L’argent c’est mal

S’il y a bien une doctrine simple, courte et parfaitement représentative de la psyché collectiviste, c’est bien celle qui peut se résumer dans la sentence : « L’Argent, C’est Maâal ». Tout, dans l’inconscient collectiviste, est basé sur une répulsion affichée face à la monnaie, l’argent, le capital, la richesse. Ainsi, disposer d’une somme importante, brasser de l’argent, essayer d’en gagner deviennent des vices coupables et honteux. Comme le chien apeuré dont tous les sphincters se referment devant la menace ou le danger, le collectiviste ne peut s’empêcher de compulsifs réflexes glutéaux à l’évocation sulfureuse de l’argent.

Et dans cette aversion difficilement contrôlable, il y a gradation. Le communiste, regard soupçonneux, sera attentif à la monnaie un peu trop présente dans la bourse du quidam venu acheter son pain. Il froncera nettement le sourcil lorsque le voisin acquittera une somme rondelette pour une voiture neuve. Il montrera ostensiblement sa canine gauche lorsqu’on évoquera l’achat d’un appartement, ou pire, d’une maison. Il commencera à baver quand on abordera la douloureuse question de l’ISF, et y ajoutera des grognements rauques quand on parlera plus-values boursières.

Si, d’aventure, vous avouez bénéficier de stocks-options ou d’une prime de sortie, l’animal se jettera sur vous, visant votre carotide ; il sera trop tard : même si la morsure n’est pas mortelle, les germes capitalophages et bonsensivores contenus dans la bave vous terrasseront à coup sûr.

Mais ce qui fait sortir le communiste de ses gonds, c’est qu’on s’attaque à sa niche, son coucouche-panier homesweethomesque, son hâvre de paix et de recueillement : le Service Public. Et, perversion suprême, s’il vous arrive de gagner de l’argent, honnêtement, par le truchement d’un Service Public, le communiste verra en vous un ennemi mortel de sa cause, une engeance putride qu’il faut fouler au pied, … un sous-homme dans lequel il ne faudra entrevoir aucun espoir de rédemption, un monstre froid saoûlé de profits et d’enfants immolés sur l’autel de la Bourse – insérer ici les mots délocalisations, enfants qui cousent des Nikes, chemins de fers Anglais, ou mocassins à glands.

L’actualité nous fournit un exemple assez frappant de ce comportement collectiviste, grognements et bave inclus.

Avec le mois de juin arrivent les fleurs, les fruits, les pollens, les petites abeilles qui butinent et les lycéens qui se massent devant les panneaux d’affichage des résultats du bac. C’est comme ça : un rituel de début d’été perpétué depuis des décennies qui aura permis aux plantes de se reproduire et aux étudiants d’éclore sur les bancs de facs courant septembre.

La publication des notes s’accompagne, quasiment depuis que les moyens techniques le permettent, d’une mise à disposition moyennant finance directement au chevet du petit écolier chevelu qui veut absolument savoir s’il a obtenu son précieux sésame de cirage sur bois universitaire. En gros et pour résumer : des entreprises se procurent les notes du bac, et les mettent à disposition moyennant un tarif simple au travers, jadis, d’un serveur vocal téléphonique, puis du minitel, puis d’internet et, de nos jours, via SMS.

Si Toniglandyl s’attaque aux impuretés situées entre le poils et les couilles, les empêchant ainsi de s’encrasser, le communiste, lui, s’attaque aux richesses entre le consommateur et le producteur pour bien lui faire sentir que … c’est Maâal, empêchant les uns et les autres de s’enrichir.

Pour le collectiviste, commercer avec les notes du bac s’apparente donc directement avec le viol sur mineur, l’inceste, le cannibalisme ou le crime contre l’Humanité (les gens, pas le torchon quotidien), et il fera tout, au travers de ses phalanges armées des Syndicats Enseignants, pour qu’il n’en soit plus ainsi. Pour saboter un marché, il sait comment s’y prendre.

Or, quand on y réfléchit, c’est assez idiot, comme démarche. Car en effet, s’interdire de commercer lorsqu’un différentiel d’information existe, c’est se priver naturellement d’une ressource intéressante. A la manière d’un SDF repoussant par snobisme de principe la chambre d’hôtel offerte, l’Education Nationale se prive ainsi d’un moyen efficace de gagner un peu d’argent.

En effet, mettre à disposition les notes du bac pour les bacheliers peut très bien rester parfaitement gratuit pour ces derniers dans les enceintes des établissements publics, tout en étant monnayé auprès de sociétés privées, avec ou sans mandat d’exclusivité là aussi payant, pour que ces dernières s’occupent de la diffusion, elle aussi rémunérée, par les canaux de son choix. Les sommes dégagées pourraient servir à offrir des bourses aux lycéens les plus nécessiteux, ou de nouveaux livres, ou, plus prosaïquement, pour payer les correcteurs du bacs au travers d’une prime, qu’on pourrait moduler suivant des critères divers et variés, aux bons soins de ces formidables gratte-papiers qui peuplent ces pléthoriques administrations Que Le Monde Nous Envie.

Evidemment, le collectiviste-la-bave-aux-lèvres fera fort de crier au scandale – pardon, au sKandâl, devant le biais honteux introduit entre les riches, qui peuvent débourser 2 euros pour obtenir le précieux SMS-résultat, et les pauvres, obligés (pauvres petits) de se rendre sur place pour y consulter leurs résultats.

A ceci, on pourra objecter en bonne logique que l’accès gratuit ne l’est que virtuellement : le pauvre, dans ce cas, doit se déplacer et donc faire un effort qui se traduit naturellement par une dépense financière plus ou moins importante (essence, temps, ticket de métro, que sais-je). Rapportée aux deux euros d’un SMS, il n’est pas dit que la mise à disposition par ce canal ne revienne pas, finalement, beaucoup moins cher et ne permette une économie d’autant plus substantielle … qu’on est pauvre, justement.

Si l’on ajoute à ça le fait que l’administration a elle aussi eu des frais pour produire, collecter et afficher ces notes, et que ces coûts bien réels n’ont de gratuit que l’apparence puisque collectivisés à outrance sur les millions de contribuables concernés, on sourit doucement aux évocations lyriques d’égalité d’accès du communiste hydrocéphale et rouspéteur.

Sans compter que cette mise à disposition technologique réduit – eh oui – les encombrements devant les panneaux d’affichages et donc les embouteillages devant les lycées et donc … les émissions de CO2 qui rappelons-le, doivent mener l’Humanité (tant les gens que le torchon quotidien) à sa perte dans un gloubiboulga bitumeux pollué et nauséabond.

On pourra aussi noter la position un tantinet absurde du rigolo médiatique d’occasion, Faride Hamana de la FCPE, qui vitupère contre ces sociétés privées, profiteuses éhontées de cette asymétrie d’information, et qui envoient des publicités par SMS pour inciter ces adolescents à utiliser par la suite toutes sortes de produits, comme des services de révision payants par Internet. Mon dieu : les ados, scotchés devant la télé plusieurs heures par jour et donc gros mangeurs de pubs, ne pourront évidemment pas supporter la charge intense que représente une ou deux pubs SMS. Ils vont pêter un klaxibule, c’est une évidence !

Le faquin va plus loin puisqu’il déclare même : « Cela pose question, car ces entreprises disposent des données personnelles et notamment des numéros de téléphone d’élèves mineurs sans que les parents aient leur mot à dire » … Qu’il se rassure : nombre de bacheliers ne sont plus guère mineurs quand ils passent le bac, et s’ils le sont, ce n’est plus pour très longtemps. En outre, si l’on considère que le bac a encore une valeur (affirmation certes péremptoire, mais baste, passons), on peut accorder à ceux qui le passent le minimum de jugeotte pour être capables de prendre leurs responsabilités face à ces dépenses babylonesques par SMS interposé.

Mais au final, ce qui surprend vraiment, c’est que si le collectiviste ronchon et baveux admoneste vertement quand on tente de faire de l’argent sur un service public faussement « gratuit », il ne dit plus rien dès lors qu’il utilise lui-même les bons gros systèmes capitalistes joufflus. Ainsi, on découvre au détour d’une rapide recherche que certaines académies ont su tirer des profits … publicitaires de l’événement bachelier.

Pas de doute : pour un coco, l’argent, c’est mâââl.

Et si c’est technologique et que ça rapporte à des sociétés privées, si de surcroît cela échappe aux Syndicats et autres Pudibonds du porte-monnaie, alors cela doit être empêché. Mais tout ceci, bien sûr, ne s’appliquera pas à ses propres actions.

Faudrait pas pousser.

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