Le pacte du diable

Mercredi, je dois prendre le train. Pour raisons professionnelles, j’ai effectivement un déplacement prévu à cette date, déplacement qui semble de plus en plus compromis par une certaine catégorie de cancrelats… Les soubresauts revendicatifs de novembre, auxquels tout libéral se doit d’être totalement rôdé tant il semble maintenant dans les moeurs que cette période est destinée aux mouvements sociaux, ces soubresauts, dis-je, ne doivent pourtant pas faire oublier qu’au fond, aussi extraordinaire que soit le constat, les protestations des cheminots sont légitimes.

En général, ici, le lecteur habituel de mon blog aura exécuté un petit bond sur son siège et aura commencé à s’agiter nerveusement, se demandant sérieusement si un bolchévik de passage n’aurait pas usurpé mon identité…

En effet, si maintenant, même les ultra-libéraux mangeurs d’enfants ne veulent plus s’élever contre les parasites gauchistes gréviculteurs des transports en commun, où va le monde ?!

Mais pourtant, je réitère : le constat est sans appel, le droit de grève étant ce qu’il est, les agents de la RATP qui ont arrêté le travail ont, fondamentalement, raison de protester. Maintenant, l’analyse que je fais est probablement assez différente de la leur.

Du côté des syndicalistes gravement engauchisés et qui se prétendent pourtant apolitiques, on retrouve le discours totalement convenu de la pénibilité du travail, le misérabilisme outrancier dont ils font preuve pour décrire le chemin de croix du cheminot se disputant aux larmes abondantes sur leur pouvoir d’achat toujours plus petit ou des horaires toujours moins compatibles avec une vie de famille traditionnelle. Pour le coup, on imagine les forçats du rails, abonnés à la bouteille pour oublier un mariage raté constellé de ces trous qu’auront formé les longues absences pénibles à faire chauffer d’imposantes machines à grandes pelletées d’un charbon aussi noir que leurs tourments…

Et dans ce cadre sinistre où l’entreprise, que dis-je, la société toute entière s’est liguée contre ces hommes, il est normal qu’ils se rebellent, et qu’ils arrêtent le travail quitte à laisser sur le carreau d’autres forçats d’autres entreprises.

Cependant, si l’on écarte les abrutissantes idioties des centrales syndicales, que reste-t-il ? Des salariés protestent car leurs conditions de retraite vont être modifiées par le fait du prince, i.e. le gouvernement.

Ainsi donc, les salariés de la RATP et de la SNCF se retrouvent dans la position particulière de voir leurs contrats de travail modifiés à la volée et unilatéralement sans que leur soit demandé leurs avis. Dans n’importe quelle entreprise du privé, le mouvement de grogne se serait probablement fait sentir.

Mais … (et c’est là où je veux en venir, en fait), dans le privé, ceci se serait traduit autrement. Et cette autre traduction montre toute l’ampleur des foutaises qu’on nous présente comme normales dans ce pays aux modes de communication de plus en plus foutraque.

Tout d’abord, même si l’on admet comme je le fais que le combat est basé sur une constatation tout à fait juste, la méthode employée montre un manque chronique d’imagination de la part des syndicats, et, pire encore, une volonté manifeste de nuire au plus grand nombre. Ainsi, en choisissant spécifiquement l’épreuve de force, pour des buts politico-politiques inavouables, les syndicats montrent, encore une fois, la petitesse de leurs vues et l’hypocrisie de leur discours.

Se gargarisant de solidarité à chaque bout de phrase, on note que cette dernière s’arrête aux portes de leurs zavantages zacquis : combien de grévistes sont en effet “solidaires” des marcheurs, cyclistes et automobilistes forcés par leurs mouvements de grognes ? Combien se sentent réellement touchés par les misères et agacements qu’ils font subir aux autres ? Ne font-ils pas la preuve d’un égoïsme sans vergogne ?

D’autre part, et toujours en constatant l’iniquité scandaleuse de cette remise à plat unilatérale de leurs zavantages par le gouvernement, les syndicalistes ne sont-ils pas encore une fois en train de mener un combat d’arrière-garde minable ? En effet, plutôt que s’arcbouter sur un status quo ridicule en ces temps de mondialisation, ne devraient-ils pas plutôt engager une vraie remise à plat de leur entreprise, en l’inscrivant réellement dans le 21ème siècle ? Ceci se traduirait par de vrais contrats de travail, de droit privé, avec l’impossibilité pour l’état d’aller y fourrer son nez verruqueux… Cela se traduirait aussi par une privatisation totale de leurs entreprises, et des fonds de retraite afférents. Dès lors, les avantages en terme de retraites correspondraient à des efforts correspondants de leurs employeurs en terme de rentabilité, bonne gestion ou tout simplement équilibre budgétaire.

A la limite, il devrait même être du combat des libéraux d’obtenir un statut clair, de droit privé, pour tous ces cheminots. De même que les salariés du bancaires disposent, par convention collective, de plusieurs jours de congés supplémentaires au droit du travail, ou d’autres avantages particuliers, de même que les salariés de certaines entreprises ont des réductions sur les biens et services offerts par leurs employeurs, les cheminots auraient alors des avantages substantiels à travailler pour leurs entreprises, avantages obtenus par la bonne gestion et les bénéfices générés par une saine exploitation.

Mais voilà : en s’inscrivant dans le giron de l’état, les cheminots et tout particulièrement les serial-grevicultors utilisent toute la panoplie peu reluisante de la coercition étatique pour obtenir des avantages, des renflouements de paniers percés, des monopoles de droits artificiels et boiteux.

Que ces joyeux profiteurs de la force étatique ne s’étonnent pas ensuite, hypocritement (ou stupidement), de subir le contrecoup logique de cette même coercition le jour où l’état décide de revoir unilatéralement et à leur grand dam les bases des contrats qu’ils s’imaginaient avoir avec lui.

Eh oui, messieurs les cheminots en grève : vous avez, feignant de l’ignorer, pactisé avec le Léviathan, oubliant un peu vite qu’il pouvait, à tout moment, revenir sur ses engagements puisque seul détenteur de la force.

Vous avez tout fait pour obtenir de lui des avantages, oubliant qu’il pouvait vous les reprendre par simple caprice… Eh bien, à présent, assumez !

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