majeures. En témoignent les sites Internet de ces jeunes, qui ne cherchent plus à s’approprier l’orthographe, mais inventent, non sans créativité, une orthographe phonétique simplifiée. Ils n’ont pas entièrement tort. l’orthographe française n’est plus un outil approprié à notre monde contemporain. Il est aussi incongru de vouloir enseigner notre orthographe à des jeunes non motivés, ne bénéficiant pas d’un milieu culturel approprié que d’avoir fait répéter autrefois à des jeunes africains le fameux slogan « nos ancêtres les Gaulois ». Que faire ? C’est simple. La langue française a évolué. Il faut réformer cette orthographe d’épouvante.
    (…) Les résistances à cette réforme témoignent du refus bien connu du changement dans notre société française. Elles relèvent de fixations rigides à un passé idéalisé tout à fait révolu, qui, de plus, n’a sans doute jamais existé. Elles provoquent une multitude de conduites régressives dont les caprices électoraux récents et les violences des banlieues portent, entre autres, témoignage.

    Ils brulent des voitures ? Supprimons les voitures. Ils écrivent n’importe comment ? Supprimons l’orthographe.
    Formidable.

    Note : merci à Dardanus pour cette référence.

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