Les embryons de Police Politique

Comme je l’évoquais dans un billet précédent, le moyen le plus sûr d’obtenir une belle société collectiviste est bien de procéder à petits pas mesurés, en introduisant très progressivement les mesures les plus liberticides lorsque personne n’y prend garde. L’actualité me donne – malheureusement – raison et la pente naturelle des démocrassies socialistes vers un contrôle accru de tous nos faits, nos gestes et nos pensées semble plus forte chaque jour…

Avec la mise en place de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité), pure invention étatoïde de papy Chirac, il devient maintenant clair que le but ultime de la manoeuvre, derrière le traditionnel paravent bienpensant de la lutte contre le racisme, est bien la préparation aux esprits d’une véritable police de la pensée.

J’entends déjà certains qui se disent, peu convaincus : « Allons, vous allez trop loin ! Police de la pensée, c’est trop orwellien, et personne ne laisserait passer un truc aussi gros sans broncher dans un pays comme la FraAance. »

Et pourtant, je mettrai au crédit de mon assertion la déclaration même du gâteux de l’Elysée pour sceller la création de cette monstruosité :

« La Haute Autorité a aussi pour mission de faire évoluer les esprits, de contribuer à changer les mentalités, en permettant de mieux appréhender les phénomènes de discrimination, qu’elle soit directe ou indirecte »

Voilà. C’est dit poliment, à la façon châtiée des hommes dont le langage est le gagne-pain, mais, une fois décrypté et débarrassé de ses faux-semblants, cela veut dire que cet n-ième organisme aura pour mission de manipuler les pensées, pour lisser toute discrimination. Car rappelons-le, la discrimination, c’est mal : discriminer est devenu le condensé parfait de l’expression « faire preuve de racisme ». Proposer un bien ou un service à une seule frange de population, c’est discriminer, activement ou passivement, et c’est donc exclure une autre partie de la population.

Partant, n’importe qui peut demander réparation pour n’importe quoi, sous le prétexte idiot qu’il ou elle aura été sauvagement discriminé, la charge de la preuve s’en trouvant reporté sur l’accusé tant la pression médiatique qu’on peut alors lui faire subir serait forte.

En outre, la HALDE pourra ester en justice, utiliser le pouvoir de coercition pour obtenir des informations, des preuves et des éléments à charge contre toute personne physique ou morale qui tomberait sous ses fourches caudines. Dans quelques mois ou quelques années, la HALDE pourra disposer d’Agents de la Pensée assermentés, en tout point similaires aux policiers, qui pourront alors intervenir directement pour appréhender les présumés coupables et les placer devant la Justice de la Pensée.

Il ne passera probablement pas trop de temps pour qu’enfin on reconnaisse les pensées impures et la liberté d’expression totale comme trop dangereuses pour que les profanateurs soient laissés en vie. Une balle dans le buffet à l’interpellation sera un jugement rapide et une sentence promptement exécutée, débarrassant ainsi la société des cancrelats dissidents. Mais nous avons encore quelques tristes années de décadences devant nous, où l’on entendra encore, chuintements discrets dans le brouhaha constant des médias asservis, les faibles remarques des hommes malgré tout épris de liberté d’expression.

Exagération ? Jamais, pensez-vous, le pouvoir coercitif ne sera donné directement à un organisme d’état pour empêcher de penser ou de s’exprimer contre lui ? Jamais ?

Trop tard ! En lisant les articles 25-III et IV, loi n° 2005-1579 du 19 décembre 2005[1], on s’aperçoit que les organismes d’URSSaf, que le monde entier nous envie[2], ont maintenant le droit d’attaquer en justice toute personne physique ou morale voulant contrer les actions de ses inspecteurs. Ainsi, les projets d’associations visant à faire sortir les salariés et les professions libérales du giron de la SS, ainsi que les participants aux blogs militants pour quitter la sécu risquent de se voir traînés en justice pour avoir simplement indiqué que l’affiliation à l’assurance obèse étatique en perpétuel déficit n’est plus obligatoire.

Le Léviathan l’a bien compris : pour obtenir toujours plus d’emprise sur ses esclaves, il faut s’insinuer partout lorsqu’ils ne s’en rendent pas compte, les abrutir intellectuellement pour que toute velléité de réflexion soit tuée dans l’oeuf, les enrober, tous les jours, dans le caramel douceâtre et dégoulinant des bons sentiments faciles et soporifiques, et surtout, baliser leur terrain de jeu le plus fermement possible.

En procédant ainsi, petit à petit, il devient très difficile de distinguer un tableau d’ensemble, une tendance globale. Et quand la bête sera forte et visible, il sera trop tard.

Prochaine étape : instaurer la délation comme mode de vie.

Notes

[1] Merci à Rocou pour l’information

[2] ™(r)(c) Modele Français, une politique du groupe Demaerd Inc.

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