L’état est mon berger

Il aura, finalement, fallu attendre toute l’année 2007 pour que ce qui était pourtant une évidence prévisible dès 2005 devienne une réalité tangible : le marché de l’immobilier est bien aussi pourri que ce qu’on pouvait soupçonner, et l’implication des banques française est tout sauf mineure… Et déjà, alors même que la crise n’en est qu’à ses prémisses, on entend les statolâtres bondir sur l’occasion.

A n’en pas douter, l’année 2008 sera une année de misère pour le moutontribuable français.

Alors que les taxes s’amoncellent au fur et à mesure que les échecs des politiques interventionnistes de Sarkozy se font plus évidents et qu’il faut bien, malgré tout, trouver des sous pour faire marcher la boutique, le troupeau bêlant des masses en attente de tonte complète n’aura même pas la consolation, une fois le rasage passé, de se réfugier au chaud dans un abri : au rythme où s’accumulent les pertes bancaires et les crises financières, la pierre ne sera bientôt plus un refuge pour personne.

A la vision de ces pauvres animaux fiscaux, tondus ras et grelottant sous la pluie grasse de taxes froides, on ne peut s’empêcher d’évoquer le Psaume 23, celui qu’on déclame, l’air pénétré et la larme à l’œil, dans tout enterrement qui se respecte. En voici, pour rappel, une version mise au goût du jour :

L’état est mon berger : je ne manquerai de rien. Il me fait reposer à côté de pâturages où l’herbe est plus verte ailleurs, il me dirige près des eaux paisibles. Il restaure mon âme, il me traîne sur les sentiers de la justice. Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort je ne crains aucun mal car il est derrière moi ; sa houlette et son bâton me tapotent doucement le dos pour que j’avance devant lui. Il dresse devant moi une table pour mes adversaires ; il oint de taxe ma tête et ma coupe déborde de directives administratives consternantes. Oui, le bonheur et la festivité citoyenne m’accompagneront tous les jours de ma vie, et j’habiterai dans la maison de l’état jusqu’à la fin de mes jours. Youpi.

Et, alors qu’une triste musique funèbre s’installe durablement en fond sonore, nous aurons une pensée émue pour tout ceux qui auront souscrit un prêt sur 30 ou 50 ans en 2006 ou en 2007, alors que les prix étaient au plus haut et qu’ils sont actuellement sur la pente descendante raide… Car en effet, les déboires actuels de la Société Générale ne sont rien d’autre, finalement, que la révélation progressive et maladroite des pourrissements substantiels dans le milieu bancaire liés aux opérations financières risquées sur l’immobilier.

Alors que la banque devait déjà faire face à d’importantes moins-values (deux petits milliards, une paille) liées aux subprimes, la voilà, semble-t-il, accablée par l’erreur d’un jeune courtier aux scrupules trop légers qui endort 5 milliards supplémentaires. Oups.

Évidemment, sa direction s’est empressée de charger le baudet. Un peu trop peut-être puisque d’après eux, l’employé indélicat aurait agi seul, et sans viser l’enrichissement personnel. On goûtera avec une certaine délectation ces explications qui ne satisfont pas les experts mais qui ont le mérite de concerner un maximum les politiques : voilà une occasion en or de taper sur le monde de la finance, monde à la fois opaque, très difficile à comprendre pour le grand public, et qui manipule des sommes colossales ce qui constitue dans un pays où l’argent, le profit, le capitalisme et les actionnaires sont des suppôts du Maâal, une cible de choix.

En réalité et comme bien souvent, la hiérarchie est probablement complice de l’ensemble de l’opération. Si cette dernière s’était soldée par un bénéfice record, la presse n’aurait entendu parler que de ce joufflu bénéfice, et pas des arrangements qu’il a fallu prendre avec la légalité pour en arriver là.

Ce qui est fort gênant, cependant, avec cette affaire dont l’ampleur médiatique ne cesse de grandir, c’est quelle arrive à faire oublier le montant pourtant déjà assez élevé des pertes liées aux subprimes américaines.

Eh oui : 2 milliards, c’est tout de même dix fois plus que les 200 millions maximum que prévoyait Bouton en … octobre 2007 : «L’impact du subprime devrait être compris entre 100 et 200 millions d’euros». On peut dire qu’il semblerait avoir fait une petite erreur de magnitude. Rien que pour ça, Bouton devrait être débarqué avec un coup de pied aux fesses : on ne parle pas ici d’un bénéfice plus faible que prévu, mais d’une perte dix fois plus profonde, hein…


Et cette erreur montre qu’en réalité, les banques françaises sont, on s’en doute, bien plus exposées au risque que ce que les principaux intéressés nous disent. Ce silence est logique : en effet, du côté des patrons de banque, il n’y a aucun intérêt à couler sa propre entreprise en faisant un état des lieux honnête alors que tout le monde ne joue pas le jeu ; puisque chacun s’emploie à minimiser les risques pris dans le domaine financier et immobilier, tout le monde s’accorde à dire que finalement, tout va plutôt bien.

Et du côté des hommes politiques, alors que les prévisions de croissances sont de plus en plus pessimistes, on s’empressera là encore de marcher sur des œufs : la panique risque de s’emparer des petits épargnants… Et lorsque les épargnants fuient, les capitaux disparaissent, les prêts, notamment immobiliers, ne sont plus possibles, plus personne n’achète, et … les prix s’effondrent. L’explosion de la bulle immobilière en France est sans doute l’un des premiers fléaux que redoutent les banquiers, Sarkozy et son gouvernement.

Or, à en juger par le moral, plutôt en berne, des Français, l’idée générale que les mois à venir ne vont pas être rose commence à s’installer durablement dans les esprits.

Eh oui : les gens commencent à déciller. De même que l’enchantement qui aura réussi à propulser Sarkozy à la tête de l’état est en train de s’évanouir, transformant le prince charmant réformateur en crapaud social-démocrate conservateur de base, l’immobilier n’est plus la tendance d’investissement ‘in’ ; la bulle immobilière est bien en pleine explosion aux USA, et débordera bien en France ; on n’hésite d’ailleurs plus à évoquer le terme.

Et que va-t-il se passer à présent que le retour à la réalité se profile rapidement ? Sans faire dans l’Hashtabladamus, on peut imaginer aisément que la baisse des valorisations dans l’immobilier provoquera des faillites personnelles, ou, pour certains endettés à taux variables par exemple, des situations de précarité lourdes à gérer. Il faudra aussi tenir compte de ceux qui ont acheté cher un bien qui va, de toute façon, vieillir : ce vieillissement naturel va s’ajouter à la perte purement structurelle, et sortir simplement étal de cet investissement va vite relever de la gageure.

Partant de là, et toujours sans trop m’avancer dans la prospective, les collectivistes et autres agitateurs d’extrême-gauche n’auront pas beaucoup d’efforts à faire, devant la misère de certains, pour exhorter l’Etat à intervenir tant sur les marchés financiers que dans l’immobilier pour que les méchants investisseurs profiteurs ne puisse plus refaire ce qu’ils viennent de faire, pour que tout le monde aide rapidement et obligatoirement les propriétaires malheureux, etc… Ceci aboutira, comme de juste, à de nouvelles contraintes légales, puis de nouvelles taxes et de nouveaux impôts.

La crise immobilière vécue au début des années 1990 n’aura servi à rien puisqu’on aura ressorti avec bonheur tous les poncifs qui se jouaient à l’époque : « on ne peut pas perdre avec la pierre », « louer c’est jeter son argent par les fenêtres », etc… Et pour aboutir finalement aux mêmes résultats.

Ces soubresauts auront cependant été l’occasion de mettre en avant une question fort intéressante : sachant qu’investir dans l’immobilier reste une démarche éminemment individuelle où il n’existe que des cas particuliers, pourquoi l’Etat favorise-t-il tant la sédentarité de sa population ?

Pourquoi diable le berger insiste-t-il tant pour que ses moutontribuables restent dans l’enclos ?

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